Notre directrice générale de retour de mission du Sénégal

 

Le mois dernier, Geneviève Giasson, directrice générale de SUCO, est allée rencontrer nos principaux partenaires et explorer les opportunités de développement au Sénégal.

SUCO et le Sénégal : des liens solides

Avec 15,4 millions d’habitants, le Sénégal est l’un des pôles économiques les plus importants d’Afrique de l’Ouest. Présent depuis 2012 dans ce pays sahélien situé dans la partie la plus occidentale de l’Afrique, SUCO a tissé des liens solides au fil des années et des projets. Qu’il s’agisse de besoins en agriculture, égalité femmes-hommes, efficacité énergétique, changements climatiques, etc., SUCO a épaulé ses partenaires locaux par l’envoi de 71 stagiaires et volontaires. Actuellement, six stagiaires et volontaires sont en poste au Sénégal et 13 autres seront recrutés entre juin et août 2019.

Compte rendu de mission

Geneviève Giasson lors d’une réunion de travail avec des membres du GRAIM

Accompagnée du représentant de SUCO au Sénégal, Geneviève s’est entretue avec l’équipe du Groupe de Recherche et d’Appui aux Initiatives Mutualistes (GRAIM), au sujet de l’avancée de « Dund ak keew bi »,. En partenariat avec Réseau Environnement, ce projet de gouvernance locale vise à renforcer les capacités d’adaptation et de résilience aux changements climatiques de six communes du Plateau de Thiès.

Elle a également été accueillie par des membres de l’Association des Apiculteurs du Sénégal. Cette organisation formée de membres bénévoles intervient dans l’élevage des abeilles, la production et la transformation du miel, dans le respect de l’environnement.

Soutenir les femmes est au cœur de la mission de SUCO. C’est la raison pour laquelle Geneviève a rencontré des associations de femmes qui œuvrent en pisciculture et aquaculture ainsi qu’en transformation et commercialisation de produits issus de l’agriculture urbaine.

Lors de son passage à Dakar, Geneviève a pu expliquer l’approche de SUCO à l’occasion des rencontres avec des représentants d’autres organismes de coopération, de l’Ambassade du Canada et de la Délégation du Québec. Elle a aussi participé à une journée de réseautage organisée par l’Ambassade du Canada.

Un avant-goût culturel

De retour au Québec avec de nouvelles idées plein la tête, Geneviève a ramené dans ses bagages quelques objets qui serviront à l’encan de l’événement philanthropique phare de SUCO « Au goût du monde ». Le Sénégal sera ainsi à l’honneur le 24 octobre 2019. Notez-le à vos agendas !


Souvenirs du terrain

 

Notre cohorte 2018 de stagiaires du Programmes de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est de retour depuis plus de trois mois maintenant, mais continue de nous écrire des souvenirs du terrain. Ce mois-ci, Zoé nous partage son engouement pour les foires d’aliments agroécologiques qu’elle visitait quand elle habitait Lima au Pérou. Christine, quant à elle, se rappelle le premier atelier de formation sur la commercialisation qu’elle a donné, et comment elle a constaté son impact par la suite. Depuis février, 13 nouveaux et nouvelles stagiaires ont atterris au Honduras, au Pérou, au Sénégal et au Burkina Faso. Suivez leurs aventures à stages.suco.org

 

Crédit photo : Christine Latendresse


Ajoute une expérience internationale hors du commun à ton CV !  

 

SUCO cherche 25 stagiaires internationaux pour des départs en août 2019

Date limite pour postuler :  19 mai 2019

 

Qu’ont en commun Dahlia et Caroline sur cette photo? Un intérêt marqué pour les enjeux d’égalité femmes-hommes et de souveraineté alimentaire; jumelé au cran de réaliser un mandat de six mois au sein de la communauté de Santa Eulalia au Pérou! De juin à décembre 2018, elles ont participé au Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) de SUCO et ont acquis de nouvelles compétences professionnelles en les mettant à profit pour appuyer un projet de formation agricole.

« Le principal avantage et apprentissage que j’ai retiré d’une expérience comme celle-ci, c’est sans nul doute la compréhension des enjeux liés à l’environnement et l’agriculture. J’ai tellement appris sur les principes d’agroécologie et surtout sur l’impact des changements climatiques en Amérique latine que je me suis jurée de chercher un emploi ayant un impact sur cela au retour au Canada ! » – Caroline Wegner Tolio, ancienne stagiaire en commercialisation de produit agricole et maintenant chargée de projet en sécurité alimentaire

Fais comme Dahlia et Caroline, postule à suco.org/emploi et vois où l’aventure PSIJ te mène !


Déserts alimentaires d’ici et d’ailleurs, prise 2 !

 

Des jeunes adultes de Montréal-Nord s’intéressent au gaspillage alimentaire

La deuxième cohorte du projet DAIA, Déserts alimentaires d’ici et d’ailleurs, vient tout juste de terminer la réalisation d’un court métrage documentaire intitulé Sillages alimentaires. Cette année, ce sont des jeunes adultes de Montréal-Nord qui ont participé au projet et se sont intéressé à l’enjeu du gaspillage alimentaire. Après des ateliers de formation et de sensibilisation, le groupe a visité différentes initiatives positives en alimentation durable. Le groupe était accompagné par Funambules Médias et par la documentariste d’intervention sociale, Stéphanie Lessard-Bérubé ; ils et elles ont ainsi acquis des connaissances en scénarisation, en jeu, en manipulation de caméra et en son.

L’année dernière, le premier court-métrage produit dans le cadre de DAIA, Sortir du désert, a été présenté à l’occasion d’une vingtaine de soirées de projections organisées en collaboration avec des organismes communautaires/environnementaux et dans le cadre de Cinéma sous les étoiles. On y suivait des jeunes adultes du Sud-Ouest de Montréal qui s’interrogaient sur l’accessibilité à des aliments frais et sains dans leur quartier et qui exploraient différentes solutions citoyennes.

Une soirée de lancement aura lieu dans le quartier de Montréal-Nord durant le mois de juin et le film sera aussi présenté à trois reprises lors de la dixième édition de Cinéma sous les étoiles cet été.

Ce projet est une production de SUCO et L’OEUVRE LÉGER, réalisé en partenariat avec Funambules Médias et les Fourchettes de l’espoir.

Informations :

Yasmina Britel
Agente de programme à la Mobilisation du public, SUCO et coordonnatrice Ciné Vert
514 272-3019, poste 234
yasminabritel@suco.org


Une volontaire de fer pour la terre nourricière

 

Isabelle Tracy Laudé n’en est pas à ses premiers pas en matière d’accompagnement et de soutien communautaire. Cette bachelière en animation et recherches culturelles, avec spécialisation en relations interethniques et développement des communautés, poursuit son troisième mandat de volontaire avec SUCO.

Riche de son expérience en collaboration multipartenaires, tant sur la scène nationale qu’internationale, Isabelle Tracy Laudé a acquis, au fil des cinq dernières années, une approche de communication participative et inclusive. Il faut dire que la mobilisation et la participation citoyenne ne sont pas des champs d’intervention nouveaux pour cette jeune femme dynamique qui, de 2012 à 2015, a participé au Programme canadien de revitalisation urbaine et intégrée.

En 2015, à titre de conseillère en animation avec SUCO Haïti, elle a notamment accompagné et formé une vingtaine de femmes en leadership et mobilisation communautaire dans le cadre d’un projet de relance agricole et d’amélioration de la nutrition (PRAN), financé par l’Union européenne et le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) du Québec.

 

« Établie à Jacmel (sud-est), dans la commune de Marigot, mon travail consistait à améliorer les interventions du projet en matière de campagne de sensibilisation autour de projets collectifs de nature sociale et économique », précise Isabelle avec beaucoup de fierté dans la voix et le sentiment du devoir accompli.

Œuvrant auprès d’associations paysannes, de groupes de mères et de femmes leaders, elle avoue avoir développé une écoute proactive basée sur l’identification des besoins de la population.

Ces atouts lui sont fort utiles dans son mandat actuel, toujours avec SUCO Haïti.

Suivez le Guide

Isabelle a ainsi participé à la conception et à la diffusion d’un guide méthodologique (Manyèl Akonpayman) devant faciliter l’utilisation du Guide alimentaire haïtien (Gid Alimentè) élaboré par SUCO, en partenariat avec Cercles Divers (CED), une organisation non gouvernementale haïtienne établie à Jacmel.

Isabelle fait aussi la promotion du Djakout Peyizan, un outil créé par SUCO en collaboration avec de multiples partenaires, dont le MARNDR (ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural), pour renforcer les capacités des familles paysannes, des agronomes et des ONG en techniques de gestion et de valorisation d’une exploitation agricole.

« Il s’agit de promouvoir l’autosuffisance alimentaire. Je participe également à la réalisation d’ateliers de formation et de réflexion avec l’équipe terrain et les partenaires afin de former des personnes vulgarisatrices en saine alimentation, allaitement et hygiène de base, le tout articulé autour du contenu du Gid Alimantè et de son Manyèl Akonpayman », résume Isabelle.

Agente de milieu douée et sensible aux différences culturelles, animatrice citoyenne reconnue pour son efficacité et sa forte personnalité, Isabelle Tracy Laudé contribue, à sa manière, à faire la promotion de l’approche de développement local de l’organisation ainsi qu’à affirmer et à consolider la présence de SUCO en Haïti.


Chaque volontaire a une histoire à raconter !

 

Depuis 2015, près de 2500 volontaires ont participé aux programmes de coopération volontaire financé par Affaires mondiales Canada pour créer un changement dans des pays du Sud et au sein de leurs communautés au Canada. Le 18 janvier dernier, 60 volontaires se sont réunis à Ottawa pour raconter leurs histoires dans le cadre d’une expérience de bibliothèque humaine. Découvrez les histoires de Sophie, Éléonore et Catherine, volontaires de SUCO au Sénégal et Nicaragua !

« Si tu vois une chèvre dans le repaire d’un lion, aie peur d’elle »
Par Sophie Bourdon

Ce proverbe sénégalais, Sophie Bourdon l’a entendu à plusieurs reprises. En s’engageant comme représentante de SUCO au Sénégal, après plusieurs mandats de volontariat, elle savait à quoi s’attendre … ou presque!

Peut-on occuper un poste de responsabilité de la même manière qu’un homme, lorsqu’on est une jeune femme blanche, en Afrique de l’Ouest? Comment exercer un leadership inclusif lorsque l’on évolue dans un environnement où nos pairs sont majoritairement des hommes? Y a-t-il de la place pour repenser l’égalité par l’accompagnement des volontaires canadiens et canadiennes? Est-ce qu’il suffit d’avoir des cibles sexospécifiques pour documenter nos actions auprès des femmes et des filles? Autant de questions que ce livre prend un malin plaisir à soulever et à nuancer.

Sophie Bourdon signe ici, avec humour et humilité, le récit surprenant des défis de l’égalité entre les femmes et les hommes au sein des réseaux de coopération internationale, de Montréal à Dakar. Une histoire évocatrice qui bouscule nos certitudes et nous laisse sur cette sempiternelle vérité : le vrai changement ne se fait pas tout seul!

Entre cîmes et racines, une histoire de développement organisationnel
Par Éléonore Durocher-Bergeron 

Inclure. Être incluse.
Explorer leur histoire d’abord.
Un mois, un petit mois pour comprendre.
Comprendre l’histoire d’un homme, de son projet organisationnel.

Entre la cîme et les racines du Réseau MUUD.
MUUD, ça signifie « l’union des chances » en langue sérère.
Au coeur de Ndiaganiao, au coeur de 63 Associations Villageoises de Développement, au coeur de 132 familles.
J’ai accompagné Seck Faye et son équipe dans la réalisation d’un diagnostic organisationnel participatif.
Un diagnostic pour mieux se rappeler où étaient ses racines 20 ans après la création du Réseau, sa base solide qui lui permet de faire face aux vents et tempêtes.

Puis créer de l’espace, de l’ouverture.
« Je ne savais pas que j’étais capable ; c’est grâce à toi que je m’en rends compte et que j’ai envie de continuer», m’a lancé Seck, à la sortie d’une animation de groupe qu’il venait de faciliter par lui-même.

Donner confiance.
À un homme. Également à une organisation, qui elle aussi prend de l’assurance à travers les succès qu’elle accumule.

La valeur du volontariat se trouve toute là.
Une bonne relation d’accompagnement et de mentorat va au-delà du sujet même de la conversation. Cette relation est à même de modeler une façon d’interagir et de créer un style de leadership.

Coop et bouffe
Par Catherine Fallon

L’un des défis de la personne volontaire en pays étranger est d’adapter ses pratiques culinaires aux disponibilités du pays. Qu’en est-il lorsqu’en plus d’apprendre à cuisiner ces aliments à la maison, il faut enseigner des pratiques de transformation adaptées aux coutumes, aux ressources disponibles, aux besoins nutritionnels, à la culture?

 Selon le pays d’accueil, les façons de voir l’alimentation et la variété alimentaire ne sont pas les mêmes et peuvent être très différentes du pays d’origine. Certains fruits et légumes sont tout à fait nouveaux, alors que d’autres sont transformés d’une autre façon, les classifications d’aliments sont différentes tout comme les habitudes et traditions liées aux repas.

 Pour les aider à relever ce défi supplémentaire, les personnes volontaires en sécurité alimentaire et nutritionnelle peuvent compter sur une ressource essentielle pour qui la bouffe est plus souvent au centre des préoccupations : les femmes.

Le programme de coopération volontaire de SUCO est financé par le gouvernement canadien par l’entremise d’Affaires mondiales Canada

 


Contrer l’exode rural en formant la relève agricole

 
De juin à août 2017, quatre jeunes Québécoises ont réalisé un stage Québec sans frontières à Huari, au Pérou, avec l’organisme local ALLPA, partenaire de SUCO.


Comme dans plusieurs autres pays du monde, l’exode rural est un phénomène qui affecte le Pérou et en particulier la région où nous effectuons notre stage, qui a lieu plus précisément dans la petite ville de Huari, ainsi que les zones rurales qui l’entourent
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Notre stage Québec sans frontières sur la promotion des aliments locaux et du travail des personnes agricultrices, réalisé en collaboration avec notre partenaire local Allpa, nous a amené à nous questionner sur les raisons qui poussent les jeunes à abandonner leur terre natale pour tenter leur chance ailleurs.

La dévitalisation des milieux ruraux

À la suite de nombreuses discussions avec des familles agricultrices, ainsi qu’avec des collègues d’Allpa, nous avons tout d’abord constaté que les raisons qui poussent la plupart des gens à migrer vers de plus grandes villes ressemblent énormément à celles invoquées au Québec et au Canada : les zones rurales se dévitalisent plus ou moins rapidement, car les jeunes aspirent à un futur qu’ils peinent à imaginer en campagne. Pour vous donner une idée de la situation, il ne reste qu’une trentaine de famille à Ampas, petite communauté voisine de Huari, alors qu’il y a trente ans, on en comptait trois cents. Les répercussions sont dramatiques puisque ce genre de phénomène implique que, dans des villes comme Huari qui ne possèdent pas leur propre université, les jeunes qui veulent poursuivre leurs études doivent déménager dans une autre ville, comme Huaraz ou Lima. Parmi ceux et celles qui partent pour les grandes villes, une poignée seulement revient dans leur petite ville natale pour y faire leur vie.

Un autre de nos questionnements portait sur les perceptions existantes du métier d’agriculteur. Bien évidemment, elles sont différentes d’une famille à l’autre, mais la différence est d’autant plus manifeste si l’on compare les familles qui vivent dans une zone rurale, comme Ampas, à celles qui vivent dans une zone plus urbanisée, comme Huari. Les familles de Huari avec lesquelles nous avons discuté ne vivent généralement pas de leur propre agriculture, et même si certaines d’entre elles possèdent une terre, il s’agit davantage d’une activité marginale que d’un réel métier. De plus, si quelques personnes considèrent que l’agriculture est un travail difficile, d’autres vont jusqu’à dire que ce n’est pas un « vrai » travail.

Des familles qui valorisent le travail de la terre

Certaines familles nous ont toutefois fait part d’opinions tout à fait différentes. Elles nous ont par exemple parlé de l’entraide et de la solidarité qui existent entre les familles d’agriculteurs et d’agricultrices. En effet, toute la communauté travaille une journée dans les champs de l’une des familles, puis dans ceux d’une autre famille le lendemain, et ainsi de suite. Cela témoigne d’un esprit de communauté très fort. De plus, une famille d’agriculteurs et d’agricultrices qui a vécu plusieurs années à Lima pour ensuite revenir à Ampas nous a confié que la qualité de vie était selon elle beaucoup moins bonne à Lima. Il y a beaucoup de bruit, le coût de vie y est élevé et les déplacements sont rendus difficiles par le trafic constant. Ces conditions ne peuvent être comparées au calme et à la tranquillité qui règnent à Ampas ou à Huari. Selon cette même famille, la délinquance a augmenté de manière importante depuis quelques années à Lima, ce qui en fait un environnement inadéquat pour établir une famille.

Des participants aux modules de formation d’Allpa sur la production maraîchère dans le cadre du projet FORMAGRO.


Former et outiller la relève : le travail de l’organisme Allpa

Un certain nombre de défis caractérisent la vie des agriculteurs et des agricultrices. L’amélioration des conditions de vie en zone rurale se trouve justement le cœur du travail d’Allpa, un organisme qui œuvre dans plusieurs régions rurales du Pérou pour en assurer le développement durable. Allpa offre un soutien aux producteurs et productrices dans le développement de leurs activités maraîchères, d’élevage ou de production laitière, et travaille conjointement avec ceux-ci pour leur permettre de consolider leurs connaissances et techniques. Les familles productrices y voient par conséquent une opportunité d’amélioration. En effet, des changements ont été constatés à la suite de la participation aux formations. Bon nombre d’agriculteurs et d’agricultrices ont modifié leurs méthodes de production maraîchère pour se tourner vers le biologique alors qu’ils utilisaient auparavant des méthodes de production conventionnelle, lesquelles faisaient par exemple appel à des pesticides chimiques dangereux. Allpa travaille aussi à la revalorisation du métier d’agriculteur et d’agricultrice et à la construction d’un meilleur avenir pour les jeunes vivant en zone rurale. En effet, les modules de formation dédiés aux jeunes de 18 à 35 ans permettent à la relève d’être plus motivée et mieux outillée pour travailler la terre. Notre mandat en tant que stagiaires était de collaborer avec Allpa afin de sensibiliser la population à l’utilisation de produits locaux et biologiques.

À la fin de notre stage, nous avons pris conscience de l’étendue de nos apprentissages et nous avons également pu observer qu’une intervention semblable serait extrêmement pertinente chez nous, au Québec.

Claudio Estrada, un facilitateur communautaire d’Allpa, donnant une formation participative sur le contrôle biologique des maladies.


Article rédigé par nos stagiaires QSF : Éliane Voisard, Anika Ste-Marie, Laurence Dupont et Elisabeth Bergeron

Accompagnatrice du groupe  : Anne-Sophie Côté

Informez-vous sur le programme Québec sans frontières du ministères des Relations internationales et de la Francophonie du Québec.


Le théâtre forum, un outil participatif qui fait écho à l’approche de SUCO

 

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Notre collègue Linda Gagnon en pleine action.

Le 11 août dernier, dans le cadre du Forum social mondial, SUCO a lancé en collaboration avec l’organisme Mise au jeu, « Allons voir là-bas si j’y suis », un atelier de théâtre forum qui pose un regard sur la coopération internationale et permet de nous questionner sur ses différentes pratiques. Dans la salle, une vingtaine de participants provenant d’horizons différents, des animateurs scolaires, employés d’organismes de coopération internationale ou simples individus ayant vécu une expérience à l’international,  étaient animés par le désir de réfléchir ensemble sur ce que peut nous apporter une telle expérience.

Mais avant tout, qu’est-ce que le théâtre forum?

C’est un spectacle de théâtre interactif qui permet par le biais du jeu théâtral de faire émerger la parole. Tout d’abord, les acteurs jouent plusieurs courtes scènes évoquant des situations quotidiennes pouvant être vécues comme des impasses. Puis ces scènes sont rejouées autant de fois que nécessaire, de telle manière à ce que les spectateurs, dans un contexte convivial, soient amenés à intervenir à certains moments de la pièce pour proposer des solutions.

 

Une méthode qui rejoint l’approche de SUCO sur le terrain

Cette méthode d’intervention participative développée par le brésilien Augusto Boal dans son théâtre de l’Opprimé trouve un écho dans le travail  réalisé par  SUCO dans ses différents pays d’intervention. En effet, nous travaillons de près avec les gens, dans l’objectif de promouvoir un réel échange de connaissances, d’expertises, de vécus et de compétences. Nous croyons que cette façon de faire très participative permet de développer et de favoriser davantage l’apprentissage puisque les personnes sont impliquées directement dans le processus.

Alors, pourquoi ne pas être conséquent avec nous-mêmes en tant qu’organisation et prioriser ce type d’outil de sensibilisation du public ici, au Québec et au Canada pour faire réagir, réfléchir, débattre, apprendre sur les enjeux qui nous touchent?  Et quelle meilleure tribune que le Forum social mondial pour le lancer? En tout cas, le pari est réussi et nous renouvellerons à coup sûr l’expérience dans le courant de l’année.

Avis aux intéressés!

 


La coopération volontaire, un enrichissement inestimable

 

Vue sur la coopération volontaire

Le mandat pour lequel je me suis engagée ici au Sénégal fait partie du Programme de coopération volontaire (PCV) financé par Affaires mondiales Canada, auquel SUCO participe. L’objectif est de recruter des professionnels afin d’appuyer, soutenir et former des partenaires locaux en vue d’améliorer les conditions socio-économiques des populations locales en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes. J’ai donc décidé de m’engager dans le programme de SUCO et travailler de près avec un de leurs partenaires du Sud. Mon choix s’est arrêté sur cet organisme de coopération internationale pour deux raisons : leur approche de proximité et leur expertise en agriculture durable. Bien entendu, le terme volontariat signifie un engagement personnel, respectant des valeurs de solidarité et de partage, une mise à profit de nos connaissances, énergies, aptitudes envers les partenaires locaux, mais aussi une forme de « travail » qui n’est pas conventionnelle et qui nous amène vers une vision autre du système dans lequel on a l’habitude de s’insérer.

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Bien que le volontariat ne soit pas lucratif au sens où on l’entend généralement, il apporte à tout un chacun une richesse qui est inestimable : découverte d’autres cultures, croyances et systèmes de valeurs, remise en question, réflexions sur sa réalité et son rapport à soi-même. Cette expérience nous apporte également un enrichissement qui nous suivra pour le reste de nos jours, nous permettra de mieux nous interroger sur les enjeux actuels et ainsi devenir de meilleurs citoyens. L’idée d’investir mes efforts au Québec reste une priorité, et je suis convaincue que le bagage que je rapporterai avec moi pourra contribuer à un réel changement dans un futur rapproché.

Alors qu’en est-il du mandat ?

Pour la prochaine année, j’accompagnerai La Centrale d’achat de Touba Toul, une association créée en 2005 par la volonté des producteurs de la commune de prendre en charge leurs propres besoins de développement agricole, afin de les appuyer dans la recherche de solutions durables à leurs problèmes de productivité et ainsi soutenir le développement d’une agriculture performante et viable. Réunissant 16 575 producteurs et productrices provenant de 53 villages de la commune de Touba Toul, l’association a pour mission d’offrir à ses membres des services d’appui à la production agricole afin de leur permettre de faire face aux nombreuses difficultés qu’ils rencontrent. Le partenariat entre la Centrale d’achat de Touba Toul et SUCO a débuté en 2015 avec l’arrivée d’une première volontaire qui a accompagné la Centrale dans la réalisation d’un diagnostic organisationnel et la création d’un plan stratégique quinquennal. Cette première étape était cruciale, tant pour le partenaire que pour SUCO, afin d’avoir une idée claire de la situation actuelle et des mesures correctives à envisager pour le futur. Elle a également permis de mesurer la motivation du partenaire et le bien-fondé de la démarche. Il ne m’a fallu que très peu de temps pour comprendre les raisons qui ont motivé SUCO à entretenir le partenariat avec la Centrale d’achat de Touba Toul et rédiger un second mandat pour mettre en action les activités prévues dans le plan stratégique par la première volontaire.

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Me voilà donc dans la région de Thiès, à réaliser mon propre diagnostic de la situation, observer les méthodes de travail du partenaire et comprendre leurs réels besoins. Je tenterai de m’insérer au mieux à travers leurs diverses activités afin de leur offrir le meilleur accompagnement possible dans la réalisation de leurs objectifs pour l’année 2016-2017. À cela s’ajoute la découverte de l’autre et l’intégration au groupe, qui se fait petit à petit, chaque jour, avec une bonne dose d’ouverture et d’humilité.

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Un accompagnement axé sur le renforcement de capacités

L’optique de mon accompagnement est de renforcer les capacités des membres de l’association dans une optique de durabilité. Mon objectif, et celui de SUCO, est de travailler de sorte à ce que le partenaire devienne autonome et qu’éventuellement, notre soutien ne soit plus nécessaire. La démarche envisagée est celle d’un accompagnement de proximité et d’une co-construction d’outils en lien avec les actions posées. Avec un partenaire qui a opté pour une division du travail selon les projets en cours, j’aurai la chance de travailler avec de petites équipes, les soutenir dans les étapes de gestion d’un projet et les amener à réfléchir pour mieux organiser le travail. Avec peu de moyens, et beaucoup d’idées, nous avons beaucoup de pain sur la planche. Mais cette motivation, de source encore inconnue, dont fait preuve ce partenaire sénégalais m’étonne encore après 2 mois et me convainc que tout est possible.

À suivre !

Par Katherine Tardif, volontaire au Sénégal

Version 2


Proga-Jeunes, un projet de développement ambitieux et innovateur

 

Depuis 2014, j’ai l’incroyable chance de travailler pour un projet de développement international ambitieux et innovateur comme conseillère en renforcement des capacités pour Suco : Proga-Jeunes. Il s’agit d’un projet qui se déroule sur six ans et durant cette période, environ 2000 jeunes producteurs et productrices reçoivent une formation technique en agroécologie. Ils étudient trois ans pour obtenir leur diplôme. Le curriculum comprend des cours sur la production des grandes céréales, la production maraîchère, l’élevage, l’agroforesterie en plus de cours de sécurité alimentaire, de transformation et conservation des aliments, d’entrepreneuriat et d’égalité entre les femmes et les hommes. Les jeunes qui le souhaitent ont accès à un micro-crédit pour démarrer une petite entreprise. Le projet accompagne également les communautés en réalisant des ouvrages environnementaux qui permettent de solutionner des problèmes comme l’accès à l’eau potable, la gestion des matières résiduelles, la déforestation et la sauvegarde de semences indigènes. Tout cela en se basant sur une méthodologie d’éducation populaire parce que la plupart de ces jeunes ont un faible niveau d’éducation et apprennent beaucoup mieux dans l’action. Le dernier groupe d’étudiants terminera sa formation en décembre 2016.

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Crédit-photo: Everto Lira

Au-delà du projet : des impacts durables

De grandes questions se posent donc pour l’équipe sur le terrain. Comment faire pour, qu’au-delà de notre intervention, les jeunes continuent à mettre en pratique les connaissances acquises? Comment faire pour qu’ils soient de véritables agents de changement au sein de leur communauté? Comment être certains que le message et la philosophie du projet survivront au retrait de l’équipe de Proga-Jeunes?

Ces questions sont pertinentes pour n’importe quel projet de développement qui souhaite voir un effet durable de ces actions. Avec Proga-Jeunes, nous souhaitons ultimement améliorer le niveau de vie des personnes avec qui nous travaillons et nous pensons que cela peut se réaliser à travers la protection de l’environnement, des relations hommes-femmes plus équilibrées, l’augmentation des revenus des ménages, l’amélioration de la sécurité alimentaire et une production agricole plus abondante, plus diversifiée et mieux échelonnée sur toute l’année. Or, les changements en profondeur peuvent difficilement s’observer sur une courte ou moyenne période. Cependant, la méthodologie de Proga-Jeunes semble faire ses preuves, car il n’y a aucun doute que plusieurs des familles bénéficiaires peuvent déjà dire que leur vie n’est plus la même que celle qu’elles menaient avant le projet. Mais combien de temps cela durera-t-il? Les jeunes sauront-ils maintenir la production et faire l’entretien adéquat de leurs cultures en l’absence de l’équipe de Proga-Jeunes? Sauront-ils trouver de nouveaux marchés pour leurs produits? Donneront-ils à leurs filles la place à laquelle elles ont droit dans les décisions familiales?

Un défi à relever : bien outiller les leaders de demain

En tant que projet qui promouvoit des valeurs différentes et de nouvelles pratiques, nous voulons pouvoir revenir dans 10 ans, dans 20 ans, et constater que ces jeunes d’aujourd’hui sont les leaders de demain et que nos partenaires furent des acteurs proactifs dans la formation d’autres jeunes sur la même voie.

Mais pour que cela puisse se faire, il est important de bien comprendre les besoins des personnes, de fournir les outils nécessaires à leur autonomisation et d’identifier des alliés au sein du pays qui peuvent contribuer à l’atteinte de ces nobles objectifs. Proga-Jeunes est justement en train d’établir sa stratégie de durabilité et cette dernière comprendra des actions sur tous les fronts : transfert de connaissances aux partenaires, formation de promoteurs, échanges d’expériences, création de marchés verts, etc. Et ce sont ces initiatives, que j’aurai le plaisir de vous présenter dans ce blogue, qui feront de Proga-Jeunes un projet vivant et ancré dans les communautés, au-delà de l’intervention de Suco et de ses partenaires.

 

Rachel en compagnie d’un groupe de jeunes étudiants. Crédit-photo: Fernando

 

Pour en savoir davantage sur Proga-Jeunes, suivez-nous sur notre page Facebook au Nicaragua.