Décès de Jacques Fournier

 

C’est avec une immense tristesse que l’équipe de SUCO a appris le décès de Jacques Fournier. Jacques a accompagné et soutenu SUCO presque toute sa vie, d’abord comme volontaire au Togo, de 1967 en 1969, ensuite comme responsable des communications de 1974 à 1978, et encore comme donateur des plus fidèles. Il y a quelques années, il était là avec nous pour fêter notre 50e anniversaire et l’été dernier pour lancer notre nouvelle programmation.

Nous offrons nos plus sincères condoléances à sa famille et ses proches.
Nous souhaitons partager avec vous un article rédigé par Jacques Fournier en 2010 sur son expérience comme volontaire au Togo : Un séjour qui change une vie.

image8

La famille accueillera les condoléances le vendredi 9 décembre 2016, de 14 h à 17 h, et de 19 h à 21 h, ainsi que le samedi 10 décembre 2016, à compter de 8 h 30.

Centre funéraire Côte-des-Neiges
4525, Chemin de la Côte-des-Neiges, Montréal (QC)
H3V 1E7
514-342-8000.
Un hommage lui sera rendu le même jour à 11 h.


Communiqué – Du Pérou à votre assiette avec le chef Mario Navarrete Jr.

 

Montréal, le 29 novembre 2016 – Le 1er décembre prochain à la Tour de Montréal du Stade olympique,  150 convives se laisseront transporter dans un univers péruvien avec le chef renommé Mario Navarrete Jr. Le souper gastronomique, organisé par l’organisme canadien de coopération internationale SUCO, est sous la présidence d’honneur du Consul du Pérou à Montréal, M. Manuel de Cossío Klüver.

Le chef « Au goût du monde » 2016

12250052_454386708087154_889176830988990151_n

Avec son approche nuevo latino et sa cuisine fusion, Mario Navarrete Jr. a séduit plus d’un critique gastronomique. C’est avec cœur et amour pour son pays d’origine que le chef a accepté de se prêter à la cause en cuisinant pour un événement dont les fonds serviront à appuyer un vaste programme de formation en entrepreneuriat jeunesse et agricole au Pérou.

« L’innovation, ce n’est pas la gastronomie péruvienne en soi, mais le fait de replonger dans les savoirs ancestraux et andins et de les faire découvrir au monde. C’est d’expérimenter avec des textures, des couleurs et de combiner les cultures. Il faut ramener cette connexion entre le chef cuisinier, les producteurs, les aliments et enfin, l’environnement. Après tout, la gastronomie nécessite des aliments frais, savoureux, récoltés d’une terre en santé », raconte le chef montréalais.

La culture péruvienne sur la sellette

Sous le thème Au goût du monde, du Pérou à votre assiette, cette première édition mettra en valeur la culture et la gastronomie péruviennes en vogue chez les foodies et reconnues mondialement pour leur richesse et leur diversité. C’est après une montée en funiculaire que les invités pourront déguster un pisco sour et un repas gastronomique avec une vue unique et époustouflante sur la Ville de Montréal.

La soirée sera aussi l’occasion d’en apprendre sur le savoir-faire et l’alimentation au Pérou avec Marianne Lefebvre, spécialiste en nutrition internationale, et le réalisateur montréalais Orlando Arriagada avec son documentaire L’ADN du ceviche. La troupe de danse péruvienne Esencia del Perú animera la soirée avec des chorégraphies traditionnelles et rythmées.

C’est un rendez-vous « Au goût du monde » à ne pas manquer !

Les gens peuvent acheter des billets en ligne au coût de 125 $ (avec reçu d’impôt de 60 $) sur le site Web de SUCO. Cocktail servi dès 17h30 !

À propos de : SUCO – Solidarité Union Coopération, est un organisme canadien de coopération internationale, à but non lucratif, fondé en 1961. SUCO accompagne des communautés à travers des expertises en agriculture durable, en développement local et en entrepreneuriat dans sept pays : Haïti, Honduras, Nicaragua, Pérou, Burkina Faso, Mali et Sénégal.

– 30  –

Renseignements :
Mélissa Cabana, chargée des relations externes, SUCO
Tél. : 514 272-3019 poste 225 / Cell. : 514-349-4297 / Courriel : melissacabana@suco.org

 

Merci à nos partenaires #augoûtdumonde !

merci_partenaires

 

 


Un appui d’une extrême importance pour éviter une crise alimentaire en Haïti

 

SUCO reçoit l’appui financier du ministère des
Relations internationales et de la Francophonie du Québec

Avec l’appui financier du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, SUCO pourra assurer la sécurité alimentaire de 3 000 personnes, c’est-à-dire 600 familles vivant dans le sud-est du pays. Ces actions consisteront à réhabiliter les structures de protection des sols, les routes agricoles et les jardins maraîchers afin d’assurer l’accès à des aliments de qualité et en quantité suffisante aux populations touchées.

Sauver la saison agricole en cours pour éviter une grave crise alimentaire

L’ouragan Matthew, le plus puissant à avoir frappé les Caraïbes dans les dix dernières années, a touché très durement l’agriculture dans le sud d’Haïti, l’un des pays les plus vulnérables sur le plan de l’insécurité alimentaire. Il est donc urgent d’intervenir pour sauver la saison agricole en cours. Attendre la prochaine saison en mars 2017 pour restaurer l’agriculture risque d’engendrer une pénurie d’aliments, de provoquer une grave crise alimentaire et d’accroître la dépendance des populations à l’aide extérieure.

Mobiliser les communautés pour assurer la sécurité alimentaire

Les équipes terrain de SUCO et son partenaire local Cercle Divers ont les capacités de mobiliser les équipes de professionnels et les membres des associations paysannes des sections communales, déjà appuyées, autour d’actions pour restaurer l’agriculture.

Le projet permettra d’assurer la sécurité alimentaire des familles de la commune de Marigot en plus de fournir des aliments à la population environnante via la vente des excédents de production sur les marchés locaux.

Les liens essentiels et nécessaires entre l’agriculture et l’alimentation se feront à travers un programme de formation et de sensibilisation à de saines habitudes alimentaires.

« Avec le contenu et les outils d’animation d’un guide alimentaire que SUCO a produit en collaboration avec le ministère de la Santé publique et de la Population en Haïti, des activités de sensibilisation à l’hygiène de base et la nutrition seront réalisées et permettront de diminuer les risques de propagation du choléra dans la commune de Marigot », souligne Michel Sanfaçon, chargé de programme Haïti pour SUCO.

SUCO travaille avec des communautés rurales en Haïti depuis 2001 pour appuyer la production agricole, la transformation de matières premières et la commercialisation des produits alimentaires.

Il reste toutefois encore beaucoup de travail à faire et les dons du public sont toujours utiles pour aider encore plus de familles.


À propos de :

SUCO est un organisme canadien de coopération internationales fondé en 1961, qui a pour mission d’améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales dans les pays en développement. Elle rassemble des personnes pour mettre en commun des savoirs et des ressources en vue de renforcer leur capacité d’action et celle de leur collectivité.

Renseignements :
Mélissa Cabana, chargée des relations externes, SUCO
Tél. : 514 272-3019 poste 225 / Cell. : 514-349-4297 / Courriel : melissacabana@suco.org


Ouragan Matthew : sauvons la saison agricole en cours !

 

Évitons une grave crise alimentaire en Haïti

L’ouragan Matthew, le plus puissant à avoir frappé les Caraïbes en près de dix ans, a touché très durement le sud d’Haïti, l’un des pays les plus vulnérables sur le plan de l’insécurité alimentaire. Cet ouragan a causé d’énormes dégâts, notamment sur l’agriculture.

Il est urgent d’intervenir pour sauver la saison agricole en cours. Attendre la prochaine saison en mars 2017 pour restaurer l’agriculture risque d’engendrer une pénurie d’aliments et de provoquer une grave crise alimentaire.

5008852_6_5a02_un-enfant-transporte-un-saut-d-eau-potable-a_011ba4cf6b062e9960513dffb6786b01

Dans le Sud-Est, les jardins maraîchers des familles de la commune de Marigot sont très endommagés et les récoltes perdues. Dans les prochaines semaines, il faudra :

  • rétablir les terres agricoles endommagées;
  • nettoyer et/ou restaurer les infrastructures d’irrigation au besoin;
  • assurer la livraison et le remplacement des semences après évaluation;
  • appuyer la production agricole locale, restaurer les jardins maraîchers pour assurer aux populations touchées l’accès à des aliments de qualité en quantité suffisante.

Nos équipes terrain et notre partenaire local Cercle Divers ont les capacités de mobiliser les équipes de professionnels et les 1 500 personnes des trois communautés rurales appuyées par nos projets autour d’actions concertées pour restaurer l’agriculture fortement affectée. Nous étendrons nos actions avec trois associations avoisinantes, représentant 2 000 personnes, avec lesquelles nous avons travaillé précédemment. Grâce à notre expertise et à votre générosité, nous pouvons éviter que 69 000 habitants de la commune de Marigot se retrouvent en pénurie d’aliments nutritifs.

Nous désirons nous engager dans ces actions le plus rapidement possible, mais avons besoin de ressources financières pour le faire. C’est pourquoi votre contribution est cruciale pour sauver la saison agricole en cours et assurer la sécurité alimentaire des communautés haïtiennes avec lesquelles nous travaillerons, pour les mois à venir.

 

SUCO travaille avec des communautés rurales en Haïti depuis 2001 pour appuyer la production agricole, la transformation de matières premières et la commercialisation des produits alimentaires.

 


L’équipe s’agrandit chez SUCO!

 

as

Bienvenue à Anne-Sophie qui a récemment rejoint l’équipe pour nous appuyer dans la coordination des stages du programme Québec sans frontières (QSF) et à l’engagement du public. Anne-Sophie, qui détient un baccalauréat en développement international, a d’ailleurs effectué un stage QSF en 2014 avec une association de producteurs de café au Costa Rica. Suite à l’obtention de son diplôme, elle a aussi réalisé un mandat de 6 mois au Pérou en participation citoyenne et en égalité entre les femmes et les hommes.

Notre collègue est passionnée par les enjeux de la coopération internationale en Amérique latine et s’intéresse particulièrement à ce qui touche aux luttes sociales des femmes et des populations autochtones. Cette année, en plus de s’impliquer dans l’organisation du stage QSF de SUCO, elle formera et accompagnera notre groupe de stagiaires durant l’été 2017 à Huari, au Pérou, pour un mandat en environnement. Son expérience chez SUCO est l’occasion pour elle d’encourager les jeunes Québécois et Québécoises à s’impliquer à l’international et ainsi découvrir la richesse de l’échange et celle de tisser des liens de solidarité entre les communautés. Elle est d’ailleurs convaincue que le programme QSF est beaucoup plus qu’une expérience de travail à l’étranger, c’est une rencontre humaine, un partage de valeurs, qui permet aux participants de développer leur propre regard sur le monde et la coopération internationale.

 

as2

 

Pour en savoir plus sur les stages Québec sans frontières
Consultez la section de notre site Web dédiée aux stages QSF. Consultez le site Web du programme QSF. Suivez la page Facebook de QSF.

Mario Navarrete Jr.

 

ll fait partie de la scène gastronomique montréalaise depuis les années 90 suite à ses études en cuisine d’établissement et pâtisserie. Son premier restaurant RAZA a reçu 28 points sur 30 du guide américain Zagat. Le magazine En Route, dans son édition spéciale sur la gastronomie, l’a aussi élu quatrième meilleur nouveau restaurant au Canada.

12250052_454386708087154_889176830988990151_n
En 2007, il a poursuivi avec l’ouverture de Madre rue Masson, un bistrot latino nommé dans les 100 meilleurs restaurants au Canada en 2014 par Vacay. Un second Madre pris place en 2013 rue Fleury. Le Chef a ouvert son premier restaurant péruvien CALLAO en 2014 et y fait aussi les événements Mesa10 , 10 sièges intimes réservés à la dégustation de menus en 20 services avec des chefs invités.

Avant d’avoir ses propres restaurants, le chef Navarrete a fait des stages dans d’importantes maisons. Il a œuvré avec la superstar de la nouvelle cuisine latine, Douglas Rodriguez, à l’Alma de Cuba, avec Guillermo Pernot, au Pasión, à Philadelphie, ainsi que chez Daniel et Café Boulud, à New York. Une fois à Montréal, il a cuisiné entre autres au restaurant Les Caprices de Nicolas, l’un des meilleurs restaurants de la ville à l’époque, sans compter ses débuts à Café Ferreira, Bice et Tentation.


À quoi serviront les fonds ?

 

Lutter contre l’exode rural des jeunes au Pérou et assurer la sécurité alimentaire des familles

  • Permettre à 2 000 jeunes Péruviens et Péruviennes de recevoir une formation en production agricole et en entrepreneuriat au cours des cinq prochaines années afin d’en faire des acteurs et actrices du développement économique de leur communauté.
  • Permettre à 10 000 productrices et producteurs d’avoir accès à une formation agricole et entrepreneuriale de qualité et qui augmenteront les revenus de leur famille.

HUARI-ABR2014-175


Toubab en terres mystiques

 

FullSizeRender_1

 

Je suis une Toubab[1], étrangère dans ce pays de mystères. Pourtant aux aguets, quelque chose m’échappe…

Sénégal, pays intemporel

M’étendre et penser pendant des heures, synonyme d’improductivité dans ma tête d’Occidentale, m’apparaît désormais comme la chose la plus importante. Mon esprit, qui a enfin pu faire le tri dans le tourbillon d’informations accumulées contre mon gré, permet à mes pensées une infinie liberté.Une fois endormie, même mes rêves sont libérés et me transportent plus loin chaque nuit. Et eux, Sénégalais étalés de tout leur long sur la natte, à quoi pensent-ils chaque jour de leur vie ? Ici, ni les minutes ni les heures n’existent, tout comme les années d’ailleurs. Quel âge a Chiatchi[2] ? Andim[3].

Elle sèche le poisson, pile les arachides, nourrit le bétail, s’occupe des poules et commerce avec le voisinage chaque jour, infatigable. Chiatchi, pilier de la famille alors que chez moi, on peine à trouver une place à nos aînés. Je pense que les gens d’ici n’ont pas d’âge, ils vivent au gré des saisons. L’âge est peut-être une construction occidentale. C’est l’âge qui nous fait vieillir alors que le temps, au Sénégal, est relatif. Mais si le temps n’est rien, qu’en est-il de la jeunesse de cette jeune femme, là-bas ? Maman de quatre bambins, elle me semble pourtant si jeune. N’ayant jamais eu la chance d’aller à l’école, elle s’est mariée sans avoir pu compter ses années. Est-ce que le fait de vivre dans l’inconnu diminue les regrets ?

Sénégal, pays de spiritualité

Jeunes et moins jeunes, totalement dévoués à Allah dans ce pays presque entièrement musulman, multiplient prières et privations dans un islam en plein essor. Dans ce pays musulman, le port du voile côtoie les taille-basses[4] multicolores que l’on soulève bien haut en dansant, exposant sans gêne les sous-pagnes excentriques des jeunes femmes. J’observe ces femmes vêtues de leur pagne bien long, s’assurant de bien cacher leurs genoux, mais qui dénudent leurs seins sans pudeur sur la concession, les seins étant plus associés à l’allaitement qu’à la sexualité. Islam pratiqué par tous, mais tous n’arrivent pas à comprendre et à m’expliquer les fondements du Coran, comme si pratiquer l’islam était simplement acquis à la naissance. J’écoute cet homme me parler de ses deux épouses : avoir une seule épouse, c’est comme avoir un seul œil, que fais-tu si tu en perds un ? Polygamie tellement répandue qu’elle est la norme ici, créant d’immenses familles multigénérationnelles. Difficile de bien comprendre les liens unissant ces hommes et ces femmes dans cette culture où l’amour n’est pas visible au premier abord si amour il y a, entre mariage consentant et mariage arrangé.

IMG_3334

Sénégal, pays de superstitions

Islam exubérant conjugué au maraboutage traditionnel, sorte de vaudou sénégalais. Islam si puissant n’ayant pourtant pas réussi à déloger ces traditions mystiques où le marabout, provenant de la tradition animiste, joue ici le rôle de leader musulman. Au Sénégal, gare à toi si l’on te lance quelque chose, car il pourrait s’agir d’un mauvais sort ! Les lutteurs, imposants de par leur carrure et leur force, sont tout de même de grands clients des marabouts. Pour gagner, ils sont prêts à tout : un petit bout du bâton d’un aveugle, porté dans un grigri[5] attaché au bras empêchera l’adversaire de bien le voir et lui assurera la victoire. Encore faut-il s’assurer que son marabout ne soit pas vendu à son adversaire ! Et puis la voisine, parait-il que sa coépouse a pris la fuite depuis la visite du marabout, comme si elle n’arrivait plus à entrer dans la maison. Malgré une apparence de saine cohabitation conjugale dans les familles polygames, les coépouses demeurent les plus importantes clientes du marabout. Dieu n’est-il pas censé être au-dessus de tout ? Ici, difficile de savoir qui a le dernier mot.

Sénégal, pays de générosité et de simplicité où l’entraide est la norme

Alors pourquoi donc tout le monde veut mon argent ? Dans cette culture de partage, le capitalisme s’infiltre comme du venin. Prenant conscience de la valeur de l’argent, les gens s’individualisent peu à peu. Arriveront-ils à vaincre ce fléau comme ils ont survécu à la colonisation ?Dans ce pays en pleine évolution, c’est malgré tout la Teranga, ou hospitalité sénégalaise, qui prévaut. Et moi, peut-être serai-je toujours une Toubab ? Éternelle étrangère dans ce pays de mystères et de spiritualité ? Me baladant dans le village, je reconnais tous ces visages maintenant familiers. Je m’assois sur la natte et me sens à la maison. J’observe ma famille et ressens une bouffée d’amour.

Toubab ou non, le Sénégal m’a eue. Reviendrai-je un jour ?

Nchallah[6]

Par Joanie Chevrier, stagiaire Québec sans frontières au Sénégal.

 

[1] Étranger (langue wolof)

[2] Grand-mère (langue sérère)
[3] Je ne sais pas (langue sérère)
[4] Robes traditionnelles des Sénégalaises composées d’une jupe-pagne et d’un haut assorti
[5] Amulette porte chance
[6] Si Dieu le veut (langue arabe)

 

Pour en savoir plus sur les stages Québec sans frontières
Consultez la section de notre site Web dédiée aux stages QSF. Consultez le site Web du programme QSF. Suivez la page Facebook de QSF.

 

 


Glenda, une agricultrice qui défie les stéréotypes de genre

 

 

glenda 1

Glenda Medaris Lagos Vazquez suit depuis bientôt trois ans une formation en agroécologie dans le cadre du projet PROGA-Jeunes. Je lui ai récemment rendu visite et elle m’a impressionnée par sa détermination et sa persévérance à toute épreuve.

La jeune femme a désormais la charge de la terre familiale. Son père lui a offert le terrain afin qu’elle puisse mettre en pratique ses nouveaux acquis et partager ses connaissances avec le reste de sa famille. Elle pratique ainsi l’horticulture maraîchère et l’arboriculture fruitière qui permettent à sa famille de s’approvisionner d’une diversité de légumes et de fruits frais auxquels elle n’avait pas accès autrefois.Mais Glenda ne s’arrête pas là. Elle a récemment entrepris la pisciculture du tilapia, un poisson d’eau douce à chair blanche et ferme pratiquement dépourvue d’arêtes. Cette pratique n’étant pas commune dans les régions montagneuses, la communauté a rapidement démontré un intérêt pour la nouvelle activité économique de la jeune femme. Cette dernière a déjà reçu quelques commandes de ses voisins, et certaines personnes des communautés voisines lui ont même demandé si elle était disposée à leur enseigner les techniques de pisciculture afin qu’elles reproduisent cette activité dans leur communauté. Grâce au travail acharné de Glenda, la région bénéficiera désormais d’une nouvelle source alimentaire.

glenda 2
Glenda a reçu l’aide de sa famille pour construire l’étang de pisciculture.

Le succès de la jeune femme a certes un impact positif sur sa communauté. Il défie également les stéréotypes de genre véhiculés en région rurale. Glenda m’a raconté qu’un homme de la communauté la critiquait parce qu’elle passe la majorité de la journée à travailler dehors sur la terre familiale au lieu de s’occuper des tâches domestiques, comme le font une majorité de femmes. Ce dernier se moquait également de l’habillement de la jeune femme qui porte des bottes et des pantalons afin de travailler confortablement. Au lieu d’ignorer celui qui la harcèle, Glenda l’a invité à lui rendre visite sur sa terre pour lui montrer ce qu’elle fait. Elle lui a même enseigné une technique pour tuer les vers présents dans les choux de façon biologique. L’homme est reparti en étant très impressionné de sa visite. « Maintenant celui qui me causait du trouble ne rit plus de moi et me respecte ! », raconte-t-elle tout sourire.

La majorité des jeunes femmes qui reçoivent la formation n’avaient aucune expérience en agriculture, et encore moins en agroécologie. L’exemple de Glenda en est un parmi tant d’autres qui démontre une réelle volonté des femmes d’assumer pleinement leur rôle d’agricultrices. Celles-ci sont désormais des femmes exemplaires au sein de leur communauté.

Par Dominique Cardinal, conseillère en égalité entre les femmes et les hommes au Nicaragua.

 


Le toucher

 

IMG_3334

Une journée à Gatte Gallo, c’est un peu comme une journée à la plage, sans la mer et le maillot de bain. J’apprécie le massage du sable sur mes premiers pas, mais ça devient rapidement discutable quand il se retrouve par poignées dans mon lit, dans mon repas, dans mes cheveux, à tel point qu’il finit par me camoufler et que je peine à distinguer la réelle couleur de ma peau.

La chaleur est accablante. Effectivement, mon corps scintille de tant de sueur accumulée, ma respiration se fait de plus en plus haletante, mes mains deviennent moites, mon front surchauffe et les rayons du soleil finissent par se faufiler entre mes tresses bien tissées sur ma tête. Le village se rend silencieux d’enfants et l’objectif devient commun : perquisitionner un arbre et bénéficier de sa parcelle d’ombre pour survivre à l’après-midi sénégalais.

Les petites bêtes ne mangent pas les grosses

Paraîtrait-il que les petites bibittes ne mangent pas les grosses. Sincèrement, ici c’est souvent les plus petites qui sont les plus redoutables. Je pense entre autres aux minuscules fourmis qui attaquent mes fesses comme si celles-ci étaient la terre promise d’hospitalité. Elles font aussi compétition aux moustiques qui souhaitent mettre mon esprit et mon corps à rude épreuve. Chose qu’ils arrivent presque à accomplir lorsque je me retrouve avec 200 piqures sur ma jambe droite à mon réveil. Les mouches, quant à elles, se collent et souhaitent former un tout avec mon être. Malgré mon désintérêt, elles persistent et je renonce au combat probablement perdu d’avance. Je finis donc par m’habituer à elles, me disant qu’elles vont peut-être me manquer lorsque je les quitterai.

Je pense aussi aux enfants qui m’entourent le soir lorsque je me couche sur la natte afin d’admirer le ciel étoilé. Des petites mains qui me touchent, qui me collent et qui, parfois, me tirent les cheveux sont des marques d’affection que je reçois quotidiennement. Ces mêmes petites mains se glissent dans les miennes et m’accompagnent assidument lors de mes balades à travers Gatte Gallo. Ils sont si mignons ces petits.

L’hospitalité sénégalaise: un sens réel du partage

À l’heure du repas, manger devient maintenant un art lorsqu’il est question de le faire avec comme seul outil, ses mains. Après 20 ans de maniement d’ustensiles, je me retrouve à devoir réapprendre à me nourrir. Mention spéciale aux gauchers qui doivent adapter leur dextérité à la main droite puisqu’ici, elle devient la main de prédilection pour confectionner la boule parfaite de riz au poisson.Parfois, il m’arrive de discuter avec mon estomac lorsque celui-ci m’informe par des grognements qu’il est goinfré d’une quantité immesurable de nourriture. Et oui, l’hospitalité sénégalaise se traduit par des invitations incessantes à partager le repas.

D’ailleurs, cette hospitalité singulière se distingue de beaucoup d’autres. L’invité devient rapidement partie intégrante de la famille d’accueil et témoigne du réel sens du partage. Effectivement, cette valeur est omniprésente et s’exploite dans chaque petit moment du quotidien. Chaque objet devient l’objet de tout le monde et peut être emprunté. On parle d’une réelle cohabitation entre les membres du village. Les voisins s’entraident, les familles entretiennent des liens indestructibles et chacun peut compter sur son prochain en cas de petits malheurs. Les enfants gambadent de concession en concession, se font dorloter par différentes mamans et finissent même par s’échanger leurs microbes autour du bol commun de tiboudiem. La fraternité prend pleinement son sens. Vivre en communauté et entretenir des relations significatives, c’est la beauté que je perçois ici. Proche de chacun, je ressens une proximité humaine.

Mon corps est maintenant un réel combattant. Il est en mesure de s’adapter à la chaleur sénégalaise, d’amadouer les différents insectes, de doser les succulentes bouchées de riz et d’apprécier les petites mains baladeuses des tout-petits. Même de passage, je me sens membre de cette communauté si accueillante et je peux dire fièrement : «  nous sommes ensemble».

Par Joanie Chevrier

Pour en savoir plus sur les stages Québec sans frontières
Consultez la section de notre site Web dédiée aux stages QSF. Consultez le site Web du programme QSF. Suivez la page Facebook de QSF.