Besson : nouvel adjoint finances et administration

 

Originaire de la Côte d’Ivoire, N’guessan Besson Fernand est adjoint aux finances et à l’administration au siège de SUCO à Montréal depuis mars 2019. À ce titre, il est essentiellement chargé du suivi de la comptabilité et des finances des projets en Afrique et en Haïti.

« J’ai choisi d’intégrer l’équipe de SUCO parce que ce poste m’attirait : il fait appel à toutes mes expériences antérieures (comptabilité et chargé de projet). Ce sont deux volets de compétences que j’apprécie particulièrement. D’où mon attirance pour les organisations qui peuvent permettre cela, plutôt que les entreprises. »

Auparavant, Besson était commis comptable dans un cabinet de comptables à Montréal, puis a travaillé comme chargé de projets et de la comptabilité à Youth In Motion, l’association des jeunes de la petite Bourgogne. Avant d’arriver au Québec, il a travaillé plus de 13 ans dans le cabinet d’étude et de gestion Global Search à Abidjan en Côte d’Ivoire en qualité de chargé de projets et ensuite de technicien comptable.

Besson détient une attestation d’études collégiales en comptabilité financière informatisée obtenue au Québec. Il possède également une maîtrise en gestion des entreprises, spécialité finance et comptabilité obtenue à Dakar au Sénégal.


Martin : nouvel agent de programme au volontariat

 

Depuis mars, Martin Parent-Roy occupe le poste d’agent de programme au volontariat à Montréal, après avoir passé les deux dernières années en Colombie dans le cadre du programme de coopération volontaire. Il remplace Émilie Lefebvre jusqu’à son retour de congé de maternité en mai 2020.

Originaire de Rimouski, il a terminé ses études en ressources humaines à Québec avant de commencer sa carrière internationale lors d’un stage PSIJ à Estelí au Nicaragua. Cette expérience transformatrice a orienté sa carrière dans le monde de la coopération internationale où il a travaillé avec différentes ONG, autant au Québec qu’en Amérique latine.

C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme qu’il se joint à l’équipe de SUCO et qu’il collaborera avec plusieurs de nos volontaires et partenaires !


SUCO lance son festival !

 

SUCO et Funambules Médias présentent Ciné Vert, un festival de films documentaires sur l’environnement. La première édition aura lieu au Ausgang Plaza à Montréal, du 2 au 5 mai 2019, sur le thème de la transition écologique. Ce nouveau festival a été rendu possible grâce à l’appui financier du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, d’Affaires mondiales Canada et de la Caisse d’économie solidaire Desjardins.

Ciné Vert, par un processus de médiation culturelle, se présente comme un espace rassembleur de réflexions et d’échanges sur des enjeux actuels touchant notre société. Dans un contexte où les problèmes environnementaux sont manifestes et les actions collectives urgentes, les projections et les différentes activités proposées dans le cadre du festival permettront au public d’approfondir sa compréhension des sujets présentés, de débattre et de réfléchir à la consommation responsable et à la transition écologique.

Nous pouvons déjà vous dire que nous serons aussi à Sherbrooke le 11 avril afin de présenter le film Anthropocène: L’époque humaine dans le cadre du Festival cinéma du monde.

Nous annoncerons bientôt notre programmation et nos activités. Suivez notre page Facebook et dès le 1er avril, consultez notre site web cinevert.org pour ne rien rater !


Le commerce local

 

Après dix semaines dans la ville de Pacarán avec l’organisme IDMA, Audrey Ménard, la responsable d’équipe du groupe Québec sans frontières, nous livre ses réflexions sur l’importance du commerce local, que ce soit au Québec ou au Pérou. N’hésitez pas à aller lire le blogue du groupe pour en apprendre plus sur leur projet.

La consommation de produits locaux est une façon simple de diminuer notre empreinte écologique et de lutter contre les changements climatiques. Elle permet de réduire le kilométrage alimentaire, notion référant à la distance parcourue des aliments avant de se retrouver dans nos assiettes[1]. En consommant local, le transport des produits est significativement réduit, tout comme les émissions de gaz à effet de serre qui lui sont associées.

Nous avons été surpris et surprises de constater, dans le cadre de notre projet Québec sans frontières, que la mise en place de potagers biologiques dans des écoles de Pacarán avait contribué au commerce local de la région. Non seulement les produits récoltés sont consommés par les élèves des écoles où ont été implantés les jardins, mais les surplus de légumes sont vendus aux restaurateurs du coin afin de financer un fonds permettant d’acheter du matériel scolaire pour les élèves.

À travers le projet FORMAGRO, mis en œuvre en partenariat avec SUCO, plusieurs centaines d’étudiants et d’étudiantes au Pérou ont l’occasion de développer leurs produits et de les commercialiser dans leur région. Dans le cadre de leur cours sur la transformation des aliments, ils et elles apprennent à élaborer un produit qui sera peaufiné et personnalisé tout au long du semestre. Les élèves ont en effet l’occasion de réaliser toute une myriade d’analyses et d’essais dans des laboratoires mis à leur disposition. En ressortent des produits alimentaires distincts, tous plus délicieux les uns que les autres, tels que yogourt, miel, thé, jus, tartinade et aliments marinés. Le tout est préparé avec la touche de chacun, ce qui procure une belle diversité dans l’offre de produits disponibles.

IDMA et SUCO, les deux organisations partenaires à l’origine du projet dans la province de Lima, ont implanté une foire commerciale hebdomadaire afin de soutenir et renforcer la mise en marché des produits de leurs étudiants et étudiantes. Cette Eco-Feria se déroule les fins de semaine à Lunahuana, une petite ville plus populeuse et plus touristique que Pacarán (les cours du programme FORMAGRO se déroulent à Pacarán). Les deux villes étant situées à vingt kilomètres l’une de l’autre, les étudiants et étudiantes peuvent facilement y transiter et transporter leurs produits. Il est à noter que les produits alimentaires ne sont pas les seuls à être commercialisés dans le cadre de l’Eco-Feria. Des étudiants et étudiantes y vendent également des plantes et des arbres fruitiers prêts à être transplantés. Tout comme les produits transformés, les produits horticoles sont biologiques afin de réduire l’utilisation des pesticides qui posent un risque pour la santé des agriculteurs et des agricultrices, pour la biodiversité et les ressources naturelles. Les plantes et arbres fruitiers sont également, pour la plupart, vendus dans des contenants recyclés dans l’optique de réduire la production de déchets.

Dans le but d’en apprendre davantage sur les impacts du FORMAGRO, notre groupe est allé visiter l’Eco-Feria de Lunahuana. Nous avons pu entretenir d’intéressantes discussions avec les commerçants et commerçantes. Maria Nelly Yactayo Casas, ancienne étudiante du FORMAGRO, a été sans équivoque à ce sujet : le programme a été grandement bénéfique pour elle. Elle a affirmé avoir doublé les revenus découlant de sa production de yogourt grâce aux cours et à la foire commerciale. Maria Nelly a pu développer une multitude de saveurs de yogourt, choisir des récipients appropriés pour ses produits, concevoir des étiquettes professionnelles pour ceux-ci et avoir accès à une toute nouvelle clientèle.

Deux stagiaires de notre groupe ont également eu l’occasion d’accompagner le personnel d’IDMA à l’Eco-Feria de LLapay au nord de Pacarán, un événement rassemblant plusieurs producteurs et productrices locaux, dont des élèves du FORMAGRO. L’événement était festif et convivial. Des cultivateurs et cultivatrices d’espèces maraîchères ancestrales étaient présents et avaient apporté plus d’une soixantaine de variétés de pommes de terre, légume emblématique du Pérou. L’événement s’est conclu par un concours de danses traditionnelles auquel participaient les élèves des écoles de la région.

Tout au long de notre stage, nous avons pu constater un vif engouement pour le commerce local dans la région de Pacarán. Celui-ci est aussi bien présent au Québec. Toutefois, dans notre province, les fruits et les légumes continuent de parcourir en moyenne 3500 à 5000 kilomètres avant d’atteindre nos assiettes, alors qu’il existe différentes façons de manger local, et ce, même en hiver[2]. Peut-être aurions-nous intérêt, nous aussi, à organiser des événements qui soient aussi festifs, ponctuels et, par-dessus tout, à l’échelle de nos quartiers ?

[1] Bernard Lavallée, Sauver la planète une bouchée à la fois, Les Éditions La Presse, 2015, p. 18.

[2] Ibid.

Par Audrey Ménard, responsable d’équipe du groupe Québec sans frontières au Pérou 


Une odeur d’espoir au cœur des déchets

 

La rencontre

Dès les premiers instants de notre visite au centre écologique El Ombu, nous savions que cette rencontre allait grandement inspirer le déroulement de nos activités de sensibilisation à la gestion des matières résiduelles auprès de la population de Caraz, cette ville perchée dans la cordillère des Andes péruviennes.

El Ombu, qui tire son nom d’un arbre gigantesque qui pousse précisément dans cette région de la ville, est un site de tri des déchets domestiques où moins de dix employés travaillent afin d’améliorer la gestion des déchets de la municipalité. Créé en 2004 dans le but de remplacer ce qui n’était au départ qu’un dépotoir, ce site est aujourd’hui l’endroit où l’ensemble des résidus générés par les citoyens et citoyennes est envoyé.


Les quelques hommes qui nous accueillent sont souriants et solennels. Le chef du centre écologique, Huoman Milla Nelson Julio, se présente ainsi que ses collègues. Après un discours d’accueil chaleureux, comme le font si bien les Péruviens jusqu’à présent, il nous fait visiter le terrain et ses différentes sections, et nous révèle avec assurance le déroulement de leurs activités ainsi que les dessous du métier.

La fierté est ressentie à travers les paroles et les gestes de Nelson. Il y travaille depuis plus de dix ans et aucun détail ne lui échappe. Ses réponses sont celles d’une personne qui demeure positive concernant l’avenir du site, et ce, malgré les difficultés apparentes d’un tel travail. Après tout, avec la quantité de déchets domestiques qui augmente au rythme de l’accroissement de la population, leur travail se révèle plus essentiel que jamais. C’est d’ailleurs leur motivation première, celle d’exercer un métier nécessaire pour la ville de Caraz, mais aussi pour un environnement sain.

 

La visite

Chaque jour, une grande quantité de déchets est acheminée au centre. C’est alors que le travail des employés commence. Puisqu’il n’y a aucun système de tri en place dans la ville de Caraz et ses alentours, un fastidieux travail de séparation des résidus est entrepris par les travailleurs. Les ordures sont séparées en plusieurs monticules de déchets sur le site. Les résidus organiques sont séparés des résidus solides, eux-mêmes divisés en plusieurs catégories : les bouteilles de plastique, le plastique mou, le plastique dur, le métal, le papier, les déchets dangereux et les déchets ultimes.

En ce qui concerne les résidus organiques, ils sont d’abord rassemblés et séchés au soleil pour former le compost du site, dont une partie est offerte aux écoles de la région. Les déchets organiques restants sont quant à eux entreposés pour une période de six mois dans de grands bacs rectangulaires arrosés à l’occasion où y grouillent des vers de terre. À la fin du processus, le contenu des bacs est tamisé afin d’obtenir un humus pur. Cet humus est vendu aux paysans et aux paysannes des campagnes environnantes.

Pour ce qui est des résidus solides, une entreprise de recyclage de Lima les achète et les recycle. Un camion passe régulièrement au centre de tri afin de collecter certains des déchets solides selon les besoins fluctuants de la compagnie.

 

Tout ce travail méticuleux est réalisé par les travailleurs du lundi au samedi, de 6 h à 14 h. Cet horaire a été déterminé principalement en raison des contraintes météorologiques. Par exemple, le vent qui se lève en fin d’après-midi rend le tri beaucoup plus difficile, voire irréalisable.

Le travail des employés comporte son lot de difficultés. L’espoir de voir leur travail se simplifier se lisait dans leurs regards alors qu’ils nous partageaient leurs défis quotidiens. Leur premier souhait serait de pouvoir acquérir des machines permettant de déplacer et de compacter les déchets. Faute de budget, tout le travail est actuellement réalisé à la main, et ce, par un nombre déficient d’employés. Puisque le temps et les moyens manquent pour tout trier, ils nous ont également fait part de leur désir de la mise en place d’un système permettant de trier les résidus solides des matières organiques dans la ville de Caraz. Ce système permettrait d’éviter que les déchets se contaminent entre eux et ainsi d’obtenir des déchets comportant moins d’impuretés. Une conscientisation de la population à la séparation des déchets ainsi qu’un système sélectif de collecte des ordures faciliteraient énormément leur travail.

L’un des aspects les plus dangereux de leur travail est le fait qu’ils soient en contact avec des déchets pouvant porter atteinte à leur santé. À titre d’exemple, une grande quantité d’aiguilles se retrouve dans les sacs à ordures. Il serait également intéressant que les citoyens et les citoyennes fassent un tri préalable des déchets dangereux. Il s’agirait d’une avancée importante et fortement souhaitée de la part des employés. Ils estiment que le moment le plus décourageant de leur travail est lorsque le camion d’ordures déverse son contenu au centre écologique. Cela rappelle aux employés les longues heures qu’ils devront passer à trier la montagne de déchets qui se présente à eux. Néanmoins, ils estiment que leur amour de la terre et des champs facilite leur travail. Ils semblent soudés par cet amour de la campagne, mais également par les nombreuses heures de dur labeur qu’ils passent à s’entraider et à réaliser un travail qui en effraierait beaucoup par son ampleur.

 

 

La morale

C’est avec l’ambition d’aider ces employés dans leur travail que nous avons quitté le centre écologique. Les liens entre leur métier et notre projet sont équivoques. Souvent, nous ont-ils rappelé le besoin criant de sensibiliser les citoyens et les citoyennes de Caraz à l’impact de leurs déchets domestiques sur l’environnement. En espérant réussir, tout au long de notre projet, à mettre en valeur leur travail et à rendre hommage à ces employés essentiels au bien-être collectif.

Par Arianne Provost-Savard, Jeanne Lavallée, Marie-Alexandre Forest, Maude Normandin-Bellefeuille, Noémie Lévesque, Noémie Pelletier Deschamps et Rachel Benoit

 

 

 

 


Nouvelle direction générale à SUCO

 

 Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate

Nouvelle direction générale à SUCO

Montréal, le 28 mai 2018 – Le président du conseil d’administration, monsieur Claude Provencher, a le plaisir d’annoncer l’entrée en fonction de madame Geneviève Giasson à titre de directrice générale de SUCO.

Madame Giasson est une gestionnaire aguerrie et une spécialiste des questions de développement local et régional. Avant d’assumer ses fonctions chez SUCO, elle a cofondé et dirigé Communagir, une organisation soutenant de nombreuses démarches et projets collectifs dans l’ensemble du Québec. Elle a aussi agi à titre-conseil auprès de divers acteurs et actrices en matière de développement territorial, de participation citoyenne, d’empowerment, de lutte contre la pauvreté, d’entrepreneuriat social et de gestion collaborative.

Elle possède une longue expérience dans le secteur public et celui des ONG où elle a développé et géré différents projets et programmes. Certaines de ses réalisations sont aujourd’hui reconnues comme des innovations importantes. C’est le cas du cadre de partenariat et de financement des tables de quartier montréalaises, qui a inspiré plusieurs autres initiatives au Québec et à l’étranger.

Sur le plan de la coopération internationale, madame Giasson a travaillé au Niger pour le compte d’Oxfam-Québec et du CECI à la mise sur pied de projets d’économie sociale et en appui organisationnel à des réseaux de défense des droits humains et des femmes. Elle a également été accompagnatrice de stagiaires Québec sans frontières. Elle possède une formation de premier cycle en communication et en psychologie de l’Université du Québec à Montréal, ainsi qu’une maîtrise en études urbaines de l’Institut national de la recherche scientifique.

« Le choix de Geneviève s’est avéré clair pour le conseil d’administration », affirme son président, monsieur Claude Provencher. « Elle nous amène un leadership humain et rassembleur ainsi qu’un talent indéniable de gestionnaire. Ses valeurs et ses expériences passées s’harmonisent parfaitement aux valeurs et aux champs d’intervention de SUCO. L’arrivée de Geneviève est un atout considérable et nous sommes très fiers de la savoir à la barre de l’organisation. »

Madame Giasson souligne pour sa part qu’en se joignant à l’équipe de SUCO, c’est une boucle qui se referme et une autre qui s’ouvre : « Toute ma carrière est traversée par un profond engagement pour la solidarité humaine et le développement durable. J’aspire aujourd’hui à mettre ma capacité d’entrepreneure sociale et de rassembleuse au service de la mission de SUCO et des personnes qu’elle appui. J’apporte mes compétences et mon expérience, mais je suis certaine que j’apprendrai également beaucoup. Cela m’enthousiasme énormément !  »

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À propos de SUCO
SUCO est un organisme de coopération internationale fondé en 1961. Il réalise des projets de développement durable visant à renforcer l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités dans six pays : Burkina Faso, Haïti, Honduras, Nicaragua, Pérou et Sénégal. L’expertise de SUCO se situe principalement dans les domaines de l’agriculture durable, du développement local, de la mobilisation citoyenne et de l’entrepreneuriat rural.

Renseignements :
Geneviève Giasson
Directrice générale, SUCO
genevievegiasson@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 232

 

 


Une volontaire de fer pour la terre nourricière

 

Isabelle Tracy Laudé n’en est pas à ses premiers pas en matière d’accompagnement et de soutien communautaire. Cette bachelière en animation et recherches culturelles, avec spécialisation en relations interethniques et développement des communautés, poursuit son troisième mandat de volontaire avec SUCO.

Riche de son expérience en collaboration multipartenaires, tant sur la scène nationale qu’internationale, Isabelle Tracy Laudé a acquis, au fil des cinq dernières années, une approche de communication participative et inclusive. Il faut dire que la mobilisation et la participation citoyenne ne sont pas des champs d’intervention nouveaux pour cette jeune femme dynamique qui, de 2012 à 2015, a participé au Programme canadien de revitalisation urbaine et intégrée.

En 2015, à titre de conseillère en animation avec SUCO Haïti, elle a notamment accompagné et formé une vingtaine de femmes en leadership et mobilisation communautaire dans le cadre d’un projet de relance agricole et d’amélioration de la nutrition (PRAN), financé par l’Union européenne et le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) du Québec.

 

« Établie à Jacmel (sud-est), dans la commune de Marigot, mon travail consistait à améliorer les interventions du projet en matière de campagne de sensibilisation autour de projets collectifs de nature sociale et économique », précise Isabelle avec beaucoup de fierté dans la voix et le sentiment du devoir accompli.

Œuvrant auprès d’associations paysannes, de groupes de mères et de femmes leaders, elle avoue avoir développé une écoute proactive basée sur l’identification des besoins de la population.

Ces atouts lui sont fort utiles dans son mandat actuel, toujours avec SUCO Haïti.

Suivez le Guide

Isabelle a ainsi participé à la conception et à la diffusion d’un guide méthodologique (Manyèl Akonpayman) devant faciliter l’utilisation du Guide alimentaire haïtien (Gid Alimentè) élaboré par SUCO, en partenariat avec Cercles Divers (CED), une organisation non gouvernementale haïtienne établie à Jacmel.

Isabelle fait aussi la promotion du Djakout Peyizan, un outil créé par SUCO en collaboration avec de multiples partenaires, dont le MARNDR (ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural), pour renforcer les capacités des familles paysannes, des agronomes et des ONG en techniques de gestion et de valorisation d’une exploitation agricole.

« Il s’agit de promouvoir l’autosuffisance alimentaire. Je participe également à la réalisation d’ateliers de formation et de réflexion avec l’équipe terrain et les partenaires afin de former des personnes vulgarisatrices en saine alimentation, allaitement et hygiène de base, le tout articulé autour du contenu du Gid Alimantè et de son Manyèl Akonpayman », résume Isabelle.

Agente de milieu douée et sensible aux différences culturelles, animatrice citoyenne reconnue pour son efficacité et sa forte personnalité, Isabelle Tracy Laudé contribue, à sa manière, à faire la promotion de l’approche de développement local de l’organisation ainsi qu’à affirmer et à consolider la présence de SUCO en Haïti.


Contrer l’exode rural en formant la relève agricole

 
De juin à août 2017, quatre jeunes Québécoises ont réalisé un stage Québec sans frontières à Huari, au Pérou, avec l’organisme local ALLPA, partenaire de SUCO.


Comme dans plusieurs autres pays du monde, l’exode rural est un phénomène qui affecte le Pérou et en particulier la région où nous effectuons notre stage, qui a lieu plus précisément dans la petite ville de Huari, ainsi que les zones rurales qui l’entourent
.

Notre stage Québec sans frontières sur la promotion des aliments locaux et du travail des personnes agricultrices, réalisé en collaboration avec notre partenaire local Allpa, nous a amené à nous questionner sur les raisons qui poussent les jeunes à abandonner leur terre natale pour tenter leur chance ailleurs.

La dévitalisation des milieux ruraux

À la suite de nombreuses discussions avec des familles agricultrices, ainsi qu’avec des collègues d’Allpa, nous avons tout d’abord constaté que les raisons qui poussent la plupart des gens à migrer vers de plus grandes villes ressemblent énormément à celles invoquées au Québec et au Canada : les zones rurales se dévitalisent plus ou moins rapidement, car les jeunes aspirent à un futur qu’ils peinent à imaginer en campagne. Pour vous donner une idée de la situation, il ne reste qu’une trentaine de famille à Ampas, petite communauté voisine de Huari, alors qu’il y a trente ans, on en comptait trois cents. Les répercussions sont dramatiques puisque ce genre de phénomène implique que, dans des villes comme Huari qui ne possèdent pas leur propre université, les jeunes qui veulent poursuivre leurs études doivent déménager dans une autre ville, comme Huaraz ou Lima. Parmi ceux et celles qui partent pour les grandes villes, une poignée seulement revient dans leur petite ville natale pour y faire leur vie.

Un autre de nos questionnements portait sur les perceptions existantes du métier d’agriculteur. Bien évidemment, elles sont différentes d’une famille à l’autre, mais la différence est d’autant plus manifeste si l’on compare les familles qui vivent dans une zone rurale, comme Ampas, à celles qui vivent dans une zone plus urbanisée, comme Huari. Les familles de Huari avec lesquelles nous avons discuté ne vivent généralement pas de leur propre agriculture, et même si certaines d’entre elles possèdent une terre, il s’agit davantage d’une activité marginale que d’un réel métier. De plus, si quelques personnes considèrent que l’agriculture est un travail difficile, d’autres vont jusqu’à dire que ce n’est pas un « vrai » travail.

Des familles qui valorisent le travail de la terre

Certaines familles nous ont toutefois fait part d’opinions tout à fait différentes. Elles nous ont par exemple parlé de l’entraide et de la solidarité qui existent entre les familles d’agriculteurs et d’agricultrices. En effet, toute la communauté travaille une journée dans les champs de l’une des familles, puis dans ceux d’une autre famille le lendemain, et ainsi de suite. Cela témoigne d’un esprit de communauté très fort. De plus, une famille d’agriculteurs et d’agricultrices qui a vécu plusieurs années à Lima pour ensuite revenir à Ampas nous a confié que la qualité de vie était selon elle beaucoup moins bonne à Lima. Il y a beaucoup de bruit, le coût de vie y est élevé et les déplacements sont rendus difficiles par le trafic constant. Ces conditions ne peuvent être comparées au calme et à la tranquillité qui règnent à Ampas ou à Huari. Selon cette même famille, la délinquance a augmenté de manière importante depuis quelques années à Lima, ce qui en fait un environnement inadéquat pour établir une famille.

Des participants aux modules de formation d’Allpa sur la production maraîchère dans le cadre du projet FORMAGRO.


Former et outiller la relève : le travail de l’organisme Allpa

Un certain nombre de défis caractérisent la vie des agriculteurs et des agricultrices. L’amélioration des conditions de vie en zone rurale se trouve justement le cœur du travail d’Allpa, un organisme qui œuvre dans plusieurs régions rurales du Pérou pour en assurer le développement durable. Allpa offre un soutien aux producteurs et productrices dans le développement de leurs activités maraîchères, d’élevage ou de production laitière, et travaille conjointement avec ceux-ci pour leur permettre de consolider leurs connaissances et techniques. Les familles productrices y voient par conséquent une opportunité d’amélioration. En effet, des changements ont été constatés à la suite de la participation aux formations. Bon nombre d’agriculteurs et d’agricultrices ont modifié leurs méthodes de production maraîchère pour se tourner vers le biologique alors qu’ils utilisaient auparavant des méthodes de production conventionnelle, lesquelles faisaient par exemple appel à des pesticides chimiques dangereux. Allpa travaille aussi à la revalorisation du métier d’agriculteur et d’agricultrice et à la construction d’un meilleur avenir pour les jeunes vivant en zone rurale. En effet, les modules de formation dédiés aux jeunes de 18 à 35 ans permettent à la relève d’être plus motivée et mieux outillée pour travailler la terre. Notre mandat en tant que stagiaires était de collaborer avec Allpa afin de sensibiliser la population à l’utilisation de produits locaux et biologiques.

À la fin de notre stage, nous avons pris conscience de l’étendue de nos apprentissages et nous avons également pu observer qu’une intervention semblable serait extrêmement pertinente chez nous, au Québec.

Claudio Estrada, un facilitateur communautaire d’Allpa, donnant une formation participative sur le contrôle biologique des maladies.


Article rédigé par nos stagiaires QSF : Éliane Voisard, Anika Ste-Marie, Laurence Dupont et Elisabeth Bergeron

Accompagnatrice du groupe  : Anne-Sophie Côté

Informez-vous sur le programme Québec sans frontières du ministères des Relations internationales et de la Francophonie du Québec.


Les semences : un enjeu trop souvent oublié !

 

Lorsque l’on parle de revoir les systèmes alimentaires, on entend régulièrement parler du mode de production, des circuits de distribution qui doivent être plus courts, de la diversification des productions, mais on entend peu parler du premier maillon de ce système : les semences. Peu de choses sur cette terre sont aussi vitales que ce qui constitue notre héritage alimentaire vieux de plus de 12 000 ans; magnifique miracle de la vie que sont les semences, maillon de renaissance entre la fin d’une plante et le renouveau.

Un précieux premier maillon

En regardant le documentaire Seeds, the untold story, on est surpris, voire choqué d’apprendre qu’au cours du dernier siècle, c’est plus de 94 % des variétés de semences partout dans le monde qui ont disparu. Il s’agit-là d’un constat d’autant plus alarmant lorsque l’on sait que ce sont maintenant en majeure partie les entreprises biotechnologiques qui produisent et contrôlent le renouvellement de ce patrimoine naturel.

Au Sénégal, les changements climatiques se sont intensifiés comme partout ailleurs en Afrique subsaharienne. Les précipitations s’affaiblissent et sont de moins en moins prévisibles. Au cours des dernières années, le prix des céréales a donc baissé, ce qui a entraîné un manque de fonds pour acheter des équipements et des semences. Cette situation contribue toujours, à l’heure actuelle, à rendre le travail agricole moins intéressant, et ce, surtout pour les jeunes.

Favoriser l’accès

En Afrique de l’Ouest, 70 % de la production agricole provient des petites exploitations familiales. Et pourtant, malgré la force du nombre, ce sont les hommes et les femmes vivant de cette agriculture familiale qui ont le plus difficilement accès à des intrants semenciers de qualité et surtout non modifiés. Au Sénégal, la Centrale d’achat de Touba Toul, ancien partenaire de SUCO, s’est mobilisée afin de solutionner l’incapacité financière des ruraux à accéder à un stock suffisant de semences de qualité. Des paysans et des paysannes se sont regroupés afin de créer une association qui achète en gros les semences fournies par l’État, elle les redistribue par la suite sous forme de prêt. Ainsi, les paysans et les paysannes ne sont pas obligés de payer l’entièreté de l’achat. Après les récoltes, lorsqu’ils et elles auront pu vendre leurs productions, le remboursement s’effectuera. La Centrale a à cœur d’organiser une distribution à échelle humaine. Anta Babou, membre de la Centrale d’achat de Touba Toul et présidente de son propre groupement d’intérêt économique m’explique dans ses mots :

« Les semences, c’est important de les garder, parce que c’est bon pour nous, paysans et paysannes. C’est nécessaire même, car souvent à cause de l’hivernage et des imprévus de la vie, on ne peut pas en produire assez soi-même. Si quelqu’un veut cultiver de l’arachide pour subvenir à ses besoins et générer un petit revenu, il aura besoin d’avoir suffisamment de grains. C’est aussi une bonne façon de faire preuve de résilience face aux changements climatiques, comme on ne sait jamais ce qui viendra ensuite, sécheresse ou autre… »

Par ailleurs, en achetant principalement de l’État, les paysans et les paysannes ne savent pas toujours d’où viennent les semences. Ces dernières ne sont donc pas nécessairement toujours adaptées au sol ou au climat de la région; un enjeu de traçabilité des cultures persiste. Et pour répondre à cet enjeu, plusieurs prônent le recours à la certification des semences.

Cultiver l’autonomie

Au Sénégal, comme dans plusieurs autres pays du monde, les paysans et les paysannes se battent afin de faire reconnaître leur droit de savoir et de gérer directement les variétés locales, en plus de dénoncer la pratique de la certification des semences. Ce modèle fortement inspiré de la législation européenne et nord-américaine entraîne des coûts faramineux, mais aussi des contraintes liées à l’exigence d’une qualité très homogène et uniforme dans les semences (ce qui va également à l’encontre des principes agroécologiques).

Quant à la pratique de l’extension des brevets à des plantes (principalement dans le secteur des organismes génétiquement modifiés (OGM)), prônée par de grandes multinationales, mais aussi certains gouvernements, elle comporte des accords contractuels stricts qui engendrent des restrictions sur l’échange de semences et les pratiques de recyclage des semences. Cela a le plus souvent pour effet de confronter les agriculteurs et les agricultrices à un choix restreint pour l’acquisition commerciale de semences. Au final, tout cela a une répercussion directe sur le droit à l’alimentation, une alimentation de qualité en quantité suffisante.

« L’agroécologie c’est plus qu’un choix. Moi je sais que c’est ce dont la terre du Sénégal a besoin. Je veux qu’on soit autonome du début à la fin de nos productions, et qu’on soit en santé grâce à ce qu’on mange et cela passe aussi par les semences », précise Ndongo Fall, coordonnateur de la Coopérative Agricole Biologique de Notto-Diobass (COPEBAN), ancien partenaire de SUCO au Sénégal.

Ici, les organisations paysannes travaillent aussi à reconstruire des droits collectifs et les systèmes semenciers ancestraux pour protéger leurs semences. Il y a de plus en plus d’initiatives porteuses, comme celles de l’organisation AGRECOL Afrique, partenaire de SUCO, qui a organisé une journée de promotion de l’agriculture biologique ayant pour thème « les semences paysannes pour une agriculture durable ». Cette journée a permis de favoriser le réseautage entre organisations de la société civile, paysans et autres acteurs croyant également à la survie du patrimoine semencier. Ces initiatives de mise en réseau sont d’autant plus importantes dans un contexte de revendication auprès des décideurs.

« AGRECOL Afrique effectue en ce moment du plaidoyer pour les semences paysannes au Sénégal, notamment parce que la législation sénégalaise reconnaît uniquement les semences certifiées. Un paysan qui commercialise des semences paysannes est passible d’une amende à l’heure actuelle! », m’écrit Milaine Bédard, ancienne conseillère volontaire en gestion des savoirs pour SUCO. Il faut savoir qu’au Sénégal, la loi relative à l’inscription des variétés stipule que « la production de semences en vue de la vente ne peut être effectuée que par des personnes (…) agréées à cet effet »; agrément difficilement accessible, mais aussi peu compatible avec la réalité paysanne.

Bref, une réalité complexe

Le défi à l’heure actuelle pour les paysans et les paysannes du Sénégal est donc de continuer à augmenter la production de leurs propres semences. Il y va de leur survie économique et de l’avenir alimentaire de la région. Mais cela n’a rien de facile!

« Souvent, en Occident, on nous renvoie une image très polarisée sur la question des semences, mais il faut prendre conscience que la réalité terrain, c’est une réalité beaucoup plus complexe. Le Sénégal est un grand territoire avec une forte densité de population, une croissance démographique importante, les impacts des changements climatiques y sont de plus en plus perceptibles. Tous ces enjeux réunis compliquent la gestion et la distribution des semences. Au final, pour arriver à améliorer l’accès des petits producteurs et des petites productrices à des semences adaptées, il faut avoir la capacité de comprendre tous ces enjeux et de s’y intéresser en synergie. C’est pour cela que SUCO travaille avec d’autres organisations pour impulser un mouvement collectif », conclut Sophie Bourdon, représentante de SUCO au Sénégal.

Des pistes d’action simples

L’enjeu des semences paysannes est tout aussi d’actualité au Canada. Si vous voulez poser un geste simple afin de prendre part au mouvement, voici des idées à la portée de tous et toutes :


Nomination d’une directrice générale par intérim à SUCO

 

Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate

 

Montréal, le 21 septembre 2017 – Le président du conseil d’administration de SUCO, M. Claude Provencher, annonce la nomination de Mme Linda Gagnon à titre de directrice générale par intérim à compter du 20 septembre 2017, jusqu’à l’entrée en fonction de la prochaine personne titulaire du poste.

Chargée de programme depuis 2006 à SUCO, Mme Gagnon travaille plus spécifiquement sur les questions liées à l’égalité entre les femmes et les hommes, l’agriculture durable et l’environnement. Elle est d’ailleurs l’instigatrice de l’approche agroenvironnementale de SUCO. Mme Gagnon a travaillé durant plus de 16 ans en Amérique latine (Bolivie, El Salvador et Nicaragua) en tant que représentante et gestionnaire de programmes pour divers organismes de coopération internationale. Au Guatemala, elle a pris part à la mission de paix des Nations Unies comme vérificatrice des accords de paix, spécifiquement ceux liés aux conflits agraires, de travail, de liberté syndicale et d’association. Elle a été membre de plusieurs conseils d’administration d’organismes communautaires.

 

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À propos de SUCO
SUCO est un organisme de coopération internationale fondé en 1961. Il réalise des projets de développement durable visant à renforcer l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités dans sept pays : Burkina Faso, Haïti, Honduras, Mali, Nicaragua, Pérou et Sénégal. L’expertise de SUCO se situe principalement dans les domaines de l’agriculture durable, du développement local, de la mobilisation citoyenne et de l’entrepreneuriat rural.

 

Renseignements :
Mélissa Cabana
Chargée des relations externes, SUCO
melissacabana@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 225