Opération post-inondations Pérou

 

Suite aux inondations torrentielles des derniers mois au Pérou, les dommages causés dans certaines communautés de Huarochirí mettent en péril les cultures et la sécurité alimentaire des producteurs que desserre l’ONG péruvienne IDMA (Instituto de Desarrollo y Medio Ambiente), appuyée financièrement par SUCO. IDMA travaille à  rétablir la situation grâce aux fonds amassés auprès de la population canadienne.

Dégâts des glissements de terrain à Barba Blanca, Huarochirí. Source : El Comercio, le 26 mars 2017.

Pérou, pire crise climatique en 30 ans

La force des huaicos (glissements de terrain) provoqués par El Niño a été telle cette année que le courant a emporté des troncs d’arbres, des pierres à la mesure de celles constituant le fameux Machu Picchu et des débris qui ont gravement endommagé les habitations et les cultures, en plus de blesser des individus. Certains n’ont plus de maison ou de terres. D’autres sont morts ou portés disparus.

La province de Huarochirí, où j’accomplis mon mandat, est particulièrement vulnérable à ce genre d’épisode. Son paysage de montagnes pentues et rocailleuses est tout destiné à l’érosion. L’activité humaine n’aide pas non plus. Les municipalités permettent encore la construction d’habitations dans des zones inondables et les berges n’ont souvent aucune couverture végétale. Ainsi, les terrains en bordure de rivières se rétrécissent un peu plus chaque année et des maisons (parfois même des complexes neufs de trois étages) ont été complètement détruites. On ne parle même pas ici de la déforestation en cours depuis belle lurette en tête des rivières.

Évaluation de l’état des lieux et des besoins en compagnie du président de la communauté de Cumpe. Source : Herbert Gutierrez.

Interventions post-urgence des ONG IDMA et SUCO

Les activités de cette région comptent majoritairement la culture d’arbres fruitiers tels que la chirimoya et l’avocat. Mais, « cette année, on a peu de produits à vendre », me confie Marvila, qui vend ses produits biologiques à l’Écoferia de Santa Eulalia chaque dimanche. En effet, mise à part la destruction des terres par les huaicos, les pluies torrentielles ont provoqué une hausse du taux d’humidité, laquelle est propice à la propagation de certaines maladies d’arbres, ce qui a diminué la production de fruits commercialisables. De plus, plusieurs infrastructures d’irrigation ont été détruites et les techniques de conservation d’eau sont parfois inadéquates.

« Chaque minute, les cultures s’assèchent un peu plus », s’inquiète mon collègue Herbert Gutierrez, chef d’équipe d’IDMA à Santa Eulalia. La collecte de fonds de SUCO a permis d’amasser 10 000 $ pour qu’IDMA remédie à court terme à cet état d’urgence. L’installation de matériel pour l’irrigation des cultures est en cours. Des vivres ont été distribués aux familles qui ont perdu leurs cultures ou leurs terres. Des panneaux solaires seront installés aux mairies pour fournir de l’électricité d’urgence. Les membres des communautés pourront ainsi recharger leurs cellulaires.

Dégâts des glissements de terrain. Source : site de Movadef, le 17 mars 2017.

Et après ?

Cette aide d’urgence pourra peut-être « patcher le bobo » pour un temps. Par contre, les effets des changements climatiques continueront d’augmenter. Des solutions durables à moyen et à long terme seront nécessaires pour diminuer la vulnérabilité de ces populations et renforcer leur résilience aux changements climatiques.

Il s’agit de tout un défi pour des populations qui, comme le disait l’ingénieur Cesar Dávila durant la présentation sur la récupération des techniques de conservation d’eau ancestrales cette fin de semaine, « s’habituent de recevoir du financement et de l’aide extérieurs sans trop faire d’efforts ». Sa suggestion? « Changer leur cosmovision », déclare-t-il en faisant référence à la façon dont les Incas utilisaient les ressources, telles que l’eau, grâce à une vision globale et à long terme.

*Photo bannière : présentation sur les techniques ancestrales de conservation de l’eau par Cesar Dávila. Pichapuquio, communauté de Masajcancha, district de Paccha, province de Jauja, région de Junín. Source : Constance Morel.

Pour en savoir plus sur les activités de SUCO au Pérou, visitez le site Web de Formagro. Un projet de formation en entrepreneuriat agricole.

Vous pouvez toujours contribuer à rétablir la situation au Pérou, en faisant un don.

– Par Constance Morel, conseillère en environnement au Pérou.