Rencontre avec des femmes inspirantes

 

J’ai récemment participé au colloque Bruxelles-sur-Seine II, de la défense des droits des femmes à la promotion de l’égalité de genre, qui avait lieu à Paris, du 8 au 10 décembre dernier. Ce colloque réunissait des praticiennes et praticiens, des chercheuses et chercheurs de Belgique et de France, en plus de trois déléguées québécoises dont la participation a été financée par Les Offices jeunesse internationaux du Québec. J’y représentais SUCO et le Comité québécois femmes et développement, comité chapeauté par l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI). Une belle expérience pour partager et échanger sur nos bonnes pratiques en égalité entre les femmes et les hommes !

Des rencontres inspirantes

Notre séjour a commencé, pour moi et les deux autres déléguées québécoises, par une journée organisée spécialement en notre honneur par l’Office franco-québécois pour la jeunesse à Paris. Cette journée a donné lieu à d’intéressantes rencontres avec quatre femmes impliquées depuis longtemps dans le mouvement des femmes. Nous avons ainsi pu connaître les actions de la fédération française de Business and Professional Women qui fait la promotion des droits des femmes dans le domaine économique. Au niveau communautaire, les intervenantes de la Maison des femmes de Montreuil nous ont présenté leurs activités sur la dénonciation des violences faites aux femmes. Du côté de l’institutionnel, nous avons pu rencontrer une chargée de mission pour le Réseau des femmes parlementaires à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie et une spécialiste en égalité entre les femmes et les hommes au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie. Quatre rencontres extrêmement inspirantes, avec des femmes qui luttent à différents niveaux et chacune à leur façon pour les droits des femmes. Mais peu importe l’organisation, le même besoin criant est ressorti : tandis que les politiques nous disent que l’égalité entre les femmes et les hommes est une priorité, les ressources, quant à elles, sont insuffisantes.

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Des inégalités encore trop présentes

Le colloque a aussi été très riche en échanges grâce à son panel, ses tables rondes et de multiples rencontres qui nous ont amenés à cette réflexion : bien que de nombreux droits pour les femmes soient inscrits dans la loi, dans les faits, les inégalités sont encore très présentes et beaucoup trop nombreuses. Comment rendre ces lois plus efficaces ? Par des quotas, des sanctions ? Comment améliorer davantage les conditions de vie des femmes, que ce soit dans le monde du travail, dans les sphères domestique et politique, dans leur mobilité, dans le domaine des sports et celui des arts par exemple ?Comment combattre le sexisme ordinaire, si persistant ? Comment valoriser l’histoire des femmes, les faire sortir de l’ombre dans le milieu scolaire ? Comment atténuer les effets des stéréotypes de genre ?

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Des marches exploratoires

Parmi les outils présentés pendant ce colloque, ce sont les marches exploratoires de femmes qui m’ont certainement le plus marquée par leur pertinence. Élaborées à Montréal et à Toronto, ces marches permettent de rendre des femmes actrices de leur milieu afin de le rendre plus sécuritaire. Le concept est simple : un groupe de femmes se rassemble afin de marcher dans son quartier et d’identifier, à l’aide d’une liste de questions, les endroits où elles se sentent moins en sécurité et pourquoi. Ensuite, elles réfléchissent ensemble aux mesures qui pourraient être mises en place pour améliorer leur sécurité. Elles sollicitent des représentants de la mairie à venir marcher avec elles afin de voir et d’entendre leurs propositions. Les marcheuses établissent au final un suivi pour assurer la mise en place de ces mesures. Ces marches sont un puissant outil d’autonomisation par lequel des femmes, souvent isolées, identifient elles-mêmes des solutions et influencent la politique municipale. Elles favorisent une plus grande mobilité des femmes, leur permettent de se réapproprier l’espace, de participer aux décisions politiques et de briser leur isolement en créant des liens avec d’autres femmes. De plus, cet outil s’exporte facilement d’un pays à l’autre.

 

L’égalité entre les femmes et les hommes, un axe transversal pour SUCO

Pour SUCO, participer à un colloque de ce genre est très enrichissant pour améliorer et échanger sur nos pratiques puisque l’égalité entre les femmes et les hommes est un axe transversal dans tous nos projets. En effet, l’utilisation d’outils variés pour mieux appuyer nos partenaires du Sud en égalité ainsi que l’identification de nos propres stéréotypes pour ne pas les reproduire demeurent des aspects primordiaux qui se retrouvent à la base de tous nos projets.

 

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En 2017, SUCO vous propose une expérience interactive et collective de théâtre-forum!

 

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Le 11 août dernier, dans le cadre du Forum social mondial, SUCO avait lancé en collaboration avec l’organisme Mise au jeu « Allons voir là-bas si j’y suis » et « Les femmes au cœur des solutions face aux changements climatiques ». En 2017, comme promis, nous réitérons l’expérience avec une tournée dans les institutions scolaires (écoles secondaires, cégeps, universités) et événements grand public, l’idée étant de contribuer à la formation d’une jeunesse engagée, critique et sensibilisée à la solidarité Nord-Sud.

Pourquoi  des ateliers de théâtre forum ? Parce que c’est un moyen participatif et ludique d’observer, de réfléchir et d’agir face à des défis et questionnements particuliers. Les participantes et participants sont invités à devenir « spect-acteurs » en prenant part au jeu, en exprimant leurs idées, réactions et perspectives. Ces ateliers se veulent un échange de proximité et une prise de conscience, de parole et d’action.

 

Et plus concrètement, ça ressemble à quoi ?

 LES FEMMES AU CŒUR DES SOLUTIONS FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Les catastrophes naturelles et les changements climatiques affectent principalement les personnes les plus vulnérables, qui sont à 70 % des femmes. Quel est l’impact de ces changements sur les femmes et comment s’y adaptent-elles ?

Suivez l’histoire d’une famille sénégalaise dans un village touché par des inondations sévères et celle de Camille, jeune québécoise en pleine réflexion face aux changements climatiques. Catastrophes naturelles, résilience, systèmes d’adaptation, rapports hommes-femmes et solidarité Nord-Sud sont parmi les thèmes abordés. Une activité qui sensibilise vos élèves de manière simple et imagée sur les dynamiques des changements climatiques.

DURÉE : 1H30

 

ALLONS VOIR LÀ-BAS SI J’Y SUIS

Quel est le regard que nous portons sur la coopération internationale et sur les populations du Sud ? Quel est notre rapport à l’autre ?

Dans cet atelier de théâtre forum, suivez les expériences de Justin, jeune étudiant qui réalise un stage de 2 mois en agriculture auprès d’une association de producteurs au Burkina Faso. Cet atelier explore les thématiques des relations interculturelles et tente de démystifier certains préjugés face aux relations Nord-Sud. Il permettra à vos élèves de réfléchir à des situations concrètes et de favoriser une résolution collective aux situations que peuvent vivre les jeunes à l’étranger.

DURÉE : 1H30

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Crédit-Photo: Mise au Jeu

 

Une méthode qui rejoint l’approche de SUCO sur le terrain

Cette méthode d’intervention participative développée par le brésilien Augusto Boal dans son théâtre de l’opprimé trouve un écho dans le travail réalisé par SUCO dans ses différents pays d’intervention. En effet, nous travaillons de près avec les gens, dans l’objectif de promouvoir un réel échange de connaissances, d’expertises, de vécus et de compétences. Nous croyons que cette façon de faire très participative permet de développer et de favoriser davantage l’apprentissage puisque les personnes sont impliquées directement dans le processus.

 

 

Cette activité est rendue possible en partie grâce au Fonds pour l’éducation et l’engagement du public à la solidarité internationale (FEEPSI) financé par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF).

 


Glenda, une agricultrice qui défie les stéréotypes de genre

 

 

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Glenda Medaris Lagos Vazquez suit depuis bientôt trois ans une formation en agroécologie dans le cadre du projet PROGA-Jeunes. Je lui ai récemment rendu visite et elle m’a impressionnée par sa détermination et sa persévérance à toute épreuve.

La jeune femme a désormais la charge de la terre familiale. Son père lui a offert le terrain afin qu’elle puisse mettre en pratique ses nouveaux acquis et partager ses connaissances avec le reste de sa famille. Elle pratique ainsi l’horticulture maraîchère et l’arboriculture fruitière qui permettent à sa famille de s’approvisionner d’une diversité de légumes et de fruits frais auxquels elle n’avait pas accès autrefois.Mais Glenda ne s’arrête pas là. Elle a récemment entrepris la pisciculture du tilapia, un poisson d’eau douce à chair blanche et ferme pratiquement dépourvue d’arêtes. Cette pratique n’étant pas commune dans les régions montagneuses, la communauté a rapidement démontré un intérêt pour la nouvelle activité économique de la jeune femme. Cette dernière a déjà reçu quelques commandes de ses voisins, et certaines personnes des communautés voisines lui ont même demandé si elle était disposée à leur enseigner les techniques de pisciculture afin qu’elles reproduisent cette activité dans leur communauté. Grâce au travail acharné de Glenda, la région bénéficiera désormais d’une nouvelle source alimentaire.

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Glenda a reçu l’aide de sa famille pour construire l’étang de pisciculture.

Le succès de la jeune femme a certes un impact positif sur sa communauté. Il défie également les stéréotypes de genre véhiculés en région rurale. Glenda m’a raconté qu’un homme de la communauté la critiquait parce qu’elle passe la majorité de la journée à travailler dehors sur la terre familiale au lieu de s’occuper des tâches domestiques, comme le font une majorité de femmes. Ce dernier se moquait également de l’habillement de la jeune femme qui porte des bottes et des pantalons afin de travailler confortablement. Au lieu d’ignorer celui qui la harcèle, Glenda l’a invité à lui rendre visite sur sa terre pour lui montrer ce qu’elle fait. Elle lui a même enseigné une technique pour tuer les vers présents dans les choux de façon biologique. L’homme est reparti en étant très impressionné de sa visite. « Maintenant celui qui me causait du trouble ne rit plus de moi et me respecte ! », raconte-t-elle tout sourire.

La majorité des jeunes femmes qui reçoivent la formation n’avaient aucune expérience en agriculture, et encore moins en agroécologie. L’exemple de Glenda en est un parmi tant d’autres qui démontre une réelle volonté des femmes d’assumer pleinement leur rôle d’agricultrices. Celles-ci sont désormais des femmes exemplaires au sein de leur communauté.

Par Dominique Cardinal, conseillère en égalité entre les femmes et les hommes au Nicaragua.

 


Femmes au cœur des luttes contre les changements climatiques

 

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«Dis-moi, et j’oublierai. Enseigne-moi, et je me souviendrai.  Implique-moi, et j’apprendrai».

Cette citation de Benjamin Franklin résume le constat réalisé lors de la présentation de  la capsule de  théâtre forum sur les femmes et les changements climatiques  que nous avons faite en collaboration avec Mise au jeu dans le cadre du Forum social mondial. Ce constat n’est toutefois pas nouveau. Dans ses pays d’intervention, SUCO emploie des méthodologies participatives pour promouvoir un véritable échange de connaissances, compétences et habiletés entre volontaires du Canada et populations du Sud. Ce type de méthodologies favorise le développement des apprentissages significatifs, puisque les personnes sont impliquées dans le rythme, le contenu et la mise en œuvre de leur formation. De plus, l’emploi de ces méthodologies permet de vivre au quotidien des valeurs telles que le respect, la liberté et l’autonomie.

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Le thème de l’atelier, qui porte sur le lien entre les femmes et les changements climatiques, n’a pas été choisi au hasard. En effet, celles-ci sont touchées de façon disproportionnée par les effets des changements climatiques. En fait, à l’échelle mondiale, les femmes représentent la majorité des petits exploitants agricoles et dépendent donc fortement des ressources naturelles qui sont menacées par les effets des changements climatiques. En raison des rôles sociaux qui leur sont attribués pour combler les besoins de leurs familles (santé, production de nourriture, approvisionnement en eau et sources d’énergie), elles font face à davantage de contraintes pour avoir accès à une formation ou à des activités productives dans des secteurs moins vulnérables au climat. De plus, l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes climatiques (sécheresses, tempêtes, inondations, fonte des glaces) affecte davantage les femmes. En effet, le risque de décès lors d’une catastrophe naturelle est 14 fois plus élevé pour les femmes et les enfants,  particulièrement lorsque ces derniers vivent en situation de pauvreté.

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Bien que les femmes soient victimes des effets des changements climatiques, elles ont un rôle primordial dans la recherche de solutions. L’expérience de SUCO démontre l’impact positif de l’empowerment des femmes. À travers des solutions comme la formation ciblant les jeunes femmes pour l’adoption de pratiques d’agriculture durable, SUCO renforce leur capacité à relever le double défi de s’adapter aux effets du réchauffement de la planète et de développer une plus grande résilience économique et sociale. En amont, le travail de SUCO pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes influence positivement les communautés et permet de mettre en place des conditions favorables pour que les femmes puissent gagner ou augmenter leur revenu (accès à la terre, changements dans les rôles traditionnels déterminés par le genre), participer à des formations et aux processus décisionnels.

Ce travail ne peut pas se faire sans la précieuse contribution des volontaires du Canada et des membres de la population qui appuient nos efforts. Leur apport est primordial pour mobiliser les femmes en tant qu’actrices de leur développement et agentes de changement, améliorant ainsi les possibilités de trouver des solutions économiques ou environnementales dans des pays vulnérables aux aléas du climat.

Le théâtre forum a été une belle occasion d’approfondir des connaissances, de susciter un plus grand sentiment de solidarité et de rappeler l’importance de passer à l’action!

Par Nadia Ponce-Morales, chargée de programmes  chez SUCO

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Entrepren’Elle, un espace de partage pour les femmes entrepreneures

 

Il est 10 heures du matin et j’ai la sensation qu’il est 17 heures. C’est à moitié réveillée de mon escapade matinale Jacmel/Port-au-Prince, encore étourdie des virages interminables de la montagne « mòn karaté », que j’ai le plaisir de rencontrer ma nouvelle collègue. C’est avec ma mine de dormeuse que je salue brièvement notre passagère, Luckny Guerrier, nouvelle volontaire pour SUCO en Haïti comme conseillère en entrepreneuriat à St-Marc, dans le département de l’Artibonite.

Rencontre avec Luckny, une héroïne optimiste 

Avant de connaître notre prochaine destination, je m’empresse de prier la cheffe de projet de la mission exploratoire Entrepren’Elle de m’accorder un « 5-10 minutes pas plus » pour un entretien. Notre volontaire n’en est pas à sa première visite dans son pays d’origine. Cela fait maintenant plus de 2 ans qu’elle vient régulièrement en Haïti.

Petit détour chez notre représentante pour une brève entrevue « Ca va être long ? Non, non, mais il vaut mieux être confortable ! » Assise autour de la table à l’ombre de la chaleur du début d’après-midi, je me plonge dans ma mission exploratoire : connaître Luckny. Réveillée par l’appréhension de faire la connaissance de la cheffe de projet, je me retrouve face à une jeune femme réservée qui est dévouée au développement économique d’Haïti. Diplômée en marketing, elle travaille tout d’abord dans un centre local de développement à Montréal. C’est pour assouvir sa quête d’identité et d’opportunité que Luckny participe au forum jeunesse ÉLAN Haïti.

Durant sa semaine au Cap-Haïtien, Luckny crée des liens avec des jeunes Haïtiens « natifs natals ». Ces jeunes ont fait des études et ont des aspirations et des idées, mais surtout des compétences pour développer leur pays. En eux, elle découvre une richesse inconnue des jeunes entrepreneurs de la diaspora haïtienne montréalaise. La jeune entrepreneure perçoit les possibilités de réseautage et de développement dans la perle des Antilles. Sa participation au forum lui vaut d’être nommée jeune déléguée du gouvernement jeunesse d’Haïti. C’est alors que Luckny se donne comme mission de reconstruire les ponts entre la diaspora haïtienne de Montréal et Haïti. Les ponts détruits par l’instabilité politique, la pauvreté et la peur. « Je voulais briser la barrière du danger »

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Entrepren’Elle, un pont entre les entrepreneures de la diaspora montréalaise et d’Haïti

C’est ainsi que naît la mission exploratoire Entrepren’Elle 2015. L’objectif est de valoriser les initiatives de femmes entrepreneures issues de la diaspora montréalaise et de femmes haïtiennes natives natales. « Je voulais créer un espace de partage international ». Bien que Luckny ait été seule pour tout orchestrer, la première édition fut une belle réussite qui a inspiré les participantes à revenir séjourner dans le pays. Avant d’accepter de participer au projet de Luckny, les participantes de la délégation 2015 avaient exprimé leurs inquiétudes devant le fait de s’aventurer en Haïti. Suite à ce séjour enrichissant, elles ont décidé de se lier au projet et de renouveler l’expérience. C’est ensemble qu’elles ont organisé la mission Entrepren’Elle 2016. L’équipe est donc de retour avec une nouvelle délégation et a créé des partenariats importants notamment avec l’Ambassade du Canada en Haïti, le Ministère des Haïtiens Vivant à l’Étranger (MHVE) et, bien sûr, SUCO.

Mission 2017 : faire l’inverse et inviter une délégation haïtienne à Montréal ou ailleurs. En attendant, notre héroïne optimiste ne rêve pas de changer le monde. Elle aspire à créer des opportunités de partage et à encourager les jeunes à oser aller hors de leur zone de confort, à oser l’international !

 

 

 

 


Adaptation ou mitigation

 

Un débat entourant la lutte aux changements climatiques

Adaptation ou mitigation, voilà la question. C’est l’un des débats en cours en ce qui a trait aux changements climatiques. Où devrait se concentrer l’aide au développement international? Aider les gens à s’adapter aux effets des changements climatiques, ou aider l’humanité à mitiger le changement climatique, minimisant ainsi ses effets? La réponse peut paraître évidente : c’est la mitigation qui importe à long terme. À l’échelle globale je suis d’accord. Mais cette logique ne doit pas s’appliquer de façon unilatérale. En effet, lors de la conception de notre politique en matière d’aide au développement, nous courons le risque de commettre une erreur si nous mettons seulement l’accent, ou trop l’accent, sur la mitigation.

Il y a trois semaines, la ministre Marie-Claude Bibeau lançait un processus de consultation au sujet des enjeux de développement global. Elle veut comprendre quelles devraient être, selon les Canadiens et Canadiennes, les priorités en matière d’aide au développement. Son annonce arrivait une semaine après une série de rencontres « pré-consultation » auprès des leaders de la société civile. Lors d’une de ces rencontres, il fut mentionné que le gouvernement canadien entendait consacrer 25% de son budget alloué à la lutte contre les changements climatiques, à des mesures d’adaptation, et 75% à des mesures de mitigation. Cette nouvelle proportion fut perçue comme un progrès si on se réfère aux discussions antérieures; pourtant elle s’avère toujours insuffisante.

Responsabiliser les pays qui génèrent le plus haut taux de gaz à effet de serre

Appliquer aux pays en développement la logique en faveur de la mitigation serait injuste et inapproprié. D’abord, pour mitiger les changements climatiques, il s’agit de réduire ou de contrer les émissions de gaz à effet de serre. Mais si l’on regarde d’où proviennent ces émissions maintenant, on remarque qu’elles proviennent surtout des pays dits développés, mais aussi de la Chine et de l’Inde et d’autres pays fortement industrialisés. Ne serait-ce que par leur population, la Chine et l’Inde se trouvent dans bon nombre de palmarès. L’Inde compte le plus grand nombre de personnes pauvres et arrive en quatrième position en terme de plus grand nombre de milliardaires. La Chine se range bon deuxième dans les deux cas (Banque mondiale, Forbes, Our World In Data). Est-ce que par cela j’insinue que la mitigation n’a pas sa place dans les pays en développement? Pas du tout. Je veux simplement dire qu’il est plus logique, et plus équitable, de responsabiliser les 20 pays qui génèrent 80% des émissions des gaz à effet de serre, et d’autres pays dont les taux sont élevés, que de responsabiliser, par exemple, les pays africains qui n’en génèrent que 2,3%.

Lutter contre la pauvreté : comment ces mesures d’adaptation contribueront à la mitigation à long terme ?

La réponse-type au débat sur la question “adapter ou mitiger” est que les pays en développement luttent maintenant, pas plus tard, contre les effets des changements climatiques : les sols s’érodent, l’approvisionnement en eau est moins prévisible, les phénomènes météorologiques le sont tout autant, provoquant tantôt sécheresses tantôt inondations. Ces enjeux affectent les vies maintenant, et dans les conditions actuelles, étant donné les pratiques courantes dans les domaines productifs comme l’agriculture, les gagne-pains de centaines de millions de personnes ne sont pas durables. En fait, ces vérités touchent autant les pays riches que les pays pauvres. Ce qui manque au débat, outre le fait que le mandat de l’aide au développement est la réduction de la pauvreté, qui est rattachée aux mesures d’adaptation, ce qui manque est une compréhension du comment ces mesures d’adaptation contribueront à la mitigation à long terme. L’illustration la plus exemplaire est la déforestation. Nous connaissons bien le rôle des arbres pour contrer la prévalence des gaz à effet de serre. La simple logique « Planter les arbres, c’est bon. Couper les arbres, c’est mal. » – sauf lorsqu’il s’agit d’une gestion durable des fermes – tient bien (il vaut mieux planter et couper que de ne jamais planter). Avec cet exemple, il est facile de comprendre pourquoi une famille en Haïti ou au Sénégal, qui n’a d’autre choix pour cuisiner que d’utiliser du bois ou du charbon, coupera bien un arbre, et brûlera bien du bois ou du charbon si elle doit cuisiner. Si des alternatives moins dommageables (gaz naturel, électricité non-carbonique, des fours améliorés) étaient accessibles et abordables sur le plan financier, de telles pratiques cèderaient leur place à des pratiques moins néfastes. Ainsi, une mesure économique, aidant les gens à s’adapter à leur condition et à bien gagner leur vie, les aiderait à mitiger les changements climatiques. Ce phénomène a été démontré au Costa Rica, où 50% de la terre est couverte de forêts, comparé à 20% il y a 30 ans. Ces résultats ont été atteints largement par le biais d’un programme de création d’emploi (Banque mondiale).

Favoriser le développement local

Une autre façon de comprendre cette dynamique est de mettre l’accent sur le développement local. En faisant la promotion de la dynamisation économique sur le plan local et régional, nous aidons les communautés à tirer profit davantage de la production alimentaire locale, réduisant ainsi leur dépendance sur des sources alimentaires externes nécessitant des transports qui émettent des gaz à effet de serre. Nous proposerions aussi aux jeunes hommes et jeunes femmes des options économiques qui leur permettraient de résister à l’appel des grandes villes qui, dans de nombreux pays en développement, ne jouissent pas encore d’une efficacité énergétique enviable. Encore une fois, l’adaptation mènera à la mitigation.

Cette question démographique est un autre enjeu qui doit être abordé, et cela renvoie au déficit de l’attention portée aux modèles scientifiques offrant des projections des effets des changements climatiques. Les modèles existent, mais les politiques et les programmes n’en tiennent pas encore assez compte. Mais ça, ça fera l’objet d’un autre billet.

 

Comment participer aux consultations publiques ?
Vous pouvez participer à la consultation via le site web d’Affaires mondiales Canada (AMC) en remplissant le formulaire de consultation et en vous informant  sur les principaux défis auxquels se heurte l’aide internationale.
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Alicia et la fleur de Huaganku

 
Alicia Chávez et ses trois enfants – Ocshapampa Crédit-photo : Lauriane Beaulieu

 

Agricultrice et productrice de fromage, Alicia Chávez vit dans la communauté d’Ocshapampa, située dans la partie alto-andine de Huari. La famille d’Alicia fait partie des nombreuses familles bénéficiaires du projet de fromageries artisanales familiales démarrées en 2010 par SUCO et Allpa, partenaire local à Huari. La fromagerie est une petite pièce très modeste, souvent annexée à la maison, équipée d’une petite table, d’une cuisinette à gaz ou à bois et d’une étagère pour entreposer le matériel et les fromages. Ce sont principalement les femmes qui produisent le fromage. Cela leur permet d’acquérir une très grande autonomie, car elles participent désormais à l’économie familiale en gagnant un revenu avec la vente de leurs produits. Ces femmes ne sont plus seulement confinées aux tâches ménagères, à la cuisine et au soin des enfants. Elles possèdent un travail qui leur permet de développer de nouvelles compétences et qui leur procurent un revenu.

Depuis 2011, la famille d’Alicia possède sa propre fromagerie. À travers les formations et les ateliers sur l’élaboration de fromage frais donnés par Allpa, Alicia a commencé à produire du fromage artisanal pour sa consommation personnelle et celle de sa famille. Elle a, par la suite, commencé à vendre une partie de sa production afin d’en tirer des bénéfices. La production de fromage artisanal ne représente pas seulement une source de revenus pour les familles, mais également une source nutritive d’alimentation. La production hebdomadaire d’Alicia dépend de la quantité de lait fournie par ses vaches laitières. Elle dépend également de nombreux éléments comme la santé des animaux, les pâturages et l’installation de systèmes d’irrigation. Alicia possède huit vaches, dont deux qui sont laitières. Lorsque la production de lait est insuffisante pour produire du fromage, Alicia achète du lait à une voisine. La production de fromage n’est donc pas uniquement bénéfique pour les familles productrices, mais également pour les familles qui produisent seulement du lait. C’est un cercle vertueux qui est créé dans la communauté. Alicia produit environ une dizaine de fromages par semaine, dépendamment de la quantité de lait disponible. Une partie de sa production est consommée par son mari et ses trois enfants, et l’autre est vendue dans sa communauté et au marché local de Huari.

 

Fromage frais artisanal « Jallga Queso » Crédit-photo : Julia Steiner

 

Alicia est l’une des premières femmes fromagères à recevoir la certification pour utiliser la marque locale « Jallga Queso ». Cette marque fut créée en 2012 par les familles rurales des communautés andines avec l’appui d’Allpa et de SUCO. Sur la vingtaine de familles productrices de fromage avec lesquelles travaille Allpa, seules cinq sont certifiées, dont celle d’Alicia au début 2013. Cette certification assure entre autres, un niveau de qualité du produit et son attribution fait l’objet d’une évaluation. Le fromage d’Alicia a donc une particularité, une image y est gravée : une vache, la fleur de Huaganku (fleur typique de Huari), une rivière et des collines, pour représenter la région. Ces quatre éléments représentent le logo de la marque. Cela permet de différencier le « Jallga Queso » des autres fromages mis en vente et d’assurer la qualité du fromage vendu.

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Alicia Chávez – fromagerie artisanale Crédit-photo : Lauriane Beaulieu

 

Grâce au projet des fromageries familiales, Alicia a développé des compétences dans la production de fromage frais et dans la conservation de pâturage pour ses animaux. Elle participe à toutes les réunions mensuelles qui ont lieu dans sa communauté et continue d’assister à des formations sur l’élaboration de fromage donné par Allpa. Produire du fromage lui permet d’avoir plus d’autonomie, lui procure un travail qu’elle aime et lui permet de rapporter un revenu à sa famille. Les femmes que j’ai rencontrées lors de mes visites dans les communautés rurales démontrent toutes beaucoup de motivation et d’enthousiasme dans l’apprentissage du processus de production et dans le développement de leurs compétences. Alicia fait partie des meilleures productrices avec lesquelles travaille Allpa. C’est un modèle pour les femmes de sa communauté qui rêvent d’avoir une fromagerie et qui aspirent à être formées sur les techniques de production du fromage. Pour sa part, Alicia aspire à la création d’une association de productrices de fromage pour la production et la vente. C’est également l’un des rêves d’Allpa, qui étudie et analyse cette possibilité depuis quelques années.

Par Lauriane Beaulieu, ancienne volontaire (programme PSIJ) au Pérou.

Le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

 

 


Faites le tour du monde avec Ngoné

 

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Ngoné DIOP NIANG s’implique dans le quartier de Keury Kao là, dans la ville de Thiès où elle vit avec sa famille. Avec un groupe de femmes du quartier, elle participe à la tontine qui permet tour à tour aux femmes d’avoir un petit revenu leur permettant de réaliser certains projets.

 

Ngoné est aussi la gérante du marché biologique du REFABEC qui est un réseau de femmes appuyé par des volontaires de SUCO en ce qui concerne le renforcement organisationnel et économique. Ngoné qui a débuté son poste de gérante du marché biologique en 2015, a été accompagnée par une volontaire de SUCO sur une période de trois mois. Des formations lui ont aussi été dispensées en commercialisation et renforcement économique.

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Ngoné travaille principalement trois jours au marché du REFABEC et le fait d’avoir été choisie afin d’être la gérante du marché biologique est l’accomplissement dont elle est le plus fière. Pour elle, cela représente un immense progrès dans sa vie.. En effet, avant d’être gérante du marché, elle tenait un petit commerce dans son quartier (vente de produits hygiéniques et ménagers) qui ne fonctionnait pas très bien. Les habitants du quartier lui prenaient en effet les produits à crédit et elle avait du mal à se faire rembourser. Avec le marché, elle possède plus de responsabilités, apprend de nouvelles choses et ses capacités sont renforcées. De plus, cela lui permet de rencontrer de nouvelles personnes en plus d’acquérir un meilleur revenu quand le marché fonctionne bien.

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Au début, Ngoné a rencontré quelques obstacles qui ne l’ont pas empêché de continuer. Que ce soit au niveau de l’approvisionnement du marché, ou encore de périodes plus creuses en matière d’affluence ou même en ce qui concerne les prix qui ne cessent d’augmenter, elle a réussi à ne pas se décourager et à continuer malgré tout. Elle possède d’ailleurs l’appui de sa famille et plus particulièrement celle de son mari et de sa belle mère. Cette dernière qui est elle aussi membre du REFABEC, se rend elle aussi au marché pour vendre des légumes.

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Son plus grand souhait pour l’avenir? Que le marché biologique du REFABEC se développe de plus en plus. En effet, plus le marché génère des profits, et plus les femmes qui y vendent leurs produits, Ngoné y compris, ont l’opportunité de se partager de plus grosses recettes. Pour Ngoné, ce serait l’occasion de pouvoir construire une maison pour sa famille et continuer d’assurer la scolarisation de ses enfants.

Par Ginette Imboua, conseillère en développement organisationnel et genre et représentante SUCO au Sénégal

Faites un don et donnez vie à d’autres projets d’agriculture durable !

35$

fournit des semences pour une terre agricole familiale.

50$

procure à une famille les semences et les outils pour démarrer un jardin maraîcher.

75$

permet l’achat d’une chèvre qui sert d’investissement pour nourrir une famille de 5 personnes.

150$

permet d’acheter 150 plantules (graines germées) pour planter des arbres fruitiers.

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Faites le tour du monde avec Marie-Laure

 

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Dans la commune montagneuse de Marigot se trouve la section communale de Fond Jean-Noël. C’est tout en haut de la montagne qu’habite Marie-Laure Dominique, agricultrice et vulgarisatrice du Projet de relance agricole (PRAN), coordonné par SUCO et son partenaire local CED.

On appelle cette contrée Berry-Kasedan puisque cette zone est si rocheuse qu’on «s’y casse les dents». Le charme ironique de cet endroit périlleux se caractérise par l’accueil chaleureux de ses habitants. Néanmoins, le rendement agricole est difficile dans la région. Le déboisement massif engendre une faible pluviométrie qui a pour conséquence d’assécher les sols et d’affaiblir les récoltes. Pour ces raisons, les cultures privilégiées sont les pommes de terre et les pois chus.

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Malgré tout, Marie-Laure Dominique est l’une de ces femmes qui garde espoir et s’efforce de faire rayonner sa communauté. En plus de son travail d’institutrice auprès de la classe préscolaire de l’école Chrétienne Emmanuel Grand-Bois, elle est membre de l’association paysanne APB (Assosyasyon Peyizan Berry) en plus de son rôle de vulgarisatrice en nutrition et en hygiène dans le cadre du projet PRAN.

Femme en action

Mère monoparentale de trois enfants, le travail de la terre est un moyen pour elle de subvenir aux besoins de sa famille. Les jardins de proximité développés par le PRAN et appuyés par le PCV ont permis à sa famille d’avoir une sécurité alimentaire et une autonomie financière. En effet avec peu d’efforts, ils peuvent directement se nourrir à même les récoltes familiales.

Agricultrice, institutrice, vulgarisatrice et maman à plein temps créent un horaire difficile à gérer. Lorsqu’on demande à Marie-Laure comment elle fait pour manier le tout, elle répond qu’avec la grâce de Dieu tout est possible. Le bien-être de sa communauté et de sa famille est ce qu’il y a de plus important. «Ce n’est pas toujours facile, mais les éloges et les encouragements de ma communauté me rendent fière et m’encouragent à avancer.»

Atelier de sensibilisation sur l'allaitement

Le projet PRAN lui a aussi permis d’apprendre sur les bienfaits d’une alimentation équilibrée et sur les règles d’hygiène pour prévenir le choléra qui a malheureusement frappé plusieurs victimes dans la commune de Marigot.

 

Marie-Laure est une institutrice dévouée, mais elle avoue avoir négligé ses tâches d’enseignante pour participer aux formations offertes par le PRAN. « J’ai convaincu mon directeur de ne pas me renvoyer, je lui ai dit que plus tard, tout le monde profiterait des formations auxquelles je participe». En tant que leader dans sa communauté, elle organise d’ailleurs régulièrement des rencontres de sensibilisation, entre autres pour déconstruire les tabous sur l’allaitement. Accompagnée d’un vulgarisateur de son association, lui-même formé par sa femme vulgarisatrice, ils font des démonstrations sur les positions de l’allaitement et expliquent aux gens les bienfaits de cette pratique pour le nourrisson, pour la mère, pour leur budget et aussi pour la communauté. Ensemble, ils mobilisent plus de 35 femmes dans ces rencontres de sensibilisation.

 

Comme toute mère, Marie-Laure a le bien-être de ses enfants à coeur. Son plus grand souhait? Poursuivre ses activités agricoles dans le but de financer l’éducation de ses enfants.

 

Par L’équipe de SUCO en Haïti

Faites un don et donnez vie à d’autres projets d’agriculture durable !

35$

fournit des semences pour une terre agricole familiale.

50$

procure à une famille les semences et les outils pour démarrer un jardin maraîcher.

75$

permet l’achat d’une chèvre qui sert d’investissement pour nourrir une famille de 5 personnes.

150$

permet d’acheter 150 plantules (graines germées) pour planter des arbres fruitiers.

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Faites le tour du monde avec Pascuala

 

Maria-Pascuala-Garcia-Gutirez

Lundi matin. Ma collègue Ariane Sylvain-Salvador et moi-même nous rendons à Rio Grande, communauté de la région d’Intibucá au Honduras. Le temps est très humide et froid, le brouillard est dense et le dernier kilomètre, que nous devons faire à pied, est très périlleux en raison de la boue qui rend le chemin excessivement glissant.

Notre mission : aller rencontrer une femme très inspirante, Maria Pascuala Garcia Gutirez.

Pascuala nous reçoit dans sa maison avec un café bien chaud et un déjeuner de tortillas, d’œufs et d’haricots. Cette femme de 43 ans, mère de trois fils et une fille, cultive une grande partie des aliments que consomme la famille. Nous visitons les parcelles entourant la maison où la famille cultive, entre autres, du maïs, des haricots, des radis, des carottes, de la coriandre, des patates et quelques arbres fruitiers. En plus d’être agricultrice, Pascuala donne énormément de son temps à AMIR (Asociación de Mujeres Intibucanas Renovadas), une association locale de femmes indigènes partenaire de SUCO, qui travaille en appui à l’amélioration du niveau de vie pour des familles vivant d’agriculture.

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L’implication de Pascuala au sein d’AMIR a commencé il y a environ 18 ans. Celle-ci nous raconte comment elle s’est d’abord impliquée dans le groupe local de l’association, puis au niveau de la zone (regroupant plusieurs communautés), pour finalement siéger pendant plus de 10 ans au Conseil général d’AMIR, occupant divers postes au passage, secrétaire, trésorière, vice-présidente, pour finalement occuper celui de présidente pendant 2 ans. Elle s’est ensuite retirée de l’administration de l’association mais demeure tout de même impliquée en tant que coordonnatrice du comité de surveillance. De plus, c’est que la famille travaille maintenant sur un nouveau projet, celui de développer une ferme modèle, lieu de démonstration et d’apprentissage pour les familles agricoles.

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Avoir des enfants en bas âge n’a pas empêché Pascuala de donner de son temps à l’association. Il pouvait lui arriver régulièrement de marcher plus de 2 heures avec un de ses enfants sur le dos afin de participer à une réunion. Fort heureusement, son époux l’a toujours épaulé dans son implication, tant moralement qu’au niveau du partage des tâches domestiques et de celui des enfants. Cet appui a été indispensable pour le travail de Pascuala au sein de l’organisation. Maintenant, elle peut également compter sur la présence de ses 4 enfants pour les aider, elle et son mari, dans les différentes tâches à effectuer et le développement de la ferme modèle.

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Ayant été à l’école jusqu’à l’âge d’environ 12 ans, un accomplissement dont l’agricultrice est particulièrement fière, est d’avoir su assumer de manière efficace et professionnelle les différentes tâches administratives dans l’organisation à force de débrouillardise, en apprenant le tout au fur et à mesure. Grâce à un travail acharné et appliqué, parfois jusqu’à tard dans la nuit, les exercices comptables et administratifs impeccables réalisés par Pascuala ont toujours passés haut la main lors des différents audits. Par contre, le travail avec l’organisation n’a pas toujours été un long chemin tranquille. Pascuala nous raconte comment elle a déjà dû se battre becs et ongles aux côtés de quelques-unes de ses collègues d’AMIR afin de préserver le terrain de l’organisation de quelques intérêts avides cherchant à les discréditer. Elle souligne au passage que les formations reçues avec AMIR sur les droits humains, l’estime de soi ou l’incidence politique les ont particulièrement aidées à continuer d’avancer malgré les difficultés rencontrées.

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Et lorsqu’on lui demande quel est son souhait le plus cher : « Aller visiter le Canada! » répond-t-elle dans un éclat de rire! Puis elle précise que son rêve pour sa famille serait que tous ses enfants deviennent des salariés professionnels, qu’AMIR continue de croître afin que plus de familles puissent en profiter, et finalement que leur projet de ferme modèle se développe au maximum.

Par Cassandre Hervieux Gaudreau, conseillère en agroécologie pour SUCO avec AMIR à La Esperanza, Intibucá, Honduras

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