Journée internationale des coopératives

 

 

Marina Isabel Rugama, membre de la coopérative 10 de mayo au Nicaragua.

 

La Journée internationale des coopératives est une célébration annuelle du mouvement coopératif qui a lieu le premier samedi de juillet depuis 1923.

Divers types de coopératives ont vu le jour au cours des décennies, ici au Québec et dans le monde. Au Québec, on peut penser aux coopératives d’habitation, toujours bien présentes, et aux coopératives alimentaire, de travail, de production, agricole, d’épargne et crédit (pensons au Mouvement Desjardins).

SUCO accompagne les populations et les associations à mettre en place le modèle associatif qui leur convient le mieux, les coopératives en font partie, pour se donner les conditions nécessaires à l’essor économique de leur communauté. 

Au Pérou à travers le projet FORMAGRO, nous travaillons en étroite collaboration avec deux partenaires locaux, ALLPA et IDMA, pour favoriser l’émergence de coopératives de production, particulièrement de kiwicha (terme local pour désigner ce que l’on connait ici comme l’amarante) et quinoa.

SUCO appuie le mouvement coopératif au Nicaragua et plus particulièrement les coopératives d’épargne/crédit, souvent la seule opportunité pour les populations rurales d’accéder au crédit, les banques et autres institutions privées de crédit pratiquant des taux beaucoup trop élevés et demandant des garanties inaccessibles pour les producteurs, productrices et commerçantes. 

 

Une coopérative exemplaire au cœur du Nicaragua

Une des coopératives que nous appuyons depuis 1998 est la coopérative d’épargne/crédit  10 de mayo, qui a vu le jour en 1995. C’est dire que nous accompagnons son développement depuis pratiquement ses débuts. 

La Cooperativa de ahorro y credito (CAC) 10 de mayo est donc née un 10 mai (d’où son nom), avec 302 membres, dont seulement 16 % étaient des femmes. En général, les « chefs de famille » devenaient membres et il n’y avait pas un travail de sensibilisation pour accueillir les femmes. Mais l’évolution de la société et celle de la coopérative ayant fait son œuvre, à ce jour la coopérative regroupe 868 membres dont 44% sont des femmes.  La coopérative opère dans plus de 11 municipalités regroupant 45 villages de deux départements du nord du pays, Madriz et Esteli. 

Leur capital au départ était d’environ 145,000$. Maintenant, les membres possèdent collectivement un portefeuille d’épargne de près de 300,000$, en plus de 750,000$      disponible pour le crédit. Cela démontre qu’elle a su gagner la confiance tant de ses membres que des bailleurs de fonds qui lui confie des fonds. La coopérative offre des services divers à ses membres en plus des services financiers habituels, ce qui la distingue des autres coopératives d’épargne/crédit. Par exemple, elle commercialise directement des céréales de base et du café qu’elle se procure à un prix juste pour les producteurs et productrices, appuie la mise sur pied de magasins ruraux, offre des services de formation et assistance technique, réalise des diagnostics et plans de fermes, certifie et vend des semences locales à meilleur prix, etc.

 

Des actions pour l’égalité entre les femmes et les hommes

Depuis le début des années 2000, la coopérative a débuté une réflexion sur les enjeux d’égalité entre les femmes et les hommes et les obstacles à leur pleine et entière participation à la vie de la coopérative. Toutes ces réflexions se sont soldées par trois grandes actions :  

  • l’élaboration (avec l’appui de SUCO) d’une politique institutionnelle en égalité entre les femmes et les hommes (2012) ; 
  • la promotion soutenue de leur incorporation comme membres à part entière de la coopérative et favoriser leur présence au sein du conseil d’administration (44% des membres sont des femmes et le CA est composé de 40% de femmes) ;
  • l’ajustement de leur politique de crédit (également avec l’accompagnement de SUCO) pour rendre plus accessibles les prêts aux femmes (elles reçoivent actuellement 34% de la valeur du portefeuille de crédit, ce qui n’est pas encore la parité mais s’en approche).

Nous ne pouvons que rappeler en cette journée des coopératives quelques unes des valeurs qui la guident: La responsabilité, l’engagement, la transparence, l’égalité et l’équité, la solidarité.

Saluons le travail exemplaire de ces coopératives qui font de notre monde un monde plus juste, viable et solidaire et surtout souhaitons leur longue vie. 

 

De gauche à droite : Hilda Olivas, Armando José Canizales et Nerys Rodriguez de la coopérative 10 de mayo.

 

 

Crédit photos : CC-LAB


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: lindagagnon@suco.org


La complexité de la pandémie en Amérique latine et Caraïbes

 

 

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS)  a déclaré le 8 juin dernier que la situation de la pandémie en Amérique du sud et centrale est la plus complexe au monde. De plus, l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS, branche régionale de l’OMS) se préoccupe d’une résurgence des cas en juillet avec l’arrivée de la période hivernale et de la saison des pluies, période propice aux infections diverses et aux insectes vecteurs de malaria, zika, et du dengue.  L’aplatissement de la courbe, qui donne l’espoir d’une baisse de la contagion, n’a malheureusement pas encore eu lieu dans un grand nombre de pays de la région et la transmission communautaire prend de l’ampleur. 

Quelques éléments expliquent la situation catastrophique de certains pays :  la pauvreté généralisée; la précarité des systèmes de santé; l’économie informelle et finalement le leadership controversé de certains dirigeants.

L’Amérique centrale, des contrastes et des similitudes

Au Honduras, où l’état d’urgence sanitaire a été déclaré dès le 13 mars, on a interdit tout déplacement pour une période initiale de trois semaines. Au début avril, les commerces essentiels ont reçu l’autorisation d’ouvrir, mais la population ne peut s’y approvisionner qu’une fois tous les 15 jours (des jours sont assignés selon le numéro de la carte d’identité des personnes) et seulement du lundi au vendredi; le contrôle est très strict et bien souvent réalisé par l’armée. Les samedis et dimanches tous les déplacements sont formellement interdits et un couvre-feu de 20h00 à 5h00 est en vigueur et ce jusqu’en août.

Le 8 juin dernier, après plus de trois mois de confinement, on autorisait l’ouverture de certains autres commerces, mais toujours en limitant l’accès une fois aux 15 jours. 

En date du 13 juin, 8 455 personnes ont été déclarés positives à la COVID-19 avec un total de 310 décès. Le gouvernement informe régulièrement la population de tous les cas, recense et rend public par communiqué de presse la liste des personnes testés positives, les personnes hospitalisées et celles rétablies, incluant des donnés comme l’âge, le sexe et le département de résidence.

De son côté, le Nicaragua se trouve au cœur de la tempête et le leadership du gouvernement est extrêmement controversé et décrié par les pays avoisinants et les grandes organisations internationales. En effet, aucune des mesures suggérées et éprouvées n’a été mise en place dans ce pays, contrairement aux autres de la sous-région. Les frontières n’ont pas été fermées, il n’y a pas de dépistage massif, la distanciation sociale et le port du masque n’ont pas été imposés ni même fortement recommandés. Les écoles demeurent ouvertes et des grands rassemblements publics ont été encouragés tout au moins au début de la pandémie. La seule mesure prise par le gouvernement a été une campagne communautaire de dépistage et d’information faite par des promoteurs et promotrices de la santé qui sillonnent le pays de maison en maison pour informer des symptômes de la maladie. 

De plus le gouvernement a, selon la société civile et les médecins et l’OPS, observé une certaine opacité dans le rapportage des cas et a probablement grandement minimisé ceux-ci.  En l’absence de normes édictées par le gouvernement, bon nombre d’entreprises, incluant les ONGs, ont adoptés leurs propres mesures : elles ont fermé leur porte et dans les cas où cela était possible elles ont adopté le télétravail; les commerces ont installé des postes de désinfection des mains et de prise de température; et la population a limité ses déplacements et adopté le port du masque. Des campagnes privées de publicité « Quédate en casa » (Reste à la maison) ont été créées et diffusées.

Officiellement, sur une population de 6,4 millions, il y a actuellement 1 464 cas et 55 décès. Cependant, un observatoire indépendant regroupant des médecins et autres professionnels de la santé et des services sociaux rapporte qu’il y aurait plutôt 1 114 décès liés à la COVID-19 et plus de 5,000 cas

Au Sud rien ne va

Au Pérou l’urgence sanitaire a été décrétée dès le 11 mars et des mesures très strictes ont alors été prises : fermeture des frontières, restrictions de déplacements, couvre-feu de 20h00 à 6h00, confinement de la population, port du masque dans les commerces essentiels, et distanciation sociale de 2 mètres. Une conférence de presse journalière et télédiffusée du président de la République a été instaurée et quelques mesures d’aide financière ont été mises en place pour les familles les plus vulnérables. Malgré toutes ces mesures,  le Pérou est depuis quelques jours le 8ième pays le plus touché dans le monde et le 3ième des Amériques avec plus de 6 688 décès et près de 230 000 personnes infectées. Il faut signaler que le Pérou est l’un des pays qui réalise le plus de tests de dépistage sur le continent. Le pays est toujours en confinement même si un assouplissement a lieu dans certaines régions moins touchées.

Haïti

En date du 11 juin, Haïti comptait  un total de 3 796 personnes infectées et 58 décès. Avec la propagation de la pandémie et l’augmentation des personnes infectées au quotidien, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence jusqu’à la fin juillet, en adoptant un certain nombre de mesures sans pour autant imposer le confinement total. En effet, les écoles, universités, églises et entreprises d’envergure sont fermées. Les institutions publiques fonctionnent avec 50% de leur personnel. Le confinement de la population est fort complexe dans un pays dominé par l’économie informelle, et l’on oublie rapidement les consignes de distanciation physique dans les marchés publics bondés.  

Plusieurs campagnes de sensibilisation ont lieu dans le pays, dans le but d’inciter les personnes craignant d’être contaminées à se rendre dans un centre hospitalier dès que possible, puisque la désinformation pousse les gens à se présenter trop tard à l’hôpital pour que le personnel puisse réellement les traiter. De plus, Haïti demeure le centre de constantes manifestations publiques et de violences. Une crise socio-politique sévit en effet dans le pays depuis 2019, la population fait entendre sa grogne contre la corruption et les actions (ou inactions) du gouvernement intérimaire en place. L’arrivée de la pandémie a rendu la situation encore plus complexe. 

Des effets semblables malgré les différences

Les systèmes de santé publics, en manque d’équipements, de matériel et de personnel soignant, ne peuvent faire face à la pandémie ce qui n’a fait qu’exacerber une situation préexistante et mettre en lumière leur inefficacité face à une crise de cette ampleur et ce, malgré tout le travail et le dévouement du personnel médical. Les familles se retrouvent bien souvent à devoir recourir, si elles peuvent se le permettre, à des systèmes parallèles privés.

Le recours à l’économie informelle est la source principale de revenus pour une grande partie de la population alors au risque de leur santé, d’être arrêtées pour ne pas respecter les consignes, ou même de transmettre la maladie, ces travailleurs et travailleuses se rendent tout de même à leur lieu de travail (kiosques de rue, chantiers de construction, maisons privées, etc.). Comment l’interdire quand plus de 50% de la population de ces pays ont cette seule alternative pour survivre?

Les travailleurs et travailleuses de l’économie informelle, se retrouvent en situation des plus précaire. Plusieurs des activités qu’ils et elles réalisent ont été brusquement interrompues. La majorité de ces activités sont réalisées par les femmes, soit le gardiennage d’enfants, l’aide domestique, la vente dans la rue de nourriture et de produits divers, alors en plus de la perte de revenus, essentiels à la survie de la famille, ils et elles ne disposent d’aucune assurance santé et de filet social. 

Un autre des effets catastrophiques de la pandémie et des mesures mises en place est l’approvisionnement en aliments. En effet, dans plusieurs pays, la limitation des sorties et l’arrêt des transports publics et privés depuis le début de la crise ont grandement contribué à rendre l’approvisionnement très difficile, surtout dans les villes. 

Une crise alimentaire est à prévoir à plus ou moins court terme car, en plus de la fermeture des marchés, plusieurs producteurs et productrices agricoles peinent à trouver les semences nécessaires pour débuter la saison agricole.

Il n’existe pas de données officielles fiables sur l’augmentation des cas de violence envers les femmes dans les pays des Amériques jusqu’à maintenant, mais l’ONU reste très préoccupée par la situation des violences envers les femmes en ces temps de pandémie; on ne peut exclure que la situation des femmes soit encore plus préoccupante qu’elle ne l’est en temps « normal ».

Depuis la mi-mai les différentes organisations liées au Nations Unies, Unesco, FAO, OMS, etc. ont fait part de leur préoccupation de la situation des populations autochtones et appellent les États à prendre des mesures particulières pour assurer leur sécurité alimentaire et sanitaire. Les populations autochtones sont parmi les plus vulnérables face à cette pandémie, elles vivent bien souvent isolées et sans services de santé adéquats, et comptent parmi les plus pauvres.

Nous agissons de concert avec nos partenaires terrain

Malgré que nous ne puissions pour le moment être présents physiquement dans nos pays d’intervention nous continuons le travail de soutien à nos partenaires sur le terrain à distance. Ceux-ci ont dû adapter leurs méthodes de travail, dans certains pays des visites sont organisées en mettant en place des mesures de protection tant pour les travailleurs et travailleuses que pour les populations, formation en groupes restreints, distanciation sociale et port du masque. Au Pérou par exemple, les jeunes producteurs et productrices, à défaut de compter sur les marchés habituels, ont commencé la livraison de paniers bios avec leur production et celle des familles avoisinantes, leur assurant ainsi des débouchés et des revenus essentiels. En Haïti, au Honduras et au Nicaragua, avec l’arrivée de la saison des pluies et donc agricole, nous devons redoubler d’efforts pour appuyer les populations à réaliser une saison agricole qui assurera l’alimentation des familles et l’approvisionnement des marchés.

Les femmes, les hommes et les jeunes des Amériques ont besoin de notre soutien, et de notre solidarité et nous déployons tous nos efforts pour rester à leurs côtés.

 

Crédit photo: CC-LAB

 


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: lindagagnon@suco.org


L’impact de la pandémie sur les femmes (partie 3 de 3)

 

Partie 3 : Les femmes et les hommes égaux face à la pandémie?

Début avril, les membres des conseils consultatifs du G7 pour l’égalité entre les femmes et les hommes, dont la lauréate du prix Nobel Malala Yousafzai, ont publié une lettre demandant aux dirigeants mondiaux d’agir pour empêcher la dégradation de l’égalité et le recul des droits des femmes dans le monde.

Égalité économique : ni hier, et encore moins aujourd’hui?

L’écart de revenus entre les femmes et les hommes est bien documenté au Canada et dans le monde. Les femmes se retrouvent le plus souvent dans les emplois moins bien payés, dans le commerce, les services et dans le secteur informel. Le plus souvent, elles y sont à temps partiel pour assumer des responsabilités familiales. Au Québec, les mères représentent 75% des parents responsables de familles monoparentales. Alors en ces temps de pandémie, elles se retrouvent plus souvent sans emploi, en charge de la famille, devant recourir aux banques alimentaires pour se nourrir. Bien souvent, elles sont confinées dans de petits appartements. Et cette situation peut être facilement extrapolée pour toutes les femmes du monde à quelques différences près.

Répondre aux besoins essentiels

Plusieurs autres activités essentielles au maintien en santé de la famille sont bien souvent exclusivement à la charge des femmes. On peut penser à l’approvisionnement en eau, en nourriture, au soin des enfants et des jeunes qui ne peuvent plus assister à l’école, des parents âgés, des personnes malades. Souvent, ces activités s’ajoutent à leur travail, qu’il soit formel ou informel.

Les règles d’hygiène et de prévention de la maladie exigent un approvisionnement régulier et important en eau, mais dans une grande majorité des pays en développement cet accès est limité. La charge de travail pour les femmes est donc  multipliée par deux, trois et même plus car elles doivent se rendre plus souvent à la source d’eau, souvent au prix de longues heures de route. 

L’approvisionnement en nourriture est aussi plus difficile et prend plus de temps : pénurie de certaines denrées, longue file d’attente, retour à la maison avec des charges importantes. Et puis il faut préparer les repas. Encore aujourd’hui dans la grande majorité des pays (et ici aussi au Québec), cette charge revient aux femmes.

Et la bien nommée charge mentale dans tout cela? 

On le reconnaît de plus en plus, ce sont les femmes qui l’assument en grande partie. Elles planifient l’épicerie, les repas, les activités pour les enfants et les ados à la maison. Elles se préoccupent du sort de leurs parents âgés, tout en continuant à travailler de la maison si elles n’ont pas perdu leur emploi, ou de se rendre à leur travail considéré comme service essentiel (caissières, infirmières, médecins, préposées aux bénéficiaires ou à l’entretien, pharmaciennes…) Bref, toutes les femmes sont nos anges gardiennes. Écoutons-les, prenons des décisions avec elles, considérons leurs besoins, offrons-leur du soutien et surtout reconnaissons leur travail et leur engagement.

 


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: lindagagnon@suco.org

 


L’impact de la pandémie sur les femmes (partie 2 de 3)

 

Partie 2 : L’impact sur la santé et la vie des femmes

Confinement et violence conjugale

On a mentionné au début de la pandémie des impacts possibles du confinement sur l’augmentation du niveau de violence intrafamiliale. Au Québec et au Canada, on a incité les femmes à appeler les services de police ou SOS violence conjugale, et à se réfugier dans des maisons d’hébergement. Certaines régions, dont Rimouski, ont fait appel aux pharmacies pour aider les femmes en situation de violence et cela était nécessaire et essentiel, mais avant de dénoncer, bien souvent les femmes vont d’abord tenter de chercher de l’aide auprès de leurs proches. Les restrictions aux déplacements, bien que nécessaires,  vont probablement empêcher certaines femmes de recevoir cet appui. Elles vont donc demeurer auprès d’un conjoint violent. Les femmes, pour qui il est déjà difficile de dénoncer la violence qu’elles subissent, n’oseront peut-être pas expliquer leur situation si elles se retrouvent devant un barrage policier.

Les maisons d’hébergement, déjà souvent à pleine capacité et en manque criant de financement, doivent aussi répondre aux exigences en matière de distanciation sociale et ne pourront pas recevoir toutes les  femmes qui en auraient besoin. 

À l’international

Dans plusieurs pays malheureusement, il n’existe pas de maisons d’hébergement, et les services de police ne sont souvent pas réceptifs ou formés à offrir un soutien aux femmes victimes de violence. Les règles de confinement et de restrictions de déplacements sont très sévères (jours précis en fonction du carnet d’identité pour se déplacer, couvre-feu strict). Sans oublier le machisme ambiant, qui ne décourage pas les actes de violence envers les femmes. Les femmes victimes de violence auront encore plus de difficulté à demander de l’aide ou se réfugier chez des personnes en qui elles ont confiance.  Alors, elles n’auront  d’autre choix que de mettre leur vie et souvent celle de leurs enfants en danger.

Toutefois, certains pays ont mis en place des mesures pour que les femmes puissent demander de l’aide sans attirer l’attention du conjoint. En Espagne, les femmes peuvent demander à la pharmacie un «masque 19», code pour que la pharmacie appelle les services d’aide aux femmes victimes de violence. Des initiatives comme celles-là doivent être encouragées.

L’accès à la planification familiale 

On a très peu parlé d’un service essentiel pour des milliers de femmes, soit l’accès aux services de planification familiale et d’interruption de grossesse. On le sait, le droit à l’avortement est illégal dans un grand nombre de pays. Dans ceux où il est légal, il est continuellement remis en question. On entend de plus en plus de voix opposées à ce droit le remettre en question, entre autres,  au nom de la lutte à la pandémie. Tous les efforts sont mis sur le soin aux malades de la COVID-19 et malheureusement cette situation, en plus des règles de confinement et de déplacements, perturbe l’accès aux services de planification familiale et d’interruptions volontaires de grossesse. Et ce, particulièrement pour les femmes vivant loin des centres urbains ou des lieux offrant ces services. Cela est sans parler des pressions qui peuvent s’exercer par les conjoints. Alors, au lieu de faire des blagues sur les bébés COVID-19, posons-nous la question si ces bébés auront réellement été le choix des femmes qui les auront portés.

 

Crédit photo: Ariane Sylvain


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: lindagagnon@suco.org


L’impact de la pandémie sur les femmes (partie 1 de 3)

 

 

Et si les anges gardiens étaient plutôt des anges gardiennes? 

Depuis plus d’un mois, le Québec vit à l’ère du coronavirus tout comme plusieurs pays d’Amérique Latine et d’Afrique (plus récemment) et depuis un peu plus longtemps en Asie et en Europe. Il est encore tôt pour une analyse en profondeur des répercussions qu’aura la pandémie sur l’ensemble de la population mondiale. Cependant, dans un monde où les inégalités sont encore bien présentes entre les femmes et les hommes, on pourra sûrement conclure que les femmes seront les plus touchées.

Cependant, il semble opportun et nécessaire de commencer à réfléchir à l’impact de la pandémie sur les femmes, mais aussi sur la représentation réelle et souhaitée des femmes au cœur de la pandémie. Et cela, même si ce ne sera que dans quelques mois que nous pourrons faire une véritable analyse des répercussions sur les femmes et en tirer des leçons.

Quelle reconnaissance pour les femmes?

D’abord, allons-y clairement. Depuis le début, le discours que l’on entend est de type militaire. On parle des personnes qui sont au front, de guerre à la pandémie, de héros, d’un ennemi à combattre… Est-ce ainsi que l’on veut aborder cette crise, par l’autoritarisme et la confrontation? On entend majoritairement des hommes prendre la parole: chefs d’état, médecins, présidents de syndicats (même dans dans les secteurs à prédominance féminine), directeurs de santé publique. On entend quelques femmes, difficile de les écarter quand elles sont ministres de la santé, présidentes d’ordres professionnels, cheffes d’Etat… Mais les entendons- nous et les voyons-nous  suffisamment, alors qu’elles représentent plus de 80% du personnel œuvrant dans les secteurs de la santé, des services sociaux, de l’alimentation, de l’éducation, et qu’elles sont à la tête de plusieurs pays dans le monde?

 Alors le « front », ce sont elles qui y sont…

Peut-être que c’est parce qu’elles sont au front, et où elles sont plus à risque de contracter le virus, qu’on les entend moins. Elles sont occupées à soigner, à nourrir, à laver les personnes malades, à organiser des services d’alimentation, de garde d’enfants, de livraison aux personnes âgées confinées et dans plusieurs pays à assurer l’approvisionnement en eau et en nourriture. 

Une récente campagne québécoise d’appui aux personnes qui travaillent sans relâche jour après jour auprès de la population pour soigner les malades, prendre soin des personnes âgées et assurer les services essentiels montre les visages de ces personnes, majoritairement féminines, et se termine par ces quelques mots « Vous êtes nos anges gardiens ». Et pourquoi pas nos anges gardiennes et nos anges gardiens, pour rendre visible et reconnaître la réelle place des femmes?

Les femmes qui dirigent

Il y a quelques jours dans le magazine Forbes, un article faisait état de la réponse au COVID-19 dans certains pays dirigés par des femmes.  Il est peut être un peu tôt pour en conclure que ces femmes ont réussi à mieux gérer la pandémie, mais force est de constater qu’elles se sont démarquées jusqu’à présent par un style de gouvernance fort différent de certains hommes chefs d’états et qui aura peut-être eu pour effet de protéger une plus grande partie de leur population.

 

Note: Cet article se poursuivra dans deux prochaines publications.

 


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: lindagagnon@suco.org

 


Pour SUCO, le 8 mars c’est tous les jours!

 

 

Année après année la date du 8 mars nous rassemble, où que nous soyons, quoi que nous fassions ici au Canada ou ailleurs. Elle est bien souvent l’occasion d’une pause pour réfléchir à ce que cela signifie pour nous toutes et tous personnellement, mais aussi dans notre milieu de travail, de militance, d’étude, au sein de notre communauté.

Pour SUCO, le 8 mars c’est tous les jours…! et c’est l’engagement que nous prenons : mettre les droits et la participation des femmes au cœur de toutes nos interventions.

 

« Afin d’assurer des changements durables et profitables pour l’ensemble des membres d’une collectivité, SUCO se préoccupe du respect des droits et de la pleine participation des femmes aux décisions et aux actions qui les concernent ». (Planification stratégique de SUCO 2019-2025)

Il est malheureusement encore d’actualité de continuer la lutte pour la reconnaissance des droits des femmes et l’amélioration des rapports de pouvoirs entre les femmes et les hommes.

 

« En dépit de certains progrès, la communauté internationale s’accorde à reconnaître que la situation de la plupart des femmes et des filles dans le monde évolue extrêmement lentement. Aucun pays n’est en mesure, à ce jour, d’affirmer avoir atteint l’égalité des sexes. Les nombreux obstacles rencontrés tant sur le plan juridique que sur le plan culturel semblent immuables. Les femmes et les filles restent sous-évaluées, elles travaillent plus et gagnent moins, avec des perspectives plus limitées. Elles subissent des formes diverses de violence chez elles et dans les lieux publics. » (Communiqué d’ONUFEMMES dans le cadre de la Journée internationale des femmes, 11 décembre 2019)

 

Avec nos  partenaires d’Haiti, du Nicaragua, du Sénégal, du Burkina Faso, du Honduras, du Bénin et du Pérou, nous croyons fermement au pouvoir transformateur des femmes et des filles et travaillons activement à  la reconnaissance et valorisation de leur travail, particulièrement en milieu rural; à la mise en place de conditions propices à l’émergence et l’épanouissement du leadership des femmes et des filles; à favoriser leur autonomie économique, mais également à la transformation des rapports de genre pour atteindre un monde juste, viable et solidaire.

Ce sont les femmes qui luttent jour après jour pour améliorer leurs conditions de vie et celles de leur communauté, les rapports au sein de leur famille et de la communauté qu’elles habitent, qui nous inspirent.

 

Voici l’histoire de deux de ces femmes inspirantes:

 

Marisela García vie à La Esperanza, au Honduras. Elle est membre du Réseau AMIR, une association de plus de 650 femmes autochtones Lencas qui, pour améliorer la qualité de vie des femmes de la communauté, a participé à la mise sur pied d’une usine de transformation des fruits que des femmes comme Marisela produisent sur leurs parcelles. L’usine, qui bénéficie du soutien et de l’accompagnement de SUCO, leur permet de produire de marmelades, du vin et des bonbons, qu’elles vendent ensuite dans la région, augmentant ainsi leurs revenus. Récemment, Marisela a réussi à construire une maison pour elle et sa fille, sur le terrain familial.  « Je ne pouvais pas dormir. Je me disais `j’ai réussi! j’ai bâti ma maison!´ ».

 

 

Astou Dioup est commerçante, conseillère municipale et présidente de la commission environnement de sa commune à Tassette, au Sénégal. Depuis la venue du projet « Dund ak kéew bi » (Vivre longtemps avec l’environnement, en langue wolof), que SUCO soutient en collaboration avec le GRAIM, sa communauté a réussi à mettre en place des pépinières qui aident à contrer la désertification des terres.  « Désormais, nous vendons des arbres un peu partout dans les villages environnants. Nous en prenons aussi pour reboiser nos champs, maisons et espaces publics. Grâce aux pépinières nous avons reboisé aussi notre bois de village, maintenant la forêt est redevenue verte et dense.

 

 

 

 

Crédits photo : Patrice Halley, Elijah St-Louis & CCLAB


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: lindagagnon@suco.org


Solidarité et renforcement de compétences : SUCO en Haïti

 

« Le 12 janvier 2010, on s’en souvient. On s’en souviendra toujours. À 10 ans du tremblement de terre qui a secoué l’Haïti, j’aimerais que nous prenions le temps… le temps d’enterrer nos morts et de faire notre deuil; mais aussi le temps de nous souvenir de la solidarité de nos amis·es, de l’union et la coopération qui nous permettent de poursuivre la lutte pour la justice, du combat du peuple haïtien pour le droit à une vie digne pour toutes et tous, du combat pour l’égalité. Ce combat est aussi le combat de l’humanité, du peuple canadien. C’est aussi le combat de SUCO. »

Marie Denise Léger Samson, représentante de SUCO en Haïti

À l’occasion du 10e anniversaire du séisme d’Haïti, SUCO se solidarise avec le peuple haïtien, avec qui nous travaillons depuis presque 20 ans. Nous réaffirmons notre engagement à continuer à travailler aux côtés des communautés et des citoyens et citoyennes pour améliorer les conditions de vie des femmes, des enfants et des hommes en Haïti.

Depuis 2001, SUCO accompagne les organisations communautaires, les organisations non gouvernementales et la population paysanne d’Haïti dans ses initiatives de développement rural. Le chemin parcouru a été semé d’embûches. Des ouragans, des inondations et d’intenses périodes de sécheresse ont affecté nos zones d’intervention pratiquement tous les ans depuis 2001. Le tremblement de terre dévastateur de 2010 a créé une onde de choc en Haïti autant que dans le monde entier. Ajoutons à ces catastrophes naturelles les crises politiques qu’a connues le pays.

Cependant, en collaboration avec nos partenaires locaux, de nombreuses actions ont été menées. Nous sommes particulièrement fièrs·es du Djakout peyizan, un manuel illustré de formation en techniques agro écologiques. Publié en 2003, le manuel est toujours d’actualité après plus de 15 ans : près de 500 leaders communautaires et formateurs et formatrices ont permis son rayonnement. Djakout peyizan est toujours utilisé par les producteurs et productrices agricoles d’Haïti. Nous sommes également fièrs·es du Gid Alimanté, créé en grande partie grâce à l’engagement et l’appui des femmes haïtiennes.

C’est presque 20 ans de travailler main dans la main avec nos partenaires. Avec des organisations comme GRAFHES, Le Réseau d’enseignement professionnel et d’interventions écologiques (REPIE), COPEDH, GRIEL, les associations paysannes de Marigot, Cercle Divers, l’Association des producteurs et vendeurs de fruits du sud (ASPVEFS) nous avons collaboré à renforcer les capacités des paysans et paysannes en agriculture agroécologique et leur résilience face à un environnement dégradé et vulnérable aux changements climatiques.

Toujours dans une vision de développement durable et à long terme, nous avons déployé des actions d’accompagnement auprès des producteurs et productrices agricoles : reboisement, compostage communautaire et gestion des déchets organiques, nouvelles pratiques d’élevage de cabris, réhabilitation de jardins maraichers et de systèmes d’irrigation, amélioration des techniques de commercialisation, formation en nutrition, formation en agroécologie, pour nommer quelques exemples.

Bien évidemment, rien n’aurait pu être accompli sans l’implication des populations qui nous ont accueillis au sein de leur communauté.

Ensemble, SUCO, ses partenaires et les communautés locales, nous avons beaucoup accompli; ensemble, nous allons accomplir encore plus.

Linda Gagnon

 


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme -Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 201
Courriel: lindagagnon@suco.org


Pour une gestion durable de l’eau

 

Journée mondiale de l’eau (22 mars)

 

C’est en 1993 que la Journée mondiale de l’eau a eu lieu pour la première fois. Vingt-quatre ans plus tard, l’eau est-elle une ressource mieux protégée ? Avons-nous plus conscience collectivement de son importance ? Probablement que la réponse est oui mais…

L’eau, une ressource essentielle menacée par les effets des changements climatiques

Aujourd’hui, il y a encore des millions de personnes qui n’ont pas accès à une source d’eau potable de qualité et à des installations sanitaires adéquates. De plus, on constate que les changements climatiques ont des répercussions importantes sur des populations entières. La contamination des eaux de surface et souterraines, les périodes de sécheresse prolongées et les inondations de plus en plus fréquentes ont comme effet d’affecter les cultures, de fragiliser les écosystèmes, en plus de précariser la santé de millions de personnes, de menacer la sécurité alimentaire des populations d’une dizaine de pays et de faire des victimes par milliers chaque année.

«2,6 milliards de personnes ont eu accès à des sources améliorées d’eau potable depuis 1990, mais 663 millions de personnes en sont encore privées.» (Source : Nations Unies)

17389202_650043771854947_2869651431853656317_o

Un réservoir d’eau fabriqué avec l’appui de nos volontaires au Honduras

Les objectifs de développement durable (ODD)

L’eau est inévitablement liée aux changements climatiques, à l’agriculture, à la santé, à la sécurité alimentaire des populations et à l’équilibre des écosystèmes. Un nouvel agenda mondial a été adopté lors du Sommet des Nations Unies sur le développement durable en septembre 2015. L’eau a gagné une place plus importante et apparaît à présent comme l’un des 17 objectifs de développement durable (ODD). Ainsi, l’objectif 6 vise à «garantir l’accès à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ».

El Machete Verde, un guide de formation paysanne

Le 28 février dernier au Nicaragua, SUCO a lancé la troisième édition du Machete Verde, un guide de formation paysanne sur la gestion durable de la ferme. À travers 18 fascicules, ce guide présente diverses techniques agroécologiques adaptées aux réalités des producteurs et productrices et leur permettant de mieux s’adapter aux effets des changements climatiques. Un fascicule complet du guide est dédié à la cueillette et au bon usage de l’eau (Cosecha y buen uso del agua), parce que l’eau est une ressource essentielle pour pratiquer une agriculture durable et pour assurer la sécurité alimentaire des familles.

 

El Machete Verde

El Machete Verde

Des solutions durables

SUCO s’est résolument engagée à protéger et à favoriser une meilleure utilisation de l’eau. Par ses projets d’assainissement, d’accès à des installations sanitaires pour les familles, d’infrastructures favorisant une irrigation rationnelle et adéquate des cultures, SUCO accompagne les populations et les organisations d’Amérique centrale et du Sud, d’Haïti et d’Afrique de l’Ouest pour trouver des solutions durables aux défis que pose la gestion de cette ressource essentielle, mais aussi fragile et très limitée.


Pourquoi et comment les changements climatiques affectent-ils particulièrement les femmes ?

 

Les changements climatiques ont des impacts sur l’ensemble de la population, au Nord comme au Sud, dans les pays plus développés comme dans ceux aux prises avec des enjeux de pauvreté, d’analphabétisme, de malnutrition. Alors pourquoi pensons-nous que les femmes sont particulièrement touchées par les effets des changements climatiques ? Une des réponses se trouve dans les divers rôles que les femmes assument auprès de leur famille, de leur communauté, de leur pays.

L’une des activités humaines les plus affectées par les changements climatiques est l’agriculture, domaine dans lequel les femmes jouent un rôle majeur, sans pour autant que celui-ci soit pleinement reconnu à sa juste valeur. Quand les récoltes chutent à cause des dérèglements causés par les changements climatiques, les femmes sont souvent en première ligne. En effet, en plus de participer activement au développement de l’agriculture dans leur pays, elles produisent la nourriture pour leur famille et elles assument aussi, en grande partie, le commerce de proximité des produits qui profite à l’ensemble de leur communauté, de leur région.

Les conséquences des changements climatiques sur l’agriculture mettent en péril la disponibilité des aliments pour les femmes et leur famille. Et si la sécurité alimentaire n’est pas assurée, c’est la santé qui se détériore, les revenus qui diminuent, la migration qui devient presque incontournable dans des conditions souvent dangereuses. Le cercle vicieux de la pauvreté, de la précarité et de la malnutrition s’amorce. Les changements climatiques touchent également d’autres aspects de la vie des femmes. Par exemple, la désertification les oblige à parcourir de longues distances pour se procurer le bois, essentiel à la cuisson des aliments. Les catastrophes naturelles les éloignent de leur communauté et les mettent en situation d’insécurité et de précarité. Les femmes sont malheureusement fort peu écoutées, prises en compte, consultées… C’est pourquoi elles se mobilisent !

Les femmes jouent un rôle essentiel dans la lutte contre les changements climatiques, il est donc primordial qu’elles soient incluses dans l’accord qui sera conclu par les pays à la COP21. Les principes d’égalité entre les femmes et les hommes doivent être inscrits dans l’ensemble de l’accord et non seulement dans le préambule.

Dans le prochain article : comment les femmes se mobilisent pour lutter contre les changements climatiques ?

– Un article de Linda Gagnon, chargée de programme pour  SUCO.  Linda est à Paris et participe aux activités de la société civile organisées en marge de la COP21.