Ciné Vert à Lima

 

Cine Verde pour célébrer le Jour de la Terre à Lima

Le 22 avril est le jour choisi pour célébrer la Terre, celle qui nous donne des ressources précieuses, de l’air à respirer et de l’eau à boire. Malheureusement, cette Terre si importante est menacée par tous les bouleversements que lui font vivre les humains, nombreux et grands consommateurs de ressources naturelles. Le 22 avril, le Jour de la Terre permet de nous rappeler l’importance de respecter la planète pour que ses ressources perdurent pour encore très longtemps et que les prochaines générations puissent aussi en profiter.

C’est dans ce contexte que l’équipe de SUCO à Lima, au Pérou, a eu envie de faire d’une pierre deux coups en organisant, avec son partenaire IDMA, l’événement Cine Verde pour célébrer le Jour de la Terre et, en même temps, s’inscrire dans le festival de films documentaires sur l’environnement, Ciné Vert, organisé à Montréal, Sherbrooke et Trois-Rivières par SUCO.

L’initiative est venue de Montréal avec comme idée d’éventuellement reproduire le festival Ciné Vert dans les différents pays d’intervention de SUCO si le festival continuait dans les prochaines années. Avec l’équipe de SUCO à Lima, nous avons pensé qu’il n’était pas trop tôt pour lancer une première mini version du festival à l’étranger en présentant un des documentaires de la programmation : Viaje a los Pueblos Fumigados du réalisateur et producteur argentin Fernando Solanas.

Ce documentaire, qui s’inscrit dans une série de 8, présente les conséquences sociales et environnementales du modèle agricole argentin : agriculture transgénique et utilisation intensive des agrotoxiques (glyphosate, épandages, fumigations) qui ont provoqué l’exode rural, la déforestation, la destruction des sols, mais aussi la multiplication des cas de cancers et de malformations à la naissance.

Le Pérou étant un pays avec une production agricole assez importante, il nous a semblé être le terreau fertile idéal pour organiser une projection du documentaire, puis inviter des spécialistes de l’agronomie et de l’agroécologie afin de créer un espace de discussion avec le public pour penser à des pistes de solutions et proposer des alternatives écologiques et durables aux techniques agricoles traditionnelles. Nous avons aussi invité les membres de plusieurs organisations non-gouvernementales et internationales, ainsi que de l’ambassade canadienne et de certains ministères à participer, avec nous, à cet événement pour souligner la planète, mais aussi pour penser à des solutions pour l’avenir.

– Élise Lortie, conseillère en environnement à Lima


Zoé : promouvoir une offre alimentaire écoresponsable et locale au Pérou

 

Fais comme Zoé !

Ce portrait fait partie d’une série de quatre articles mettant en vedette les stagiaires du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ). Zoé Fahrni, 27 ans, était stagiaire en communication et marketing auprès du Réseau de l’agriculture écologique du Pérou, de juin à novembre 2018.

Toute son enfance, Zoé a grandi dans une maison remplie de souvenirs ramenés d’Asie. Bercée par les récits de voyages de sa mère, c’est tout naturellement qu’elle s’inscrit au DEC en Sciences humaines, profil questions internationales. Afin de voir le monde de ses propres yeux, elle interrompt ses études au Cégep et part trois mois sur les routes du Sud de l’Inde, en compagnie de sa mère. Ce voyage lui donne la piqûre. Elle s’inscrit au Baccalauréat en relations internationales et droit international à l’UQAM. Elle n’y trouve pas son compte et quitte le programme après deux sessions. En parallèle, elle est technicienne dans une pharmacie de quartier, où elle a toujours vécu. Elle aime la proximité avec les gens et le sentiment de contribuer à leur bien-être, par son écoute et ses conseils.

En 2017, elle décide alors de s’inscrire à la Majeure en communication ainsi qu’au Certificat en géographie internationale. Elle combine ainsi le côté pratique du domaine des communications avec l’approfondissement des enjeux internationaux qui l’ont toujours interpellés. Lors d’un stage de six mois comme chargée des communications à Ingénieurs Sans Frontières Québec, elle confirme son intérêt pour la coopération internationale. Histoire de continuer à s’ancrer et se nourrir de liens relationnels dans son quartier, Pointe-Saint-Charles, elle s’implique bénévolement dans les communications de l’épicerie de quartier autogérée Le Détour. En 2018, elle obtient sa première expérience professionnelle à l’étranger en décrochant un stage en coopération internationale à SUCO.

Sortir de sa coquille et gagner en autonomie

« Dans le cadre d’un stage en coopération internationale, on a le privilège d’avoir beaucoup d’autonomie, tout en bénéficiant d’un énorme accompagnement de la part du personnel de SUCO sur le terrain, qui est toujours là pour nous appuyer et nous aider à nous orienter. Cette flexibilité nous permet, selon moi, d’apprendre beaucoup plus. Je pense aussi qu’on nous confie plus de responsabilités qu’on en confierait à une personne qui effectue un stage dans un milieu traditionnel au Québec. »

De juin à novembre 2018, Zoé était stagiaire en communication et marketing auprès du Réseau de l’agriculture écologique du Pérou. Elle avait le mandat de soutenir la promotion d’une plateforme de commerce électronique de produits locaux issus d’une agriculture durable.

Contrairement à un stage régulier où les tâches sont souvent définies par l’employeur ou l’institution académique, dans le cadre du PSIJ, la personne stagiaire construit son plan de travail conjointement avec le partenaire sur le terrain. En évoluant au sein d’un contexte culturel différent et en faisant face avec brio aux défis personnels et professionnels, Zoé s’est également bâtie une précieuse boîte à outils. Ce sont autant de ressources dont elle pourra se servir tout au long de sa carrière.

Durant son stage, Zoé a également profité de l’opportunité offerte à tous les stagiaires du programme d’écrire des billets de blogue sur leur expérience. Elle a ainsi rédigé trois billets.

Utiliser le marketing pour sensibiliser

Ce dont elle est la plus fière, c’est de constater que le partenaire utilise et s’est approprié les outils marketing qu’elle a créés ou mis en place. En permettant l’accessibilité de l’offre alimentaire biologique locale au Pérou, elle a sensibilisé la population au fait qu’il était possible de manger santé et local. Consciente que le marketing peut parfois jouir d’une mauvaise réputation, elle est convaincue que « le marketing peut aussi servir des causes plus nobles et que c’est possible de le pratiquer sans aller à l’encontre de nos valeurs. »

Mais surtout, en ayant osé déployer ses ailes au Pérou, Zoé s’est trouvé un emploi de coordonnatrice dans une agence de marketing numérique à Montréal et ce, avant même de terminer son stage. Preuve que ce programme est un véritable atout en employabilité.

 

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Louis : sortir constamment de sa zone de confort

 

Fais comme Louis !

Ce portrait fait partie d’une série de quatre articles mettant en vedette les stagiaires du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ). Louis-Alexandre Saint-Laurent, 25 ans, est actuellement stagiaire en entrepreneuriat auprès du Réseau de commercialisation communautaire alternative RED Comal, au Honduras (février à août 2019). 

À la recherche constante de nouvelles expériences, Louis carbure aux sorties de zones de confort. À 18 ans et un mois, son passeport en poche, il décide de goûter à sa nouvelle liberté. Le Sherbrookois enfile son sac à dos. Cap sur l’Australie ou, ce qui lui semblait être à l’époque, le bout du monde. Après quatre ans de voyage et plusieurs expériences en service à la clientèle, il revient au pays. Il enchaîne une formation en tourisme d’aventure au Cégep de la Gaspésie et des Îles, puis un Certificat en science de l’activité physique à l’Université de Sherbrooke. Il développe ses aptitudes en leadership et aiguise son nouveau regard envers les enjeux environnementaux.

Louis est un guide professionnel de plein air au tempérament charismatique, créatif, curieux et empathique. Il encadre des groupes en canyoning et en ski alpin. Pourtant, il lui manque quelque chose. Il réalise que la seule constante dans ses passions, c’est le changement et la nouveauté. Il décide alors de se tourner vers l’entrepreneuriat social. Un choix qui lui permettra d’être maître de son destin et d’adapter sa réalité comme il l’entend. En 2018, il entame un Baccalauréat en administration des affaires, concentration entrepreneuriat. Toutes les compétences acquises durant son parcours atypique lui permettent de décrocher un stage en coopération internationale à SUCO.

Se réinventer au quotidien

« En tant que futur gestionnaire voulant se spécialiser en entrepreneuriat, je me dois de réagir vite sur mes pieds face à des situations inattendues. Je dois aussi innover lorsque tous les outils auxquels je suis accoutumé au Québec ne sont plus accessibles. En testant ainsi ma capacité d’adaptation lors de mon stage, je pense en sortir grandi et plus débrouillard. »

Depuis février 2019, Louis est stagiaire en entrepreneuriat auprès du Réseau de commercialisation communautaire alternative RED Comal, au Honduras. L’organisation regroupe des entreprises sociales de producteurs/trices et de consommateurs/trices avec qui elle développe des programmes de formation, de production, de transformation et de commercialisation, conformément aux principes de l’économie solidaire.

Malgré ses multiples expériences de voyage, Louis n’avait jamais été immergé dans une culture hispanophone ni dans une ville où le tourisme était quasi inexistant. Dépaysé et déboussolé lors du premier mois, il a rapidement trouvé ses marques. Sa nouvelle routine s’est installée : épicerie le mardi, parties de soccer le mercredi soir. Tous les matins en arrivant au travail, il retrouve ses collègues pour un café et des baleadas (tortillas honduriennes) préparées par Dilcia, leur deuxième maman. En d’autres termes, il a trouvé un nouveau chez-lui.

« C’est fascinant, la capacité d’adaptation d’un être humain. Sans s’en rendre compte, on s’adapte, on s’intègre et les différences s’effacent. Ce stage, c’est sans l’ombre d’un doute l’une des plus grandes expériences de croissance personnelle que j’ai vécue. »

Des rencontres qui influencent nos perceptions

Keidi, une de ses collègues de travail, est également étudiante en administration des affaires. Sur les bancs de l’université, ils ont appris à utiliser les mêmes outils, mais de façon complètement différente. En échangeant et partageant leurs connaissances, ils enrichissent et colorent leurs visions du monde respectives. Ils grandissent ensemble en quelques sortes, en influençant leurs perceptions, ce qui va parfois jusqu’à ébranler leurs certitudes les plus profondes.

Avant son stage, Louis reconnaît qu’il n’était pas conscient des enjeux de souveraineté alimentaire auxquels font face certaines communautés. « Les formations pré-départ de SUCO m’ont rendu beaucoup plus critique par rapport aux enjeux d’importation et d’exportation de matières premières. » En participant à l’organisation de la coopérative de producteurs de produits locaux au Honduras, Louis contribue à l’autonomisation des communautés, ainsi qu’à la redistribution des richesses. Il apprend également à affiner sa cartographie intérieure et à nourrir sa citoyenneté mondiale.

 

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Edgar : quand la réorientation mène aux racines familiales

 

Fais comme Edgar !

Ce portrait fait partie d’une série de quatre articles mettant en vedette les stagiaires du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ). Edgar Hernandez, 29 ans, est actuellement stagiaire en développement économique auprès de l’union des paysans autochtones UTC-La Paz, au Honduras (février à août 2019). 

De nature plutôt réservée, Edgar s’illumine quand il parle de ses motivations qui l’ont poussées à postuler pour un stage à SUCO. Au fil de ses voyages et expériences de volontariat et de travail à l’étranger, Edgar s’est découvert un intérêt pour la conservation de la nature. De retour au Québec, il obtient un DEC en Comptabilité et gestion. Au cours d’un stage en recouvrement fiscal, il constate qu’il ne peut plus nier la tension qui l’habite : un désaccord profond entre ses désirs et ses études. Il repart sur la route pendant deux ans, avant d’obtenir un poste d’agent d’aide à l’emploi à Emploi-Québec à Montréal pendant deux ans. Son rêve de travailler en contact avec la nature est devenu trop fort. Cette fois, il entend cet appel intérieur et décide d’agir. Il démissionne et s’inscrit à temps plein au DEC en Gestion d’entreprises agricoles. Il obtient son diplôme en 2018.

De fonctionnaire à entrepreneur agricole

« Dès que j’ai commencé ma technique en agriculture au Cégep de Victoriaville, j’étais curieux de voir comment ça se passait dans les campagnes en Amérique latine. Je voulais comprendre la réalité agricole là-bas et ce qu’avait vécu mon grand-père au Mexique. C’est pour cela que j’ai choisi de faire un stage avec SUCO. Je veux partager mes connaissances dans le but d’améliorer les conditions de vie de personnes ici, dans les campagnes au Honduras afin d’éviter l’exode rurale et les migrations. »

Depuis février 2019, Edgar est stagiaire en développement économique auprès de l’union des paysans autochtones UTC-La Paz, au Honduras. Il s’agit d’une organisation de paysans et paysannes autochtones dédiés à la formation et l’accompagnement de groupes de base. La UTC-La Paz travaille à la défense de leurs droits par le biais de programmes et de projets qui contribuent au développement local et à l’amélioration de leur qualité de vie, principalement pour les communautés lencas.

Sa motivation première, il la puise dans son histoire familiale. Issu de la diaspora mexicaine, Edgar a réalisé qu’en conjuguant son expertise agricole, sa formation en gestion et sa maîtrise de l’espagnol, il pouvait avoir un impact durable sur les populations en Amérique latine. En partageant ses connaissances, il lutte pour la souveraineté alimentaire et l’émancipation des individus et des communautés. Sur le plan personnel, il souhaite incarner le fait que l’on peut choisir sa propre culture avant de chercher à en imiter une autre.

Créer du lien

Même si les codes culturels honduriens ne sont pas une barrière pour lui, Edgar a dû en découdre avec les poules du voisin. Il a mis quelques jours avant de découvrir que les semis de radis, poivrons, concombres et courgettes de son jardin n’étaient pas attaqués par un mystérieux insecte ravageur, mais bel et bien par une communauté avicole effrontée et caquetante. Au moment d’écrire ces lignes, Edgar et les poules sont à match nul, deux partout. Cette saga a permis à Edgar de se rapprocher de ses voisins et de tisser des liens avec eux.  

Après son stage, Edgar aimerait poursuivre dans le domaine de l’agriculture biologique en encourageant la formation d’associations ou de coopératives. Il est surpris et fasciné par la résistance et la force de résilience qui émanent des organisations paysannes face aux intérêts privés. Quant à l’entrepreneuriat des jeunes, il y croit fermement. « C’est une voie vers l’épanouissement financier et personnel. J’observe que lorsque les jeunes produisent eux-mêmes leurs aliments, ils retrouvent une fierté et un amour pour leur environnement et leur milieu de vie. »

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Caroline : trouver l’inspiration outremer pour se partir en affaires

 

Fais comme Caroline !

Ce portrait fait partie d’une série de quatre articles mettant en vedette les stagiaires du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ)Caroline Wegner Tolio, 30 ans, ancienne stagiaire en commercialisation auprès de l’Instituto de Desarollo y Medio Ambiante (IDMA) au Pérou, de juin à décembre 2018.

Caroline s’est d’abord intéressée aux langues lors de ses études universitaires au Brésil, son pays d’origine. À son arrivée au Canada, elle se tourne vers le domaine de la publicité en complétant un programme en stratégie marketing et publicité au Collège Lasalle. Elle travaille en agence de publicité pendant deux ans, mais réalise qu’il lui manque un aspect important dans son emploi : le contact humain et la proximité. Au printemps 2018, lors d’un salon de l’emploi, elle rencontre l’équipe de coordination du Programme de stages internationaux pour les jeunes de SUCO. On lui présente un poste de six mois qui vise à appuyer la commercialisation de produits biologiques issus de jeunes entrepreneur.e.s au Pérou . Et le déclic se fait à ce moment précis. Caroline s’est toujours intéressée à l’agroécologie et songe depuis un moment aussi à se lancer en entrepreneuriat. Il est donc tout à fait naturel qu’elle saute vers une expérience qui lui permette de conjuguer ces deux aspects !

« Le principal avantage et apprentissage que j’ai retiré d’une expérience comme celle-ci, c’est sans nul doute la compréhension des enjeux liés à l’environnement et l’agriculture. J’ai tellement appris sur les principes d’agroécologie et surtout sur l’impact des changements climatiques en Amérique latine que je me suis jurée de chercher un emploi ayant un impact sur cela au retour au Canada !  » – Caroline Wegner Tolio

Un autre rythme que le travail en agence

Habituée de travailler à un rythme effréné en agence, Caroline apprécie de pouvoir prendre le temps de côtoyer toutes les parties prenantes d’un projet dans le cadre de son stage. Dans son rôle d’accompagnement, elle élabore son plan de travail pour ses six mois conjointement avec ses collègues, en fonction de leurs forces et besoins respectifs. Elle ajuste continuellement son approche, revalide les besoins des producteurs et productrices, adapte ses supports. Caroline résume que c’est là tout l’intérêt de son stage : mettre en oeuvre le lâcher-prise sur la finalité et s’intéresser davantage au processus, à la co-création, se questionner constamment sur l’impact qu’aura notre travail sur les bénéficiaires et faire preuve d’agilité.  

« Je me rappelle un atelier sur l’approche client. En posant quelques questions, je me rends compte que les producteurs et productrices arrivent difficilement à identifier les forces et les attributs de leurs produits. Pourtant, lorsque je me rends chez eux, ils et elles me parlent de leur motivations, de l’importance de leur pratiques agricoles pour l’environnement, de l’apport pour la santé de leur produits…J’ai donc revu ma méthode et ai plutôt pris le temps de discuter en individuel avec chaque participants et participantes. Je me rappelle d’un producteur de 70 ans qui vendait des fruits et qui a pris le temps de me raconter son histoire dès les tout début. Elle était là la force de son produit, son attribut, il y avait tout un parcours illustrant la force et la résilience de cet homme. » – Caroline

Une proximité inspirante

« Les gens nous accueillent avec une telle fierté devant leurs produits, ils et elles veulent que l’on goûte à ce qui est produit sur leur terre; on nous invite à partager un repas en fin de journée et au final on tisse du lien. C’est ce lien qui devient précieux lorsque vient le temps aussi de réaliser des ateliers de formations ou de réviser des outils conjointement avec ces jeunes; on peut avancer ensemble, parce que nous sommes dans une relation de confiance essentielle à l’apprentissage. »

Caroline y trouve une grande source d’inspiration pour elle-même à côtoyer la persévérance, la motivation profonde et le désir de repousser ses limites. Elle côtoie des gens qui ont à coeur la préservation de la biodiversité et l’utilisation durable des ressources au sein de la communauté. Elle prend un immense plaisir à visiter les producteurs et les productrices qu’elles accompagnent. Son principal constat ? Elle retrouve la présence et l’importance du partage dans la culture péruvienne, valeur au coeur de sa propre identité brésilienne.

Le programme PSIJ de SUCO offre un parcours entrepreneurial pour les stagiaires eux-mêmes, Caroline décide donc de suivre une première formation à l’automne sur le démarrage d’entreprise sociale, puis complète son business canevas; le projet qu’elle mûri depuis si longtemps prend forme doucement alors qu’elle est au Pérou. Caroline reçoit actuellement un soutien pour poursuivre une formation en démarrage d’entreprise afin de créer Kuara, son entreprise en bien-être et accompagnement à la méditation qui mise sur une culture de partage et un espace sans jugement, un espace confortable et accueillant, exactement à l’image de ce qu’elle a retrouvé dans la culture péruvienne ! Elle est aussi maintenant animatrice dans le domaine de la sécurité alimentaire pour un organisme montréalais; un emploi qui rejoint son intérêt pour la production écologique d’aliments.

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Notre directrice générale de retour de mission du Sénégal

 

Le mois dernier, Geneviève Giasson, directrice générale de SUCO, est allée rencontrer nos principaux partenaires et explorer les opportunités de développement au Sénégal.

SUCO et le Sénégal : des liens solides

Avec 15,4 millions d’habitants, le Sénégal est l’un des pôles économiques les plus importants d’Afrique de l’Ouest. Présent depuis 2012 dans ce pays sahélien situé dans la partie la plus occidentale de l’Afrique, SUCO a tissé des liens solides au fil des années et des projets. Qu’il s’agisse de besoins en agriculture, égalité femmes-hommes, efficacité énergétique, changements climatiques, etc., SUCO a épaulé ses partenaires locaux par l’envoi de 71 stagiaires et volontaires. Actuellement, six stagiaires et volontaires sont en poste au Sénégal et 13 autres seront recrutés entre juin et août 2019.

Compte rendu de mission

Geneviève Giasson lors d’une réunion de travail avec des membres du GRAIM

Accompagnée du représentant de SUCO au Sénégal, Geneviève s’est entretue avec l’équipe du Groupe de Recherche et d’Appui aux Initiatives Mutualistes (GRAIM), au sujet de l’avancée de « Dund ak keew bi »,. En partenariat avec Réseau Environnement, ce projet de gouvernance locale vise à renforcer les capacités d’adaptation et de résilience aux changements climatiques de six communes du Plateau de Thiès.

Elle a également été accueillie par des membres de l’Association des Apiculteurs du Sénégal. Cette organisation formée de membres bénévoles intervient dans l’élevage des abeilles, la production et la transformation du miel, dans le respect de l’environnement.

Soutenir les femmes est au cœur de la mission de SUCO. C’est la raison pour laquelle Geneviève a rencontré des associations de femmes qui œuvrent en pisciculture et aquaculture ainsi qu’en transformation et commercialisation de produits issus de l’agriculture urbaine.

Lors de son passage à Dakar, Geneviève a pu expliquer l’approche de SUCO à l’occasion des rencontres avec des représentants d’autres organismes de coopération, de l’Ambassade du Canada et de la Délégation du Québec. Elle a aussi participé à une journée de réseautage organisée par l’Ambassade du Canada.

Un avant-goût culturel

De retour au Québec avec de nouvelles idées plein la tête, Geneviève a ramené dans ses bagages quelques objets qui serviront à l’encan de l’événement philanthropique phare de SUCO « Au goût du monde ». Le Sénégal sera ainsi à l’honneur le 24 octobre 2019. Notez-le à vos agendas !


Souvenirs du terrain

 

Notre cohorte 2018 de stagiaires du Programmes de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est de retour depuis plus de trois mois maintenant, mais continue de nous écrire des souvenirs du terrain. Ce mois-ci, Zoé nous partage son engouement pour les foires d’aliments agroécologiques qu’elle visitait quand elle habitait Lima au Pérou. Christine, quant à elle, se rappelle le premier atelier de formation sur la commercialisation qu’elle a donné, et comment elle a constaté son impact par la suite. Depuis février, 13 nouveaux et nouvelles stagiaires ont atterris au Honduras, au Pérou, au Sénégal et au Burkina Faso. Suivez leurs aventures à stages.suco.org

 

Crédit photo : Christine Latendresse


Ajoute une expérience internationale hors du commun à ton CV !  

 

SUCO cherche 25 stagiaires internationaux pour des départs en août 2019

Date limite pour postuler :  19 mai 2019

 

Qu’ont en commun Dahlia et Caroline sur cette photo? Un intérêt marqué pour les enjeux d’égalité femmes-hommes et de souveraineté alimentaire; jumelé au cran de réaliser un mandat de six mois au sein de la communauté de Santa Eulalia au Pérou! De juin à décembre 2018, elles ont participé au Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) de SUCO et ont acquis de nouvelles compétences professionnelles en les mettant à profit pour appuyer un projet de formation agricole.

« Le principal avantage et apprentissage que j’ai retiré d’une expérience comme celle-ci, c’est sans nul doute la compréhension des enjeux liés à l’environnement et l’agriculture. J’ai tellement appris sur les principes d’agroécologie et surtout sur l’impact des changements climatiques en Amérique latine que je me suis jurée de chercher un emploi ayant un impact sur cela au retour au Canada ! » – Caroline Wegner Tolio, ancienne stagiaire en commercialisation de produit agricole et maintenant chargée de projet en sécurité alimentaire

Fais comme Dahlia et Caroline, postule à suco.org/emploi et vois où l’aventure PSIJ te mène !


Le commerce local

 

Après dix semaines dans la ville de Pacarán avec l’organisme IDMA, Audrey Ménard, la responsable d’équipe du groupe Québec sans frontières, nous livre ses réflexions sur l’importance du commerce local, que ce soit au Québec ou au Pérou. N’hésitez pas à aller lire le blogue du groupe pour en apprendre plus sur leur projet.

La consommation de produits locaux est une façon simple de diminuer notre empreinte écologique et de lutter contre les changements climatiques. Elle permet de réduire le kilométrage alimentaire, notion référant à la distance parcourue des aliments avant de se retrouver dans nos assiettes[1]. En consommant local, le transport des produits est significativement réduit, tout comme les émissions de gaz à effet de serre qui lui sont associées.

Nous avons été surpris et surprises de constater, dans le cadre de notre projet Québec sans frontières, que la mise en place de potagers biologiques dans des écoles de Pacarán avait contribué au commerce local de la région. Non seulement les produits récoltés sont consommés par les élèves des écoles où ont été implantés les jardins, mais les surplus de légumes sont vendus aux restaurateurs du coin afin de financer un fonds permettant d’acheter du matériel scolaire pour les élèves.

À travers le projet FORMAGRO, mis en œuvre en partenariat avec SUCO, plusieurs centaines d’étudiants et d’étudiantes au Pérou ont l’occasion de développer leurs produits et de les commercialiser dans leur région. Dans le cadre de leur cours sur la transformation des aliments, ils et elles apprennent à élaborer un produit qui sera peaufiné et personnalisé tout au long du semestre. Les élèves ont en effet l’occasion de réaliser toute une myriade d’analyses et d’essais dans des laboratoires mis à leur disposition. En ressortent des produits alimentaires distincts, tous plus délicieux les uns que les autres, tels que yogourt, miel, thé, jus, tartinade et aliments marinés. Le tout est préparé avec la touche de chacun, ce qui procure une belle diversité dans l’offre de produits disponibles.

IDMA et SUCO, les deux organisations partenaires à l’origine du projet dans la province de Lima, ont implanté une foire commerciale hebdomadaire afin de soutenir et renforcer la mise en marché des produits de leurs étudiants et étudiantes. Cette Eco-Feria se déroule les fins de semaine à Lunahuana, une petite ville plus populeuse et plus touristique que Pacarán (les cours du programme FORMAGRO se déroulent à Pacarán). Les deux villes étant situées à vingt kilomètres l’une de l’autre, les étudiants et étudiantes peuvent facilement y transiter et transporter leurs produits. Il est à noter que les produits alimentaires ne sont pas les seuls à être commercialisés dans le cadre de l’Eco-Feria. Des étudiants et étudiantes y vendent également des plantes et des arbres fruitiers prêts à être transplantés. Tout comme les produits transformés, les produits horticoles sont biologiques afin de réduire l’utilisation des pesticides qui posent un risque pour la santé des agriculteurs et des agricultrices, pour la biodiversité et les ressources naturelles. Les plantes et arbres fruitiers sont également, pour la plupart, vendus dans des contenants recyclés dans l’optique de réduire la production de déchets.

Dans le but d’en apprendre davantage sur les impacts du FORMAGRO, notre groupe est allé visiter l’Eco-Feria de Lunahuana. Nous avons pu entretenir d’intéressantes discussions avec les commerçants et commerçantes. Maria Nelly Yactayo Casas, ancienne étudiante du FORMAGRO, a été sans équivoque à ce sujet : le programme a été grandement bénéfique pour elle. Elle a affirmé avoir doublé les revenus découlant de sa production de yogourt grâce aux cours et à la foire commerciale. Maria Nelly a pu développer une multitude de saveurs de yogourt, choisir des récipients appropriés pour ses produits, concevoir des étiquettes professionnelles pour ceux-ci et avoir accès à une toute nouvelle clientèle.

Deux stagiaires de notre groupe ont également eu l’occasion d’accompagner le personnel d’IDMA à l’Eco-Feria de LLapay au nord de Pacarán, un événement rassemblant plusieurs producteurs et productrices locaux, dont des élèves du FORMAGRO. L’événement était festif et convivial. Des cultivateurs et cultivatrices d’espèces maraîchères ancestrales étaient présents et avaient apporté plus d’une soixantaine de variétés de pommes de terre, légume emblématique du Pérou. L’événement s’est conclu par un concours de danses traditionnelles auquel participaient les élèves des écoles de la région.

Tout au long de notre stage, nous avons pu constater un vif engouement pour le commerce local dans la région de Pacarán. Celui-ci est aussi bien présent au Québec. Toutefois, dans notre province, les fruits et les légumes continuent de parcourir en moyenne 3500 à 5000 kilomètres avant d’atteindre nos assiettes, alors qu’il existe différentes façons de manger local, et ce, même en hiver[2]. Peut-être aurions-nous intérêt, nous aussi, à organiser des événements qui soient aussi festifs, ponctuels et, par-dessus tout, à l’échelle de nos quartiers ?

[1] Bernard Lavallée, Sauver la planète une bouchée à la fois, Les Éditions La Presse, 2015, p. 18.

[2] Ibid.

Par Audrey Ménard, responsable d’équipe du groupe Québec sans frontières au Pérou 


Une odeur d’espoir au cœur des déchets

 

La rencontre

Dès les premiers instants de notre visite au centre écologique El Ombu, nous savions que cette rencontre allait grandement inspirer le déroulement de nos activités de sensibilisation à la gestion des matières résiduelles auprès de la population de Caraz, cette ville perchée dans la cordillère des Andes péruviennes.

El Ombu, qui tire son nom d’un arbre gigantesque qui pousse précisément dans cette région de la ville, est un site de tri des déchets domestiques où moins de dix employés travaillent afin d’améliorer la gestion des déchets de la municipalité. Créé en 2004 dans le but de remplacer ce qui n’était au départ qu’un dépotoir, ce site est aujourd’hui l’endroit où l’ensemble des résidus générés par les citoyens et citoyennes est envoyé.


Les quelques hommes qui nous accueillent sont souriants et solennels. Le chef du centre écologique, Huoman Milla Nelson Julio, se présente ainsi que ses collègues. Après un discours d’accueil chaleureux, comme le font si bien les Péruviens jusqu’à présent, il nous fait visiter le terrain et ses différentes sections, et nous révèle avec assurance le déroulement de leurs activités ainsi que les dessous du métier.

La fierté est ressentie à travers les paroles et les gestes de Nelson. Il y travaille depuis plus de dix ans et aucun détail ne lui échappe. Ses réponses sont celles d’une personne qui demeure positive concernant l’avenir du site, et ce, malgré les difficultés apparentes d’un tel travail. Après tout, avec la quantité de déchets domestiques qui augmente au rythme de l’accroissement de la population, leur travail se révèle plus essentiel que jamais. C’est d’ailleurs leur motivation première, celle d’exercer un métier nécessaire pour la ville de Caraz, mais aussi pour un environnement sain.

 

La visite

Chaque jour, une grande quantité de déchets est acheminée au centre. C’est alors que le travail des employés commence. Puisqu’il n’y a aucun système de tri en place dans la ville de Caraz et ses alentours, un fastidieux travail de séparation des résidus est entrepris par les travailleurs. Les ordures sont séparées en plusieurs monticules de déchets sur le site. Les résidus organiques sont séparés des résidus solides, eux-mêmes divisés en plusieurs catégories : les bouteilles de plastique, le plastique mou, le plastique dur, le métal, le papier, les déchets dangereux et les déchets ultimes.

En ce qui concerne les résidus organiques, ils sont d’abord rassemblés et séchés au soleil pour former le compost du site, dont une partie est offerte aux écoles de la région. Les déchets organiques restants sont quant à eux entreposés pour une période de six mois dans de grands bacs rectangulaires arrosés à l’occasion où y grouillent des vers de terre. À la fin du processus, le contenu des bacs est tamisé afin d’obtenir un humus pur. Cet humus est vendu aux paysans et aux paysannes des campagnes environnantes.

Pour ce qui est des résidus solides, une entreprise de recyclage de Lima les achète et les recycle. Un camion passe régulièrement au centre de tri afin de collecter certains des déchets solides selon les besoins fluctuants de la compagnie.

 

Tout ce travail méticuleux est réalisé par les travailleurs du lundi au samedi, de 6 h à 14 h. Cet horaire a été déterminé principalement en raison des contraintes météorologiques. Par exemple, le vent qui se lève en fin d’après-midi rend le tri beaucoup plus difficile, voire irréalisable.

Le travail des employés comporte son lot de difficultés. L’espoir de voir leur travail se simplifier se lisait dans leurs regards alors qu’ils nous partageaient leurs défis quotidiens. Leur premier souhait serait de pouvoir acquérir des machines permettant de déplacer et de compacter les déchets. Faute de budget, tout le travail est actuellement réalisé à la main, et ce, par un nombre déficient d’employés. Puisque le temps et les moyens manquent pour tout trier, ils nous ont également fait part de leur désir de la mise en place d’un système permettant de trier les résidus solides des matières organiques dans la ville de Caraz. Ce système permettrait d’éviter que les déchets se contaminent entre eux et ainsi d’obtenir des déchets comportant moins d’impuretés. Une conscientisation de la population à la séparation des déchets ainsi qu’un système sélectif de collecte des ordures faciliteraient énormément leur travail.

L’un des aspects les plus dangereux de leur travail est le fait qu’ils soient en contact avec des déchets pouvant porter atteinte à leur santé. À titre d’exemple, une grande quantité d’aiguilles se retrouve dans les sacs à ordures. Il serait également intéressant que les citoyens et les citoyennes fassent un tri préalable des déchets dangereux. Il s’agirait d’une avancée importante et fortement souhaitée de la part des employés. Ils estiment que le moment le plus décourageant de leur travail est lorsque le camion d’ordures déverse son contenu au centre écologique. Cela rappelle aux employés les longues heures qu’ils devront passer à trier la montagne de déchets qui se présente à eux. Néanmoins, ils estiment que leur amour de la terre et des champs facilite leur travail. Ils semblent soudés par cet amour de la campagne, mais également par les nombreuses heures de dur labeur qu’ils passent à s’entraider et à réaliser un travail qui en effraierait beaucoup par son ampleur.

 

 

La morale

C’est avec l’ambition d’aider ces employés dans leur travail que nous avons quitté le centre écologique. Les liens entre leur métier et notre projet sont équivoques. Souvent, nous ont-ils rappelé le besoin criant de sensibiliser les citoyens et les citoyennes de Caraz à l’impact de leurs déchets domestiques sur l’environnement. En espérant réussir, tout au long de notre projet, à mettre en valeur leur travail et à rendre hommage à ces employés essentiels au bien-être collectif.

Par Arianne Provost-Savard, Jeanne Lavallée, Marie-Alexandre Forest, Maude Normandin-Bellefeuille, Noémie Lévesque, Noémie Pelletier Deschamps et Rachel Benoit