Redonnez au suivant !

 

5 raisons de devenir mentors pour les stagiaires de SUCO

Vous aimeriez contribuer au développement professionnel de la relève mais ne savez pas quelle forme cela pourrait prendre ? Pourquoi ne pas devenir mentor pour une personne qui effectue un stage à l’international ?

Dans le cadre de son Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), financé par Affaires mondiales Canada, SUCO offre un programme de mentorat qui vient bonifier l’accompagnement des stagiaires et maximiser leur développement professionnel durant le stage. L’objectif est de permettre aux personnes stagiaires, âgées entre 19 et 30 ans, de développer leurs compétences grâce à un contact privilégié auprès d’un ou une professionnelle du développement international.

Une activité bénévole valorisante au service de la coopération internationale

« Chez SUCO, nous souhaitons faire vivre une expérience complète à nos stagiaires, tant sur le plan de l’expérience internationale que sur celui du développement personnel et professionnel ! La contribution d’un mentor est d’être à l’écoute, avoir un regard objectif et une vision élargie qui aideront le mentoré à recadrer les problèmes, explorer des manières différentes de penser et d’entreprendre, valider des choix ou décisions. Il s’agit d’un excellent moyen de développement et d’apprentissage de nouvelles compétences et habiletés à acquérir pour poursuivre une carrière dans un domaine privilégié ! C’est en quelque sorte, une façon de redonner au suivant. » Éléonore Durocher-Bergeron, agente de programme, stages internationaux

Une  contribution qui prend peu de temps et qui rapporte

Le mentorat se fait au moment qui vous convient et selon votre disponibilité.  Notre programme requiert d’être disponible, à distance, sur une période de 6 mois à compter de juin 2018 ou de janvier 2019, pour une formation initiale, 4 rencontres d’une heure de mentorat par vidéoconférence, un suivi de mi-étape et un sondage final. En tant que mentor, vous aurez l’occasion de réfléchir à vos objectifs et pratiques personnelles, pourrez développer votre style de leadership personnel et de mentorat, aurez la reconnaissance en tant qu’expert sur un sujet et serez exposé(e) à de nouvelles perspectives, idées et approches.

Favoriser l’intégration au marché du travail après le stage

Votre contribution favorisera aussi l’insertion en emploi des stagiaires, un objectif clé du programme de SUCO. Entre 2015 et 2017, 73 % des personnes stagiaires ayant participé au PSIJ se sont trouvé un emploi dans leur domaine entre deux semaines à 4 mois après leur stage grâce à l’appui en employabilité offert. Aussi, lors du dernier programme, 93 % des stagiaires croiyaient fermement pouvoir se trouver un emploi après le stage, étaient satisfaits de l’amélioration de leurs compétences ainsi que des  connaissances et de la compréhension acquises par rapport aux enjeux de développement international!

Une multitudes de domaines à mentorer

Que vous soyez chargé de projet en coopération, spécialiste en égalité femmes-hommes ou agronome, vous pouvez participer à notre programme. Vous n’êtes pas certain si votre profil professionnel a le potentiel de capter l’intérêt des stagiaires? Laissez-nous la chance d’en discuter avec vous! Nous recherchons des professionnels avec au moins 2 à 3 ans d’expérience dans les domaines suivants (et pas nécessairement en coopération internationale) :

  • Développement économique communautaire
  • Agriculture durable : production maraîchère et animale, gestion des sols et des eaux
  • Développement organisationnel
  • Marketing et commercialisation de produits agricoles
  • Gestion de projet
  • Entrepreneuriat
  • Communication, animation et mobilisation communautaire
  • Nutrition
  • Égalité entre les femmes et les hommes

Bonifiez votre propre CV

De nombreux employeurs considèrent l’implication bénévole comme un critère d’embauche. De plus, cette expérience vous permettra d’acquérir des compétences en accompagnement et fonction conseil, un atout à plusieurs parcours professionnels.

Comment participer ?

Les professionnels qui souhaitent devenir mentor doivent :

  1. Soumettre leur formulaire de candidature par courriel à eleonoredurocher@suco.org avant le 25 mai 2018.
  2. Participer à l’entrevue de sélection auprès de l’agente de programme en juin.
  3. Participer au webinaire de démarrage en juin, puis au jumelage.

Renseignements :
Éléonore Durocher-Bergeron
Agente de programme – stages internationaux
eleonoredurocher@suco.org
(514) 272-3019, p.224


Une volontaire de fer pour la terre nourricière

 

Isabelle Tracy Laudé n’en est pas à ses premiers pas en matière d’accompagnement et de soutien communautaire. Cette bachelière en animation et recherches culturelles, avec spécialisation en relations interethniques et développement des communautés, poursuit son troisième mandat de volontaire avec SUCO.

Riche de son expérience en collaboration multipartenaires, tant sur la scène nationale qu’internationale, Isabelle Tracy Laudé a acquis, au fil des cinq dernières années, une approche de communication participative et inclusive. Il faut dire que la mobilisation et la participation citoyenne ne sont pas des champs d’intervention nouveaux pour cette jeune femme dynamique qui, de 2012 à 2015, a participé au Programme canadien de revitalisation urbaine et intégrée.

En 2015, à titre de conseillère en animation avec SUCO Haïti, elle a notamment accompagné et formé une vingtaine de femmes en leadership et mobilisation communautaire dans le cadre d’un projet de relance agricole et d’amélioration de la nutrition (PRAN), financé par l’Union européenne et le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) du Québec.

 

« Établie à Jacmel (sud-est), dans la commune de Marigot, mon travail consistait à améliorer les interventions du projet en matière de campagne de sensibilisation autour de projets collectifs de nature sociale et économique », précise Isabelle avec beaucoup de fierté dans la voix et le sentiment du devoir accompli.

Œuvrant auprès d’associations paysannes, de groupes de mères et de femmes leaders, elle avoue avoir développé une écoute proactive basée sur l’identification des besoins de la population.

Ces atouts lui sont fort utiles dans son mandat actuel, toujours avec SUCO Haïti.

Suivez le Guide

Isabelle a ainsi participé à la conception et à la diffusion d’un guide méthodologique (Manyèl Akonpayman) devant faciliter l’utilisation du Guide alimentaire haïtien (Gid Alimentè) élaboré par SUCO, en partenariat avec Cercles Divers (CED), une organisation non gouvernementale haïtienne établie à Jacmel.

Isabelle fait aussi la promotion du Djakout Peyizan, un outil créé par SUCO en collaboration avec de multiples partenaires, dont le MARNDR (ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural), pour renforcer les capacités des familles paysannes, des agronomes et des ONG en techniques de gestion et de valorisation d’une exploitation agricole.

« Il s’agit de promouvoir l’autosuffisance alimentaire. Je participe également à la réalisation d’ateliers de formation et de réflexion avec l’équipe terrain et les partenaires afin de former des personnes vulgarisatrices en saine alimentation, allaitement et hygiène de base, le tout articulé autour du contenu du Gid Alimantè et de son Manyèl Akonpayman », résume Isabelle.

Agente de milieu douée et sensible aux différences culturelles, animatrice citoyenne reconnue pour son efficacité et sa forte personnalité, Isabelle Tracy Laudé contribue, à sa manière, à faire la promotion de l’approche de développement local de l’organisation ainsi qu’à affirmer et à consolider la présence de SUCO en Haïti.


Chaque volontaire a une histoire à raconter !

 

Depuis 2015, près de 2500 volontaires ont participé aux programmes de coopération volontaire financé par Affaires mondiales Canada pour créer un changement dans des pays du Sud et au sein de leurs communautés au Canada. Le 18 janvier dernier, 60 volontaires se sont réunis à Ottawa pour raconter leurs histoires dans le cadre d’une expérience de bibliothèque humaine. Découvrez les histoires de Sophie, Éléonore et Catherine, volontaires de SUCO au Sénégal et Nicaragua !

« Si tu vois une chèvre dans le repaire d’un lion, aie peur d’elle »
Par Sophie Bourdon

Ce proverbe sénégalais, Sophie Bourdon l’a entendu à plusieurs reprises. En s’engageant comme représentante de SUCO au Sénégal, après plusieurs mandats de volontariat, elle savait à quoi s’attendre … ou presque!

Peut-on occuper un poste de responsabilité de la même manière qu’un homme, lorsqu’on est une jeune femme blanche, en Afrique de l’Ouest? Comment exercer un leadership inclusif lorsque l’on évolue dans un environnement où nos pairs sont majoritairement des hommes? Y a-t-il de la place pour repenser l’égalité par l’accompagnement des volontaires canadiens et canadiennes? Est-ce qu’il suffit d’avoir des cibles sexospécifiques pour documenter nos actions auprès des femmes et des filles? Autant de questions que ce livre prend un malin plaisir à soulever et à nuancer.

Sophie Bourdon signe ici, avec humour et humilité, le récit surprenant des défis de l’égalité entre les femmes et les hommes au sein des réseaux de coopération internationale, de Montréal à Dakar. Une histoire évocatrice qui bouscule nos certitudes et nous laisse sur cette sempiternelle vérité : le vrai changement ne se fait pas tout seul!

Entre cîmes et racines, une histoire de développement organisationnel
Par Éléonore Durocher-Bergeron 

Inclure. Être incluse.
Explorer leur histoire d’abord.
Un mois, un petit mois pour comprendre.
Comprendre l’histoire d’un homme, de son projet organisationnel.

Entre la cîme et les racines du Réseau MUUD.
MUUD, ça signifie « l’union des chances » en langue sérère.
Au coeur de Ndiaganiao, au coeur de 63 Associations Villageoises de Développement, au coeur de 132 familles.
J’ai accompagné Seck Faye et son équipe dans la réalisation d’un diagnostic organisationnel participatif.
Un diagnostic pour mieux se rappeler où étaient ses racines 20 ans après la création du Réseau, sa base solide qui lui permet de faire face aux vents et tempêtes.

Puis créer de l’espace, de l’ouverture.
« Je ne savais pas que j’étais capable ; c’est grâce à toi que je m’en rends compte et que j’ai envie de continuer», m’a lancé Seck, à la sortie d’une animation de groupe qu’il venait de faciliter par lui-même.

Donner confiance.
À un homme. Également à une organisation, qui elle aussi prend de l’assurance à travers les succès qu’elle accumule.

La valeur du volontariat se trouve toute là.
Une bonne relation d’accompagnement et de mentorat va au-delà du sujet même de la conversation. Cette relation est à même de modeler une façon d’interagir et de créer un style de leadership.

Coup et bouffe
Par Catherine Fallon

L’un des défis de la personne volontaire en pays étranger est d’adapter ses pratiques culinaires aux disponibilités du pays. Qu’en est-il lorsqu’en plus d’apprendre à cuisiner ces aliments à la maison, il faut enseigner des pratiques de transformation adaptées aux coutumes, aux ressources disponibles, aux besoins nutritionnels, à la culture?

 Selon le pays d’accueil, les façons de voir l’alimentation et la variété alimentaire ne sont pas les mêmes et peuvent être très différentes du pays d’origine. Certains fruits et légumes sont tout à fait nouveaux, alors que d’autres sont transformés d’une autre façon, les classifications d’aliments sont différentes tout comme les habitudes et traditions liées aux repas.

 Pour les aider à relever ce défi supplémentaire, les personnes volontaires en sécurité alimentaire et nutritionnelle peuvent compter sur une ressource essentielle pour qui la bouffe est plus souvent au centre des préoccupations : les femmes.

Le programme de coopération volontaire de SUCO est financé par le gouvernement canadien par l’entremise d’Affaires mondiales Canada

 


SUCO lance un nouveau programme de stages internationaux en développement durable

 

Une expérience de citoyenneté mondiale, un atout pour le CV !

Montréal, le 6 février 2018 – Le 5 février, la ministre du Développement international et de la Francophonie, Mme Marie-Claude Bibeau, annonçait un financement de 2,1 millions de dollars sur quatre ans destiné à l’organisme de coopération internationale SUCO pour la mise en œuvre de son initiative Jeunes, Emploi, Développement International II. C’est dans ce contexte que SUCO dévoile son tout nouveau programme de stages internationaux qui permettra à une vingtaine de jeunes stagiaires par année jusqu’en 2022 de vivre une expérience professionnelle et de devenir des citoyens et des citoyennes du monde engagés.

Le programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est ouvert aux personnes canadiennes diplômées de niveau postsecondaire âgées de 19 à 30 ans. Il fait partie de la Stratégie emploi jeunesse du gouvernement du Canada et est financé par Affaires mondiales Canada (AMC). Les jeunes intéressés peuvent s’abonner à l’alerte-emploi de SUCO pour rester à l’affût des offres de stage : http://suco.org/alerte-emploi/.

Une expérience de solidarité internationale menant au marché du travail

SUCO se démarque par un programme novateur dont les mandats seront intégrés à des projets existants, mis en œuvre par SUCO et ses partenaires locaux en Haïti, au Honduras, au Nicaragua, au Pérou, au Burkina Faso et au Sénégal, dans les domaines suivants : renforcement des capacités des producteurs et productrices agricoles en matière de pratiques respectueuses de l’environnement, appui à la production maraîchère et à la commercialisation des récoltes, technologie des communications, nutrition, développement de l’entrepreneuriat rural, marketing social, développement organisationnel, et promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Lors du précédent programme réalisé de 2015 à 2017, 73 % des stagiaires se sont trouvé un emploi dans leur domaine entre deux semaines à quatre mois après leur stage grâce à leur expérience et à l’appui en employabilité offert par SUCO. Au-delà du stage, l’organisme fournit un accompagnement personnalisé avec des méthodes dynamiques de recherche d’emploi pour favoriser l’insertion professionnelle des stagiaires dès leur retour.

« Mon niveau de confiance pour trouver un emploi est passé de 85 % à 100 %. Ce stage a fait ressortir beaucoup de mes aptitudes, comme ma capacité d’adaptation, mon autonomie. J’ai actualisé mes compétences en gestion et j’en ai acquis de nouvelles, comme le traitement et l’analyse de données. Je suis aujourd’hui beaucoup plus sûre de pouvoir trouver un emploi à mon retour au Canada », raconte Sherly Jossaint, ancienne stagiaire en entrepreneuriat au Pérou (puis en emploi chez Desjardins).
Les stagiaires auront aussi accès à un programme de mentorat en ligne tout au long de leur mandat.

« Nous sommes aussi conscients que les mentors ont un rôle important à jouer dans le développement professionnel de la relève, des leaders d’aujourd’hui. SUCO mettra aussi à la disposition des stagiaires un programme de mentorat en ligne axé sur le développement international, la gestion de projet, la nutrition internationale, la diplomatie, le marketing social et l’agronomie internationale », précise Éléonore Durocher -Bergeron, agente de programme PSIJ chez SUCO.

Ce sont tous des moyens qui permettent d’accroître l’accès au marché du travail pour les jeunes Canadiens et Canadiennes.

Crédits photo : Ariane Sylvain Salvador

Un volet novateur en entrepreneuriat social

Il est prouvé que les jeunes qui effectuent un stage à l’international ont plus de chance de devenir des entrepreneurs sociaux à leur retour.

« Chez SUCO, nous avons bien compris cela. Et c’est pour cette raison que nous offrons un parcours entrepreneurial pour les stagiaires qui ont une idée de projet validée », souligne Anne Vincent, chargée de programme volontariat chez SUCO.

Coaching, formation en ligne pour le démarrage d’entreprise sociale avec attestation et bourse de démarrage lors d’un concours annuel ne sont que quelques exemples des composantes du programme offert par SUCO.

Un impact au retour : l’éducation à la citoyenneté mondiale

Après le stage, ce n’est pas tout. En plus d’avoir contribué au renforcement des capacités des partenaires communautaires locaux, les stagiaires devront partager leur expérience terrain pour sensibiliser les Canadiens et les Canadiennes aux enjeux internationaux et à l’importance de soutenir une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. SUCO les accompagnera dans la réalisation d’activités collectives et créatives.

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À propos de SUCO

De 2015 à 2017, 30 jeunes Canadiens et Canadiennes ont participé au Programme de stages internationaux pour les jeunes de SUCO. Certaines conditions s’appliquent pour participer à ce programme, visitez le http://suco.org/stages-jeunes-emploi-developpement-international/ pour connaître les critères d’admissibilité.

SUCO est un organisme de coopération internationale fondé en 1961. Il réalise des projets de développement durable visant à renforcer l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités dans six pays : Burkina Faso, Haïti, Honduras, Nicaragua, Pérou et Sénégal. L’expertise de SUCO se situe principalement dans les domaines de l’agriculture durable, du développement local, de la mobilisation citoyenne et de l’entrepreneuriat rural.

Voir l’annonce d’Affaires mondiales Canada.

Renseignements :
Mélissa Cabana
Chargée des relations externes, SUCO
melissacabana@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 225
Cell. : 514 349-3019

Éléonore Durocher-Bergeron
Agente de programme, stages internationaux, SUCO
eleonoredurocher@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 224

 


Gestion de projet et coopération internationale : Quand « le projet » c’est de rendre le monde solidaire

 

Étude de faisabilité, planification, mise en œuvre, contrôle, évaluation, voilà le cycle de projet le plus souvent utilisé. Il s’agit d’un cycle avec un début et une fin précise, avec des documents qui encadrent, qui guident la démarche; avec des étapes et une planification réglées au quart de tour. En coopération internationale et pour SUCO, la gestion de projet, bien qu’elle conserve les prémisses prônées par les normes PMI, revêt plusieurs autres dimensions. Au quotidien, les phases de projet deviennent bien souvent des sous-projets en soi qui requièrent une démarche itérative et avant tout relationnelle. Qui plus est, dans bien des cas, la mise en œuvre de projet devient un levier de développement organisationnel, un prétexte pour favoriser l’acquisition de nouvelles compétences au sein d’une association paysanne ou d’un groupement de femmes, par exemple.

Un processus relationnel avant tout

Récemment, dans le cadre d’une mission préparatoire pour l’élaboration d’un projet agroenvironnemental, une conseillère volontaire a passé quelques semaines chez un partenaire afin de simplement évaluer la faisabilité des actions initialement prévues. Cette présence, bien que de courte durée, aura permis à l’association paysanne d’amorcer un processus de mobilisation autour du projet. Grâce à l’élaboration d’un simple calendrier de visites de sites et de questionnaires, conjointement avec le partenaire, ce dernier a pu saisir l’importance de travailler « par étape » : la notion de gestion de projet a commencé à faire son chemin. La présence de cette conseillère pour la phase de faisabilité aura aussi permis à l’organisation de comprendre que la mise en œuvre des activités futures allait se faire dans le cadre d’une démarche centrée sur l’apprentissage, dont la responsabilité sera partagée entre SUCO et les membres de l’association, dans une relation de co-construction, en fonction de leurs compétences, de leurs envies et des caractéristiques du contexte organisationnel. En gestion de projet de coopération internationale, travailler ensemble permet de construire une communauté saine et durable dans le cadre du projet envisagé : les relations humaines chaleureuses deviennent donc un moyen et une fin en soi. La personne volontaire a le rôle de générer et d’encourager plus de confiance, à la fois pendant le processus de gestion de projet et plus durablement, au sein de l’organisation elle-même. Des relations optimistes, intègres et confiantes rappellent aux personnes leur caractère humain et les ouvrent aux autres, permettant d’amorcer un réel changement.

« On m’a déjà dit, “je ne savais pas que j’étais capable; c’est grâce à toi que je m’en rends compte et que j’ai envie de continuer” », Éléonore Durocher Bergeron, conseillère en développement organisationnel pour SUCO au Sénégal.

Une approche participative

Au-delà de l’aspect humain, la gestion de projet en coopération internationale comme nous l’entendons, revêt un caractère participatif tout au long de la mise en œuvre.

« On ne fait pas qu’informer ou consulter les personnes que nous accompagnons dans la réalisation du projet : nous les faisons participer aux échanges, aux prises de décision, puis aux actions. Lorsque l’accompagnement a atteint un certain niveau, nous ne sommes que des observateurs fiers de leurs succès à eux », Éléonore Durocher Bergeron, conseillère en développement organisationnel pour SUCO au Sénégal.

Cette approche participative, et surtout inclusive, vise l’appropriation du projet par l’organisation partenaire. Cela peut se traduire, par exemple, par l’animation sur plusieurs jours d’un atelier pour planifier un échéancier de travail en faisant participer l’ensemble de l’association paysanne pour qu’elle élabore elle-même les différentes tâches à réaliser, puis qu’elle les partage entre les membres. Cette façon de faire, bien qu’elle requière plus de temps que dans le cadre de l’élaboration d’un projet dans un contexte nord-américain, permet à l’organisation de vivre des succès dès la conception et la planification : des succès sur lesquels nous nous appuierons pour renforcer plusieurs capacités organisationnelles. Cet exemple de planification participative donnera l’occasion d’aborder une foule de notions nouvelles pour les participants : la gestion des ressources humaines et matérielles, la gestion du temps et surtout l’importance de concevoir des actions dans un cadre logique.

Des projets qui s’imbriquent dans une vision à long terme

À la lumière de tous ces éléments, il importe de rappeler que la gestion de projet peut prendre une tout autre dimension lorsqu’il s’agit de travailler dans un contexte de coopération internationale! Non pas conçus isolément, mais plutôt en fonction d’un plan de développement à long terme, les projets de développement s’intègrent souvent dans un continuum d’actions que poseront les organisations de coopération.

Dans ce contexte, le projet n’est pas linéaire, avec un début et une fin : il sert la cause d’un objectif plus grand. Ainsi, prenons l’exemple d’un projet d’un an qui viserait l’installation de systèmes d’irrigation pour faciliter le maraîchage biologique en zone semi-aride. Ce projet, seul, paraît déjà intéressant. Mais qu’en est-il lorsqu’il s’intègre dans une stratégie quinquennale qui vise tour à tour la formation des femmes agricultrices au développement de nouvelles techniques adaptées aux changements climatiques, à l’accompagnement nutritionnel des familles rurales pour l’optimisation des cultures maraîchères, à la sensibilisation des instances locales pour un réinvestissement dans les marchés de proximité? Les résultats et les défis du projet de départ devront être analysés autrement et prendre en compte la valeur ajoutée de la planification globale. La personne gestionnaire de projet aura également une vision bien différente de la conduite de ses activités!

Pour conclure, cette façon de concevoir la gestion de projet en coopération internationale donne également tout son sens au développement organisationnel des partenaires locaux, qui non seulement sont vivement sollicités dans la mise en œuvre des projets intégrés, mais doivent également s’approprier et soutenir la pérennité des résultats. Voilà pourquoi la plupart des projets de SUCO comportent une dimension de renforcement des capacités.

« En visant l’autonomie de nos organisations partenaires, nos projets sont porteurs de fierté et d’indépendance. Lorsqu’on anime un atelier participatif où un groupe de personne se dote d’une mission à son goût, quand on accompagne un conseil d’administration à prendre ses propres décisions, en étant capable de peser chacune des options possibles, la mise en œuvre d’un projet n’est qu’un moyen de plus pour favoriser le développement, et non pas, une fin en soi! », Sophie Bourdon, représentante de SUCO au Sénégal.

–  par, Sophie Bourdon, représentante de SUCO au Sénégal et Éléonore Durocher Bergeron, conseillère en développement organisationnel pour SUCO au Sénégal

Cet article a été écrit dans le cadre du nouveau partenariat entre SUCO et l’Association des professionnels en gestion de projet PMI-Montréal.

Pour plus d’informations, consultez : « L’expertise en gestion de projet à l’international au service du développement durable »

 


L’expertise en gestion de projet à l’international au service du développement durable

 

Un nouveau partenariat entre le PMI-Montréal et SUCO

Montréal, le 23 novembre 2017 – L’Association des professionnels en gestion de projet PMI-Montréal et l’organisme de coopération internationale SUCO sont fiers d’annoncer un nouveau partenariat qui fait rayonner l’importance de la gestion de projet au cœur des programmes de développement international et de la coopération volontaire canadienne.

L’expertise d’ici au service des partenaires du Sud

Ce partenariat offre aux membres du PMI-Montréal la chance de mettre leurs expertises en gestion de projet au service des communautés du Sud accompagnées par SUCO et ses partenaires locaux. Il s’agit également d’une occasion pour promouvoir des mandats de coopération volontaire en gestion de projet dans sept pays d’Amérique latine, des Caraïbes et d’Afrique de l’Ouest.

« Ce partenariat ouvre les portes à nos membres pour qu’ils partagent leurs connaissances en gestion de projet dans les programmes de développement international de toute envergure, sans compter tous les apprentissages pour mieux adapter les meilleures pratiques en gestion aux réalités des organismes de coopération internationale et de leurs partenaires sur le terrain », déclare Benoît Lalonde, président du PMI-Montréal.

Sensibiliser les Canadiens et les Canadiennes une fois de retour au pays

Cette collaboration se traduira par plusieurs activités permettant de sensibiliser la population canadienne aux enjeux internationaux. Une fois rentrés au pays, les volontaires et les membres du PMI-Montréal organiseront des conférences qui permettront de démystifier la gestion de projet à l’international et sa contribution au développement durable.

« La gestion de projet est au cœur des approches de développement local que SUCO et ses partenaires mettent de l’avant auprès des communautés du Sud. Notre entente avec le PMI-Montréal ouvrira de nouvelles possibilités pour l’engagement de la relève professionnelle dans l’atteinte des objectifs de développement durable », affirme Linda Gagnon, directrice générale par intérim de SUCO.

Une série d’articles seront également diffusés sur le site Web de SUCO et un projet pilote de mentorat auprès des gestionnaires de projet sur le terrain sera mis en œuvre.

À propos du PMI-Montréal
Fondé en 1977, le PMI-Montréal regroupe la grande majorité des professionnels en gestion de projet du Québec. Grâce à plus de 4 700 membres, le PMI-Montréal est la plus grande section canadienne, la plus grande section francophone et la 4e plus grande section de l’association mondiale en gestion de projet, le Project Management Institute (PMI). Pour obtenir plus d’informations et consulter le calendrier des événements à venir, rendez-vous au www.pmimontreal.org.

À propos de SUCO
SUCO est un organisme de coopération internationale fondé en 1961. Il réalise des projets de développement durable visant à renforcer l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités dans sept pays : Burkina Faso, Haïti, Honduras, Mali, Nicaragua, Pérou et Sénégal. L’expertise de SUCO se situe principalement dans les domaines de l’agriculture durable, du développement local, de la mobilisation citoyenne et de l’entrepreneuriat rural.
Site Web de SUCO : suco.org

Renseignements :
Mélissa Cabana
Chargée des relations externes, SUCO
melissacabana@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 225
Cell. : 514 349-3019

Marie-Hélène Thouin
Conseillère aux communications, PMI-Montréal
evenements@pmimontreal.org
Tel : 514-861-8788, poste 226

 


Carrière en développement international : trucs et astuces pour dénicher votre premier emploi et acquérir de l’expérience

 

 

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“Avant de commencer votre recherche d’emploi, ne vous demandez pas pour quel employeur vous souhaitez œuvrer, mais plutôt quel problème vous voulez résoudre !”

 

Cette citation est tirée d’un tweet que j’ai vu passé il y a quelque temps de Karen Warren de DevexCareers et je trouve qu’il reflète bien ce que j’essaie de transmettre comme message à nos stagiaires du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) lorsqu’ils et elles amorcent leur recherche d’emploi au retour du terrain. Une fois qu’on a ciblé les enjeux qui nous attirent, comment amorce-t-on une carrière, après un baccalauréat, un stage ou une brève expérience dans le domaine? Il n’y a pas de recette miracle pour amorcer sa carrière en développement international, selon moi, mais il est possible d’articuler son cheminement de façon stratégique. Pour bâtir une carrière en développement international, il importe d’acquérir des expériences à titre de généraliste, mais aussi dans le cadre de mandats plus spécialisés, tout en continuant de garder à jour vos compétences interculturelles ! Voici différentes pistes pour vous inspirer…

 

Considérez les postes “d’entrée” ou les plus petites organisations

Il est important de viser des postes qui vous attirent, mais bien que vous vouliez le poste de chargé de projets, n’hésitez pas à considérer celui d’assistant de programme ou d’analyste. Cela s’applique aussi au choix géographique: pensez considérer des mandats dans des pays moins populaires. Également, que ce soit des ONG présentes dans des régions plus éloignées du Québec ou de nouvelles “startups” à vocation sociale et internationale, envisagez de vous joindre à des employeurs de plus petite taille. Bien que les conditions puissent être moins avantageuses, ce genre d’organisation permet souvent de prendre plus de responsabilités et offre un potentiel de croissance. Si vous êtes généraliste, considérez des chemins moins typiques et spécialisez-vous en recrutement, en développement des affaires, etc.

 

Développez des compétences plus rares sur le marché de l’emploi en développement international

En effectuant vos recherches d’emploi, vous verrez apparaître des compétences spécialisées qui pourraient devenir un atout à votre candidature. En développement international, vous pouvez envisager de nombreuses options : vous spécialiser en utilisation de logiciels statistiques, en cartographie numérique (le data est en constante évolution dans le secteur), en traduction d’un dialecte spécifique, en gestion des volontaires, etc.

 

Prenez plus de responsabilités, diversifiez vos expériences et faites preuve de leadership

Si vous voulez poursuivre une longue carrière en développement international, vous arriverez à un point où vous envisagerez peut-être des postes de gestion. Assister à des conférences et faire du bénévolat, qui vous permettra de développer vos compétences en leadership, devient un atout pour faire avancer votre carrière. Rappelez-vous aussi que la flexibilité est le mot d’ordre dans le domaine du développement international. Il  est toujours bon de posséder une expérience dans au moins deux domaines comme la gestion de projets et l’égalité femmes-hommes, ou les communications et la recherche de financement, etc. Considérez aussi enrichir votre expérience au sein de différents types d’organisations : pensez à combiner une expérience dans l’administration publique avec une autre au privé ou en ONG.Il est aussi important de garder vos connaissances à jour. Si vous avez fait des études en marketing, mais que vous travaillez en égalité femmes-hommes, continuez de vous tenir informé dans votre premier domaine d’études. Il ne faut pas que vos compétences deviennent obsolètes. Les médias sociaux sont très utiles pour se garder à jour sur différents sujets. Utilisez Twitter et faites-vous des listes d’intérêts.

 

Cherchez des offres au sein de projets ou de programme qui se terminent

Ce point semble étrange effectivement, mais il arrive que des gens mettent fin à leur contrat avant terme. Il peut devenir stratégique d’appliquer sur des postes ouverts en raison de ces départs. Bien que moins attrayants (souvent des mandats à court terme), le fait que les employeurs soient à la recherche de quelqu’un en urgence peut faire en sorte que l’on permettra l’embauche de quelqu’un ayant moins d’expérience.

 

Combinez des expériences internationales et nationales

Selon le type de carrière que vous allez choisir, considérez acquérir de façon équilibrée votre expérience ici et ailleurs. Demandez-vous quelles compétences peuvent être développées outremer versus ici. Certains emplois exigeront des connaissances internationales sans aller à l’étranger. Si vous envisagez de travailler en siège social, considérez que la plupart des postes exigent entre une et trois années d’expérience terrain minimum. Cette expérience peut être acquise à travers des mandats de volontariat, de stages professionnels (comme ceux du PSIJ), d’études sur le terrain, etc. Privilégiez l’acquisition de cette expérience tôt dans votre carrière !

Vous avez envie d’obtenir d’autres conseils sur la carrière en développement international ou de découvrir les opportunités offertes par le milieu au Québec? Venez rencontrer notre équipe de recrutement dans le cadre de divers événements : suco.org/evenements et consultez nos offres d’emploi à suco.org/emploi.

Vous trouverez aussi plusieurs offres sur le site de l’AQOCI et du CCCI.

 


Donner au suivant

 

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Il est 15 h 30. La pause du midi est terminée. Assise à mon bureau, je réponds à mes courriels. Concentrée, je remarque à peine la tête de Siméon qui s’est glissée dans l’entrebâillement de la porte. Coiffé de sa casquette verte kaki, il revient très certainement d’une visite en brousse.

Siméon Diédhiou est originaire de la Casamance. À 31 ans, il est chargé de programme à AGRECOL Afrique, organisation appuyée par SUCO. Il prend son travail très à cœur. À chaque semaine, le jeune homme et son équipe technique déferlent sur les routes cahoteuses du Sénégal pour visiter les différents périmètres encadrés par le programme. Ils ont pour mission de renforcer les capacités des petits producteurs en agriculture biologique et les aider à obtenir de bons rendements agricoles.

L’année passée, au mois de décembre, un défi de taille s’est présenté au chargé de programme. Il a eu pour responsabilité d’organiser la quatrième édition des Journées de promotion de l’agriculture biologique. « J’avoue qu’au départ, j’étais inquiet, car je n’avais jamais organisé une journée de promotion », confie-t-il. Cet événement, qui a lieu à chaque année, vise à sensibiliser les agents du développement et la population aux bienfaits de l’agriculture biologique.

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Village de Keur Mangary Ka, Sénégal.

 

Assis face à moi, Siméon expose en toute honnêteté le défi auquel il a dû faire face pour organiser la journée : « J’ai d’abord commencé par chercher des informations écrites sur les éditions précédentes. Quand on fait une chose pour la première fois, on a forcément besoin de repères. Malheureusement, je n’ai rien trouvé. J’ai dû me tourner vers les techniciens horticoles pour discuter avec eux du déroulement de l’édition passée ».

Pour le jeune homme, toute organisation doit conserver une trace écrite de ses expériences. « Traduire, c’est parfois trahir. Certaines informations se perdent quand elles sont transmises d’une personne à l’autre. Quand tu écris, au moins, ça reste; d’où la nécessité d’avoir des documents en amont pour te servir d’appui », explique-t-il. C’est à partir de cette problématique que Siméon a eu l’idée de rédiger un guide avec des recommandations pour les événements futurs.

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Une des bénéficiaires du programme géré par Siméon Diédhiou.

 

« J’ai eu envie de capitaliser mon expérience. Je pense qu’il faut laisser quelque chose derrière soi afin d’éviter que d’autres ne vivent les mêmes difficultés. Je veux que les gens puissent avoir un modèle, et même l’améliorer au fil du temps », indique-t-il. « Je suis content d’avoir capitalisé la journée de promotion. Maintenant, je comprends toute la pertinence d’utiliser des outils participatifs comme la ligne du temps », assure-t-il. Emballé à l’idée de partager ces nouveaux acquis, le jeune homme ajoute : « Non seulement je vais réutiliser cet outil dans mon travail, mais je vais aussi l’utiliser pour former, car je compte moi aussi aider les gens à capitaliser leurs expériences. Je veux donner au suivant ».

Particulièrement intéressé par la capitalisation, le Casamançais relate le chemin parcouru depuis qu’il bénéficie de l’appui d’une volontaire de SUCO dans ce domaine. « Au départ, je ne comprenais rien. Après un an, grâce aux formations et aux activités de renforcement de capacités, je suis très impliqué dans la capitalisation d’expériences », affirme-t-il. En attendant la publication du guide, Siméon partage ses réflexions sur l’importance de capitaliser : « Si on travaille avec des informations fiables et des documents bien faits, normalement, on réussit ce que l’on fait. En tout cas, ça nous permet de ne pas aller dans tous les sens. On sait où l’on va ».

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Siméon Diédhiou et Noël Tine lors de la journée de promotion de l’agriculture biologique

 

 

 

 

 

 

 


C’est dans l’échange qu’on trouve des solutions

 

Quand j’ai entendu l’expression « capitaliser ses expériences » pour la première fois, un gros point d’interrogation s’est affiché sur mon visage. Qu’est-ce que ça signifie exactement ? À première vue, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une chose très complexe. Je m’étais trompée. Ce n’est pas si sorcier. Tout le monde peut capitaliser ! Il suffit simplement de comprendre les principaux concepts et étapes d’un processus de capitalisation. Pour ce premier billet, j’ai décidé de commencer par la base. Je vous présente une définition sous forme métaphorique, extraite de ma formation donnée à AGRECOL Afrique, organisation partenaire de SUCO au Sénégal.

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Milaine en compagnie de ses collègues de travail à AGRECOL  Afrique                                                                       Crédit-photo: Rébecca Bleau

La métaphore du bateau

Un jour, votre patron arrive avec une idée un peu spéciale. Il désire organiser un voyage en haute mer avec l’ensemble de son personnel. Il propose de traverser l’océan Atlantique en bateau. L’aventure semble périlleuse, mais fort enrichissante. Enthousiaste, vous décidez de prendre part à ce projet hors du commun. Après plusieurs mois de planification, vous êtes enfin prêts à prendre le large. À bord du navire, on retrouve votre patron, son adjoint et l’ensemble de vos collègues. Chacun occupe un rôle clé. Il faudra travailler en équipe.

Tout au long de l’aventure, vous devez faire face à plusieurs imprévus : tempête en haute mer, trou dans la coque du bateau, attaque par des pirates, etc. Ces situations vous amènent à réagir d’une certaine manière et à trouver rapidement des solutions. Vous développez des réflexes, des façons toujours plus efficaces de faire les choses. Pour ne pas oublier le moindre détail de ces événements, vous décidez de tenir un journal de bord. Vos collègues décident de faire de même. À l’intérieur, chacun décrit les événements selon ses propres perceptions. Après plusieurs mois en haute mer, la terre ferme se dessine enfin à l’horizon. Le voyage est une réussite, malgré les nombreux obstacles. Arrivés à destination, deux options s’offrent à vous et vos collègues : 1) chacun quitte l’embarcation avec son journal de bord ou 2) vous décidez de réunir les journaux de bord de chacun pour rédiger un guide de survie en haute mer.

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Comité de capitalisation en action. C’est dans l’échange qu’on génère de nouvelles connaissances et qu’on trouve des solutions.

 

Emballés à l’idée de partager votre expérience, vous choisissez unanimement la deuxième option. Au fil des échanges, vous et vos collègues réalisez à quel point la mise en commun des différents vécus est enrichissante. En groupe, vous décrivez et analysez chacune des étapes du voyage. Vous identifiez les leçons apprises et formulez des recommandations pour vous et ceux qui seraient tentés de reproduire l’expérience. Le guide est enfin prêt. Votre patron décide de le diffuser à grande échelle afin qu’un grand nombre de personnes puissent avoir accès aux enseignements tirés de votre expérience en haute mer. Un de vos collègues propose aussi d’archiver le guide afin de conserver une trace de l’aventure dans la mémoire institutionnelle de l’organisation. À chaque voyage en bateau, vous vous référez au guide. Vous constatez qu’il contribue à l’amélioration des pratiques de votre organisation.

Cette métaphore illustre les grandes lignes de la capitalisation d’expériences. D’un point de vue théorique, c’est un processus qui vise à identifier, décrire, analyser et diffuser les leçons tirées de l’expérience afin d’améliorer les pratiques. Cette définition est intéressante, mais peu parlante. C’est pourquoi j’ai opté pour une aventure en bateau. J’étais frustrée de ne pouvoir expliquer simplement en quoi consiste la capitalisation d’expériences. Maintenant, c’est un réel plaisir ! Quand on travaille sur le terrain, il faut parfois une bonne dose de créativité pour relever les défis.

Appliquée au contexte de travail d’AGRECOL Afrique, la capitalisation d’expériences permet de repérer et diffuser les bonnes pratiques et les innovations paysannes en agroécologie. C’est fondamental à l’heure où les effets des changements climatiques affectent grandement les rendements agricoles au Sénégal. Il faut trouver de nouvelles options. Pour ce faire, le partage d’expériences doit être au cœur des actions. Je dis toujours : « C’est dans l’échange qu’on génère de nouvelles connaissances et qu’on trouve des solutions ».

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Les inondations sont des effets des changements climatiques auxquels doivent faire face les producteurs et les productrices. L’agroécologie permet de mitiger ces effets.