La révolution verte

 

Elle, c’est Nidia Flores. C’est une mère monoparentale de 45 ans vivant dans la communauté de San Miguelito, au Honduras. Elle fait partie de La Felicidad,un regroupement de femmes et d’hommes cultivant la terre.

Et oui, elle, c’est Nidia.
Une des nombreuses femmes extraordinaires avec laquelle j’ai eu la chance de travailler.

Laissez-moi vous raconter…

J’ai fait la rencontre de Nidia au début de mon mandat en agroécologie. C’était en septembre ; je m’en rappelle comme si c’était hier. Quand je suis arrivé pour la première fois chez elle, j’ai été émerveillé par sa ténacité. C’était l’une des rares femmes de la communauté d’El Liver à oser affronter ces sols durs et arides. Ces mêmes terres inhospitalières en avait effrayé plus d’une, mais pas elle. Son potager à elle, c’était comme une oasis en plein milieu du désert. Avec un amalgame de pneus, barbelés et branches, elle avait assemblé un périmètre bien protégé afin de pouvoir coloniser ce petit espace de terre grisâtre à l’abri des poules plutôt gourmandes. On y retrouvait même un vieil ordinateur dans lequel on y voyait des tagètes pousser ; comme quoi la nature reprend toujours le dessus sur la technologie.
Pendant plusieurs mois, elle s’est battue. Battue parce que ressusciter la vie dans de telles conditions semblait impossible.

Aujourd’hui, après plusieurs mois de travail acharné, c’est avec une grande fierté qu’elle nous fait visiter son potager. Je me souviens encore que la dernière fois que j’y ai mis les pieds, c’était l’abondance. Du basilic en passant par les tomates mûrissantes jusqu’aux gigantesques radis, tout y était. Quand j’ai les deux pieds dans ce potager, je me rends compte qu’aller au marché devient inutile. Chacun de ces petits plats prend naissance dans ce jardin de légumes, de fleurs et de condiments. Les voisins aussi, toute tranche d’âge confondue, ont commencé à s’inspirer de son travail. Ils ont enfin osé cultiver la terre. Tout cela, grâce au dévouement et à la persévérance de cette femme incroyable.

Cette femme, c’est un modèle et une inspiration pour moi et plusieurs autres membres de la communauté. Ce sont des femmes comme Nidia qui m’inspirent chaque jour dans mon travail. C’est elle et plusieurs autres qui sont derrière cette révolution verte : l’art de coloniser jusqu’aux espaces les plus hostiles.

Un jour, vous vous rendrez à San Miguelito, dans la communauté d’El Liver, au kilomètre 30.
Un jour, vous vous rendrez dans le département d’Intibucá, au Honduras.
Un jour, vous serez accueilli dans cette oasis par Nidia vous aussi.
Alors ce jour-là, vous comprendrez tout ce que j’essayais de vous dire dans ce bref écrit…

Jean-Philippe Gélinas, stagiaire en agroécologie au Honduras

Jean-Phillippe a entamé un deuxième mandat avec SUCO comme conseiller volontaire au Honduras.

 

 


Agroécologie et transition vers des systèmes alimentaires durables

 

Opportunité pour la mise en œuvre des priorités de la politique d’aide internationale féministe du Canada

Madame Marie-Claude Bibeau, Ministre du Développement international et de la Francophonie,

Nous saluons l’engagement du gouvernement du Canada envers la promotion du plein exercice des droits des femmes et des filles, condition indispensable pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Nous espérons que la mise en place d’une politique d’aide internationale féministe pourra également inspirer d’autres États.

Nous sommes reconnaissants à votre gouvernement d’avoir accordé une place importante aux organismes de coopération internationale dans le cadre des consultations publiques pour l’élaboration de la nouvelle politique. De plus, nous accueillons favorablement l’initiative donnant priorité aux populations les plus vulnérables, ainsi qu’à l’adaptation et la mitigation des effets des changements climatiques.

Dans le monde, les femmes jouent un rôle majeur dans le domaine de l’agriculture, l’une des activités les plus affectées par les changements climatiques. Nous vous encourageons à soutenir davantage l’agriculture durable et la transition vers des systèmes alimentaires diversifiés et agroécologiques. Ces modèles, axés sur la diversification des exploitations et des paysages agricoles, la substitution des intrants chimiques par des techniques écologiques, l’optimisation de la biodiversité, ainsi que les interactions entre différentes espèces, peuvent renforcer l’autonomisation économique des femmes et des filles qui pratiquent, pour la majorité d’entre elles, une agriculture à petite échelle.

Plus d’un demi-siècle d’expérience nous permet d’observer les répercussions positives de la diversification des systèmes agroécologiques sur le développement économique local et régional, ainsi que sur la résilience des populations qui doivent faire face à des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes, graves et imprévisibles. De plus, les systèmes alimentaires durables peuvent devenir une stratégie d’adaptation, mais aussi de mitigation des effets des changements climatiques. Un nombre croissant de recherches démontrent que ces systèmes augmentent la concentration en carbone des sols, préservent la biodiversité, permettent aux sols de retrouver leur fertilité à long terme, maintiennent les rendements, et offrent une base solide pour soutenir les moyens de subsistance des familles d’agriculteurs et d’agricultrices.

Le Canada investit déjà dans ce secteur en renforçant les capacités des communautés paysannes. Cet appui a permis aux communautés de passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture de marché, tout en améliorant la qualité de leur environnement et en assurant la pleine inclusion des femmes dans l’économie et la société. L’agriculture est devenue un secteur de choix pour accroître et diriger les investissements.

Nous sommes convaincus que le Canada peut en faire davantage et devenir un leader de ce secteur innovateur, qui permet de répondre à plusieurs des défis auxquels les pays en développement font face. Nous encourageons le Canada à investir davantage dans le secteur de l’agriculture durable à petite échelle. Un investissement accru dans ce seul secteur permettrait de contribuer à l’atteinte de douze des objectifs de développement durable, de réduire la pauvreté, d’autonomiser les femmes, de créer des possibilités d’emploi pour les jeunes et de lutter contre les effets des changements climatiques.

 

Richard Veenstra

Directeur général

 

Émile Frison

Membre du Groupe international d’experts sur les systèmes alimentaires durables

Crédit photo : Nitsé Mathelier

 

 

 


Inondations au Pérou : qu’en est-il de la sécurité alimentaire ?

 

 Réagir à la dernière minute, s’adapter au contexte régional, et s’impliquer activement dans notre communauté d’accueil, c’est aussi ça, être volontaire avec SUCO ! Depuis quelques semaines, des pluies diluviennes s’abattent sur plusieurs régions du Pérou, entraînant inondations et glissements de terrain. Puisque j’étais basée à Lima, je croyais que mon mandat comme conseillère en nutrition pour le Réseau d’agriculture écologique du Pérou (RAE Perú) ne serait pas perturbé. Erreur ! Les changements climatiques nous affectent tous et toutes, car ils modifient l’environnement et donc les pratiques agricoles, la sécurité alimentaire et, enfin, l’accès à une alimentation saine.

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L’état d’urgence déclaré dans plusieurs régions du Pérou

Après avoir constaté l’état d’urgence dans le secteur agricole des régions de Piura, La Libertad, Lambayeque et Lima, où interviennent les partenaires de la RAE Perú, la nécessité d’être solidaire s’est manifestée. Les inondations et les glissements terrain ont causé d’énormes dégâts : des agriculteurs et des agricultrices ont perdu leurs récoltes et leurs troupeaux d’élevage ont été durement touchés. Il fallait donc s’organiser ! Un comité multisectoriel a donc été créé avec des organisations de la société civile œuvrant en agriculture et alimentation, ainsi qu’un regroupement de producteurs et productrices. L’objectif du comité est de proposer des actions humanitaires de réhabilitation et de reconstruction des zones gravement affectées. Par l’entremise de la RAE Perú, l’un des principaux acteurs de ce comité, j’ai été invitée à réfléchir conjointement à des actions que nous pouvons entreprendre en marge de celles réalisées par l’État.

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Des enjeux nutritionnels bien présents

Mon rôle de nutritionniste s’est alors vu élargi à un nouveau pays, soit le Pérou; à une nouvelle expertise, soit le milieu agricole; et à une situation hors du commun, soit l’état d’urgence actuel dans lequel baigne le pays. Une crise alimentaire pourrait survenir à tout moment puisque les récoltes sont gravement compromises. En plus, l’inondation des terres retarde l’ensemencement et limite le transport vers les marchés régionaux, ce qui réduit largement les revenus familiaux. C’est en ayant en tête la boucle de l’insécurité alimentaire que j’ai voulu ajouter mon grain de sel. Les enjeux nutritionnels sont présents à l’échelle mondiale, que ce soit par la dénutrition ou la malnutrition. La disponibilité d’aliments sains qui répondent aux besoins nutritionnels de chacun et chacune, l’accès à ces aliments grâce à des ressources financières suffisantes et à la stabilité de l’offre sont essentiels pour préserver la santé de la population, et particulièrement celle des enfants.

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Crédit photo : Carlos Ly

 Faire sa part comme membre de la société civile

Ce qui ressort de cette première rencontre est la solidarité et la volonté d’agir, peu importe l’ampleur qu’auront les actions posées. Même si je n’ai pas vécu personnellement les inondations au Pérou, je considère qu’il est important de faire sa part comme membre de la société civile. Étant donné les nombreuses pertes agricoles, la survie immédiate des agriculteurs et des agricultrices familiaux dépend de leur possibilité d’écouler rapidement les produits alimentaires épargnés par les inondations. C’est donc en consommant des produits locaux et de saison disponibles dans tous les marchés écologiques de la ville, que nous pouvons les appuyer de manière concrète. Aucun geste n’est un trop petit geste !

– Par Amélie Bertrand, volontaire en nutrition au Pérou

 

Au Québec, la meilleure façon de soutenir les Péruviens et les Péruviennes victimes des inondations est de faire un don.

 

 


Pour une gestion durable de l’eau

 

Journée mondiale de l’eau (22 mars)

 

C’est en 1993 que la Journée mondiale de l’eau a eu lieu pour la première fois. Vingt-quatre ans plus tard, l’eau est-elle une ressource mieux protégée ? Avons-nous plus conscience collectivement de son importance ? Probablement que la réponse est oui mais…

L’eau, une ressource essentielle menacée par les effets des changements climatiques

Aujourd’hui, il y a encore des millions de personnes qui n’ont pas accès à une source d’eau potable de qualité et à des installations sanitaires adéquates. De plus, on constate que les changements climatiques ont des répercussions importantes sur des populations entières. La contamination des eaux de surface et souterraines, les périodes de sécheresse prolongées et les inondations de plus en plus fréquentes ont comme effet d’affecter les cultures, de fragiliser les écosystèmes, en plus de précariser la santé de millions de personnes, de menacer la sécurité alimentaire des populations d’une dizaine de pays et de faire des victimes par milliers chaque année.

«2,6 milliards de personnes ont eu accès à des sources améliorées d’eau potable depuis 1990, mais 663 millions de personnes en sont encore privées.» (Source : Nations Unies)

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Un réservoir d’eau fabriqué avec l’appui de nos volontaires au Honduras

Les objectifs de développement durable (ODD)

L’eau est inévitablement liée aux changements climatiques, à l’agriculture, à la santé, à la sécurité alimentaire des populations et à l’équilibre des écosystèmes. Un nouvel agenda mondial a été adopté lors du Sommet des Nations Unies sur le développement durable en septembre 2015. L’eau a gagné une place plus importante et apparaît à présent comme l’un des 17 objectifs de développement durable (ODD). Ainsi, l’objectif 6 vise à «garantir l’accès à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ».

El Machete Verde, un guide de formation paysanne

Le 28 février dernier au Nicaragua, SUCO a lancé la troisième édition du Machete Verde, un guide de formation paysanne sur la gestion durable de la ferme. À travers 18 fascicules, ce guide présente diverses techniques agroécologiques adaptées aux réalités des producteurs et productrices et leur permettant de mieux s’adapter aux effets des changements climatiques. Un fascicule complet du guide est dédié à la cueillette et au bon usage de l’eau (Cosecha y buen uso del agua), parce que l’eau est une ressource essentielle pour pratiquer une agriculture durable et pour assurer la sécurité alimentaire des familles.

 

El Machete Verde

El Machete Verde

Des solutions durables

SUCO s’est résolument engagée à protéger et à favoriser une meilleure utilisation de l’eau. Par ses projets d’assainissement, d’accès à des installations sanitaires pour les familles, d’infrastructures favorisant une irrigation rationnelle et adéquate des cultures, SUCO accompagne les populations et les organisations d’Amérique centrale et du Sud, d’Haïti et d’Afrique de l’Ouest pour trouver des solutions durables aux défis que pose la gestion de cette ressource essentielle, mais aussi fragile et très limitée.


Un appui d’une extrême importance pour éviter une crise alimentaire en Haïti

 

SUCO reçoit l’appui financier du ministère des
Relations internationales et de la Francophonie du Québec

Avec l’appui financier du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, SUCO pourra assurer la sécurité alimentaire de 3 000 personnes, c’est-à-dire 600 familles vivant dans le sud-est du pays. Ces actions consisteront à réhabiliter les structures de protection des sols, les routes agricoles et les jardins maraîchers afin d’assurer l’accès à des aliments de qualité et en quantité suffisante aux populations touchées.

Sauver la saison agricole en cours pour éviter une grave crise alimentaire

L’ouragan Matthew, le plus puissant à avoir frappé les Caraïbes dans les dix dernières années, a touché très durement l’agriculture dans le sud d’Haïti, l’un des pays les plus vulnérables sur le plan de l’insécurité alimentaire. Il est donc urgent d’intervenir pour sauver la saison agricole en cours. Attendre la prochaine saison en mars 2017 pour restaurer l’agriculture risque d’engendrer une pénurie d’aliments, de provoquer une grave crise alimentaire et d’accroître la dépendance des populations à l’aide extérieure.

Mobiliser les communautés pour assurer la sécurité alimentaire

Les équipes terrain de SUCO et son partenaire local Cercle Divers ont les capacités de mobiliser les équipes de professionnels et les membres des associations paysannes des sections communales, déjà appuyées, autour d’actions pour restaurer l’agriculture.

Le projet permettra d’assurer la sécurité alimentaire des familles de la commune de Marigot en plus de fournir des aliments à la population environnante via la vente des excédents de production sur les marchés locaux.

Les liens essentiels et nécessaires entre l’agriculture et l’alimentation se feront à travers un programme de formation et de sensibilisation à de saines habitudes alimentaires.

« Avec le contenu et les outils d’animation d’un guide alimentaire que SUCO a produit en collaboration avec le ministère de la Santé publique et de la Population en Haïti, des activités de sensibilisation à l’hygiène de base et la nutrition seront réalisées et permettront de diminuer les risques de propagation du choléra dans la commune de Marigot », souligne Michel Sanfaçon, chargé de programme Haïti pour SUCO.

SUCO travaille avec des communautés rurales en Haïti depuis 2001 pour appuyer la production agricole, la transformation de matières premières et la commercialisation des produits alimentaires.

Il reste toutefois encore beaucoup de travail à faire et les dons du public sont toujours utiles pour aider encore plus de familles.


À propos de :

SUCO est un organisme canadien de coopération internationales fondé en 1961, qui a pour mission d’améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales dans les pays en développement. Elle rassemble des personnes pour mettre en commun des savoirs et des ressources en vue de renforcer leur capacité d’action et celle de leur collectivité.

Renseignements :
Mélissa Cabana, chargée des relations externes, SUCO
Tél. : 514 272-3019 poste 225 / Cell. : 514-349-4297 / Courriel : melissacabana@suco.org


Et si un jour, on se tournait vers l’agroécologie à grande échelle…

 

Alors que le Forum social mondial avait lieu il y a quelques semaines sous le slogan « Un autre monde est nécessaire, ensemble il devient possible », j’ai cru bon de revenir sur des pistes de solutions qui, collectivement, nous permettrons de nous nourrir durablement et convenablement, comme je le mentionnais dans l’article « Prendre soin de la terre, c’est prendre soin de la vie ! ». Au fil de mes recherches, je suis tombée sur un récent rapport de l’International panel of experts on sustainable food systems (dont fait notamment partie Olivier De Schutter, ancien rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation) qui analyse plus de 400 études portant sur l’agriculture durable afin de proposer des pistes d’action concrète à grande échelle.

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Une famille d’agriculteurs de la région de Huari au Pérou                                                                   Crédit-photo: Carlos Ly

Ce que le rapport met de l’avant, c’est que c’est tout à fait possible d’effectuer une transition vers une agriculture plus diversifiée et agroécologique. Voici,en rafale, quelques pistes de solutions qui, heureusement, commencent à être mises en place au Québec, comme ailleurs (même s’il reste du chemin à faire !) :

  • Développer de nouveaux indicateurs pour évaluer la « performance » agricole qui permettront de mieux tenir compte des impacts à long terme ;
  • Déplacer les subventions publiques de l’agriculture industrielle vers l’agriculture agroécologique, biologique et diversifiée ;
  • Créer des espaces de dialogue pour les parties prenantes gravitant autour des systèmes agricoles et alimentaires locaux, composés des instances politiques, scientifiques, des représentants de la société civile qui incarnent autant les domaines de la santé, du développement local ou de l’environnement, afin de mettre en place des mesures plus démocratiques ;
  • Miser sur une gestion territoriale des systèmes agricoles (penser aux interactions possibles entre les différents acteurs agricoles et alimentaires au sein d’une région donnée) ;
  • Soutenir l’agriculture familiale et de petite taille (avez-vous un fermier de famille ?) ;
  • Promouvoir le transfert horizontal des savoirs en mode « paysan à paysan » ;
  • Encourager les circuits courts en soutenant les marchés de proximité ou, par exemple, en rendant les produits biologiques et locaux obligatoires dans les institutions publiques comme les écoles, les établissements de santé, etc. ;
  • Mettre les pratiques agroécologiques au cœur des stratégies agricoles, de la recherche agricole et des programmes de formation et d’éducation (jetez un coup d’œil à notre nouveau projet FORMAGRO!) ;
  • Promouvoir, à l’aide de politiques publiques, l’agriculture biologique, les semences anciennes et indigènes et (encore une fois)… les circuits courts !
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    Crédit-photo: Agence Producteurs Locaux Damien Kühn

Des initiatives inspirantes au Québec :

 Finalement, quand je réfléchis au Forum social mondial, je pense que le message principal qui émanait de l’événement était qu’individuellement, nous pouvons contribuer à mettre en œuvre ces solutions. Et justement, pour favoriser le partage d’actions pouvant être prises à l’échelle locale et humaine, SUCO met à votre disposition un générateur d’actions, pour vous inspirer ou pour que vous, vous puissiez inspirer la communauté qui a à cœur l’agroécologie !

Embarquerez-vous dans le mouvement ?

 

 


Glenda, une agricultrice qui défie les stéréotypes de genre

 

 

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Glenda Medaris Lagos Vazquez suit depuis bientôt trois ans une formation en agroécologie dans le cadre du projet PROGA-Jeunes. Je lui ai récemment rendu visite et elle m’a impressionnée par sa détermination et sa persévérance à toute épreuve.

La jeune femme a désormais la charge de la terre familiale. Son père lui a offert le terrain afin qu’elle puisse mettre en pratique ses nouveaux acquis et partager ses connaissances avec le reste de sa famille. Elle pratique ainsi l’horticulture maraîchère et l’arboriculture fruitière qui permettent à sa famille de s’approvisionner d’une diversité de légumes et de fruits frais auxquels elle n’avait pas accès autrefois.Mais Glenda ne s’arrête pas là. Elle a récemment entrepris la pisciculture du tilapia, un poisson d’eau douce à chair blanche et ferme pratiquement dépourvue d’arêtes. Cette pratique n’étant pas commune dans les régions montagneuses, la communauté a rapidement démontré un intérêt pour la nouvelle activité économique de la jeune femme. Cette dernière a déjà reçu quelques commandes de ses voisins, et certaines personnes des communautés voisines lui ont même demandé si elle était disposée à leur enseigner les techniques de pisciculture afin qu’elles reproduisent cette activité dans leur communauté. Grâce au travail acharné de Glenda, la région bénéficiera désormais d’une nouvelle source alimentaire.

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Glenda a reçu l’aide de sa famille pour construire l’étang de pisciculture.

Le succès de la jeune femme a certes un impact positif sur sa communauté. Il défie également les stéréotypes de genre véhiculés en région rurale. Glenda m’a raconté qu’un homme de la communauté la critiquait parce qu’elle passe la majorité de la journée à travailler dehors sur la terre familiale au lieu de s’occuper des tâches domestiques, comme le font une majorité de femmes. Ce dernier se moquait également de l’habillement de la jeune femme qui porte des bottes et des pantalons afin de travailler confortablement. Au lieu d’ignorer celui qui la harcèle, Glenda l’a invité à lui rendre visite sur sa terre pour lui montrer ce qu’elle fait. Elle lui a même enseigné une technique pour tuer les vers présents dans les choux de façon biologique. L’homme est reparti en étant très impressionné de sa visite. « Maintenant celui qui me causait du trouble ne rit plus de moi et me respecte ! », raconte-t-elle tout sourire.

La majorité des jeunes femmes qui reçoivent la formation n’avaient aucune expérience en agriculture, et encore moins en agroécologie. L’exemple de Glenda en est un parmi tant d’autres qui démontre une réelle volonté des femmes d’assumer pleinement leur rôle d’agricultrices. Celles-ci sont désormais des femmes exemplaires au sein de leur communauté.

Par Dominique Cardinal, conseillère en égalité entre les femmes et les hommes au Nicaragua.

 


Agriculture industrielle : le discours de la fausse nécessité ?

 

Cet article fait suite au billet de blogue « Prendre soin de la terre, c’est prendre soin de la vie ! ». Après avoir visionné le documentaire Les Liberterres, présenté par SUCO dans le cadre du Forum social mondial, je me suis intéressée aux facteurs qui empêchent le système agricole industriel de changer, ici comme ailleurs.

Si un grand nombre d’organisations de la société civile, de décideurs, d’entreprises sociales, de chercheurs s’entendent pour dire qu’il faut revoir le système qui sous-tend l’alimentation moderne, pourquoi se fait-il que le changement ne s’amorce pas plus vite ? Quels sont les facteurs qui ont un impact sur la lenteur du changement ? Certes, il est évident que l’aspect économique demeure au cœur de la question. Les consommateurs veulent des aliments à bas prix, accessibles à longueur d’année, et les producteurs s’adaptent à cette demande, en raisonnant à court terme et en considérant exclusivement le profit économique. Outre le facteur « offre et demande », le lobby agroalimentaire pèse aussi énormément. Ce sont tous les acteurs de la chaîne qui se mobilisent pour maintenir leur pouvoir et protéger leurs intérêts.

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Crédit-photo: freestocks.org

 

S’endetter, exporter, répéter

La fin du 19e siècle a vu naître le modèle d’agriculture industrielle, alors que les innovations technologiques comme le train ou l’entreposage des céréales nous ont permis de réaliser que nous pouvions exporter nos surplus de production agricole. Et petit à petit, nous nous sommes tournés vers des cultures de spécialisation pour être compétitifs, pour nourrir à moindre coût les villes qui se développaient et pour répondre aux gouvernements qui dirigeaient leurs politiques agricoles et commerciales vers ce modèle prometteur. Ce mode de production, pour être rentable et compétitif, vient avec son lot d’intrants chimiques et de machineries de dernière pointe. Qui dit intrants, dit coûts élevés, et endettement. L’orientation croissante de l’agriculture vers le commerce international demeure à ce jour un des principaux freins au développement de l’agroécologie à grande échelle. Alors que l’avantage comparatif (par exemple notre climat, les conditions du sol) devrait sous-tendre notre capacité à nous spécialiser, une multitude d’incitatifs financiers ont été offerts aux agriculteurs et agricultrices afin de pouvoir soutenir cette expansion. Or, dans bien des cas, la spécialisation « régionale » va à l’encontre des ressources disponibles localement. Nous n’avons qu’à penser à l’exemple de la culture intensive des amandes en Californie qui est dénoncée par plusieurs comme étant en partie responsable de la sécheresse qui s’abat sur la région (les amandiers consomment jusqu’à quatre fois plus d’eau que les cultures traditionnelles de la vallée ou ils poussent !).

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Crédit-photo: Nicole Harrigton

 

Manger beau, pas si sain, pas cher du tout, tout de suite

Parallèlement au développement de l’agriculture industrielle, ont vu le jour les chaînes « grande surface » de distribution alimentaire et des gammes de produits transformés, pré-préparés et presque prémâchés (!) adaptés à ce qu’on aime appeler la « vie moderne ». Et cette demande pour les produits transformés s’appuie sur la production intensive de matières premières à faible coût (maïs, blé, etc.) et ainsi de suite… La boucle est sans fin ! Ajoutons à cela une consommation accrue de viande qui, elle, nécessite aussi que l’on produise de façon intensive du fourrage pour le bétail… Et hop, la roue tourne. Et nous voilà devant un autre frein à l’avènement de l’agroécologie à grande échelle. Et ce n’est pas fini, puisque l’on voit les pays émergents adopter les habitudes alimentaires occidentales qui soutiennent cette roue.

Prévalence du court terme et du retour sur investissement

Je le mentionnais précédemment, le système agricole industriel actuel a été largement appuyé par la mise sur pied de politiques, mais aussi par le secteur privé qui a encouragé la production de variétés à haut rendement et résistantes à tout type de risque (bref, des plantes 4×4 !). Et ces intérêts politiques et financiers sont guidés par des solutions à court terme. En effet, on s’entend pour dire qu’une société cotée en bourse ne sera pas très intéressée à investir dans des changements à long terme qui rapporteront des dividendes uniquement dans 5 ou 10 ans aux actionnaires !

Dans un autre ordre d’idée, si l’agriculture industrielle est aussi « performante » aujourd’hui, c’est aussi grâce à toute la recherche qui a été faite dans le secteur. Or, la plus grande partie des travaux en recherche et développement a été graduellement privatisée au détriment de la recherche faite par le secteur public. Et si les grandes entreprises financent la majeure partie de la recherche agricole, c’est bien pour servir leur propre agenda ! Pour faire réellement avancer la recherche et engendrer un changement durable, il faudra construire davantage de ponts entre les disciplines qui entourent l’agriculture. Il est maintenant temps pour les États d’investir à nouveau dans le secteur agricole de façon holistique et de songer aux prochaines réformes qui favoriseront l’agroécologie.

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Crédit-photo: Érik Tremblay

Il était une fois l’histoire d’une planète qui devait nourrir…

La sécurité alimentaire est un des mots d’ordre des décideurs à travers le monde, sécurité alimentaire atteinte en augmentant la production alimentaire. Et le modèle agricole industriel a longtemps semblé être LE moyen d’y parvenir rapidement et efficacement. « Donc, les politiques agricoles ont aussi été largement orientées vers la production intensive et les monocultures afin de subvenir aux besoins caloriques des plus affamés, en plus d’avoir répondu à des exigences liées au commerce international. ».Toutefois, le problème du discours sur la sécurité alimentaire est qu’il est toujours orienté vers les mêmes acteurs que ceux de la révolution agricole industrielle comme porteurs de solutions, alors que d’autres pistes s’offrent à nous. Un autre élément qu’on a vu apparaître pour nuancer le discours adjoignant agriculture industrielle et sécurité alimentaire a été l’avènement de termes comme « intensification durable » ou « agriculture climato-intelligente » (une belle façon de rendre les monocultures plus vertes dans le marketing les entourant !).

Pour qu’une stratégie de sécurité alimentaire durable puisse être mise en place, il faudrait changer la façon dont on analyse le monde agricole, soit en silo. Par exemple, il faut adopter de nouvelles manières de mesurer les rendements agricoles et considérer aussi le « profit » écologique et social. En effet, si l’on mesure les rendements d’un système agricole uniquement à l’aune de sa production annuelle, à court terme, l’agriculture industrielle semble une option viable. En revanche, si l’on considère parmi les rendements la préservation de la qualité du sol et de la biodiversité, l’impact nutritionnel et sanitaire des pratiques agricoles et les pollutions engendrées, l’agroécologie semble l’option la plus efficiente.

En conclusion, je trouve que le discours actuel souligne à juste titre la nécessité de penser à la sécurité alimentaire (je ne dis pas le contraire). Cependant, il ne s’attaque pas aux causes réelles du problème : à quel endroit et par qui la nourriture en quantité suffisante doit être produite. Trop souvent, on esquive la question de l’agriculture familiale comme mode de résilience en contexte d’insécurité alimentaire. Ce sujet, j’y reviendrai dans un prochain article !

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Famille d’agriculteurs de la région de Huari au Pérou                                                            Crédit-photo: Carlos Ly

C’est dans l’échange qu’on trouve des solutions

 

Quand j’ai entendu l’expression « capitaliser ses expériences » pour la première fois, un gros point d’interrogation s’est affiché sur mon visage. Qu’est-ce que ça signifie exactement ? À première vue, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une chose très complexe. Je m’étais trompée. Ce n’est pas si sorcier. Tout le monde peut capitaliser ! Il suffit simplement de comprendre les principaux concepts et étapes d’un processus de capitalisation. Pour ce premier billet, j’ai décidé de commencer par la base. Je vous présente une définition sous forme métaphorique, extraite de ma formation donnée à AGRECOL Afrique, organisation partenaire de SUCO au Sénégal.

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Milaine en compagnie de ses collègues de travail à AGRECOL  Afrique                                                                       Crédit-photo: Rébecca Bleau

La métaphore du bateau

Un jour, votre patron arrive avec une idée un peu spéciale. Il désire organiser un voyage en haute mer avec l’ensemble de son personnel. Il propose de traverser l’océan Atlantique en bateau. L’aventure semble périlleuse, mais fort enrichissante. Enthousiaste, vous décidez de prendre part à ce projet hors du commun. Après plusieurs mois de planification, vous êtes enfin prêts à prendre le large. À bord du navire, on retrouve votre patron, son adjoint et l’ensemble de vos collègues. Chacun occupe un rôle clé. Il faudra travailler en équipe.

Tout au long de l’aventure, vous devez faire face à plusieurs imprévus : tempête en haute mer, trou dans la coque du bateau, attaque par des pirates, etc. Ces situations vous amènent à réagir d’une certaine manière et à trouver rapidement des solutions. Vous développez des réflexes, des façons toujours plus efficaces de faire les choses. Pour ne pas oublier le moindre détail de ces événements, vous décidez de tenir un journal de bord. Vos collègues décident de faire de même. À l’intérieur, chacun décrit les événements selon ses propres perceptions. Après plusieurs mois en haute mer, la terre ferme se dessine enfin à l’horizon. Le voyage est une réussite, malgré les nombreux obstacles. Arrivés à destination, deux options s’offrent à vous et vos collègues : 1) chacun quitte l’embarcation avec son journal de bord ou 2) vous décidez de réunir les journaux de bord de chacun pour rédiger un guide de survie en haute mer.

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Comité de capitalisation en action. C’est dans l’échange qu’on génère de nouvelles connaissances et qu’on trouve des solutions.

 

Emballés à l’idée de partager votre expérience, vous choisissez unanimement la deuxième option. Au fil des échanges, vous et vos collègues réalisez à quel point la mise en commun des différents vécus est enrichissante. En groupe, vous décrivez et analysez chacune des étapes du voyage. Vous identifiez les leçons apprises et formulez des recommandations pour vous et ceux qui seraient tentés de reproduire l’expérience. Le guide est enfin prêt. Votre patron décide de le diffuser à grande échelle afin qu’un grand nombre de personnes puissent avoir accès aux enseignements tirés de votre expérience en haute mer. Un de vos collègues propose aussi d’archiver le guide afin de conserver une trace de l’aventure dans la mémoire institutionnelle de l’organisation. À chaque voyage en bateau, vous vous référez au guide. Vous constatez qu’il contribue à l’amélioration des pratiques de votre organisation.

Cette métaphore illustre les grandes lignes de la capitalisation d’expériences. D’un point de vue théorique, c’est un processus qui vise à identifier, décrire, analyser et diffuser les leçons tirées de l’expérience afin d’améliorer les pratiques. Cette définition est intéressante, mais peu parlante. C’est pourquoi j’ai opté pour une aventure en bateau. J’étais frustrée de ne pouvoir expliquer simplement en quoi consiste la capitalisation d’expériences. Maintenant, c’est un réel plaisir ! Quand on travaille sur le terrain, il faut parfois une bonne dose de créativité pour relever les défis.

Appliquée au contexte de travail d’AGRECOL Afrique, la capitalisation d’expériences permet de repérer et diffuser les bonnes pratiques et les innovations paysannes en agroécologie. C’est fondamental à l’heure où les effets des changements climatiques affectent grandement les rendements agricoles au Sénégal. Il faut trouver de nouvelles options. Pour ce faire, le partage d’expériences doit être au cœur des actions. Je dis toujours : « C’est dans l’échange qu’on génère de nouvelles connaissances et qu’on trouve des solutions ».

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Les inondations sont des effets des changements climatiques auxquels doivent faire face les producteurs et les productrices. L’agroécologie permet de mitiger ces effets.

 


Prendre soin de la terre, c’est prendre soin de la vie !

 

Me joindre à l’équipe de SUCO, il y a un an, m’aura permis de développer un vif intérêt pour les questions d’agriculture durable et plus précisément l’agroécologie. Si j’ai pourtant grandi en milieu rural, le terme ne m’était pas familier jusqu’à il y a un an ou deux. Aujourd’hui, je dévore tout ce qui se rattache au sujet et qui alimente ma réflexion quant aux enjeux du système alimentaire mondial. Réflexion que j’ai d’ailleurs poursuivie il y a deux semaines alors que se tenait le Forum social mondial (FSM) auquel SUCO a activement participé. À l’issue de cette semaine foisonnante en idées et débats, voici un retour sur l’atelier L’agroécologie au service de la planète, que nous avons co-organisé avec Développement et paix, USC Canada et le Centre Paysan.

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Nourrir la planète durablement et convenablement 

Si le système alimentaire mondial a réussi son pari des 70 dernières années, soit celui d’augmenter la quantité d’aliments sur les marchés mondiaux, il n’en demeure pas moins que la répartition de ce volume ne s’est pas faite de façon efficiente. Aujourd’hui, encore environ 793 millions de personnes sont sous-alimentées. Pendant ce temps, plus du tiers de la nourriture est gaspillé dans l’hémisphère nord de notre planète.

Qui plus est, le modèle « d’agriculture industrielle » qui domine dans la plupart des pays occidentaux et émergents n’est pas en reste en terme d’impact négatif sur l’environnement : dégradation générale des sols en raison des monocultures à haut rendement, pollution des eaux et des écosystèmes avec les intrants chimiques, émissions de gaz à effet de serre, pertes de biodiversité et j’en passe. C’est aussi l’élevage animal intensif (et les choix productifs qui en découlent) qui entraîne à lui seul près de 30 % des émissions massives de gaz à effet de serre.

En plus de ces constats inquiétants, l’agriculture industrielle actuelle crée des conditions de vie et de travail extrêmement difficiles pour les agriculteurs et agricultrices, toute provenance confondue, soumis aux aléas des marchés internationaux. De fait, 50 % des personnes souffrant de la malnutrition sont des gens qui vivent de la terre. Bref, la planète fait face à un mur et il est temps de repenser le système alimentaire. Mais comment pourrait-on en arriver à renverser la la vapeur ? Plusieurs pistes de solutions, déjà mises en œuvre par une partie de la société civile, ont été amenées tout au long du Forum social mondial.

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Les pistes de solutions

Plusieurs acteurs sont arrivés à la conclusion de la nécessité d’un système alimentaire à mi-chemin entre l’agriculture de subsistance et l’agriculture intensive ; un modèle agricole qui nous permettra de réduire notre empreinte écologique, d’améliorer notre résilience face aux changements climatiques et surtout d’augmenter les rendements à long terme afin de nourrir tous les êtres qui peuplent la Terre tout en répartissant les volumes de façon équitable.

La diversification des cultures dans le temps et l’espace, mais également des variétés cultivées (abandonnons les monocultures et réintégrons les espèces qui s’adaptent localement, qui peuvent être anciennes ou qui s’intègrent à l’écosystème existant) doit être mise de l’avant. Il faut voir l’agriculture sous l’angle des écosystèmes en misant sur les synergies naturelles (miser sur des fermes qui intègrent à la fois culture, élevage, agroforesterie) et moins utiliser la machinerie qui nous rend dépendants au pétrole. Une phrase célèbre dit que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Si on applique ce principe à l’agriculture, on peut réutiliser le fumier du bétail pour fertiliser les sols, les résidus végétaux pour faire du compost, afin de réduire les pertes et maximiser la réutilisation des déchets organiques. Ces principes, ce sont d’ailleurs ceux que SUCO met en œuvre à travers ses projets et les manuels de formation paysanne qui accompagnent les communautés que nous appuyons.

Pourquoi ne pas pousser encore plus loin et miser sur la valorisation des chaînes de production et des circuits de distribution courts ? Le système agricole doit fournir les marchés localement avec des produits moins homogènes et plus diversifiés.C’est ainsi que nous arriverons à réduire les impacts environnementaux de l’agriculture, à améliorer la qualité nutritive des aliments, à préserver et à développer les écosystèmes locaux et la biodiversité générale, mais aussi à améliorer la qualité de vie des travailleurs agricoles ainsi que l’emploi local. Au final, ce sont presque tous les problèmes liés à la crise agricole qui pourraient être résolus grâce à une transition vers des écosystèmes agricoles plus diversifiés, plus locaux, plus HUMAINS.

Le slogan du FSM cette année était « Un autre monde est nécessaire, ensemble, il devient possible ». Et, je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai envie d’y croire. Envie de croire qu’en misant sur notre créativité et notre potentiel, on arrivera à mettre en place de plus en plus de solutions novatrices avec l’agroécologie.

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