Sept semaines pour changer le monde

 

UNE ÉTOILE FILANTE VISIBLE DE L’ARTIBONITE

Quand Odette Isabel est venue prêter main-forte comme volontaire de SUCO à l’organisation haïtienne Solidarite Fanm Ayisyèn (SOFA), à sa Ferme-école de St-Michel-de-l’Attalaye, elle ne se doutait pas qu’elle allait laisser des traces aussi visibles de son passage éclair dans l’Artibonite.

En sept semaines à peine, cette bachelière en géographie-pédagogie a su tirer profit de ses compétences en commercialisation et en encadrement. Elle les a mises au service du projet phare de cette organisation féministe populaire à caractère revendicatif, visant la promotion et la défense des droits des femmes.

« Mon mandat en commercialisation a consisté à développer des modules de formation auprès de six agronomes sans spécialisation formelle en entrepreneuriat. Pour assurer l’attestation d’études délivrée par l’Institut national de formation professionnelle (INFP), il fallait que ces agronomes puissent dispenser un module sur la commercialisation à la Ferme-école. Une fois formés, ils ont pu à leur tour former une première cohorte de personnes diplômées (55 femmes, 6 hommes) à la fin juillet 2017. Les 2e et 3e cohortes sont elles-mêmes attendues cet automne, dont au moins un groupe à Saint-Michel de l’Attalaye, un autre à Lalomas ainsi qu’à Bas-de-Sault », a expliqué la dynamique volontaire.

Le projet de Ferme-école, prévu initialement pour deux ans, devrait bientôt produire des légumes et des fruits, à petite échelle, et générer du compost biologique dans une zone où les pluies sont parfois très rares. Le fait que l’entrée d’eau soit située à plusieurs mètres du lieu de production pose problème. « Il faudra le régler », constate Odette Isabel.

 

Une Ferme-école féministe

Traditionnellement, en milieu rural haïtien, tout ce qui touche aux cultures de rente, c’est-à-dire aux cultures vouées à la commercialisation, comme la canne à sucre ou le manioc, est réservé aux hommes. Ce sont des produits de la terre qu’on peut écouler facilement sur les marchés.

D’où l’importance, selon Odette Isabel, de donner des outils aux agricultrices pour qu’elles obtiennent des rendements leur permettant d’exporter leurs produits à l’extérieur de la zone locale où elles sont confinées. « Il faut, dit-elle, faire avancer les femmes dans leur autonomie financière. »

La Ferme-école est située dans une zone enclavée, loin de tout lieu d’irrigation et des centres de commerce où doit s’écouler la production, ce qui vient compliquer les travaux de production et de commercialisation.

Mais qu’a-t-on vraiment le temps d’accomplir en seulement deux mois comme volontaire chez SUCO? « Tout est dans la définition du mandat qui vous est confié et dans votre sens de l’initiative et de la débrouillardise », réplique Odette Isabel.

De plus, celle-ci a donné une formation sur la préparation des denrées à sécher, l’objectif étant de proposer une autre stratégie destinée à améliorer la sécurité alimentaire des ménages.

Plus d’un tour dans son sac de volontaire

Odette, qui avait auparavant réalisé deux mandats en Haïti et assimilé ainsi les rudiments du créole haïtien, s’est vite sentie en terrain connu avec cette langue parlée par la totalité des travailleurs paysans. Ce désir de s’intégrer totalement à son milieu de travail lui a d’ailleurs valu d’être fort appréciée par les élèves et les professeurs de la Ferme-école.

 

« Au départ, je devais m’en tenir à former des professeurs dans la transmission de connaissances techniques sous forme d’ateliers, en tentant de résoudre des problèmes concrets de commercialisation. Mais j’ai vite compris que mon mandat serait à la mesure de ce que j’étais disposée à y investir en matière de temps et d’expérience », explique la formatrice de SUCO.

Avant d’arriver en Haïti, Odette avait œuvré dans d’autres pays en développement, dont cinq ans dans l’extrême-nord camerounais (culture maraîchère des tomates) et au Sénégal (gestion des déchets et recyclage de bidons de plastique).

« Le succès d’un mandat dépend surtout de sa clarté, à laquelle il faut ajouter une bonne connaissance du milieu et le flair nécessaire pour saisir les occasions. Dans mon cas, j’ai simplement étendu mon mandat aux transformateurs de la Ferme-école, sans me limiter aux seuls professeurs à former », souligne Odette Isabel, la mine un peu triste à l’idée de quitter les occupants de la maison familiale où elle a habité pendant sa mission en Haïti.

Un projet de Ferme-école qui fait recette

Le projet de Ferme-école connaît un succès tel que lors de son inauguration, le 22 janvier 2017, bon nombre de dignitaires et de représentants communaux s’y sont donné rendez-vous, histoire de bien faire sentir leur appréciation de l’apport de la volontaire de SUCO dans la réussite du projet.
Devant l’originalité du projet de Ferme-école, une initiative d’ONU Femmes, SUCO a décidé de le proposer comme événement phare d’une activité-bénéfice baptisée « Au goût du monde, d’Haïti à votre assiette », qui doit avoir lieu cet automne, à Montréal. Les profits de l’événement serviront à pérenniser les activités de la ferme lorsqu’elle reviendra dans les mains de SOFA, après le départ prévu d’ONU Femmes.

Une moisson d’éloges

« Odette, qui est arrivée ici le 4 juillet 2017, s’est immédiatement intégrée à sa nouvelle communauté et à son milieu rural. J’ai d’abord été étonnée de la voir parler créole. Ensuite, je l’ai vue échanger avec notre agronome dans un sens de partage de connaissances, en particulier sur les modèles d’entrepreneuriat agricole. Odette nous a permis d’axer les activités de la Ferme-école sur des pratiques de commercialisation, non seulement avec les professeurs, comme prévu au départ, mais aussi avec les apprenantes et nos partenaires », témoigne Margaret Bien-Aimé, coordonnatrice de SOFA.

Quant à l’ingénieur agricole attitré à la Ferme-école, Giovanni Bien-Aimé, il estime que le travail de la volontaire de SUCO a été accompli avec dextérité. « Odette a même mis en œuvre des projets positifs à l’extérieur de son mandat. Et SUCO, qui l’a encouragée à aller plus loin, a ainsi donné un bon coup de pouce au projet de Ferme-école. »

À terme, ce projet devrait permettre à 240 femmes de suivre ce programme dans le cadre de 11 modules de formation répartis sur 48 jours de formation. Parmi les modules enseignés, soulignons les techniques de sécurité, le compostage, la préparation des semences, les techniques de multiplication des plantes et la gestion agricole.

Le mot de la « faim »

« Comme les activités de la Ferme-école vont s’étendre à d’autres villages, cela entraînera des retombées économiques ailleurs que dans la seule localité où se trouve l’établissement. Ce sera la version 2.0 améliorée du projet », prévoit Odette Isabel, qui retient une larme avant de dire au revoir à son petit monde de Saint-Michel de l’Attalaye.

Et dans un créole imagé où on détecte un brin de nostalgie et beaucoup d’amour, Odette Isabel improvise un dernier message: « Mèsi anpil à tout’ moun, tout’zami, tout’apprenantes. C’est bon bagay.»

Tel un météore qui aurait survolé ce territoire de cinq acres, situé à 400 mètres d’altitude dans l’Artibonite, Odette Isabel, une volontaire hors du commun, en très peu de temps, a su laisser sa marque sur l’une des zones agricoles les plus importantes du pays.

Par Roger Clavet, conseiller en communication en Haïti 

 

 


Ouragan Irma : SUCO prête à répondre aux besoins des populations

 

Communiqué Pour diffusion immédiate

Montréal, le 7 septembre 2017 – Fortes de l’expérience apprise lors du passage dévastateur de l’ouragan Matthew, les équipes de SUCO sont prêtes à poursuivre leur travail d’accompagnement des populations pour relancer l’agriculture et assurer l’accès aux aliments après le passage appréhendé d’Irma, plus puissant ouragan jamais observé dans l’océan Atlantique.

Les volontaires et les partenaires locaux de l’organisation canadienne de coopération internationale SUCO ont reçu des consignes de sécurité devant l’arrivée imminente de l’ouragan Irma, de force 5, qui touchera surtout le nord du pays.

Les leçons apprises de l’ouragan Matthew 

Avec l’étendue des dégâts survenus en 2016 dans le sud d’Haïti, il fallait vite rétablir les terres agricoles endommagées, livrer des semences, restaurer l’irrigation et les jardins maraîchers. SUCO avait reçu un financement du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec et des dons du public qui lui ont permis d’assurer la sécurité alimentaire des familles de la commune de Marigot en plus de fournir des aliments à la population environnante grâce à la vente des excédents de production sur les marchés locaux.

« D’autres organisations s’occupent de distribuer l’eau et les vivres dans les premiers jours. Mais l’expertise de SUCO, c’est la relance agricole. Après Matthew, dès que les conditions l’ont permis, les populations se sont mobilisées et ont fait un constat des dégâts. Elles ont contacté SUCO, ce qui nous a permis, cinq jours plus tard, de mettre en place des actions pour relancer l’agriculture », souligne Michel Sanfaçon, chargé de programme Haïti pour SUCO.

 

En plus, à travers un programme de formation et de sensibilisation à de saines habitudes alimentaires, SUCO a contribué à une meilleure alimentation et hygiène de la population. « Avec le contenu et les outils d’animation d’un guide alimentaire produit par SUCO en collaboration avec le ministère de la Santé publique et de la Population en Haïti, des activités de sensibilisation à l’hygiène de base et la nutrition ont été réalisées et ont permis de diminuer les risques de propagation du choléra dans la commune de Marigot », ajoute Michel Sanfaçon, chargé de programme Haïti pour SUCO.

 

SUCO est une organisation canadienne de coopération internationale fondée en 1961. SUCO travaille avec des communautés rurales en Haïti depuis 2001 pour appuyer la production agricole, la transformation de matières premières et la commercialisation des produits alimentaires dans le but de rendre les populations autonomes et d’assurer la sécurité alimentaire. Ses outils, méthodes et stratégies d’intervention ont comme objectif de mobiliser les membres des associations paysannes partenaires autour d’actions concertées pour le développement et le renforcement de leurs capacités d’agir et d’améliorer leurs conditions de vie.

 

Les zones d’intervention de SUCO en Haïti couvrent le département de l’Artibonite, le département du Sud-Est, le département du Sud et le département de l’Ouest.

 

Renseignements :
Mélissa Cabana
Chargée des relations externes
SUCO
Tél. : 514 272-3019 poste 225
Cell. : 514 349-4297
melissacabana@suco.org

 

 


Un appui d’une extrême importance pour éviter une crise alimentaire en Haïti

 

SUCO reçoit l’appui financier du ministère des
Relations internationales et de la Francophonie du Québec

Avec l’appui financier du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, SUCO pourra assurer la sécurité alimentaire de 3 000 personnes, c’est-à-dire 600 familles vivant dans le sud-est du pays. Ces actions consisteront à réhabiliter les structures de protection des sols, les routes agricoles et les jardins maraîchers afin d’assurer l’accès à des aliments de qualité et en quantité suffisante aux populations touchées.

Sauver la saison agricole en cours pour éviter une grave crise alimentaire

L’ouragan Matthew, le plus puissant à avoir frappé les Caraïbes dans les dix dernières années, a touché très durement l’agriculture dans le sud d’Haïti, l’un des pays les plus vulnérables sur le plan de l’insécurité alimentaire. Il est donc urgent d’intervenir pour sauver la saison agricole en cours. Attendre la prochaine saison en mars 2017 pour restaurer l’agriculture risque d’engendrer une pénurie d’aliments, de provoquer une grave crise alimentaire et d’accroître la dépendance des populations à l’aide extérieure.

Mobiliser les communautés pour assurer la sécurité alimentaire

Les équipes terrain de SUCO et son partenaire local Cercle Divers ont les capacités de mobiliser les équipes de professionnels et les membres des associations paysannes des sections communales, déjà appuyées, autour d’actions pour restaurer l’agriculture.

Le projet permettra d’assurer la sécurité alimentaire des familles de la commune de Marigot en plus de fournir des aliments à la population environnante via la vente des excédents de production sur les marchés locaux.

Les liens essentiels et nécessaires entre l’agriculture et l’alimentation se feront à travers un programme de formation et de sensibilisation à de saines habitudes alimentaires.

« Avec le contenu et les outils d’animation d’un guide alimentaire que SUCO a produit en collaboration avec le ministère de la Santé publique et de la Population en Haïti, des activités de sensibilisation à l’hygiène de base et la nutrition seront réalisées et permettront de diminuer les risques de propagation du choléra dans la commune de Marigot », souligne Michel Sanfaçon, chargé de programme Haïti pour SUCO.

SUCO travaille avec des communautés rurales en Haïti depuis 2001 pour appuyer la production agricole, la transformation de matières premières et la commercialisation des produits alimentaires.

Il reste toutefois encore beaucoup de travail à faire et les dons du public sont toujours utiles pour aider encore plus de familles.


À propos de :

SUCO est un organisme canadien de coopération internationales fondé en 1961, qui a pour mission d’améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales dans les pays en développement. Elle rassemble des personnes pour mettre en commun des savoirs et des ressources en vue de renforcer leur capacité d’action et celle de leur collectivité.

Renseignements :
Mélissa Cabana, chargée des relations externes, SUCO
Tél. : 514 272-3019 poste 225 / Cell. : 514-349-4297 / Courriel : melissacabana@suco.org


Ouragan Matthew : sauvons la saison agricole en cours !

 

Évitons une grave crise alimentaire en Haïti

L’ouragan Matthew, le plus puissant à avoir frappé les Caraïbes en près de dix ans, a touché très durement le sud d’Haïti, l’un des pays les plus vulnérables sur le plan de l’insécurité alimentaire. Cet ouragan a causé d’énormes dégâts, notamment sur l’agriculture.

Il est urgent d’intervenir pour sauver la saison agricole en cours. Attendre la prochaine saison en mars 2017 pour restaurer l’agriculture risque d’engendrer une pénurie d’aliments et de provoquer une grave crise alimentaire.

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Dans le Sud-Est, les jardins maraîchers des familles de la commune de Marigot sont très endommagés et les récoltes perdues. Dans les prochaines semaines, il faudra :

  • rétablir les terres agricoles endommagées;
  • nettoyer et/ou restaurer les infrastructures d’irrigation au besoin;
  • assurer la livraison et le remplacement des semences après évaluation;
  • appuyer la production agricole locale, restaurer les jardins maraîchers pour assurer aux populations touchées l’accès à des aliments de qualité en quantité suffisante.

Nos équipes terrain et notre partenaire local Cercle Divers ont les capacités de mobiliser les équipes de professionnels et les 1 500 personnes des trois communautés rurales appuyées par nos projets autour d’actions concertées pour restaurer l’agriculture fortement affectée. Nous étendrons nos actions avec trois associations avoisinantes, représentant 2 000 personnes, avec lesquelles nous avons travaillé précédemment. Grâce à notre expertise et à votre générosité, nous pouvons éviter que 69 000 habitants de la commune de Marigot se retrouvent en pénurie d’aliments nutritifs.

Nous désirons nous engager dans ces actions le plus rapidement possible, mais avons besoin de ressources financières pour le faire. C’est pourquoi votre contribution est cruciale pour sauver la saison agricole en cours et assurer la sécurité alimentaire des communautés haïtiennes avec lesquelles nous travaillerons, pour les mois à venir.

 

SUCO travaille avec des communautés rurales en Haïti depuis 2001 pour appuyer la production agricole, la transformation de matières premières et la commercialisation des produits alimentaires.

 


Six ans après le séisme en Haïti

 

Triste anniversaire

Le 12 janvier 2010, un puissant tremblement de terre a secoué Port-au- Prince en Haïti. En plus d’avoir été extrêmement meurtrière et destructrice, la catastrophe a fait trois millions de sinistrés et provoqué un déplacement massif de populations. Selon le gouvernement haïtien, au lendemain du tremblement de terre, 500 000 personnes avaient quitté l’aire métropolitaine pour un autre département, dont le Sud-est, région d’intervention principale de SUCO. Ce déplacement de population a eu entre autres pour effet d’accroître la demande alimentaire au niveau des différentes régions du pays.

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Une insécurité alimentaire grandissante

À l’automne 2012, deux tempêtes tropicales s’abattaient coup sur coup sur les côtes du Sud-est. Ce sont plus de 11 000 hectares de terres qui ont été affectées et sur cette superficie, 90 % des plantations ont été détruites et 15 % du cheptel de bétail a été emporté par les eaux. En conséquence de cette diminution de la production agricole, les populations de la région se sont retrouvées dans une situation d’insécurité alimentaire grandissante.

À l’écoute des besoins de la population

C’est alors que, fidèle à sa mission et à l’écoute des besoins de la population, SUCO a entrepris, en partenariat avec les membres de 12 associations paysannes de la commune de Marigot, un vaste projet visant à augmenter la production et la consommation d’aliments nutritifs. À terme, le projet aura permis à 585 producteurs et productrices de cultiver des aliments variés en quantité suffisante tout au long de l’année, et à 288 femmes de renforcer leurs connaissances et capacités en matière de saine alimentation. C’est toute la population de Marigot qui a accès à des produits agricoles de qualité, contribuant ainsi à diminuer les risques de crise alimentaire dans la région.

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Pour en savoir plus sur les actions de SUCO en Haïti, consultez notre page pays.