Entregent d’affaires au Sénégal

 

À la rencontre d’un pays rempli de persévérance et de sagesse !

Je suis une femme de 34 ans, mère de trois enfants, entrepreneure et productrice maraîchère depuis près de 4 ans. J’ai également exercé le métier d’agronome en tant que conseillère en agroenvironnement pendant plus de 10 ans. J’ai donc eu le plaisir d’accompagner pendant deux semaines, des Sénégalaises vivant une réalité bien différente de la mienne dans la production maraîchère et l’entrepreneuriat, via un projet de paniers bio.

Crédit-photo: Oussmane Bassoum
Crédit-photo: Oussmane Bassoum

 

Du diagnostic aux pistes de solutions

Mon mandat qui se divisait en deux parties m’aura permis de mieux comprendre la réalité et les défis vécus chaque jour au Sénégal.  En particulier lors de mon séjour dans un village paysan situé à Koulouck, où des femmes persévérantes et fières cultivent des légumes en régie écologique sans pesticides, ni engrais chimiques de synthèse.  J’ai constaté que la dynamique et le mode de vie dans les villages paysans sont très différents de ceux vécus en ville.  Les traditions et la proximité des maisons et des familles se comparent à un mode de vie en communauté où la solidarité et les discussions animées font partie du quotidien.  Il est génial de constater que les femmes vivant de l’agriculture mettent beaucoup d’efforts et qu’elles sont ouvertes et intéressées à effectuer des changements et à apprendre de nouvelles techniques et méthodes en culture maraîchère.  En compagnie des femmes du village, j’ai pu poser un diagnostic concernant les problématiques observées et vécues et ainsi proposer des pistes de solutions.  À cet effet, j’ai pu enseigner concrètement aux femmes la technique de greffage afin de diminuer les effets néfastes des nématodes, un ravageur qui vit dans le sol et qui s’attaque aux racines dans la tomate et l’aubergine, afin de permettre d’obtenir une récolte.

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Crédit-photo: Ndeye Coumba Diéye.

Accompagner des femmes dans un projet de paniers biologiques

La seconde partie de mon mandat était d’observer, d’étudier et d’accompagner les femmes de Nat-Bi dans leur projet de paniers bio. Un bon bout de chemin était déjà fait lors de mon arrivée grâce au volontaire de SUCO déjà sur place. J’ai donc pu proposer des éléments qui allaient améliorer la gestion de l’approvisionnement et du suivi du budget hebdomadaire via des tables Excel.  Aussi, j’ai témoigné de mon expérience de production de légumes et de production de paniers bio avec ma ferme, « Les Jardins bio du Solstice » au Québec.  J’ai pu partager certains éléments dans la réussite de mon entreprise tels que le service et l’approche de la clientèle, la gestion du contenu des paniers, le suivi des paiements et l’utilisation des réseaux sociaux pour la promotion des paniers.  Les femmes responsables de ce projet ont pu, à mon grand bonheur, le mener à terme et effectuer avec succès leur première livraison de paniers juste avant mon départ.

 

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Crédit-photo: Félix Beaudet

 

Créativité et débrouillardise

Les femmes du village m’ont enseignée quelques traditions africaines que j’ai pu mettre en pratique lors de mon séjour auprès d’elles.  Cette immersion dans la vie et la réalité de tous les jours vécue par ces africaines m’a ouvert l’esprit sur un mode de vie simple souvent observé dans les pays en voie de développement. Plusieurs réflexions et questionnements me sont venus à l’esprit.  Ce cheminement personnel et professionnel laissera des traces dans ma façon d’être et j’en suis très heureuse.  Les Africains et les Africaines sont débrouillards et inventifs, ce qui a suscité beaucoup d’intérêt et d’admiration chez moi. Par exemple, malgré la presqu’inexistence d’un système de gestion des déchets, les gens recyclent beaucoup le matériel et trouvent souvent une multitude d’utilités post-consommation aux déchets leur donnant ainsi une deuxième, voire une troisième vie, comme c’est le cas des bouteilles,des sacs de plastique et des boîtes de conserve.

Bien que la durée du mandat fut courte, je suis fière d’avoir pu poser des diagnostics et dresser un portrait de la situation.  J’ai beaucoup apprécié les échanges culturels, cuisiner avec les femmes et discuter avec les gens que je rencontrais lorsque je sortais marcher dans la ville de Thiès. Cette expérience hors du commun m’aura permis de sortir de ma zone de confort et d’élargir ma vision et ma compréhension de la culture au Sénégal.  Je recommanderais cette belle expérience  du programme Entregent d’affaires à quiconque désire vivre et échanger avec des gens exceptionnels.  La sagesse et la persévérance des Sénégalais et des Sénégalaises font d’eux un peuple remarquable avec des valeurs humaines d’entraide bien ancrées dans leur façon d’être.

 

Par Valérie Campeau, conseillère en agroenvironnement, programme Entregent d’affaires, Sénégal