Redonnez au suivant !

 

5 raisons de devenir mentors pour les stagiaires de SUCO

Vous aimeriez contribuer au développement professionnel de la relève mais ne savez pas quelle forme cela pourrait prendre ? Pourquoi ne pas devenir mentor pour une personne qui effectue un stage à l’international ?

Dans le cadre de son Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), financé par Affaires mondiales Canada, SUCO offre un programme de mentorat qui vient bonifier l’accompagnement des stagiaires et maximiser leur développement professionnel durant le stage. L’objectif est de permettre aux personnes stagiaires, âgées entre 19 et 30 ans, de développer leurs compétences grâce à un contact privilégié auprès d’un ou une professionnelle du développement international.

Une activité bénévole valorisante au service de la coopération internationale

« Chez SUCO, nous souhaitons faire vivre une expérience complète à nos stagiaires, tant sur le plan de l’expérience internationale que sur celui du développement personnel et professionnel ! La contribution d’un mentor est d’être à l’écoute, avoir un regard objectif et une vision élargie qui aideront le mentoré à recadrer les problèmes, explorer des manières différentes de penser et d’entreprendre, valider des choix ou décisions. Il s’agit d’un excellent moyen de développement et d’apprentissage de nouvelles compétences et habiletés à acquérir pour poursuivre une carrière dans un domaine privilégié ! C’est en quelque sorte, une façon de redonner au suivant. » Éléonore Durocher-Bergeron, agente de programme, stages internationaux

Une  contribution qui prend peu de temps et qui rapporte

Le mentorat se fait au moment qui vous convient et selon votre disponibilité.  Notre programme requiert d’être disponible, à distance, sur une période de 6 mois à compter de juin 2018 ou de janvier 2019, pour une formation initiale, 4 rencontres d’une heure de mentorat par vidéoconférence, un suivi de mi-étape et un sondage final. En tant que mentor, vous aurez l’occasion de réfléchir à vos objectifs et pratiques personnelles, pourrez développer votre style de leadership personnel et de mentorat, aurez la reconnaissance en tant qu’expert sur un sujet et serez exposé(e) à de nouvelles perspectives, idées et approches.

Favoriser l’intégration au marché du travail après le stage

Votre contribution favorisera aussi l’insertion en emploi des stagiaires, un objectif clé du programme de SUCO. Entre 2015 et 2017, 73 % des personnes stagiaires ayant participé au PSIJ se sont trouvé un emploi dans leur domaine entre deux semaines à 4 mois après leur stage grâce à l’appui en employabilité offert. Aussi, lors du dernier programme, 93 % des stagiaires croiyaient fermement pouvoir se trouver un emploi après le stage, étaient satisfaits de l’amélioration de leurs compétences ainsi que des  connaissances et de la compréhension acquises par rapport aux enjeux de développement international!

Une multitudes de domaines à mentorer

Que vous soyez chargé de projet en coopération, spécialiste en égalité femmes-hommes ou agronome, vous pouvez participer à notre programme. Vous n’êtes pas certain si votre profil professionnel a le potentiel de capter l’intérêt des stagiaires? Laissez-nous la chance d’en discuter avec vous! Nous recherchons des professionnels avec au moins 2 à 3 ans d’expérience dans les domaines suivants (et pas nécessairement en coopération internationale) :

  • Développement économique communautaire
  • Agriculture durable : production maraîchère et animale, gestion des sols et des eaux
  • Développement organisationnel
  • Marketing et commercialisation de produits agricoles
  • Gestion de projet
  • Entrepreneuriat
  • Communication, animation et mobilisation communautaire
  • Nutrition
  • Égalité entre les femmes et les hommes

Bonifiez votre propre CV

De nombreux employeurs considèrent l’implication bénévole comme un critère d’embauche. De plus, cette expérience vous permettra d’acquérir des compétences en accompagnement et fonction conseil, un atout à plusieurs parcours professionnels.

Comment participer ?

Les professionnels qui souhaitent devenir mentor doivent :

  1. Soumettre leur formulaire de candidature par courriel à eleonoredurocher@suco.org avant le 25 mai 2018.
  2. Participer à l’entrevue de sélection auprès de l’agente de programme en juin.
  3. Participer au webinaire de démarrage en juin, puis au jumelage.

Renseignements :
Éléonore Durocher-Bergeron
Agente de programme – stages internationaux
eleonoredurocher@suco.org
(514) 272-3019, p.224


Chaque volontaire a une histoire à raconter !

 

Depuis 2015, près de 2500 volontaires ont participé aux programmes de coopération volontaire financé par Affaires mondiales Canada pour créer un changement dans des pays du Sud et au sein de leurs communautés au Canada. Le 18 janvier dernier, 60 volontaires se sont réunis à Ottawa pour raconter leurs histoires dans le cadre d’une expérience de bibliothèque humaine. Découvrez les histoires de Sophie, Éléonore et Catherine, volontaires de SUCO au Sénégal et Nicaragua !

« Si tu vois une chèvre dans le repaire d’un lion, aie peur d’elle »
Par Sophie Bourdon

Ce proverbe sénégalais, Sophie Bourdon l’a entendu à plusieurs reprises. En s’engageant comme représentante de SUCO au Sénégal, après plusieurs mandats de volontariat, elle savait à quoi s’attendre … ou presque!

Peut-on occuper un poste de responsabilité de la même manière qu’un homme, lorsqu’on est une jeune femme blanche, en Afrique de l’Ouest? Comment exercer un leadership inclusif lorsque l’on évolue dans un environnement où nos pairs sont majoritairement des hommes? Y a-t-il de la place pour repenser l’égalité par l’accompagnement des volontaires canadiens et canadiennes? Est-ce qu’il suffit d’avoir des cibles sexospécifiques pour documenter nos actions auprès des femmes et des filles? Autant de questions que ce livre prend un malin plaisir à soulever et à nuancer.

Sophie Bourdon signe ici, avec humour et humilité, le récit surprenant des défis de l’égalité entre les femmes et les hommes au sein des réseaux de coopération internationale, de Montréal à Dakar. Une histoire évocatrice qui bouscule nos certitudes et nous laisse sur cette sempiternelle vérité : le vrai changement ne se fait pas tout seul!

Entre cîmes et racines, une histoire de développement organisationnel
Par Éléonore Durocher-Bergeron 

Inclure. Être incluse.
Explorer leur histoire d’abord.
Un mois, un petit mois pour comprendre.
Comprendre l’histoire d’un homme, de son projet organisationnel.

Entre la cîme et les racines du Réseau MUUD.
MUUD, ça signifie « l’union des chances » en langue sérère.
Au coeur de Ndiaganiao, au coeur de 63 Associations Villageoises de Développement, au coeur de 132 familles.
J’ai accompagné Seck Faye et son équipe dans la réalisation d’un diagnostic organisationnel participatif.
Un diagnostic pour mieux se rappeler où étaient ses racines 20 ans après la création du Réseau, sa base solide qui lui permet de faire face aux vents et tempêtes.

Puis créer de l’espace, de l’ouverture.
« Je ne savais pas que j’étais capable ; c’est grâce à toi que je m’en rends compte et que j’ai envie de continuer», m’a lancé Seck, à la sortie d’une animation de groupe qu’il venait de faciliter par lui-même.

Donner confiance.
À un homme. Également à une organisation, qui elle aussi prend de l’assurance à travers les succès qu’elle accumule.

La valeur du volontariat se trouve toute là.
Une bonne relation d’accompagnement et de mentorat va au-delà du sujet même de la conversation. Cette relation est à même de modeler une façon d’interagir et de créer un style de leadership.

Coup et bouffe
Par Catherine Fallon

L’un des défis de la personne volontaire en pays étranger est d’adapter ses pratiques culinaires aux disponibilités du pays. Qu’en est-il lorsqu’en plus d’apprendre à cuisiner ces aliments à la maison, il faut enseigner des pratiques de transformation adaptées aux coutumes, aux ressources disponibles, aux besoins nutritionnels, à la culture?

 Selon le pays d’accueil, les façons de voir l’alimentation et la variété alimentaire ne sont pas les mêmes et peuvent être très différentes du pays d’origine. Certains fruits et légumes sont tout à fait nouveaux, alors que d’autres sont transformés d’une autre façon, les classifications d’aliments sont différentes tout comme les habitudes et traditions liées aux repas.

 Pour les aider à relever ce défi supplémentaire, les personnes volontaires en sécurité alimentaire et nutritionnelle peuvent compter sur une ressource essentielle pour qui la bouffe est plus souvent au centre des préoccupations : les femmes.

Le programme de coopération volontaire de SUCO est financé par le gouvernement canadien par l’entremise d’Affaires mondiales Canada

 


SUCO lance un nouveau programme de stages internationaux en développement durable

 

Une expérience de citoyenneté mondiale, un atout pour le CV !

Montréal, le 6 février 2018 – Le 5 février, la ministre du Développement international et de la Francophonie, Mme Marie-Claude Bibeau, annonçait un financement de 2,1 millions de dollars sur quatre ans destiné à l’organisme de coopération internationale SUCO pour la mise en œuvre de son initiative Jeunes, Emploi, Développement International II. C’est dans ce contexte que SUCO dévoile son tout nouveau programme de stages internationaux qui permettra à une vingtaine de jeunes stagiaires par année jusqu’en 2022 de vivre une expérience professionnelle et de devenir des citoyens et des citoyennes du monde engagés.

Le programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est ouvert aux personnes canadiennes diplômées de niveau postsecondaire âgées de 19 à 30 ans. Il fait partie de la Stratégie emploi jeunesse du gouvernement du Canada et est financé par Affaires mondiales Canada (AMC). Les jeunes intéressés peuvent s’abonner à l’alerte-emploi de SUCO pour rester à l’affût des offres de stage : http://suco.org/alerte-emploi/.

Une expérience de solidarité internationale menant au marché du travail

SUCO se démarque par un programme novateur dont les mandats seront intégrés à des projets existants, mis en œuvre par SUCO et ses partenaires locaux en Haïti, au Honduras, au Nicaragua, au Pérou, au Burkina Faso et au Sénégal, dans les domaines suivants : renforcement des capacités des producteurs et productrices agricoles en matière de pratiques respectueuses de l’environnement, appui à la production maraîchère et à la commercialisation des récoltes, technologie des communications, nutrition, développement de l’entrepreneuriat rural, marketing social, développement organisationnel, et promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Lors du précédent programme réalisé de 2015 à 2017, 73 % des stagiaires se sont trouvé un emploi dans leur domaine entre deux semaines à quatre mois après leur stage grâce à leur expérience et à l’appui en employabilité offert par SUCO. Au-delà du stage, l’organisme fournit un accompagnement personnalisé avec des méthodes dynamiques de recherche d’emploi pour favoriser l’insertion professionnelle des stagiaires dès leur retour.

« Mon niveau de confiance pour trouver un emploi est passé de 85 % à 100 %. Ce stage a fait ressortir beaucoup de mes aptitudes, comme ma capacité d’adaptation, mon autonomie. J’ai actualisé mes compétences en gestion et j’en ai acquis de nouvelles, comme le traitement et l’analyse de données. Je suis aujourd’hui beaucoup plus sûre de pouvoir trouver un emploi à mon retour au Canada », raconte Sherly Jossaint, ancienne stagiaire en entrepreneuriat au Pérou (puis en emploi chez Desjardins).
Les stagiaires auront aussi accès à un programme de mentorat en ligne tout au long de leur mandat.

« Nous sommes aussi conscients que les mentors ont un rôle important à jouer dans le développement professionnel de la relève, des leaders d’aujourd’hui. SUCO mettra aussi à la disposition des stagiaires un programme de mentorat en ligne axé sur le développement international, la gestion de projet, la nutrition internationale, la diplomatie, le marketing social et l’agronomie internationale », précise Éléonore Durocher -Bergeron, agente de programme PSIJ chez SUCO.

Ce sont tous des moyens qui permettent d’accroître l’accès au marché du travail pour les jeunes Canadiens et Canadiennes.

Crédits photo : Ariane Sylvain Salvador

Un volet novateur en entrepreneuriat social

Il est prouvé que les jeunes qui effectuent un stage à l’international ont plus de chance de devenir des entrepreneurs sociaux à leur retour.

« Chez SUCO, nous avons bien compris cela. Et c’est pour cette raison que nous offrons un parcours entrepreneurial pour les stagiaires qui ont une idée de projet validée », souligne Anne Vincent, chargée de programme volontariat chez SUCO.

Coaching, formation en ligne pour le démarrage d’entreprise sociale avec attestation et bourse de démarrage lors d’un concours annuel ne sont que quelques exemples des composantes du programme offert par SUCO.

Un impact au retour : l’éducation à la citoyenneté mondiale

Après le stage, ce n’est pas tout. En plus d’avoir contribué au renforcement des capacités des partenaires communautaires locaux, les stagiaires devront partager leur expérience terrain pour sensibiliser les Canadiens et les Canadiennes aux enjeux internationaux et à l’importance de soutenir une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. SUCO les accompagnera dans la réalisation d’activités collectives et créatives.

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À propos de SUCO

De 2015 à 2017, 30 jeunes Canadiens et Canadiennes ont participé au Programme de stages internationaux pour les jeunes de SUCO. Certaines conditions s’appliquent pour participer à ce programme, visitez le http://suco.org/stages-jeunes-emploi-developpement-international/ pour connaître les critères d’admissibilité.

SUCO est un organisme de coopération internationale fondé en 1961. Il réalise des projets de développement durable visant à renforcer l’autonomie des personnes, des organisations et des collectivités dans six pays : Burkina Faso, Haïti, Honduras, Nicaragua, Pérou et Sénégal. L’expertise de SUCO se situe principalement dans les domaines de l’agriculture durable, du développement local, de la mobilisation citoyenne et de l’entrepreneuriat rural.

Voir l’annonce d’Affaires mondiales Canada.

Renseignements :
Mélissa Cabana
Chargée des relations externes, SUCO
melissacabana@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 225
Cell. : 514 349-3019

Éléonore Durocher-Bergeron
Agente de programme, stages internationaux, SUCO
eleonoredurocher@suco.org
Tél. : 514 272-3019, poste 224

 


SUCO aux quatre coins du Québec durant tout l’hiver

 

 

Venez nous rencontrer dans le cadre de notre tournée de recrutement universitaire!

Nous sommes à la recherche de personnes passionnées qui partagent nos valeurs de solidarité, d’engagement, de responsabilité, d’égalité entre les femmes et les hommes, de justice et de respect. Vous avez envie de découvrir le monde d’un point de vue local, de changer les choses en partageant vos connaissances et d’acquérir de nouvelles compétences? Nous sommes faits pour nous entendre!

Place à la relève

Nous accordons une importance particulière à la nouvelle génération engagée et aux leaders de demain. Vous carburez aux projets et aux nouveaux défis? Vous êtes en fin de parcours post-secondaire ou en début de carrière et souhaitez partager vos connaissances et vos compétences avec d’autres collègues aux quatre coins du monde? Vous avez entre 19 et 30 ans et souhaitez acquérir une expérience à l’international qui aura un réel impact? Nous offrons des mandats dans un climat de travail convivial et axé sur le partage.

De janvier à mai, notre équipe de recrutement sillonnera le Québec afin de dénicher nos futurs talents qui s’envoleront vers le Pérou, le Nicaragua, le Honduras, Haïti, le Sénégal et le Burkina Faso. Nous offrons des mandats variés, allant de six mois à un an, dans le cadre d’initiatives d’aide au développement qui sont réalisées avec l’appui financier du gouvernement du Canada (ministère Affaires mondiales Canada). Les postes s’insèrent dans nos différents projets en cours pour lesquels nous avons besoin d’appui en :

  • Agroécologie et environnement
  • Commercialisation et marketing agroalimentaire
  • Communication, animation et mobilisation des communautés
  • Développement organisationnel
  • Égalité entre les femmes et les hommes
  • Entrepreneuriat
  • Gestion de projet
  • Nutrition et transformation alimentaire

Nous visiterons les régions de l’Outaouais, de la Mauricie, de l’Estrie, de la Montérégie, de Montréal et de la Capitale-Nationale!

Consultez le calendrier de tournée

Une expérience professionnelle enrichissante!

Devenir conseiller ou conseillère volontaire pour SUCO, c’est appuyer au quotidien des hommes et des femmes qui ont le goût de se dépasser et qui s’investissent pour un développement durable. De plus, vous évoluerez au sein d’une organisation qui mise sur la formation continue et sur le développement des compétences. Être conseiller ou conseillère volontaire, c’est appuyer le développement de compétences auprès d’individus afin de favoriser, au final, le renforcement de capacités organisationnelles. Peu importe le domaine dans lequel vous œuvrez, votre mandat présentera diverses facettes : animation, formation, mentorat, appui-conseil et soutien technique. En fait, chez SUCO, on aime dire qu’un bon ou une bonne volontaire travaille à perdre son emploi! Pourquoi? Parce que notre approche vise l’autonomisation de nos partenaires et des populations.

Ne manquez aucune occasion

Abonnez-vous à notre alerte-emploi et suivez-nous sur Linkedin, Twitter et Facebook.

Nous ne visitons pas votre campus, mais si vous souhaitez organiser une conférence-carrière avec nous, n’hésitez pas à écrire à Éléonore Durocher-Bergeron, agente de programme, eleonoredurocher@suco.org

Liens utiles

Brochure de stages internationaux

Programme de coopération volontaire

Programme Québec sans frontières

Blogue des volontaires


Les semences : un enjeu trop souvent oublié !

 

Lorsque l’on parle de revoir les systèmes alimentaires, on entend régulièrement parler du mode de production, des circuits de distribution qui doivent être plus courts, de la diversification des productions, mais on entend peu parler du premier maillon de ce système : les semences. Peu de choses sur cette terre sont aussi vitales que ce qui constitue notre héritage alimentaire vieux de plus de 12 000 ans; magnifique miracle de la vie que sont les semences, maillon de renaissance entre la fin d’une plante et le renouveau.

Un précieux premier maillon

En regardant le documentaire Seeds, the untold story, on est surpris, voire choqué d’apprendre qu’au cours du dernier siècle, c’est plus de 94 % des variétés de semences partout dans le monde qui ont disparu. Il s’agit-là d’un constat d’autant plus alarmant lorsque l’on sait que ce sont maintenant en majeure partie les entreprises biotechnologiques qui produisent et contrôlent le renouvellement de ce patrimoine naturel.

Au Sénégal, les changements climatiques se sont intensifiés comme partout ailleurs en Afrique subsaharienne. Les précipitations s’affaiblissent et sont de moins en moins prévisibles. Au cours des dernières années, le prix des céréales a donc baissé, ce qui a entraîné un manque de fonds pour acheter des équipements et des semences. Cette situation contribue toujours, à l’heure actuelle, à rendre le travail agricole moins intéressant, et ce, surtout pour les jeunes.

Favoriser l’accès

En Afrique de l’Ouest, 70 % de la production agricole provient des petites exploitations familiales. Et pourtant, malgré la force du nombre, ce sont les hommes et les femmes vivant de cette agriculture familiale qui ont le plus difficilement accès à des intrants semenciers de qualité et surtout non modifiés. Au Sénégal, la Centrale d’achat de Touba Toul, ancien partenaire de SUCO, s’est mobilisée afin de solutionner l’incapacité financière des ruraux à accéder à un stock suffisant de semences de qualité. Des paysans et des paysannes se sont regroupés afin de créer une association qui achète en gros les semences fournies par l’État, elle les redistribue par la suite sous forme de prêt. Ainsi, les paysans et les paysannes ne sont pas obligés de payer l’entièreté de l’achat. Après les récoltes, lorsqu’ils et elles auront pu vendre leurs productions, le remboursement s’effectuera. La Centrale a à cœur d’organiser une distribution à échelle humaine. Anta Babou, membre de la Centrale d’achat de Touba Toul et présidente de son propre groupement d’intérêt économique m’explique dans ses mots :

« Les semences, c’est important de les garder, parce que c’est bon pour nous, paysans et paysannes. C’est nécessaire même, car souvent à cause de l’hivernage et des imprévus de la vie, on ne peut pas en produire assez soi-même. Si quelqu’un veut cultiver de l’arachide pour subvenir à ses besoins et générer un petit revenu, il aura besoin d’avoir suffisamment de grains. C’est aussi une bonne façon de faire preuve de résilience face aux changements climatiques, comme on ne sait jamais ce qui viendra ensuite, sécheresse ou autre… »

Par ailleurs, en achetant principalement de l’État, les paysans et les paysannes ne savent pas toujours d’où viennent les semences. Ces dernières ne sont donc pas nécessairement toujours adaptées au sol ou au climat de la région; un enjeu de traçabilité des cultures persiste. Et pour répondre à cet enjeu, plusieurs prônent le recours à la certification des semences.

Cultiver l’autonomie

Au Sénégal, comme dans plusieurs autres pays du monde, les paysans et les paysannes se battent afin de faire reconnaître leur droit de savoir et de gérer directement les variétés locales, en plus de dénoncer la pratique de la certification des semences. Ce modèle fortement inspiré de la législation européenne et nord-américaine entraîne des coûts faramineux, mais aussi des contraintes liées à l’exigence d’une qualité très homogène et uniforme dans les semences (ce qui va également à l’encontre des principes agroécologiques).

Quant à la pratique de l’extension des brevets à des plantes (principalement dans le secteur des organismes génétiquement modifiés (OGM)), prônée par de grandes multinationales, mais aussi certains gouvernements, elle comporte des accords contractuels stricts qui engendrent des restrictions sur l’échange de semences et les pratiques de recyclage des semences. Cela a le plus souvent pour effet de confronter les agriculteurs et les agricultrices à un choix restreint pour l’acquisition commerciale de semences. Au final, tout cela a une répercussion directe sur le droit à l’alimentation, une alimentation de qualité en quantité suffisante.

« L’agroécologie c’est plus qu’un choix. Moi je sais que c’est ce dont la terre du Sénégal a besoin. Je veux qu’on soit autonome du début à la fin de nos productions, et qu’on soit en santé grâce à ce qu’on mange et cela passe aussi par les semences », précise Ndongo Fall, coordonnateur de la Coopérative Agricole Biologique de Notto-Diobass (COPEBAN), ancien partenaire de SUCO au Sénégal.

Ici, les organisations paysannes travaillent aussi à reconstruire des droits collectifs et les systèmes semenciers ancestraux pour protéger leurs semences. Il y a de plus en plus d’initiatives porteuses, comme celles de l’organisation AGRECOL Afrique, partenaire de SUCO, qui a organisé une journée de promotion de l’agriculture biologique ayant pour thème « les semences paysannes pour une agriculture durable ». Cette journée a permis de favoriser le réseautage entre organisations de la société civile, paysans et autres acteurs croyant également à la survie du patrimoine semencier. Ces initiatives de mise en réseau sont d’autant plus importantes dans un contexte de revendication auprès des décideurs.

« AGRECOL Afrique effectue en ce moment du plaidoyer pour les semences paysannes au Sénégal, notamment parce que la législation sénégalaise reconnaît uniquement les semences certifiées. Un paysan qui commercialise des semences paysannes est passible d’une amende à l’heure actuelle! », m’écrit Milaine Bédard, ancienne conseillère volontaire en gestion des savoirs pour SUCO. Il faut savoir qu’au Sénégal, la loi relative à l’inscription des variétés stipule que « la production de semences en vue de la vente ne peut être effectuée que par des personnes (…) agréées à cet effet »; agrément difficilement accessible, mais aussi peu compatible avec la réalité paysanne.

Bref, une réalité complexe

Le défi à l’heure actuelle pour les paysans et les paysannes du Sénégal est donc de continuer à augmenter la production de leurs propres semences. Il y va de leur survie économique et de l’avenir alimentaire de la région. Mais cela n’a rien de facile!

« Souvent, en Occident, on nous renvoie une image très polarisée sur la question des semences, mais il faut prendre conscience que la réalité terrain, c’est une réalité beaucoup plus complexe. Le Sénégal est un grand territoire avec une forte densité de population, une croissance démographique importante, les impacts des changements climatiques y sont de plus en plus perceptibles. Tous ces enjeux réunis compliquent la gestion et la distribution des semences. Au final, pour arriver à améliorer l’accès des petits producteurs et des petites productrices à des semences adaptées, il faut avoir la capacité de comprendre tous ces enjeux et de s’y intéresser en synergie. C’est pour cela que SUCO travaille avec d’autres organisations pour impulser un mouvement collectif », conclut Sophie Bourdon, représentante de SUCO au Sénégal.

Des pistes d’action simples

L’enjeu des semences paysannes est tout aussi d’actualité au Canada. Si vous voulez poser un geste simple afin de prendre part au mouvement, voici des idées à la portée de tous et toutes :


Pour une gestion durable de l’eau

 

Journée mondiale de l’eau (22 mars)

 

C’est en 1993 que la Journée mondiale de l’eau a eu lieu pour la première fois. Vingt-quatre ans plus tard, l’eau est-elle une ressource mieux protégée ? Avons-nous plus conscience collectivement de son importance ? Probablement que la réponse est oui mais…

L’eau, une ressource essentielle menacée par les effets des changements climatiques

Aujourd’hui, il y a encore des millions de personnes qui n’ont pas accès à une source d’eau potable de qualité et à des installations sanitaires adéquates. De plus, on constate que les changements climatiques ont des répercussions importantes sur des populations entières. La contamination des eaux de surface et souterraines, les périodes de sécheresse prolongées et les inondations de plus en plus fréquentes ont comme effet d’affecter les cultures, de fragiliser les écosystèmes, en plus de précariser la santé de millions de personnes, de menacer la sécurité alimentaire des populations d’une dizaine de pays et de faire des victimes par milliers chaque année.

«2,6 milliards de personnes ont eu accès à des sources améliorées d’eau potable depuis 1990, mais 663 millions de personnes en sont encore privées.» (Source : Nations Unies)

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Un réservoir d’eau fabriqué avec l’appui de nos volontaires au Honduras

Les objectifs de développement durable (ODD)

L’eau est inévitablement liée aux changements climatiques, à l’agriculture, à la santé, à la sécurité alimentaire des populations et à l’équilibre des écosystèmes. Un nouvel agenda mondial a été adopté lors du Sommet des Nations Unies sur le développement durable en septembre 2015. L’eau a gagné une place plus importante et apparaît à présent comme l’un des 17 objectifs de développement durable (ODD). Ainsi, l’objectif 6 vise à «garantir l’accès à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ».

El Machete Verde, un guide de formation paysanne

Le 28 février dernier au Nicaragua, SUCO a lancé la troisième édition du Machete Verde, un guide de formation paysanne sur la gestion durable de la ferme. À travers 18 fascicules, ce guide présente diverses techniques agroécologiques adaptées aux réalités des producteurs et productrices et leur permettant de mieux s’adapter aux effets des changements climatiques. Un fascicule complet du guide est dédié à la cueillette et au bon usage de l’eau (Cosecha y buen uso del agua), parce que l’eau est une ressource essentielle pour pratiquer une agriculture durable et pour assurer la sécurité alimentaire des familles.

 

El Machete Verde

El Machete Verde

Des solutions durables

SUCO s’est résolument engagée à protéger et à favoriser une meilleure utilisation de l’eau. Par ses projets d’assainissement, d’accès à des installations sanitaires pour les familles, d’infrastructures favorisant une irrigation rationnelle et adéquate des cultures, SUCO accompagne les populations et les organisations d’Amérique centrale et du Sud, d’Haïti et d’Afrique de l’Ouest pour trouver des solutions durables aux défis que pose la gestion de cette ressource essentielle, mais aussi fragile et très limitée.


La communication: un véhicule pour le développement durable

 

Cela fait maintenant près de 5 mois que j’habite à Tegucigalpa, communément appelé Tegus par la population hondurienne, les catrachos.

Dans le cadre du programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), je travaille en tant que conseillère en production audiovisuelle au sein de La Red de Desarrollo Sostenible – Honduras (RDS-HN). La RDS-HN est une organisation non gouvernementale créée le 16 janvier 1998 qui a pour mission de promouvoir le développement durable à travers la démocratisation de l’information. Elle est spécialisée dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et celui de la production audiovisuelle et radiophonique.

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Atelier de photo

Un environnement de travail chaleureux, une équipe dynamique

Dès ma première visite, j’ai eu droit à un accueil chaleureux de la part tous les membres de RDS, une équipe dynamique et motivée. C’est une grande famille où rire, blagues, taquineries et solidarité occupent une place de choix ! À l’heure du lunch, personne n’a le droit de manger seul. C’est d’ailleurs une des politiques de l’organisation. L’anniversaire de chacun des membres de l’équipe est célébré. Les collègues sont tous invités à se réunir pour couper un gâteau. J’ai aussi redécouvert avec joie une tradition pour les anniversaires au Honduras : la estrellita (la bascule). Celle-ci consiste à tenir la personne par les bras et jambes pour ensuite la soulever dans les airs pour son anniversaire. Toujours dans cette atmosphère de fraternité et de partage d’expériences, une petite fête est organisée pour marquer la fin du mois, souligner le début d’un nouveau et souhaiter la bienvenue à la Directrice après un voyage.

Une autre particularité à RDS est la forte présence de jeunes dont certains se sont formés seuls en production audiovisuelle. Par ailleurs, il existe une forte dynamique interactive; les échanges sont fréquents pour planifier et discuter de l’avancement du travail. De plus, les interactions lors de la production de vidéos ou de segments radiophoniques sont courantes. Ceci crée un espace intéressant d’échanges qui permet un enrichissement mutuel et souligne le fait qu’il s’agit d’un travail d’équipe. « Expresa y construye comunidad » (Exprimez-vous et construisez la communauté), slogan de Radio-RDS, pourrait également être appliqué au fonctionnement de RDS dans son ensemble.

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Un engagement continu dans la promotion du développement durable

Durant les 3 premiers mois de mon stage, j’ai participé à la post-production d’un court-métrage de fiction qui traite du droit des enfants à l’éducation et au loisir. Celui-ci a été soumis à un concours organisé par un des journaux locaux, El Heraldo. Cela a été une expérience intense et intéressante, un véritable travail d’équipe.

La formation et le renforcement de capacités constituent deux axes importants de travail à RDS. Un atelier de photographie de base a donc été réalisé et les participants, pour la plupart, étaient des membres de RDS ou d’organisations partenaires. L’accent tout au long de la formation a été mis sur la manière dont la photographie, notamment la photographie documentaire, peut être un outil pouvant contribuer au développement durable. Une sortie prévue dans le cadre cet atelier a permis de mettre en application les différentes notions apprises. Santa-Lucia, une petite ville située à environ 30 minutes de Tegucigalpa a été le lieu retenu.

Je suis tombée sous le charme cette petite ville montagneuse, calme, à l’allure coloniale avec ses petites ruelles, ses cafés, ses parcs et sa « laguna ». Une ville bien différente de Tegucigalpa où les préoccupations par rapport à la sécurité et l’embouteillage font partie du quotidien. On peut marcher tranquillement à Santa-Lucia ; le climat y est frais et agréable. J’ai vraiment apprécié – tout comme les participants – ce petit « paseo » qui m’a permis de continuer ma découverte du Honduras. Cela a aussi été un espace d’interactions, d’échanges. J’ai pu répondre aux questions posées, clarifier des doutes en lien avec des notions abordées la veille.

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L’équipe de RDS

Le premier Colloque sur la Recherche et la Production cinématographique de l’Amérique centrale organisé par le Centre d’Art et de la Culture (CAC-UNAH) et l’Association de cinéastes honduriens « Linterna Mágica » auquel j’ai assisté en compagnie de trois membres de RDS m’a permis de découvrir d’autres aspects de la culture cinématographique latine. L’histoire du cinéma d’Amérique centrale ainsi que la réalité de la production cinématographique dans la région m’étaient jusqu’alors méconnues. En travaillant sur les archives vidéo de RDS, j’ai aussi découvert l’ampleur, la diversité et la qualité de leur production audiovisuelle. Les thèmes abordés sont généralement en lien avec des problématiques de développement durable comme l’accès à l’eau, la biodiversité, etc.

Côtoyer des professionnels expérimentés, échanger avec eux lors de la préparation de l’atelier ou la réalisation de montage vidéo a été particulièrement enrichissant. J’ai aussi pu voir comment le cinéma de fiction peut, par son engagement, être un véhicule de sensibilisation et de promotion du développement durable. À mi-parcours de mon stage, je sens que cette expérience a contribué positivement à mon développement sur le plan personnel et professionnel. Les activités à venir me permettront d’explorer d’autres champs, de faire d’autres découvertes et, aussi de continuer à apporter ma contribution au sein de l’équipe de RDS.

Par Nitsé Mathelier, conseillère en audiovisuel (stages PSIJ), Honduras

Le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.