Agroécologie et transition vers des systèmes alimentaires durables

 

Opportunité pour la mise en œuvre des priorités de la politique d’aide internationale féministe du Canada

Madame Marie-Claude Bibeau, Ministre du Développement international et de la Francophonie,

Nous saluons l’engagement du gouvernement du Canada envers la promotion du plein exercice des droits des femmes et des filles, condition indispensable pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Nous espérons que la mise en place d’une politique d’aide internationale féministe pourra également inspirer d’autres États.

Nous sommes reconnaissants à votre gouvernement d’avoir accordé une place importante aux organismes de coopération internationale dans le cadre des consultations publiques pour l’élaboration de la nouvelle politique. De plus, nous accueillons favorablement l’initiative donnant priorité aux populations les plus vulnérables, ainsi qu’à l’adaptation et la mitigation des effets des changements climatiques.

Dans le monde, les femmes jouent un rôle majeur dans le domaine de l’agriculture, l’une des activités les plus affectées par les changements climatiques. Nous vous encourageons à soutenir davantage l’agriculture durable et la transition vers des systèmes alimentaires diversifiés et agroécologiques. Ces modèles, axés sur la diversification des exploitations et des paysages agricoles, la substitution des intrants chimiques par des techniques écologiques, l’optimisation de la biodiversité, ainsi que les interactions entre différentes espèces, peuvent renforcer l’autonomisation économique des femmes et des filles qui pratiquent, pour la majorité d’entre elles, une agriculture à petite échelle.

Plus d’un demi-siècle d’expérience nous permet d’observer les répercussions positives de la diversification des systèmes agroécologiques sur le développement économique local et régional, ainsi que sur la résilience des populations qui doivent faire face à des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes, graves et imprévisibles. De plus, les systèmes alimentaires durables peuvent devenir une stratégie d’adaptation, mais aussi de mitigation des effets des changements climatiques. Un nombre croissant de recherches démontrent que ces systèmes augmentent la concentration en carbone des sols, préservent la biodiversité, permettent aux sols de retrouver leur fertilité à long terme, maintiennent les rendements, et offrent une base solide pour soutenir les moyens de subsistance des familles d’agriculteurs et d’agricultrices.

Le Canada investit déjà dans ce secteur en renforçant les capacités des communautés paysannes. Cet appui a permis aux communautés de passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture de marché, tout en améliorant la qualité de leur environnement et en assurant la pleine inclusion des femmes dans l’économie et la société. L’agriculture est devenue un secteur de choix pour accroître et diriger les investissements.

Nous sommes convaincus que le Canada peut en faire davantage et devenir un leader de ce secteur innovateur, qui permet de répondre à plusieurs des défis auxquels les pays en développement font face. Nous encourageons le Canada à investir davantage dans le secteur de l’agriculture durable à petite échelle. Un investissement accru dans ce seul secteur permettrait de contribuer à l’atteinte de douze des objectifs de développement durable, de réduire la pauvreté, d’autonomiser les femmes, de créer des possibilités d’emploi pour les jeunes et de lutter contre les effets des changements climatiques.

 

Richard Veenstra

Directeur général

 

Émile Frison

Membre du Groupe international d’experts sur les systèmes alimentaires durables

Crédit photo : Nitsé Mathelier

 

 

 


Inondations au Pérou : qu’en est-il de la sécurité alimentaire ?

 

 Réagir à la dernière minute, s’adapter au contexte régional, et s’impliquer activement dans notre communauté d’accueil, c’est aussi ça, être volontaire avec SUCO ! Depuis quelques semaines, des pluies diluviennes s’abattent sur plusieurs régions du Pérou, entraînant inondations et glissements de terrain. Puisque j’étais basée à Lima, je croyais que mon mandat comme conseillère en nutrition pour le Réseau d’agriculture écologique du Pérou (RAE Perú) ne serait pas perturbé. Erreur ! Les changements climatiques nous affectent tous et toutes, car ils modifient l’environnement et donc les pratiques agricoles, la sécurité alimentaire et, enfin, l’accès à une alimentation saine.

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L’état d’urgence déclaré dans plusieurs régions du Pérou

Après avoir constaté l’état d’urgence dans le secteur agricole des régions de Piura, La Libertad, Lambayeque et Lima, où interviennent les partenaires de la RAE Perú, la nécessité d’être solidaire s’est manifestée. Les inondations et les glissements terrain ont causé d’énormes dégâts : des agriculteurs et des agricultrices ont perdu leurs récoltes et leurs troupeaux d’élevage ont été durement touchés. Il fallait donc s’organiser ! Un comité multisectoriel a donc été créé avec des organisations de la société civile œuvrant en agriculture et alimentation, ainsi qu’un regroupement de producteurs et productrices. L’objectif du comité est de proposer des actions humanitaires de réhabilitation et de reconstruction des zones gravement affectées. Par l’entremise de la RAE Perú, l’un des principaux acteurs de ce comité, j’ai été invitée à réfléchir conjointement à des actions que nous pouvons entreprendre en marge de celles réalisées par l’État.

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Des enjeux nutritionnels bien présents

Mon rôle de nutritionniste s’est alors vu élargi à un nouveau pays, soit le Pérou; à une nouvelle expertise, soit le milieu agricole; et à une situation hors du commun, soit l’état d’urgence actuel dans lequel baigne le pays. Une crise alimentaire pourrait survenir à tout moment puisque les récoltes sont gravement compromises. En plus, l’inondation des terres retarde l’ensemencement et limite le transport vers les marchés régionaux, ce qui réduit largement les revenus familiaux. C’est en ayant en tête la boucle de l’insécurité alimentaire que j’ai voulu ajouter mon grain de sel. Les enjeux nutritionnels sont présents à l’échelle mondiale, que ce soit par la dénutrition ou la malnutrition. La disponibilité d’aliments sains qui répondent aux besoins nutritionnels de chacun et chacune, l’accès à ces aliments grâce à des ressources financières suffisantes et à la stabilité de l’offre sont essentiels pour préserver la santé de la population, et particulièrement celle des enfants.

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Crédit photo : Carlos Ly

 Faire sa part comme membre de la société civile

Ce qui ressort de cette première rencontre est la solidarité et la volonté d’agir, peu importe l’ampleur qu’auront les actions posées. Même si je n’ai pas vécu personnellement les inondations au Pérou, je considère qu’il est important de faire sa part comme membre de la société civile. Étant donné les nombreuses pertes agricoles, la survie immédiate des agriculteurs et des agricultrices familiaux dépend de leur possibilité d’écouler rapidement les produits alimentaires épargnés par les inondations. C’est donc en consommant des produits locaux et de saison disponibles dans tous les marchés écologiques de la ville, que nous pouvons les appuyer de manière concrète. Aucun geste n’est un trop petit geste !

– Par Amélie Bertrand, volontaire en nutrition au Pérou

 

Au Québec, la meilleure façon de soutenir les Péruviens et les Péruviennes victimes des inondations est de faire un don.

 

 


Communiqué – Du Pérou à votre assiette avec le chef Mario Navarrete Jr.

 

Montréal, le 29 novembre 2016 – Le 1er décembre prochain à la Tour de Montréal du Stade olympique,  150 convives se laisseront transporter dans un univers péruvien avec le chef renommé Mario Navarrete Jr. Le souper gastronomique, organisé par l’organisme canadien de coopération internationale SUCO, est sous la présidence d’honneur du Consul du Pérou à Montréal, M. Manuel de Cossío Klüver.

Le chef « Au goût du monde » 2016

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Avec son approche nuevo latino et sa cuisine fusion, Mario Navarrete Jr. a séduit plus d’un critique gastronomique. C’est avec cœur et amour pour son pays d’origine que le chef a accepté de se prêter à la cause en cuisinant pour un événement dont les fonds serviront à appuyer un vaste programme de formation en entrepreneuriat jeunesse et agricole au Pérou.

« L’innovation, ce n’est pas la gastronomie péruvienne en soi, mais le fait de replonger dans les savoirs ancestraux et andins et de les faire découvrir au monde. C’est d’expérimenter avec des textures, des couleurs et de combiner les cultures. Il faut ramener cette connexion entre le chef cuisinier, les producteurs, les aliments et enfin, l’environnement. Après tout, la gastronomie nécessite des aliments frais, savoureux, récoltés d’une terre en santé », raconte le chef montréalais.

La culture péruvienne sur la sellette

Sous le thème Au goût du monde, du Pérou à votre assiette, cette première édition mettra en valeur la culture et la gastronomie péruviennes en vogue chez les foodies et reconnues mondialement pour leur richesse et leur diversité. C’est après une montée en funiculaire que les invités pourront déguster un pisco sour et un repas gastronomique avec une vue unique et époustouflante sur la Ville de Montréal.

La soirée sera aussi l’occasion d’en apprendre sur le savoir-faire et l’alimentation au Pérou avec Marianne Lefebvre, spécialiste en nutrition internationale, et le réalisateur montréalais Orlando Arriagada avec son documentaire L’ADN du ceviche. La troupe de danse péruvienne Esencia del Perú animera la soirée avec des chorégraphies traditionnelles et rythmées.

C’est un rendez-vous « Au goût du monde » à ne pas manquer !

Les gens peuvent acheter des billets en ligne au coût de 125 $ (avec reçu d’impôt de 60 $) sur le site Web de SUCO. Cocktail servi dès 17h30 !

À propos de : SUCO – Solidarité Union Coopération, est un organisme canadien de coopération internationale, à but non lucratif, fondé en 1961. SUCO accompagne des communautés à travers des expertises en agriculture durable, en développement local et en entrepreneuriat dans sept pays : Haïti, Honduras, Nicaragua, Pérou, Burkina Faso, Mali et Sénégal.

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Renseignements :
Mélissa Cabana, chargée des relations externes, SUCO
Tél. : 514 272-3019 poste 225 / Cell. : 514-349-4297 / Courriel : melissacabana@suco.org

 

Merci à nos partenaires #augoûtdumonde !

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Un appui d’une extrême importance pour éviter une crise alimentaire en Haïti

 

SUCO reçoit l’appui financier du ministère des
Relations internationales et de la Francophonie du Québec

Avec l’appui financier du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, SUCO pourra assurer la sécurité alimentaire de 3 000 personnes, c’est-à-dire 600 familles vivant dans le sud-est du pays. Ces actions consisteront à réhabiliter les structures de protection des sols, les routes agricoles et les jardins maraîchers afin d’assurer l’accès à des aliments de qualité et en quantité suffisante aux populations touchées.

Sauver la saison agricole en cours pour éviter une grave crise alimentaire

L’ouragan Matthew, le plus puissant à avoir frappé les Caraïbes dans les dix dernières années, a touché très durement l’agriculture dans le sud d’Haïti, l’un des pays les plus vulnérables sur le plan de l’insécurité alimentaire. Il est donc urgent d’intervenir pour sauver la saison agricole en cours. Attendre la prochaine saison en mars 2017 pour restaurer l’agriculture risque d’engendrer une pénurie d’aliments, de provoquer une grave crise alimentaire et d’accroître la dépendance des populations à l’aide extérieure.

Mobiliser les communautés pour assurer la sécurité alimentaire

Les équipes terrain de SUCO et son partenaire local Cercle Divers ont les capacités de mobiliser les équipes de professionnels et les membres des associations paysannes des sections communales, déjà appuyées, autour d’actions pour restaurer l’agriculture.

Le projet permettra d’assurer la sécurité alimentaire des familles de la commune de Marigot en plus de fournir des aliments à la population environnante via la vente des excédents de production sur les marchés locaux.

Les liens essentiels et nécessaires entre l’agriculture et l’alimentation se feront à travers un programme de formation et de sensibilisation à de saines habitudes alimentaires.

« Avec le contenu et les outils d’animation d’un guide alimentaire que SUCO a produit en collaboration avec le ministère de la Santé publique et de la Population en Haïti, des activités de sensibilisation à l’hygiène de base et la nutrition seront réalisées et permettront de diminuer les risques de propagation du choléra dans la commune de Marigot », souligne Michel Sanfaçon, chargé de programme Haïti pour SUCO.

SUCO travaille avec des communautés rurales en Haïti depuis 2001 pour appuyer la production agricole, la transformation de matières premières et la commercialisation des produits alimentaires.

Il reste toutefois encore beaucoup de travail à faire et les dons du public sont toujours utiles pour aider encore plus de familles.


À propos de :

SUCO est un organisme canadien de coopération internationales fondé en 1961, qui a pour mission d’améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales dans les pays en développement. Elle rassemble des personnes pour mettre en commun des savoirs et des ressources en vue de renforcer leur capacité d’action et celle de leur collectivité.

Renseignements :
Mélissa Cabana, chargée des relations externes, SUCO
Tél. : 514 272-3019 poste 225 / Cell. : 514-349-4297 / Courriel : melissacabana@suco.org


Et si un jour, on se tournait vers l’agroécologie à grande échelle…

 

Alors que le Forum social mondial avait lieu il y a quelques semaines sous le slogan « Un autre monde est nécessaire, ensemble il devient possible », j’ai cru bon de revenir sur des pistes de solutions qui, collectivement, nous permettrons de nous nourrir durablement et convenablement, comme je le mentionnais dans l’article « Prendre soin de la terre, c’est prendre soin de la vie ! ». Au fil de mes recherches, je suis tombée sur un récent rapport de l’International panel of experts on sustainable food systems (dont fait notamment partie Olivier De Schutter, ancien rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation) qui analyse plus de 400 études portant sur l’agriculture durable afin de proposer des pistes d’action concrète à grande échelle.

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Une famille d’agriculteurs de la région de Huari au Pérou                                                                   Crédit-photo: Carlos Ly

Ce que le rapport met de l’avant, c’est que c’est tout à fait possible d’effectuer une transition vers une agriculture plus diversifiée et agroécologique. Voici,en rafale, quelques pistes de solutions qui, heureusement, commencent à être mises en place au Québec, comme ailleurs (même s’il reste du chemin à faire !) :

  • Développer de nouveaux indicateurs pour évaluer la « performance » agricole qui permettront de mieux tenir compte des impacts à long terme ;
  • Déplacer les subventions publiques de l’agriculture industrielle vers l’agriculture agroécologique, biologique et diversifiée ;
  • Créer des espaces de dialogue pour les parties prenantes gravitant autour des systèmes agricoles et alimentaires locaux, composés des instances politiques, scientifiques, des représentants de la société civile qui incarnent autant les domaines de la santé, du développement local ou de l’environnement, afin de mettre en place des mesures plus démocratiques ;
  • Miser sur une gestion territoriale des systèmes agricoles (penser aux interactions possibles entre les différents acteurs agricoles et alimentaires au sein d’une région donnée) ;
  • Soutenir l’agriculture familiale et de petite taille (avez-vous un fermier de famille ?) ;
  • Promouvoir le transfert horizontal des savoirs en mode « paysan à paysan » ;
  • Encourager les circuits courts en soutenant les marchés de proximité ou, par exemple, en rendant les produits biologiques et locaux obligatoires dans les institutions publiques comme les écoles, les établissements de santé, etc. ;
  • Mettre les pratiques agroécologiques au cœur des stratégies agricoles, de la recherche agricole et des programmes de formation et d’éducation (jetez un coup d’œil à notre nouveau projet FORMAGRO!) ;
  • Promouvoir, à l’aide de politiques publiques, l’agriculture biologique, les semences anciennes et indigènes et (encore une fois)… les circuits courts !
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    Crédit-photo: Agence Producteurs Locaux Damien Kühn

Des initiatives inspirantes au Québec :

 Finalement, quand je réfléchis au Forum social mondial, je pense que le message principal qui émanait de l’événement était qu’individuellement, nous pouvons contribuer à mettre en œuvre ces solutions. Et justement, pour favoriser le partage d’actions pouvant être prises à l’échelle locale et humaine, SUCO met à votre disposition un générateur d’actions, pour vous inspirer ou pour que vous, vous puissiez inspirer la communauté qui a à cœur l’agroécologie !

Embarquerez-vous dans le mouvement ?

 

 


Agriculture industrielle : le discours de la fausse nécessité ?

 

Cet article fait suite au billet de blogue « Prendre soin de la terre, c’est prendre soin de la vie ! ». Après avoir visionné le documentaire Les Liberterres, présenté par SUCO dans le cadre du Forum social mondial, je me suis intéressée aux facteurs qui empêchent le système agricole industriel de changer, ici comme ailleurs.

Si un grand nombre d’organisations de la société civile, de décideurs, d’entreprises sociales, de chercheurs s’entendent pour dire qu’il faut revoir le système qui sous-tend l’alimentation moderne, pourquoi se fait-il que le changement ne s’amorce pas plus vite ? Quels sont les facteurs qui ont un impact sur la lenteur du changement ? Certes, il est évident que l’aspect économique demeure au cœur de la question. Les consommateurs veulent des aliments à bas prix, accessibles à longueur d’année, et les producteurs s’adaptent à cette demande, en raisonnant à court terme et en considérant exclusivement le profit économique. Outre le facteur « offre et demande », le lobby agroalimentaire pèse aussi énormément. Ce sont tous les acteurs de la chaîne qui se mobilisent pour maintenir leur pouvoir et protéger leurs intérêts.

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Crédit-photo: freestocks.org

 

S’endetter, exporter, répéter

La fin du 19e siècle a vu naître le modèle d’agriculture industrielle, alors que les innovations technologiques comme le train ou l’entreposage des céréales nous ont permis de réaliser que nous pouvions exporter nos surplus de production agricole. Et petit à petit, nous nous sommes tournés vers des cultures de spécialisation pour être compétitifs, pour nourrir à moindre coût les villes qui se développaient et pour répondre aux gouvernements qui dirigeaient leurs politiques agricoles et commerciales vers ce modèle prometteur. Ce mode de production, pour être rentable et compétitif, vient avec son lot d’intrants chimiques et de machineries de dernière pointe. Qui dit intrants, dit coûts élevés, et endettement. L’orientation croissante de l’agriculture vers le commerce international demeure à ce jour un des principaux freins au développement de l’agroécologie à grande échelle. Alors que l’avantage comparatif (par exemple notre climat, les conditions du sol) devrait sous-tendre notre capacité à nous spécialiser, une multitude d’incitatifs financiers ont été offerts aux agriculteurs et agricultrices afin de pouvoir soutenir cette expansion. Or, dans bien des cas, la spécialisation « régionale » va à l’encontre des ressources disponibles localement. Nous n’avons qu’à penser à l’exemple de la culture intensive des amandes en Californie qui est dénoncée par plusieurs comme étant en partie responsable de la sécheresse qui s’abat sur la région (les amandiers consomment jusqu’à quatre fois plus d’eau que les cultures traditionnelles de la vallée ou ils poussent !).

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Crédit-photo: Nicole Harrigton

 

Manger beau, pas si sain, pas cher du tout, tout de suite

Parallèlement au développement de l’agriculture industrielle, ont vu le jour les chaînes « grande surface » de distribution alimentaire et des gammes de produits transformés, pré-préparés et presque prémâchés (!) adaptés à ce qu’on aime appeler la « vie moderne ». Et cette demande pour les produits transformés s’appuie sur la production intensive de matières premières à faible coût (maïs, blé, etc.) et ainsi de suite… La boucle est sans fin ! Ajoutons à cela une consommation accrue de viande qui, elle, nécessite aussi que l’on produise de façon intensive du fourrage pour le bétail… Et hop, la roue tourne. Et nous voilà devant un autre frein à l’avènement de l’agroécologie à grande échelle. Et ce n’est pas fini, puisque l’on voit les pays émergents adopter les habitudes alimentaires occidentales qui soutiennent cette roue.

Prévalence du court terme et du retour sur investissement

Je le mentionnais précédemment, le système agricole industriel actuel a été largement appuyé par la mise sur pied de politiques, mais aussi par le secteur privé qui a encouragé la production de variétés à haut rendement et résistantes à tout type de risque (bref, des plantes 4×4 !). Et ces intérêts politiques et financiers sont guidés par des solutions à court terme. En effet, on s’entend pour dire qu’une société cotée en bourse ne sera pas très intéressée à investir dans des changements à long terme qui rapporteront des dividendes uniquement dans 5 ou 10 ans aux actionnaires !

Dans un autre ordre d’idée, si l’agriculture industrielle est aussi « performante » aujourd’hui, c’est aussi grâce à toute la recherche qui a été faite dans le secteur. Or, la plus grande partie des travaux en recherche et développement a été graduellement privatisée au détriment de la recherche faite par le secteur public. Et si les grandes entreprises financent la majeure partie de la recherche agricole, c’est bien pour servir leur propre agenda ! Pour faire réellement avancer la recherche et engendrer un changement durable, il faudra construire davantage de ponts entre les disciplines qui entourent l’agriculture. Il est maintenant temps pour les États d’investir à nouveau dans le secteur agricole de façon holistique et de songer aux prochaines réformes qui favoriseront l’agroécologie.

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Crédit-photo: Érik Tremblay

Il était une fois l’histoire d’une planète qui devait nourrir…

La sécurité alimentaire est un des mots d’ordre des décideurs à travers le monde, sécurité alimentaire atteinte en augmentant la production alimentaire. Et le modèle agricole industriel a longtemps semblé être LE moyen d’y parvenir rapidement et efficacement. « Donc, les politiques agricoles ont aussi été largement orientées vers la production intensive et les monocultures afin de subvenir aux besoins caloriques des plus affamés, en plus d’avoir répondu à des exigences liées au commerce international. ».Toutefois, le problème du discours sur la sécurité alimentaire est qu’il est toujours orienté vers les mêmes acteurs que ceux de la révolution agricole industrielle comme porteurs de solutions, alors que d’autres pistes s’offrent à nous. Un autre élément qu’on a vu apparaître pour nuancer le discours adjoignant agriculture industrielle et sécurité alimentaire a été l’avènement de termes comme « intensification durable » ou « agriculture climato-intelligente » (une belle façon de rendre les monocultures plus vertes dans le marketing les entourant !).

Pour qu’une stratégie de sécurité alimentaire durable puisse être mise en place, il faudrait changer la façon dont on analyse le monde agricole, soit en silo. Par exemple, il faut adopter de nouvelles manières de mesurer les rendements agricoles et considérer aussi le « profit » écologique et social. En effet, si l’on mesure les rendements d’un système agricole uniquement à l’aune de sa production annuelle, à court terme, l’agriculture industrielle semble une option viable. En revanche, si l’on considère parmi les rendements la préservation de la qualité du sol et de la biodiversité, l’impact nutritionnel et sanitaire des pratiques agricoles et les pollutions engendrées, l’agroécologie semble l’option la plus efficiente.

En conclusion, je trouve que le discours actuel souligne à juste titre la nécessité de penser à la sécurité alimentaire (je ne dis pas le contraire). Cependant, il ne s’attaque pas aux causes réelles du problème : à quel endroit et par qui la nourriture en quantité suffisante doit être produite. Trop souvent, on esquive la question de l’agriculture familiale comme mode de résilience en contexte d’insécurité alimentaire. Ce sujet, j’y reviendrai dans un prochain article !

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Famille d’agriculteurs de la région de Huari au Pérou                                                            Crédit-photo: Carlos Ly

La coopération volontaire, un enrichissement inestimable

 

Vue sur la coopération volontaire

Le mandat pour lequel je me suis engagée ici au Sénégal fait partie du Programme de coopération volontaire (PCV) financé par Affaires mondiales Canada, auquel SUCO participe. L’objectif est de recruter des professionnels afin d’appuyer, soutenir et former des partenaires locaux en vue d’améliorer les conditions socio-économiques des populations locales en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes. J’ai donc décidé de m’engager dans le programme de SUCO et travailler de près avec un de leurs partenaires du Sud. Mon choix s’est arrêté sur cet organisme de coopération internationale pour deux raisons : leur approche de proximité et leur expertise en agriculture durable. Bien entendu, le terme volontariat signifie un engagement personnel, respectant des valeurs de solidarité et de partage, une mise à profit de nos connaissances, énergies, aptitudes envers les partenaires locaux, mais aussi une forme de « travail » qui n’est pas conventionnelle et qui nous amène vers une vision autre du système dans lequel on a l’habitude de s’insérer.

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Bien que le volontariat ne soit pas lucratif au sens où on l’entend généralement, il apporte à tout un chacun une richesse qui est inestimable : découverte d’autres cultures, croyances et systèmes de valeurs, remise en question, réflexions sur sa réalité et son rapport à soi-même. Cette expérience nous apporte également un enrichissement qui nous suivra pour le reste de nos jours, nous permettra de mieux nous interroger sur les enjeux actuels et ainsi devenir de meilleurs citoyens. L’idée d’investir mes efforts au Québec reste une priorité, et je suis convaincue que le bagage que je rapporterai avec moi pourra contribuer à un réel changement dans un futur rapproché.

Alors qu’en est-il du mandat ?

Pour la prochaine année, j’accompagnerai La Centrale d’achat de Touba Toul, une association créée en 2005 par la volonté des producteurs de la commune de prendre en charge leurs propres besoins de développement agricole, afin de les appuyer dans la recherche de solutions durables à leurs problèmes de productivité et ainsi soutenir le développement d’une agriculture performante et viable. Réunissant 16 575 producteurs et productrices provenant de 53 villages de la commune de Touba Toul, l’association a pour mission d’offrir à ses membres des services d’appui à la production agricole afin de leur permettre de faire face aux nombreuses difficultés qu’ils rencontrent. Le partenariat entre la Centrale d’achat de Touba Toul et SUCO a débuté en 2015 avec l’arrivée d’une première volontaire qui a accompagné la Centrale dans la réalisation d’un diagnostic organisationnel et la création d’un plan stratégique quinquennal. Cette première étape était cruciale, tant pour le partenaire que pour SUCO, afin d’avoir une idée claire de la situation actuelle et des mesures correctives à envisager pour le futur. Elle a également permis de mesurer la motivation du partenaire et le bien-fondé de la démarche. Il ne m’a fallu que très peu de temps pour comprendre les raisons qui ont motivé SUCO à entretenir le partenariat avec la Centrale d’achat de Touba Toul et rédiger un second mandat pour mettre en action les activités prévues dans le plan stratégique par la première volontaire.

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Me voilà donc dans la région de Thiès, à réaliser mon propre diagnostic de la situation, observer les méthodes de travail du partenaire et comprendre leurs réels besoins. Je tenterai de m’insérer au mieux à travers leurs diverses activités afin de leur offrir le meilleur accompagnement possible dans la réalisation de leurs objectifs pour l’année 2016-2017. À cela s’ajoute la découverte de l’autre et l’intégration au groupe, qui se fait petit à petit, chaque jour, avec une bonne dose d’ouverture et d’humilité.

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Un accompagnement axé sur le renforcement de capacités

L’optique de mon accompagnement est de renforcer les capacités des membres de l’association dans une optique de durabilité. Mon objectif, et celui de SUCO, est de travailler de sorte à ce que le partenaire devienne autonome et qu’éventuellement, notre soutien ne soit plus nécessaire. La démarche envisagée est celle d’un accompagnement de proximité et d’une co-construction d’outils en lien avec les actions posées. Avec un partenaire qui a opté pour une division du travail selon les projets en cours, j’aurai la chance de travailler avec de petites équipes, les soutenir dans les étapes de gestion d’un projet et les amener à réfléchir pour mieux organiser le travail. Avec peu de moyens, et beaucoup d’idées, nous avons beaucoup de pain sur la planche. Mais cette motivation, de source encore inconnue, dont fait preuve ce partenaire sénégalais m’étonne encore après 2 mois et me convainc que tout est possible.

À suivre !

Par Katherine Tardif, volontaire au Sénégal

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L’union fait la force

 

 Un peu de panela ganulada dans votre refresco ?

La famille hondurienne moyenne consomme entre 3 et 4 livres de sucre par semaine. C’est une pratique commune de préparer ses propres « refrescos », ou jus de fruits, et d’y ajouter une grande quantité de sucre. Les entreprises de sucre blanc raffiné ou encore de sucre brun possèdent une très grande part de ce marché dans ce pays, alors qu’il existe une alternative traditionnelle, agroécologique et beaucoup moins néfaste pour la santé : le sucre de canne non raffiné, localement appelé « panela granulada ». En effet, ce produit qui s’apparente visuellement au sucre brun contient les vitamines et minéraux présents naturellement dans la canne à sucre, et est absorbé plus facilement par l’organisme que le sucre raffiné. L’Association de producteurs et productrices de canne à sucre de Tulanguare (APROCATY), légalement formée en 2009 dans la région de Yoro grâce à la campagne de conscientisation menée par la Red COMAL, organisation partenaire de SUCO, s’est donné comme défi d’industrialiser la production de cet aliment et de le commercialiser à travers le pays, selon les principes de l’économie solidaire. La Red COMAL promeut un modèle économique où existent des principes éthiques, et où la nature est protégée.

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Le transport de la canne à sucre

 

La force d’un réseau basé sur l’économie solidaire

Doña Zoila, productrice et membre de l’association depuis sa création en 2009, cultive plusieurs aliments sur ses terres comme le maïs, les fèves, le café, et bien sûr, la canne à sucre. Cette dernière est d’une importance cruciale puisqu’on peut en faire un usage varié. En effet, la canne à sucre est utilisée comme édulcorant, combustible et nourriture pour les animaux. De plus, les récoltes ont lieu tout au long de l’année. Doña Zoila vit dans une communauté où le climat est idéal pour cultiver cette plante ce qui fait qu’elle n’a pas besoin d’y ajouter d’engrais. Malgré cela, la culture de la canne à sucre n’a pas toujours été facile dans cette région. Avant le projet d’usine de production de la panela, Doña Zoila nous explique qu’il était très difficile de vendre les récoltes en raison de la forte compétition et des maigres revenus qu’elles rapportaient, et que ceux et celles qui s’aventuraient à produire leur propre panela devaient y investir jusqu’à trois jours de leur temps par cycle de production, et ce pour obtenir une maigre quantité. Depuis que les producteurs et productrices de la région travaillent ensemble au sein de l’association, ils n’ont qu’à récolter la canne à sucre et la livrer à l’usine.  Dona Zoila est particulièrement fière de faire partie d’un réseau basé sur l’économie solidaire: « La force est dans l’union, puisque nous résolvons les problèmes ensemble. Ceci est notre rêve, à nous les producteurs et productrices. L’économie solidaire nous garantit que les gains restent dans la communauté, et nous assurent un revenu tout au long de l’année ».

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Dona Zoila

Même son de cloche auprès de Jorge Santiago Rodriguez, producteur et administrateur d’une usine de transformation. Il est d’ailleurs responsable des opérations quotidiennes de l’usine. Il nous explique l’importance de l’organisation et de la mise en commun des activités de production : « non seulement la centralisation de la transformation mène à de meilleurs revenus pour les familles, mais elle offre également des opportunités d’emplois à plusieurs jeunes de la région. » Selon lui, le processus d’intégration à un réseau solidaire a fait naître une nouvelle conscience chez les membres, qui sont maintenant plus que jamais motivés à travailler ensemble et à continuer à investir leurs efforts dans la production d’un aliment sain et écologique. Bien sûr, l’APROCATY fait face à plusieurs défis, notamment le transport de la canne à sucre des terres plus éloignées jusqu’à l’usine, et qui se fait au moyen de charrettes tirées par des bœufs. La solution envisagée par le jeune homme, qui consiste à mettre sur pied des groupes bien organisés à qui incombera la responsabilité des récoltes et du transport, démontre sa confiance en la force de l’union.

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Jorge Santiago Rodriguez

Une nouvelle stratégie de commercialisation de la panela

Les succès démontrés par Doña Zoila et Jorge sont possibles grâce au vaste travail de mobilisation réalisé par la Red COMAL, un réseau national de producteurs et productrices agricoles, qui a formé ses membres au niveau du leadership local, la gestion de projets, la vie communautaire, l’incidence politique, les pratiques agricoles agroécologiques, l’hygiène et la sécurité, ainsi que la philosophie de l’économie solidaire. C’est grâce à ces formations que les familles productrices ont décidé de former leur propre association. SUCO appuie la Red COMAL en renforçant ses capacités dans les domaines de la commercialisation et de la promotion, notamment à travers l’élaboration d’une toute nouvelle stratégie de commercialisation de la panela. Lors de votre prochaine visite au Honduras, prenez le temps d’y goûter et vous ne serez pas déçus, ce sont Doña Zoila son collègue Jorge qui vous le disent !

 Par Catherine Perras, ancienne stagiaire PSIJ en commercialisation au Honduras

 

Le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.


Alicia et la fleur de Huaganku

 
Alicia Chávez et ses trois enfants – Ocshapampa Crédit-photo : Lauriane Beaulieu

 

Agricultrice et productrice de fromage, Alicia Chávez vit dans la communauté d’Ocshapampa, située dans la partie alto-andine de Huari. La famille d’Alicia fait partie des nombreuses familles bénéficiaires du projet de fromageries artisanales familiales démarrées en 2010 par SUCO et Allpa, partenaire local à Huari. La fromagerie est une petite pièce très modeste, souvent annexée à la maison, équipée d’une petite table, d’une cuisinette à gaz ou à bois et d’une étagère pour entreposer le matériel et les fromages. Ce sont principalement les femmes qui produisent le fromage. Cela leur permet d’acquérir une très grande autonomie, car elles participent désormais à l’économie familiale en gagnant un revenu avec la vente de leurs produits. Ces femmes ne sont plus seulement confinées aux tâches ménagères, à la cuisine et au soin des enfants. Elles possèdent un travail qui leur permet de développer de nouvelles compétences et qui leur procurent un revenu.

Depuis 2011, la famille d’Alicia possède sa propre fromagerie. À travers les formations et les ateliers sur l’élaboration de fromage frais donnés par Allpa, Alicia a commencé à produire du fromage artisanal pour sa consommation personnelle et celle de sa famille. Elle a, par la suite, commencé à vendre une partie de sa production afin d’en tirer des bénéfices. La production de fromage artisanal ne représente pas seulement une source de revenus pour les familles, mais également une source nutritive d’alimentation. La production hebdomadaire d’Alicia dépend de la quantité de lait fournie par ses vaches laitières. Elle dépend également de nombreux éléments comme la santé des animaux, les pâturages et l’installation de systèmes d’irrigation. Alicia possède huit vaches, dont deux qui sont laitières. Lorsque la production de lait est insuffisante pour produire du fromage, Alicia achète du lait à une voisine. La production de fromage n’est donc pas uniquement bénéfique pour les familles productrices, mais également pour les familles qui produisent seulement du lait. C’est un cercle vertueux qui est créé dans la communauté. Alicia produit environ une dizaine de fromages par semaine, dépendamment de la quantité de lait disponible. Une partie de sa production est consommée par son mari et ses trois enfants, et l’autre est vendue dans sa communauté et au marché local de Huari.

 

Fromage frais artisanal « Jallga Queso » Crédit-photo : Julia Steiner

 

Alicia est l’une des premières femmes fromagères à recevoir la certification pour utiliser la marque locale « Jallga Queso ». Cette marque fut créée en 2012 par les familles rurales des communautés andines avec l’appui d’Allpa et de SUCO. Sur la vingtaine de familles productrices de fromage avec lesquelles travaille Allpa, seules cinq sont certifiées, dont celle d’Alicia au début 2013. Cette certification assure entre autres, un niveau de qualité du produit et son attribution fait l’objet d’une évaluation. Le fromage d’Alicia a donc une particularité, une image y est gravée : une vache, la fleur de Huaganku (fleur typique de Huari), une rivière et des collines, pour représenter la région. Ces quatre éléments représentent le logo de la marque. Cela permet de différencier le « Jallga Queso » des autres fromages mis en vente et d’assurer la qualité du fromage vendu.

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Alicia Chávez – fromagerie artisanale Crédit-photo : Lauriane Beaulieu

 

Grâce au projet des fromageries familiales, Alicia a développé des compétences dans la production de fromage frais et dans la conservation de pâturage pour ses animaux. Elle participe à toutes les réunions mensuelles qui ont lieu dans sa communauté et continue d’assister à des formations sur l’élaboration de fromage donné par Allpa. Produire du fromage lui permet d’avoir plus d’autonomie, lui procure un travail qu’elle aime et lui permet de rapporter un revenu à sa famille. Les femmes que j’ai rencontrées lors de mes visites dans les communautés rurales démontrent toutes beaucoup de motivation et d’enthousiasme dans l’apprentissage du processus de production et dans le développement de leurs compétences. Alicia fait partie des meilleures productrices avec lesquelles travaille Allpa. C’est un modèle pour les femmes de sa communauté qui rêvent d’avoir une fromagerie et qui aspirent à être formées sur les techniques de production du fromage. Pour sa part, Alicia aspire à la création d’une association de productrices de fromage pour la production et la vente. C’est également l’un des rêves d’Allpa, qui étudie et analyse cette possibilité depuis quelques années.

Par Lauriane Beaulieu, ancienne volontaire (programme PSIJ) au Pérou.

Le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

 

 


Faites le tour du monde avec Ngoné

 

Ngone-Diop-Niang

Ngoné DIOP NIANG s’implique dans le quartier de Keury Kao là, dans la ville de Thiès où elle vit avec sa famille. Avec un groupe de femmes du quartier, elle participe à la tontine qui permet tour à tour aux femmes d’avoir un petit revenu leur permettant de réaliser certains projets.

 

Ngoné est aussi la gérante du marché biologique du REFABEC qui est un réseau de femmes appuyé par des volontaires de SUCO en ce qui concerne le renforcement organisationnel et économique. Ngoné qui a débuté son poste de gérante du marché biologique en 2015, a été accompagnée par une volontaire de SUCO sur une période de trois mois. Des formations lui ont aussi été dispensées en commercialisation et renforcement économique.

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Ngoné travaille principalement trois jours au marché du REFABEC et le fait d’avoir été choisie afin d’être la gérante du marché biologique est l’accomplissement dont elle est le plus fière. Pour elle, cela représente un immense progrès dans sa vie.. En effet, avant d’être gérante du marché, elle tenait un petit commerce dans son quartier (vente de produits hygiéniques et ménagers) qui ne fonctionnait pas très bien. Les habitants du quartier lui prenaient en effet les produits à crédit et elle avait du mal à se faire rembourser. Avec le marché, elle possède plus de responsabilités, apprend de nouvelles choses et ses capacités sont renforcées. De plus, cela lui permet de rencontrer de nouvelles personnes en plus d’acquérir un meilleur revenu quand le marché fonctionne bien.

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Au début, Ngoné a rencontré quelques obstacles qui ne l’ont pas empêché de continuer. Que ce soit au niveau de l’approvisionnement du marché, ou encore de périodes plus creuses en matière d’affluence ou même en ce qui concerne les prix qui ne cessent d’augmenter, elle a réussi à ne pas se décourager et à continuer malgré tout. Elle possède d’ailleurs l’appui de sa famille et plus particulièrement celle de son mari et de sa belle mère. Cette dernière qui est elle aussi membre du REFABEC, se rend elle aussi au marché pour vendre des légumes.

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Son plus grand souhait pour l’avenir? Que le marché biologique du REFABEC se développe de plus en plus. En effet, plus le marché génère des profits, et plus les femmes qui y vendent leurs produits, Ngoné y compris, ont l’opportunité de se partager de plus grosses recettes. Pour Ngoné, ce serait l’occasion de pouvoir construire une maison pour sa famille et continuer d’assurer la scolarisation de ses enfants.

Par Ginette Imboua, conseillère en développement organisationnel et genre et représentante SUCO au Sénégal

Faites un don et donnez vie à d’autres projets d’agriculture durable !

35$

fournit des semences pour une terre agricole familiale.

50$

procure à une famille les semences et les outils pour démarrer un jardin maraîcher.

75$

permet l’achat d’une chèvre qui sert d’investissement pour nourrir une famille de 5 personnes.

150$

permet d’acheter 150 plantules (graines germées) pour planter des arbres fruitiers.

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