Le commerce local

 

Après dix semaines dans la ville de Pacarán avec l’organisme IDMA, Audrey Ménard, la responsable d’équipe du groupe Québec sans frontières, nous livre ses réflexions sur l’importance du commerce local, que ce soit au Québec ou au Pérou. N’hésitez pas à aller lire le blogue du groupe pour en apprendre plus sur leur projet.

La consommation de produits locaux est une façon simple de diminuer notre empreinte écologique et de lutter contre les changements climatiques. Elle permet de réduire le kilométrage alimentaire, notion référant à la distance parcourue des aliments avant de se retrouver dans nos assiettes[1]. En consommant local, le transport des produits est significativement réduit, tout comme les émissions de gaz à effet de serre qui lui sont associées.

Nous avons été surpris et surprises de constater, dans le cadre de notre projet Québec sans frontières, que la mise en place de potagers biologiques dans des écoles de Pacarán avait contribué au commerce local de la région. Non seulement les produits récoltés sont consommés par les élèves des écoles où ont été implantés les jardins, mais les surplus de légumes sont vendus aux restaurateurs du coin afin de financer un fonds permettant d’acheter du matériel scolaire pour les élèves.

À travers le projet FORMAGRO, mis en œuvre en partenariat avec SUCO, plusieurs centaines d’étudiants et d’étudiantes au Pérou ont l’occasion de développer leurs produits et de les commercialiser dans leur région. Dans le cadre de leur cours sur la transformation des aliments, ils et elles apprennent à élaborer un produit qui sera peaufiné et personnalisé tout au long du semestre. Les élèves ont en effet l’occasion de réaliser toute une myriade d’analyses et d’essais dans des laboratoires mis à leur disposition. En ressortent des produits alimentaires distincts, tous plus délicieux les uns que les autres, tels que yogourt, miel, thé, jus, tartinade et aliments marinés. Le tout est préparé avec la touche de chacun, ce qui procure une belle diversité dans l’offre de produits disponibles.

IDMA et SUCO, les deux organisations partenaires à l’origine du projet dans la province de Lima, ont implanté une foire commerciale hebdomadaire afin de soutenir et renforcer la mise en marché des produits de leurs étudiants et étudiantes. Cette Eco-Feria se déroule les fins de semaine à Lunahuana, une petite ville plus populeuse et plus touristique que Pacarán (les cours du programme FORMAGRO se déroulent à Pacarán). Les deux villes étant situées à vingt kilomètres l’une de l’autre, les étudiants et étudiantes peuvent facilement y transiter et transporter leurs produits. Il est à noter que les produits alimentaires ne sont pas les seuls à être commercialisés dans le cadre de l’Eco-Feria. Des étudiants et étudiantes y vendent également des plantes et des arbres fruitiers prêts à être transplantés. Tout comme les produits transformés, les produits horticoles sont biologiques afin de réduire l’utilisation des pesticides qui posent un risque pour la santé des agriculteurs et des agricultrices, pour la biodiversité et les ressources naturelles. Les plantes et arbres fruitiers sont également, pour la plupart, vendus dans des contenants recyclés dans l’optique de réduire la production de déchets.

Dans le but d’en apprendre davantage sur les impacts du FORMAGRO, notre groupe est allé visiter l’Eco-Feria de Lunahuana. Nous avons pu entretenir d’intéressantes discussions avec les commerçants et commerçantes. Maria Nelly Yactayo Casas, ancienne étudiante du FORMAGRO, a été sans équivoque à ce sujet : le programme a été grandement bénéfique pour elle. Elle a affirmé avoir doublé les revenus découlant de sa production de yogourt grâce aux cours et à la foire commerciale. Maria Nelly a pu développer une multitude de saveurs de yogourt, choisir des récipients appropriés pour ses produits, concevoir des étiquettes professionnelles pour ceux-ci et avoir accès à une toute nouvelle clientèle.

Deux stagiaires de notre groupe ont également eu l’occasion d’accompagner le personnel d’IDMA à l’Eco-Feria de LLapay au nord de Pacarán, un événement rassemblant plusieurs producteurs et productrices locaux, dont des élèves du FORMAGRO. L’événement était festif et convivial. Des cultivateurs et cultivatrices d’espèces maraîchères ancestrales étaient présents et avaient apporté plus d’une soixantaine de variétés de pommes de terre, légume emblématique du Pérou. L’événement s’est conclu par un concours de danses traditionnelles auquel participaient les élèves des écoles de la région.

Tout au long de notre stage, nous avons pu constater un vif engouement pour le commerce local dans la région de Pacarán. Celui-ci est aussi bien présent au Québec. Toutefois, dans notre province, les fruits et les légumes continuent de parcourir en moyenne 3500 à 5000 kilomètres avant d’atteindre nos assiettes, alors qu’il existe différentes façons de manger local, et ce, même en hiver[2]. Peut-être aurions-nous intérêt, nous aussi, à organiser des événements qui soient aussi festifs, ponctuels et, par-dessus tout, à l’échelle de nos quartiers ?

[1] Bernard Lavallée, Sauver la planète une bouchée à la fois, Les Éditions La Presse, 2015, p. 18.

[2] Ibid.

Par Audrey Ménard, responsable d’équipe du groupe Québec sans frontières au Pérou 


SUCO lance un nouveau programme de stages internationaux en développement durable

 

Une expérience de citoyenneté mondiale, un atout pour le CV !

Montréal, le 6 février 2018 – Le 5 février, la ministre du Développement international et de la Francophonie, Mme Marie-Claude Bibeau, annonçait un financement de 2,1 millions de dollars sur quatre ans destiné à l’organisme de coopération internationale SUCO pour la mise en œuvre de son initiative Jeunes, Emploi, Développement International II. C’est dans ce contexte que SUCO dévoile son tout nouveau programme de stages internationaux qui permettra à une vingtaine de jeunes stagiaires par année jusqu’en 2022 de vivre une expérience professionnelle et de devenir des citoyens et des citoyennes du monde engagés.

Le programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est ouvert aux personnes canadiennes diplômées de niveau postsecondaire âgées de 19 à 30 ans. Il fait partie de la Stratégie emploi jeunesse du gouvernement du Canada et est financé par Affaires mondiales Canada (AMC). Les jeunes intéressés peuvent s’abonner à l’alerte-emploi de SUCO pour rester à l’affût des offres de stage : http://suco.org/alerte-emploi/.

Une expérience de solidarité internationale menant au marché du travail

SUCO se démarque par un programme novateur dont les mandats seront intégrés à des projets existants, mis en œuvre par SUCO et ses partenaires locaux en Haïti, au Honduras, au Nicaragua, au Pérou, au Burkina Faso et au Sénégal, dans les domaines suivants : renforcement des capacités des producteurs et productrices agricoles en matière de pratiques respectueuses de l’environnement, appui à la production maraîchère et à la commercialisation des récoltes, technologie des communications, nutrition, développement de l’entrepreneuriat rural, marketing social, développement organisationnel, et promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Lors du précédent programme réalisé de 2015 à 2017, 73 % des stagiaires se sont trouvé un emploi dans leur domaine entre deux semaines à quatre mois après leur stage grâce à leur expérience et à l’appui en employabilité offert par SUCO. Au-delà du stage, l’organisme fournit un accompagnement personnalisé avec des méthodes dynamiques de recherche d’emploi pour favoriser l’insertion professionnelle des stagiaires dès leur retour.

« Mon niveau de confiance pour trouver un emploi est passé de 85 % à 100 %. Ce stage a fait ressortir beaucoup de mes aptitudes, comme ma capacité d’adaptation, mon autonomie. J’ai actualisé mes compétences en gestion et j’en ai acquis de nouvelles, comme le traitement et l’analyse de données. Je suis aujourd’hui beaucoup plus sûre de pouvoir trouver un emploi à mon retour au Canada », raconte Sherly Jossaint, ancienne stagiaire en entrepreneuriat au Pérou (puis en emploi chez Desjardins).
Les stagiaires auront aussi accès à un programme de mentorat en ligne tout au long de leur mandat.

« Nous sommes aussi conscients que les mentors ont un rôle important à jouer dans le développement professionnel de la relève, des leaders d’aujourd’hui. SUCO mettra aussi à la disposition des stagiaires un programme de mentorat en ligne axé sur le développement international, la gestion de projet, la nutrition internationale, la diplomatie, le marketing social et l’agronomie internationale », précise Éléonore Durocher -Bergeron, agente de programme PSIJ chez SUCO.

Ce sont tous des moyens qui permettent d’accroître l’accès au marché du travail pour les jeunes Canadiens et Canadiennes.

Crédits photo : Ariane Sylvain Salvador

Un volet novateur en entrepreneuriat social

Il est prouvé que les jeunes qui effectuent un stage à l’international ont plus de chance de devenir des entrepreneurs sociaux à leur retour.

« Chez SUCO, nous avons bien compris cela. Et c’est pour cette raison que nous offrons un parcours entrepreneurial pour les stagiaires qui ont une idée de projet validée », souligne Anne Vincent, chargée de programme volontariat chez SUCO.

Coaching, formation en ligne pour le démarrage d’entreprise sociale avec attestation et bourse de démarrage lors d’un concours annuel ne sont que quelques exemples des composantes du programme offert par SUCO.

Un impact au retour : l’éducation à la citoyenneté mondiale

Après le stage, ce n’est pas tout. En plus d’avoir contribué au renforcement des capacités des partenaires communautaires locaux, les stagiaires devront partager leur expérience terrain pour sensibiliser les Canadiens et les Canadiennes aux enjeux internationaux et à l’importance de soutenir une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. SUCO les accompagnera dans la réalisation d’activités collectives et créatives.

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À propos de SUCO

De 2015 à 2017, 30 jeunes Canadiens et Canadiennes ont participé au Programme de stages internationaux pour les jeunes de SUCO. Certaines conditions s’appliquent pour participer à ce programme, visitez le http://suco.org/stages-jeunes-emploi-developpement-international/ pour connaître les critères d’admissibilité.

SUCO est un organisme de coopération internationale fondé en 1961. Il réalise des projets de développement durable visant à renforcer l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités dans six pays : Burkina Faso, Haïti, Honduras, Nicaragua, Pérou et Sénégal. L’expertise de SUCO se situe principalement dans les domaines de l’agriculture durable, du développement local, de la mobilisation citoyenne et de l’entrepreneuriat rural.

Voir l’annonce d’Affaires mondiales Canada.

Renseignements :
Mélissa Cabana
Chargée des relations externes, SUCO
melissacabana@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 225
Cell. : 514 349-3019

Éléonore Durocher-Bergeron
Agente de programme, stages internationaux, SUCO
eleonoredurocher@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 224

 


SUCO au prochain Forum social mondial (FSM)

 

Pour cette nouvelle édition du Forum social mondial qui aura lieu à Salvador de Bahia, au Brésil, du 13 au 17 mars prochain, SUCO se joint au Collectif québécois vers le FSM 2018 qui permettra à près d’une centaine de personnes de participer à ce grand rassemblement international.

Fiers d’une expertise développée au cours de la dernière décennie, les YMCA du Québec, en partenariat avec la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec et l’Association québécoise des organismes de coopération internationale, chapeautent le Collectif québécois de la société civile qui participera au prochain Forum social mondial. SUCO, qui s’était déjà démarqué par son expertise en agriculture durable ainsi que sur les thèmes de l’égalité entre les femmes et les hommes, et de la lutte aux changements climatiques lors de sa participation au Collectif de la société civile à Paris pour la COP 21 en 2015, rejoint à nouveau cette année ces trois organisations en tant que fier collaborateur.

Participer au Collectif : une expérience qui commence bien avant la tenue du FSM

Le Collectif débute plusieurs mois avant la tenue du FSM afin de bien préparer les participants à leur séjour, tant par rapport à l’acquisition d’une meilleure connaissance des enjeux discutés au FSM, qu’à l’esprit de groupe ou à l’organisation technique du séjour. Les membres du Collectif entameront donc leur préparation dès septembre en participants à six formations avant-départ qui aborderont des problématiques sociales actuelles animées par des experts chevronnés. De plus, cette année, des cours de portugais seront offerts à faibles coûts aux participants qui le désirent, et ce, dès janvier 2018. Pendant le séjour, les organisateurs du Collectif proposent une programmation active qui s’adapte aux intérêts de chacun, tout en permettant aux participants de se revoir à différents moments pour des séances de « débriefing » ainsi que pendant plusieurs activités de réseautage. De plus, la participation au Collectif ne s’arrête pas à la fin du FSM en mars puisque des occasions d’engagements et de réseautage sont prévues au retour.

Séance de débriefing et de formation avec la soixantaine de participants du Collectif de la Cop 21 à Paris.

Le Forum Social Mondial en bref

Il s’agit de l’un des plus grands rassemblements de la société civile au monde. Espace de rencontre ouvert, il vise à approfondir la réflexion, le débat d’idées démocratiques et à trouver des solutions aux problèmes actuels de notre société. Créé en 2001 au Brésil, à chaque édition, le FSM rassemble plusieurs dizaines de milliers de participants pour plus de mille activités (ateliers, conférences, performances artistiques…) portant sur diverses thématiques (développement social, économie solidaire, environnement, droits de la personne, démocratisation…). SUCO avait d’ailleurs participé au dernier FSM qui a eu lieu à Montréal en 2016. En 2018, le thème sera la Traite des peuples, des territoires et des mouvements en résistance.

Pour vous inscrire, c’est ici !

Pendant le FSM 2016 à Montréal.

 


La jeunesse québécoise, une vraie force de changement!

 

C’est un départ pour nos 7 jeunes Québécoises qui iront réaliser un stage d’initiation à la solidarité internationale avec notre partenaire ALLPA, dans la région de Huari au Pérou ! Les jeunes femmes ont pour mandat de contribuer au développement durable de cette région andine du Pérou. Plus spécifiquement, il s’agira de sensibiliser la communauté sur la production et la consommation de produits locaux.

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Québec sans frontières, un programme qui mise sur des valeurs de partage et de solidarité

Basé sur des principes de partage, de solidarité et d’engagement social, le programme Québec sans frontières (QSF) dans lequel s’inscrit ce stage a pour objectif de favoriser la création de liens privilégiés entre les jeunes du Québec et les populations du Sud, dans ce cas-ci la population andine du Pérou, tout en prônant des valeurs de participation populaire et de réciprocité. Le programme, qui existe depuis 20 ans, mise avant tout sur le potentiel de la jeunesse québécoise à devenir une vraie force de changement et d’action.

Pourquoi partir et qu’est-ce qu’on en retire ?

Se mettre au défi et sortir de sa zone de confort, en apprendre davantage sur une autre culture et vivre dans un rapport de réciprocité avec elle, partager ses connaissances sont quelques-unes des raisons qui ont attiré les jeunes femmes à s’initier au monde de la coopération internationale. Nos stagiaires, qui vivront d’ailleurs dans des familles d’accueil durant toute la durée du séjour, espèrent retirer beaucoup de cette expérience, tant d’un point de vue plus personnel que professionnel. Ainsi, se connaître davantage, approfondir ses connaissances sur certains enjeux internationaux pour mieux agir de retour au Québec, se doter de nouveaux outils et de nouvelles compétences (écoute, vie de groupe, apprentissage d’une nouvelle langue, sens de l’organisation, autonomie) sont parmi les objectifs que les filles espèrent atteindre durant ces deux mois et demi au Pérou. Et il y a fort à parier qu’elles réussiront !

Ce programme de stage est financé par l’intermédiaire du Ministère des relations internationales et de la francophonie.

 

 

 

 

 

 


Carrière en développement international : trucs et astuces pour dénicher votre premier emploi et acquérir de l’expérience

 

 

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“Avant de commencer votre recherche d’emploi, ne vous demandez pas pour quel employeur vous souhaitez œuvrer, mais plutôt quel problème vous voulez résoudre !”

 

Cette citation est tirée d’un tweet que j’ai vu passé il y a quelque temps de Karen Warren de DevexCareers et je trouve qu’il reflète bien ce que j’essaie de transmettre comme message à nos stagiaires du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) lorsqu’ils et elles amorcent leur recherche d’emploi au retour du terrain. Une fois qu’on a ciblé les enjeux qui nous attirent, comment amorce-t-on une carrière, après un baccalauréat, un stage ou une brève expérience dans le domaine? Il n’y a pas de recette miracle pour amorcer sa carrière en développement international, selon moi, mais il est possible d’articuler son cheminement de façon stratégique. Pour bâtir une carrière en développement international, il importe d’acquérir des expériences à titre de généraliste, mais aussi dans le cadre de mandats plus spécialisés, tout en continuant de garder à jour vos compétences interculturelles ! Voici différentes pistes pour vous inspirer…

 

Considérez les postes “d’entrée” ou les plus petites organisations

Il est important de viser des postes qui vous attirent, mais bien que vous vouliez le poste de chargé de projets, n’hésitez pas à considérer celui d’assistant de programme ou d’analyste. Cela s’applique aussi au choix géographique: pensez considérer des mandats dans des pays moins populaires. Également, que ce soit des ONG présentes dans des régions plus éloignées du Québec ou de nouvelles “startups” à vocation sociale et internationale, envisagez de vous joindre à des employeurs de plus petite taille. Bien que les conditions puissent être moins avantageuses, ce genre d’organisation permet souvent de prendre plus de responsabilités et offre un potentiel de croissance. Si vous êtes généraliste, considérez des chemins moins typiques et spécialisez-vous en recrutement, en développement des affaires, etc.

 

Développez des compétences plus rares sur le marché de l’emploi en développement international

En effectuant vos recherches d’emploi, vous verrez apparaître des compétences spécialisées qui pourraient devenir un atout à votre candidature. En développement international, vous pouvez envisager de nombreuses options : vous spécialiser en utilisation de logiciels statistiques, en cartographie numérique (le data est en constante évolution dans le secteur), en traduction d’un dialecte spécifique, en gestion des volontaires, etc.

 

Prenez plus de responsabilités, diversifiez vos expériences et faites preuve de leadership

Si vous voulez poursuivre une longue carrière en développement international, vous arriverez à un point où vous envisagerez peut-être des postes de gestion. Assister à des conférences et faire du bénévolat, qui vous permettra de développer vos compétences en leadership, devient un atout pour faire avancer votre carrière. Rappelez-vous aussi que la flexibilité est le mot d’ordre dans le domaine du développement international. Il  est toujours bon de posséder une expérience dans au moins deux domaines comme la gestion de projets et l’égalité femmes-hommes, ou les communications et la recherche de financement, etc. Considérez aussi enrichir votre expérience au sein de différents types d’organisations : pensez à combiner une expérience dans l’administration publique avec une autre au privé ou en ONG.Il est aussi important de garder vos connaissances à jour. Si vous avez fait des études en marketing, mais que vous travaillez en égalité femmes-hommes, continuez de vous tenir informé dans votre premier domaine d’études. Il ne faut pas que vos compétences deviennent obsolètes. Les médias sociaux sont très utiles pour se garder à jour sur différents sujets. Utilisez Twitter et faites-vous des listes d’intérêts.

 

Cherchez des offres au sein de projets ou de programme qui se terminent

Ce point semble étrange effectivement, mais il arrive que des gens mettent fin à leur contrat avant terme. Il peut devenir stratégique d’appliquer sur des postes ouverts en raison de ces départs. Bien que moins attrayants (souvent des mandats à court terme), le fait que les employeurs soient à la recherche de quelqu’un en urgence peut faire en sorte que l’on permettra l’embauche de quelqu’un ayant moins d’expérience.

 

Combinez des expériences internationales et nationales

Selon le type de carrière que vous allez choisir, considérez acquérir de façon équilibrée votre expérience ici et ailleurs. Demandez-vous quelles compétences peuvent être développées outremer versus ici. Certains emplois exigeront des connaissances internationales sans aller à l’étranger. Si vous envisagez de travailler en siège social, considérez que la plupart des postes exigent entre une et trois années d’expérience terrain minimum. Cette expérience peut être acquise à travers des mandats de volontariat, de stages professionnels (comme ceux du PSIJ), d’études sur le terrain, etc. Privilégiez l’acquisition de cette expérience tôt dans votre carrière !

Vous avez envie d’obtenir d’autres conseils sur la carrière en développement international ou de découvrir les opportunités offertes par le milieu au Québec? Venez rencontrer notre équipe de recrutement dans le cadre de divers événements : suco.org/evenements et consultez nos offres d’emploi à suco.org/emploi.

Vous trouverez aussi plusieurs offres sur le site de l’AQOCI et du CCCI.

 


En 2017, SUCO vous propose une expérience interactive et collective de théâtre-forum!

 

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Le 11 août dernier, dans le cadre du Forum social mondial, SUCO avait lancé en collaboration avec l’organisme Mise au jeu « Allons voir là-bas si j’y suis » et « Les femmes au cœur des solutions face aux changements climatiques ». En 2017, comme promis, nous réitérons l’expérience avec une tournée dans les institutions scolaires (écoles secondaires, cégeps, universités) et événements grand public, l’idée étant de contribuer à la formation d’une jeunesse engagée, critique et sensibilisée à la solidarité Nord-Sud.

Pourquoi  des ateliers de théâtre forum ? Parce que c’est un moyen participatif et ludique d’observer, de réfléchir et d’agir face à des défis et questionnements particuliers. Les participantes et participants sont invités à devenir « spect-acteurs » en prenant part au jeu, en exprimant leurs idées, réactions et perspectives. Ces ateliers se veulent un échange de proximité et une prise de conscience, de parole et d’action.

 

Et plus concrètement, ça ressemble à quoi ?

 LES FEMMES AU CŒUR DES SOLUTIONS FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Les catastrophes naturelles et les changements climatiques affectent principalement les personnes les plus vulnérables, qui sont à 70 % des femmes. Quel est l’impact de ces changements sur les femmes et comment s’y adaptent-elles ?

Suivez l’histoire d’une famille sénégalaise dans un village touché par des inondations sévères et celle de Camille, jeune québécoise en pleine réflexion face aux changements climatiques. Catastrophes naturelles, résilience, systèmes d’adaptation, rapports hommes-femmes et solidarité Nord-Sud sont parmi les thèmes abordés. Une activité qui sensibilise vos élèves de manière simple et imagée sur les dynamiques des changements climatiques.

DURÉE : 1H30

 

ALLONS VOIR LÀ-BAS SI J’Y SUIS

Quel est le regard que nous portons sur la coopération internationale et sur les populations du Sud ? Quel est notre rapport à l’autre ?

Dans cet atelier de théâtre forum, suivez les expériences de Justin, jeune étudiant qui réalise un stage de 2 mois en agriculture auprès d’une association de producteurs au Burkina Faso. Cet atelier explore les thématiques des relations interculturelles et tente de démystifier certains préjugés face aux relations Nord-Sud. Il permettra à vos élèves de réfléchir à des situations concrètes et de favoriser une résolution collective aux situations que peuvent vivre les jeunes à l’étranger.

DURÉE : 1H30

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Crédit-Photo: Mise au Jeu

 

Une méthode qui rejoint l’approche de SUCO sur le terrain

Cette méthode d’intervention participative développée par le brésilien Augusto Boal dans son théâtre de l’opprimé trouve un écho dans le travail réalisé par SUCO dans ses différents pays d’intervention. En effet, nous travaillons de près avec les gens, dans l’objectif de promouvoir un réel échange de connaissances, d’expertises, de vécus et de compétences. Nous croyons que cette façon de faire très participative permet de développer et de favoriser davantage l’apprentissage puisque les personnes sont impliquées directement dans le processus.

 

 

Cette activité est rendue possible en partie grâce au Fonds pour l’éducation et l’engagement du public à la solidarité internationale (FEEPSI) financé par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF).

 


Communiqué – Du Pérou à votre assiette avec le chef Mario Navarrete Jr.

 

Montréal, le 29 novembre 2016 – Le 1er décembre prochain à la Tour de Montréal du Stade olympique,  150 convives se laisseront transporter dans un univers péruvien avec le chef renommé Mario Navarrete Jr. Le souper gastronomique, organisé par l’organisme canadien de coopération internationale SUCO, est sous la présidence d’honneur du Consul du Pérou à Montréal, M. Manuel de Cossío Klüver.

Le chef « Au goût du monde » 2016

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Avec son approche nuevo latino et sa cuisine fusion, Mario Navarrete Jr. a séduit plus d’un critique gastronomique. C’est avec cœur et amour pour son pays d’origine que le chef a accepté de se prêter à la cause en cuisinant pour un événement dont les fonds serviront à appuyer un vaste programme de formation en entrepreneuriat jeunesse et agricole au Pérou.

« L’innovation, ce n’est pas la gastronomie péruvienne en soi, mais le fait de replonger dans les savoirs ancestraux et andins et de les faire découvrir au monde. C’est d’expérimenter avec des textures, des couleurs et de combiner les cultures. Il faut ramener cette connexion entre le chef cuisinier, les producteurs, les aliments et enfin, l’environnement. Après tout, la gastronomie nécessite des aliments frais, savoureux, récoltés d’une terre en santé », raconte le chef montréalais.

La culture péruvienne sur la sellette

Sous le thème Au goût du monde, du Pérou à votre assiette, cette première édition mettra en valeur la culture et la gastronomie péruviennes en vogue chez les foodies et reconnues mondialement pour leur richesse et leur diversité. C’est après une montée en funiculaire que les invités pourront déguster un pisco sour et un repas gastronomique avec une vue unique et époustouflante sur la Ville de Montréal.

La soirée sera aussi l’occasion d’en apprendre sur le savoir-faire et l’alimentation au Pérou avec Marianne Lefebvre, spécialiste en nutrition internationale, et le réalisateur montréalais Orlando Arriagada avec son documentaire L’ADN du ceviche. La troupe de danse péruvienne Esencia del Perú animera la soirée avec des chorégraphies traditionnelles et rythmées.

C’est un rendez-vous « Au goût du monde » à ne pas manquer !

Les gens peuvent acheter des billets en ligne au coût de 125 $ (avec reçu d’impôt de 60 $) sur le site Web de SUCO. Cocktail servi dès 17h30 !

À propos de : SUCO – Solidarité Union Coopération, est un organisme canadien de coopération internationale, à but non lucratif, fondé en 1961. SUCO accompagne des communautés à travers des expertises en agriculture durable, en développement local et en entrepreneuriat dans sept pays : Haïti, Honduras, Nicaragua, Pérou, Burkina Faso, Mali et Sénégal.

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Renseignements :
Mélissa Cabana, chargée des relations externes, SUCO
Tél. : 514 272-3019 poste 225 / Cell. : 514-349-4297 / Courriel : melissacabana@suco.org

 

Merci à nos partenaires #augoûtdumonde !

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L’équipe s’agrandit chez SUCO!

 

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Bienvenue à Anne-Sophie qui a récemment rejoint l’équipe pour nous appuyer dans la coordination des stages du programme Québec sans frontières (QSF) et à l’engagement du public. Anne-Sophie, qui détient un baccalauréat en développement international, a d’ailleurs effectué un stage QSF en 2014 avec une association de producteurs de café au Costa Rica. Suite à l’obtention de son diplôme, elle a aussi réalisé un mandat de 6 mois au Pérou en participation citoyenne et en égalité entre les femmes et les hommes.

Notre collègue est passionnée par les enjeux de la coopération internationale en Amérique latine et s’intéresse particulièrement à ce qui touche aux luttes sociales des femmes et des populations autochtones. Cette année, en plus de s’impliquer dans l’organisation du stage QSF de SUCO, elle formera et accompagnera notre groupe de stagiaires durant l’été 2017 à Huari, au Pérou, pour un mandat en environnement. Son expérience chez SUCO est l’occasion pour elle d’encourager les jeunes Québécois et Québécoises à s’impliquer à l’international et ainsi découvrir la richesse de l’échange et celle de tisser des liens de solidarité entre les communautés. Elle est d’ailleurs convaincue que le programme QSF est beaucoup plus qu’une expérience de travail à l’étranger, c’est une rencontre humaine, un partage de valeurs, qui permet aux participants de développer leur propre regard sur le monde et la coopération internationale.

 

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Pour en savoir plus sur les stages Québec sans frontières
Consultez la section de notre site Web dédiée aux stages QSF. Consultez le site Web du programme QSF. Suivez la page Facebook de QSF.

Toubab en terres mystiques

 

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Je suis une Toubab[1], étrangère dans ce pays de mystères. Pourtant aux aguets, quelque chose m’échappe…

Sénégal, pays intemporel

M’étendre et penser pendant des heures, synonyme d’improductivité dans ma tête d’Occidentale, m’apparaît désormais comme la chose la plus importante. Mon esprit, qui a enfin pu faire le tri dans le tourbillon d’informations accumulées contre mon gré, permet à mes pensées une infinie liberté.Une fois endormie, même mes rêves sont libérés et me transportent plus loin chaque nuit. Et eux, Sénégalais étalés de tout leur long sur la natte, à quoi pensent-ils chaque jour de leur vie ? Ici, ni les minutes ni les heures n’existent, tout comme les années d’ailleurs. Quel âge a Chiatchi[2] ? Andim[3].

Elle sèche le poisson, pile les arachides, nourrit le bétail, s’occupe des poules et commerce avec le voisinage chaque jour, infatigable. Chiatchi, pilier de la famille alors que chez moi, on peine à trouver une place à nos aînés. Je pense que les gens d’ici n’ont pas d’âge, ils vivent au gré des saisons. L’âge est peut-être une construction occidentale. C’est l’âge qui nous fait vieillir alors que le temps, au Sénégal, est relatif. Mais si le temps n’est rien, qu’en est-il de la jeunesse de cette jeune femme, là-bas ? Maman de quatre bambins, elle me semble pourtant si jeune. N’ayant jamais eu la chance d’aller à l’école, elle s’est mariée sans avoir pu compter ses années. Est-ce que le fait de vivre dans l’inconnu diminue les regrets ?

Sénégal, pays de spiritualité

Jeunes et moins jeunes, totalement dévoués à Allah dans ce pays presque entièrement musulman, multiplient prières et privations dans un islam en plein essor. Dans ce pays musulman, le port du voile côtoie les taille-basses[4] multicolores que l’on soulève bien haut en dansant, exposant sans gêne les sous-pagnes excentriques des jeunes femmes. J’observe ces femmes vêtues de leur pagne bien long, s’assurant de bien cacher leurs genoux, mais qui dénudent leurs seins sans pudeur sur la concession, les seins étant plus associés à l’allaitement qu’à la sexualité. Islam pratiqué par tous, mais tous n’arrivent pas à comprendre et à m’expliquer les fondements du Coran, comme si pratiquer l’islam était simplement acquis à la naissance. J’écoute cet homme me parler de ses deux épouses : avoir une seule épouse, c’est comme avoir un seul œil, que fais-tu si tu en perds un ? Polygamie tellement répandue qu’elle est la norme ici, créant d’immenses familles multigénérationnelles. Difficile de bien comprendre les liens unissant ces hommes et ces femmes dans cette culture où l’amour n’est pas visible au premier abord si amour il y a, entre mariage consentant et mariage arrangé.

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Sénégal, pays de superstitions

Islam exubérant conjugué au maraboutage traditionnel, sorte de vaudou sénégalais. Islam si puissant n’ayant pourtant pas réussi à déloger ces traditions mystiques où le marabout, provenant de la tradition animiste, joue ici le rôle de leader musulman. Au Sénégal, gare à toi si l’on te lance quelque chose, car il pourrait s’agir d’un mauvais sort ! Les lutteurs, imposants de par leur carrure et leur force, sont tout de même de grands clients des marabouts. Pour gagner, ils sont prêts à tout : un petit bout du bâton d’un aveugle, porté dans un grigri[5] attaché au bras empêchera l’adversaire de bien le voir et lui assurera la victoire. Encore faut-il s’assurer que son marabout ne soit pas vendu à son adversaire ! Et puis la voisine, parait-il que sa coépouse a pris la fuite depuis la visite du marabout, comme si elle n’arrivait plus à entrer dans la maison. Malgré une apparence de saine cohabitation conjugale dans les familles polygames, les coépouses demeurent les plus importantes clientes du marabout. Dieu n’est-il pas censé être au-dessus de tout ? Ici, difficile de savoir qui a le dernier mot.

Sénégal, pays de générosité et de simplicité où l’entraide est la norme

Alors pourquoi donc tout le monde veut mon argent ? Dans cette culture de partage, le capitalisme s’infiltre comme du venin. Prenant conscience de la valeur de l’argent, les gens s’individualisent peu à peu. Arriveront-ils à vaincre ce fléau comme ils ont survécu à la colonisation ?Dans ce pays en pleine évolution, c’est malgré tout la Teranga, ou hospitalité sénégalaise, qui prévaut. Et moi, peut-être serai-je toujours une Toubab ? Éternelle étrangère dans ce pays de mystères et de spiritualité ? Me baladant dans le village, je reconnais tous ces visages maintenant familiers. Je m’assois sur la natte et me sens à la maison. J’observe ma famille et ressens une bouffée d’amour.

Toubab ou non, le Sénégal m’a eue. Reviendrai-je un jour ?

Nchallah[6]

Par Joanie Chevrier, stagiaire Québec sans frontières au Sénégal.

 

[1] Étranger (langue wolof)

[2] Grand-mère (langue sérère)
[3] Je ne sais pas (langue sérère)
[4] Robes traditionnelles des Sénégalaises composées d’une jupe-pagne et d’un haut assorti
[5] Amulette porte chance
[6] Si Dieu le veut (langue arabe)

 

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Glenda, une agricultrice qui défie les stéréotypes de genre

 

 

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Glenda Medaris Lagos Vazquez suit depuis bientôt trois ans une formation en agroécologie dans le cadre du projet PROGA-Jeunes. Je lui ai récemment rendu visite et elle m’a impressionnée par sa détermination et sa persévérance à toute épreuve.

La jeune femme a désormais la charge de la terre familiale. Son père lui a offert le terrain afin qu’elle puisse mettre en pratique ses nouveaux acquis et partager ses connaissances avec le reste de sa famille. Elle pratique ainsi l’horticulture maraîchère et l’arboriculture fruitière qui permettent à sa famille de s’approvisionner d’une diversité de légumes et de fruits frais auxquels elle n’avait pas accès autrefois.Mais Glenda ne s’arrête pas là. Elle a récemment entrepris la pisciculture du tilapia, un poisson d’eau douce à chair blanche et ferme pratiquement dépourvue d’arêtes. Cette pratique n’étant pas commune dans les régions montagneuses, la communauté a rapidement démontré un intérêt pour la nouvelle activité économique de la jeune femme. Cette dernière a déjà reçu quelques commandes de ses voisins, et certaines personnes des communautés voisines lui ont même demandé si elle était disposée à leur enseigner les techniques de pisciculture afin qu’elles reproduisent cette activité dans leur communauté. Grâce au travail acharné de Glenda, la région bénéficiera désormais d’une nouvelle source alimentaire.

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Glenda a reçu l’aide de sa famille pour construire l’étang de pisciculture.

Le succès de la jeune femme a certes un impact positif sur sa communauté. Il défie également les stéréotypes de genre véhiculés en région rurale. Glenda m’a raconté qu’un homme de la communauté la critiquait parce qu’elle passe la majorité de la journée à travailler dehors sur la terre familiale au lieu de s’occuper des tâches domestiques, comme le font une majorité de femmes. Ce dernier se moquait également de l’habillement de la jeune femme qui porte des bottes et des pantalons afin de travailler confortablement. Au lieu d’ignorer celui qui la harcèle, Glenda l’a invité à lui rendre visite sur sa terre pour lui montrer ce qu’elle fait. Elle lui a même enseigné une technique pour tuer les vers présents dans les choux de façon biologique. L’homme est reparti en étant très impressionné de sa visite. « Maintenant celui qui me causait du trouble ne rit plus de moi et me respecte ! », raconte-t-elle tout sourire.

La majorité des jeunes femmes qui reçoivent la formation n’avaient aucune expérience en agriculture, et encore moins en agroécologie. L’exemple de Glenda en est un parmi tant d’autres qui démontre une réelle volonté des femmes d’assumer pleinement leur rôle d’agricultrices. Celles-ci sont désormais des femmes exemplaires au sein de leur communauté.

Par Dominique Cardinal, conseillère en égalité entre les femmes et les hommes au Nicaragua.