Une odeur d’espoir au cœur des déchets

 

La rencontre

Dès les premiers instants de notre visite au centre écologique El Ombu, nous savions que cette rencontre allait grandement inspirer le déroulement de nos activités de sensibilisation à la gestion des matières résiduelles auprès de la population de Caraz, cette ville perchée dans la cordillère des Andes péruviennes.

El Ombu, qui tire son nom d’un arbre gigantesque qui pousse précisément dans cette région de la ville, est un site de tri des déchets domestiques où moins de dix employés travaillent afin d’améliorer la gestion des déchets de la municipalité. Créé en 2004 dans le but de remplacer ce qui n’était au départ qu’un dépotoir, ce site est aujourd’hui l’endroit où l’ensemble des résidus générés par les citoyens et citoyennes est envoyé.


Les quelques hommes qui nous accueillent sont souriants et solennels. Le chef du centre écologique, Huoman Milla Nelson Julio, se présente ainsi que ses collègues. Après un discours d’accueil chaleureux, comme le font si bien les Péruviens jusqu’à présent, il nous fait visiter le terrain et ses différentes sections, et nous révèle avec assurance le déroulement de leurs activités ainsi que les dessous du métier.

La fierté est ressentie à travers les paroles et les gestes de Nelson. Il y travaille depuis plus de dix ans et aucun détail ne lui échappe. Ses réponses sont celles d’une personne qui demeure positive concernant l’avenir du site, et ce, malgré les difficultés apparentes d’un tel travail. Après tout, avec la quantité de déchets domestiques qui augmente au rythme de l’accroissement de la population, leur travail se révèle plus essentiel que jamais. C’est d’ailleurs leur motivation première, celle d’exercer un métier nécessaire pour la ville de Caraz, mais aussi pour un environnement sain.

 

La visite

Chaque jour, une grande quantité de déchets est acheminée au centre. C’est alors que le travail des employés commence. Puisqu’il n’y a aucun système de tri en place dans la ville de Caraz et ses alentours, un fastidieux travail de séparation des résidus est entrepris par les travailleurs. Les ordures sont séparées en plusieurs monticules de déchets sur le site. Les résidus organiques sont séparés des résidus solides, eux-mêmes divisés en plusieurs catégories : les bouteilles de plastique, le plastique mou, le plastique dur, le métal, le papier, les déchets dangereux et les déchets ultimes.

En ce qui concerne les résidus organiques, ils sont d’abord rassemblés et séchés au soleil pour former le compost du site, dont une partie est offerte aux écoles de la région. Les déchets organiques restants sont quant à eux entreposés pour une période de six mois dans de grands bacs rectangulaires arrosés à l’occasion où y grouillent des vers de terre. À la fin du processus, le contenu des bacs est tamisé afin d’obtenir un humus pur. Cet humus est vendu aux paysans et aux paysannes des campagnes environnantes.

Pour ce qui est des résidus solides, une entreprise de recyclage de Lima les achète et les recycle. Un camion passe régulièrement au centre de tri afin de collecter certains des déchets solides selon les besoins fluctuants de la compagnie.

 

Tout ce travail méticuleux est réalisé par les travailleurs du lundi au samedi, de 6 h à 14 h. Cet horaire a été déterminé principalement en raison des contraintes météorologiques. Par exemple, le vent qui se lève en fin d’après-midi rend le tri beaucoup plus difficile, voire irréalisable.

Le travail des employés comporte son lot de difficultés. L’espoir de voir leur travail se simplifier se lisait dans leurs regards alors qu’ils nous partageaient leurs défis quotidiens. Leur premier souhait serait de pouvoir acquérir des machines permettant de déplacer et de compacter les déchets. Faute de budget, tout le travail est actuellement réalisé à la main, et ce, par un nombre déficient d’employés. Puisque le temps et les moyens manquent pour tout trier, ils nous ont également fait part de leur désir de la mise en place d’un système permettant de trier les résidus solides des matières organiques dans la ville de Caraz. Ce système permettrait d’éviter que les déchets se contaminent entre eux et ainsi d’obtenir des déchets comportant moins d’impuretés. Une conscientisation de la population à la séparation des déchets ainsi qu’un système sélectif de collecte des ordures faciliteraient énormément leur travail.

L’un des aspects les plus dangereux de leur travail est le fait qu’ils soient en contact avec des déchets pouvant porter atteinte à leur santé. À titre d’exemple, une grande quantité d’aiguilles se retrouve dans les sacs à ordures. Il serait également intéressant que les citoyens et les citoyennes fassent un tri préalable des déchets dangereux. Il s’agirait d’une avancée importante et fortement souhaitée de la part des employés. Ils estiment que le moment le plus décourageant de leur travail est lorsque le camion d’ordures déverse son contenu au centre écologique. Cela rappelle aux employés les longues heures qu’ils devront passer à trier la montagne de déchets qui se présente à eux. Néanmoins, ils estiment que leur amour de la terre et des champs facilite leur travail. Ils semblent soudés par cet amour de la campagne, mais également par les nombreuses heures de dur labeur qu’ils passent à s’entraider et à réaliser un travail qui en effraierait beaucoup par son ampleur.

 

 

La morale

C’est avec l’ambition d’aider ces employés dans leur travail que nous avons quitté le centre écologique. Les liens entre leur métier et notre projet sont équivoques. Souvent, nous ont-ils rappelé le besoin criant de sensibiliser les citoyens et les citoyennes de Caraz à l’impact de leurs déchets domestiques sur l’environnement. En espérant réussir, tout au long de notre projet, à mettre en valeur leur travail et à rendre hommage à ces employés essentiels au bien-être collectif.

Par Arianne Provost-Savard, Jeanne Lavallée, Marie-Alexandre Forest, Maude Normandin-Bellefeuille, Noémie Lévesque, Noémie Pelletier Deschamps et Rachel Benoit

 

 

 

 


Nouvelle direction générale à SUCO

 

 Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate

Nouvelle direction générale à SUCO

Montréal, le 28 mai 2018 – Le président du conseil d’administration, monsieur Claude Provencher, a le plaisir d’annoncer l’entrée en fonction de madame Geneviève Giasson à titre de directrice générale de SUCO.

Madame Giasson est une gestionnaire aguerrie et une spécialiste des questions de développement local et régional. Avant d’assumer ses fonctions chez SUCO, elle a cofondé et dirigé Communagir, une organisation soutenant de nombreuses démarches et projets collectifs dans l’ensemble du Québec. Elle a aussi agi à titre-conseil auprès de divers acteurs et actrices en matière de développement territorial, de participation citoyenne, d’empowerment, de lutte contre la pauvreté, d’entrepreneuriat social et de gestion collaborative.

Elle possède une longue expérience dans le secteur public et celui des ONG où elle a développé et géré différents projets et programmes. Certaines de ses réalisations sont aujourd’hui reconnues comme des innovations importantes. C’est le cas du cadre de partenariat et de financement des tables de quartier montréalaises, qui a inspiré plusieurs autres initiatives au Québec et à l’étranger.

Sur le plan de la coopération internationale, madame Giasson a travaillé au Niger pour le compte d’Oxfam-Québec et du CECI à la mise sur pied de projets d’économie sociale et en appui organisationnel à des réseaux de défense des droits humains et des femmes. Elle a également été accompagnatrice de stagiaires Québec sans frontières. Elle possède une formation de premier cycle en communication et en psychologie de l’Université du Québec à Montréal, ainsi qu’une maîtrise en études urbaines de l’Institut national de la recherche scientifique.

« Le choix de Geneviève s’est avéré clair pour le conseil d’administration », affirme son président, monsieur Claude Provencher. « Elle nous amène un leadership humain et rassembleur ainsi qu’un talent indéniable de gestionnaire. Ses valeurs et ses expériences passées s’harmonisent parfaitement aux valeurs et aux champs d’intervention de SUCO. L’arrivée de Geneviève est un atout considérable et nous sommes très fiers de la savoir à la barre de l’organisation. »

Madame Giasson souligne pour sa part qu’en se joignant à l’équipe de SUCO, c’est une boucle qui se referme et une autre qui s’ouvre : « Toute ma carrière est traversée par un profond engagement pour la solidarité humaine et le développement durable. J’aspire aujourd’hui à mettre ma capacité d’entrepreneure sociale et de rassembleuse au service de la mission de SUCO et des personnes qu’elle appui. J’apporte mes compétences et mon expérience, mais je suis certaine que j’apprendrai également beaucoup. Cela m’enthousiasme énormément !  »

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À propos de SUCO
SUCO est un organisme de coopération internationale fondé en 1961. Il réalise des projets de développement durable visant à renforcer l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités dans six pays : Burkina Faso, Haïti, Honduras, Nicaragua, Pérou et Sénégal. L’expertise de SUCO se situe principalement dans les domaines de l’agriculture durable, du développement local, de la mobilisation citoyenne et de l’entrepreneuriat rural.

Renseignements :
Geneviève Giasson
Directrice générale, SUCO
genevievegiasson@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 232

 

 


Nomination d’une directrice générale par intérim à SUCO

 

Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate

 

Montréal, le 21 septembre 2017 – Le président du conseil d’administration de SUCO, M. Claude Provencher, annonce la nomination de Mme Linda Gagnon à titre de directrice générale par intérim à compter du 20 septembre 2017, jusqu’à l’entrée en fonction de la prochaine personne titulaire du poste.

Chargée de programme depuis 2006 à SUCO, Mme Gagnon travaille plus spécifiquement sur les questions liées à l’égalité entre les femmes et les hommes, l’agriculture durable et l’environnement. Elle est d’ailleurs l’instigatrice de l’approche agroenvironnementale de SUCO. Mme Gagnon a travaillé durant plus de 16 ans en Amérique latine (Bolivie, El Salvador et Nicaragua) en tant que représentante et gestionnaire de programmes pour divers organismes de coopération internationale. Au Guatemala, elle a pris part à la mission de paix des Nations Unies comme vérificatrice des accords de paix, spécifiquement ceux liés aux conflits agraires, de travail, de liberté syndicale et d’association. Elle a été membre de plusieurs conseils d’administration d’organismes communautaires.

 

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À propos de SUCO
SUCO est un organisme de coopération internationale fondé en 1961. Il réalise des projets de développement durable visant à renforcer l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités dans sept pays : Burkina Faso, Haïti, Honduras, Mali, Nicaragua, Pérou et Sénégal. L’expertise de SUCO se situe principalement dans les domaines de l’agriculture durable, du développement local, de la mobilisation citoyenne et de l’entrepreneuriat rural.

 

Renseignements :
Mélissa Cabana
Chargée des relations externes, SUCO
melissacabana@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 225


Programme de coopération climatique internationale

 

SUCO et Réseau Environnement sont fiers d’annoncer un partenariat pour un projet de résilience climatique au Sénégal

Communiqué
Pour diffusion immédiate

Montréal, le 29 août 2017 – SUCO et Réseau Environnement sont fiers d’annoncer un nouveau projet qui place la lutte aux changements climatiques au cœur de la gouvernance locale du Sénégal. Le projet aura un impact direct sur 7 694 familles de six communes du plateau de Thiès.

Former et accompagner pour s’adapter au climat

Le Sénégal fait déjà face à de nombreux défis reliés aux changements climatiques. Le projet Dund ak Kéew bi, qui signifie « vivre longtemps avec l’environnement » en wolof, s’inscrit dans la suite d’une série d’actions de mobilisation citoyenne réalisée par le Groupe de recherche et d’appui aux initiatives mutualistes (GRAIM), organisation partenaire de SUCO au Sénégal.

Pour répondre à des enjeux liés à la décentralisation de l’état, SUCO et Réseau Environnement s’engagent dans une démarche de renforcement des capacités des communes afin de mettre en œuvre des plans environnementaux locaux et d’expérimenter des solutions durables.

« Ce qui m’enthousiasme le plus dans ce projet, c’est l’intégration des membres de la population du plateau de Thiès comme acteurs et actrices de leur développement. Grâce à des communes mieux outillées, des femmes, des hommes et des jeunes participent aux réflexions et aux actions pour affronter leurs défis quotidiens, comme l’accès à l’eau, la qualité des sols et la gestion de la forêt », souligne Richard Veenstra, directeur général de SUCO.

L’expertise d’ici au service de la coopération internationale

L’expertise de SUCO permet d’aborder les questions d’agriculture durable et de développement économique local. La mobilisation des experts québécois membres de Réseau Environnement permettra de créer des liens de solidarité et de donner accès aux technologies propres développées ici.

« L’idée de mettre l’expertise et le savoir de nos membres, tant les municipalités que les entreprises en environnement, au service de ce projet de coopération internationale m’enchante particulièrement », souligne Jean Lacroix, président-directeur général de Réseau Environnement.

Le projet valorise le partage de connaissances et la réciprocité. La collaboration avec Réseau Environnement permettra de mettre l’expertise du Québec en environnement au service des populations sénégalaises. « Que ce soit en matière d’adaptation aux changements climatiques, de gestion de l’eau, de biodiversité, ou de gestion des matières résiduelles, un tel transfert de savoir et de bonnes pratiques aura assurément pour effet de renforcer les capacités des Sénégalais. Et c’est dans une optique bidirectionnelle que nous l’envisageons, sachant que les membres de Réseau Environnement gagneront, eux aussi, à s’approprier l’expertise africaine », conclut M. Lacroix.

Ce projet bénéficie d’un soutien financier de 998 238 $ du programme de coopération climatique internationale du Québec issu du Fonds vert. De plus, Affaires mondiales Canada, par le biais de son programme de coopération volontaire, apporte un soutien financier de 261 667 $.

À propos de SUCO
SUCO est un organisme de coopération internationale fondé en 1961. Il réalise des projets de développement durable visant à renforcer l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités dans sept pays : Burkina Faso, Haïti, Honduras, Mali, Nicaragua, Pérou et Sénégal. L’expertise de SUCO se situe principalement dans les domaines de l’agriculture durable, du développement local, de la mobilisation citoyenne et de l’entrepreneuriat rural.

À propos de Réseau Environnement
Réseau Environnement est un organisme à but non lucratif représentant plus de 2 700 membres experts en environnement au Québec. Il est l’initiateur et l’organisateur d’AMERICANA et du Salon des technologies environnementales du Québec, publie la revue Vecteur Environnement et prend position sur des questions touchant à de nombreux secteurs d’activité, tels que l’eau, l’air, les changements climatiques, les matières résiduelles, les sols et la biodiversité.

Renseignements :

Mélissa Cabana
Chargée des relations externes
SUCO
melissacabana@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 225
Cell. : 514 349-3019

 

Christine Bérubé
Directrice des communications et du marketing
Réseau Environnement
cberube@reseau-environnement.com
Tél. : 514 270-7110, poste 325
Cell : 514 616-8481


SUCO au prochain Forum social mondial (FSM)

 

Pour cette nouvelle édition du Forum social mondial qui aura lieu à Salvador de Bahia, au Brésil, du 13 au 17 mars prochain, SUCO se joint au Collectif québécois vers le FSM 2018 qui permettra à près d’une centaine de personnes de participer à ce grand rassemblement international.

Fiers d’une expertise développée au cours de la dernière décennie, les YMCA du Québec, en partenariat avec la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec et l’Association québécoise des organismes de coopération internationale, chapeautent le Collectif québécois de la société civile qui participera au prochain Forum social mondial. SUCO, qui s’était déjà démarqué par son expertise en agriculture durable ainsi que sur les thèmes de l’égalité entre les femmes et les hommes, et de la lutte aux changements climatiques lors de sa participation au Collectif de la société civile à Paris pour la COP 21 en 2015, rejoint à nouveau cette année ces trois organisations en tant que fier collaborateur.

Participer au Collectif : une expérience qui commence bien avant la tenue du FSM

Le Collectif débute plusieurs mois avant la tenue du FSM afin de bien préparer les participants à leur séjour, tant par rapport à l’acquisition d’une meilleure connaissance des enjeux discutés au FSM, qu’à l’esprit de groupe ou à l’organisation technique du séjour. Les membres du Collectif entameront donc leur préparation dès septembre en participants à six formations avant-départ qui aborderont des problématiques sociales actuelles animées par des experts chevronnés. De plus, cette année, des cours de portugais seront offerts à faibles coûts aux participants qui le désirent, et ce, dès janvier 2018. Pendant le séjour, les organisateurs du Collectif proposent une programmation active qui s’adapte aux intérêts de chacun, tout en permettant aux participants de se revoir à différents moments pour des séances de « débriefing » ainsi que pendant plusieurs activités de réseautage. De plus, la participation au Collectif ne s’arrête pas à la fin du FSM en mars puisque des occasions d’engagements et de réseautage sont prévues au retour.

Séance de débriefing et de formation avec la soixantaine de participants du Collectif de la Cop 21 à Paris.

Le Forum Social Mondial en bref

Il s’agit de l’un des plus grands rassemblements de la société civile au monde. Espace de rencontre ouvert, il vise à approfondir la réflexion, le débat d’idées démocratiques et à trouver des solutions aux problèmes actuels de notre société. Créé en 2001 au Brésil, à chaque édition, le FSM rassemble plusieurs dizaines de milliers de participants pour plus de mille activités (ateliers, conférences, performances artistiques…) portant sur diverses thématiques (développement social, économie solidaire, environnement, droits de la personne, démocratisation…). SUCO avait d’ailleurs participé au dernier FSM qui a eu lieu à Montréal en 2016. En 2018, le thème sera la Traite des peuples, des territoires et des mouvements en résistance.

Pour vous inscrire, c’est ici !

Pendant le FSM 2016 à Montréal.

 


Opération post-inondations Pérou

 

Suite aux inondations torrentielles des derniers mois au Pérou, les dommages causés dans certaines communautés de Huarochirí mettent en péril les cultures et la sécurité alimentaire des producteurs que desserre l’ONG péruvienne IDMA (Instituto de Desarrollo y Medio Ambiente), appuyée financièrement par SUCO. IDMA travaille à  rétablir la situation grâce aux fonds amassés auprès de la population canadienne.

Dégâts des glissements de terrain à Barba Blanca, Huarochirí. Source : El Comercio, le 26 mars 2017.

Pérou, pire crise climatique en 30 ans

La force des huaicos (glissements de terrain) provoqués par El Niño a été telle cette année que le courant a emporté des troncs d’arbres, des pierres à la mesure de celles constituant le fameux Machu Picchu et des débris qui ont gravement endommagé les habitations et les cultures, en plus de blesser des individus. Certains n’ont plus de maison ou de terres. D’autres sont morts ou portés disparus.

La province de Huarochirí, où j’accomplis mon mandat, est particulièrement vulnérable à ce genre d’épisode. Son paysage de montagnes pentues et rocailleuses est tout destiné à l’érosion. L’activité humaine n’aide pas non plus. Les municipalités permettent encore la construction d’habitations dans des zones inondables et les berges n’ont souvent aucune couverture végétale. Ainsi, les terrains en bordure de rivières se rétrécissent un peu plus chaque année et des maisons (parfois même des complexes neufs de trois étages) ont été complètement détruites. On ne parle même pas ici de la déforestation en cours depuis belle lurette en tête des rivières.

Évaluation de l’état des lieux et des besoins en compagnie du président de la communauté de Cumpe. Source : Herbert Gutierrez.

Interventions post-urgence des ONG IDMA et SUCO

Les activités de cette région comptent majoritairement la culture d’arbres fruitiers tels que la chirimoya et l’avocat. Mais, « cette année, on a peu de produits à vendre », me confie Marvila, qui vend ses produits biologiques à l’Écoferia de Santa Eulalia chaque dimanche. En effet, mise à part la destruction des terres par les huaicos, les pluies torrentielles ont provoqué une hausse du taux d’humidité, laquelle est propice à la propagation de certaines maladies d’arbres, ce qui a diminué la production de fruits commercialisables. De plus, plusieurs infrastructures d’irrigation ont été détruites et les techniques de conservation d’eau sont parfois inadéquates.

« Chaque minute, les cultures s’assèchent un peu plus », s’inquiète mon collègue Herbert Gutierrez, chef d’équipe d’IDMA à Santa Eulalia. La collecte de fonds de SUCO a permis d’amasser 10 000 $ pour qu’IDMA remédie à court terme à cet état d’urgence. L’installation de matériel pour l’irrigation des cultures est en cours. Des vivres ont été distribués aux familles qui ont perdu leurs cultures ou leurs terres. Des panneaux solaires seront installés aux mairies pour fournir de l’électricité d’urgence. Les membres des communautés pourront ainsi recharger leurs cellulaires.

Dégâts des glissements de terrain. Source : site de Movadef, le 17 mars 2017.

Et après ?

Cette aide d’urgence pourra peut-être « patcher le bobo » pour un temps. Par contre, les effets des changements climatiques continueront d’augmenter. Des solutions durables à moyen et à long terme seront nécessaires pour diminuer la vulnérabilité de ces populations et renforcer leur résilience aux changements climatiques.

Il s’agit de tout un défi pour des populations qui, comme le disait l’ingénieur Cesar Dávila durant la présentation sur la récupération des techniques de conservation d’eau ancestrales cette fin de semaine, « s’habituent de recevoir du financement et de l’aide extérieurs sans trop faire d’efforts ». Sa suggestion? « Changer leur cosmovision », déclare-t-il en faisant référence à la façon dont les Incas utilisaient les ressources, telles que l’eau, grâce à une vision globale et à long terme.

*Photo bannière : présentation sur les techniques ancestrales de conservation de l’eau par Cesar Dávila. Pichapuquio, communauté de Masajcancha, district de Paccha, province de Jauja, région de Junín. Source : Constance Morel.

Pour en savoir plus sur les activités de SUCO au Pérou, visitez le site Web de Formagro. Un projet de formation en entrepreneuriat agricole.

Vous pouvez toujours contribuer à rétablir la situation au Pérou, en faisant un don.

– Par Constance Morel, conseillère en environnement au Pérou.


Agroécologie et transition vers des systèmes alimentaires durables

 

Opportunité pour la mise en œuvre des priorités de la politique d’aide internationale féministe du Canada

Madame Marie-Claude Bibeau, Ministre du Développement international et de la Francophonie,

Nous saluons l’engagement du gouvernement du Canada envers la promotion du plein exercice des droits des femmes et des filles, condition indispensable pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Nous espérons que la mise en place d’une politique d’aide internationale féministe pourra également inspirer d’autres États.

Nous sommes reconnaissants à votre gouvernement d’avoir accordé une place importante aux organismes de coopération internationale dans le cadre des consultations publiques pour l’élaboration de la nouvelle politique. De plus, nous accueillons favorablement l’initiative donnant priorité aux populations les plus vulnérables, ainsi qu’à l’adaptation et la mitigation des effets des changements climatiques.

Dans le monde, les femmes jouent un rôle majeur dans le domaine de l’agriculture, l’une des activités les plus affectées par les changements climatiques. Nous vous encourageons à soutenir davantage l’agriculture durable et la transition vers des systèmes alimentaires diversifiés et agroécologiques. Ces modèles, axés sur la diversification des exploitations et des paysages agricoles, la substitution des intrants chimiques par des techniques écologiques, l’optimisation de la biodiversité, ainsi que les interactions entre différentes espèces, peuvent renforcer l’autonomisation économique des femmes et des filles qui pratiquent, pour la majorité d’entre elles, une agriculture à petite échelle.

Plus d’un demi-siècle d’expérience nous permet d’observer les répercussions positives de la diversification des systèmes agroécologiques sur le développement économique local et régional, ainsi que sur la résilience des populations qui doivent faire face à des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes, graves et imprévisibles. De plus, les systèmes alimentaires durables peuvent devenir une stratégie d’adaptation, mais aussi de mitigation des effets des changements climatiques. Un nombre croissant de recherches démontrent que ces systèmes augmentent la concentration en carbone des sols, préservent la biodiversité, permettent aux sols de retrouver leur fertilité à long terme, maintiennent les rendements, et offrent une base solide pour soutenir les moyens de subsistance des familles d’agriculteurs et d’agricultrices.

Le Canada investit déjà dans ce secteur en renforçant les capacités des communautés paysannes. Cet appui a permis aux communautés de passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture de marché, tout en améliorant la qualité de leur environnement et en assurant la pleine inclusion des femmes dans l’économie et la société. L’agriculture est devenue un secteur de choix pour accroître et diriger les investissements.

Nous sommes convaincus que le Canada peut en faire davantage et devenir un leader de ce secteur innovateur, qui permet de répondre à plusieurs des défis auxquels les pays en développement font face. Nous encourageons le Canada à investir davantage dans le secteur de l’agriculture durable à petite échelle. Un investissement accru dans ce seul secteur permettrait de contribuer à l’atteinte de douze des objectifs de développement durable, de réduire la pauvreté, d’autonomiser les femmes, de créer des possibilités d’emploi pour les jeunes et de lutter contre les effets des changements climatiques.

 

Richard Veenstra

Directeur général

 

Émile Frison

Membre du Groupe international d’experts sur les systèmes alimentaires durables

Crédit photo : Nitsé Mathelier

 

 

 


Inondations au Pérou : pire crise climatique en 30 ans

 

Des milliers de personnes victimes des inondations au Pérou ont besoin de vous. C’est la pire crise climatique que vit le pays depuis les 30 dernières années. Le phénomène El Niño, qui provoque le réchauffement de l’océan Pacifique, a des effets dévastateurs dans plusieurs régions du pays, provoquant des pluies dix fois plus abondantes que la normale. À ce jour, les autorités péruviennes estiment qu’il y a plus de 100 000 victimes directement touchées par les inondations.

Les provinces de Yauyos, Cañete et Huarochiri de la région de Lima sont très affectées par les intempéries. Depuis 2015, SUCO et son partenaire péruvien IDMA exécutent FORMAGRO, un projet de développement agricole et d’entrepreneuriat jeunesse, dont presque 100 % des bénéficiaires sont touchés par les inondations. Plusieurs milliers de personnes ont besoin d’assistance.

Le bilan des dégâts causés par les inondations est très lourd !

  • Pas d’accès à l’eau potable, à des aliments et à l’électricité
  • Les maisons sont détruites et les familles dorment à l’extérieur dans des camps de fortune
  • Les terres agricoles sont inondées et les récoltes perdues
  • Les centres de santé sont détruits
  • En région montagneuse et éloignée, les familles sont complètement isolées, n’ayant pas accès aux services de base

Votre aide, notre action !

  • 35 $ pour fournir 80 litres d’eau potable à une famille de 5 personnes
  • 70 $ pour offrir une trousse de survie à une famille
  • 140 $ pour nourrir une famille de 5 personnes avec des aliments de base

Dès aujourd’hui, votre contribution est cruciale pour nous aider à répondre aux besoins élémentaires et criants des familles touchées par cette crise climatique. Le manque de ressources et la grande instabilité actuelle ont des effets néfastes sur leur santé et leur sécurité alimentaire.

Merci de votre générosité !

 


En 2017, SUCO vous propose une expérience interactive et collective de théâtre-forum!

 

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Le 11 août dernier, dans le cadre du Forum social mondial, SUCO avait lancé en collaboration avec l’organisme Mise au jeu « Allons voir là-bas si j’y suis » et « Les femmes au cœur des solutions face aux changements climatiques ». En 2017, comme promis, nous réitérons l’expérience avec une tournée dans les institutions scolaires (écoles secondaires, cégeps, universités) et événements grand public, l’idée étant de contribuer à la formation d’une jeunesse engagée, critique et sensibilisée à la solidarité Nord-Sud.

Pourquoi  des ateliers de théâtre forum ? Parce que c’est un moyen participatif et ludique d’observer, de réfléchir et d’agir face à des défis et questionnements particuliers. Les participantes et participants sont invités à devenir « spect-acteurs » en prenant part au jeu, en exprimant leurs idées, réactions et perspectives. Ces ateliers se veulent un échange de proximité et une prise de conscience, de parole et d’action.

 

Et plus concrètement, ça ressemble à quoi ?

 LES FEMMES AU CŒUR DES SOLUTIONS FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Les catastrophes naturelles et les changements climatiques affectent principalement les personnes les plus vulnérables, qui sont à 70 % des femmes. Quel est l’impact de ces changements sur les femmes et comment s’y adaptent-elles ?

Suivez l’histoire d’une famille sénégalaise dans un village touché par des inondations sévères et celle de Camille, jeune québécoise en pleine réflexion face aux changements climatiques. Catastrophes naturelles, résilience, systèmes d’adaptation, rapports hommes-femmes et solidarité Nord-Sud sont parmi les thèmes abordés. Une activité qui sensibilise vos élèves de manière simple et imagée sur les dynamiques des changements climatiques.

DURÉE : 1H30

 

ALLONS VOIR LÀ-BAS SI J’Y SUIS

Quel est le regard que nous portons sur la coopération internationale et sur les populations du Sud ? Quel est notre rapport à l’autre ?

Dans cet atelier de théâtre forum, suivez les expériences de Justin, jeune étudiant qui réalise un stage de 2 mois en agriculture auprès d’une association de producteurs au Burkina Faso. Cet atelier explore les thématiques des relations interculturelles et tente de démystifier certains préjugés face aux relations Nord-Sud. Il permettra à vos élèves de réfléchir à des situations concrètes et de favoriser une résolution collective aux situations que peuvent vivre les jeunes à l’étranger.

DURÉE : 1H30

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Crédit-Photo: Mise au Jeu

 

Une méthode qui rejoint l’approche de SUCO sur le terrain

Cette méthode d’intervention participative développée par le brésilien Augusto Boal dans son théâtre de l’opprimé trouve un écho dans le travail réalisé par SUCO dans ses différents pays d’intervention. En effet, nous travaillons de près avec les gens, dans l’objectif de promouvoir un réel échange de connaissances, d’expertises, de vécus et de compétences. Nous croyons que cette façon de faire très participative permet de développer et de favoriser davantage l’apprentissage puisque les personnes sont impliquées directement dans le processus.

 

 

Cette activité est rendue possible en partie grâce au Fonds pour l’éducation et l’engagement du public à la solidarité internationale (FEEPSI) financé par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF).

 


C’est dans l’échange qu’on trouve des solutions

 

Quand j’ai entendu l’expression « capitaliser ses expériences » pour la première fois, un gros point d’interrogation s’est affiché sur mon visage. Qu’est-ce que ça signifie exactement ? À première vue, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une chose très complexe. Je m’étais trompée. Ce n’est pas si sorcier. Tout le monde peut capitaliser ! Il suffit simplement de comprendre les principaux concepts et étapes d’un processus de capitalisation. Pour ce premier billet, j’ai décidé de commencer par la base. Je vous présente une définition sous forme métaphorique, extraite de ma formation donnée à AGRECOL Afrique, organisation partenaire de SUCO au Sénégal.

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Milaine en compagnie de ses collègues de travail à AGRECOL  Afrique                                                                       Crédit-photo: Rébecca Bleau

La métaphore du bateau

Un jour, votre patron arrive avec une idée un peu spéciale. Il désire organiser un voyage en haute mer avec l’ensemble de son personnel. Il propose de traverser l’océan Atlantique en bateau. L’aventure semble périlleuse, mais fort enrichissante. Enthousiaste, vous décidez de prendre part à ce projet hors du commun. Après plusieurs mois de planification, vous êtes enfin prêts à prendre le large. À bord du navire, on retrouve votre patron, son adjoint et l’ensemble de vos collègues. Chacun occupe un rôle clé. Il faudra travailler en équipe.

Tout au long de l’aventure, vous devez faire face à plusieurs imprévus : tempête en haute mer, trou dans la coque du bateau, attaque par des pirates, etc. Ces situations vous amènent à réagir d’une certaine manière et à trouver rapidement des solutions. Vous développez des réflexes, des façons toujours plus efficaces de faire les choses. Pour ne pas oublier le moindre détail de ces événements, vous décidez de tenir un journal de bord. Vos collègues décident de faire de même. À l’intérieur, chacun décrit les événements selon ses propres perceptions. Après plusieurs mois en haute mer, la terre ferme se dessine enfin à l’horizon. Le voyage est une réussite, malgré les nombreux obstacles. Arrivés à destination, deux options s’offrent à vous et vos collègues : 1) chacun quitte l’embarcation avec son journal de bord ou 2) vous décidez de réunir les journaux de bord de chacun pour rédiger un guide de survie en haute mer.

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Comité de capitalisation en action. C’est dans l’échange qu’on génère de nouvelles connaissances et qu’on trouve des solutions.

 

Emballés à l’idée de partager votre expérience, vous choisissez unanimement la deuxième option. Au fil des échanges, vous et vos collègues réalisez à quel point la mise en commun des différents vécus est enrichissante. En groupe, vous décrivez et analysez chacune des étapes du voyage. Vous identifiez les leçons apprises et formulez des recommandations pour vous et ceux qui seraient tentés de reproduire l’expérience. Le guide est enfin prêt. Votre patron décide de le diffuser à grande échelle afin qu’un grand nombre de personnes puissent avoir accès aux enseignements tirés de votre expérience en haute mer. Un de vos collègues propose aussi d’archiver le guide afin de conserver une trace de l’aventure dans la mémoire institutionnelle de l’organisation. À chaque voyage en bateau, vous vous référez au guide. Vous constatez qu’il contribue à l’amélioration des pratiques de votre organisation.

Cette métaphore illustre les grandes lignes de la capitalisation d’expériences. D’un point de vue théorique, c’est un processus qui vise à identifier, décrire, analyser et diffuser les leçons tirées de l’expérience afin d’améliorer les pratiques. Cette définition est intéressante, mais peu parlante. C’est pourquoi j’ai opté pour une aventure en bateau. J’étais frustrée de ne pouvoir expliquer simplement en quoi consiste la capitalisation d’expériences. Maintenant, c’est un réel plaisir ! Quand on travaille sur le terrain, il faut parfois une bonne dose de créativité pour relever les défis.

Appliquée au contexte de travail d’AGRECOL Afrique, la capitalisation d’expériences permet de repérer et diffuser les bonnes pratiques et les innovations paysannes en agroécologie. C’est fondamental à l’heure où les effets des changements climatiques affectent grandement les rendements agricoles au Sénégal. Il faut trouver de nouvelles options. Pour ce faire, le partage d’expériences doit être au cœur des actions. Je dis toujours : « C’est dans l’échange qu’on génère de nouvelles connaissances et qu’on trouve des solutions ».

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Les inondations sont des effets des changements climatiques auxquels doivent faire face les producteurs et les productrices. L’agroécologie permet de mitiger ces effets.