Carrière en développement international : trucs et astuces pour dénicher votre premier emploi et acquérir de l’expérience

 

 

11059628_10155368730110430_1895243051901083436_n

“Avant de commencer votre recherche d’emploi, ne vous demandez pas pour quel employeur vous souhaitez œuvrer, mais plutôt quel problème vous voulez résoudre !”

 

Cette citation est tirée d’un tweet que j’ai vu passé il y a quelque temps de Karen Warren de DevexCareers et je trouve qu’il reflète bien ce que j’essaie de transmettre comme message à nos stagiaires du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) lorsqu’ils et elles amorcent leur recherche d’emploi au retour du terrain. Une fois qu’on a ciblé les enjeux qui nous attirent, comment amorce-t-on une carrière, après un baccalauréat, un stage ou une brève expérience dans le domaine? Il n’y a pas de recette miracle pour amorcer sa carrière en développement international, selon moi, mais il est possible d’articuler son cheminement de façon stratégique. Pour bâtir une carrière en développement international, il importe d’acquérir des expériences à titre de généraliste, mais aussi dans le cadre de mandats plus spécialisés, tout en continuant de garder à jour vos compétences interculturelles ! Voici différentes pistes pour vous inspirer…

 

Considérez les postes “d’entrée” ou les plus petites organisations

Il est important de viser des postes qui vous attirent, mais bien que vous vouliez le poste de chargé de projets, n’hésitez pas à considérer celui d’assistant de programme ou d’analyste. Cela s’applique aussi au choix géographique: pensez considérer des mandats dans des pays moins populaires. Également, que ce soit des ONG présentes dans des régions plus éloignées du Québec ou de nouvelles “startups” à vocation sociale et internationale, envisagez de vous joindre à des employeurs de plus petite taille. Bien que les conditions puissent être moins avantageuses, ce genre d’organisation permet souvent de prendre plus de responsabilités et offre un potentiel de croissance. Si vous êtes généraliste, considérez des chemins moins typiques et spécialisez-vous en recrutement, en développement des affaires, etc.

 

Développez des compétences plus rares sur le marché de l’emploi en développement international

En effectuant vos recherches d’emploi, vous verrez apparaître des compétences spécialisées qui pourraient devenir un atout à votre candidature. En développement international, vous pouvez envisager de nombreuses options : vous spécialiser en utilisation de logiciels statistiques, en cartographie numérique (le data est en constante évolution dans le secteur), en traduction d’un dialecte spécifique, en gestion des volontaires, etc.

 

Prenez plus de responsabilités, diversifiez vos expériences et faites preuve de leadership

Si vous voulez poursuivre une longue carrière en développement international, vous arriverez à un point où vous envisagerez peut-être des postes de gestion. Assister à des conférences et faire du bénévolat, qui vous permettra de développer vos compétences en leadership, devient un atout pour faire avancer votre carrière. Rappelez-vous aussi que la flexibilité est le mot d’ordre dans le domaine du développement international. Il  est toujours bon de posséder une expérience dans au moins deux domaines comme la gestion de projets et l’égalité femmes-hommes, ou les communications et la recherche de financement, etc. Considérez aussi enrichir votre expérience au sein de différents types d’organisations : pensez à combiner une expérience dans l’administration publique avec une autre au privé ou en ONG.Il est aussi important de garder vos connaissances à jour. Si vous avez fait des études en marketing, mais que vous travaillez en égalité femmes-hommes, continuez de vous tenir informé dans votre premier domaine d’études. Il ne faut pas que vos compétences deviennent obsolètes. Les médias sociaux sont très utiles pour se garder à jour sur différents sujets. Utilisez Twitter et faites-vous des listes d’intérêts.

 

Cherchez des offres au sein de projets ou de programme qui se terminent

Ce point semble étrange effectivement, mais il arrive que des gens mettent fin à leur contrat avant terme. Il peut devenir stratégique d’appliquer sur des postes ouverts en raison de ces départs. Bien que moins attrayants (souvent des mandats à court terme), le fait que les employeurs soient à la recherche de quelqu’un en urgence peut faire en sorte que l’on permettra l’embauche de quelqu’un ayant moins d’expérience.

 

Combinez des expériences internationales et nationales

Selon le type de carrière que vous allez choisir, considérez acquérir de façon équilibrée votre expérience ici et ailleurs. Demandez-vous quelles compétences peuvent être développées outremer versus ici. Certains emplois exigeront des connaissances internationales sans aller à l’étranger. Si vous envisagez de travailler en siège social, considérez que la plupart des postes exigent entre une et trois années d’expérience terrain minimum. Cette expérience peut être acquise à travers des mandats de volontariat, de stages professionnels (comme ceux du PSIJ), d’études sur le terrain, etc. Privilégiez l’acquisition de cette expérience tôt dans votre carrière !

Vous avez envie d’obtenir d’autres conseils sur la carrière en développement international ou de découvrir les opportunités offertes par le milieu au Québec? Venez rencontrer notre équipe de recrutement dans le cadre de divers événements : suco.org/evenements et consultez nos offres d’emploi à suco.org/emploi.

Vous trouverez aussi plusieurs offres sur le site de l’AQOCI et du CCCI.

 


Et si un jour, on se tournait vers l’agroécologie à grande échelle…

 

Alors que le Forum social mondial avait lieu il y a quelques semaines sous le slogan « Un autre monde est nécessaire, ensemble il devient possible », j’ai cru bon de revenir sur des pistes de solutions qui, collectivement, nous permettrons de nous nourrir durablement et convenablement, comme je le mentionnais dans l’article « Prendre soin de la terre, c’est prendre soin de la vie ! ». Au fil de mes recherches, je suis tombée sur un récent rapport de l’International panel of experts on sustainable food systems (dont fait notamment partie Olivier De Schutter, ancien rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation) qui analyse plus de 400 études portant sur l’agriculture durable afin de proposer des pistes d’action concrète à grande échelle.

HUARI-ABR2014-175
Une famille d’agriculteurs de la région de Huari au Pérou                                                                   Crédit-photo: Carlos Ly

Ce que le rapport met de l’avant, c’est que c’est tout à fait possible d’effectuer une transition vers une agriculture plus diversifiée et agroécologique. Voici,en rafale, quelques pistes de solutions qui, heureusement, commencent à être mises en place au Québec, comme ailleurs (même s’il reste du chemin à faire !) :

  • Développer de nouveaux indicateurs pour évaluer la « performance » agricole qui permettront de mieux tenir compte des impacts à long terme ;
  • Déplacer les subventions publiques de l’agriculture industrielle vers l’agriculture agroécologique, biologique et diversifiée ;
  • Créer des espaces de dialogue pour les parties prenantes gravitant autour des systèmes agricoles et alimentaires locaux, composés des instances politiques, scientifiques, des représentants de la société civile qui incarnent autant les domaines de la santé, du développement local ou de l’environnement, afin de mettre en place des mesures plus démocratiques ;
  • Miser sur une gestion territoriale des systèmes agricoles (penser aux interactions possibles entre les différents acteurs agricoles et alimentaires au sein d’une région donnée) ;
  • Soutenir l’agriculture familiale et de petite taille (avez-vous un fermier de famille ?) ;
  • Promouvoir le transfert horizontal des savoirs en mode « paysan à paysan » ;
  • Encourager les circuits courts en soutenant les marchés de proximité ou, par exemple, en rendant les produits biologiques et locaux obligatoires dans les institutions publiques comme les écoles, les établissements de santé, etc. ;
  • Mettre les pratiques agroécologiques au cœur des stratégies agricoles, de la recherche agricole et des programmes de formation et d’éducation (jetez un coup d’œil à notre nouveau projet FORMAGRO!) ;
  • Promouvoir, à l’aide de politiques publiques, l’agriculture biologique, les semences anciennes et indigènes et (encore une fois)… les circuits courts !
    photo-1464684979825-ad6f2811cef2
    Crédit-photo: Agence Producteurs Locaux Damien Kühn

Des initiatives inspirantes au Québec :

 Finalement, quand je réfléchis au Forum social mondial, je pense que le message principal qui émanait de l’événement était qu’individuellement, nous pouvons contribuer à mettre en œuvre ces solutions. Et justement, pour favoriser le partage d’actions pouvant être prises à l’échelle locale et humaine, SUCO met à votre disposition un générateur d’actions, pour vous inspirer ou pour que vous, vous puissiez inspirer la communauté qui a à cœur l’agroécologie !

Embarquerez-vous dans le mouvement ?

 

 


Agriculture industrielle : le discours de la fausse nécessité ?

 

Cet article fait suite au billet de blogue « Prendre soin de la terre, c’est prendre soin de la vie ! ». Après avoir visionné le documentaire Les Liberterres, présenté par SUCO dans le cadre du Forum social mondial, je me suis intéressée aux facteurs qui empêchent le système agricole industriel de changer, ici comme ailleurs.

Si un grand nombre d’organisations de la société civile, de décideurs, d’entreprises sociales, de chercheurs s’entendent pour dire qu’il faut revoir le système qui sous-tend l’alimentation moderne, pourquoi se fait-il que le changement ne s’amorce pas plus vite ? Quels sont les facteurs qui ont un impact sur la lenteur du changement ? Certes, il est évident que l’aspect économique demeure au cœur de la question. Les consommateurs veulent des aliments à bas prix, accessibles à longueur d’année, et les producteurs s’adaptent à cette demande, en raisonnant à court terme et en considérant exclusivement le profit économique. Outre le facteur « offre et demande », le lobby agroalimentaire pèse aussi énormément. Ce sont tous les acteurs de la chaîne qui se mobilisent pour maintenir leur pouvoir et protéger leurs intérêts.

agriculture 1
Crédit-photo: freestocks.org

 

S’endetter, exporter, répéter

La fin du 19e siècle a vu naître le modèle d’agriculture industrielle, alors que les innovations technologiques comme le train ou l’entreposage des céréales nous ont permis de réaliser que nous pouvions exporter nos surplus de production agricole. Et petit à petit, nous nous sommes tournés vers des cultures de spécialisation pour être compétitifs, pour nourrir à moindre coût les villes qui se développaient et pour répondre aux gouvernements qui dirigeaient leurs politiques agricoles et commerciales vers ce modèle prometteur. Ce mode de production, pour être rentable et compétitif, vient avec son lot d’intrants chimiques et de machineries de dernière pointe. Qui dit intrants, dit coûts élevés, et endettement. L’orientation croissante de l’agriculture vers le commerce international demeure à ce jour un des principaux freins au développement de l’agroécologie à grande échelle. Alors que l’avantage comparatif (par exemple notre climat, les conditions du sol) devrait sous-tendre notre capacité à nous spécialiser, une multitude d’incitatifs financiers ont été offerts aux agriculteurs et agricultrices afin de pouvoir soutenir cette expansion. Or, dans bien des cas, la spécialisation « régionale » va à l’encontre des ressources disponibles localement. Nous n’avons qu’à penser à l’exemple de la culture intensive des amandes en Californie qui est dénoncée par plusieurs comme étant en partie responsable de la sécheresse qui s’abat sur la région (les amandiers consomment jusqu’à quatre fois plus d’eau que les cultures traditionnelles de la vallée ou ils poussent !).

photo-1453161535619-303d362ea39f
Crédit-photo: Nicole Harrigton

 

Manger beau, pas si sain, pas cher du tout, tout de suite

Parallèlement au développement de l’agriculture industrielle, ont vu le jour les chaînes « grande surface » de distribution alimentaire et des gammes de produits transformés, pré-préparés et presque prémâchés (!) adaptés à ce qu’on aime appeler la « vie moderne ». Et cette demande pour les produits transformés s’appuie sur la production intensive de matières premières à faible coût (maïs, blé, etc.) et ainsi de suite… La boucle est sans fin ! Ajoutons à cela une consommation accrue de viande qui, elle, nécessite aussi que l’on produise de façon intensive du fourrage pour le bétail… Et hop, la roue tourne. Et nous voilà devant un autre frein à l’avènement de l’agroécologie à grande échelle. Et ce n’est pas fini, puisque l’on voit les pays émergents adopter les habitudes alimentaires occidentales qui soutiennent cette roue.

Prévalence du court terme et du retour sur investissement

Je le mentionnais précédemment, le système agricole industriel actuel a été largement appuyé par la mise sur pied de politiques, mais aussi par le secteur privé qui a encouragé la production de variétés à haut rendement et résistantes à tout type de risque (bref, des plantes 4×4 !). Et ces intérêts politiques et financiers sont guidés par des solutions à court terme. En effet, on s’entend pour dire qu’une société cotée en bourse ne sera pas très intéressée à investir dans des changements à long terme qui rapporteront des dividendes uniquement dans 5 ou 10 ans aux actionnaires !

Dans un autre ordre d’idée, si l’agriculture industrielle est aussi « performante » aujourd’hui, c’est aussi grâce à toute la recherche qui a été faite dans le secteur. Or, la plus grande partie des travaux en recherche et développement a été graduellement privatisée au détriment de la recherche faite par le secteur public. Et si les grandes entreprises financent la majeure partie de la recherche agricole, c’est bien pour servir leur propre agenda ! Pour faire réellement avancer la recherche et engendrer un changement durable, il faudra construire davantage de ponts entre les disciplines qui entourent l’agriculture. Il est maintenant temps pour les États d’investir à nouveau dans le secteur agricole de façon holistique et de songer aux prochaines réformes qui favoriseront l’agroécologie.

IMG_0286
Crédit-photo: Érik Tremblay

Il était une fois l’histoire d’une planète qui devait nourrir…

La sécurité alimentaire est un des mots d’ordre des décideurs à travers le monde, sécurité alimentaire atteinte en augmentant la production alimentaire. Et le modèle agricole industriel a longtemps semblé être LE moyen d’y parvenir rapidement et efficacement. « Donc, les politiques agricoles ont aussi été largement orientées vers la production intensive et les monocultures afin de subvenir aux besoins caloriques des plus affamés, en plus d’avoir répondu à des exigences liées au commerce international. ».Toutefois, le problème du discours sur la sécurité alimentaire est qu’il est toujours orienté vers les mêmes acteurs que ceux de la révolution agricole industrielle comme porteurs de solutions, alors que d’autres pistes s’offrent à nous. Un autre élément qu’on a vu apparaître pour nuancer le discours adjoignant agriculture industrielle et sécurité alimentaire a été l’avènement de termes comme « intensification durable » ou « agriculture climato-intelligente » (une belle façon de rendre les monocultures plus vertes dans le marketing les entourant !).

Pour qu’une stratégie de sécurité alimentaire durable puisse être mise en place, il faudrait changer la façon dont on analyse le monde agricole, soit en silo. Par exemple, il faut adopter de nouvelles manières de mesurer les rendements agricoles et considérer aussi le « profit » écologique et social. En effet, si l’on mesure les rendements d’un système agricole uniquement à l’aune de sa production annuelle, à court terme, l’agriculture industrielle semble une option viable. En revanche, si l’on considère parmi les rendements la préservation de la qualité du sol et de la biodiversité, l’impact nutritionnel et sanitaire des pratiques agricoles et les pollutions engendrées, l’agroécologie semble l’option la plus efficiente.

En conclusion, je trouve que le discours actuel souligne à juste titre la nécessité de penser à la sécurité alimentaire (je ne dis pas le contraire). Cependant, il ne s’attaque pas aux causes réelles du problème : à quel endroit et par qui la nourriture en quantité suffisante doit être produite. Trop souvent, on esquive la question de l’agriculture familiale comme mode de résilience en contexte d’insécurité alimentaire. Ce sujet, j’y reviendrai dans un prochain article !

HUARI-ABR2014-233
Famille d’agriculteurs de la région de Huari au Pérou                                                            Crédit-photo: Carlos Ly

Prendre soin de la terre, c’est prendre soin de la vie !

 

Me joindre à l’équipe de SUCO, il y a un an, m’aura permis de développer un vif intérêt pour les questions d’agriculture durable et plus précisément l’agroécologie. Si j’ai pourtant grandi en milieu rural, le terme ne m’était pas familier jusqu’à il y a un an ou deux. Aujourd’hui, je dévore tout ce qui se rattache au sujet et qui alimente ma réflexion quant aux enjeux du système alimentaire mondial. Réflexion que j’ai d’ailleurs poursuivie il y a deux semaines alors que se tenait le Forum social mondial (FSM) auquel SUCO a activement participé. À l’issue de cette semaine foisonnante en idées et débats, voici un retour sur l’atelier L’agroécologie au service de la planète, que nous avons co-organisé avec Développement et paix, USC Canada et le Centre Paysan.

IMG_400px

Nourrir la planète durablement et convenablement 

Si le système alimentaire mondial a réussi son pari des 70 dernières années, soit celui d’augmenter la quantité d’aliments sur les marchés mondiaux, il n’en demeure pas moins que la répartition de ce volume ne s’est pas faite de façon efficiente. Aujourd’hui, encore environ 793 millions de personnes sont sous-alimentées. Pendant ce temps, plus du tiers de la nourriture est gaspillé dans l’hémisphère nord de notre planète.

Qui plus est, le modèle « d’agriculture industrielle » qui domine dans la plupart des pays occidentaux et émergents n’est pas en reste en terme d’impact négatif sur l’environnement : dégradation générale des sols en raison des monocultures à haut rendement, pollution des eaux et des écosystèmes avec les intrants chimiques, émissions de gaz à effet de serre, pertes de biodiversité et j’en passe. C’est aussi l’élevage animal intensif (et les choix productifs qui en découlent) qui entraîne à lui seul près de 30 % des émissions massives de gaz à effet de serre.

En plus de ces constats inquiétants, l’agriculture industrielle actuelle crée des conditions de vie et de travail extrêmement difficiles pour les agriculteurs et agricultrices, toute provenance confondue, soumis aux aléas des marchés internationaux. De fait, 50 % des personnes souffrant de la malnutrition sont des gens qui vivent de la terre. Bref, la planète fait face à un mur et il est temps de repenser le système alimentaire. Mais comment pourrait-on en arriver à renverser la la vapeur ? Plusieurs pistes de solutions, déjà mises en œuvre par une partie de la société civile, ont été amenées tout au long du Forum social mondial.

13879226_1334863456528635_3141130568408742560_n

Les pistes de solutions

Plusieurs acteurs sont arrivés à la conclusion de la nécessité d’un système alimentaire à mi-chemin entre l’agriculture de subsistance et l’agriculture intensive ; un modèle agricole qui nous permettra de réduire notre empreinte écologique, d’améliorer notre résilience face aux changements climatiques et surtout d’augmenter les rendements à long terme afin de nourrir tous les êtres qui peuplent la Terre tout en répartissant les volumes de façon équitable.

La diversification des cultures dans le temps et l’espace, mais également des variétés cultivées (abandonnons les monocultures et réintégrons les espèces qui s’adaptent localement, qui peuvent être anciennes ou qui s’intègrent à l’écosystème existant) doit être mise de l’avant. Il faut voir l’agriculture sous l’angle des écosystèmes en misant sur les synergies naturelles (miser sur des fermes qui intègrent à la fois culture, élevage, agroforesterie) et moins utiliser la machinerie qui nous rend dépendants au pétrole. Une phrase célèbre dit que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Si on applique ce principe à l’agriculture, on peut réutiliser le fumier du bétail pour fertiliser les sols, les résidus végétaux pour faire du compost, afin de réduire les pertes et maximiser la réutilisation des déchets organiques. Ces principes, ce sont d’ailleurs ceux que SUCO met en œuvre à travers ses projets et les manuels de formation paysanne qui accompagnent les communautés que nous appuyons.

Pourquoi ne pas pousser encore plus loin et miser sur la valorisation des chaînes de production et des circuits de distribution courts ? Le système agricole doit fournir les marchés localement avec des produits moins homogènes et plus diversifiés.C’est ainsi que nous arriverons à réduire les impacts environnementaux de l’agriculture, à améliorer la qualité nutritive des aliments, à préserver et à développer les écosystèmes locaux et la biodiversité générale, mais aussi à améliorer la qualité de vie des travailleurs agricoles ainsi que l’emploi local. Au final, ce sont presque tous les problèmes liés à la crise agricole qui pourraient être résolus grâce à une transition vers des écosystèmes agricoles plus diversifiés, plus locaux, plus HUMAINS.

Le slogan du FSM cette année était « Un autre monde est nécessaire, ensemble, il devient possible ». Et, je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai envie d’y croire. Envie de croire qu’en misant sur notre créativité et notre potentiel, on arrivera à mettre en place de plus en plus de solutions novatrices avec l’agroécologie.

passez-action-banner


Cinq raisons pour se lancer en coopération volontaire

 

Nombreux sont ceux et celles qui souhaitent s’impliquer pour faire une différence, ici ou ailleurs. Toutefois, ce n’est pas tout le monde qui envisage de le faire dans une optique professionnelle en partant réaliser un mandat de volontariat de six mois ou un an dans un autre pays. J’ai la chance de côtoyer quotidiennement des personnes qui ont décidé de réaliser un mandat outremer et je fais moi-même partie de celles-ci.

Mais pourquoi donc se lancer dans une telle aventure? Pour ceux et celles qui hésitent à postuler pour un mandat de volontaire (conseiller, conseillère ou stagiaire), voici une liste de raisons inspirées des échanges que j’ai eus récemment avec nos volontaires de retour et qui pourraient vous convaincre de vous lancer !

1. Découvrir le monde d’un point de vue local

Une partie importante de l’expérience en coopération volontaire réside dans l’implication au sein même de la communauté où l’on s’installera pour plusieurs mois. Comme les mandats s’inscrivent dans la durée, vous aurez la chance de découvrir une nouvelle culture dans une toute autre perspective que si vous étiez seulement de passage! Outre l’expérience professionnelle, les liens tissés avec la communauté d’accueil enrichissent grandement votre parcours. De plus, l’apprentissage d’une nouvelle langue se fait beaucoup plus facilement et au final, on développe aussi un regard critique sur soi et sur notre vision de la solidarité.

2. Faire une différence en partageant ses connaissances

Toutes les motivations envisageables pour participer à un mandat de coopération volontaire s’articulent autour d’un changement souhaité, qu’il soit orienté vers soi ou vers autrui. Une expérience de coopération volontaire en est une de mise en valeur de votre potentiel, mais aussi de celui de vos collègues œuvrant chez l’organisation appuyée. Au final, le travail des volontaires permet aux organisations du Sud de faciliter l’autonomisation des communautés, d’être plus interdépendantes, participatives et mieux outillées. Et en partageant vos connaissances avec ces organisations, vous leur permettrez d’améliorer leur capacité d’adaptation face à la complexité croissante des enjeux économiques, sociaux et environnementaux à l’échelle locale et internationale.

3. Acquérir de nouvelles compétences

Généralement, un mandat de coopération volontaire, que ce soit en gestion, en agriculture ou en communications, exigera de la part de la personne volontaire des compétences techniques spécifiques, mais aussi un ensemble de compétences génériques y compris la capacité d’établir une relation partenariale basée sur un échange bidirectionnel. Les mandats de coopération volontaire constituent donc une excellente façon de développer ou d’acquérir de nouvelles compétences. Peu importe le domaine dans lequel s’insère votre mandat, vous serez amené à démontrer d’excellentes capacités à travailler en équipe dans un contexte interculturel, à analyser et émettre des recommandations, concevoir des outils, planifier des formations et veiller au suivi et à l’évaluation des activités menées.

4. Se démarquer dans un contexte professionnel mondialisé

Une expérience à l’étranger devient un atout sur un CV, surtout dans un contexte économique mondialisé. Pour les organisations québécoises, les professionnels de retour sont souvent des fonceurs, des débrouillards et deviennent d’excellentes recrues pour assurer la relève dans un contexte de pénurie de la main d’œuvre. Votre expérience vous aura apporté des contacts sur place, ainsi qu’une bonne connaissance de la gestion en contexte de développement international dans des pays où d’autres ONG ou entreprises peuvent avoir des intérêts.

5. Amorcer ou réorienter sa carrière

Faire une pause dans sa carrière pour partir à titre de volontaire peut servir de tremplin dans le cadre d’une réorientation professionnelle axée sur l’international ou vers des secteurs connexes à votre mandat, comme la formation ou la consultation. Quant aux stagiaires, plusieurs poursuivent une carrière à l’international, à titre de conseiller ou de conseillère volontaire, que ce soit pour SUCO ou pour d’autres organismes de coopération internationale. D’autres poursuivront leurs études supérieures, après s’être découvert un intérêt pour un champ particulier du développement international, comme l’économie ou les communications sociales.

Alors, vous avez envie de vous lancer? SUCO est présentement à la recherche de conseillers, conseillères et stagiaires dans des domaines variés, allant de l’agronomie à la mobilisation citoyenne, en passant par le marketing social.

Consultez notre site suco.org/recherche-emploi pour découvrir les opportunités de carrière au sein de notre organisation.

Vous avez des questions, souhaitez discuter de carrière en coopération internationale ou voulez en apprendre plus sur ce que l’on fait? Écrivez-moi à ressourceshumaines@suco.org.

– Par Éléonore Durocher-Bergeron, agente de programme chez SUCO