Pour une gestion durable de l’eau

 

Journée mondiale de l’eau (22 mars)

 

C’est en 1993 que la Journée mondiale de l’eau a eu lieu pour la première fois. Vingt-quatre ans plus tard, l’eau est-elle une ressource mieux protégée ? Avons-nous plus conscience collectivement de son importance ? Probablement que la réponse est oui mais…

L’eau, une ressource essentielle menacée par les effets des changements climatiques

Aujourd’hui, il y a encore des millions de personnes qui n’ont pas accès à une source d’eau potable de qualité et à des installations sanitaires adéquates. De plus, on constate que les changements climatiques ont des répercussions importantes sur des populations entières. La contamination des eaux de surface et souterraines, les périodes de sécheresse prolongées et les inondations de plus en plus fréquentes ont comme effet d’affecter les cultures, de fragiliser les écosystèmes, en plus de précariser la santé de millions de personnes, de menacer la sécurité alimentaire des populations d’une dizaine de pays et de faire des victimes par milliers chaque année.

«2,6 milliards de personnes ont eu accès à des sources améliorées d’eau potable depuis 1990, mais 663 millions de personnes en sont encore privées.» (Source : Nations Unies)

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Un réservoir d’eau fabriqué avec l’appui de nos volontaires au Honduras

Les objectifs de développement durable (ODD)

L’eau est inévitablement liée aux changements climatiques, à l’agriculture, à la santé, à la sécurité alimentaire des populations et à l’équilibre des écosystèmes. Un nouvel agenda mondial a été adopté lors du Sommet des Nations Unies sur le développement durable en septembre 2015. L’eau a gagné une place plus importante et apparaît à présent comme l’un des 17 objectifs de développement durable (ODD). Ainsi, l’objectif 6 vise à «garantir l’accès à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ».

El Machete Verde, un guide de formation paysanne

Le 28 février dernier au Nicaragua, SUCO a lancé la troisième édition du Machete Verde, un guide de formation paysanne sur la gestion durable de la ferme. À travers 18 fascicules, ce guide présente diverses techniques agroécologiques adaptées aux réalités des producteurs et productrices et leur permettant de mieux s’adapter aux effets des changements climatiques. Un fascicule complet du guide est dédié à la cueillette et au bon usage de l’eau (Cosecha y buen uso del agua), parce que l’eau est une ressource essentielle pour pratiquer une agriculture durable et pour assurer la sécurité alimentaire des familles.

 

El Machete Verde

El Machete Verde

Des solutions durables

SUCO s’est résolument engagée à protéger et à favoriser une meilleure utilisation de l’eau. Par ses projets d’assainissement, d’accès à des installations sanitaires pour les familles, d’infrastructures favorisant une irrigation rationnelle et adéquate des cultures, SUCO accompagne les populations et les organisations d’Amérique centrale et du Sud, d’Haïti et d’Afrique de l’Ouest pour trouver des solutions durables aux défis que pose la gestion de cette ressource essentielle, mais aussi fragile et très limitée.


Pourquoi et comment les changements climatiques affectent-ils particulièrement les femmes ?

 

Les changements climatiques ont des impacts sur l’ensemble de la population, au Nord comme au Sud, dans les pays plus développés comme dans ceux aux prises avec des enjeux de pauvreté, d’analphabétisme, de malnutrition. Alors pourquoi pensons-nous que les femmes sont particulièrement touchées par les effets des changements climatiques ? Une des réponses se trouve dans les divers rôles que les femmes assument auprès de leur famille, de leur communauté, de leur pays.

L’une des activités humaines les plus affectées par les changements climatiques est l’agriculture, domaine dans lequel les femmes jouent un rôle majeur, sans pour autant que celui-ci soit pleinement reconnu à sa juste valeur. Quand les récoltes chutent à cause des dérèglements causés par les changements climatiques, les femmes sont souvent en première ligne. En effet, en plus de participer activement au développement de l’agriculture dans leur pays, elles produisent la nourriture pour leur famille et elles assument aussi, en grande partie, le commerce de proximité des produits qui profite à l’ensemble de leur communauté, de leur région.

Les conséquences des changements climatiques sur l’agriculture mettent en péril la disponibilité des aliments pour les femmes et leur famille. Et si la sécurité alimentaire n’est pas assurée, c’est la santé qui se détériore, les revenus qui diminuent, la migration qui devient presque incontournable dans des conditions souvent dangereuses. Le cercle vicieux de la pauvreté, de la précarité et de la malnutrition s’amorce. Les changements climatiques touchent également d’autres aspects de la vie des femmes. Par exemple, la désertification les oblige à parcourir de longues distances pour se procurer le bois, essentiel à la cuisson des aliments. Les catastrophes naturelles les éloignent de leur communauté et les mettent en situation d’insécurité et de précarité. Les femmes sont malheureusement fort peu écoutées, prises en compte, consultées… C’est pourquoi elles se mobilisent !

Les femmes jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les changements climatiques, il est donc primordial qu’elles soient incluses dans l’accord qui sera conclu par les pays à la COP21. Les principes d’égalité entre les femmes et les hommes doivent être inscrits dans l’ensemble de l’accord et non seulement dans le préambule.

Dans le prochain article : comment les femmes se mobilisent pour lutter contre les changements climatiques ?

– Un article de Linda Gagnon, chargée de programme pour  SUCO.  Linda est à Paris et participe aux activités de la société civile organisées en marge de la COP21.