La coopération volontaire, un enrichissement inestimable

 

Vue sur la coopération volontaire

Le mandat pour lequel je me suis engagée ici au Sénégal fait partie du Programme de coopération volontaire (PCV) financé par Affaires mondiales Canada, auquel SUCO participe. L’objectif est de recruter des professionnels afin d’appuyer, soutenir et former des partenaires locaux en vue d’améliorer les conditions socio-économiques des populations locales en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes. J’ai donc décidé de m’engager dans le programme de SUCO et travailler de près avec un de leurs partenaires du Sud. Mon choix s’est arrêté sur cet organisme de coopération internationale pour deux raisons : leur approche de proximité et leur expertise en agriculture durable. Bien entendu, le terme volontariat signifie un engagement personnel, respectant des valeurs de solidarité et de partage, une mise à profit de nos connaissances, énergies, aptitudes envers les partenaires locaux, mais aussi une forme de « travail » qui n’est pas conventionnelle et qui nous amène vers une vision autre du système dans lequel on a l’habitude de s’insérer.

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Bien que le volontariat ne soit pas lucratif au sens où on l’entend généralement, il apporte à tout un chacun une richesse qui est inestimable : découverte d’autres cultures, croyances et systèmes de valeurs, remise en question, réflexions sur sa réalité et son rapport à soi-même. Cette expérience nous apporte également un enrichissement qui nous suivra pour le reste de nos jours, nous permettra de mieux nous interroger sur les enjeux actuels et ainsi devenir de meilleurs citoyens. L’idée d’investir mes efforts au Québec reste une priorité, et je suis convaincue que le bagage que je rapporterai avec moi pourra contribuer à un réel changement dans un futur rapproché.

Alors qu’en est-il du mandat ?

Pour la prochaine année, j’accompagnerai La Centrale d’achat de Touba Toul, une association créée en 2005 par la volonté des producteurs de la commune de prendre en charge leurs propres besoins de développement agricole, afin de les appuyer dans la recherche de solutions durables à leurs problèmes de productivité et ainsi soutenir le développement d’une agriculture performante et viable. Réunissant 16 575 producteurs et productrices provenant de 53 villages de la commune de Touba Toul, l’association a pour mission d’offrir à ses membres des services d’appui à la production agricole afin de leur permettre de faire face aux nombreuses difficultés qu’ils rencontrent. Le partenariat entre la Centrale d’achat de Touba Toul et SUCO a débuté en 2015 avec l’arrivée d’une première volontaire qui a accompagné la Centrale dans la réalisation d’un diagnostic organisationnel et la création d’un plan stratégique quinquennal. Cette première étape était cruciale, tant pour le partenaire que pour SUCO, afin d’avoir une idée claire de la situation actuelle et des mesures correctives à envisager pour le futur. Elle a également permis de mesurer la motivation du partenaire et le bien-fondé de la démarche. Il ne m’a fallu que très peu de temps pour comprendre les raisons qui ont motivé SUCO à entretenir le partenariat avec la Centrale d’achat de Touba Toul et rédiger un second mandat pour mettre en action les activités prévues dans le plan stratégique par la première volontaire.

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Me voilà donc dans la région de Thiès, à réaliser mon propre diagnostic de la situation, observer les méthodes de travail du partenaire et comprendre leurs réels besoins. Je tenterai de m’insérer au mieux à travers leurs diverses activités afin de leur offrir le meilleur accompagnement possible dans la réalisation de leurs objectifs pour l’année 2016-2017. À cela s’ajoute la découverte de l’autre et l’intégration au groupe, qui se fait petit à petit, chaque jour, avec une bonne dose d’ouverture et d’humilité.

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Un accompagnement axé sur le renforcement de capacités

L’optique de mon accompagnement est de renforcer les capacités des membres de l’association dans une optique de durabilité. Mon objectif, et celui de SUCO, est de travailler de sorte à ce que le partenaire devienne autonome et qu’éventuellement, notre soutien ne soit plus nécessaire. La démarche envisagée est celle d’un accompagnement de proximité et d’une co-construction d’outils en lien avec les actions posées. Avec un partenaire qui a opté pour une division du travail selon les projets en cours, j’aurai la chance de travailler avec de petites équipes, les soutenir dans les étapes de gestion d’un projet et les amener à réfléchir pour mieux organiser le travail. Avec peu de moyens, et beaucoup d’idées, nous avons beaucoup de pain sur la planche. Mais cette motivation, de source encore inconnue, dont fait preuve ce partenaire sénégalais m’étonne encore après 2 mois et me convainc que tout est possible.

À suivre !

Par Katherine Tardif, volontaire au Sénégal

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