La communication: un véhicule pour le développement durable

 

Cela fait maintenant près de 5 mois que j’habite à Tegucigalpa, communément appelé Tegus par la population hondurienne, les catrachos.

Dans le cadre du programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), je travaille en tant que conseillère en production audiovisuelle au sein de La Red de Desarrollo Sostenible – Honduras (RDS-HN). La RDS-HN est une organisation non gouvernementale créée le 16 janvier 1998 qui a pour mission de promouvoir le développement durable à travers la démocratisation de l’information. Elle est spécialisée dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et celui de la production audiovisuelle et radiophonique.

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Atelier de photo

Un environnement de travail chaleureux, une équipe dynamique

Dès ma première visite, j’ai eu droit à un accueil chaleureux de la part tous les membres de RDS, une équipe dynamique et motivée. C’est une grande famille où rire, blagues, taquineries et solidarité occupent une place de choix ! À l’heure du lunch, personne n’a le droit de manger seul. C’est d’ailleurs une des politiques de l’organisation. L’anniversaire de chacun des membres de l’équipe est célébré. Les collègues sont tous invités à se réunir pour couper un gâteau. J’ai aussi redécouvert avec joie une tradition pour les anniversaires au Honduras : la estrellita (la bascule). Celle-ci consiste à tenir la personne par les bras et jambes pour ensuite la soulever dans les airs pour son anniversaire. Toujours dans cette atmosphère de fraternité et de partage d’expériences, une petite fête est organisée pour marquer la fin du mois, souligner le début d’un nouveau et souhaiter la bienvenue à la Directrice après un voyage.

Une autre particularité à RDS est la forte présence de jeunes dont certains se sont formés seuls en production audiovisuelle. Par ailleurs, il existe une forte dynamique interactive; les échanges sont fréquents pour planifier et discuter de l’avancement du travail. De plus, les interactions lors de la production de vidéos ou de segments radiophoniques sont courantes. Ceci crée un espace intéressant d’échanges qui permet un enrichissement mutuel et souligne le fait qu’il s’agit d’un travail d’équipe. « Expresa y construye comunidad » (Exprimez-vous et construisez la communauté), slogan de Radio-RDS, pourrait également être appliqué au fonctionnement de RDS dans son ensemble.

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Un engagement continu dans la promotion du développement durable

Durant les 3 premiers mois de mon stage, j’ai participé à la post-production d’un court-métrage de fiction qui traite du droit des enfants à l’éducation et au loisir. Celui-ci a été soumis à un concours organisé par un des journaux locaux, El Heraldo. Cela a été une expérience intense et intéressante, un véritable travail d’équipe.

La formation et le renforcement de capacités constituent deux axes importants de travail à RDS. Un atelier de photographie de base a donc été réalisé et les participants, pour la plupart, étaient des membres de RDS ou d’organisations partenaires. L’accent tout au long de la formation a été mis sur la manière dont la photographie, notamment la photographie documentaire, peut être un outil pouvant contribuer au développement durable. Une sortie prévue dans le cadre cet atelier a permis de mettre en application les différentes notions apprises. Santa-Lucia, une petite ville située à environ 30 minutes de Tegucigalpa a été le lieu retenu.

Je suis tombée sous le charme cette petite ville montagneuse, calme, à l’allure coloniale avec ses petites ruelles, ses cafés, ses parcs et sa « laguna ». Une ville bien différente de Tegucigalpa où les préoccupations par rapport à la sécurité et l’embouteillage font partie du quotidien. On peut marcher tranquillement à Santa-Lucia ; le climat y est frais et agréable. J’ai vraiment apprécié – tout comme les participants – ce petit « paseo » qui m’a permis de continuer ma découverte du Honduras. Cela a aussi été un espace d’interactions, d’échanges. J’ai pu répondre aux questions posées, clarifier des doutes en lien avec des notions abordées la veille.

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L’équipe de RDS

Le premier Colloque sur la Recherche et la Production cinématographique de l’Amérique centrale organisé par le Centre d’Art et de la Culture (CAC-UNAH) et l’Association de cinéastes honduriens « Linterna Mágica » auquel j’ai assisté en compagnie de trois membres de RDS m’a permis de découvrir d’autres aspects de la culture cinématographique latine. L’histoire du cinéma d’Amérique centrale ainsi que la réalité de la production cinématographique dans la région m’étaient jusqu’alors méconnues. En travaillant sur les archives vidéo de RDS, j’ai aussi découvert l’ampleur, la diversité et la qualité de leur production audiovisuelle. Les thèmes abordés sont généralement en lien avec des problématiques de développement durable comme l’accès à l’eau, la biodiversité, etc.

Côtoyer des professionnels expérimentés, échanger avec eux lors de la préparation de l’atelier ou la réalisation de montage vidéo a été particulièrement enrichissant. J’ai aussi pu voir comment le cinéma de fiction peut, par son engagement, être un véhicule de sensibilisation et de promotion du développement durable. À mi-parcours de mon stage, je sens que cette expérience a contribué positivement à mon développement sur le plan personnel et professionnel. Les activités à venir me permettront d’explorer d’autres champs, de faire d’autres découvertes et, aussi de continuer à apporter ma contribution au sein de l’équipe de RDS.

Par Nitsé Mathelier, conseillère en audiovisuel (stages PSIJ), Honduras

Le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.


L’agriculture à Intibucá au Honduras : Entre machete y azadón

 

La machette (machete) et la houe (azadón) sont les deux outils agricoles les plus utilisés par les agricultrices et les agriculteurs de la région d’Intibucá, située à l’ouest du Honduras, en Amérique centrale. Il s’agit de la région la plus élevée du pays (1700 mètres), et par le fait même, la plus « froide ». Les principales cultures sont le maïs, les haricots et la patate, contrairement à d’autres régions plus chaudes ou le café, la banane et les palmiers (huile de palme) sont cultivés.

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En moyenne, la superficie cultivée par une famille agricole est de 0,72 hectares. À titre comparatif, la superficie moyenne d’une ferme au Québec est d’environ 115 hectares. Tout le travail, du semis jusqu’à la récolte, est réalisé à la main. Beaucoup de familles agricoles vivent dans un état de pauvreté extrême. En effet, 77% de la population vit avec environ 60 $ par mois, c’est-à-dire environ 720 $ par année. Cela va sans dire que dans cette situation, il est plutôt difficile pour les agricultrices et les agriculteurs d’investir dans leur entreprise. D’où la présence de plusieurs organisations non-gouvernementales (ONG) sur le terrain travaillant à combattre l’insécurité alimentaire pour ces familles. Les principaux défis rencontrés pour le développement des communautés est l’absence d’investissement et de développement économique, le manque de services publics de base tel que l’eau ou l’électricité, le faible niveau d’éducation de la population et la topographie très accidentée qui rend l’accès difficile à certaines communautés. Imaginez le casse-tête de la mise en marché des produits agricoles lorsque le point de vente le plus proche est à une journée de marche!

 

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AMIR (Asociación de Mujeres Intibucanas Renovadas) est une association locale de femmes indigènes qui travaille en appui à l’amélioration du niveau de vie pour des familles agricoles de ses membres. L’association élabore des projets touchant les droits humains et l’égalité homme-femme, l’éducation et la formation, le développement entrepreneurial et la commercialisation ainsi que la sécurité alimentaire. Les projets de SUCO avec AMIR ont touchés jusqu’à maintenant la nutrition et l’agroécologie. Présentement, l’un des projets terrain d’AMIR auquel SUCO prend part est la mise en place et le soutien de 28 fermes familiales intégrales et de 2 fermes modèles. L’objectif des fermes familiales intégrales est d’appuyer la famille dans la diversification de la production agricole en fournissant un support technique et matériel pour la production, par exemple, de légumes (carottes, radis, tomates, etc.) et de fruits (pêches, agrumes, cerises, etc.). Cela permet à la famille de diversifier son alimentation et ses sources de revenus, tout en répartissant les risques en cas de problèmes dans une production en particulier. L’objectif des 2 fermes modèles est semblable à celui des fermes familiales intégrales par rapport à la diversification de la production agricole mais comporte également un volet éducatif. Elles font l’objet d’un suivi plus serré de la part de l’équipe agricole de AMIR et de la volontaire de SUCO afin d’en faire un lieu de démonstration pour les autres familles agricoles, où des ateliers et des formations y sont organisées par exemple. Les 2 fermes modèles possèdent chacune un petit pavillon éducatif dédié spécifiquement à recevoir les gens lors des formations. SUCO s’implique également auprès d’AMIR dans un projet d’accès à l’eau pour les agricultrices et les agriculteurs. En effet, il s’agit de construire des réservoirs de conservation d’eau permettant aux familles agricoles d’arroser les cultures durant les périodes les plus sèches. Jusqu’à maintenant, 5 réservoirs ont été construits, sur un total de 6, pour les participantes d’un projet de production de tomates en conditions semi-contrôlée.

 

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En définitive, à l’aide de leur machete ou de leur azadón, et principalement de leur motivation et de leur détermination, les familles agricoles d’Intibucá sociétaires d’AMIR, n’ont pas froid aux yeux (car réellement il fait parfois très froid dans la région la plus élevée du pays!) pour travailler sans relâche et faire de leur milieu de vie un endroit un peu plus confortable, un défi à la fois.

 

Par Cassandre Hervieux Gaudreau, volontaire de SUCO au Honduras

 

Pour connaître les actions de SUCO au Honduras, consultez notre page pays !

 


Fières d’être agricultrices

 

Voilà maintenant 4 mois que j’occupe le poste de Responsable de l’égalité entre les femmes et les hommes au Nicaragua. De temps à autre, je quitte mon bureau à Managua pour me diriger dans le nord du pays où se déroule PROGA-Jovenes, un projet de SUCO offrant une formation agroenvironnementale à des jeunes défavorisés de la région. En plus de donner de la formation et faire de la sensibilisation, mon mandat est principalement d’assurer une participation active des femmes, ainsi qu’un accès équatif aux ressources et à la formation entre les étudiantes et les étudiants.  Je profite de ces moments pour aller à la rencontre de jeunes formidables et inspirants. C’est ainsi que je vous présente, par l’entremise de ce premier billet, le compte rendu de ma première visite auprès du seul groupe entièrement composé de jeunes femmes du projet.

 

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Une partie du groupe à la recherche d’insectes

 

Aujourd’hui, le cours porte sur la prévention et le contrôle des épidémies et maladies du haricot. Les jeunes femmes se rendent sur la parcelle-école du groupe, un petit sac de plastique à la main. Leur mission : ramener des insectes porteurs de maladies ainsi que des échantillons des quelques cultures atteintes afin de pouvoir les identifier durant le cours. La parcelle est située sur le flanc d’une colline et le sentier pour s’y rendre est ardu. Les femmes enceintes et celles qui viennent accompagnées de leurs enfants, n’étant pas en mesure de descendre vers la parcelle, restent sur les lieux du cours et s’occupent pendant ce temps du petit jardin aménagé spécialement pour elles.

Rendues à la parcelle, les jeunes femmes récoltent les légumes mûrs : quelques carottes, une chayotte et du manioc. On y retrouve également des haricots, des bananes, des fleurs d’hibiscus, des patates douces, des concombres, des tomates et des radis. Tous sont cultivés de façon biologique; une méthode privilégiée dans la formation. Les plus téméraires du groupe se mettent à la chasse aux insectes. On remonte ensuite vers la salle de cours où leur professeure présente les différents types d’insectes, leur cycle de vie ainsi que les types de maladies dont ils peuvent être vecteurs. Les étudiantes doivent alors identifier les insectes recueillis ainsi que les maladies présentes sur les échantillons de plantes.

 

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Travail en équipe

Après le repas préparé avec plusieurs aliments recueillis plus tôt, je prends un moment avec le groupe afin de faire un suivi sur leurs avancements et une évaluation de leurs besoins. Les résultats sont concluants. Elles sont fières d’accomplir les activités et tâches normalement pratiquées par les hommes, même si elles peuvent parfois éprouver certaines difficultés. « Ça peut prendre plus de temps, mais ce n’est pas grave. L’important c’est qu’on soit capables de tout faire ! » m’a répondu l’une d’elles.

Ces femmes font preuve d’une motivation hors pair. Plusieurs marchent plus d’une heure pour se rendre au centre de formation, deux fois par semaine, et ce, sur une période de 3 ans. L’une d’entre elles me dit marcher près de deux heures et demie avec son enfant en bas âge dans les bras. C’est ce genre de témoignage qui montre à quel point le projet et la formation offerte sont importants aux yeux des jeunes femmes. Celles-ci ont l’opportunité d’améliorer leurs conditions de vie et sont conscientes de l’impact qu’elles engendrent sur leur famille. Leur succès aide également à changer la perception du rôle de la femme dans la communauté.  Celles-ci promeuvent une image qui brise les stéréotypes de la femme rurale, normalement assignée à son rôle reproductif et de ménagère.

Au moment de quitter le groupe, les femmes me remercient de ma visite et me disent espérer mon retour prochainement. « Certainement », leur ai-je répondu. Les 6 heures de route pour s’y rendre en valent totalement la peine !

 

Par Dominique Cardinal, volontaire en égalité entre les femmes et les hommes, Nicaragua.

 


FORMAGRO, un nouveau projet au Pérou

 

Un nouveau projet de formation agricole et d’appui à l’entrepreneuriat jeunesse au Pérou

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Crédit-photo: Andrés Toro

FORMAGRO est un projet bilatéral financé par Affaires Mondiales Canada qui sera mis en œuvre jusqu’en 2021. Il contribuera au développement socio-économique de communautés paysannes situées dans deux régions du Pérou, et s’adressera particulièrement aux jeunes, aux femmes, et à leurs familles. L’équipe du projet, formée de SUCO et de ses partenaires au Pérou, accompagnera les personnes au-delà de la formation pour créer et consolider des initiatives entrepreneuriales individuelles et collectives autour de l’activité agricole.

Le projet FORMAGRO est actuellement en phase d’implantation dans les deux régions du Pérou ciblées par l’intervention, Ancash et Lima. D’ailleurs, du 2 au 6 novembre 2015, une délégation, formée de membres de l’équipe de SUCO, du personnel du ministère de l’Éducation et du ministère de l’Agriculture et de l’Irrigation du Pérou, de membres des organisations de la société civile ALLPA et IDMA, a réalisé une tournée dans la région d’Ancash afin de visiter cinq des sept districts où FORMAGRO interviendra. Du 16 au 18 novembre, cette même délégation a réalisé une tournée dans la province de Yauyos, qui appartient à la grande région de Lima, afin de visiter sept autres districts où le projet sera implanté.

Avec FORMAGRO, c’est plus de 2000 jeunes entre 16 et 35 ans et 10 000 personnes qui amélioreront leurs conditions de vie grâce à l’augmentation des revenus de leur famille. Le projet permettra à ces personnes de passer d’une production de subsistance à une production génératrice de revenus en travaillant à l’amélioration de l’offre de formation et des compétences locales, à l’augmentation et à la diversification de la production et à l’articulation de la production vers les marchés de proximité. Il aura aussi des retombées concrètes pour les jeunes producteurs et productrices, leurs familles, mais aussi pour tous les acteurs du milieu impliqués dans le développement entrepreneurial et la génération d’emplois. La délégation a d’ailleurs profité de son passage dans les régions d’intervention pour visiter les différents centres et instituts de formation technique qui offriront un programme de formation en développement agricole et entrepreneurial avec l’appui de SUCO et de ses partenaires. Les membres de la délégation se sont aussi entretenus avec différentes institutions décentralisées des ministères de l’Agriculture et de l’Éducation, de même qu’avec les autorités locales partenaires de Caraz, Santa Cruz, Yanama, Huari et Cajay (dans la région d’Ancash), et de Pacaran, Catahuasi, Yauyos, Vitis et Laraos (dans la région de Lima), afin d’assurer une participation pleine et entière des différentes instances pour l’amélioration de l’offre de formation technique et le développement économique régional.

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Crédit photo: Duvert Ventocilla

Dynamiser l’économie régionale pour vaincre l’exode rural des jeunes

FORMAGRO représente une opportunité fantastique de dynamiser l’économie régionale et de développer une agriculture dont les revenus représentent une alternative économique viable pour les jeunes et leurs familles. Dans la région d’Ancash comme dans la région de Lima, ce projet répond à un contexte particulier, celui de l’exode rural des jeunes et de l’abandon des terres. Les différents acteurs visités reconnaissent qu’il est nécessaire de récupérer les activités productives traditionnelles et de favoriser le développement d’activités économiques diversifiées et adaptées au milieu. Une plus grande articulation entre les différents secteurs étatiques (surtout ceux de l’éducation et de l’agriculture) ainsi que les gouvernements et institutions locales est essentielle afin de former des jeunes entrepreneurs et de mieux arrimer la production agricole aux différents marchés. Les principaux intéressés ont aussi démontré un vif intérêt pour les thèmes de l’environnement et de l’articulation au secteur du tourisme communautaire; le projet prendra place dans des aires naturelles protégées : celles du Parc national Huascaran (Ancash) et celle de la réserve nationale Nor Yauyos Conchas (Yauyos).

FORMAGRO vise un développement local intégré qui mobilise tous les acteurs du milieu autour d’une vision commune. Le projet favorise une offre de formation de qualité, l’amélioration de la production locale et l’organisation de la commercialisation vers les différents marchés afin d’améliorer la qualité de vie des familles. Grâce à l’apport de ce projet, SUCO renforce le développement durable qui valorise une diversification des économies locales en harmonie avec l’environnement et le mode de vie de la population.

Par Émilie Lemieux, adjointe à la direction, FORMAGRO

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Crédit-photo: Andrés Toro

 

 


La réussite d’Esteban

 

L’entrepreneuriat au service de la famille

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Esteban produit désormais 15 variétés de légumes

«Quand je me suis rendu compte que PROGA-Jeunes allait ouvrir un groupe à Apasulu, cela a attiré mon attention car je souhaitais en apprendre davantage sur l’agroécologie. Je craignais que les cours ressemblent à des cours universitaires, mais maintenant je peux affirmer qu’ils sont meilleurs parce qu’on y apprend aussi à protéger l’environnement et à cultiver de manière biologique».

Esteban est un participant régulier du marché vert situé à El Limón. Il y vend des concombres, betteraves, ognons  et autres légumes, ce qui lui permet de gagner près de 3000 cordobas. Ses efforts pour commercialiser ses produits lui ont permis de s’acheter un petit système d’irrigation pour sa parcelle qu’il entretient avec l’aide de son père Don Marcelo. Celui-ci trouve que la culture biologique requiert beaucoup de temps car il faut constamment surveiller la production pour qu’elle ne soit pas contaminée, mais qu’au bout du compte, cela vaut la peine car les produits sont de meilleure qualité. Dans la ferme familiale, ils produisent désormais 15 variétés de légumes.

« Maintenant, nous mangeons tout ce que nous produisons dans la parcelle : des carottes, des betteraves, du chou, des concombres. Nous n’avons plus besoin de les acheter parce que nous les avons à portée de main. C’est donc un coût que nous n’avons plus à assumer et nous pouvons épargner un peu d’argent. De plus, nous avons amélioré notre alimentation car nous pouvons maintenant ajouter aux haricots des légumes et des condiments, ce qui rend notre assiette plus saine et nutritive».

Doña Victorina, mère d’Esteban


Abejita feliz : une journée avec les abeilles !

 

Témoignage de Virginie Journeau
Coordonnatrice régionale INATEC-PCG
Somoto, Nicaragua

Dans le projet PROGA-Jóvenes, les jeunes ont l’opportunité de travailler un plan d’affaires à la fin de leur formation. Le projet les accompagne dans toutes les étapes de ce plan d’affaires, de l’élaboration jusqu’à la commercialisation de leur produit. Un des plans d’affaires a attiré grandement mon attention et mon côté sucré : la production de miel !

Durant leurs trois années de formation, les jeunes sont sensibilisés à l’impact des pesticides sur l’environnement. L’apiculture représente donc un excellent moyen de contribuer positivement à l’écosystème grâce au rôle que jouent les abeilles en tant que pollinisatrices. De plus, le miel produit est 100 % pur et est un sucre naturel ayant de multiples propriétés pour la santé des gens.

Au mois de mars dernier, j’ai eu la chance de participer à une journée de formation en apiculture avec l’équipe et l’un des jeunes ayant écrit ce plan d’affaires. J’étais vraiment excitée à l’idée de découvrir tout le processus derrière ce produit si bon ! Après une heure et demie de moto, nous sommes enfin arrivés à San Juan del Rio Coco, plus précisément dans la communauté de San Lucas. En guise d’introduction, l’équipe a reçu une formation sur la fabrication de la cire d’abeille gaufrée.

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Le jeune Marlon Uriel Hernández coupe les côtés du moule afin d’obtenir deux bandes de cire d’abeille ; crédit photo : Virginie Journeau

Par la suite, toute l’équipe s’est armée d’un attirail de protection en vérifiant qu’il n’y avait aucun trou assez large pour une éventuelle attaque d’une abeille. Nous pourrions penser que les abeilles sont agressives, mais il faut plutôt penser au fait que nous leur « volons » le miel pour lequel elles ont dépensé beaucoup d’énergie. Nous devrions dire qu’elles défendent vaillamment leur territoire et leur précieuse ressource !

Envahis par le bourdonnement des centaines d’abeilles, nous avons retiré les cadres de la ruche afin de les vérifier un à la fois, dans chacune des dix ruches, et de récolter le miel mature. Pour vérifier si le miel est mature, il faut secouer le panneau pour voir s’il s’en écoule du miel. Si c’est le cas, il n’est pas encore prêt pour la récolte !

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Jose Ramon, facilitateur dans l’équipe PCG, vérifie si le miel est prêt à être récolté ; crédit photo : Virginie Journeau

La dernière étape consiste à extraire le miel du panneau de cire. Il s’agit tout d’abord de couper la fine couche qui ferme les alvéoles. Par la suite, il faut placer le panneau dans une centrifugeuse, la faire tourner manuellement et le tour est joué ! À partir de ce moment, nous avons commencé à nous régaler et à nous sentir comme d’heureuses petites abeilles !

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Juanita, facilitatrice dans l’équipe PCG, coupe attentivement la fine couche qui nous sépare du précieux miel ! ; crédit photo : Virginie Journeau

Des jeunes entrepreneurs inspirants

 

Témoignage de Tanya Abelhauser-Gosselin
Conseillère en commercialisation et micro-crédit, projet PROGA-Jeunes

Dans le cadre de la Journée mondiale de l’entrepreneuriat qui se tiendra le 16 avril, je voulais prendre le temps de souligner le travail exceptionnel des jeunes hommes et femmes entrepreneurs avec qui je travaille et qui m’inspirent tous les jours. En tant que conseillère en commercialisation et micro-crédit pour le projet PROGA-Jóvenes de SUCO au Nicaragua, j’ai eu la chance de voir de jeunes étudiants et étudiantes se transformer en véritables entrepreneurs.

PROGA-Jóvenes est un programme de 3 ans en agroécologie pour les jeunes des régions rurales du Nicaragua âgés entre 18 et 35 ans. Les seuls critères pour participer au programme : savoir lire et écrire et avoir de la motivation, bien sûr ! Ces critères pourraient sembler simples à remplir, mais plusieurs des jeunes n’ont pas eu l’occasion de poursuivre leurs études après le primaire, et donc lire et écrire demeurent une épreuve pour eux. Durant les 3 années de formation, ils apprennent différentes techniques écologiques afin de diversifier et augmenter les récoltes de leur ferme familiale. Ce qui est remarquable dans ce programme c’est qu’ils apprennent aussi les bases de l’entrepreneuriat ! Plus de 90 heures de cours sont consacrées à ce sujet, de l’étude de marché à l’analyse des coûts de production jusqu’à la rédaction d’un plan d’affaires. L’objectif des cours est de donner aux jeunes un avant-goût des réalités entrepreneuriales. Les différents outils, tels que le plan d’affaires, sont faits dans un esprit de pratique et d’apprentissage. Les jeunes pour qui cet aperçu fait vibrer la fibre entrepreneuriale ont ensuite la possibilité de mettre en pratique leur plan d’affaires afin de créer une véritable micro-entreprise.

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Kelvin, propriétaire de son entreprise de production de café moulu, nous montre comment torréfier le café à la bonne température et pendant le bon laps de temps ; crédit photo : Tanya Abelhauser-Gosselin

 

Une fois les jeunes diplômés, on commence les démarches pour démarrer leur entreprise, en passant par la finalisation du budget et le renforcement des compétences techniques spécifiques à leur domaine d’activités.

J’ai eu la chance de travailler avec une cohorte qui termine presque un an d’accompagnement dans le démarrage d’entreprise et avec une autre qui commence ses démarches. Le progrès que réalisent les jeunes en si peu de temps est réellement impressionnant. Lorsqu’on parle de micro-crédit aux nouveaux entrepreneurs et entrepreneures, ils nous regardent avec de grands yeux apeurés, mais les « anciens et anciennes », qui n’ont même pas encore un an d’expérience dans ce domaine, nous parlent de leurs échéanciers de remboursement avec aplomb. Il y en a même qui ont comme projet, une fois le premier prêt remboursé, de bénéficier d’un autre prêt afin d’agrandir leur entreprise pour répondre aux besoins de leurs clients. Ils nous expliquent en détail le processus de leur production et pourquoi ils exécutent chaque étape, alors qu’il n’y a pas si longtemps, ils ne savaient pas par où commencer. De plus, les jeunes de la première cohorte sont maintenant les mentors des entrepreneurs et entrepreneures de la deuxième.

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Silma et Bianca, propriétaires d’une entreprise de production de plantules, participent à une conférence pour les femmes entrepreneures à Managua ; crédit photo : Tanya Abelhauser-Gosselin

 

Ces jeunes m’inspirent puisque quand ils ont commencé le programme PROGA-Jóvenes, ils éprouvaient des difficultés à écrire et à faire des calculs simples. Maintenant, ils gèrent des budgets, des livres de registres et sont les propriétaires d’entreprises qui génèrent des revenus pour améliorer leur vie et celle de leur famille. Plusieurs jeunes me disent qu’ils sont fiers d’avoir mis sur pied la première véritable entreprise dans leur communauté. Pour ces jeunes, le projet de démarrer leur propre entreprise pouvait sembler impossible, sans savoir où commencer et sans pouvoir s’inspirer d’exemple d’entreprise proche de chez eux, mais ils ont réussi. Au contact de ces jeunes femmes et hommes qui réussissent et relèvent tous ces défis, j’ai pris conscience qu’avec de la volonté, rien n’est impossible !


Portrait d’une jeune leader

 

Témoignage de Anik Laverdière
Conseillère en nutrition

Dans le cadre de mon mandat, j’ai eu l’honneur de travailler avec des femmes inspirantes qui se battent pour un avenir meilleur. Je vous présente Mercedes Garcia Dominguez, 33 ans, de Silimania dans le département d’Intibucá dans l’ouest du Honduras, et cheffe de projets chez AMIR (Asociacion de Mujeres Intibucanas Renovadas). AMIR a été fondée en 1980 par des femmes Lenca (autochtones) de la région afin de pallier le manque d’opportunités pour les femmes et le machisme. Elles ont décidé de s’organiser, afin de pouvoir se former, se rencontrer et améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs communautés.

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Mercedes Garcia Dominguez ; crédit photo : Anik Laverdière

Il y a environ 15 ans, Mercedes a décidé de s’impliquer dans les activités du groupe de base d’AMIR présent dans sa communauté… décision qui changea le cours de sa vie. À l’époque, elle avait terminé sa 6e année et travaillait dans les champs, ce qui est fréquent dans cette partie du pays. « Si je n’avais pas participé aux formations, je n’aurais jamais eu la motivation de poursuivre mes études, je ne serais pas ici, je travaillerais probablement encore dans les champs. » Elle a commencé par suivre les formations populaires offertes par l’association sur des thèmes d’intérêt pour les femmes dont l’estime de soi, la violence domestique, le leadership, les droits. Elle a ensuite donné ces formations à d’autres femmes dans les communautés. « Dans ce temps-là, on n’avait aucun financement et on devait tout payer nous-même : le transport, la nourriture pour la semaine. On s’organisait pour se rencontrer et faire des formations, mais la participation était limitée. » Ça c’était avant l’ouverture de l’usine de transformation de produits en 2004

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Des femmes de l’association AMIR ; crédit photo : Anik Laverdière

AMIR a pris la décision d’ouvrir une « usine » de transformation de produits alimentaires comme solution à deux problèmes : le gaspillage des fruits et légumes dans les communautés, et les faibles revenus de ses membres. Les femmes de l’association perdaient souvent leurs récoltes de fruits et légumes, car le prix de production et de transport pour se rendre au marché leur coûtait plus cher que le prix de vente. Donc, en achetant les matières primaires directement de ses membres, AMIR permet à ces femmes d’augmenter leurs revenus. La vente de ces produits permet aussi à l’association de générer des revenus afin qu’elle soit autonome. En d’autres mots, elle peut continuer à offrir des formations sans financement extérieur, et payer sa part afin d’être appuyée par des projets de développement.

Mercedes a travaillé à l’usine dès ses débuts. « La première année, on ne gagnait rien. Après cela, on ne nous payait pas beaucoup, mais mes gains m’ont permis d’étudier. J’ai terminé mon bachillerato en administration d’entreprise. Au début, nous avons été formées en administration agroalimentaire, en planification et en fabrication de marinades et de confitures. Je me suis aperçue que la demande du marché était plus grande pour des pâtes de fruits (dulces) et des légumineuses cuites (frijoles). » Mercedes a donc pu faire usage de sa créativité. « Les dulces sont de mon invention », dit-elle avec fierté. Les frijoles sont le produit vedette et les dulces, très en demande.

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Mercedes Garcia Dominguez ; crédit photo : Anik Laverdière

Elle a travaillé à l’usine pendant ses études et en 2006, elle a commencé à travailler comme cheffe de projets, son poste actuel. L’association l’a aidée, et maintenant elle utilise ses connaissances pour aider l’organisation à accomplir sa mission et à avancer, redonnant donc à sa communauté.

Elle m’a raconté les défis auxquels l’association a dû faire face afin d’être aujourd’hui une association dirigée par ses membres – les femmes, libre, autonome, autosuffisante et durable. « On continue d’exister même sans financement d’un projet. »

Quels sont vos rêves ?

« Au niveau personnel, je rêve de terminer mon premier cycle universitaire, car je n’ai pas pu le faire. Je veux aussi toujours avoir un travail et un travail qui me permet d’être au service des autres.

Pour ma communauté, l’idée est qu’avec le groupe de base, les femmes seront formées, les familles s’intègreront au groupe et qu’en bout de ligne, les choses changeront et les femmes amélioreront leurs conditions de vie.

Au niveau de l’organisation, je rêve qu’elle soit durable. L’idée de l’usine de transformation est qu’elle nous permette de rester autonomes et de continuer d’améliorer les conditions de vie des femmes, sur le plan économique par l’achat de la matière primaire et la vente de produits, mais aussi par le biais de formations pour les femmes. On se rend compte que les femmes ont été tellement marginalisées et auto marginalisées, et l’on voit encore des femmes qui croient qu’elles ne servent à rien. C’est tout un processus qui reste à faire avec les femmes pour changer ces attitudes. J’aimerais aussi qu’on puisse atteindre une vraie égalité et équité entre les hommes et les femmes, une égalité basée sur les droits et le respect des deux sexes. Pour atteindre ce but, un travail avec les familles s’impose. »

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Équipe de l’association AMIR avec Anik Laverdière

Mercedes parle aussi des défis qui restent à relever. « On doit rejoindre et former plus de gens si l’on veut atteindre un véritable développement et que les choses changent vraiment. On doit donc changer la méthodologie utilisée pour les formations afin que ce ne soit pas toujours les mêmes femmes qui participent aux différentes formations et projets. De plus, il faut impliquer davantage les jeunes et leur transmettre la vision et la culture organisationnelles. L’idéal est de travailler en même temps avec les femmes et les jeunes, car les deux groupes se complètent. Les jeunes ont plus d’énergie physique, tandis que les femmes plus âgées ont des connaissances et de l’expérience de vie. »

Cette jeune femme énergique, fonceuse, positive, persévérante, travaille pour un monde plus juste, équitable et pour améliorer les conditions de vie des femmes dans sa communauté. Elle est une inspiration pour moi, et pour d’autres jeunes dans sa communauté qui suivent maintenant son exemple.


Les stagiaires de PROGA-Jeunes : un modèle de réussite pour les jeunes femmes du projet

 

Article de Virginie Journeau
Coordonnatrice régionale INATEC-PCG
Somoto, Nicaragua

Le projet de SUCO au Nicaragua, PROGA-Jeunes, comme son nom nous le laisse présager, travaille avec les jeunes Nicaraguayens et Nicaraguayennes âgés entre 15 et 30 ans. Dans ce pays où la population est composée majoritairement de jeunes, ces derniers font face à plusieurs problèmes, notamment l’accès à l’éducation et à un emploi rémunéré avec des conditions de travail équitables. En effet, c’est près de la moitié des jeunes qui sont sans emploi ou qui travaillent dans le secteur informel. La situation est encore plus difficile pour les femmes en raison des nombreuses barrières sociales.

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Juanita (demoiselle avec la casquette rose) était une stagiaire et est maintenant facilitatrice pour le projet. Elle est ici au centre local de el Jocote afin de participer à l’installation d’une bombe MECATE pour approvisionner la parcelle école en eau ; crédit photo : Virginie Journeau

Afin d’aspirer à une vie prospère, les jeunes au Nicaragua doivent surmonter plusieurs difficultés. J’aimerais donc laisser la parole à deux jeunes femmes dont le travail passe souvent sous silence. En effet, dans chacun des quatre centres régionaux du projet PROGA-Jeunes, des stagiaires travaillent de manière rigoureuse et professionnelle. Au cours des quatre années de vie de ce projet, d’anciens stagiaires ont même eu la chance d’être embauchés en tant que membre de l’équipe. Ces jeunes universitaires contribuent grandement à la réussite de ce beau projet et sont, à mes yeux, des modèles de succès pour les jeunes qui suivent la formation de PROGA-Jeunes. Je vous invite donc à lire les témoignages de deux stagiaires qui sont des modèles positifs pour les jeunes femmes du Nicaragua.

Angelica Maria Larios Ortez, 22 ans, originaire de El Jicaro dans le département de Nueva Segovia. Technicienne en sciences de l’agronomie et d’élevage. Stagiaire depuis avril 2013 au centre régional de Jalapa.

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Angelica Maria Larios Ortez, stagiaire depuis avril 2013 au centre régional de Jalapa ; crédit photo : Virginie Journeau

Je suis actuellement aux études, les samedis, et le fait d’être stagiaire durant la semaine me permet d’acquérir de plus amples connaissances. De plus, mes compagnons de travail m’appuient dans mon travail et me font sentir comme faisant partie intégrante de l’équipe.

Ce projet est en soi une grande opportunité et plusieurs jeunes du projet aspirent à être eux aussi stagiaires. De plus, dans une des municipalités, nous avons un groupe composé uniquement de femmes, ce qui est très important parce que la plupart des gens pensent que les femmes ne peuvent pas tout faire. Mais en réalité, nous pouvons réussir, peu importe notre âge, notre taille, si nous avons le désir, nous pouvons tout accomplir. »

Mirian de Los Angeles Rivas Ponce, 20 ans, originaire de San Lucas, Madriz. Stagiaire depuis juin 2014 en égalité hommes-femmes au centre de INPHRU, Somoto.

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Mirian de Los Angeles Rivas Ponce, stagiaire depuis juin 2014 en égalité hommes-femmes au centre de INPHRU, Somoto ; crédit photo : Virginie Journeau

« Mon rôle en tant que stagiaire en égalité hommes-femmes est de réviser les cours en lien avec ce thème, d’accompagner l’équipe dans les suivis techniques et dans les cours. J’ai même eu l’occasion de donner moi-même des classes. Chaque fois que je me retrouve sur le terrain, je tombe encore plus en amour avec la carrière que j’ai choisie. Les bénéfices professionnels de ce stage sont de connaître les différentes situations vécues par les personnes dans les communautés. Ces expériences me permettent d’intervenir et d’être ainsi un agent de changement et d’apprendre chaque jour à donner le meilleur de moi-même.

Le fait de travailler avec les jeunes dans les communautés rurales est très important parce que c’est la meilleure manière de promouvoir le changement chez ces derniers. PROGA-Jeunes rejoint de nombreux jeunes qui habitent dans des communautés éloignées et permet de développer leur qualité de vie en leur donnant les divers outils pour notamment augmenter leur confiance en soi et mieux communiquer. »

 


La Yunta Andina

 
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Crédit photo : Carlos Ly

Le jeudi 23 octobre 2014 était une journée spéciale pour SUCO au Pérou. En effet, plus de 70 personnes étaient présentes pour assister au lancement de la Yunta andina, outils de formation agropastorale, et d’un diagnostic réalisé cette année sur le thème de l’entrepreneuriat rural. Pour cette occasion, une grande partie de l’équipe de SUCO Montréal était présente ainsi que les représentants de SUCO au Nicaragua et au Honduras. Ce fut un moment privilégié pour faire connaître notre expertise et notre travail en présence de représentants de l’Ambassade du Canada à Lima, des ministères péruviens de la Production, de l’Agriculture et de l’Éducation, des ONG de la coopération italienne, canadienne et américaine ainsi que des partenaires péruviens de SUCO. Des représentants du secteur du développement durable de trois grandes entreprises privées péruviennes étaient aussi présents lors de la soirée. L’engouement pour la thématique de l’entrepreneuriat rural et du développement agroenvironnemental local a certainement été démontré par la quantité de personnes présentes et par la qualité des échanges observés.

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Crédit photo : Carlos Ly

Étaient aussi présentes lors de l’événement les productrices de la Red Prausa, réseau de femmes productrices de la région périurbaine de Lima et partenaire de SUCO, pour faire déguster les produits frais de leur jardin biologique et deux plats péruviens : le ceviche de légumes et le picante de berros. Le fromage produit par les productrices appuyées par le projet de SUCO à Huari était aussi offert à la table pour une savoureuse dégustation. Tous ces aliments sains et biologiques ont permis aux participants et participantes de voir comment le travail de SUCO auprès de ses partenaires permet d’assurer à la fois la souveraineté alimentaire des familles productrices ainsi que le développement économique durable pour ces nouveaux entrepreneurs et entrepreneuses grâce à la génération de revenus liée à la vente des excédents produits.

L’événement a donc permis de présenter le travail qu’effectue SUCO de façon globale, avec un accent sur ce qui se fait tant au Pérou qu’au Nicaragua. Enfin, l’événement a aussi permis de réunir des gens de différents milieux et secteurs pour discuter des enjeux liés au développement de l’entrepreneuriat rural et mettre en lumière l’importance d’appuyer ces entrepreneuses et entrepreneurs ruraux pour un développement agroenvironnemental durable.

Note sur les deux documents produits :

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Crédit photo : Carlos Ly

La Yunta andina est un outil de formation agropastorale pour les familles du milieu andin, créé par l’association Allpa en collaboration avec SUCO. Cet outil met en valeur l’expérience développée sur le terrain depuis déjà une décennie et l’intègre sous un format homogène qui permet aux techniciens agronomes et vétérinaires de former les producteurs et productrices des zones alto-andines avec un contenu correspondant à leur réalité. La grande valeur ajoutée de ce nouveau format est d’abord l’accessibilité de l’information qui se trouve réunie dans un même document et ensuite, la qualité du contenu présenté à travers des fiches techniques de formation et d’accompagnement. Toute la recherche préalable a permis d’avoir un contenu qui est adapté à la réalité péruvienne, qui répond aux demandes des producteurs et productrices de la région, mais surtout qui fait ressortir les différents savoirs ancestraux pour améliorer la capacité de production des populations… savoirs qui ont eu tendance à se perdre avec les années et qui sont récupérés dans ce document. La Yunta andina représente donc un ensemble d’outils de formation et d’accompagnement technique avec des présentations colorées (images et photos originales) et un contenu totalement créé par SUCO et Allpa. Mais ce n’est pas tout ! La Yunta andina c’est aussi une méthodologie d’intervention qui permet aux familles productrices et à la population intégrée aux différents projets de développement durable mis en place dans les dernières années de pouvoir s’approprier le contenu et développer leur communauté par une approche de développement participatif et organisationnel. Enfin, les thèmes du programme de formation et d’accompagnement en production agropastorale sont : jardins maraîchers biologiques, systèmes de pâturage, irrigation, produits laitiers, élevage de cochons d’Inde, santé animale, commercialisation de produits laitiers et environnement.

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Crédit photo : Carlos Ly

Le diagnostic sur l’entrepreneuriat rural présente un portrait des entrepreneurs ruraux qui vivent dans trois régions du Pérou : Lima, Ancash et Piura. Comme SUCO a développé toute une expérience d’intervention dans les deux premières régions, il a été fort pertinent d’explorer une troisième région pour valider les différentes conclusions de l’analyse effectuée. En effet, il ressort clairement du diagnostic que les entrepreneurs sont des acteurs clés pour assurer un développement durable des régions rurales visitées. Ces mêmes entrepreneurs ruraux péruviens ont mentionné de nombreux enjeux auxquels ils étaient confrontés et différents besoins qui devront être comblés s’ils souhaitent améliorer leur rendement et assurer une certaine durabilité. Les besoins peuvent se résumer en trois grandes thématiques : (1) l’amélioration des techniques de production, (2) la commercialisation et l’articulation au marché ainsi que (3) le renforcement institutionnel, soit l’appui à la formalisation des différentes micros et petites entreprises rencontrées et le renforcement de celles-ci. Le diagnostic présente aussi la proposition de SUCO de créer une plateforme multisectorielle qui permettrait d’articuler les différents services publics et privés qui existent actuellement, pour appuyer les entrepreneurs en vue de mieux répondre à leurs besoins. Cette proposition a été très bien reçue par l’ensemble des acteurs interviewés (tant publics que privés) lors de la collecte de données. Plus encore, cela semble une nécessité urgente puisque les programmes existants fonctionnent actuellement en vase clos et ne réussissent pas à atteindre leur objectif pour créer une économie régionale plus dynamique basée sur des entrepreneurs ruraux forts, dont les capacités auront été renforcées et qui développent leur productivité pour ainsi générer plus de revenus. Enfin, une plateforme de services d’appui aux entrepreneurs aurait pour but la création et le renforcement d’entreprises ainsi que la génération et le maintien d’emplois dans les régions défavorisées du Pérou. Tout ceci pour viser l’amélioration globale de la qualité de vie des populations marginalisées, amélioration qui passe obligatoirement par un développement économique et social durable.