Inondations au Pérou : pire crise climatique en 30 ans

 

Des milliers de personnes victimes des inondations au Pérou ont besoin de vous. C’est la pire crise climatique que vit le pays depuis les 30 dernières années. Le phénomène El Niño, qui provoque le réchauffement de l’océan Pacifique, a des effets dévastateurs dans plusieurs régions du pays, provoquant des pluies dix fois plus abondantes que la normale. À ce jour, les autorités péruviennes estiment qu’il y a plus de 100 000 victimes directement touchées par les inondations.

Les provinces de Yauyos, Cañete et Huarochiri de la région de Lima sont très affectées par les intempéries. Depuis 2015, SUCO et son partenaire péruvien IDMA exécutent FORMAGRO, un projet de développement agricole et d’entrepreneuriat jeunesse, dont presque 100 % des bénéficiaires sont touchés par les inondations. Plusieurs milliers de personnes ont besoin d’assistance.

Le bilan des dégâts causés par les inondations est très lourd !

  • Pas d’accès à l’eau potable, à des aliments et à l’électricité
  • Les maisons sont détruites et les familles dorment à l’extérieur dans des camps de fortune
  • Les terres agricoles sont inondées et les récoltes perdues
  • Les centres de santé sont détruits
  • En région montagneuse et éloignée, les familles sont complètement isolées, n’ayant pas accès aux services de base

Votre aide, notre action !

  • 35 $ pour fournir 80 litres d’eau potable à une famille de 5 personnes
  • 70 $ pour offrir une trousse de survie à une famille
  • 140 $ pour nourrir une famille de 5 personnes avec des aliments de base

Dès aujourd’hui, votre contribution est cruciale pour nous aider à répondre aux besoins élémentaires et criants des familles touchées par cette crise climatique. Le manque de ressources et la grande instabilité actuelle ont des effets néfastes sur leur santé et leur sécurité alimentaire.

Merci de votre générosité !

 


En 2017, SUCO vous propose une expérience interactive et collective de théâtre-forum!

 

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Le 11 août dernier, dans le cadre du Forum social mondial, SUCO avait lancé en collaboration avec l’organisme Mise au jeu « Allons voir là-bas si j’y suis » et « Les femmes au cœur des solutions face aux changements climatiques ». En 2017, comme promis, nous réitérons l’expérience avec une tournée dans les institutions scolaires (écoles secondaires, cégeps, universités) et événements grand public, l’idée étant de contribuer à la formation d’une jeunesse engagée, critique et sensibilisée à la solidarité Nord-Sud.

Pourquoi  des ateliers de théâtre forum ? Parce que c’est un moyen participatif et ludique d’observer, de réfléchir et d’agir face à des défis et questionnements particuliers. Les participantes et participants sont invités à devenir « spect-acteurs » en prenant part au jeu, en exprimant leurs idées, réactions et perspectives. Ces ateliers se veulent un échange de proximité et une prise de conscience, de parole et d’action.

 

Et plus concrètement, ça ressemble à quoi ?

 LES FEMMES AU CŒUR DES SOLUTIONS FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Les catastrophes naturelles et les changements climatiques affectent principalement les personnes les plus vulnérables, qui sont à 70 % des femmes. Quel est l’impact de ces changements sur les femmes et comment s’y adaptent-elles ?

Suivez l’histoire d’une famille sénégalaise dans un village touché par des inondations sévères et celle de Camille, jeune québécoise en pleine réflexion face aux changements climatiques. Catastrophes naturelles, résilience, systèmes d’adaptation, rapports hommes-femmes et solidarité Nord-Sud sont parmi les thèmes abordés. Une activité qui sensibilise vos élèves de manière simple et imagée sur les dynamiques des changements climatiques.

DURÉE : 1H30

 

ALLONS VOIR LÀ-BAS SI J’Y SUIS

Quel est le regard que nous portons sur la coopération internationale et sur les populations du Sud ? Quel est notre rapport à l’autre ?

Dans cet atelier de théâtre forum, suivez les expériences de Justin, jeune étudiant qui réalise un stage de 2 mois en agriculture auprès d’une association de producteurs au Burkina Faso. Cet atelier explore les thématiques des relations interculturelles et tente de démystifier certains préjugés face aux relations Nord-Sud. Il permettra à vos élèves de réfléchir à des situations concrètes et de favoriser une résolution collective aux situations que peuvent vivre les jeunes à l’étranger.

DURÉE : 1H30

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Crédit-Photo: Mise au Jeu

 

Une méthode qui rejoint l’approche de SUCO sur le terrain

Cette méthode d’intervention participative développée par le brésilien Augusto Boal dans son théâtre de l’opprimé trouve un écho dans le travail réalisé par SUCO dans ses différents pays d’intervention. En effet, nous travaillons de près avec les gens, dans l’objectif de promouvoir un réel échange de connaissances, d’expertises, de vécus et de compétences. Nous croyons que cette façon de faire très participative permet de développer et de favoriser davantage l’apprentissage puisque les personnes sont impliquées directement dans le processus.

 

 

Cette activité est rendue possible en partie grâce au Fonds pour l’éducation et l’engagement du public à la solidarité internationale (FEEPSI) financé par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF).

 


C’est dans l’échange qu’on trouve des solutions

 

Quand j’ai entendu l’expression « capitaliser ses expériences » pour la première fois, un gros point d’interrogation s’est affiché sur mon visage. Qu’est-ce que ça signifie exactement ? À première vue, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une chose très complexe. Je m’étais trompée. Ce n’est pas si sorcier. Tout le monde peut capitaliser ! Il suffit simplement de comprendre les principaux concepts et étapes d’un processus de capitalisation. Pour ce premier billet, j’ai décidé de commencer par la base. Je vous présente une définition sous forme métaphorique, extraite de ma formation donnée à AGRECOL Afrique, organisation partenaire de SUCO au Sénégal.

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Milaine en compagnie de ses collègues de travail à AGRECOL  Afrique                                                                       Crédit-photo: Rébecca Bleau

La métaphore du bateau

Un jour, votre patron arrive avec une idée un peu spéciale. Il désire organiser un voyage en haute mer avec l’ensemble de son personnel. Il propose de traverser l’océan Atlantique en bateau. L’aventure semble périlleuse, mais fort enrichissante. Enthousiaste, vous décidez de prendre part à ce projet hors du commun. Après plusieurs mois de planification, vous êtes enfin prêts à prendre le large. À bord du navire, on retrouve votre patron, son adjoint et l’ensemble de vos collègues. Chacun occupe un rôle clé. Il faudra travailler en équipe.

Tout au long de l’aventure, vous devez faire face à plusieurs imprévus : tempête en haute mer, trou dans la coque du bateau, attaque par des pirates, etc. Ces situations vous amènent à réagir d’une certaine manière et à trouver rapidement des solutions. Vous développez des réflexes, des façons toujours plus efficaces de faire les choses. Pour ne pas oublier le moindre détail de ces événements, vous décidez de tenir un journal de bord. Vos collègues décident de faire de même. À l’intérieur, chacun décrit les événements selon ses propres perceptions. Après plusieurs mois en haute mer, la terre ferme se dessine enfin à l’horizon. Le voyage est une réussite, malgré les nombreux obstacles. Arrivés à destination, deux options s’offrent à vous et vos collègues : 1) chacun quitte l’embarcation avec son journal de bord ou 2) vous décidez de réunir les journaux de bord de chacun pour rédiger un guide de survie en haute mer.

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Comité de capitalisation en action. C’est dans l’échange qu’on génère de nouvelles connaissances et qu’on trouve des solutions.

 

Emballés à l’idée de partager votre expérience, vous choisissez unanimement la deuxième option. Au fil des échanges, vous et vos collègues réalisez à quel point la mise en commun des différents vécus est enrichissante. En groupe, vous décrivez et analysez chacune des étapes du voyage. Vous identifiez les leçons apprises et formulez des recommandations pour vous et ceux qui seraient tentés de reproduire l’expérience. Le guide est enfin prêt. Votre patron décide de le diffuser à grande échelle afin qu’un grand nombre de personnes puissent avoir accès aux enseignements tirés de votre expérience en haute mer. Un de vos collègues propose aussi d’archiver le guide afin de conserver une trace de l’aventure dans la mémoire institutionnelle de l’organisation. À chaque voyage en bateau, vous vous référez au guide. Vous constatez qu’il contribue à l’amélioration des pratiques de votre organisation.

Cette métaphore illustre les grandes lignes de la capitalisation d’expériences. D’un point de vue théorique, c’est un processus qui vise à identifier, décrire, analyser et diffuser les leçons tirées de l’expérience afin d’améliorer les pratiques. Cette définition est intéressante, mais peu parlante. C’est pourquoi j’ai opté pour une aventure en bateau. J’étais frustrée de ne pouvoir expliquer simplement en quoi consiste la capitalisation d’expériences. Maintenant, c’est un réel plaisir ! Quand on travaille sur le terrain, il faut parfois une bonne dose de créativité pour relever les défis.

Appliquée au contexte de travail d’AGRECOL Afrique, la capitalisation d’expériences permet de repérer et diffuser les bonnes pratiques et les innovations paysannes en agroécologie. C’est fondamental à l’heure où les effets des changements climatiques affectent grandement les rendements agricoles au Sénégal. Il faut trouver de nouvelles options. Pour ce faire, le partage d’expériences doit être au cœur des actions. Je dis toujours : « C’est dans l’échange qu’on génère de nouvelles connaissances et qu’on trouve des solutions ».

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Les inondations sont des effets des changements climatiques auxquels doivent faire face les producteurs et les productrices. L’agroécologie permet de mitiger ces effets.

 


Prendre soin de la terre, c’est prendre soin de la vie !

 

Me joindre à l’équipe de SUCO, il y a un an, m’aura permis de développer un vif intérêt pour les questions d’agriculture durable et plus précisément l’agroécologie. Si j’ai pourtant grandi en milieu rural, le terme ne m’était pas familier jusqu’à il y a un an ou deux. Aujourd’hui, je dévore tout ce qui se rattache au sujet et qui alimente ma réflexion quant aux enjeux du système alimentaire mondial. Réflexion que j’ai d’ailleurs poursuivie il y a deux semaines alors que se tenait le Forum social mondial (FSM) auquel SUCO a activement participé. À l’issue de cette semaine foisonnante en idées et débats, voici un retour sur l’atelier L’agroécologie au service de la planète, que nous avons co-organisé avec Développement et paix, USC Canada et le Centre Paysan.

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Nourrir la planète durablement et convenablement 

Si le système alimentaire mondial a réussi son pari des 70 dernières années, soit celui d’augmenter la quantité d’aliments sur les marchés mondiaux, il n’en demeure pas moins que la répartition de ce volume ne s’est pas faite de façon efficiente. Aujourd’hui, encore environ 793 millions de personnes sont sous-alimentées. Pendant ce temps, plus du tiers de la nourriture est gaspillé dans l’hémisphère nord de notre planète.

Qui plus est, le modèle « d’agriculture industrielle » qui domine dans la plupart des pays occidentaux et émergents n’est pas en reste en terme d’impact négatif sur l’environnement : dégradation générale des sols en raison des monocultures à haut rendement, pollution des eaux et des écosystèmes avec les intrants chimiques, émissions de gaz à effet de serre, pertes de biodiversité et j’en passe. C’est aussi l’élevage animal intensif (et les choix productifs qui en découlent) qui entraîne à lui seul près de 30 % des émissions massives de gaz à effet de serre.

En plus de ces constats inquiétants, l’agriculture industrielle actuelle crée des conditions de vie et de travail extrêmement difficiles pour les agriculteurs et agricultrices, toute provenance confondue, soumis aux aléas des marchés internationaux. De fait, 50 % des personnes souffrant de la malnutrition sont des gens qui vivent de la terre. Bref, la planète fait face à un mur et il est temps de repenser le système alimentaire. Mais comment pourrait-on en arriver à renverser la la vapeur ? Plusieurs pistes de solutions, déjà mises en œuvre par une partie de la société civile, ont été amenées tout au long du Forum social mondial.

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Les pistes de solutions

Plusieurs acteurs sont arrivés à la conclusion de la nécessité d’un système alimentaire à mi-chemin entre l’agriculture de subsistance et l’agriculture intensive ; un modèle agricole qui nous permettra de réduire notre empreinte écologique, d’améliorer notre résilience face aux changements climatiques et surtout d’augmenter les rendements à long terme afin de nourrir tous les êtres qui peuplent la Terre tout en répartissant les volumes de façon équitable.

La diversification des cultures dans le temps et l’espace, mais également des variétés cultivées (abandonnons les monocultures et réintégrons les espèces qui s’adaptent localement, qui peuvent être anciennes ou qui s’intègrent à l’écosystème existant) doit être mise de l’avant. Il faut voir l’agriculture sous l’angle des écosystèmes en misant sur les synergies naturelles (miser sur des fermes qui intègrent à la fois culture, élevage, agroforesterie) et moins utiliser la machinerie qui nous rend dépendants au pétrole. Une phrase célèbre dit que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Si on applique ce principe à l’agriculture, on peut réutiliser le fumier du bétail pour fertiliser les sols, les résidus végétaux pour faire du compost, afin de réduire les pertes et maximiser la réutilisation des déchets organiques. Ces principes, ce sont d’ailleurs ceux que SUCO met en œuvre à travers ses projets et les manuels de formation paysanne qui accompagnent les communautés que nous appuyons.

Pourquoi ne pas pousser encore plus loin et miser sur la valorisation des chaînes de production et des circuits de distribution courts ? Le système agricole doit fournir les marchés localement avec des produits moins homogènes et plus diversifiés.C’est ainsi que nous arriverons à réduire les impacts environnementaux de l’agriculture, à améliorer la qualité nutritive des aliments, à préserver et à développer les écosystèmes locaux et la biodiversité générale, mais aussi à améliorer la qualité de vie des travailleurs agricoles ainsi que l’emploi local. Au final, ce sont presque tous les problèmes liés à la crise agricole qui pourraient être résolus grâce à une transition vers des écosystèmes agricoles plus diversifiés, plus locaux, plus HUMAINS.

Le slogan du FSM cette année était « Un autre monde est nécessaire, ensemble, il devient possible ». Et, je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai envie d’y croire. Envie de croire qu’en misant sur notre créativité et notre potentiel, on arrivera à mettre en place de plus en plus de solutions novatrices avec l’agroécologie.

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Femmes au cœur des luttes contre les changements climatiques

 

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«Dis-moi, et j’oublierai. Enseigne-moi, et je me souviendrai.  Implique-moi, et j’apprendrai».

Cette citation de Benjamin Franklin résume le constat réalisé lors de la présentation de  la capsule de  théâtre forum sur les femmes et les changements climatiques  que nous avons faite en collaboration avec Mise au jeu dans le cadre du Forum social mondial. Ce constat n’est toutefois pas nouveau. Dans ses pays d’intervention, SUCO emploie des méthodologies participatives pour promouvoir un véritable échange de connaissances, compétences et habiletés entre volontaires du Canada et populations du Sud. Ce type de méthodologies favorise le développement des apprentissages significatifs, puisque les personnes sont impliquées dans le rythme, le contenu et la mise en œuvre de leur formation. De plus, l’emploi de ces méthodologies permet de vivre au quotidien des valeurs telles que le respect, la liberté et l’autonomie.

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Le thème de l’atelier, qui porte sur le lien entre les femmes et les changements climatiques, n’a pas été choisi au hasard. En effet, celles-ci sont touchées de façon disproportionnée par les effets des changements climatiques. En fait, à l’échelle mondiale, les femmes représentent la majorité des petits exploitants agricoles et dépendent donc fortement des ressources naturelles qui sont menacées par les effets des changements climatiques. En raison des rôles sociaux qui leur sont attribués pour combler les besoins de leurs familles (santé, production de nourriture, approvisionnement en eau et sources d’énergie), elles font face à davantage de contraintes pour avoir accès à une formation ou à des activités productives dans des secteurs moins vulnérables au climat. De plus, l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes climatiques (sécheresses, tempêtes, inondations, fonte des glaces) affecte davantage les femmes. En effet, le risque de décès lors d’une catastrophe naturelle est 14 fois plus élevé pour les femmes et les enfants,  particulièrement lorsque ces derniers vivent en situation de pauvreté.

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Bien que les femmes soient victimes des effets des changements climatiques, elles ont un rôle primordial dans la recherche de solutions. L’expérience de SUCO démontre l’impact positif de l’empowerment des femmes. À travers des solutions comme la formation ciblant les jeunes femmes pour l’adoption de pratiques d’agriculture durable, SUCO renforce leur capacité à relever le double défi de s’adapter aux effets du réchauffement de la planète et de développer une plus grande résilience économique et sociale. En amont, le travail de SUCO pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes influence positivement les communautés et permet de mettre en place des conditions favorables pour que les femmes puissent gagner ou augmenter leur revenu (accès à la terre, changements dans les rôles traditionnels déterminés par le genre), participer à des formations et aux processus décisionnels.

Ce travail ne peut pas se faire sans la précieuse contribution des volontaires du Canada et des membres de la population qui appuient nos efforts. Leur apport est primordial pour mobiliser les femmes en tant qu’actrices de leur développement et agentes de changement, améliorant ainsi les possibilités de trouver des solutions économiques ou environnementales dans des pays vulnérables aux aléas du climat.

Le théâtre forum a été une belle occasion d’approfondir des connaissances, de susciter un plus grand sentiment de solidarité et de rappeler l’importance de passer à l’action!

Par Nadia Ponce-Morales, chargée de programmes  chez SUCO

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Baser la pratique sur les faits, ce n’est pas une évidence…

 

Des faits pour orienter les futurs programmes

Lors d’une rencontre que le premier ministre Justin Trudeau et la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie- Claude Bibeau, tenaient avec les dirigeants de la société civile au début du mois dernier,  j’ai entendu madame Bibeau parler d’evidence base, soit « la base factuelle » comme un élément nécessaire pour évaluer les initiatives proposées en développement international. J’ai passé la semaine à Ottawa. Eh bien en cette même semaine, le terme
« base factuelle » est revenu deux autres fois de la bouche de différents fonctionnaires d’Affaires mondiales Canada.

Sortir des sentiers battus pour mieux innover

Je connais bien le terme. Ayant travaillé à  Action contre la faim, une organisation en grande partie axée sur le traitement thérapeutique de la malnutrition aiguë, j’y ai souvent entendu le terme
« pratique basée sur les faits », largement utilisé dans le cadre du traitement et de la thérapie. Ce terme ne s’oppose pas tout à fait à la pratique d’exploration ou à la pratique fondée sur la théorie. Il est davantage un moyen de remettre en question les hypothèses sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans les procédés de traitement. Il incite surtout les praticiens à compter sur une pratique éprouvée.

Cette approche fondée sur les faits est très sensée dans de nombreux cas de mon secteur.  Notamment en agroécologie, une grande partie des techniques employées dans le cadre des projets de SUCO reposent aujourd’hui sur la démonstration qu’elles fonctionnent. Mais cela n’a pas toujours été le cas, et même aujourd’hui, ce  n’est pas le cas pour tout. Il y a vingt et quelques années, il était nécessaire d’innover, de théoriser sur ce qui pourrait fonctionner pour retenir l’eau, pour arrêter l’érosion du sol, pour lutter contre les parasites sans utiliser de produits nocifs pour  la terre ou  pour les producteurs ou les consommateurs. Même à l’heure actuelle, de nouvelles techniques en la matière sont explorées régulièrement. Donc, une base factuelle n’est pas toujours possible. Cela peut être une partie de la réponse, tout autant que l’innovation.

Mais tout ceci n’est qu’une petite partie de la question que je veux aborder. Deux autres points me préoccupent
davantage : une base factuelle sur les effets des changements climatiques, et comment les faits orienteront les programmes et les politiques à l’avenir.

Il existe des schémas pour comprendre les effets des changements climatiques. J’ai vu une carte du monde de 2060 des plus convaincantes, dans  laquelle de nombreuses îles n’existent plus, ni une grande partie de la Floride.  Poussons plus
loin : regardez la réaction future des gens face à ces réalités, où vont-ils aller ?  Et quel impact aura leur venue sur leur communauté d’accueil ? C’est le travail des démographes de répondre à ces questions. Quelles répercussions auront ces schémas sur les politiques et programmes visant à atténuer les changements climatiques et à aider les populations à s’adapter à ses effets ? Il ne s’agit pas de faits, mais de projections basées sur la théorie, soutenues par des modèles mathématiques. Dans le discours prévalent ici au Canada, il n’a pas encore été démontré qu’on réfléchit sérieusement à l’avenir.

Comment la pratique fondée sur des faits pourra-t-elle intégrer les politiques de développement ?

D’après mon expérience, élaborer un projet de 5 ans peut nécessiter un an de travail, plus deux ans avant qu’il ne soit approuvé –  à compter de la réception du projet, à son analyse, jusqu’à la signature du contrat – et plus cinq ans pour mettre en œuvre. Donc après analyse de tous les éléments, nous pouvons compter près de 8 ans avant de concrétiser un projet.  Si le projet qui se termine en 2024 est basé sur les faits connus en 2016, ne serait-il pas caduque ?  Il doit bien y avoir un espace pour se concentrer sur l’avenir, et pas seulement sur le passé : des faits, oui ! Mais aussi de l’innovation, et un sérieux effort pour comprendre ce qui s’en vient.

Comment participer aux consultations publiques ?
Vous pouvez participer à la consultation via le site web d’Affaires mondiales Canada (AMC) en remplissant le formulaire de consultation et en vous informant  sur les principaux défis auxquels se heurte l’aide internationale.
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Adaptation ou mitigation

 

Un débat entourant la lutte aux changements climatiques

Adaptation ou mitigation, voilà la question. C’est l’un des débats en cours en ce qui a trait aux changements climatiques. Où devrait se concentrer l’aide au développement international? Aider les gens à s’adapter aux effets des changements climatiques, ou aider l’humanité à mitiger le changement climatique, minimisant ainsi ses effets? La réponse peut paraître évidente : c’est la mitigation qui importe à long terme. À l’échelle globale je suis d’accord. Mais cette logique ne doit pas s’appliquer de façon unilatérale. En effet, lors de la conception de notre politique en matière d’aide au développement, nous courons le risque de commettre une erreur si nous mettons seulement l’accent, ou trop l’accent, sur la mitigation.

Il y a trois semaines, la ministre Marie-Claude Bibeau lançait un processus de consultation au sujet des enjeux de développement global. Elle veut comprendre quelles devraient être, selon les Canadiens et Canadiennes, les priorités en matière d’aide au développement. Son annonce arrivait une semaine après une série de rencontres « pré-consultation » auprès des leaders de la société civile. Lors d’une de ces rencontres, il fut mentionné que le gouvernement canadien entendait consacrer 25% de son budget alloué à la lutte contre les changements climatiques, à des mesures d’adaptation, et 75% à des mesures de mitigation. Cette nouvelle proportion fut perçue comme un progrès si on se réfère aux discussions antérieures; pourtant elle s’avère toujours insuffisante.

Responsabiliser les pays qui génèrent le plus haut taux de gaz à effet de serre

Appliquer aux pays en développement la logique en faveur de la mitigation serait injuste et inapproprié. D’abord, pour mitiger les changements climatiques, il s’agit de réduire ou de contrer les émissions de gaz à effet de serre. Mais si l’on regarde d’où proviennent ces émissions maintenant, on remarque qu’elles proviennent surtout des pays dits développés, mais aussi de la Chine et de l’Inde et d’autres pays fortement industrialisés. Ne serait-ce que par leur population, la Chine et l’Inde se trouvent dans bon nombre de palmarès. L’Inde compte le plus grand nombre de personnes pauvres et arrive en quatrième position en terme de plus grand nombre de milliardaires. La Chine se range bon deuxième dans les deux cas (Banque mondiale, Forbes, Our World In Data). Est-ce que par cela j’insinue que la mitigation n’a pas sa place dans les pays en développement? Pas du tout. Je veux simplement dire qu’il est plus logique, et plus équitable, de responsabiliser les 20 pays qui génèrent 80% des émissions des gaz à effet de serre, et d’autres pays dont les taux sont élevés, que de responsabiliser, par exemple, les pays africains qui n’en génèrent que 2,3%.

Lutter contre la pauvreté : comment ces mesures d’adaptation contribueront à la mitigation à long terme ?

La réponse-type au débat sur la question “adapter ou mitiger” est que les pays en développement luttent maintenant, pas plus tard, contre les effets des changements climatiques : les sols s’érodent, l’approvisionnement en eau est moins prévisible, les phénomènes météorologiques le sont tout autant, provoquant tantôt sécheresses tantôt inondations. Ces enjeux affectent les vies maintenant, et dans les conditions actuelles, étant donné les pratiques courantes dans les domaines productifs comme l’agriculture, les gagne-pains de centaines de millions de personnes ne sont pas durables. En fait, ces vérités touchent autant les pays riches que les pays pauvres. Ce qui manque au débat, outre le fait que le mandat de l’aide au développement est la réduction de la pauvreté, qui est rattachée aux mesures d’adaptation, ce qui manque est une compréhension du comment ces mesures d’adaptation contribueront à la mitigation à long terme. L’illustration la plus exemplaire est la déforestation. Nous connaissons bien le rôle des arbres pour contrer la prévalence des gaz à effet de serre. La simple logique « Planter les arbres, c’est bon. Couper les arbres, c’est mal. » – sauf lorsqu’il s’agit d’une gestion durable des fermes – tient bien (il vaut mieux planter et couper que de ne jamais planter). Avec cet exemple, il est facile de comprendre pourquoi une famille en Haïti ou au Sénégal, qui n’a d’autre choix pour cuisiner que d’utiliser du bois ou du charbon, coupera bien un arbre, et brûlera bien du bois ou du charbon si elle doit cuisiner. Si des alternatives moins dommageables (gaz naturel, électricité non-carbonique, des fours améliorés) étaient accessibles et abordables sur le plan financier, de telles pratiques cèderaient leur place à des pratiques moins néfastes. Ainsi, une mesure économique, aidant les gens à s’adapter à leur condition et à bien gagner leur vie, les aiderait à mitiger les changements climatiques. Ce phénomène a été démontré au Costa Rica, où 50% de la terre est couverte de forêts, comparé à 20% il y a 30 ans. Ces résultats ont été atteints largement par le biais d’un programme de création d’emploi (Banque mondiale).

Favoriser le développement local

Une autre façon de comprendre cette dynamique est de mettre l’accent sur le développement local. En faisant la promotion de la dynamisation économique sur le plan local et régional, nous aidons les communautés à tirer profit davantage de la production alimentaire locale, réduisant ainsi leur dépendance sur des sources alimentaires externes nécessitant des transports qui émettent des gaz à effet de serre. Nous proposerions aussi aux jeunes hommes et jeunes femmes des options économiques qui leur permettraient de résister à l’appel des grandes villes qui, dans de nombreux pays en développement, ne jouissent pas encore d’une efficacité énergétique enviable. Encore une fois, l’adaptation mènera à la mitigation.

Cette question démographique est un autre enjeu qui doit être abordé, et cela renvoie au déficit de l’attention portée aux modèles scientifiques offrant des projections des effets des changements climatiques. Les modèles existent, mais les politiques et les programmes n’en tiennent pas encore assez compte. Mais ça, ça fera l’objet d’un autre billet.

 

Comment participer aux consultations publiques ?
Vous pouvez participer à la consultation via le site web d’Affaires mondiales Canada (AMC) en remplissant le formulaire de consultation et en vous informant  sur les principaux défis auxquels se heurte l’aide internationale.
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L’agroécologie au service de la lutte contre les changements climatiques

 

Depuis le début de mon mandat au Nicaragua il y a plus de deux ans, la pluie est un événement rare, et la sécheresse qui en découle est attribuée, entre autres, au phénomène climatique El Niño. Pourtant, il devient de plus en plus évident pour n’importe quelle famille productrice du Nicaragua qu’El Niño n’est sans doute pas le seul responsable et qu’il n’est tout simplement plus possible de se fier aux almanachs. D’une année à l’autre, on ne sait plus quand ni quoi semer. Les jeunes doivent quitter leur famille pour gagner un peu d’argent et subvenir aux besoins de base. Bien souvent, cela veut dire traverser la frontière pour chercher du travail dans les pays environnants. Certains ne reviennent pas et abandonnent leurs enfants à leurs grands-parents. De nombreuses jeunes filles reviennent enceintes de père inconnu. Et ainsi, en plus de la pauvreté qui s’accentue, il se crée une dissolution sociale dans les communautés. Au-delà de la faim, la sécheresse a donc bien d’autres conséquences, dont celle d’affaiblir le principal réseau de solidarité de la culture nicaraguayenne : la famille.

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Rachel Vincent

 

Des expériences convaincantes

Avec ce portrait sombre en tête, je me rends sur le terrain à la rencontre des jeunes producteurs et productrices et de leur famille. Et quelle n’est pas ma surprise de constater que tous n’ont pas été touchés si durement par la sécheresse. La combinaison de différentes pratiques agroécologiques a permis à plusieurs familles de Proga-Jeunes d’obtenir une bonne production! Ma visite m’apprend que deux techniques en particulier sont favorables à l’infiltration des eaux et à la réduction de l’érosion des sols. La première, c’est l’établissement d’engrais verts en compagnonnage avec les grandes cultures, le maïs tout particulièrement. Les engrais verts sont des légumineuses et ils ont la caractéristique d’apporter de l’azote au sol, un élément essentiel pour les plantes. Mais en plus de son aspect fertilisant, l’engrais vert permet de retenir le sol et de conserver l’humidité. Plusieurs d’entre eux sont également comestibles. La deuxième technique, c’est la réalisation de canaux d’irrigation. Dans un terrain en pente comme le sont la plupart des terres des paysans du nord du Nicaragua, de tels canaux permettent la rétention du sol et de l’eau. Le succès de cette technique est encore plus frappant lorsqu’elle est associée à la plantation de cultures comme la valériane, l’ananas ou la canne à sucre puisque la présence permanente de racines fortifie encore plus le sol.

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La jeune Frania et son père reçoivent Elvin Moran, technicien de Proga-Jeunes. Creuser des canaux d’irrigation sur leur ferme a été un facteur clé dans la récolte du maïs.

Je ne peux qu’être émue lorsque le père de Frania, une jeune étudiante, me raconte que l’an dernier, il fut surpris lorsqu’il constata que sa fille avait réussi à produire du maïs dans sa parcelle alors que lui et ses voisins avaient tout perdu. Durant la saison sèche, il a donc creusé des canaux sur sa terre et au moment de semer son maïs, il a aussi semé un engrais vert. Cette année, il est le seul de ses voisins à pouvoir récolter.

«Mes voisins croient que c’est de la chance, me confie-t-il. Mais moi, je sais que ce n’est pas de la chance. C’est du travail, car ce n’est pas facile de faire un canal d’irrigation.»

Mais ce n’est pas tout : les producteurs bénéficient aussi indirectement de l’établissement de ces bonnes pratiques. Don Concepción, l’agriculteur qui nous a prêté sa maison et un petit lopin de terre pour qu’on puisse installer un centre d’études local de Proga-Jeunes, est fier de me montrer le puits qu’il a récemment rénové. Celui-ci est situé tout en bas de la parcelle école et depuis que les jeunes y ont établi différentes pratiques, entre autres, les canaux d’irrigation, le ruisseau a repris vie et le puits s’est rempli! Il bénéficie maintenant à une quinzaine de familles.

Une nouvelle stratégie pour s’adapter au climat

L’équipe du projet PROGA-Jeunes intervient dans plusieurs zones gravement touchées par la sécheresse et il est clair que l’agroécologie, bien qu’extrêmement bénéfique, ne peut pas non plus être la seule intervention pour mitiger les effets des changements climatiques. Des ouvrages environnementaux communautaires comme la construction et la réparation de systèmes de captation d’eau de pluie et de puits ont déjà été réalisés. Cette année, constatant que la pluie se fait toujours rare, mon équipe régionale a décidé d’adopter une nouvelle stratégie en axant ses efforts sur deux plans :

  • L’installation de filtres qui permettent de récupérer les eaux usées domestiques pour l’arrosage des plants du potager comme solution à court terme.
  • Le développement d’alliances avec les comités de bassins versants en vue d’organiser les communautés pour l’établissement de pépinières d’arbres forestiers et fruitiers qui serviront à la reforestation comme action à long terme.

Témoin des bons résultats de cette stratégie combinée aux pratiques agroécologiques, je reviens de cette visite sur le terrain le cœur plus léger, avec la fierté de contribuer réellement à améliorer le niveau de vie de ces paysans et paysannes. Mais il n’y a plus aucun doute pour moi : l’agroécologie est définitivement la voie à suivre dans la production agricole.

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Don Concho est fier de nous montrer le puits qu’il a rénové grâce à l’établissement de nouvelles techniques agroécologiques

 

Par Rachel Vincent, volontaire au Nicaragua


Valeriana, une agricultrice qui s’implique dans sa communauté!

 

Ampas

 

Valeriana, 34 ans, est l’une des participantes actives des projets développés par Allpa et SUCO. Depuis 2012, Allpa intervient dans la communauté d’Ampas, centro poblado de Huari situé un peu plus-haut dans les montagnes, à une quinzaine de minutes de la ville. En collaboration avec SUCO et la Municipalité de Huari, Allpa a commencé à travailler à Ampas sur le projet « Croissance économique et développement local avec les familles rurales de Huari ». Les principaux axes d’intervention d’Allpa dans cette communauté concernent les pâturages, les potagers biologiques familiaux (agriculture), l’irrigation et l’élevage de cuyes (cochons d’Inde).

Valeriana participe à ces activités organisées dans sa communauté depuis le début, en étant présente à toutes les réunions qui y sont organisées. Qu’elle soit assise au premier ou au dernier rang, elle s’exprime sur les sujets qui l’interpellent et émet son opinion de façon claire et franche. Souvent occupée à tricoter lors des réunions, elle demeure néanmoins très attentive à ce qui se dit et participe activement aux discussions et débats, tout en gardant sa bonne humeur et son sourire. Elle a une voix et elle la fait valoir à chaque fois. Lors de  ces réunions, l’assistance est composée majoritairement de femmes. Selon Valeriana, la faible présence d’hommes s’explique par le fait que les femmes sont plus franches et qu’elles n’ont pas peur de parler en public contrairement aux hommes. Les femmes sont ainsi très impliquées dans leur communauté et participent en grand nombre aux activités qui y sont organisées.

 

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Valeriana

 

Valeriana vit depuis toujours dans la communauté d’Ampas. Elle est mariée et a quatre enfants, un garçon et trois filles (que l’on peut souvent voir aux réunions mensuelles). Sa famille possède un élevage de cuyes et une « chakra » (une terre cultivable) où son mari cultive notamment des patates et du maïs. Lorsqu’on lui demande quelle est sa profession, elle répond qu’elle est femme au foyer. Elle s’occupe des enfants, de la cuisine, du ménage et de la maison. Cependant, Valeriana est aussi agricultrice et entrepreneure. En effet, en plus de s’occuper de l’entretien de la maison, elle s’occupe du potager biologique familial. Elle cultive notamment des légumes, des fines herbes et des fleurs qu’elle vend au marché. Grâce à l’appui de SUCO et d’Allpa, celle-ci est passée d’un système de production traditionnel de subsistance à un système de production commercial. Avant leur intervention, Valeriana semait seulement pour sa propre consommation et celle de sa famille. Maintenant, elle sème également pour vendre.

 

Valeriana

 

 

La sécurité et la souveraineté alimentaire des familles sont d’ailleurs des préoccupations  importantes de SUCO. L’organisme vise entre autres, à améliorer les capacités de production des familles, car l’amélioration productive crée des excédents qui peuvent alors être vendus au marché. C’est une source importante de revenus pour ces familles rurales. Tous les dimanches, Valeriana descend à Huari pour vendre ses produits au marché local. Depuis le mois de décembre, en partenariat avec Allpa et en coopération avec SUCO et IDMA, la Municipalité de Huari a lancé une Éco-Feria dominicale au marché local pour les productrices et producteurs locaux, qui avant, vendaient leurs produits à même le sol. C’est ainsi que tous les dimanches, nous pouvons voir Valeriana et ses filles installées à l’une des premières tables dans l’entrée où sont étalés ses bouquets de fleurs colorées et ses différentes herbes aromatiques. La vente de ses produits représente la principale source de revenus pour elle et sa famille.

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Valeria à l’Eco-feria dominicale au marché local de Huari

 

Toutefois, en tant qu’agricultrice, Valeriana doit faire face à certains obstacles et difficultés, la principale étant les conséquences des changements climatiques. Durant la saison sèche, la production est moins abondante que durant la saison des pluies. C’est pourquoi Valeriana est équipée d’un réservoir pour irriguer son potager, qui alimente quatre familles et qui les aide durant la période sèche. Les rêves et aspirations de Valeriana sont orientés vers sa famille et sa communauté. Elle veut travailler et pouvoir semer toute l’année pour appuyer ses enfants et sa famille afin de pourvoir à leurs besoins (alimentation, vêtements, école). Elle veut être en mesure d’envoyer ses quatre enfants à l’université. Attachée à sa communauté et à ses racines, elle n’a aucun désir de la quitter. Elle souhaite, au contraire, du changement et de l’amélioration pour celle-ci. Elle aspire à une communauté où tout le monde contribue au maintien et à l’entretien de la propreté des espaces publics. Elle aspire à ce que tout le monde ait accès à de l’eau propre et potable. Elle aspire à voir des animaux en santé pouvant fournir une production accrue et améliorée.. Comme beaucoup d’autres résidents d’Ampas, elle espère également la construction d’une école secondaire pour les jeunes. Depuis l’implication de SUCO et d’Allpa dans la communauté, Valeriana croit fermement que ses compétences en agriculture et enproduction ont été renforcées. Elle a par ailleurs pu observer plusieurs changements au sein de sa communauté, comme par exemple, une amélioration dans la production de légumes, de fèves, de patates, d’herbes fraîches, et aussi, dans la qualité de vie de ses habitants. Durant les prochaines années, on pourra continuer de la voir, fière de sa communauté, de sa culture et de son identité, participer aux projets, activités et réunions visant à renforcer ses capacités humaines, productrices et organisationnelles ainsi que le développement socio-économique de sa communauté.

 

Par Lauriane Beaulieu, conseillère en commercialisation ( stages PSIJ), Pérou

Le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

 

 


Le rôle des ONG au sein de la COP21

 

 

Dans le cadre des négociations de la COP21 qui se sont déroulées du 30 novembre au 11 décembre dernier à Paris, et qui se sont conclues par un accord nécessaire mais insuffisant pour certains, plusieurs ONG ont été accréditées pour participer aux discussions en tant qu’observatrices. Poussées par leur souci que les pays obtiennent un accord qui ne soit pas minimaliste, ces ONG ont donc joué un rôle de médiatrices entre les différents partis en vue de s’assurer que les directives et les cibles exposées dans le document final soient ambitieuses. Parallèlement aux négociations ayant eu lieu à la COP21, plusieurs ONG de plusieurs pays à travers le monde ont organisé de nombreuses activités, que ce soit à travers les nombreux kiosques dans l’espace Génération Climat sur le site du Bourget ou au Grand Palais de Paris.

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Dans ces lieux, plusieurs organisations et entreprises ont présenté leurs projets de développement écoresponsable et de restauration de l’environnement afin de promouvoir des projets qui apportent des solutions concrètes et rapides aux changements climatiques. À la Zone Action Climat, un espace dédié à la société civile, plusieurs ateliers, expositions, débats et conférences ont eu lieu du matin au soir, tous les jours. Ces activités avaient aussi pour objectif de relayer l’information sur les négociations de la COP aux citoyens afin que ces derniers puissent s’exprimer sur les enjeux environnementaux et qu’à travers les ONG, la parole de la société civile soit entendue. Dans le processus de négociation de la COP21, les ONG contribuent ainsi, grâce à leurs activités, à la mise en œuvre d’une démocratie participative où les soucis et les revendications de la société civile sont écoutés.

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