Les semences : un enjeu trop souvent oublié !

 

Lorsque l’on parle de revoir les systèmes alimentaires, on entend régulièrement parler du mode de production, des circuits de distribution qui doivent être plus courts, de la diversification des productions, mais on entend peu parler du premier maillon de ce système : les semences. Peu de choses sur cette terre sont aussi vitales que ce qui constitue notre héritage alimentaire vieux de plus de 12 000 ans; magnifique miracle de la vie que sont les semences, maillon de renaissance entre la fin d’une plante et le renouveau.

Un précieux premier maillon

En regardant le documentaire Seeds, the untold story, on est surpris, voire choqué d’apprendre qu’au cours du dernier siècle, c’est plus de 94 % des variétés de semences partout dans le monde qui ont disparu. Il s’agit-là d’un constat d’autant plus alarmant lorsque l’on sait que ce sont maintenant en majeure partie les entreprises biotechnologiques qui produisent et contrôlent le renouvellement de ce patrimoine naturel.

Au Sénégal, les changements climatiques se sont intensifiés comme partout ailleurs en Afrique subsaharienne. Les précipitations s’affaiblissent et sont de moins en moins prévisibles. Au cours des dernières années, le prix des céréales a donc baissé, ce qui a entraîné un manque de fonds pour acheter des équipements et des semences. Cette situation contribue toujours, à l’heure actuelle, à rendre le travail agricole moins intéressant, et ce, surtout pour les jeunes.

Favoriser l’accès

En Afrique de l’Ouest, 70 % de la production agricole provient des petites exploitations familiales. Et pourtant, malgré la force du nombre, ce sont les hommes et les femmes vivant de cette agriculture familiale qui ont le plus difficilement accès à des intrants semenciers de qualité et surtout non modifiés. Au Sénégal, la Centrale d’achat de Touba Toul, ancien partenaire de SUCO, s’est mobilisée afin de solutionner l’incapacité financière des ruraux à accéder à un stock suffisant de semences de qualité. Des paysans et des paysannes se sont regroupés afin de créer une association qui achète en gros les semences fournies par l’État, elle les redistribue par la suite sous forme de prêt. Ainsi, les paysans et les paysannes ne sont pas obligés de payer l’entièreté de l’achat. Après les récoltes, lorsqu’ils et elles auront pu vendre leurs productions, le remboursement s’effectuera. La Centrale a à cœur d’organiser une distribution à échelle humaine. Anta Babou, membre de la Centrale d’achat de Touba Toul et présidente de son propre groupement d’intérêt économique m’explique dans ses mots :

« Les semences, c’est important de les garder, parce que c’est bon pour nous, paysans et paysannes. C’est nécessaire même, car souvent à cause de l’hivernage et des imprévus de la vie, on ne peut pas en produire assez soi-même. Si quelqu’un veut cultiver de l’arachide pour subvenir à ses besoins et générer un petit revenu, il aura besoin d’avoir suffisamment de grains. C’est aussi une bonne façon de faire preuve de résilience face aux changements climatiques, comme on ne sait jamais ce qui viendra ensuite, sécheresse ou autre… »

Par ailleurs, en achetant principalement de l’État, les paysans et les paysannes ne savent pas toujours d’où viennent les semences. Ces dernières ne sont donc pas nécessairement toujours adaptées au sol ou au climat de la région; un enjeu de traçabilité des cultures persiste. Et pour répondre à cet enjeu, plusieurs prônent le recours à la certification des semences.

Cultiver l’autonomie

Au Sénégal, comme dans plusieurs autres pays du monde, les paysans et les paysannes se battent afin de faire reconnaître leur droit de savoir et de gérer directement les variétés locales, en plus de dénoncer la pratique de la certification des semences. Ce modèle fortement inspiré de la législation européenne et nord-américaine entraîne des coûts faramineux, mais aussi des contraintes liées à l’exigence d’une qualité très homogène et uniforme dans les semences (ce qui va également à l’encontre des principes agroécologiques).

Quant à la pratique de l’extension des brevets à des plantes (principalement dans le secteur des organismes génétiquement modifiés (OGM)), prônée par de grandes multinationales, mais aussi certains gouvernements, elle comporte des accords contractuels stricts qui engendrent des restrictions sur l’échange de semences et les pratiques de recyclage des semences. Cela a le plus souvent pour effet de confronter les agriculteurs et les agricultrices à un choix restreint pour l’acquisition commerciale de semences. Au final, tout cela a une répercussion directe sur le droit à l’alimentation, une alimentation de qualité en quantité suffisante.

« L’agroécologie c’est plus qu’un choix. Moi je sais que c’est ce dont la terre du Sénégal a besoin. Je veux qu’on soit autonome du début à la fin de nos productions, et qu’on soit en santé grâce à ce qu’on mange et cela passe aussi par les semences », précise Ndongo Fall, coordonnateur de la Coopérative Agricole Biologique de Notto-Diobass (COPEBAN), ancien partenaire de SUCO au Sénégal.

Ici, les organisations paysannes travaillent aussi à reconstruire des droits collectifs et les systèmes semenciers ancestraux pour protéger leurs semences. Il y a de plus en plus d’initiatives porteuses, comme celles de l’organisation AGRECOL Afrique, partenaire de SUCO, qui a organisé une journée de promotion de l’agriculture biologique ayant pour thème « les semences paysannes pour une agriculture durable ». Cette journée a permis de favoriser le réseautage entre organisations de la société civile, paysans et autres acteurs croyant également à la survie du patrimoine semencier. Ces initiatives de mise en réseau sont d’autant plus importantes dans un contexte de revendication auprès des décideurs.

« AGRECOL Afrique effectue en ce moment du plaidoyer pour les semences paysannes au Sénégal, notamment parce que la législation sénégalaise reconnaît uniquement les semences certifiées. Un paysan qui commercialise des semences paysannes est passible d’une amende à l’heure actuelle! », m’écrit Milaine Bédard, ancienne conseillère volontaire en gestion des savoirs pour SUCO. Il faut savoir qu’au Sénégal, la loi relative à l’inscription des variétés stipule que « la production de semences en vue de la vente ne peut être effectuée que par des personnes (…) agréées à cet effet »; agrément difficilement accessible, mais aussi peu compatible avec la réalité paysanne.

Bref, une réalité complexe

Le défi à l’heure actuelle pour les paysans et les paysannes du Sénégal est donc de continuer à augmenter la production de leurs propres semences. Il y va de leur survie économique et de l’avenir alimentaire de la région. Mais cela n’a rien de facile!

« Souvent, en Occident, on nous renvoie une image très polarisée sur la question des semences, mais il faut prendre conscience que la réalité terrain, c’est une réalité beaucoup plus complexe. Le Sénégal est un grand territoire avec une forte densité de population, une croissance démographique importante, les impacts des changements climatiques y sont de plus en plus perceptibles. Tous ces enjeux réunis compliquent la gestion et la distribution des semences. Au final, pour arriver à améliorer l’accès des petits producteurs et des petites productrices à des semences adaptées, il faut avoir la capacité de comprendre tous ces enjeux et de s’y intéresser en synergie. C’est pour cela que SUCO travaille avec d’autres organisations pour impulser un mouvement collectif », conclut Sophie Bourdon, représentante de SUCO au Sénégal.

Des pistes d’action simples

L’enjeu des semences paysannes est tout aussi d’actualité au Canada. Si vous voulez poser un geste simple afin de prendre part au mouvement, voici des idées à la portée de tous et toutes :


Agroécologie et transition vers des systèmes alimentaires durables

 

Opportunité pour la mise en œuvre des priorités de la politique d’aide internationale féministe du Canada

Madame Marie-Claude Bibeau, Ministre du Développement international et de la Francophonie,

Nous saluons l’engagement du gouvernement du Canada envers la promotion du plein exercice des droits des femmes et des filles, condition indispensable pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD). Nous espérons que la mise en place d’une politique d’aide internationale féministe pourra également inspirer d’autres États.

Nous sommes reconnaissants à votre gouvernement d’avoir accordé une place importante aux organismes de coopération internationale dans le cadre des consultations publiques pour l’élaboration de la nouvelle politique. De plus, nous accueillons favorablement l’initiative donnant priorité aux populations les plus vulnérables, ainsi qu’à l’adaptation et la mitigation des effets des changements climatiques.

Dans le monde, les femmes jouent un rôle majeur dans le domaine de l’agriculture, l’une des activités les plus affectées par les changements climatiques. Nous vous encourageons à soutenir davantage l’agriculture durable et la transition vers des systèmes alimentaires diversifiés et agroécologiques. Ces modèles, axés sur la diversification des exploitations et des paysages agricoles, la substitution des intrants chimiques par des techniques écologiques, l’optimisation de la biodiversité, ainsi que les interactions entre différentes espèces, peuvent renforcer l’autonomisation économique des femmes et des filles qui pratiquent, pour la majorité d’entre elles, une agriculture à petite échelle.

Plus d’un demi-siècle d’expérience nous permet d’observer les répercussions positives de la diversification des systèmes agroécologiques sur le développement économique local et régional, ainsi que sur la résilience des populations qui doivent faire face à des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes, graves et imprévisibles. De plus, les systèmes alimentaires durables peuvent devenir une stratégie d’adaptation, mais aussi de mitigation des effets des changements climatiques. Un nombre croissant de recherches démontrent que ces systèmes augmentent la concentration en carbone des sols, préservent la biodiversité, permettent aux sols de retrouver leur fertilité à long terme, maintiennent les rendements, et offrent une base solide pour soutenir les moyens de subsistance des familles d’agriculteurs et d’agricultrices.

Le Canada investit déjà dans ce secteur en renforçant les capacités des communautés paysannes. Cet appui a permis aux communautés de passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture de marché, tout en améliorant la qualité de leur environnement et en assurant la pleine inclusion des femmes dans l’économie et la société. L’agriculture est devenue un secteur de choix pour accroître et diriger les investissements.

Nous sommes convaincus que le Canada peut en faire davantage et devenir un leader de ce secteur innovateur, qui permet de répondre à plusieurs des défis auxquels les pays en développement font face. Nous encourageons le Canada à investir davantage dans le secteur de l’agriculture durable à petite échelle. Un investissement accru dans ce seul secteur permettrait de contribuer à l’atteinte de douze des objectifs de développement durable, de réduire la pauvreté, d’autonomiser les femmes, de créer des possibilités d’emploi pour les jeunes et de lutter contre les effets des changements climatiques.

 

Richard Veenstra

Directeur général

 

Émile Frison

Membre du Groupe international d’experts sur les systèmes alimentaires durables

Crédit photo : Nitsé Mathelier

 

 

 


Ouragan Matthew : sauvons la saison agricole en cours !

 

Évitons une grave crise alimentaire en Haïti

L’ouragan Matthew, le plus puissant à avoir frappé les Caraïbes en près de dix ans, a touché très durement le sud d’Haïti, l’un des pays les plus vulnérables sur le plan de l’insécurité alimentaire. Cet ouragan a causé d’énormes dégâts, notamment sur l’agriculture.

Il est urgent d’intervenir pour sauver la saison agricole en cours. Attendre la prochaine saison en mars 2017 pour restaurer l’agriculture risque d’engendrer une pénurie d’aliments et de provoquer une grave crise alimentaire.

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Dans le Sud-Est, les jardins maraîchers des familles de la commune de Marigot sont très endommagés et les récoltes perdues. Dans les prochaines semaines, il faudra :

  • rétablir les terres agricoles endommagées;
  • nettoyer et/ou restaurer les infrastructures d’irrigation au besoin;
  • assurer la livraison et le remplacement des semences après évaluation;
  • appuyer la production agricole locale, restaurer les jardins maraîchers pour assurer aux populations touchées l’accès à des aliments de qualité en quantité suffisante.

Nos équipes terrain et notre partenaire local Cercle Divers ont les capacités de mobiliser les équipes de professionnels et les 1 500 personnes des trois communautés rurales appuyées par nos projets autour d’actions concertées pour restaurer l’agriculture fortement affectée. Nous étendrons nos actions avec trois associations avoisinantes, représentant 2 000 personnes, avec lesquelles nous avons travaillé précédemment. Grâce à notre expertise et à votre générosité, nous pouvons éviter que 69 000 habitants de la commune de Marigot se retrouvent en pénurie d’aliments nutritifs.

Nous désirons nous engager dans ces actions le plus rapidement possible, mais avons besoin de ressources financières pour le faire. C’est pourquoi votre contribution est cruciale pour sauver la saison agricole en cours et assurer la sécurité alimentaire des communautés haïtiennes avec lesquelles nous travaillerons, pour les mois à venir.

 

SUCO travaille avec des communautés rurales en Haïti depuis 2001 pour appuyer la production agricole, la transformation de matières premières et la commercialisation des produits alimentaires.

 


Faites le tour du monde avec Marie-Laure

 

Marie-Laure-Dominique

Dans la commune montagneuse de Marigot se trouve la section communale de Fond Jean-Noël. C’est tout en haut de la montagne qu’habite Marie-Laure Dominique, agricultrice et vulgarisatrice du Projet de relance agricole (PRAN), coordonné par SUCO et son partenaire local CED.

On appelle cette contrée Berry-Kasedan puisque cette zone est si rocheuse qu’on «s’y casse les dents». Le charme ironique de cet endroit périlleux se caractérise par l’accueil chaleureux de ses habitants. Néanmoins, le rendement agricole est difficile dans la région. Le déboisement massif engendre une faible pluviométrie qui a pour conséquence d’assécher les sols et d’affaiblir les récoltes. Pour ces raisons, les cultures privilégiées sont les pommes de terre et les pois chus.

Agricultrices

Malgré tout, Marie-Laure Dominique est l’une de ces femmes qui garde espoir et s’efforce de faire rayonner sa communauté. En plus de son travail d’institutrice auprès de la classe préscolaire de l’école Chrétienne Emmanuel Grand-Bois, elle est membre de l’association paysanne APB (Assosyasyon Peyizan Berry) en plus de son rôle de vulgarisatrice en nutrition et en hygiène dans le cadre du projet PRAN.

Femme en action

Mère monoparentale de trois enfants, le travail de la terre est un moyen pour elle de subvenir aux besoins de sa famille. Les jardins de proximité développés par le PRAN et appuyés par le PCV ont permis à sa famille d’avoir une sécurité alimentaire et une autonomie financière. En effet avec peu d’efforts, ils peuvent directement se nourrir à même les récoltes familiales.

Agricultrice, institutrice, vulgarisatrice et maman à plein temps créent un horaire difficile à gérer. Lorsqu’on demande à Marie-Laure comment elle fait pour manier le tout, elle répond qu’avec la grâce de Dieu tout est possible. Le bien-être de sa communauté et de sa famille est ce qu’il y a de plus important. «Ce n’est pas toujours facile, mais les éloges et les encouragements de ma communauté me rendent fière et m’encouragent à avancer.»

Atelier de sensibilisation sur l'allaitement

Le projet PRAN lui a aussi permis d’apprendre sur les bienfaits d’une alimentation équilibrée et sur les règles d’hygiène pour prévenir le choléra qui a malheureusement frappé plusieurs victimes dans la commune de Marigot.

 

Marie-Laure est une institutrice dévouée, mais elle avoue avoir négligé ses tâches d’enseignante pour participer aux formations offertes par le PRAN. « J’ai convaincu mon directeur de ne pas me renvoyer, je lui ai dit que plus tard, tout le monde profiterait des formations auxquelles je participe». En tant que leader dans sa communauté, elle organise d’ailleurs régulièrement des rencontres de sensibilisation, entre autres pour déconstruire les tabous sur l’allaitement. Accompagnée d’un vulgarisateur de son association, lui-même formé par sa femme vulgarisatrice, ils font des démonstrations sur les positions de l’allaitement et expliquent aux gens les bienfaits de cette pratique pour le nourrisson, pour la mère, pour leur budget et aussi pour la communauté. Ensemble, ils mobilisent plus de 35 femmes dans ces rencontres de sensibilisation.

 

Comme toute mère, Marie-Laure a le bien-être de ses enfants à coeur. Son plus grand souhait? Poursuivre ses activités agricoles dans le but de financer l’éducation de ses enfants.

 

Par L’équipe de SUCO en Haïti

Faites un don et donnez vie à d’autres projets d’agriculture durable !

35$

fournit des semences pour une terre agricole familiale.

50$

procure à une famille les semences et les outils pour démarrer un jardin maraîcher.

75$

permet l’achat d’une chèvre qui sert d’investissement pour nourrir une famille de 5 personnes.

150$

permet d’acheter 150 plantules (graines germées) pour planter des arbres fruitiers.

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L’agriculture à Intibucá au Honduras : Entre machete y azadón

 

La machette (machete) et la houe (azadón) sont les deux outils agricoles les plus utilisés par les agricultrices et les agriculteurs de la région d’Intibucá, située à l’ouest du Honduras, en Amérique centrale. Il s’agit de la région la plus élevée du pays (1700 mètres), et par le fait même, la plus « froide ». Les principales cultures sont le maïs, les haricots et la patate, contrairement à d’autres régions plus chaudes ou le café, la banane et les palmiers (huile de palme) sont cultivés.

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En moyenne, la superficie cultivée par une famille agricole est de 0,72 hectares. À titre comparatif, la superficie moyenne d’une ferme au Québec est d’environ 115 hectares. Tout le travail, du semis jusqu’à la récolte, est réalisé à la main. Beaucoup de familles agricoles vivent dans un état de pauvreté extrême. En effet, 77% de la population vit avec environ 60 $ par mois, c’est-à-dire environ 720 $ par année. Cela va sans dire que dans cette situation, il est plutôt difficile pour les agricultrices et les agriculteurs d’investir dans leur entreprise. D’où la présence de plusieurs organisations non-gouvernementales (ONG) sur le terrain travaillant à combattre l’insécurité alimentaire pour ces familles. Les principaux défis rencontrés pour le développement des communautés est l’absence d’investissement et de développement économique, le manque de services publics de base tel que l’eau ou l’électricité, le faible niveau d’éducation de la population et la topographie très accidentée qui rend l’accès difficile à certaines communautés. Imaginez le casse-tête de la mise en marché des produits agricoles lorsque le point de vente le plus proche est à une journée de marche!

 

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AMIR (Asociación de Mujeres Intibucanas Renovadas) est une association locale de femmes indigènes qui travaille en appui à l’amélioration du niveau de vie pour des familles agricoles de ses membres. L’association élabore des projets touchant les droits humains et l’égalité homme-femme, l’éducation et la formation, le développement entrepreneurial et la commercialisation ainsi que la sécurité alimentaire. Les projets de SUCO avec AMIR ont touchés jusqu’à maintenant la nutrition et l’agroécologie. Présentement, l’un des projets terrain d’AMIR auquel SUCO prend part est la mise en place et le soutien de 28 fermes familiales intégrales et de 2 fermes modèles. L’objectif des fermes familiales intégrales est d’appuyer la famille dans la diversification de la production agricole en fournissant un support technique et matériel pour la production, par exemple, de légumes (carottes, radis, tomates, etc.) et de fruits (pêches, agrumes, cerises, etc.). Cela permet à la famille de diversifier son alimentation et ses sources de revenus, tout en répartissant les risques en cas de problèmes dans une production en particulier. L’objectif des 2 fermes modèles est semblable à celui des fermes familiales intégrales par rapport à la diversification de la production agricole mais comporte également un volet éducatif. Elles font l’objet d’un suivi plus serré de la part de l’équipe agricole de AMIR et de la volontaire de SUCO afin d’en faire un lieu de démonstration pour les autres familles agricoles, où des ateliers et des formations y sont organisées par exemple. Les 2 fermes modèles possèdent chacune un petit pavillon éducatif dédié spécifiquement à recevoir les gens lors des formations. SUCO s’implique également auprès d’AMIR dans un projet d’accès à l’eau pour les agricultrices et les agriculteurs. En effet, il s’agit de construire des réservoirs de conservation d’eau permettant aux familles agricoles d’arroser les cultures durant les périodes les plus sèches. Jusqu’à maintenant, 5 réservoirs ont été construits, sur un total de 6, pour les participantes d’un projet de production de tomates en conditions semi-contrôlée.

 

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En définitive, à l’aide de leur machete ou de leur azadón, et principalement de leur motivation et de leur détermination, les familles agricoles d’Intibucá sociétaires d’AMIR, n’ont pas froid aux yeux (car réellement il fait parfois très froid dans la région la plus élevée du pays!) pour travailler sans relâche et faire de leur milieu de vie un endroit un peu plus confortable, un défi à la fois.

 

Par Cassandre Hervieux Gaudreau, volontaire de SUCO au Honduras

 

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Six ans après le séisme en Haïti

 

Triste anniversaire

Le 12 janvier 2010, un puissant tremblement de terre a secoué Port-au- Prince en Haïti. En plus d’avoir été extrêmement meurtrière et destructrice, la catastrophe a fait trois millions de sinistrés et provoqué un déplacement massif de populations. Selon le gouvernement haïtien, au lendemain du tremblement de terre, 500 000 personnes avaient quitté l’aire métropolitaine pour un autre département, dont le Sud-est, région d’intervention principale de SUCO. Ce déplacement de population a eu entre autres pour effet d’accroître la demande alimentaire au niveau des différentes régions du pays.

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Une insécurité alimentaire grandissante

À l’automne 2012, deux tempêtes tropicales s’abattaient coup sur coup sur les côtes du Sud-est. Ce sont plus de 11 000 hectares de terres qui ont été affectées et sur cette superficie, 90 % des plantations ont été détruites et 15 % du cheptel de bétail a été emporté par les eaux. En conséquence de cette diminution de la production agricole, les populations de la région se sont retrouvées dans une situation d’insécurité alimentaire grandissante.

À l’écoute des besoins de la population

C’est alors que, fidèle à sa mission et à l’écoute des besoins de la population, SUCO a entrepris, en partenariat avec les membres de 12 associations paysannes de la commune de Marigot, un vaste projet visant à augmenter la production et la consommation d’aliments nutritifs. À terme, le projet aura permis à 585 producteurs et productrices de cultiver des aliments variés en quantité suffisante tout au long de l’année, et à 288 femmes de renforcer leurs connaissances et capacités en matière de saine alimentation. C’est toute la population de Marigot qui a accès à des produits agricoles de qualité, contribuant ainsi à diminuer les risques de crise alimentaire dans la région.

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