Une volontaire de fer pour la terre nourricière

 

Isabelle Tracy Laudé n’en est pas à ses premiers pas en matière d’accompagnement et de soutien communautaire. Cette bachelière en animation et recherches culturelles, avec spécialisation en relations interethniques et développement des communautés, poursuit son troisième mandat de volontaire avec SUCO.

Riche de son expérience en collaboration multipartenaires, tant sur la scène nationale qu’internationale, Isabelle Tracy Laudé a acquis, au fil des cinq dernières années, une approche de communication participative et inclusive. Il faut dire que la mobilisation et la participation citoyenne ne sont pas des champs d’intervention nouveaux pour cette jeune femme dynamique qui, de 2012 à 2015, a participé au Programme canadien de revitalisation urbaine et intégrée.

En 2015, à titre de conseillère en animation avec SUCO Haïti, elle a notamment accompagné et formé une vingtaine de femmes en leadership et mobilisation communautaire dans le cadre d’un projet de relance agricole et d’amélioration de la nutrition (PRAN), financé par l’Union européenne et le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) du Québec.

 

« Établie à Jacmel (sud-est), dans la commune de Marigot, mon travail consistait à améliorer les interventions du projet en matière de campagne de sensibilisation autour de projets collectifs de nature sociale et économique », précise Isabelle avec beaucoup de fierté dans la voix et le sentiment du devoir accompli.

Œuvrant auprès d’associations paysannes, de groupes de mères et de femmes leaders, elle avoue avoir développé une écoute proactive basée sur l’identification des besoins de la population.

Ces atouts lui sont fort utiles dans son mandat actuel, toujours avec SUCO Haïti.

Suivez le Guide

Isabelle a ainsi participé à la conception et à la diffusion d’un guide méthodologique (Manyèl Akonpayman) devant faciliter l’utilisation du Guide alimentaire haïtien (Gid Alimentè) élaboré par SUCO, en partenariat avec Cercles Divers (CED), une organisation non gouvernementale haïtienne établie à Jacmel.

Isabelle fait aussi la promotion du Djakout Peyizan, un outil créé par SUCO en collaboration avec de multiples partenaires, dont le MARNDR (ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural), pour renforcer les capacités des familles paysannes, des agronomes et des ONG en techniques de gestion et de valorisation d’une exploitation agricole.

« Il s’agit de promouvoir l’autosuffisance alimentaire. Je participe également à la réalisation d’ateliers de formation et de réflexion avec l’équipe terrain et les partenaires afin de former des personnes vulgarisatrices en saine alimentation, allaitement et hygiène de base, le tout articulé autour du contenu du Gid Alimantè et de son Manyèl Akonpayman », résume Isabelle.

Agente de milieu douée et sensible aux différences culturelles, animatrice citoyenne reconnue pour son efficacité et sa forte personnalité, Isabelle Tracy Laudé contribue, à sa manière, à faire la promotion de l’approche de développement local de l’organisation ainsi qu’à affirmer et à consolider la présence de SUCO en Haïti.


Chaque volontaire a une histoire à raconter !

 

Depuis 2015, près de 2500 volontaires ont participé aux programmes de coopération volontaire financé par Affaires mondiales Canada pour créer un changement dans des pays du Sud et au sein de leurs communautés au Canada. Le 18 janvier dernier, 60 volontaires se sont réunis à Ottawa pour raconter leurs histoires dans le cadre d’une expérience de bibliothèque humaine. Découvrez les histoires de Sophie, Éléonore et Catherine, volontaires de SUCO au Sénégal et Nicaragua !

« Si tu vois une chèvre dans le repaire d’un lion, aie peur d’elle »
Par Sophie Bourdon

Ce proverbe sénégalais, Sophie Bourdon l’a entendu à plusieurs reprises. En s’engageant comme représentante de SUCO au Sénégal, après plusieurs mandats de volontariat, elle savait à quoi s’attendre … ou presque!

Peut-on occuper un poste de responsabilité de la même manière qu’un homme, lorsqu’on est une jeune femme blanche, en Afrique de l’Ouest? Comment exercer un leadership inclusif lorsque l’on évolue dans un environnement où nos pairs sont majoritairement des hommes? Y a-t-il de la place pour repenser l’égalité par l’accompagnement des volontaires canadiens et canadiennes? Est-ce qu’il suffit d’avoir des cibles sexospécifiques pour documenter nos actions auprès des femmes et des filles? Autant de questions que ce livre prend un malin plaisir à soulever et à nuancer.

Sophie Bourdon signe ici, avec humour et humilité, le récit surprenant des défis de l’égalité entre les femmes et les hommes au sein des réseaux de coopération internationale, de Montréal à Dakar. Une histoire évocatrice qui bouscule nos certitudes et nous laisse sur cette sempiternelle vérité : le vrai changement ne se fait pas tout seul!

Entre cîmes et racines, une histoire de développement organisationnel
Par Éléonore Durocher-Bergeron 

Inclure. Être incluse.
Explorer leur histoire d’abord.
Un mois, un petit mois pour comprendre.
Comprendre l’histoire d’un homme, de son projet organisationnel.

Entre la cîme et les racines du Réseau MUUD.
MUUD, ça signifie « l’union des chances » en langue sérère.
Au coeur de Ndiaganiao, au coeur de 63 Associations Villageoises de Développement, au coeur de 132 familles.
J’ai accompagné Seck Faye et son équipe dans la réalisation d’un diagnostic organisationnel participatif.
Un diagnostic pour mieux se rappeler où étaient ses racines 20 ans après la création du Réseau, sa base solide qui lui permet de faire face aux vents et tempêtes.

Puis créer de l’espace, de l’ouverture.
« Je ne savais pas que j’étais capable ; c’est grâce à toi que je m’en rends compte et que j’ai envie de continuer», m’a lancé Seck, à la sortie d’une animation de groupe qu’il venait de faciliter par lui-même.

Donner confiance.
À un homme. Également à une organisation, qui elle aussi prend de l’assurance à travers les succès qu’elle accumule.

La valeur du volontariat se trouve toute là.
Une bonne relation d’accompagnement et de mentorat va au-delà du sujet même de la conversation. Cette relation est à même de modeler une façon d’interagir et de créer un style de leadership.

Coup et bouffe
Par Catherine Fallon

L’un des défis de la personne volontaire en pays étranger est d’adapter ses pratiques culinaires aux disponibilités du pays. Qu’en est-il lorsqu’en plus d’apprendre à cuisiner ces aliments à la maison, il faut enseigner des pratiques de transformation adaptées aux coutumes, aux ressources disponibles, aux besoins nutritionnels, à la culture?

 Selon le pays d’accueil, les façons de voir l’alimentation et la variété alimentaire ne sont pas les mêmes et peuvent être très différentes du pays d’origine. Certains fruits et légumes sont tout à fait nouveaux, alors que d’autres sont transformés d’une autre façon, les classifications d’aliments sont différentes tout comme les habitudes et traditions liées aux repas.

 Pour les aider à relever ce défi supplémentaire, les personnes volontaires en sécurité alimentaire et nutritionnelle peuvent compter sur une ressource essentielle pour qui la bouffe est plus souvent au centre des préoccupations : les femmes.

Le programme de coopération volontaire de SUCO est financé par le gouvernement canadien par l’entremise d’Affaires mondiales Canada

 


Contrer l’exode rural en formant la relève agricole

 
De juin à août 2017, quatre jeunes Québécoises ont réalisé un stage Québec sans frontières à Huari, au Pérou, avec l’organisme local ALLPA, partenaire de SUCO.


Comme dans plusieurs autres pays du monde, l’exode rural est un phénomène qui affecte le Pérou et en particulier la région où nous effectuons notre stage, qui a lieu plus précisément dans la petite ville de Huari, ainsi que les zones rurales qui l’entourent
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Notre stage Québec sans frontières sur la promotion des aliments locaux et du travail des personnes agricultrices, réalisé en collaboration avec notre partenaire local Allpa, nous a amené à nous questionner sur les raisons qui poussent les jeunes à abandonner leur terre natale pour tenter leur chance ailleurs.

La dévitalisation des milieux ruraux

À la suite de nombreuses discussions avec des familles agricultrices, ainsi qu’avec des collègues d’Allpa, nous avons tout d’abord constaté que les raisons qui poussent la plupart des gens à migrer vers de plus grandes villes ressemblent énormément à celles invoquées au Québec et au Canada : les zones rurales se dévitalisent plus ou moins rapidement, car les jeunes aspirent à un futur qu’ils peinent à imaginer en campagne. Pour vous donner une idée de la situation, il ne reste qu’une trentaine de famille à Ampas, petite communauté voisine de Huari, alors qu’il y a trente ans, on en comptait trois cents. Les répercussions sont dramatiques puisque ce genre de phénomène implique que, dans des villes comme Huari qui ne possèdent pas leur propre université, les jeunes qui veulent poursuivre leurs études doivent déménager dans une autre ville, comme Huaraz ou Lima. Parmi ceux et celles qui partent pour les grandes villes, une poignée seulement revient dans leur petite ville natale pour y faire leur vie.

Un autre de nos questionnements portait sur les perceptions existantes du métier d’agriculteur. Bien évidemment, elles sont différentes d’une famille à l’autre, mais la différence est d’autant plus manifeste si l’on compare les familles qui vivent dans une zone rurale, comme Ampas, à celles qui vivent dans une zone plus urbanisée, comme Huari. Les familles de Huari avec lesquelles nous avons discuté ne vivent généralement pas de leur propre agriculture, et même si certaines d’entre elles possèdent une terre, il s’agit davantage d’une activité marginale que d’un réel métier. De plus, si quelques personnes considèrent que l’agriculture est un travail difficile, d’autres vont jusqu’à dire que ce n’est pas un « vrai » travail.

Des familles qui valorisent le travail de la terre

Certaines familles nous ont toutefois fait part d’opinions tout à fait différentes. Elles nous ont par exemple parlé de l’entraide et de la solidarité qui existent entre les familles d’agriculteurs et d’agricultrices. En effet, toute la communauté travaille une journée dans les champs de l’une des familles, puis dans ceux d’une autre famille le lendemain, et ainsi de suite. Cela témoigne d’un esprit de communauté très fort. De plus, une famille d’agriculteurs et d’agricultrices qui a vécu plusieurs années à Lima pour ensuite revenir à Ampas nous a confié que la qualité de vie était selon elle beaucoup moins bonne à Lima. Il y a beaucoup de bruit, le coût de vie y est élevé et les déplacements sont rendus difficiles par le trafic constant. Ces conditions ne peuvent être comparées au calme et à la tranquillité qui règnent à Ampas ou à Huari. Selon cette même famille, la délinquance a augmenté de manière importante depuis quelques années à Lima, ce qui en fait un environnement inadéquat pour établir une famille.

Des participants aux modules de formation d’Allpa sur la production maraîchère dans le cadre du projet FORMAGRO.


Former et outiller la relève : le travail de l’organisme Allpa

Un certain nombre de défis caractérisent la vie des agriculteurs et des agricultrices. L’amélioration des conditions de vie en zone rurale se trouve justement le cœur du travail d’Allpa, un organisme qui œuvre dans plusieurs régions rurales du Pérou pour en assurer le développement durable. Allpa offre un soutien aux producteurs et productrices dans le développement de leurs activités maraîchères, d’élevage ou de production laitière, et travaille conjointement avec ceux-ci pour leur permettre de consolider leurs connaissances et techniques. Les familles productrices y voient par conséquent une opportunité d’amélioration. En effet, des changements ont été constatés à la suite de la participation aux formations. Bon nombre d’agriculteurs et d’agricultrices ont modifié leurs méthodes de production maraîchère pour se tourner vers le biologique alors qu’ils utilisaient auparavant des méthodes de production conventionnelle, lesquelles faisaient par exemple appel à des pesticides chimiques dangereux. Allpa travaille aussi à la revalorisation du métier d’agriculteur et d’agricultrice et à la construction d’un meilleur avenir pour les jeunes vivant en zone rurale. En effet, les modules de formation dédiés aux jeunes de 18 à 35 ans permettent à la relève d’être plus motivée et mieux outillée pour travailler la terre. Notre mandat en tant que stagiaires était de collaborer avec Allpa afin de sensibiliser la population à l’utilisation de produits locaux et biologiques.

À la fin de notre stage, nous avons pris conscience de l’étendue de nos apprentissages et nous avons également pu observer qu’une intervention semblable serait extrêmement pertinente chez nous, au Québec.

Claudio Estrada, un facilitateur communautaire d’Allpa, donnant une formation participative sur le contrôle biologique des maladies.


Article rédigé par nos stagiaires QSF : Éliane Voisard, Anika Ste-Marie, Laurence Dupont et Elisabeth Bergeron

Accompagnatrice du groupe  : Anne-Sophie Côté

Informez-vous sur le programme Québec sans frontières du ministères des Relations internationales et de la Francophonie du Québec.


Le théâtre forum, un outil participatif qui fait écho à l’approche de SUCO

 

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Notre collègue Linda Gagnon en pleine action.

Le 11 août dernier, dans le cadre du Forum social mondial, SUCO a lancé en collaboration avec l’organisme Mise au jeu, « Allons voir là-bas si j’y suis », un atelier de théâtre forum qui pose un regard sur la coopération internationale et permet de nous questionner sur ses différentes pratiques. Dans la salle, une vingtaine de participants provenant d’horizons différents, des animateurs scolaires, employés d’organismes de coopération internationale ou simples individus ayant vécu une expérience à l’international,  étaient animés par le désir de réfléchir ensemble sur ce que peut nous apporter une telle expérience.

Mais avant tout, qu’est-ce que le théâtre forum?

C’est un spectacle de théâtre interactif qui permet par le biais du jeu théâtral de faire émerger la parole. Tout d’abord, les acteurs jouent plusieurs courtes scènes évoquant des situations quotidiennes pouvant être vécues comme des impasses. Puis ces scènes sont rejouées autant de fois que nécessaire, de telle manière à ce que les spectateurs, dans un contexte convivial, soient amenés à intervenir à certains moments de la pièce pour proposer des solutions.

 

Une méthode qui rejoint l’approche de SUCO sur le terrain

Cette méthode d’intervention participative développée par le brésilien Augusto Boal dans son théâtre de l’Opprimé trouve un écho dans le travail  réalisé par  SUCO dans ses différents pays d’intervention. En effet, nous travaillons de près avec les gens, dans l’objectif de promouvoir un réel échange de connaissances, d’expertises, de vécus et de compétences. Nous croyons que cette façon de faire très participative permet de développer et de favoriser davantage l’apprentissage puisque les personnes sont impliquées directement dans le processus.

Alors, pourquoi ne pas être conséquent avec nous-mêmes en tant qu’organisation et prioriser ce type d’outil de sensibilisation du public ici, au Québec et au Canada pour faire réagir, réfléchir, débattre, apprendre sur les enjeux qui nous touchent?  Et quelle meilleure tribune que le Forum social mondial pour le lancer? En tout cas, le pari est réussi et nous renouvellerons à coup sûr l’expérience dans le courant de l’année.

Avis aux intéressés!

 


La coopération volontaire, un enrichissement inestimable

 

Vue sur la coopération volontaire

Le mandat pour lequel je me suis engagée ici au Sénégal fait partie du Programme de coopération volontaire (PCV) financé par Affaires mondiales Canada, auquel SUCO participe. L’objectif est de recruter des professionnels afin d’appuyer, soutenir et former des partenaires locaux en vue d’améliorer les conditions socio-économiques des populations locales en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes. J’ai donc décidé de m’engager dans le programme de SUCO et travailler de près avec un de leurs partenaires du Sud. Mon choix s’est arrêté sur cet organisme de coopération internationale pour deux raisons : leur approche de proximité et leur expertise en agriculture durable. Bien entendu, le terme volontariat signifie un engagement personnel, respectant des valeurs de solidarité et de partage, une mise à profit de nos connaissances, énergies, aptitudes envers les partenaires locaux, mais aussi une forme de « travail » qui n’est pas conventionnelle et qui nous amène vers une vision autre du système dans lequel on a l’habitude de s’insérer.

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Bien que le volontariat ne soit pas lucratif au sens où on l’entend généralement, il apporte à tout un chacun une richesse qui est inestimable : découverte d’autres cultures, croyances et systèmes de valeurs, remise en question, réflexions sur sa réalité et son rapport à soi-même. Cette expérience nous apporte également un enrichissement qui nous suivra pour le reste de nos jours, nous permettra de mieux nous interroger sur les enjeux actuels et ainsi devenir de meilleurs citoyens. L’idée d’investir mes efforts au Québec reste une priorité, et je suis convaincue que le bagage que je rapporterai avec moi pourra contribuer à un réel changement dans un futur rapproché.

Alors qu’en est-il du mandat ?

Pour la prochaine année, j’accompagnerai La Centrale d’achat de Touba Toul, une association créée en 2005 par la volonté des producteurs de la commune de prendre en charge leurs propres besoins de développement agricole, afin de les appuyer dans la recherche de solutions durables à leurs problèmes de productivité et ainsi soutenir le développement d’une agriculture performante et viable. Réunissant 16 575 producteurs et productrices provenant de 53 villages de la commune de Touba Toul, l’association a pour mission d’offrir à ses membres des services d’appui à la production agricole afin de leur permettre de faire face aux nombreuses difficultés qu’ils rencontrent. Le partenariat entre la Centrale d’achat de Touba Toul et SUCO a débuté en 2015 avec l’arrivée d’une première volontaire qui a accompagné la Centrale dans la réalisation d’un diagnostic organisationnel et la création d’un plan stratégique quinquennal. Cette première étape était cruciale, tant pour le partenaire que pour SUCO, afin d’avoir une idée claire de la situation actuelle et des mesures correctives à envisager pour le futur. Elle a également permis de mesurer la motivation du partenaire et le bien-fondé de la démarche. Il ne m’a fallu que très peu de temps pour comprendre les raisons qui ont motivé SUCO à entretenir le partenariat avec la Centrale d’achat de Touba Toul et rédiger un second mandat pour mettre en action les activités prévues dans le plan stratégique par la première volontaire.

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Me voilà donc dans la région de Thiès, à réaliser mon propre diagnostic de la situation, observer les méthodes de travail du partenaire et comprendre leurs réels besoins. Je tenterai de m’insérer au mieux à travers leurs diverses activités afin de leur offrir le meilleur accompagnement possible dans la réalisation de leurs objectifs pour l’année 2016-2017. À cela s’ajoute la découverte de l’autre et l’intégration au groupe, qui se fait petit à petit, chaque jour, avec une bonne dose d’ouverture et d’humilité.

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Un accompagnement axé sur le renforcement de capacités

L’optique de mon accompagnement est de renforcer les capacités des membres de l’association dans une optique de durabilité. Mon objectif, et celui de SUCO, est de travailler de sorte à ce que le partenaire devienne autonome et qu’éventuellement, notre soutien ne soit plus nécessaire. La démarche envisagée est celle d’un accompagnement de proximité et d’une co-construction d’outils en lien avec les actions posées. Avec un partenaire qui a opté pour une division du travail selon les projets en cours, j’aurai la chance de travailler avec de petites équipes, les soutenir dans les étapes de gestion d’un projet et les amener à réfléchir pour mieux organiser le travail. Avec peu de moyens, et beaucoup d’idées, nous avons beaucoup de pain sur la planche. Mais cette motivation, de source encore inconnue, dont fait preuve ce partenaire sénégalais m’étonne encore après 2 mois et me convainc que tout est possible.

À suivre !

Par Katherine Tardif, volontaire au Sénégal

Version 2


Proga-Jeunes, un projet de développement ambitieux et innovateur

 

Depuis 2014, j’ai l’incroyable chance de travailler pour un projet de développement international ambitieux et innovateur comme conseillère en renforcement des capacités pour Suco : Proga-Jeunes. Il s’agit d’un projet qui se déroule sur six ans et durant cette période, environ 2000 jeunes producteurs et productrices reçoivent une formation technique en agroécologie. Ils étudient trois ans pour obtenir leur diplôme. Le curriculum comprend des cours sur la production des grandes céréales, la production maraîchère, l’élevage, l’agroforesterie en plus de cours de sécurité alimentaire, de transformation et conservation des aliments, d’entrepreneuriat et d’égalité entre les femmes et les hommes. Les jeunes qui le souhaitent ont accès à un micro-crédit pour démarrer une petite entreprise. Le projet accompagne également les communautés en réalisant des ouvrages environnementaux qui permettent de solutionner des problèmes comme l’accès à l’eau potable, la gestion des matières résiduelles, la déforestation et la sauvegarde de semences indigènes. Tout cela en se basant sur une méthodologie d’éducation populaire parce que la plupart de ces jeunes ont un faible niveau d’éducation et apprennent beaucoup mieux dans l’action. Le dernier groupe d’étudiants terminera sa formation en décembre 2016.

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Crédit-photo: Everto Lira

Au-delà du projet : des impacts durables

De grandes questions se posent donc pour l’équipe sur le terrain. Comment faire pour, qu’au-delà de notre intervention, les jeunes continuent à mettre en pratique les connaissances acquises? Comment faire pour qu’ils soient de véritables agents de changement au sein de leur communauté? Comment être certains que le message et la philosophie du projet survivront au retrait de l’équipe de Proga-Jeunes?

Ces questions sont pertinentes pour n’importe quel projet de développement qui souhaite voir un effet durable de ces actions. Avec Proga-Jeunes, nous souhaitons ultimement améliorer le niveau de vie des personnes avec qui nous travaillons et nous pensons que cela peut se réaliser à travers la protection de l’environnement, des relations hommes-femmes plus équilibrées, l’augmentation des revenus des ménages, l’amélioration de la sécurité alimentaire et une production agricole plus abondante, plus diversifiée et mieux échelonnée sur toute l’année. Or, les changements en profondeur peuvent difficilement s’observer sur une courte ou moyenne période. Cependant, la méthodologie de Proga-Jeunes semble faire ses preuves, car il n’y a aucun doute que plusieurs des familles bénéficiaires peuvent déjà dire que leur vie n’est plus la même que celle qu’elles menaient avant le projet. Mais combien de temps cela durera-t-il? Les jeunes sauront-ils maintenir la production et faire l’entretien adéquat de leurs cultures en l’absence de l’équipe de Proga-Jeunes? Sauront-ils trouver de nouveaux marchés pour leurs produits? Donneront-ils à leurs filles la place à laquelle elles ont droit dans les décisions familiales?

Un défi à relever : bien outiller les leaders de demain

En tant que projet qui promouvoit des valeurs différentes et de nouvelles pratiques, nous voulons pouvoir revenir dans 10 ans, dans 20 ans, et constater que ces jeunes d’aujourd’hui sont les leaders de demain et que nos partenaires furent des acteurs proactifs dans la formation d’autres jeunes sur la même voie.

Mais pour que cela puisse se faire, il est important de bien comprendre les besoins des personnes, de fournir les outils nécessaires à leur autonomisation et d’identifier des alliés au sein du pays qui peuvent contribuer à l’atteinte de ces nobles objectifs. Proga-Jeunes est justement en train d’établir sa stratégie de durabilité et cette dernière comprendra des actions sur tous les fronts : transfert de connaissances aux partenaires, formation de promoteurs, échanges d’expériences, création de marchés verts, etc. Et ce sont ces initiatives, que j’aurai le plaisir de vous présenter dans ce blogue, qui feront de Proga-Jeunes un projet vivant et ancré dans les communautés, au-delà de l’intervention de Suco et de ses partenaires.

 

Rachel en compagnie d’un groupe de jeunes étudiants. Crédit-photo: Fernando

 

Pour en savoir davantage sur Proga-Jeunes, suivez-nous sur notre page Facebook au Nicaragua.

 

 


L’agroécologie au service de la lutte contre les changements climatiques

 

Depuis le début de mon mandat au Nicaragua il y a plus de deux ans, la pluie est un événement rare, et la sécheresse qui en découle est attribuée, entre autres, au phénomène climatique El Niño. Pourtant, il devient de plus en plus évident pour n’importe quelle famille productrice du Nicaragua qu’El Niño n’est sans doute pas le seul responsable et qu’il n’est tout simplement plus possible de se fier aux almanachs. D’une année à l’autre, on ne sait plus quand ni quoi semer. Les jeunes doivent quitter leur famille pour gagner un peu d’argent et subvenir aux besoins de base. Bien souvent, cela veut dire traverser la frontière pour chercher du travail dans les pays environnants. Certains ne reviennent pas et abandonnent leurs enfants à leurs grands-parents. De nombreuses jeunes filles reviennent enceintes de père inconnu. Et ainsi, en plus de la pauvreté qui s’accentue, il se crée une dissolution sociale dans les communautés. Au-delà de la faim, la sécheresse a donc bien d’autres conséquences, dont celle d’affaiblir le principal réseau de solidarité de la culture nicaraguayenne : la famille.

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Rachel Vincent

 

Des expériences convaincantes

Avec ce portrait sombre en tête, je me rends sur le terrain à la rencontre des jeunes producteurs et productrices et de leur famille. Et quelle n’est pas ma surprise de constater que tous n’ont pas été touchés si durement par la sécheresse. La combinaison de différentes pratiques agroécologiques a permis à plusieurs familles de Proga-Jeunes d’obtenir une bonne production! Ma visite m’apprend que deux techniques en particulier sont favorables à l’infiltration des eaux et à la réduction de l’érosion des sols. La première, c’est l’établissement d’engrais verts en compagnonnage avec les grandes cultures, le maïs tout particulièrement. Les engrais verts sont des légumineuses et ils ont la caractéristique d’apporter de l’azote au sol, un élément essentiel pour les plantes. Mais en plus de son aspect fertilisant, l’engrais vert permet de retenir le sol et de conserver l’humidité. Plusieurs d’entre eux sont également comestibles. La deuxième technique, c’est la réalisation de canaux d’irrigation. Dans un terrain en pente comme le sont la plupart des terres des paysans du nord du Nicaragua, de tels canaux permettent la rétention du sol et de l’eau. Le succès de cette technique est encore plus frappant lorsqu’elle est associée à la plantation de cultures comme la valériane, l’ananas ou la canne à sucre puisque la présence permanente de racines fortifie encore plus le sol.

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La jeune Frania et son père reçoivent Elvin Moran, technicien de Proga-Jeunes. Creuser des canaux d’irrigation sur leur ferme a été un facteur clé dans la récolte du maïs.

Je ne peux qu’être émue lorsque le père de Frania, une jeune étudiante, me raconte que l’an dernier, il fut surpris lorsqu’il constata que sa fille avait réussi à produire du maïs dans sa parcelle alors que lui et ses voisins avaient tout perdu. Durant la saison sèche, il a donc creusé des canaux sur sa terre et au moment de semer son maïs, il a aussi semé un engrais vert. Cette année, il est le seul de ses voisins à pouvoir récolter.

«Mes voisins croient que c’est de la chance, me confie-t-il. Mais moi, je sais que ce n’est pas de la chance. C’est du travail, car ce n’est pas facile de faire un canal d’irrigation.»

Mais ce n’est pas tout : les producteurs bénéficient aussi indirectement de l’établissement de ces bonnes pratiques. Don Concepción, l’agriculteur qui nous a prêté sa maison et un petit lopin de terre pour qu’on puisse installer un centre d’études local de Proga-Jeunes, est fier de me montrer le puits qu’il a récemment rénové. Celui-ci est situé tout en bas de la parcelle école et depuis que les jeunes y ont établi différentes pratiques, entre autres, les canaux d’irrigation, le ruisseau a repris vie et le puits s’est rempli! Il bénéficie maintenant à une quinzaine de familles.

Une nouvelle stratégie pour s’adapter au climat

L’équipe du projet PROGA-Jeunes intervient dans plusieurs zones gravement touchées par la sécheresse et il est clair que l’agroécologie, bien qu’extrêmement bénéfique, ne peut pas non plus être la seule intervention pour mitiger les effets des changements climatiques. Des ouvrages environnementaux communautaires comme la construction et la réparation de systèmes de captation d’eau de pluie et de puits ont déjà été réalisés. Cette année, constatant que la pluie se fait toujours rare, mon équipe régionale a décidé d’adopter une nouvelle stratégie en axant ses efforts sur deux plans :

  • L’installation de filtres qui permettent de récupérer les eaux usées domestiques pour l’arrosage des plants du potager comme solution à court terme.
  • Le développement d’alliances avec les comités de bassins versants en vue d’organiser les communautés pour l’établissement de pépinières d’arbres forestiers et fruitiers qui serviront à la reforestation comme action à long terme.

Témoin des bons résultats de cette stratégie combinée aux pratiques agroécologiques, je reviens de cette visite sur le terrain le cœur plus léger, avec la fierté de contribuer réellement à améliorer le niveau de vie de ces paysans et paysannes. Mais il n’y a plus aucun doute pour moi : l’agroécologie est définitivement la voie à suivre dans la production agricole.

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Don Concho est fier de nous montrer le puits qu’il a rénové grâce à l’établissement de nouvelles techniques agroécologiques

 

Par Rachel Vincent, volontaire au Nicaragua


La belle histoire de Kelvin Montoya

 

À travers mon mandat de conseillère en commercialisation pour le projet PROGA-JOVENES au Nicaragua, j’ai pu durant ces derniers mois, accompagner quelques jeunes dans leur processus de démarrage de micro entreprises. Lors de mes visites sur le terrain, j’ai rencontré Kelvin Montoya, jeune entrepreneur de 21 ans, qui a commencé sa formation en agroécologie en 2011, lorsqu’il était alors âgé à peine de 17 ans. Jeune homme particulièrement dynamique et motivé, c’est avec succès que Kelvin a terminé non seulement son secondaire, mais aussi sa formation avec SUCO, en 2013. Pendant cette formation d’une durée de trois ans, il a pu apprendre différentes méthodes agroécologiques qu’il a pu appliquer sur la terre de ses parents. Lors de notre conversation, il m’avoue être très heureux de ses accomplissements personnels et professionnels suite à la formation dont il a bénéficié :

« Je suis très heureux, car le projet de SUCO a été pour moi d’une grande importance. Il a permis d’appuyer des familles qui ont peu de ressources dans l’élaboration de leur plan d’affaire et dans la production de la ferme. »

C’est durant sa dernière année de formation que Kelvin a eu l’idée de démarrer une micro entreprise de transformation et commercialisation de café dans le cadre de ses cours d’entrepreneuriat. Pourquoi le café? Tout simplement parce que c’est un produit qui se vend matin, midi et soir en hiver comme en été.

 

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En effet, le café se consomme énormément au Nicaragua. Avec ce produit, il n’y a aucun problème au niveau de la demande. Et c’est à partir de cette opportunité, une demande qui ne s’épuise jamais, que Kelvin a crée sa micro entreprise de café. C’est donc durant ses cours d’entrepreneuriat qu’il a appris à rédiger son plan d’affaire : il a évalué ses coûts et ses bénéfices,  effectué une analyse FODA (forces, faiblesses, opportunités et menaces),  étudié bien entendu la compétition, dessiné un plan de sa ferme et a ainsi complété  la cinquantaine de pages exigée par le programme afin de mettre en place sa micro entreprise de café. Par l’intermédiaire de ce projet, SUCO offre une subvention de 60% en  matériel afin d’aider les jeunes dans leur démarrage d’entreprise tandis qu’ une coopérative de microcrédit, partenaire de SUCO, complète le 40% de crédit du montant total que nécessite leurs projets d’entreprise.

« Le projet nous offre une opportunité et il ne faut pas la rater; il faut aller de l’avant, il faut être un modèle de réussite et en être fier. »

Ainsi, c’est avec cette opportunité financière que kelvin a pu démarrer petit à petit sa micro entreprise avec une production de 5 livres de café de manière hebdomadaire.  Aujourd’hui, presque 2 ans après, il produit près de 90 livres de café par semaine et emploie 4 personnes de sa communauté!

Je lui ai alors demandé s’il n’avait pas rencontré  quelques difficultés dans cette belle aventure. Il m’avoue qu’il a su, effectivement,  surmonter quelques obstacles  grâce à l’aide de sa famille et de l’appui des formateurs du projet. Il m’explique alors que le micro-crédit qu’il avait sollicité au tout début était insuffisant pour acheter la machine appelée tostadora (machine de torréfaction du café) et qu’il a dû emprunter de l’argent auprès d’un prêteur informel en plus d’accéder à l’aide financière de son père.

 

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Kelvin et sa machine de torrefaction

 

SUCO lui a également fourni un appui par l’intermédiaire des formateurs du projet qui lui ont demandé de planter 2000 semences de cacao sur sa terre. L’idée derrière tout cela?  Permettre aux étudiants de pratiquer certaines méthodes agroécologiques apprises en classe  dans la parcela-escuela (petit lopin de terre à cultiver lors des cours de pratique). Effectivement, c’est avec les bénéfices des plantes de cacao vendues à SUCO qu’il a pu compléter ses ressources financières afin d’acheter la tostadora dont il avait besoin pour démarrer son activité de transformation de café. Il a su ainsi démontrer un grand professionnalisme et un esprit entrepreneurial en liquidant ses dettes de crédit.  Aujourd’hui, il en est à son troisième crédit avec la coopérative Santiago qui lui permet d’assurer l’extension de sa micro entreprise avec l’agrandissement de la salle d’emballage qui lui sert également de bureau pour le moment.

 

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Salle d’emballage et bureau de Kelvin

 

Kelvin qui souhaite faire l’acquisition d’une autre machine qui lui permettra de transformer lui-même ses graines de café, espère aussi obtenir un numéro de registre qui est indispensable s’il veut commercialiser son produit dans les grandes surfaces commerciales avoisinantes , mais aussi pour l’exporter en Amérique centrale et au Japon.  Il conclut notre conversation en me confiant qu’en produisant du café de manière agroécologique, il souhaite être un exemple pour sa famille, ses amis ainsi que pour le reste de sa communauté.

 

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Kelvin et moi

 

Par Amira Beghdadi, conseillère en commercialisation ( programme PSIJ), Nicaragua

Le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

 


La communication: un véhicule pour le développement durable

 

Cela fait maintenant près de 5 mois que j’habite à Tegucigalpa, communément appelé Tegus par la population hondurienne, les catrachos.

Dans le cadre du programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), je travaille en tant que conseillère en production audiovisuelle au sein de La Red de Desarrollo Sostenible – Honduras (RDS-HN). La RDS-HN est une organisation non gouvernementale créée le 16 janvier 1998 qui a pour mission de promouvoir le développement durable à travers la démocratisation de l’information. Elle est spécialisée dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et celui de la production audiovisuelle et radiophonique.

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Atelier de photo

Un environnement de travail chaleureux, une équipe dynamique

Dès ma première visite, j’ai eu droit à un accueil chaleureux de la part tous les membres de RDS, une équipe dynamique et motivée. C’est une grande famille où rire, blagues, taquineries et solidarité occupent une place de choix ! À l’heure du lunch, personne n’a le droit de manger seul. C’est d’ailleurs une des politiques de l’organisation. L’anniversaire de chacun des membres de l’équipe est célébré. Les collègues sont tous invités à se réunir pour couper un gâteau. J’ai aussi redécouvert avec joie une tradition pour les anniversaires au Honduras : la estrellita (la bascule). Celle-ci consiste à tenir la personne par les bras et jambes pour ensuite la soulever dans les airs pour son anniversaire. Toujours dans cette atmosphère de fraternité et de partage d’expériences, une petite fête est organisée pour marquer la fin du mois, souligner le début d’un nouveau et souhaiter la bienvenue à la Directrice après un voyage.

Une autre particularité à RDS est la forte présence de jeunes dont certains se sont formés seuls en production audiovisuelle. Par ailleurs, il existe une forte dynamique interactive; les échanges sont fréquents pour planifier et discuter de l’avancement du travail. De plus, les interactions lors de la production de vidéos ou de segments radiophoniques sont courantes. Ceci crée un espace intéressant d’échanges qui permet un enrichissement mutuel et souligne le fait qu’il s’agit d’un travail d’équipe. « Expresa y construye comunidad » (Exprimez-vous et construisez la communauté), slogan de Radio-RDS, pourrait également être appliqué au fonctionnement de RDS dans son ensemble.

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Un engagement continu dans la promotion du développement durable

Durant les 3 premiers mois de mon stage, j’ai participé à la post-production d’un court-métrage de fiction qui traite du droit des enfants à l’éducation et au loisir. Celui-ci a été soumis à un concours organisé par un des journaux locaux, El Heraldo. Cela a été une expérience intense et intéressante, un véritable travail d’équipe.

La formation et le renforcement de capacités constituent deux axes importants de travail à RDS. Un atelier de photographie de base a donc été réalisé et les participants, pour la plupart, étaient des membres de RDS ou d’organisations partenaires. L’accent tout au long de la formation a été mis sur la manière dont la photographie, notamment la photographie documentaire, peut être un outil pouvant contribuer au développement durable. Une sortie prévue dans le cadre cet atelier a permis de mettre en application les différentes notions apprises. Santa-Lucia, une petite ville située à environ 30 minutes de Tegucigalpa a été le lieu retenu.

Je suis tombée sous le charme cette petite ville montagneuse, calme, à l’allure coloniale avec ses petites ruelles, ses cafés, ses parcs et sa « laguna ». Une ville bien différente de Tegucigalpa où les préoccupations par rapport à la sécurité et l’embouteillage font partie du quotidien. On peut marcher tranquillement à Santa-Lucia ; le climat y est frais et agréable. J’ai vraiment apprécié – tout comme les participants – ce petit « paseo » qui m’a permis de continuer ma découverte du Honduras. Cela a aussi été un espace d’interactions, d’échanges. J’ai pu répondre aux questions posées, clarifier des doutes en lien avec des notions abordées la veille.

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L’équipe de RDS

Le premier Colloque sur la Recherche et la Production cinématographique de l’Amérique centrale organisé par le Centre d’Art et de la Culture (CAC-UNAH) et l’Association de cinéastes honduriens « Linterna Mágica » auquel j’ai assisté en compagnie de trois membres de RDS m’a permis de découvrir d’autres aspects de la culture cinématographique latine. L’histoire du cinéma d’Amérique centrale ainsi que la réalité de la production cinématographique dans la région m’étaient jusqu’alors méconnues. En travaillant sur les archives vidéo de RDS, j’ai aussi découvert l’ampleur, la diversité et la qualité de leur production audiovisuelle. Les thèmes abordés sont généralement en lien avec des problématiques de développement durable comme l’accès à l’eau, la biodiversité, etc.

Côtoyer des professionnels expérimentés, échanger avec eux lors de la préparation de l’atelier ou la réalisation de montage vidéo a été particulièrement enrichissant. J’ai aussi pu voir comment le cinéma de fiction peut, par son engagement, être un véhicule de sensibilisation et de promotion du développement durable. À mi-parcours de mon stage, je sens que cette expérience a contribué positivement à mon développement sur le plan personnel et professionnel. Les activités à venir me permettront d’explorer d’autres champs, de faire d’autres découvertes et, aussi de continuer à apporter ma contribution au sein de l’équipe de RDS.

Par Nitsé Mathelier, conseillère en audiovisuel (stages PSIJ), Honduras

Le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.


L’agriculture à Intibucá au Honduras : Entre machete y azadón

 

La machette (machete) et la houe (azadón) sont les deux outils agricoles les plus utilisés par les agricultrices et les agriculteurs de la région d’Intibucá, située à l’ouest du Honduras, en Amérique centrale. Il s’agit de la région la plus élevée du pays (1700 mètres), et par le fait même, la plus « froide ». Les principales cultures sont le maïs, les haricots et la patate, contrairement à d’autres régions plus chaudes ou le café, la banane et les palmiers (huile de palme) sont cultivés.

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En moyenne, la superficie cultivée par une famille agricole est de 0,72 hectares. À titre comparatif, la superficie moyenne d’une ferme au Québec est d’environ 115 hectares. Tout le travail, du semis jusqu’à la récolte, est réalisé à la main. Beaucoup de familles agricoles vivent dans un état de pauvreté extrême. En effet, 77% de la population vit avec environ 60 $ par mois, c’est-à-dire environ 720 $ par année. Cela va sans dire que dans cette situation, il est plutôt difficile pour les agricultrices et les agriculteurs d’investir dans leur entreprise. D’où la présence de plusieurs organisations non-gouvernementales (ONG) sur le terrain travaillant à combattre l’insécurité alimentaire pour ces familles. Les principaux défis rencontrés pour le développement des communautés est l’absence d’investissement et de développement économique, le manque de services publics de base tel que l’eau ou l’électricité, le faible niveau d’éducation de la population et la topographie très accidentée qui rend l’accès difficile à certaines communautés. Imaginez le casse-tête de la mise en marché des produits agricoles lorsque le point de vente le plus proche est à une journée de marche!

 

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AMIR (Asociación de Mujeres Intibucanas Renovadas) est une association locale de femmes indigènes qui travaille en appui à l’amélioration du niveau de vie pour des familles agricoles de ses membres. L’association élabore des projets touchant les droits humains et l’égalité homme-femme, l’éducation et la formation, le développement entrepreneurial et la commercialisation ainsi que la sécurité alimentaire. Les projets de SUCO avec AMIR ont touchés jusqu’à maintenant la nutrition et l’agroécologie. Présentement, l’un des projets terrain d’AMIR auquel SUCO prend part est la mise en place et le soutien de 28 fermes familiales intégrales et de 2 fermes modèles. L’objectif des fermes familiales intégrales est d’appuyer la famille dans la diversification de la production agricole en fournissant un support technique et matériel pour la production, par exemple, de légumes (carottes, radis, tomates, etc.) et de fruits (pêches, agrumes, cerises, etc.). Cela permet à la famille de diversifier son alimentation et ses sources de revenus, tout en répartissant les risques en cas de problèmes dans une production en particulier. L’objectif des 2 fermes modèles est semblable à celui des fermes familiales intégrales par rapport à la diversification de la production agricole mais comporte également un volet éducatif. Elles font l’objet d’un suivi plus serré de la part de l’équipe agricole de AMIR et de la volontaire de SUCO afin d’en faire un lieu de démonstration pour les autres familles agricoles, où des ateliers et des formations y sont organisées par exemple. Les 2 fermes modèles possèdent chacune un petit pavillon éducatif dédié spécifiquement à recevoir les gens lors des formations. SUCO s’implique également auprès d’AMIR dans un projet d’accès à l’eau pour les agricultrices et les agriculteurs. En effet, il s’agit de construire des réservoirs de conservation d’eau permettant aux familles agricoles d’arroser les cultures durant les périodes les plus sèches. Jusqu’à maintenant, 5 réservoirs ont été construits, sur un total de 6, pour les participantes d’un projet de production de tomates en conditions semi-contrôlée.

 

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En définitive, à l’aide de leur machete ou de leur azadón, et principalement de leur motivation et de leur détermination, les familles agricoles d’Intibucá sociétaires d’AMIR, n’ont pas froid aux yeux (car réellement il fait parfois très froid dans la région la plus élevée du pays!) pour travailler sans relâche et faire de leur milieu de vie un endroit un peu plus confortable, un défi à la fois.

 

Par Cassandre Hervieux Gaudreau, volontaire de SUCO au Honduras

 

Pour connaître les actions de SUCO au Honduras, consultez notre page pays !