Le commerce local

 

Après dix semaines dans la ville de Pacarán avec l’organisme IDMA, Audrey Ménard, la responsable d’équipe du groupe Québec sans frontières, nous livre ses réflexions sur l’importance du commerce local, que ce soit au Québec ou au Pérou. N’hésitez pas à aller lire le blogue du groupe pour en apprendre plus sur leur projet.

La consommation de produits locaux est une façon simple de diminuer notre empreinte écologique et de lutter contre les changements climatiques. Elle permet de réduire le kilométrage alimentaire, notion référant à la distance parcourue des aliments avant de se retrouver dans nos assiettes[1]. En consommant local, le transport des produits est significativement réduit, tout comme les émissions de gaz à effet de serre qui lui sont associées.

Nous avons été surpris et surprises de constater, dans le cadre de notre projet Québec sans frontières, que la mise en place de potagers biologiques dans des écoles de Pacarán avait contribué au commerce local de la région. Non seulement les produits récoltés sont consommés par les élèves des écoles où ont été implantés les jardins, mais les surplus de légumes sont vendus aux restaurateurs du coin afin de financer un fonds permettant d’acheter du matériel scolaire pour les élèves.

À travers le projet FORMAGRO, mis en œuvre en partenariat avec SUCO, plusieurs centaines d’étudiants et d’étudiantes au Pérou ont l’occasion de développer leurs produits et de les commercialiser dans leur région. Dans le cadre de leur cours sur la transformation des aliments, ils et elles apprennent à élaborer un produit qui sera peaufiné et personnalisé tout au long du semestre. Les élèves ont en effet l’occasion de réaliser toute une myriade d’analyses et d’essais dans des laboratoires mis à leur disposition. En ressortent des produits alimentaires distincts, tous plus délicieux les uns que les autres, tels que yogourt, miel, thé, jus, tartinade et aliments marinés. Le tout est préparé avec la touche de chacun, ce qui procure une belle diversité dans l’offre de produits disponibles.

IDMA et SUCO, les deux organisations partenaires à l’origine du projet dans la province de Lima, ont implanté une foire commerciale hebdomadaire afin de soutenir et renforcer la mise en marché des produits de leurs étudiants et étudiantes. Cette Eco-Feria se déroule les fins de semaine à Lunahuana, une petite ville plus populeuse et plus touristique que Pacarán (les cours du programme FORMAGRO se déroulent à Pacarán). Les deux villes étant situées à vingt kilomètres l’une de l’autre, les étudiants et étudiantes peuvent facilement y transiter et transporter leurs produits. Il est à noter que les produits alimentaires ne sont pas les seuls à être commercialisés dans le cadre de l’Eco-Feria. Des étudiants et étudiantes y vendent également des plantes et des arbres fruitiers prêts à être transplantés. Tout comme les produits transformés, les produits horticoles sont biologiques afin de réduire l’utilisation des pesticides qui posent un risque pour la santé des agriculteurs et des agricultrices, pour la biodiversité et les ressources naturelles. Les plantes et arbres fruitiers sont également, pour la plupart, vendus dans des contenants recyclés dans l’optique de réduire la production de déchets.

Dans le but d’en apprendre davantage sur les impacts du FORMAGRO, notre groupe est allé visiter l’Eco-Feria de Lunahuana. Nous avons pu entretenir d’intéressantes discussions avec les commerçants et commerçantes. Maria Nelly Yactayo Casas, ancienne étudiante du FORMAGRO, a été sans équivoque à ce sujet : le programme a été grandement bénéfique pour elle. Elle a affirmé avoir doublé les revenus découlant de sa production de yogourt grâce aux cours et à la foire commerciale. Maria Nelly a pu développer une multitude de saveurs de yogourt, choisir des récipients appropriés pour ses produits, concevoir des étiquettes professionnelles pour ceux-ci et avoir accès à une toute nouvelle clientèle.

Deux stagiaires de notre groupe ont également eu l’occasion d’accompagner le personnel d’IDMA à l’Eco-Feria de LLapay au nord de Pacarán, un événement rassemblant plusieurs producteurs et productrices locaux, dont des élèves du FORMAGRO. L’événement était festif et convivial. Des cultivateurs et cultivatrices d’espèces maraîchères ancestrales étaient présents et avaient apporté plus d’une soixantaine de variétés de pommes de terre, légume emblématique du Pérou. L’événement s’est conclu par un concours de danses traditionnelles auquel participaient les élèves des écoles de la région.

Tout au long de notre stage, nous avons pu constater un vif engouement pour le commerce local dans la région de Pacarán. Celui-ci est aussi bien présent au Québec. Toutefois, dans notre province, les fruits et les légumes continuent de parcourir en moyenne 3500 à 5000 kilomètres avant d’atteindre nos assiettes, alors qu’il existe différentes façons de manger local, et ce, même en hiver[2]. Peut-être aurions-nous intérêt, nous aussi, à organiser des événements qui soient aussi festifs, ponctuels et, par-dessus tout, à l’échelle de nos quartiers ?

[1] Bernard Lavallée, Sauver la planète une bouchée à la fois, Les Éditions La Presse, 2015, p. 18.

[2] Ibid.

Par Audrey Ménard, responsable d’équipe du groupe Québec sans frontières au Pérou 


Une odeur d’espoir au cœur des déchets

 

La rencontre

Dès les premiers instants de notre visite au centre écologique El Ombu, nous savions que cette rencontre allait grandement inspirer le déroulement de nos activités de sensibilisation à la gestion des matières résiduelles auprès de la population de Caraz, cette ville perchée dans la cordillère des Andes péruviennes.

El Ombu, qui tire son nom d’un arbre gigantesque qui pousse précisément dans cette région de la ville, est un site de tri des déchets domestiques où moins de dix employés travaillent afin d’améliorer la gestion des déchets de la municipalité. Créé en 2004 dans le but de remplacer ce qui n’était au départ qu’un dépotoir, ce site est aujourd’hui l’endroit où l’ensemble des résidus générés par les citoyens et citoyennes est envoyé.


Les quelques hommes qui nous accueillent sont souriants et solennels. Le chef du centre écologique, Huoman Milla Nelson Julio, se présente ainsi que ses collègues. Après un discours d’accueil chaleureux, comme le font si bien les Péruviens jusqu’à présent, il nous fait visiter le terrain et ses différentes sections, et nous révèle avec assurance le déroulement de leurs activités ainsi que les dessous du métier.

La fierté est ressentie à travers les paroles et les gestes de Nelson. Il y travaille depuis plus de dix ans et aucun détail ne lui échappe. Ses réponses sont celles d’une personne qui demeure positive concernant l’avenir du site, et ce, malgré les difficultés apparentes d’un tel travail. Après tout, avec la quantité de déchets domestiques qui augmente au rythme de l’accroissement de la population, leur travail se révèle plus essentiel que jamais. C’est d’ailleurs leur motivation première, celle d’exercer un métier nécessaire pour la ville de Caraz, mais aussi pour un environnement sain.

 

La visite

Chaque jour, une grande quantité de déchets est acheminée au centre. C’est alors que le travail des employés commence. Puisqu’il n’y a aucun système de tri en place dans la ville de Caraz et ses alentours, un fastidieux travail de séparation des résidus est entrepris par les travailleurs. Les ordures sont séparées en plusieurs monticules de déchets sur le site. Les résidus organiques sont séparés des résidus solides, eux-mêmes divisés en plusieurs catégories : les bouteilles de plastique, le plastique mou, le plastique dur, le métal, le papier, les déchets dangereux et les déchets ultimes.

En ce qui concerne les résidus organiques, ils sont d’abord rassemblés et séchés au soleil pour former le compost du site, dont une partie est offerte aux écoles de la région. Les déchets organiques restants sont quant à eux entreposés pour une période de six mois dans de grands bacs rectangulaires arrosés à l’occasion où y grouillent des vers de terre. À la fin du processus, le contenu des bacs est tamisé afin d’obtenir un humus pur. Cet humus est vendu aux paysans et aux paysannes des campagnes environnantes.

Pour ce qui est des résidus solides, une entreprise de recyclage de Lima les achète et les recycle. Un camion passe régulièrement au centre de tri afin de collecter certains des déchets solides selon les besoins fluctuants de la compagnie.

 

Tout ce travail méticuleux est réalisé par les travailleurs du lundi au samedi, de 6 h à 14 h. Cet horaire a été déterminé principalement en raison des contraintes météorologiques. Par exemple, le vent qui se lève en fin d’après-midi rend le tri beaucoup plus difficile, voire irréalisable.

Le travail des employés comporte son lot de difficultés. L’espoir de voir leur travail se simplifier se lisait dans leurs regards alors qu’ils nous partageaient leurs défis quotidiens. Leur premier souhait serait de pouvoir acquérir des machines permettant de déplacer et de compacter les déchets. Faute de budget, tout le travail est actuellement réalisé à la main, et ce, par un nombre déficient d’employés. Puisque le temps et les moyens manquent pour tout trier, ils nous ont également fait part de leur désir de la mise en place d’un système permettant de trier les résidus solides des matières organiques dans la ville de Caraz. Ce système permettrait d’éviter que les déchets se contaminent entre eux et ainsi d’obtenir des déchets comportant moins d’impuretés. Une conscientisation de la population à la séparation des déchets ainsi qu’un système sélectif de collecte des ordures faciliteraient énormément leur travail.

L’un des aspects les plus dangereux de leur travail est le fait qu’ils soient en contact avec des déchets pouvant porter atteinte à leur santé. À titre d’exemple, une grande quantité d’aiguilles se retrouve dans les sacs à ordures. Il serait également intéressant que les citoyens et les citoyennes fassent un tri préalable des déchets dangereux. Il s’agirait d’une avancée importante et fortement souhaitée de la part des employés. Ils estiment que le moment le plus décourageant de leur travail est lorsque le camion d’ordures déverse son contenu au centre écologique. Cela rappelle aux employés les longues heures qu’ils devront passer à trier la montagne de déchets qui se présente à eux. Néanmoins, ils estiment que leur amour de la terre et des champs facilite leur travail. Ils semblent soudés par cet amour de la campagne, mais également par les nombreuses heures de dur labeur qu’ils passent à s’entraider et à réaliser un travail qui en effraierait beaucoup par son ampleur.

 

 

La morale

C’est avec l’ambition d’aider ces employés dans leur travail que nous avons quitté le centre écologique. Les liens entre leur métier et notre projet sont équivoques. Souvent, nous ont-ils rappelé le besoin criant de sensibiliser les citoyens et les citoyennes de Caraz à l’impact de leurs déchets domestiques sur l’environnement. En espérant réussir, tout au long de notre projet, à mettre en valeur leur travail et à rendre hommage à ces employés essentiels au bien-être collectif.

Par Arianne Provost-Savard, Jeanne Lavallée, Marie-Alexandre Forest, Maude Normandin-Bellefeuille, Noémie Lévesque, Noémie Pelletier Deschamps et Rachel Benoit

 

 

 

 


Chaque volontaire a une histoire à raconter !

 

Depuis 2015, près de 2500 volontaires ont participé aux programmes de coopération volontaire financé par Affaires mondiales Canada pour créer un changement dans des pays du Sud et au sein de leurs communautés au Canada. Le 18 janvier dernier, 60 volontaires se sont réunis à Ottawa pour raconter leurs histoires dans le cadre d’une expérience de bibliothèque humaine. Découvrez les histoires de Sophie, Éléonore et Catherine, volontaires de SUCO au Sénégal et Nicaragua !

« Si tu vois une chèvre dans le repaire d’un lion, aie peur d’elle »
Par Sophie Bourdon

Ce proverbe sénégalais, Sophie Bourdon l’a entendu à plusieurs reprises. En s’engageant comme représentante de SUCO au Sénégal, après plusieurs mandats de volontariat, elle savait à quoi s’attendre … ou presque!

Peut-on occuper un poste de responsabilité de la même manière qu’un homme, lorsqu’on est une jeune femme blanche, en Afrique de l’Ouest? Comment exercer un leadership inclusif lorsque l’on évolue dans un environnement où nos pairs sont majoritairement des hommes? Y a-t-il de la place pour repenser l’égalité par l’accompagnement des volontaires canadiens et canadiennes? Est-ce qu’il suffit d’avoir des cibles sexospécifiques pour documenter nos actions auprès des femmes et des filles? Autant de questions que ce livre prend un malin plaisir à soulever et à nuancer.

Sophie Bourdon signe ici, avec humour et humilité, le récit surprenant des défis de l’égalité entre les femmes et les hommes au sein des réseaux de coopération internationale, de Montréal à Dakar. Une histoire évocatrice qui bouscule nos certitudes et nous laisse sur cette sempiternelle vérité : le vrai changement ne se fait pas tout seul!

Entre cîmes et racines, une histoire de développement organisationnel
Par Éléonore Durocher-Bergeron 

Inclure. Être incluse.
Explorer leur histoire d’abord.
Un mois, un petit mois pour comprendre.
Comprendre l’histoire d’un homme, de son projet organisationnel.

Entre la cîme et les racines du Réseau MUUD.
MUUD, ça signifie « l’union des chances » en langue sérère.
Au coeur de Ndiaganiao, au coeur de 63 Associations Villageoises de Développement, au coeur de 132 familles.
J’ai accompagné Seck Faye et son équipe dans la réalisation d’un diagnostic organisationnel participatif.
Un diagnostic pour mieux se rappeler où étaient ses racines 20 ans après la création du Réseau, sa base solide qui lui permet de faire face aux vents et tempêtes.

Puis créer de l’espace, de l’ouverture.
« Je ne savais pas que j’étais capable ; c’est grâce à toi que je m’en rends compte et que j’ai envie de continuer», m’a lancé Seck, à la sortie d’une animation de groupe qu’il venait de faciliter par lui-même.

Donner confiance.
À un homme. Également à une organisation, qui elle aussi prend de l’assurance à travers les succès qu’elle accumule.

La valeur du volontariat se trouve toute là.
Une bonne relation d’accompagnement et de mentorat va au-delà du sujet même de la conversation. Cette relation est à même de modeler une façon d’interagir et de créer un style de leadership.

Coop et bouffe
Par Catherine Fallon

L’un des défis de la personne volontaire en pays étranger est d’adapter ses pratiques culinaires aux disponibilités du pays. Qu’en est-il lorsqu’en plus d’apprendre à cuisiner ces aliments à la maison, il faut enseigner des pratiques de transformation adaptées aux coutumes, aux ressources disponibles, aux besoins nutritionnels, à la culture?

 Selon le pays d’accueil, les façons de voir l’alimentation et la variété alimentaire ne sont pas les mêmes et peuvent être très différentes du pays d’origine. Certains fruits et légumes sont tout à fait nouveaux, alors que d’autres sont transformés d’une autre façon, les classifications d’aliments sont différentes tout comme les habitudes et traditions liées aux repas.

 Pour les aider à relever ce défi supplémentaire, les personnes volontaires en sécurité alimentaire et nutritionnelle peuvent compter sur une ressource essentielle pour qui la bouffe est plus souvent au centre des préoccupations : les femmes.

Le programme de coopération volontaire de SUCO est financé par le gouvernement canadien par l’entremise d’Affaires mondiales Canada

 


Contrer l’exode rural en formant la relève agricole

 
De juin à août 2017, quatre jeunes Québécoises ont réalisé un stage Québec sans frontières à Huari, au Pérou, avec l’organisme local ALLPA, partenaire de SUCO.


Comme dans plusieurs autres pays du monde, l’exode rural est un phénomène qui affecte le Pérou et en particulier la région où nous effectuons notre stage, qui a lieu plus précisément dans la petite ville de Huari, ainsi que les zones rurales qui l’entourent
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Notre stage Québec sans frontières sur la promotion des aliments locaux et du travail des personnes agricultrices, réalisé en collaboration avec notre partenaire local Allpa, nous a amené à nous questionner sur les raisons qui poussent les jeunes à abandonner leur terre natale pour tenter leur chance ailleurs.

La dévitalisation des milieux ruraux

À la suite de nombreuses discussions avec des familles agricultrices, ainsi qu’avec des collègues d’Allpa, nous avons tout d’abord constaté que les raisons qui poussent la plupart des gens à migrer vers de plus grandes villes ressemblent énormément à celles invoquées au Québec et au Canada : les zones rurales se dévitalisent plus ou moins rapidement, car les jeunes aspirent à un futur qu’ils peinent à imaginer en campagne. Pour vous donner une idée de la situation, il ne reste qu’une trentaine de famille à Ampas, petite communauté voisine de Huari, alors qu’il y a trente ans, on en comptait trois cents. Les répercussions sont dramatiques puisque ce genre de phénomène implique que, dans des villes comme Huari qui ne possèdent pas leur propre université, les jeunes qui veulent poursuivre leurs études doivent déménager dans une autre ville, comme Huaraz ou Lima. Parmi ceux et celles qui partent pour les grandes villes, une poignée seulement revient dans leur petite ville natale pour y faire leur vie.

Un autre de nos questionnements portait sur les perceptions existantes du métier d’agriculteur. Bien évidemment, elles sont différentes d’une famille à l’autre, mais la différence est d’autant plus manifeste si l’on compare les familles qui vivent dans une zone rurale, comme Ampas, à celles qui vivent dans une zone plus urbanisée, comme Huari. Les familles de Huari avec lesquelles nous avons discuté ne vivent généralement pas de leur propre agriculture, et même si certaines d’entre elles possèdent une terre, il s’agit davantage d’une activité marginale que d’un réel métier. De plus, si quelques personnes considèrent que l’agriculture est un travail difficile, d’autres vont jusqu’à dire que ce n’est pas un « vrai » travail.

Des familles qui valorisent le travail de la terre

Certaines familles nous ont toutefois fait part d’opinions tout à fait différentes. Elles nous ont par exemple parlé de l’entraide et de la solidarité qui existent entre les familles d’agriculteurs et d’agricultrices. En effet, toute la communauté travaille une journée dans les champs de l’une des familles, puis dans ceux d’une autre famille le lendemain, et ainsi de suite. Cela témoigne d’un esprit de communauté très fort. De plus, une famille d’agriculteurs et d’agricultrices qui a vécu plusieurs années à Lima pour ensuite revenir à Ampas nous a confié que la qualité de vie était selon elle beaucoup moins bonne à Lima. Il y a beaucoup de bruit, le coût de vie y est élevé et les déplacements sont rendus difficiles par le trafic constant. Ces conditions ne peuvent être comparées au calme et à la tranquillité qui règnent à Ampas ou à Huari. Selon cette même famille, la délinquance a augmenté de manière importante depuis quelques années à Lima, ce qui en fait un environnement inadéquat pour établir une famille.

Des participants aux modules de formation d’Allpa sur la production maraîchère dans le cadre du projet FORMAGRO.


Former et outiller la relève : le travail de l’organisme Allpa

Un certain nombre de défis caractérisent la vie des agriculteurs et des agricultrices. L’amélioration des conditions de vie en zone rurale se trouve justement le cœur du travail d’Allpa, un organisme qui œuvre dans plusieurs régions rurales du Pérou pour en assurer le développement durable. Allpa offre un soutien aux producteurs et productrices dans le développement de leurs activités maraîchères, d’élevage ou de production laitière, et travaille conjointement avec ceux-ci pour leur permettre de consolider leurs connaissances et techniques. Les familles productrices y voient par conséquent une opportunité d’amélioration. En effet, des changements ont été constatés à la suite de la participation aux formations. Bon nombre d’agriculteurs et d’agricultrices ont modifié leurs méthodes de production maraîchère pour se tourner vers le biologique alors qu’ils utilisaient auparavant des méthodes de production conventionnelle, lesquelles faisaient par exemple appel à des pesticides chimiques dangereux. Allpa travaille aussi à la revalorisation du métier d’agriculteur et d’agricultrice et à la construction d’un meilleur avenir pour les jeunes vivant en zone rurale. En effet, les modules de formation dédiés aux jeunes de 18 à 35 ans permettent à la relève d’être plus motivée et mieux outillée pour travailler la terre. Notre mandat en tant que stagiaires était de collaborer avec Allpa afin de sensibiliser la population à l’utilisation de produits locaux et biologiques.

À la fin de notre stage, nous avons pris conscience de l’étendue de nos apprentissages et nous avons également pu observer qu’une intervention semblable serait extrêmement pertinente chez nous, au Québec.

Claudio Estrada, un facilitateur communautaire d’Allpa, donnant une formation participative sur le contrôle biologique des maladies.


Article rédigé par nos stagiaires QSF : Éliane Voisard, Anika Ste-Marie, Laurence Dupont et Elisabeth Bergeron

Accompagnatrice du groupe  : Anne-Sophie Côté

Informez-vous sur le programme Québec sans frontières du ministères des Relations internationales et de la Francophonie du Québec.


Les semences : un enjeu trop souvent oublié !

 

Lorsque l’on parle de revoir les systèmes alimentaires, on entend régulièrement parler du mode de production, des circuits de distribution qui doivent être plus courts, de la diversification des productions, mais on entend peu parler du premier maillon de ce système : les semences. Peu de choses sur cette terre sont aussi vitales que ce qui constitue notre héritage alimentaire vieux de plus de 12 000 ans; magnifique miracle de la vie que sont les semences, maillon de renaissance entre la fin d’une plante et le renouveau.

Un précieux premier maillon

En regardant le documentaire Seeds, the untold story, on est surpris, voire choqué d’apprendre qu’au cours du dernier siècle, c’est plus de 94 % des variétés de semences partout dans le monde qui ont disparu. Il s’agit-là d’un constat d’autant plus alarmant lorsque l’on sait que ce sont maintenant en majeure partie les entreprises biotechnologiques qui produisent et contrôlent le renouvellement de ce patrimoine naturel.

Au Sénégal, les changements climatiques se sont intensifiés comme partout ailleurs en Afrique subsaharienne. Les précipitations s’affaiblissent et sont de moins en moins prévisibles. Au cours des dernières années, le prix des céréales a donc baissé, ce qui a entraîné un manque de fonds pour acheter des équipements et des semences. Cette situation contribue toujours, à l’heure actuelle, à rendre le travail agricole moins intéressant, et ce, surtout pour les jeunes.

Favoriser l’accès

En Afrique de l’Ouest, 70 % de la production agricole provient des petites exploitations familiales. Et pourtant, malgré la force du nombre, ce sont les hommes et les femmes vivant de cette agriculture familiale qui ont le plus difficilement accès à des intrants semenciers de qualité et surtout non modifiés. Au Sénégal, la Centrale d’achat de Touba Toul, ancien partenaire de SUCO, s’est mobilisée afin de solutionner l’incapacité financière des ruraux à accéder à un stock suffisant de semences de qualité. Des paysans et des paysannes se sont regroupés afin de créer une association qui achète en gros les semences fournies par l’État, elle les redistribue par la suite sous forme de prêt. Ainsi, les paysans et les paysannes ne sont pas obligés de payer l’entièreté de l’achat. Après les récoltes, lorsqu’ils et elles auront pu vendre leurs productions, le remboursement s’effectuera. La Centrale a à cœur d’organiser une distribution à échelle humaine. Anta Babou, membre de la Centrale d’achat de Touba Toul et présidente de son propre groupement d’intérêt économique m’explique dans ses mots :

« Les semences, c’est important de les garder, parce que c’est bon pour nous, paysans et paysannes. C’est nécessaire même, car souvent à cause de l’hivernage et des imprévus de la vie, on ne peut pas en produire assez soi-même. Si quelqu’un veut cultiver de l’arachide pour subvenir à ses besoins et générer un petit revenu, il aura besoin d’avoir suffisamment de grains. C’est aussi une bonne façon de faire preuve de résilience face aux changements climatiques, comme on ne sait jamais ce qui viendra ensuite, sécheresse ou autre… »

Par ailleurs, en achetant principalement de l’État, les paysans et les paysannes ne savent pas toujours d’où viennent les semences. Ces dernières ne sont donc pas nécessairement toujours adaptées au sol ou au climat de la région; un enjeu de traçabilité des cultures persiste. Et pour répondre à cet enjeu, plusieurs prônent le recours à la certification des semences.

Cultiver l’autonomie

Au Sénégal, comme dans plusieurs autres pays du monde, les paysans et les paysannes se battent afin de faire reconnaître leur droit de savoir et de gérer directement les variétés locales, en plus de dénoncer la pratique de la certification des semences. Ce modèle fortement inspiré de la législation européenne et nord-américaine entraîne des coûts faramineux, mais aussi des contraintes liées à l’exigence d’une qualité très homogène et uniforme dans les semences (ce qui va également à l’encontre des principes agroécologiques).

Quant à la pratique de l’extension des brevets à des plantes (principalement dans le secteur des organismes génétiquement modifiés (OGM)), prônée par de grandes multinationales, mais aussi certains gouvernements, elle comporte des accords contractuels stricts qui engendrent des restrictions sur l’échange de semences et les pratiques de recyclage des semences. Cela a le plus souvent pour effet de confronter les agriculteurs et les agricultrices à un choix restreint pour l’acquisition commerciale de semences. Au final, tout cela a une répercussion directe sur le droit à l’alimentation, une alimentation de qualité en quantité suffisante.

« L’agroécologie c’est plus qu’un choix. Moi je sais que c’est ce dont la terre du Sénégal a besoin. Je veux qu’on soit autonome du début à la fin de nos productions, et qu’on soit en santé grâce à ce qu’on mange et cela passe aussi par les semences », précise Ndongo Fall, coordonnateur de la Coopérative Agricole Biologique de Notto-Diobass (COPEBAN), ancien partenaire de SUCO au Sénégal.

Ici, les organisations paysannes travaillent aussi à reconstruire des droits collectifs et les systèmes semenciers ancestraux pour protéger leurs semences. Il y a de plus en plus d’initiatives porteuses, comme celles de l’organisation AGRECOL Afrique, partenaire de SUCO, qui a organisé une journée de promotion de l’agriculture biologique ayant pour thème « les semences paysannes pour une agriculture durable ». Cette journée a permis de favoriser le réseautage entre organisations de la société civile, paysans et autres acteurs croyant également à la survie du patrimoine semencier. Ces initiatives de mise en réseau sont d’autant plus importantes dans un contexte de revendication auprès des décideurs.

« AGRECOL Afrique effectue en ce moment du plaidoyer pour les semences paysannes au Sénégal, notamment parce que la législation sénégalaise reconnaît uniquement les semences certifiées. Un paysan qui commercialise des semences paysannes est passible d’une amende à l’heure actuelle! », m’écrit Milaine Bédard, ancienne conseillère volontaire en gestion des savoirs pour SUCO. Il faut savoir qu’au Sénégal, la loi relative à l’inscription des variétés stipule que « la production de semences en vue de la vente ne peut être effectuée que par des personnes (…) agréées à cet effet »; agrément difficilement accessible, mais aussi peu compatible avec la réalité paysanne.

Bref, une réalité complexe

Le défi à l’heure actuelle pour les paysans et les paysannes du Sénégal est donc de continuer à augmenter la production de leurs propres semences. Il y va de leur survie économique et de l’avenir alimentaire de la région. Mais cela n’a rien de facile!

« Souvent, en Occident, on nous renvoie une image très polarisée sur la question des semences, mais il faut prendre conscience que la réalité terrain, c’est une réalité beaucoup plus complexe. Le Sénégal est un grand territoire avec une forte densité de population, une croissance démographique importante, les impacts des changements climatiques y sont de plus en plus perceptibles. Tous ces enjeux réunis compliquent la gestion et la distribution des semences. Au final, pour arriver à améliorer l’accès des petits producteurs et des petites productrices à des semences adaptées, il faut avoir la capacité de comprendre tous ces enjeux et de s’y intéresser en synergie. C’est pour cela que SUCO travaille avec d’autres organisations pour impulser un mouvement collectif », conclut Sophie Bourdon, représentante de SUCO au Sénégal.

Des pistes d’action simples

L’enjeu des semences paysannes est tout aussi d’actualité au Canada. Si vous voulez poser un geste simple afin de prendre part au mouvement, voici des idées à la portée de tous et toutes :


Agroécologie et transition vers des systèmes alimentaires durables

 

Opportunité pour la mise en œuvre des priorités de la politique d’aide internationale féministe du Canada

Madame Marie-Claude Bibeau, Ministre du Développement international et de la Francophonie,

Nous saluons l’engagement du gouvernement du Canada envers la promotion du plein exercice des droits des femmes et des filles, condition indispensable pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Nous espérons que la mise en place d’une politique d’aide internationale féministe pourra également inspirer d’autres États.

Nous sommes reconnaissants à votre gouvernement d’avoir accordé une place importante aux organismes de coopération internationale dans le cadre des consultations publiques pour l’élaboration de la nouvelle politique. De plus, nous accueillons favorablement l’initiative donnant priorité aux populations les plus vulnérables, ainsi qu’à l’adaptation et la mitigation des effets des changements climatiques.

Dans le monde, les femmes jouent un rôle majeur dans le domaine de l’agriculture, l’une des activités les plus affectées par les changements climatiques. Nous vous encourageons à soutenir davantage l’agriculture durable et la transition vers des systèmes alimentaires diversifiés et agroécologiques. Ces modèles, axés sur la diversification des exploitations et des paysages agricoles, la substitution des intrants chimiques par des techniques écologiques, l’optimisation de la biodiversité, ainsi que les interactions entre différentes espèces, peuvent renforcer l’autonomisation économique des femmes et des filles qui pratiquent, pour la majorité d’entre elles, une agriculture à petite échelle.

Plus d’un demi-siècle d’expérience nous permet d’observer les répercussions positives de la diversification des systèmes agroécologiques sur le développement économique local et régional, ainsi que sur la résilience des populations qui doivent faire face à des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes, graves et imprévisibles. De plus, les systèmes alimentaires durables peuvent devenir une stratégie d’adaptation, mais aussi de mitigation des effets des changements climatiques. Un nombre croissant de recherches démontrent que ces systèmes augmentent la concentration en carbone des sols, préservent la biodiversité, permettent aux sols de retrouver leur fertilité à long terme, maintiennent les rendements, et offrent une base solide pour soutenir les moyens de subsistance des familles d’agriculteurs et d’agricultrices.

Le Canada investit déjà dans ce secteur en renforçant les capacités des communautés paysannes. Cet appui a permis aux communautés de passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture de marché, tout en améliorant la qualité de leur environnement et en assurant la pleine inclusion des femmes dans l’économie et la société. L’agriculture est devenue un secteur de choix pour accroître et diriger les investissements.

Nous sommes convaincus que le Canada peut en faire davantage et devenir un leader de ce secteur innovateur, qui permet de répondre à plusieurs des défis auxquels les pays en développement font face. Nous encourageons le Canada à investir davantage dans le secteur de l’agriculture durable à petite échelle. Un investissement accru dans ce seul secteur permettrait de contribuer à l’atteinte de douze des objectifs de développement durable, de réduire la pauvreté, d’autonomiser les femmes, de créer des possibilités d’emploi pour les jeunes et de lutter contre les effets des changements climatiques.

 

Richard Veenstra

Directeur général

 

Émile Frison

Membre du Groupe international d’experts sur les systèmes alimentaires durables

Crédit photo : Nitsé Mathelier

 

 

 


Inondations au Pérou : qu’en est-il de la sécurité alimentaire ?

 

 Réagir à la dernière minute, s’adapter au contexte régional, et s’impliquer activement dans notre communauté d’accueil, c’est aussi ça, être volontaire avec SUCO ! Depuis quelques semaines, des pluies diluviennes s’abattent sur plusieurs régions du Pérou, entraînant inondations et glissements de terrain. Puisque j’étais basée à Lima, je croyais que mon mandat comme conseillère en nutrition pour le Réseau d’agriculture écologique du Pérou (RAE Perú) ne serait pas perturbé. Erreur ! Les changements climatiques nous affectent tous et toutes, car ils modifient l’environnement et donc les pratiques agricoles, la sécurité alimentaire et, enfin, l’accès à une alimentation saine.

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L’état d’urgence déclaré dans plusieurs régions du Pérou

Après avoir constaté l’état d’urgence dans le secteur agricole des régions de Piura, La Libertad, Lambayeque et Lima, où interviennent les partenaires de la RAE Perú, la nécessité d’être solidaire s’est manifestée. Les inondations et les glissements terrain ont causé d’énormes dégâts : des agriculteurs et des agricultrices ont perdu leurs récoltes et leurs troupeaux d’élevage ont été durement touchés. Il fallait donc s’organiser ! Un comité multisectoriel a donc été créé avec des organisations de la société civile œuvrant en agriculture et alimentation, ainsi qu’un regroupement de producteurs et productrices. L’objectif du comité est de proposer des actions humanitaires de réhabilitation et de reconstruction des zones gravement affectées. Par l’entremise de la RAE Perú, l’un des principaux acteurs de ce comité, j’ai été invitée à réfléchir conjointement à des actions que nous pouvons entreprendre en marge de celles réalisées par l’État.

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Des enjeux nutritionnels bien présents

Mon rôle de nutritionniste s’est alors vu élargi à un nouveau pays, soit le Pérou; à une nouvelle expertise, soit le milieu agricole; et à une situation hors du commun, soit l’état d’urgence actuel dans lequel baigne le pays. Une crise alimentaire pourrait survenir à tout moment puisque les récoltes sont gravement compromises. En plus, l’inondation des terres retarde l’ensemencement et limite le transport vers les marchés régionaux, ce qui réduit largement les revenus familiaux. C’est en ayant en tête la boucle de l’insécurité alimentaire que j’ai voulu ajouter mon grain de sel. Les enjeux nutritionnels sont présents à l’échelle mondiale, que ce soit par la dénutrition ou la malnutrition. La disponibilité d’aliments sains qui répondent aux besoins nutritionnels de chacun et chacune, l’accès à ces aliments grâce à des ressources financières suffisantes et à la stabilité de l’offre sont essentiels pour préserver la santé de la population, et particulièrement celle des enfants.

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Crédit photo : Carlos Ly

 Faire sa part comme membre de la société civile

Ce qui ressort de cette première rencontre est la solidarité et la volonté d’agir, peu importe l’ampleur qu’auront les actions posées. Même si je n’ai pas vécu personnellement les inondations au Pérou, je considère qu’il est important de faire sa part comme membre de la société civile. Étant donné les nombreuses pertes agricoles, la survie immédiate des agriculteurs et des agricultrices familiaux dépend de leur possibilité d’écouler rapidement les produits alimentaires épargnés par les inondations. C’est donc en consommant des produits locaux et de saison disponibles dans tous les marchés écologiques de la ville, que nous pouvons les appuyer de manière concrète. Aucun geste n’est un trop petit geste !

– Par Amélie Bertrand, volontaire en nutrition au Pérou

 

Au Québec, la meilleure façon de soutenir les Péruviens et les Péruviennes victimes des inondations est de faire un don.

 

 


Communiqué – Du Pérou à votre assiette avec le chef Mario Navarrete Jr.

 

Montréal, le 29 novembre 2016 – Le 1er décembre prochain à la Tour de Montréal du Stade olympique,  150 convives se laisseront transporter dans un univers péruvien avec le chef renommé Mario Navarrete Jr. Le souper gastronomique, organisé par l’organisme canadien de coopération internationale SUCO, est sous la présidence d’honneur du Consul du Pérou à Montréal, M. Manuel de Cossío Klüver.

Le chef « Au goût du monde » 2016

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Avec son approche nuevo latino et sa cuisine fusion, Mario Navarrete Jr. a séduit plus d’un critique gastronomique. C’est avec cœur et amour pour son pays d’origine que le chef a accepté de se prêter à la cause en cuisinant pour un événement dont les fonds serviront à appuyer un vaste programme de formation en entrepreneuriat jeunesse et agricole au Pérou.

« L’innovation, ce n’est pas la gastronomie péruvienne en soi, mais le fait de replonger dans les savoirs ancestraux et andins et de les faire découvrir au monde. C’est d’expérimenter avec des textures, des couleurs et de combiner les cultures. Il faut ramener cette connexion entre le chef cuisinier, les producteurs, les aliments et enfin, l’environnement. Après tout, la gastronomie nécessite des aliments frais, savoureux, récoltés d’une terre en santé », raconte le chef montréalais.

La culture péruvienne sur la sellette

Sous le thème Au goût du monde, du Pérou à votre assiette, cette première édition mettra en valeur la culture et la gastronomie péruviennes en vogue chez les foodies et reconnues mondialement pour leur richesse et leur diversité. C’est après une montée en funiculaire que les invités pourront déguster un pisco sour et un repas gastronomique avec une vue unique et époustouflante sur la Ville de Montréal.

La soirée sera aussi l’occasion d’en apprendre sur le savoir-faire et l’alimentation au Pérou avec Marianne Lefebvre, spécialiste en nutrition internationale, et le réalisateur montréalais Orlando Arriagada avec son documentaire L’ADN du ceviche. La troupe de danse péruvienne Esencia del Perú animera la soirée avec des chorégraphies traditionnelles et rythmées.

C’est un rendez-vous « Au goût du monde » à ne pas manquer !

Les gens peuvent acheter des billets en ligne au coût de 125 $ (avec reçu d’impôt de 60 $) sur le site Web de SUCO. Cocktail servi dès 17h30 !

À propos de : SUCO – Solidarité Union Coopération, est un organisme canadien de coopération internationale, à but non lucratif, fondé en 1961. SUCO accompagne des communautés à travers des expertises en agriculture durable, en développement local et en entrepreneuriat dans sept pays : Haïti, Honduras, Nicaragua, Pérou, Burkina Faso, Mali et Sénégal.

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Renseignements :
Mélissa Cabana, chargée des relations externes, SUCO
Tél. : 514 272-3019 poste 225 / Cell. : 514-349-4297 / Courriel : melissacabana@suco.org

 

Merci à nos partenaires #augoûtdumonde !

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Un appui d’une extrême importance pour éviter une crise alimentaire en Haïti

 

SUCO reçoit l’appui financier du ministère des
Relations internationales et de la Francophonie du Québec

Avec l’appui financier du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, SUCO pourra assurer la sécurité alimentaire de 3 000 personnes, c’est-à-dire 600 familles vivant dans le sud-est du pays. Ces actions consisteront à réhabiliter les structures de protection des sols, les routes agricoles et les jardins maraîchers afin d’assurer l’accès à des aliments de qualité et en quantité suffisante aux populations touchées.

Sauver la saison agricole en cours pour éviter une grave crise alimentaire

L’ouragan Matthew, le plus puissant à avoir frappé les Caraïbes dans les dix dernières années, a touché très durement l’agriculture dans le sud d’Haïti, l’un des pays les plus vulnérables sur le plan de l’insécurité alimentaire. Il est donc urgent d’intervenir pour sauver la saison agricole en cours. Attendre la prochaine saison en mars 2017 pour restaurer l’agriculture risque d’engendrer une pénurie d’aliments, de provoquer une grave crise alimentaire et d’accroître la dépendance des populations à l’aide extérieure.

Mobiliser les communautés pour assurer la sécurité alimentaire

Les équipes terrain de SUCO et son partenaire local Cercle Divers ont les capacités de mobiliser les équipes de professionnels et les membres des associations paysannes des sections communales, déjà appuyées, autour d’actions pour restaurer l’agriculture.

Le projet permettra d’assurer la sécurité alimentaire des familles de la commune de Marigot en plus de fournir des aliments à la population environnante via la vente des excédents de production sur les marchés locaux.

Les liens essentiels et nécessaires entre l’agriculture et l’alimentation se feront à travers un programme de formation et de sensibilisation à de saines habitudes alimentaires.

« Avec le contenu et les outils d’animation d’un guide alimentaire que SUCO a produit en collaboration avec le ministère de la Santé publique et de la Population en Haïti, des activités de sensibilisation à l’hygiène de base et la nutrition seront réalisées et permettront de diminuer les risques de propagation du choléra dans la commune de Marigot », souligne Michel Sanfaçon, chargé de programme Haïti pour SUCO.

SUCO travaille avec des communautés rurales en Haïti depuis 2001 pour appuyer la production agricole, la transformation de matières premières et la commercialisation des produits alimentaires.

Il reste toutefois encore beaucoup de travail à faire et les dons du public sont toujours utiles pour aider encore plus de familles.


À propos de :

SUCO est un organisme canadien de coopération internationales fondé en 1961, qui a pour mission d’améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales dans les pays en développement. Elle rassemble des personnes pour mettre en commun des savoirs et des ressources en vue de renforcer leur capacité d’action et celle de leur collectivité.

Renseignements :
Mélissa Cabana, chargée des relations externes, SUCO
Tél. : 514 272-3019 poste 225 / Cell. : 514-349-4297 / Courriel : melissacabana@suco.org


Et si un jour, on se tournait vers l’agroécologie à grande échelle…

 

Alors que le Forum social mondial avait lieu il y a quelques semaines sous le slogan « Un autre monde est nécessaire, ensemble il devient possible », j’ai cru bon de revenir sur des pistes de solutions qui, collectivement, nous permettrons de nous nourrir durablement et convenablement, comme je le mentionnais dans l’article « Prendre soin de la terre, c’est prendre soin de la vie ! ». Au fil de mes recherches, je suis tombée sur un récent rapport de l’International panel of experts on sustainable food systems (dont fait notamment partie Olivier De Schutter, ancien rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation) qui analyse plus de 400 études portant sur l’agriculture durable afin de proposer des pistes d’action concrète à grande échelle.

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Une famille d’agriculteurs de la région de Huari au Pérou                                                                   Crédit-photo: Carlos Ly

Ce que le rapport met de l’avant, c’est que c’est tout à fait possible d’effectuer une transition vers une agriculture plus diversifiée et agroécologique. Voici,en rafale, quelques pistes de solutions qui, heureusement, commencent à être mises en place au Québec, comme ailleurs (même s’il reste du chemin à faire !) :

  • Développer de nouveaux indicateurs pour évaluer la « performance » agricole qui permettront de mieux tenir compte des impacts à long terme ;
  • Déplacer les subventions publiques de l’agriculture industrielle vers l’agriculture agroécologique, biologique et diversifiée ;
  • Créer des espaces de dialogue pour les parties prenantes gravitant autour des systèmes agricoles et alimentaires locaux, composés des instances politiques, scientifiques, des représentants de la société civile qui incarnent autant les domaines de la santé, du développement local ou de l’environnement, afin de mettre en place des mesures plus démocratiques ;
  • Miser sur une gestion territoriale des systèmes agricoles (penser aux interactions possibles entre les différents acteurs agricoles et alimentaires au sein d’une région donnée) ;
  • Soutenir l’agriculture familiale et de petite taille (avez-vous un fermier de famille ?) ;
  • Promouvoir le transfert horizontal des savoirs en mode « paysan à paysan » ;
  • Encourager les circuits courts en soutenant les marchés de proximité ou, par exemple, en rendant les produits biologiques et locaux obligatoires dans les institutions publiques comme les écoles, les établissements de santé, etc. ;
  • Mettre les pratiques agroécologiques au cœur des stratégies agricoles, de la recherche agricole et des programmes de formation et d’éducation (jetez un coup d’œil à notre nouveau projet FORMAGRO!) ;
  • Promouvoir, à l’aide de politiques publiques, l’agriculture biologique, les semences anciennes et indigènes et (encore une fois)… les circuits courts !
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    Crédit-photo: Agence Producteurs Locaux Damien Kühn

Des initiatives inspirantes au Québec :

 Finalement, quand je réfléchis au Forum social mondial, je pense que le message principal qui émanait de l’événement était qu’individuellement, nous pouvons contribuer à mettre en œuvre ces solutions. Et justement, pour favoriser le partage d’actions pouvant être prises à l’échelle locale et humaine, SUCO met à votre disposition un générateur d’actions, pour vous inspirer ou pour que vous, vous puissiez inspirer la communauté qui a à cœur l’agroécologie !

Embarquerez-vous dans le mouvement ?