L’expertise en gestion de projet à l’international au service du développement durable

 

Un nouveau partenariat entre le PMI-Montréal et SUCO

Montréal, le 23 novembre 2017 – L’Association des professionnels en gestion de projet PMI-Montréal et l’organisme de coopération internationale SUCO sont fiers d’annoncer un nouveau partenariat qui fait rayonner l’importance de la gestion de projet au cœur des programmes de développement international et de la coopération volontaire canadienne.

L’expertise d’ici au service des partenaires du Sud

Ce partenariat offre aux membres du PMI-Montréal la chance de mettre leurs expertises en gestion de projet au service des communautés du Sud accompagnées par SUCO et ses partenaires locaux. Il s’agit également d’une occasion pour promouvoir des mandats de coopération volontaire en gestion de projet dans sept pays d’Amérique latine, des Caraïbes et d’Afrique de l’Ouest.

« Ce partenariat ouvre les portes à nos membres pour qu’ils partagent leurs connaissances en gestion de projet dans les programmes de développement international de toute envergure, sans compter tous les apprentissages pour mieux adapter les meilleures pratiques en gestion aux réalités des organismes de coopération internationale et de leurs partenaires sur le terrain », déclare Benoît Lalonde, président du PMI-Montréal.

Sensibiliser les Canadiens et les Canadiennes une fois de retour au pays

Cette collaboration se traduira par plusieurs activités permettant de sensibiliser la population canadienne aux enjeux internationaux. Une fois rentrés au pays, les volontaires et les membres du PMI-Montréal organiseront des conférences qui permettront de démystifier la gestion de projet à l’international et sa contribution au développement durable.

« La gestion de projet est au cœur des approches de développement local que SUCO et ses partenaires mettent de l’avant auprès des communautés du Sud. Notre entente avec le PMI-Montréal ouvrira de nouvelles possibilités pour l’engagement de la relève professionnelle dans l’atteinte des objectifs de développement durable », affirme Linda Gagnon, directrice générale par intérim de SUCO.

Une série d’articles seront également diffusés sur le site Web de SUCO et un projet pilote de mentorat auprès des gestionnaires de projet sur le terrain sera mis en œuvre.

À propos du PMI-Montréal
Fondé en 1977, le PMI-Montréal regroupe la grande majorité des professionnels en gestion de projet du Québec. Grâce à plus de 4 700 membres, le PMI-Montréal est la plus grande section canadienne, la plus grande section francophone et la 4e plus grande section de l’association mondiale en gestion de projet, le Project Management Institute (PMI). Pour obtenir plus d’informations et consulter le calendrier des événements à venir, rendez-vous au www.pmimontreal.org.

À propos de SUCO
SUCO est un organisme de coopération internationale fondé en 1961. Il réalise des projets de développement durable visant à renforcer l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités dans sept pays : Burkina Faso, Haïti, Honduras, Mali, Nicaragua, Pérou et Sénégal. L’expertise de SUCO se situe principalement dans les domaines de l’agriculture durable, du développement local, de la mobilisation citoyenne et de l’entrepreneuriat rural.
Site Web de SUCO : suco.org

Renseignements :
Mélissa Cabana
Chargée des relations externes, SUCO
melissacabana@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 225
Cell. : 514 349-3019

Marie-Hélène Thouin
Conseillère aux communications, PMI-Montréal
evenements@pmimontreal.org
Tel : 514-861-8788, poste 226

 


Contrer l’exode rural en formant la relève agricole

 
De juin à août 2017, quatre jeunes Québécoises ont réalisé un stage Québec sans frontières à Huari, au Pérou, avec l’organisme local ALLPA, partenaire de SUCO.


Comme dans plusieurs autres pays du monde, l’exode rural est un phénomène qui affecte le Pérou et en particulier la région où nous effectuons notre stage, qui a lieu plus précisément dans la petite ville de Huari, ainsi que les zones rurales qui l’entourent
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Notre stage Québec sans frontières sur la promotion des aliments locaux et du travail des personnes agricultrices, réalisé en collaboration avec notre partenaire local Allpa, nous a amené à nous questionner sur les raisons qui poussent les jeunes à abandonner leur terre natale pour tenter leur chance ailleurs.

La dévitalisation des milieux ruraux

À la suite de nombreuses discussions avec des familles agricultrices, ainsi qu’avec des collègues d’Allpa, nous avons tout d’abord constaté que les raisons qui poussent la plupart des gens à migrer vers de plus grandes villes ressemblent énormément à celles invoquées au Québec et au Canada : les zones rurales se dévitalisent plus ou moins rapidement, car les jeunes aspirent à un futur qu’ils peinent à imaginer en campagne. Pour vous donner une idée de la situation, il ne reste qu’une trentaine de famille à Ampas, petite communauté voisine de Huari, alors qu’il y a trente ans, on en comptait trois cents. Les répercussions sont dramatiques puisque ce genre de phénomène implique que, dans des villes comme Huari qui ne possèdent pas leur propre université, les jeunes qui veulent poursuivre leurs études doivent déménager dans une autre ville, comme Huaraz ou Lima. Parmi ceux et celles qui partent pour les grandes villes, une poignée seulement revient dans leur petite ville natale pour y faire leur vie.

Un autre de nos questionnements portait sur les perceptions existantes du métier d’agriculteur. Bien évidemment, elles sont différentes d’une famille à l’autre, mais la différence est d’autant plus manifeste si l’on compare les familles qui vivent dans une zone rurale, comme Ampas, à celles qui vivent dans une zone plus urbanisée, comme Huari. Les familles de Huari avec lesquelles nous avons discuté ne vivent généralement pas de leur propre agriculture, et même si certaines d’entre elles possèdent une terre, il s’agit davantage d’une activité marginale que d’un réel métier. De plus, si quelques personnes considèrent que l’agriculture est un travail difficile, d’autres vont jusqu’à dire que ce n’est pas un « vrai » travail.

Des familles qui valorisent le travail de la terre

Certaines familles nous ont toutefois fait part d’opinions tout à fait différentes. Elles nous ont par exemple parlé de l’entraide et de la solidarité qui existent entre les familles d’agriculteurs et d’agricultrices. En effet, toute la communauté travaille une journée dans les champs de l’une des familles, puis dans ceux d’une autre famille le lendemain, et ainsi de suite. Cela témoigne d’un esprit de communauté très fort. De plus, une famille d’agriculteurs et d’agricultrices qui a vécu plusieurs années à Lima pour ensuite revenir à Ampas nous a confié que la qualité de vie était selon elle beaucoup moins bonne à Lima. Il y a beaucoup de bruit, le coût de vie y est élevé et les déplacements sont rendus difficiles par le trafic constant. Ces conditions ne peuvent être comparées au calme et à la tranquillité qui règnent à Ampas ou à Huari. Selon cette même famille, la délinquance a augmenté de manière importante depuis quelques années à Lima, ce qui en fait un environnement inadéquat pour établir une famille.

Des participants aux modules de formation d’Allpa sur la production maraîchère dans le cadre du projet FORMAGRO.


Former et outiller la relève : le travail de l’organisme Allpa

Un certain nombre de défis caractérisent la vie des agriculteurs et des agricultrices. L’amélioration des conditions de vie en zone rurale se trouve justement le cœur du travail d’Allpa, un organisme qui œuvre dans plusieurs régions rurales du Pérou pour en assurer le développement durable. Allpa offre un soutien aux producteurs et productrices dans le développement de leurs activités maraîchères, d’élevage ou de production laitière, et travaille conjointement avec ceux-ci pour leur permettre de consolider leurs connaissances et techniques. Les familles productrices y voient par conséquent une opportunité d’amélioration. En effet, des changements ont été constatés à la suite de la participation aux formations. Bon nombre d’agriculteurs et d’agricultrices ont modifié leurs méthodes de production maraîchère pour se tourner vers le biologique alors qu’ils utilisaient auparavant des méthodes de production conventionnelle, lesquelles faisaient par exemple appel à des pesticides chimiques dangereux. Allpa travaille aussi à la revalorisation du métier d’agriculteur et d’agricultrice et à la construction d’un meilleur avenir pour les jeunes vivant en zone rurale. En effet, les modules de formation dédiés aux jeunes de 18 à 35 ans permettent à la relève d’être plus motivée et mieux outillée pour travailler la terre. Notre mandat en tant que stagiaires était de collaborer avec Allpa afin de sensibiliser la population à l’utilisation de produits locaux et biologiques.

À la fin de notre stage, nous avons pris conscience de l’étendue de nos apprentissages et nous avons également pu observer qu’une intervention semblable serait extrêmement pertinente chez nous, au Québec.

Claudio Estrada, un facilitateur communautaire d’Allpa, donnant une formation participative sur le contrôle biologique des maladies.


Article rédigé par nos stagiaires QSF : Éliane Voisard, Anika Ste-Marie, Laurence Dupont et Elisabeth Bergeron

Accompagnatrice du groupe  : Anne-Sophie Côté

Informez-vous sur le programme Québec sans frontières du ministères des Relations internationales et de la Francophonie du Québec.


Nomination d’une directrice générale par intérim à SUCO

 

Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate

 

Montréal, le 21 septembre 2017 – Le président du conseil d’administration de SUCO, M. Claude Provencher, annonce la nomination de Mme Linda Gagnon à titre de directrice générale par intérim à compter du 20 septembre 2017, jusqu’à l’entrée en fonction de la prochaine personne titulaire du poste.

Chargée de programme depuis 2006 à SUCO, Mme Gagnon travaille plus spécifiquement sur les questions liées à l’égalité entre les femmes et les hommes, l’agriculture durable et l’environnement. Elle est d’ailleurs l’instigatrice de l’approche agroenvironnementale de SUCO. Mme Gagnon a travaillé durant plus de 16 ans en Amérique latine (Bolivie, El Salvador et Nicaragua) en tant que représentante et gestionnaire de programmes pour divers organismes de coopération internationale. Au Guatemala, elle a pris part à la mission de paix des Nations Unies comme vérificatrice des accords de paix, spécifiquement ceux liés aux conflits agraires, de travail, de liberté syndicale et d’association. Elle a été membre de plusieurs conseils d’administration d’organismes communautaires.

 

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À propos de SUCO
SUCO est un organisme de coopération internationale fondé en 1961. Il réalise des projets de développement durable visant à renforcer l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités dans sept pays : Burkina Faso, Haïti, Honduras, Mali, Nicaragua, Pérou et Sénégal. L’expertise de SUCO se situe principalement dans les domaines de l’agriculture durable, du développement local, de la mobilisation citoyenne et de l’entrepreneuriat rural.

 

Renseignements :
Mélissa Cabana
Chargée des relations externes, SUCO
melissacabana@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 225


Ouragan Irma : SUCO prête à répondre aux besoins des populations

 

Communiqué Pour diffusion immédiate

Montréal, le 7 septembre 2017 – Fortes de l’expérience apprise lors du passage dévastateur de l’ouragan Matthew, les équipes de SUCO sont prêtes à poursuivre leur travail d’accompagnement des populations pour relancer l’agriculture et assurer l’accès aux aliments après le passage appréhendé d’Irma, plus puissant ouragan jamais observé dans l’océan Atlantique.

Les volontaires et les partenaires locaux de l’organisation canadienne de coopération internationale SUCO ont reçu des consignes de sécurité devant l’arrivée imminente de l’ouragan Irma, de force 5, qui touchera surtout le nord du pays.

Les leçons apprises de l’ouragan Matthew 

Avec l’étendue des dégâts survenus en 2016 dans le sud d’Haïti, il fallait vite rétablir les terres agricoles endommagées, livrer des semences, restaurer l’irrigation et les jardins maraîchers. SUCO avait reçu un financement du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec et des dons du public qui lui ont permis d’assurer la sécurité alimentaire des familles de la commune de Marigot en plus de fournir des aliments à la population environnante grâce à la vente des excédents de production sur les marchés locaux.

« D’autres organisations s’occupent de distribuer l’eau et les vivres dans les premiers jours. Mais l’expertise de SUCO, c’est la relance agricole. Après Matthew, dès que les conditions l’ont permis, les populations se sont mobilisées et ont fait un constat des dégâts. Elles ont contacté SUCO, ce qui nous a permis, cinq jours plus tard, de mettre en place des actions pour relancer l’agriculture », souligne Michel Sanfaçon, chargé de programme Haïti pour SUCO.

 

En plus, à travers un programme de formation et de sensibilisation à de saines habitudes alimentaires, SUCO a contribué à une meilleure alimentation et hygiène de la population. « Avec le contenu et les outils d’animation d’un guide alimentaire produit par SUCO en collaboration avec le ministère de la Santé publique et de la Population en Haïti, des activités de sensibilisation à l’hygiène de base et la nutrition ont été réalisées et ont permis de diminuer les risques de propagation du choléra dans la commune de Marigot », ajoute Michel Sanfaçon, chargé de programme Haïti pour SUCO.

 

SUCO est une organisation canadienne de coopération internationale fondée en 1961. SUCO travaille avec des communautés rurales en Haïti depuis 2001 pour appuyer la production agricole, la transformation de matières premières et la commercialisation des produits alimentaires dans le but de rendre les populations autonomes et d’assurer la sécurité alimentaire. Ses outils, méthodes et stratégies d’intervention ont comme objectif de mobiliser les membres des associations paysannes partenaires autour d’actions concertées pour le développement et le renforcement de leurs capacités d’agir et d’améliorer leurs conditions de vie.

 

Les zones d’intervention de SUCO en Haïti couvrent le département de l’Artibonite, le département du Sud-Est, le département du Sud et le département de l’Ouest.

 

Renseignements :
Mélissa Cabana
Chargée des relations externes
SUCO
Tél. : 514 272-3019 poste 225
Cell. : 514 349-4297
melissacabana@suco.org

 

 


Programme de coopération climatique internationale

 

SUCO et Réseau Environnement sont fiers d’annoncer un partenariat pour un projet de résilience climatique au Sénégal

Communiqué
Pour diffusion immédiate

Montréal, le 29 août 2017 – SUCO et Réseau Environnement sont fiers d’annoncer un nouveau projet qui place la lutte aux changements climatiques au cœur de la gouvernance locale du Sénégal. Le projet aura un impact direct sur 7 694 familles de six communes du plateau de Thiès.

Former et accompagner pour s’adapter au climat

Le Sénégal fait déjà face à de nombreux défis reliés aux changements climatiques. Le projet Dund ak Kéew bi, qui signifie « vivre longtemps avec l’environnement » en wolof, s’inscrit dans la suite d’une série d’actions de mobilisation citoyenne réalisée par le Groupe de recherche et d’appui aux initiatives mutualistes (GRAIM), organisation partenaire de SUCO au Sénégal.

Pour répondre à des enjeux liés à la décentralisation de l’état, SUCO et Réseau Environnement s’engagent dans une démarche de renforcement des capacités des communes afin de mettre en œuvre des plans environnementaux locaux et d’expérimenter des solutions durables.

« Ce qui m’enthousiasme le plus dans ce projet, c’est l’intégration des membres de la population du plateau de Thiès comme acteurs et actrices de leur développement. Grâce à des communes mieux outillées, des femmes, des hommes et des jeunes participent aux réflexions et aux actions pour affronter leurs défis quotidiens, comme l’accès à l’eau, la qualité des sols et la gestion de la forêt », souligne Richard Veenstra, directeur général de SUCO.

L’expertise d’ici au service de la coopération internationale

L’expertise de SUCO permet d’aborder les questions d’agriculture durable et de développement économique local. La mobilisation des experts québécois membres de Réseau Environnement permettra de créer des liens de solidarité et de donner accès aux technologies propres développées ici.

« L’idée de mettre l’expertise et le savoir de nos membres, tant les municipalités que les entreprises en environnement, au service de ce projet de coopération internationale m’enchante particulièrement », souligne Jean Lacroix, président-directeur général de Réseau Environnement.

Le projet valorise le partage de connaissances et la réciprocité. La collaboration avec Réseau Environnement permettra de mettre l’expertise du Québec en environnement au service des populations sénégalaises. « Que ce soit en matière d’adaptation aux changements climatiques, de gestion de l’eau, de biodiversité, ou de gestion des matières résiduelles, un tel transfert de savoir et de bonnes pratiques aura assurément pour effet de renforcer les capacités des Sénégalais. Et c’est dans une optique bidirectionnelle que nous l’envisageons, sachant que les membres de Réseau Environnement gagneront, eux aussi, à s’approprier l’expertise africaine », conclut M. Lacroix.

Ce projet bénéficie d’un soutien financier de 998 238 $ du programme de coopération climatique internationale du Québec issu du Fonds vert. De plus, Affaires mondiales Canada, par le biais de son programme de coopération volontaire, apporte un soutien financier de 261 667 $.

À propos de SUCO
SUCO est un organisme de coopération internationale fondé en 1961. Il réalise des projets de développement durable visant à renforcer l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités dans sept pays : Burkina Faso, Haïti, Honduras, Mali, Nicaragua, Pérou et Sénégal. L’expertise de SUCO se situe principalement dans les domaines de l’agriculture durable, du développement local, de la mobilisation citoyenne et de l’entrepreneuriat rural.

À propos de Réseau Environnement
Réseau Environnement est un organisme à but non lucratif représentant plus de 2 700 membres experts en environnement au Québec. Il est l’initiateur et l’organisateur d’AMERICANA et du Salon des technologies environnementales du Québec, publie la revue Vecteur Environnement et prend position sur des questions touchant à de nombreux secteurs d’activité, tels que l’eau, l’air, les changements climatiques, les matières résiduelles, les sols et la biodiversité.

Renseignements :

Mélissa Cabana
Chargée des relations externes
SUCO
melissacabana@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 225
Cell. : 514 349-3019

 

Christine Bérubé
Directrice des communications et du marketing
Réseau Environnement
cberube@reseau-environnement.com
Tél. : 514 270-7110, poste 325
Cell : 514 616-8481


La révolution verte

 

Elle, c’est Nidia Flores. C’est une mère monoparentale de 45 ans vivant dans la communauté de San Miguelito, au Honduras. Elle fait partie de La Felicidad,un regroupement de femmes et d’hommes cultivant la terre.

Et oui, elle, c’est Nidia.
Une des nombreuses femmes extraordinaires avec laquelle j’ai eu la chance de travailler.

Laissez-moi vous raconter…

J’ai fait la rencontre de Nidia au début de mon mandat en agroécologie. C’était en septembre ; je m’en rappelle comme si c’était hier. Quand je suis arrivé pour la première fois chez elle, j’ai été émerveillé par sa ténacité. C’était l’une des rares femmes de la communauté d’El Liver à oser affronter ces sols durs et arides. Ces mêmes terres inhospitalières en avait effrayé plus d’une, mais pas elle. Son potager à elle, c’était comme une oasis en plein milieu du désert. Avec un amalgame de pneus, barbelés et branches, elle avait assemblé un périmètre bien protégé afin de pouvoir coloniser ce petit espace de terre grisâtre à l’abri des poules plutôt gourmandes. On y retrouvait même un vieil ordinateur dans lequel on y voyait des tagètes pousser ; comme quoi la nature reprend toujours le dessus sur la technologie.
Pendant plusieurs mois, elle s’est battue. Battue parce que ressusciter la vie dans de telles conditions semblait impossible.

Aujourd’hui, après plusieurs mois de travail acharné, c’est avec une grande fierté qu’elle nous fait visiter son potager. Je me souviens encore que la dernière fois que j’y ai mis les pieds, c’était l’abondance. Du basilic en passant par les tomates mûrissantes jusqu’aux gigantesques radis, tout y était. Quand j’ai les deux pieds dans ce potager, je me rends compte qu’aller au marché devient inutile. Chacun de ces petits plats prend naissance dans ce jardin de légumes, de fleurs et de condiments. Les voisins aussi, toute tranche d’âge confondue, ont commencé à s’inspirer de son travail. Ils ont enfin osé cultiver la terre. Tout cela, grâce au dévouement et à la persévérance de cette femme incroyable.

Cette femme, c’est un modèle et une inspiration pour moi et plusieurs autres membres de la communauté. Ce sont des femmes comme Nidia qui m’inspirent chaque jour dans mon travail. C’est elle et plusieurs autres qui sont derrière cette révolution verte : l’art de coloniser jusqu’aux espaces les plus hostiles.

Un jour, vous vous rendrez à San Miguelito, dans la communauté d’El Liver, au kilomètre 30.
Un jour, vous vous rendrez dans le département d’Intibucá, au Honduras.
Un jour, vous serez accueilli dans cette oasis par Nidia vous aussi.
Alors ce jour-là, vous comprendrez tout ce que j’essayais de vous dire dans ce bref écrit…

Jean-Philippe Gélinas, stagiaire en agroécologie au Honduras

Jean-Phillippe a entamé un deuxième mandat avec SUCO comme conseiller volontaire au Honduras.

 

 


Opération post-inondations Pérou

 

Suite aux inondations torrentielles des derniers mois au Pérou, les dommages causés dans certaines communautés de Huarochirí mettent en péril les cultures et la sécurité alimentaire des producteurs que desserre l’ONG péruvienne IDMA (Instituto de Desarrollo y Medio Ambiente), appuyée financièrement par SUCO. IDMA travaille à  rétablir la situation grâce aux fonds amassés auprès de la population canadienne.

Dégâts des glissements de terrain à Barba Blanca, Huarochirí. Source : El Comercio, le 26 mars 2017.

Pérou, pire crise climatique en 30 ans

La force des huaicos (glissements de terrain) provoqués par El Niño a été telle cette année que le courant a emporté des troncs d’arbres, des pierres à la mesure de celles constituant le fameux Machu Picchu et des débris qui ont gravement endommagé les habitations et les cultures, en plus de blesser des individus. Certains n’ont plus de maison ou de terres. D’autres sont morts ou portés disparus.

La province de Huarochirí, où j’accomplis mon mandat, est particulièrement vulnérable à ce genre d’épisode. Son paysage de montagnes pentues et rocailleuses est tout destiné à l’érosion. L’activité humaine n’aide pas non plus. Les municipalités permettent encore la construction d’habitations dans des zones inondables et les berges n’ont souvent aucune couverture végétale. Ainsi, les terrains en bordure de rivières se rétrécissent un peu plus chaque année et des maisons (parfois même des complexes neufs de trois étages) ont été complètement détruites. On ne parle même pas ici de la déforestation en cours depuis belle lurette en tête des rivières.

Évaluation de l’état des lieux et des besoins en compagnie du président de la communauté de Cumpe. Source : Herbert Gutierrez.

Interventions post-urgence des ONG IDMA et SUCO

Les activités de cette région comptent majoritairement la culture d’arbres fruitiers tels que la chirimoya et l’avocat. Mais, « cette année, on a peu de produits à vendre », me confie Marvila, qui vend ses produits biologiques à l’Écoferia de Santa Eulalia chaque dimanche. En effet, mise à part la destruction des terres par les huaicos, les pluies torrentielles ont provoqué une hausse du taux d’humidité, laquelle est propice à la propagation de certaines maladies d’arbres, ce qui a diminué la production de fruits commercialisables. De plus, plusieurs infrastructures d’irrigation ont été détruites et les techniques de conservation d’eau sont parfois inadéquates.

« Chaque minute, les cultures s’assèchent un peu plus », s’inquiète mon collègue Herbert Gutierrez, chef d’équipe d’IDMA à Santa Eulalia. La collecte de fonds de SUCO a permis d’amasser 10 000 $ pour qu’IDMA remédie à court terme à cet état d’urgence. L’installation de matériel pour l’irrigation des cultures est en cours. Des vivres ont été distribués aux familles qui ont perdu leurs cultures ou leurs terres. Des panneaux solaires seront installés aux mairies pour fournir de l’électricité d’urgence. Les membres des communautés pourront ainsi recharger leurs cellulaires.

Dégâts des glissements de terrain. Source : site de Movadef, le 17 mars 2017.

Et après ?

Cette aide d’urgence pourra peut-être « patcher le bobo » pour un temps. Par contre, les effets des changements climatiques continueront d’augmenter. Des solutions durables à moyen et à long terme seront nécessaires pour diminuer la vulnérabilité de ces populations et renforcer leur résilience aux changements climatiques.

Il s’agit de tout un défi pour des populations qui, comme le disait l’ingénieur Cesar Dávila durant la présentation sur la récupération des techniques de conservation d’eau ancestrales cette fin de semaine, « s’habituent de recevoir du financement et de l’aide extérieurs sans trop faire d’efforts ». Sa suggestion? « Changer leur cosmovision », déclare-t-il en faisant référence à la façon dont les Incas utilisaient les ressources, telles que l’eau, grâce à une vision globale et à long terme.

*Photo bannière : présentation sur les techniques ancestrales de conservation de l’eau par Cesar Dávila. Pichapuquio, communauté de Masajcancha, district de Paccha, province de Jauja, région de Junín. Source : Constance Morel.

Pour en savoir plus sur les activités de SUCO au Pérou, visitez le site Web de Formagro. Un projet de formation en entrepreneuriat agricole.

Vous pouvez toujours contribuer à rétablir la situation au Pérou, en faisant un don.

– Par Constance Morel, conseillère en environnement au Pérou.


La jeunesse québécoise, une vraie force de changement!

 

C’est un départ pour nos 7 jeunes Québécoises qui iront réaliser un stage d’initiation à la solidarité internationale avec notre partenaire ALLPA, dans la région de Huari au Pérou ! Les jeunes femmes ont pour mandat de contribuer au développement durable de cette région andine du Pérou. Plus spécifiquement, il s’agira de sensibiliser la communauté sur la production et la consommation de produits locaux.

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Québec sans frontières, un programme qui mise sur des valeurs de partage et de solidarité

Basé sur des principes de partage, de solidarité et d’engagement social, le programme Québec sans frontières (QSF) dans lequel s’inscrit ce stage a pour objectif de favoriser la création de liens privilégiés entre les jeunes du Québec et les populations du Sud, dans ce cas-ci la population andine du Pérou, tout en prônant des valeurs de participation populaire et de réciprocité. Le programme, qui existe depuis 20 ans, mise avant tout sur le potentiel de la jeunesse québécoise à devenir une vraie force de changement et d’action.

Pourquoi partir et qu’est-ce qu’on en retire ?

Se mettre au défi et sortir de sa zone de confort, en apprendre davantage sur une autre culture et vivre dans un rapport de réciprocité avec elle, partager ses connaissances sont quelques-unes des raisons qui ont attiré les jeunes femmes à s’initier au monde de la coopération internationale. Nos stagiaires, qui vivront d’ailleurs dans des familles d’accueil durant toute la durée du séjour, espèrent retirer beaucoup de cette expérience, tant d’un point de vue plus personnel que professionnel. Ainsi, se connaître davantage, approfondir ses connaissances sur certains enjeux internationaux pour mieux agir de retour au Québec, se doter de nouveaux outils et de nouvelles compétences (écoute, vie de groupe, apprentissage d’une nouvelle langue, sens de l’organisation, autonomie) sont parmi les objectifs que les filles espèrent atteindre durant ces deux mois et demi au Pérou. Et il y a fort à parier qu’elles réussiront !

Ce programme de stage est financé par l’intermédiaire du Ministère des relations internationales et de la francophonie.

 

 

 

 

 

 


Inondations au Pérou : qu’en est-il de la sécurité alimentaire ?

 

 Réagir à la dernière minute, s’adapter au contexte régional, et s’impliquer activement dans notre communauté d’accueil, c’est aussi ça, être volontaire avec SUCO ! Depuis quelques semaines, des pluies diluviennes s’abattent sur plusieurs régions du Pérou, entraînant inondations et glissements de terrain. Puisque j’étais basée à Lima, je croyais que mon mandat comme conseillère en nutrition pour le Réseau d’agriculture écologique du Pérou (RAE Perú) ne serait pas perturbé. Erreur ! Les changements climatiques nous affectent tous et toutes, car ils modifient l’environnement et donc les pratiques agricoles, la sécurité alimentaire et, enfin, l’accès à une alimentation saine.

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L’état d’urgence déclaré dans plusieurs régions du Pérou

Après avoir constaté l’état d’urgence dans le secteur agricole des régions de Piura, La Libertad, Lambayeque et Lima, où interviennent les partenaires de la RAE Perú, la nécessité d’être solidaire s’est manifestée. Les inondations et les glissements terrain ont causé d’énormes dégâts : des agriculteurs et des agricultrices ont perdu leurs récoltes et leurs troupeaux d’élevage ont été durement touchés. Il fallait donc s’organiser ! Un comité multisectoriel a donc été créé avec des organisations de la société civile œuvrant en agriculture et alimentation, ainsi qu’un regroupement de producteurs et productrices. L’objectif du comité est de proposer des actions humanitaires de réhabilitation et de reconstruction des zones gravement affectées. Par l’entremise de la RAE Perú, l’un des principaux acteurs de ce comité, j’ai été invitée à réfléchir conjointement à des actions que nous pouvons entreprendre en marge de celles réalisées par l’État.

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Des enjeux nutritionnels bien présents

Mon rôle de nutritionniste s’est alors vu élargi à un nouveau pays, soit le Pérou; à une nouvelle expertise, soit le milieu agricole; et à une situation hors du commun, soit l’état d’urgence actuel dans lequel baigne le pays. Une crise alimentaire pourrait survenir à tout moment puisque les récoltes sont gravement compromises. En plus, l’inondation des terres retarde l’ensemencement et limite le transport vers les marchés régionaux, ce qui réduit largement les revenus familiaux. C’est en ayant en tête la boucle de l’insécurité alimentaire que j’ai voulu ajouter mon grain de sel. Les enjeux nutritionnels sont présents à l’échelle mondiale, que ce soit par la dénutrition ou la malnutrition. La disponibilité d’aliments sains qui répondent aux besoins nutritionnels de chacun et chacune, l’accès à ces aliments grâce à des ressources financières suffisantes et à la stabilité de l’offre sont essentiels pour préserver la santé de la population, et particulièrement celle des enfants.

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Crédit photo : Carlos Ly

 Faire sa part comme membre de la société civile

Ce qui ressort de cette première rencontre est la solidarité et la volonté d’agir, peu importe l’ampleur qu’auront les actions posées. Même si je n’ai pas vécu personnellement les inondations au Pérou, je considère qu’il est important de faire sa part comme membre de la société civile. Étant donné les nombreuses pertes agricoles, la survie immédiate des agriculteurs et des agricultrices familiaux dépend de leur possibilité d’écouler rapidement les produits alimentaires épargnés par les inondations. C’est donc en consommant des produits locaux et de saison disponibles dans tous les marchés écologiques de la ville, que nous pouvons les appuyer de manière concrète. Aucun geste n’est un trop petit geste !

– Par Amélie Bertrand, volontaire en nutrition au Pérou

 

Au Québec, la meilleure façon de soutenir les Péruviens et les Péruviennes victimes des inondations est de faire un don.

 

 


Inondations au Pérou : pire crise climatique en 30 ans

 

Des milliers de personnes victimes des inondations au Pérou ont besoin de vous. C’est la pire crise climatique que vit le pays depuis les 30 dernières années. Le phénomène El Niño, qui provoque le réchauffement de l’océan Pacifique, a des effets dévastateurs dans plusieurs régions du pays, provoquant des pluies dix fois plus abondantes que la normale. À ce jour, les autorités péruviennes estiment qu’il y a plus de 100 000 victimes directement touchées par les inondations.

Les provinces de Yauyos, Cañete et Huarochiri de la région de Lima sont très affectées par les intempéries. Depuis 2015, SUCO et son partenaire péruvien IDMA exécutent FORMAGRO, un projet de développement agricole et d’entrepreneuriat jeunesse, dont presque 100 % des bénéficiaires sont touchés par les inondations. Plusieurs milliers de personnes ont besoin d’assistance.

Le bilan des dégâts causés par les inondations est très lourd !

  • Pas d’accès à l’eau potable, à des aliments et à l’électricité
  • Les maisons sont détruites et les familles dorment à l’extérieur dans des camps de fortune
  • Les terres agricoles sont inondées et les récoltes perdues
  • Les centres de santé sont détruits
  • En région montagneuse et éloignée, les familles sont complètement isolées, n’ayant pas accès aux services de base

Votre aide, notre action !

  • 35 $ pour fournir 80 litres d’eau potable à une famille de 5 personnes
  • 70 $ pour offrir une trousse de survie à une famille
  • 140 $ pour nourrir une famille de 5 personnes avec des aliments de base

Dès aujourd’hui, votre contribution est cruciale pour nous aider à répondre aux besoins élémentaires et criants des familles touchées par cette crise climatique. Le manque de ressources et la grande instabilité actuelle ont des effets néfastes sur leur santé et leur sécurité alimentaire.

Merci de votre générosité !