Pour SUCO, le 8 mars c’est tous les jours!

 

 

Année après année la date du 8 mars nous rassemble, où que nous soyons, quoi que nous fassions ici au Canada ou ailleurs. Elle est bien souvent l’occasion d’une pause pour réfléchir à ce que cela signifie pour nous toutes et tous personnellement, mais aussi dans notre milieu de travail, de militance, d’étude, au sein de notre communauté.

Pour SUCO, le 8 mars c’est tous les jours…! et c’est l’engagement que nous prenons : mettre les droits et la participation des femmes au cœur de toutes nos interventions.

 

« Afin d’assurer des changements durables et profitables pour l’ensemble des membres d’une collectivité, SUCO se préoccupe du respect des droits et de la pleine participation des femmes aux décisions et aux actions qui les concernent ». (Planification stratégique de SUCO 2019-2025)

Il est malheureusement encore d’actualité de continuer la lutte pour la reconnaissance des droits des femmes et l’amélioration des rapports de pouvoirs entre les femmes et les hommes.

 

« En dépit de certains progrès, la communauté internationale s’accorde à reconnaître que la situation de la plupart des femmes et des filles dans le monde évolue extrêmement lentement. Aucun pays n’est en mesure, à ce jour, d’affirmer avoir atteint l’égalité des sexes. Les nombreux obstacles rencontrés tant sur le plan juridique que sur le plan culturel semblent immuables. Les femmes et les filles restent sous-évaluées, elles travaillent plus et gagnent moins, avec des perspectives plus limitées. Elles subissent des formes diverses de violence chez elles et dans les lieux publics. » (Communiqué d’ONUFEMMES dans le cadre de la Journée internationale des femmes, 11 décembre 2019)

 

Avec nos  partenaires d’Haiti, du Nicaragua, du Sénégal, du Burkina Faso, du Honduras, du Bénin et du Pérou, nous croyons fermement au pouvoir transformateur des femmes et des filles et travaillons activement à  la reconnaissance et valorisation de leur travail, particulièrement en milieu rural; à la mise en place de conditions propices à l’émergence et l’épanouissement du leadership des femmes et des filles; à favoriser leur autonomie économique, mais également à la transformation des rapports de genre pour atteindre un monde juste, viable et solidaire.

Ce sont les femmes qui luttent jour après jour pour améliorer leurs conditions de vie et celles de leur communauté, les rapports au sein de leur famille et de la communauté qu’elles habitent, qui nous inspirent.

 

Voici l’histoire de deux de ces femmes inspirantes:

 

Marisela García vie à La Esperanza, au Honduras. Elle est membre du Réseau AMIR, une association de plus de 650 femmes autochtones Lencas qui, pour améliorer la qualité de vie des femmes de la communauté, a participé à la mise sur pied d’une usine de transformation des fruits que des femmes comme Marisela produisent sur leurs parcelles. L’usine, qui bénéficie du soutien et de l’accompagnement de SUCO, leur permet de produire de marmelades, du vin et des bonbons, qu’elles vendent ensuite dans la région, augmentant ainsi leurs revenus. Récemment, Marisela a réussi à construire une maison pour elle et sa fille, sur le terrain familial.  « Je ne pouvais pas dormir. Je me disais `j’ai réussi! j’ai bâti ma maison!´ ».

 

 

Astou Dioup est commerçante, conseillère municipale et présidente de la commission environnement de sa commune à Tassette, au Sénégal. Depuis la venue du projet « Dund ak kéew bi » (Vivre longtemps avec l’environnement, en langue wolof), que SUCO soutient en collaboration avec le GRAIM, sa communauté a réussi à mettre en place des pépinières qui aident à contrer la désertification des terres.  « Désormais, nous vendons des arbres un peu partout dans les villages environnants. Nous en prenons aussi pour reboiser nos champs, maisons et espaces publics. Grâce aux pépinières nous avons reboisé aussi notre bois de village, maintenant la forêt est redevenue verte et dense.

 

 

 

 

Crédits photo : Patrice Halley, Elijah St-Louis & CCLAB


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: lindagagnon@suco.org


Solidarité et renforcement de compétences : SUCO en Haïti

 

« Le 12 janvier 2010, on s’en souvient. On s’en souviendra toujours. À 10 ans du tremblement de terre qui a secoué l’Haïti, j’aimerais que nous prenions le temps… le temps d’enterrer nos morts et de faire notre deuil; mais aussi le temps de nous souvenir de la solidarité de nos amis·es, de l’union et la coopération qui nous permettent de poursuivre la lutte pour la justice, du combat du peuple haïtien pour le droit à une vie digne pour toutes et tous, du combat pour l’égalité. Ce combat est aussi le combat de l’humanité, du peuple canadien. C’est aussi le combat de SUCO. »

Marie Denise Léger Samson, représentante de SUCO en Haïti

À l’occasion du 10e anniversaire du séisme d’Haïti, SUCO se solidarise avec le peuple haïtien, avec qui nous travaillons depuis presque 20 ans. Nous réaffirmons notre engagement à continuer à travailler aux côtés des communautés et des citoyens et citoyennes pour améliorer les conditions de vie des femmes, des enfants et des hommes en Haïti.

Depuis 2001, SUCO accompagne les organisations communautaires, les organisations non gouvernementales et la population paysanne d’Haïti dans ses initiatives de développement rural. Le chemin parcouru a été semé d’embûches. Des ouragans, des inondations et d’intenses périodes de sécheresse ont affecté nos zones d’intervention pratiquement tous les ans depuis 2001. Le tremblement de terre dévastateur de 2010 a créé une onde de choc en Haïti autant que dans le monde entier. Ajoutons à ces catastrophes naturelles les crises politiques qu’a connues le pays.

Cependant, en collaboration avec nos partenaires locaux, de nombreuses actions ont été menées. Nous sommes particulièrement fièrs·es du Djakout peyizan, un manuel illustré de formation en techniques agro écologiques. Publié en 2003, le manuel est toujours d’actualité après plus de 15 ans : près de 500 leaders communautaires et formateurs et formatrices ont permis son rayonnement. Djakout peyizan est toujours utilisé par les producteurs et productrices agricoles d’Haïti. Nous sommes également fièrs·es du Gid Alimanté, créé en grande partie grâce à l’engagement et l’appui des femmes haïtiennes.

C’est presque 20 ans de travailler main dans la main avec nos partenaires. Avec des organisations comme GRAFHES, Le Réseau d’enseignement professionnel et d’interventions écologiques (REPIE), COPEDH, GRIEL, les associations paysannes de Marigot, Cercle Divers, l’Association des producteurs et vendeurs de fruits du sud (ASPVEFS) nous avons collaboré à renforcer les capacités des paysans et paysannes en agriculture agroécologique et leur résilience face à un environnement dégradé et vulnérable aux changements climatiques.

Toujours dans une vision de développement durable et à long terme, nous avons déployé des actions d’accompagnement auprès des producteurs et productrices agricoles : reboisement, compostage communautaire et gestion des déchets organiques, nouvelles pratiques d’élevage de cabris, réhabilitation de jardins maraichers et de systèmes d’irrigation, amélioration des techniques de commercialisation, formation en nutrition, formation en agroécologie, pour nommer quelques exemples.

Bien évidemment, rien n’aurait pu être accompli sans l’implication des populations qui nous ont accueillis au sein de leur communauté.

Ensemble, SUCO, ses partenaires et les communautés locales, nous avons beaucoup accompli; ensemble, nous allons accomplir encore plus.

Linda Gagnon

 


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme -Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 201
Courriel: lindagagnon@suco.org


Pour une gestion durable de l’eau

 

Journée mondiale de l’eau (22 mars)

 

C’est en 1993 que la Journée mondiale de l’eau a eu lieu pour la première fois. Vingt-quatre ans plus tard, l’eau est-elle une ressource mieux protégée ? Avons-nous plus conscience collectivement de son importance ? Probablement que la réponse est oui mais…

L’eau, une ressource essentielle menacée par les effets des changements climatiques

Aujourd’hui, il y a encore des millions de personnes qui n’ont pas accès à une source d’eau potable de qualité et à des installations sanitaires adéquates. De plus, on constate que les changements climatiques ont des répercussions importantes sur des populations entières. La contamination des eaux de surface et souterraines, les périodes de sécheresse prolongées et les inondations de plus en plus fréquentes ont comme effet d’affecter les cultures, de fragiliser les écosystèmes, en plus de précariser la santé de millions de personnes, de menacer la sécurité alimentaire des populations d’une dizaine de pays et de faire des victimes par milliers chaque année.

«2,6 milliards de personnes ont eu accès à des sources améliorées d’eau potable depuis 1990, mais 663 millions de personnes en sont encore privées.» (Source : Nations Unies)

17389202_650043771854947_2869651431853656317_o

Un réservoir d’eau fabriqué avec l’appui de nos volontaires au Honduras

Les objectifs de développement durable (ODD)

L’eau est inévitablement liée aux changements climatiques, à l’agriculture, à la santé, à la sécurité alimentaire des populations et à l’équilibre des écosystèmes. Un nouvel agenda mondial a été adopté lors du Sommet des Nations Unies sur le développement durable en septembre 2015. L’eau a gagné une place plus importante et apparaît à présent comme l’un des 17 objectifs de développement durable (ODD). Ainsi, l’objectif 6 vise à «garantir l’accès à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ».

El Machete Verde, un guide de formation paysanne

Le 28 février dernier au Nicaragua, SUCO a lancé la troisième édition du Machete Verde, un guide de formation paysanne sur la gestion durable de la ferme. À travers 18 fascicules, ce guide présente diverses techniques agroécologiques adaptées aux réalités des producteurs et productrices et leur permettant de mieux s’adapter aux effets des changements climatiques. Un fascicule complet du guide est dédié à la cueillette et au bon usage de l’eau (Cosecha y buen uso del agua), parce que l’eau est une ressource essentielle pour pratiquer une agriculture durable et pour assurer la sécurité alimentaire des familles.

 

El Machete Verde

El Machete Verde

Des solutions durables

SUCO s’est résolument engagée à protéger et à favoriser une meilleure utilisation de l’eau. Par ses projets d’assainissement, d’accès à des installations sanitaires pour les familles, d’infrastructures favorisant une irrigation rationnelle et adéquate des cultures, SUCO accompagne les populations et les organisations d’Amérique centrale et du Sud, d’Haïti et d’Afrique de l’Ouest pour trouver des solutions durables aux défis que pose la gestion de cette ressource essentielle, mais aussi fragile et très limitée.


Pourquoi et comment les changements climatiques affectent-ils particulièrement les femmes ?

 

Les changements climatiques ont des impacts sur l’ensemble de la population, au Nord comme au Sud, dans les pays plus développés comme dans ceux aux prises avec des enjeux de pauvreté, d’analphabétisme, de malnutrition. Alors pourquoi pensons-nous que les femmes sont particulièrement touchées par les effets des changements climatiques ? Une des réponses se trouve dans les divers rôles que les femmes assument auprès de leur famille, de leur communauté, de leur pays.

L’une des activités humaines les plus affectées par les changements climatiques est l’agriculture, domaine dans lequel les femmes jouent un rôle majeur, sans pour autant que celui-ci soit pleinement reconnu à sa juste valeur. Quand les récoltes chutent à cause des dérèglements causés par les changements climatiques, les femmes sont souvent en première ligne. En effet, en plus de participer activement au développement de l’agriculture dans leur pays, elles produisent la nourriture pour leur famille et elles assument aussi, en grande partie, le commerce de proximité des produits qui profite à l’ensemble de leur communauté, de leur région.

Les conséquences des changements climatiques sur l’agriculture mettent en péril la disponibilité des aliments pour les femmes et leur famille. Et si la sécurité alimentaire n’est pas assurée, c’est la santé qui se détériore, les revenus qui diminuent, la migration qui devient presque incontournable dans des conditions souvent dangereuses. Le cercle vicieux de la pauvreté, de la précarité et de la malnutrition s’amorce. Les changements climatiques touchent également d’autres aspects de la vie des femmes. Par exemple, la désertification les oblige à parcourir de longues distances pour se procurer le bois, essentiel à la cuisson des aliments. Les catastrophes naturelles les éloignent de leur communauté et les mettent en situation d’insécurité et de précarité. Les femmes sont malheureusement fort peu écoutées, prises en compte, consultées… C’est pourquoi elles se mobilisent !

Les femmes jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les changements climatiques, il est donc primordial qu’elles soient incluses dans l’accord qui sera conclu par les pays à la COP21. Les principes d’égalité entre les femmes et les hommes doivent être inscrits dans l’ensemble de l’accord et non seulement dans le préambule.

Dans le prochain article : comment les femmes se mobilisent pour lutter contre les changements climatiques ?

– Un article de Linda Gagnon, chargée de programme pour  SUCO.  Linda est à Paris et participe aux activités de la société civile organisées en marge de la COP21.