Le comité vert du siège de SUCO en action!

 

 

Photo du premier « Dîner vert » virtuel sur le thème du Zéro Déchet

Chez SUCO, toutes nos interventions sont depuis toujours inspirées par l’amélioration des conditions environnementales des collectivités et la transition écologique. En 2016, SUCO adoptait la mise à jour de sa politique environnementale. Par l’adoption de cette politique, SUCO vise à encadrer l’ensemble de ses activités selon une perspective de développement social, économique et environnemental qui reflète notre engagement à réduire les impacts écologiques négatifs de nos activités à Montréal et dans nos pays d’intervention. Pour ce faire, chaque bureau de SUCO doit se doter d’un comité vert. En mars dernier le comité vert du siège se réunissait pour la première fois. Depuis, 7 collègues se réunissent régulièrement pour travailler aux divers objectifs du comité.

Les actions du comité

Parmi ces cibles, il y a d’abord celle de s’assurer que la politique environnementale de SUCO vive dans toutes les sphères du travail au siège social, et de réviser le plan d’action environnemental du siège afin d’en assurer la pertinence. De plus, le comité vert organise chaque mois ou presque une activité pour échanger et apprendre sur diverses thématiques écologiques. Que ce soit par des conférences, des discussions, des tutoriels ou encore des séances de visionnement de documentaires, il existe une multitude de possibilités pour permettre aux employés·es et stagiaires au siège d’avoir accès à de l’information, à des espaces de dialogue, et à des pistes d’engagement en environnement.

 

Un premier dîner vert

Comme toute première activité en juin, l’équipe s’est réunie lors d’un « dîner vert » virtuel sous le thème du mouvement zéro déchet, et plus particulièrement sur les produits « fait maison » ou « DIY ». La discussion a eu lieu sur Zoom et a permis à toutes et tous de lancer des idées de produits à confectionner ou construire soi-même, et de s’échanger des conseils. Ce premier événement a ouvert la discussion sur les pratiques zéro déchet et a définitivement servi d’inspiration pour les activités suivantes!

 

Si le sujet vous intéresse, cliquez ici pour accéder à une ressource qui a été partagée lors de l’activité et qui propose beaucoup d’information utile sur les produits à faire soi-même.

 


Renseignements supplémentaires:

Geneviève Talbot
Chargée de programme – Pôle Afrique
Courriel: [email protected]


Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse

 

 

Crédit photo : Jean-Pierre Faye

 

C’est le 17 juin 1992 que l’ONU a adopté la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD). Depuis, afin d’en rappeler les dangers, le 17 juin a été nommé Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse. Cette journée est célébrée chaque année pour sensibiliser l’opinion publique à cette question et aux efforts à faire au niveau international pour améliorer la situation.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la désertification n’est pas la transformation de la terre en désert.  La désertification tient plus du fait de la dégradation des sols, de la surexploitation et de l’utilisation inappropriée des terres. Au Sénégal, comme le souligne l’article ‘Les enjeux de la déforestation au Sénégal’, deux facteurs influencent la dégradation des sols et ultimement la désertification et la sécheresse : la salinisation des terres et le déboisement.

La salinisation des terres est le processus d’accumulation des sels dans les sols à des niveaux toxiques pour la plupart des plantes, animaux et champignons. Elle est devenue une cause importante de désertification, d’érosion et de dégradation des sols et de l’agriculture au Sénégal. Les causes de la salinisation des terres sont diverses, mais comme le souligne Charles Pierre Sarr, chef du service régional de l’environnement de Fatick au ministère de l’Environnement du Sénégal, les perturbations climatiques, tel que la hausse du niveau des océans, la diminution des précipitations et une hausse des températures sont des facteurs qui expliquent la salinisation. Selon M. Sarr, le Sénégal est « perpétuellement confronté aux effets adverses des changements climatiques du fait de sa façade maritime longue de 700 kilomètres qui subit l’impact de l’élévation du niveau marin avec comme corollaire l’érosion côtière, l’intrusion saline dans les terres agricoles, la salinisation des ressources en eaux et la destruction des infrastructures. Du fait d’une agriculture essentiellement pluviale, les perturbations climatiques risquent de compromettre les efforts de lutte contre la pauvreté et l’objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire » (Les agriculteurs sénégalais luttent contre la salinisation des sols). En raison de la salinisation des terres on constate aussi une surexploitation ou une dérivation des ressources en eau douce, le défrichement, les incendies de forêt, ce qui a une incidence sur la désertification.

Le déboisement, c’est-à-dire la coupe des arbres pour subvenir aux activités humaines, est aussi un facteur responsable de la dégradation des sols et des forêts. Le déboisement a plusieurs causes : la progression rapide de la population des villages et la mauvaise politique énergétique qui oblige les populations à surexploiter les ressources les plus accessibles : le bois et le charbon. 

SUCO et la lutte au déboisement au Sénégal 

Afin de contribuer à la lutte contre le déboisement, en 2017, SUCO, le Réseau Environnement et le GRAIM, avec l’appui du Programme de coopération climatique internationale du gouvernement du Québec, ont lancé le projet Dund ak Kéew bi. Ce projet vise à renforcer les capacités d’adaptation et de résilience aux impacts des changements climatiques de six communes du Plateau de Thiès, entre autre par la mise sur pied de pépinières communautaires et d’activités de reboisement. 

Ces activités sont essentielles, car le déboisement n’est pas sans effet. De par le monde, les arbres sont des symboles de vie, ils offrent le confort de leur ombre, l’abondance de leurs fruits, redonnent vie aux terres stériles, fournissent un combustible essentiel, enrichissent et stabilisent les sols. Bref, ils présentent la particularité essentielle d’être à la base de toute chaîne alimentaire, ils sont indispensables. 

Les femmes et les pépinières

Le Plateau de Thiès étant une zone souffrant de déboisement, l’amélioration et le maintien de pépinières communautaires appuient la lutte contre la disparition des espèces forestières et du couvert végétal en assurant une disponibilité continue de plants destinés au reboisement. Les pépinières sont gérées par des groupes de femmes. Les arbres plantés provenant de ces pépinières diminuent la déforestation, augmentent la qualité des sols, la capacité de rétention d’eau et la qualité de l’air (moins de poussières) ce qui a un impact positif sur la santé respiratoire, la santé en général (entre autres, en augmentant la quantité d’eau dans les puits) et les rendements agricoles. 

Ces pépinières ont aussi pour objectif secondaire de renforcer la sécurité alimentaire des groupes de femmes. Deux types d’arbres sont plantés : des arbres forestiers pour donner de l’ombre et des arbres fruitiers. Avoir des arbres fruitiers est très important et apprécié par les populations locales car ça augmente la sécurité alimentaire à moyen et long terme des populations vulnérables. 

La plantation d’arbres fruitiers et forestiers est une façon d’accroître la résilience des populations à moyen et long terme en luttant contre la désertification et la sécheresse et, par conséquent, en améliorant la sécurité alimentaire. Dans le cadre du projet Dund ak Kéew bi au Sénégal, 15 239 arbres ont été plantés en décembre 2019. En prévision de la saison des pluies prévues en juin-juillet 2020, les pépinières redémarrent et les femmes sont à pied d’œuvre!

 

Crédit photo : Jean-Pierre Faye

Crédit photo : Geneviève Talbot

 


Renseignements supplémentaires:

Geneviève Talbot
Chargée de programme – Pôle Afrique
Courriel: [email protected]


Changer le monde, un fromage à la fois! Une discussion virtuelle des Retrouvailles

 

 

Voici un résumé d’un entretien en direct sur notre page Facebook qui s’est déroulé dans le cadre des Retrouvailles annuelles de SUCO le 10 juin à 15h00, avec Pedro Estrada, spécialiste en développement rural, cofondateur de l’ONG ALLPA, partenaire de SUCO au Pérou. Pedro est aussi coordonnateur du projet Formagro dans la région de Ancash, exécuté avec SUCO. ALLPA est une organisation qui travaille au développement durable et équitable des familles rurales, et plus particulièrement des familles andines qui se retrouvent en conditions d’exclusion, en renforçant leurs capacités sociales, productives et organisationnelles. 

 

Officiellement constituée en 2010, ALLPA est le fruit d’un processus de création collective, impliquant plusieurs collaborateurs et partenaires, en plus de volontaires, toujours basé sur l’identité culturelle de la région et de sa population. L’organisation fut ainsi créée d’un désir que portaient les intervenantes et intervenants locaux, qui voulaient contribuer à améliorer les conditions de vie précaires des familles agricoles de leur région, dû au manque d’opportunités. ALLPA intervient auprès des familles andines de la région de Ancash, une région au Nord de Lima, située entre 2 000 et 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, où la population est autochtone quechua.

Ainsi s’est entamé avec SUCO un échange afin de trouver la façon de générer un capital social dans la région, de pouvoir collaborer avec les institutions locales, publiques et de coopération, afin de pouvoir offrir d’avantage d’opportunités aux familles. Le projet FORMAGRO, qu’ALLPA exécute avec SUCO depuis 2015, est le plus grand projet de l’organisation et même un des plus important à être exécuté actuellement au Pérou.

Un développement local résilient aux changements climatiques

La nature montagneuse de la région rend l’écosystème très fragile, de par ses conditions météorologiques extrêmes dues à son altitude. Le niveau de scolarisation y est très bas, surtout chez la population adulte. La majorité des familles y pratiquent une agriculture de subsistance, qui parfois ne produit même pas suffisamment pour nourrir toute la famille. ALLPA intervient directement auprès de ces familles, souvent exclues des processus de développement économiques conventionnels.  

Par le développement local, ALLPA souhaite générer un changement socio-économique, auprès des populations agricultrices de la région, dans un esprit de protection et de préservation de l’environnement, et de développement durable. Les familles ciblées par le projet ont accès à de très petites parcelles, qu’elles cultivent à partir de leurs savoirs et connaissances traditionnelles et ancestrales. Ces petits agriculteurs et petites agricultrices commercialisent localement leurs produits, et leur production n’est pas destinée à l’exportation. L’agriculture durable pour eux et elles est l’ unique façon de cultiver, et c’est en se basant sur des pratiques agro écologiques que ALLPA intervient. L’organisation, à travers son travail collaboratif avec les familles, valorise les connaissances et techniques agricoles traditionnelles, et vient les bonifier et parfois techniciser, dans le but de les rendre plus productives et plus viables. 

L’adaptation et la résilience aux changements climatiques demeure un défi important pour les familles de la région. Le projet Formagro travaille avec elles, afin d’améliorer et diversifier les pratiques et que leurs cultures en soient ainsi moins affectées et plus résilientes.  Enfin, sur la question des changements climatiques, malgré que les effets négatifs soient fort importants, l’organisation s’assure d’y voir des opportunités. Par exemple, l’augmentation et la perturbation de la pluviométrie affecte énormément les cultures. Cependant, l’augmentation des températures a permis de développer la culture de fraises, ce qui ne s’était jamais vu à cette altitude. Il faut ainsi transformer les perturbations en opportunités. 

Le changement sous forme de fromage

Il y a quelques années, ALLPA s’est donné un grand défi : celui de développer, produire, et positionner sur les marchés le fromage de la région de Huari. S’en est alors suivi un processus d’accompagnement et formation auprès des femmes, afin qu’elles puissent produire un fromage à partir du lait de leurs vaches. C’est un processus qui a demandé un accompagnement personnalisé avec chaque productrice, en quechua et dans leur propre cuisine. Cela a pris des années, mais ALLPA a ainsi atteint son objectif : développer un fromage de qualité, produit par des femmes de la communauté. Cela a créé tout un changement au niveau de la dynamique sociale. Les femmes ont commencé à développer un produit avec valeur ajoutée et à le vendre, ce qui leur a donné un pouvoir économique qu’elles n’avaient pas auparavant : plusieurs d’entre elles n’avaient même jamais manipulé d’argent.  La marque Jallga Queso (fromage des montagnes, en quechua) a ensuite été créée, ce qui a permis de mieux positionner le produit. Le fromage est offert dans des foires alimentaires et festivals, où il se vend très bien. Aussi, derrière l’idée de vendre un produit se trouve celle de mettre en valeur le travail des productrices tout en faisant découvrir leur identité culturelle et savoirs ancestraux. D’ailleurs, Formagro travaille maintenant avec la seconde génération de fromagères, les filles des productrices, qui parlent espagnol et maitrisent les médias sociaux. Elles apportent un nouveau dynamisme à la commercialisation du produit. 

De plus, le produit a permis la création de la route du fromage, un circuit de découverte, permettant de visiter les familles productrices et ainsi observer le processus de production, participer à des dégustations et connaître la richesse culturelle de la région.  

Un travail de proximité

L’un des plus grands facteurs de réussite du travail d’ALLPA et du projet Formagro est de valoriser l’identité des populations. En effet, le fait de miser sur l’identité culturelle et la langue locale, en s’assurant que les personnes intervenantes aient cette sensibilité pour travailler en proximité permet d’atteindre les résultats attendus. D’ailleurs, la façon de travailler de SUCO pour favoriser une intervention de proximité basée sur une constante analyse des problématiques du terrain transparait énormément dans la philosophie de ALLPA. 

Enfin, l’intervention auprès de toute la cellule familiale est une formule gagnante pour le projet et pour ALLPA. En effet, le fait d’améliorer les activités productives pour les femmes – l’accès aux ressources économiques, positionnement sur les marchés, etc. – est bénéfique pour toute la famille. De plus, il est important pour Formagro que les femmes ne soient pas seulement inclues dans les espaces de décision mais qu’elles aient réellement une place dans la communauté, que leur voix soient entendues. 

Cliquez ici pour visionner l’entretien en espagnol, animé par Émilie Lemieux, représentante SUCO et directrice du programme Formagro au Pérou.

 


Renseignements supplémentaires:

Émilie Lemieux
Directrice – Formagro
Representante SUCO au Pérou
Courriel: [email protected]

 


Pour une relance juste après la crise

 

 

 

En mai, SUCO a fait partie de plus de 200 organisations signataires de la déclaration pour une Relance juste. Cette démarche de la société civile a pour but d’interpeller les gouvernements, alors que ceux-ci préparent des plans de relance économique. En somme, six principes sur lesquels se baser pour une relance juste ont été soulevés : 

  1. Donner la priorité à la santé et au bien-être des populations, sans exception
  2. Renforcer le filet social et fournir de l’aide à la population
  3. Donner la priorité aux travailleuses et travailleurs, ainsi qu’à leurs communautés
  4. Renforcer la résilience pour prévenir de futures crises
  5. Renforcer la solidarité et l’équité entre les communautés et les générations au-delà des frontières
  6. Respecter les droits des peuples autochtones et travailler en partenariat avec eux

Alors qu’il est nécessaire de remettre les systèmes en marche suite au ralentissement forcé par la pandémie, il ne faut surtout pas manquer l’occasion d’en tirer des leçons pour mieux avancer. La crise a mis en lumière plusieurs inégalités et vulnérabilités (notre collègue Linda Gagnon signalait l’impact de la COVID-19 chez les femmes dans notre blog), qu’il est primordial de considérer dans les plans de relance, afin que ceux-ci ne nuisent pas à la planète ni aux populations. La déclaration appelle à revoir les systèmes économiques et sociaux au Canada dans l’objectif d’assurer des conditions de vie équitables pour toutes et tous, et répondre à la crise écologique. Elle vise aussi à mieux répondre aux prochaines crises auxquelles nous ferons inévitablement face. 

Ainsi, SUCO et tous les signataires avancent qu’il n’est pas envisageable de retourner au statu quo suite à la pandémie, sachant que les systèmes économiques en place alimentaient une crise écologique, climatique et sociale. Il faudrait envisager plutôt des pistes de solutions viables et inclusives pour faire de cette crise un tremplin vers un monde plus juste, solidaire et durable.

Chez SUCO, nous rassemblons des personnes et des savoirs pour travailler sur des projets de mobilisation citoyenne autour des luttes environnementales et sociales, au Québec et ailleurs, afin d’amorcer une transition écologique. Ces projets soulèvent des réflexions sur les enjeux climatiques et sociaux de l’heure et proposent des pistes d’action pour bâtir ensemble un monde plus juste et durable. Nous reconnaissons l’urgence d’agir face aux inégalités qui sont interconnectées, qu’elles soient d’ordre climatique, social, politique ou économique.

 


Renseignements supplémentaires:

Yasmina Britel
Agente de programme à la mobilisation du public
(514) 272-3019 poste 234
Courriel: [email protected]


La souveraineté alimentaire au Québec, une discussion signée Ciné Vert

 

 

 

Le 14 mai dernier, Ciné Vert, le festival de cinéma documentaire sur l’environnement initié par SUCO et Funambules Médias a présenté en grande première virtuelle, son panel de discussion “Pour une souveraineté alimentaire au Québec”, diffusé en direct sur les pages Facebook de Ciné Vert, SUCO solidarité union coopération, Funambules Médias et la Maison du développement durable.  

Le festival Ciné Vert, qui devait d’ailleurs tenir sa deuxième édition en avril dernier avec des projections à Montréal et dans plusieurs villes du Québec s’est donc vu forcé de réadapter sa programmation dû au contexte de la COVID-19. 

La discussion, visionnée en direct par plus de 250 personnes, et qui était animée par Catherine Mercier, journaliste et animatrice à La Semaine Verte à Radio-Canada, a été organisée suite à la diffusion en ligne du film « La ferme et son État » de Marc Séguin. Le documentaire brosse un portrait des forces vives et des aberrations en agriculture au Québec, en suivant pendant dix-huit mois, des jeunes agriculteurs et agricultrices éduqués qui rêvent de faire une agriculture responsable, innovatrice et écologique, dans un système où ils ont peine à exister. 

À partir de ce film, qui demeure toujours très d’actualité, surtout dans un contexte de pandémie, le réalisateur Marc Séguin, l’agronome Louis Robert, l’agricultrice et militante écologiste Maude Prud’homme et le professeur et spécialiste des circuits courts alimentaires Patrick Mundler, ont pu réfléchir, se questionner et débattre sur des questions essentielles liées à la souveraineté alimentaire au Québec.

Au gré des questions rondement menées par Catherine Mercier, nos 4 panélistes, à travers leurs bagages et leurs expertises complémentaires, ont su amener une réflexion très pertinente sur cet enjeu, tout en se questionnement sur la définition même de la souveraineté alimentaire et sur comment est-ce qu’on peut l’atteindre. Par exemple, qu’est-ce que cela entraîne pour les producteurs·trices et les consommateurs·trices québécois·es? Et quels obstacles pose le système agricole actuel pour atteindre un tel objectif, surtout dans un contexte de pandémie? Une partie de la discussion s’est d’ailleurs tournée vers le rôle important que pourraient jouer les petits producteurs locaux et l’agriculture de proximité et sur les différents leviers gouvernementaux  qui pourraient être mise en place pour les outiller convenablement. L’achat public, l’approche territoriale pour aider les petits producteurs, la mise en place de politiques alimentaires et la questions de l’accessibilité à la nourriture sont quelques uns des enjeux, qui sont ressortis dans cette discussion d’à peine 1 h 30. Les questions et commentaires du public ont été nombreux sur le fil de l’événement, démontrant à quel point la question de l’autonomie alimentaire est un sujet primordiale, d’autant plus dans un contexte de pandémie.

Restez à l’affut, Ciné Vert vous prépare pour les mois à venir plus d’occasions pour échanger sur les enjeux environnementaux. Pour ne rien manquer, consultez le site web de Ciné Vert ou sa page Facebook.

 


 

Renseignements supplémentaires:

Yasmina Britel
Agente de programme à la mobilisation du public
(514) 272-3019 poste 234
Courriel: [email protected]

 


Pandémie, dette africaine et agroécologie

 

Quel défi l’Afrique doit-elle relever pour mettre en place un système alimentaire durable dans la foulée de la crise sanitaire mondiale?

La COVID19 inflige au monde entier l’une des plus graves crises sanitaires et économiques de son histoire. Cette crise vient aggraver les difficultés déjà importantes des pays fragiles, particulièrement ceux du continent africain. Elle surgit alors même qu’ils subissent les conséquences du défi sécuritaire et des changements climatiques.

Le 14 avril dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un allégement de la dette pour 25 pays parmi les plus pauvres et les plus vulnérables, dont une majorité de pays africains; ceci afin de leur permettre de consacrer une plus grande partie de leurs faibles ressources financières à la crise sanitaire.

Si plusieurs chefs•es d’État plaident pour une annulation complète de la dette publique des pays africains pour faire face à la pandémie, d’autres voix considèrent que ça n’apporte pas de solutions structurelles à leurs difficultés. Une telle mesure pourrait même ternir davantage l’image des États endettés et compromettre leur accès à de futurs financements. Et des financements il en faudra, puisqu’après la COVID, l’Afrique devra faire face à un défi encore plus grand : redresser un continent fragile et le mettre sur la voie du développement inclusif et durable.

L’Afrique à l’aube d’un temps nouveau

De grands changements s’annoncent en Afrique car les experts•es prévoient que la croissance démographique y sera exponentielle. Dans les 30 prochaines années, la population africaine devrait plus que doubler, passant de 1,2 à 2,5 milliards d’habitants, presque le quart de la population mondiale. De plus, 80% de ce boum démographique se produira dans les villes, faisant de l’Afrique un continent fortement urbanisé. Nul doute qu’il faudra investir beaucoup de ressources en agriculture pour nourrir tout ce monde. Mais de quelle agriculture parlons-nous?

Le défi alimentaire africain est au croisement des grands défis du continent et ce sont les agricultrices et agriculteurs, de même que les responsables gouvernementaux qui doivent le relever. Il apparaît évident que l’Afrique doit s’affranchir du modèle de l’import-export et développer une agriculture durable qui respecte les principes de l’agroécologie.

Le défi alimentaire africain est d’abord économique. Actuellement, 20 % de l’alimentation y est importée, ce qui représente des coûts de 30 à 50 milliards de dollars par an; et la facture pourrait s’élever à 150 milliards de dollars en 2030.

En second lieu, le défi est social, caractérisé par un exode rural constant qui vient saturer les villes et les zones périurbaines surpeuplées et aux infrastructures déficientes. De plus, ces flux migratoires contribuent à la déstabilisation interne des pays et à l’insécurité internationale.

Enfin, le défi est environnemental car, au cœur du système alimentaire, ce sont les paysannes et les paysans, majoritairement pauvres, qui gèrent l’essentiel des ressources naturelles et souffrent de leur dégradation.

Les agriculteurs et agricultrices de l’Afrique et leurs organisations font face à des batailles difficiles. Avec une très faible reconnaissance de leurs savoirs ancestraux, un difficile accès aux ressources, aux nouvelles technologies et aux connaissances nécessaires, comment concrétiser l’adaptation aux changements climatiques?

La révolution agroécologique

Selon le Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest (ROPPA), l’agriculture africaine a besoin d’une révolution. Elle peut se décliner en trois volets.

Tout d’abord, elle doit à tout prix éviter le modèle agro-industriel qui produit certes, mais en dévastant les milieux naturels, avec les risques de transmission de zoonoses qui en découlent. Il faut au contraire que les systèmes agricoles africains soient adaptés aux environnements locaux et favorisent les méthodes écologiques (comme c’est le cas du CEEDD, au Sénégal).

Ensuite, il faudra valoriser sur les marchés africains les produits domestiques en les rendant accessibles, de qualité et conformes aux besoins des consommateurs, notamment urbains.

Enfin, sur le plan politique, par le biais de la souveraineté alimentaire, il faut que les États favorisent un commerce international qui serve le développement national et non l’inverse.

En somme, tous les gouvernements, qu’ils soient africains ou non, devraient baser leurs politiques agricoles sur les besoins des populations locales en aliments sains, abordables, culturellement acceptables et cultivés de façon à avoir un faible impact environnemental.

Les bailleurs de fonds, les agences de coopération, les ONG de développement international de même que la communauté scientifique doivent accompagner cette nécessaire ‘’révolution agroécologique’’ des systèmes de production agricole afin de permettre à l’Afrique de relever son incontournable défi alimentaire.

 

Crédit photo : Jonathan Munroe

 


Renseignements supplémentaires:

Roch Harvey
Chargé de programme – développement des affaires
(514) 272-3019 poste 233
Courriel : [email protected]


Les systèmes alimentaires viables en temps de pandémie

 

Pour souligner le Jour de la Terre, le 22 avril dernier, SUCO a organisé une discussion virtuelle sur le rôle des systèmes alimentaires en temps de pandémie.

Nous le savons, la crise actuelle suscite un élan de réflexion par rapport à l’accès à la nourriture et son lien avec la Terre. Ainsi, les échanges entre les acteurs et actrices du domaine sont nécessaires afin de mettre en lumière les enjeux alimentaires et faire ressortir des pistes d’action.

Animée par Geneviève Talbot, chargée de programme à SUCO, la discussion donnait la parole à Erika Salem, agente de programme à Montréal Métropole en santéNayheli Alliu, conseillère en environnement à SUCO et Hugo Beauregard-Langelier, secrétaire général d’UPA Développement international et économiste agricole.

Ce rendez-vous virtuel a suscité des échanges intéressants à propos de divers aspects de nos modes d’alimentation. Entre autres, les invités·es ont discuté du rôle des différents acteurs et actrices des systèmes alimentaires, du lien entre l’alimentation et les changements climatiques, et de l’impact de la crise sur l’accès et la production de nourriture dans le monde. Les panélistes ont abordé des enjeux autant à l’échelle locale qu’internationale. Cela a alors éclairci les liens entre les circuits du Québec et ceux des pays du Sud. 

La diffusion a eu lieu en direct de notre page Facebook et de celle de la Maison du développement durable. En tout, la vidéo a eu plus de 1.5K visionnements, et plus de 120 personnes l’ont suivie en temps réel. Le public a pu interagir avec les panélistes via les commentaires. Nous tenons à remercier chaleureusement les participants·es , nos trois invités·es, notre animatrice ainsi que notre partenaire la Maison du développement durable qui ont fait de ce premier événement web un succès!

Pour ceux et celles qui n’ont pas eu la chance d’y assister, l’enregistrement est toujours disponible gratuitement sur notre page.

 

Quelques extraits

 

 


 

 

Cette discussion a ouvert le bal à une série d’événements virtuels, d’échanges et de partage des connaissances que nous mettrons à disposition de la #SUCOmmunauté pour amorcer la transition écologique juste et durable au Québec comme ailleurs. 

Prochaine activité à mettre à l’agenda : projection en ligne du documentaire La ferme et son état, du réalisateur Marc Séguin, qui sera suivie d’une discussion avec des experts·es sur les grands enjeux d’agriculture au Québec. L’initiative vous est proposée par le festival de films sur l’environnement Ciné Vert de SUCO et Funambules Médias. Pour plus d’information, suivez ce lien-ci.

 


Renseignements supplémentaires:

Yasmina Britel
Agente de programme à la mobilisation du public
(514) 272-3019 poste 234
Courriel: [email protected]


De cette crise, que ferons-nous?

 

 

 

*Ce billet a été publié sur Nous.Blogue dans le cadre des célébrations de son cinquième anniversaire.
Nous.Blogue est une initiative de Communagir.
a
22 avril 2020. Jour de la Terre. Bizarre de contexte. Coup de pied au derrière. Plus que des décennies de manifestations, c’est probablement la COVID-19 qui aura eu le plus d’impact sur les changements climatiques.

***

Écrire ce billet, c’est revenir à la maison après une longue absence. Les 5 ans de Nous.blogue et le confinement sont propices à se poser.

Deux ans sans écrire ou presque. Un long voyage, ici et ailleurs, pour mettre les choses en perspective et moi-même au défi, portée par un idéal de monde plus « collectif », mais aussi plus viable.

J’ai cherché qu’elle pouvait être ma contribution, ma petite valeur ajoutée, dans la transition écologique. Bien petite, assurément, vu l’ampleur de la tâche, mais peut-être pas vaine conjuguée à un ensemble d’autres. J’en ai conclu que je pouvais contribuer à connecter les efforts, à leur donner de la force, de la visibilité, de l’importance. Que je pouvais aussi mettre ma capacité d’entreprendre au service des gens qui, par nécessité, avec intelligence, conscience et cœur, prennent la parole et agissent.

La nécessité et le changement

L’histoire se déroule à Huaraz, dans les Alpes péruviennes, à 3 052 mètres d’altitude, en juin de l’année dernière. C’était avant la pandémie.

L’air est limpide, très sec. L’oxygène plus rare qu’au niveau de la mer; la moindre côte montée trop vite fait pomper le cœur. Le soleil est chaud; j’en suis plus proche que jamais dans ma vie. Dès qu’il disparaît derrière un mur, le froid reprend ses droits. C’est l’hiver là-bas, à ce temps de l’année. Tout simplement magnifique! Le Mont Huascaran, en toile de fond, est un géant, le plus haut du Pérou avec ses 6 768 mètres. Son glacier n’est toutefois plus aussi éternel qu’il le fut…

À Huaraz, j’ai assisté au forum du projet FORMAGRO1 sur le thème des changements climatiques. Les participantes et participants sont des jeunes quechuas, issus des communautés rurales andines. Quand le glacier du Huascaran aura fondu et ceux des autres géants aussi, il n’y aura plus assez d’eau dans les Andes pour arroser leurs cultures et abreuver leurs animaux. Avec les changements climatiques, les événements extrêmes sont déjà plus fréquents. Lorsque la pluie torrentielle s’abat sur la terre desséchée, elle entraîne avec elle la route, les maisons, les récoltes, les bêtes et parfois les humains. C’est là quelques-uns des problèmes auxquels les jeunes quechuas cherchent des solutions, avec une fine connaissance de leur coin de monde, de la passion, de l’intelligence et très certainement aussi le sentiment de ne pas avoir le luxe d’échouer.

Cette histoire se répète, d’exemple en exemple, exposant la réalité tangible et difficile des bouleversements en cours dans le monde, notamment le monde rural et économiquement pauvre. Elle se conclut chaque fois avec la nécessité et l’urgence d’agir.

L’Anthropocène et les zoonoses

Dans un article publié le 29 mars sur le site web de Radio Canada2, le journaliste Ahmed Kouaou fait le postulat de liens entre la crise sanitaire actuelle et notre rapport à la nature. Il cite Serge Morand, écologiste de la santé au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) en France.

Selon ce chercheur, la pandémie de coronavirus n’est pas étrangère aux actions humaines. La perte de la biodiversité, la disparition de forêts, l’élevage intensif, la chasse aux animaux sauvages, ainsi que nos pratiques agricoles invasives seraient des accélérateurs de la crise écologique, dont découlerait la crise sanitaire. L’augmentation remarquée des crises sanitaires de type zoonoses3 résulterait des contacts accrus entre la faune sauvage (dont le territoire s’amenuise), les animaux domestiques et d’élevage (de plus en plus nombreux) et les humains (de plus en plus nombreux, eux aussi).

L’occasion et la transition

Pour diminuer les risques de pandémie comme celle que nous vivons, Serge Morand soutient qu’il faut revoir notre modèle globalisé et, notamment, réinsérer les activités agricoles dans les territoires. Si nous options pour des pratiques plus agroécologiques et localisées, nous serions en mesure d’assurer notre sécurité alimentaire, de générer des revenus décents pour nos agriculteurs, de dynamiser nos communautés, tout en préservant durablement la biodiversité et la santé humaine et animale.

La réalité et les choix ne sont pas nécessairement simples, en tout cas dans un territoire nordique comme le Québec. La tomate qui pousse l’été dans un champ de la Montérégie ou sur le toit d’un immeuble montréalais est un bon choix. Toutefois, celle produite en serre durant l’hiver est énergivore; plus que l’autre produite au Mexique, toutes dépenses énergétiques confondues. Par contre, acheter des tomates de serre du Québec, soutient des entreprises d’ici qui pourront, avec le temps, parvenir à réduire leur consommation d’énergie en améliorant leurs technologies et leurs pratiques, notamment si des incitatifs gouvernementaux le facilitent.

Les aliments étant devenus des biens de consommation comme d’autres, sur-diversifiés, d’accès facile, gaspillables même, nous avons très probablement perdu de vue l’immense opération que représente la production d’aliments pour les 7,78 milliards de bouches humaines, ainsi que pour les 65 milliards4 d’animaux élevés et tués chaque année pour être mangés à leur tour. Si nous profitions de la pandémie pour réinvestir notre alimentation, ce serait déjà un immense pas vers plus de durabilité.

Serge Morand n’est pas le seul, dans cet air du temps si particulier, à prôner un retour à un mode de vie plus sobre et local. Si j’en crois le microcosme de mes réseaux sociaux, la révolution serait même en marche : faire son pain, partir ses semences de légumes et se mettre aux conserves l’automne venu, faute d’avoir une serre pour cultiver toute l’année.

J’en suis, remarquez. J’espère que, de ce réapprentissage forcé du temps et de la manière de faire les choses, il nous restera des compétences, de l’ingéniosité et suffisamment de volonté pour ne pas perdre la main sitôt qu’elle sera déconfinée.

Quoi qu’il en soit, cette pandémie est du jamais vécu depuis le début de l’Anthropocène. Elle est mondiale et se vit d’une manière si intime, dans l’isolement de chaque maison. Elle nous prend toutes et tous, riches comme pauvres. Contrairement au réchauffement du climat, malheureusement difficile à appréhender à l’échelle de nos existences individuelles, la COVID-19 touche chaque être humain, individuellement et collectivement, localement et mondialement.

La pandémie sera-t-elle suffisante pour induire des prises de conscience et des changements? Peut-être, si de nombreuses voix s’élèvent en même temps, mais, surtout, si les solutions pour vivre mieux et plus durablement sont là, prêtes à l’emploi, faciles, ludiques presque, sur le pas des portes, dès que les confinés que nous sommes mettrons le nez dehors.

Une chose est certaine, jamais nous n’aurons la chance d’avoir autant d’écoute, d’esprits ouverts au changement et de gens prêts à une certaine transition écologique. Si nous n’en sommes pas, ce ne sera pas faute d’avoir eu la perche bien tendue.

***

Entreprises fermées, consommation et déplacements restreints; l’économie est ralentie d’une façon sans précédent. Pendant ce temps, la planète se repose. Par un exemple inespéré, la pandémie montre combien l’activité humaine est délétère5. Le ciel s’éclaircit, l’eau redevient limpide, les animaux reviennent, certes moins nombreux, mais encore là, habituellement repoussés aux marges du monde que nous nous arrogeons.

Possible qu’après la pandémie les émissions polluantes repartiront à la hausse. Le système économique, énergies fossiles dans les moteurs, voudra redémarrer sur ses bases. Sera-t-il possible de proposer d’autres voies? Les mesures actuellement prises par les états pour venir en aide aux travailleurs et aux entreprises fragilisés par la crise sont de potentiels vecteurs d’une intéressante transformation.

Le Panier Bleu, lancé au Québec tout dernièrement, est un exemple de mesures qui interpellent un nouveau « nationalisme » et a des chances de réussir, les Québécoises et Québécois prenant conscience des impacts de leurs choix de consommation et de l’importance de soutenir leur économie locale et nationale. Un pas de plus pourrait être de préparer la reprise d’une économie davantage décarbonisée. Encore là, je pense que nous pouvons y faire en proposant des solutions de rechange concrètes, à la portée des entreprises et des individus, notamment sur le plan de l’organisation du travail (nous serons déjà des expertes et experts du télétravail), des technologies, de l’énergie et du transport.

Les jeunes quechuas

Nous.blogue, pour ses 5 ans, nous invite à nous projeter dans ce que sera le développement collectif dans 10 ans. S’il y a quelque chose de clair, pour ma part, c’est que le développement humain sera différent ou ne sera pas bien longtemps.

Il ne pourra être durable qu’à condition de ne pas miser sur une exploitation encore accrue des ressources et sur la consommation et la croissance comme motos. Le pouvoir citoyen, dans ce qu’il a d’engagé et de protecteur du bien commun, devra prendre plus de place. L’éducation devra être une plus grande priorité, tant pour comprendre les problèmes et leurs causes, pour dépasser les préjugés et les idioties, que pour générer des solutions durables.

Revenons aux jeunes quechuas.

L’élan généré par une prise de parole et de pouvoir est une puissante source de motivation et de changement. Si on leur laisse la place, les écoute, soutient leurs projets, elles et ils pourraient être les agentes et agents de la nécessaire transition écologique, non seulement dans les Andes, mais partout. De cette crise, que feront-ils? Que feront-elles? Espérons qu’ayant tiré des leçons, les jeunes ne voudront plus revenir en arrière. Espérons que nous serons assez sages et lucides pour ne pas les empêcher d’avancer.

 

 

1. FORMAGRO est un projet mené par SUCO qui cherche à créer un système alimentaire écologiquement, économiquement et socialement viable. Il forme les jeunes des communautés andines à l’agroécologie et les appuie dans le développement de débouchés économiques.

2. La crise sanitaire est liée aux actions humaines, selon un écologisteAhmed Kouaou, ici.radio-canada.ca

3. On appelle zoonoses les maladies qui se transmettent des animaux vers les humains. Les coronavirus se retrouvent naturellement chez les animaux, notamment les chauves-souris. Ces dernières ne nous infectent pas directement, mais à travers d’autres animaux qui jouent un rôle d’intermédiaires.

4. Selon l’estimation de la FAO.

5. En Chine, on estime que de 1 à 2 millions de personnes meurent chaque année de la pollution atmosphérique. Avec la pandémie, cette surmortalité a momentanément diminué de 20 % à 30 %. Si on compte environ 3 500 morts (officiels) du coronavirus, c’est encore de nombreuse vies qui seraient épargnées par une meilleure qualité de l’air.

 


Renseignements supplémentaires:

Geneviève Giasson
Directrice générale
Courriel : [email protected]

 


Le défi de la consommation locale en temps de la COVID-19 | L’exemple du Sénégal

 

 

Le Centre d’Écoute et d’encadrement pour un développement durable (CEEDD), partenaire de SUCO au Sénégal, est un acteur clé dans le développement de marché fermier bio-locaux non seulement à Thiès, mais au Sénégal. Ce rôle était essentiel au Sénégal et l’est encore plus en ce contexte de réponse à la COVID 19 qui force la fermeture des frontières. En effet, alors que le Sénégal a une grande tradition agricole, le pays dépend des marchés internationaux pour combler ses besoins alimentaires. Même avant la COVID 19,  la consommation d’aliment local était un défi de taille! Cette tendance à la dépendance des marchés internationaux n’a fait que s’accentuer avec l’urbanisation rapide de ces dernières décennies, en plus de la faiblesse des infrastructures agricoles et de contraintes structurelles clés. Pourtant, des solutions existent! Et en raison de la fermeture actuelle, la mise en œuvre de ces solutions est essentielle. Le CEEDD a développé des stratégies intéressantes pour à la fois nourrir la population locale en aliments locaux sains et assurer un revenu aux familles : l’agriculture urbaine, la transformation alimentaire et le développement de marchés fermiers bio-locaux.

Des pénuries alimentaires

Le Sénégal est non seulement confronté à des pénuries alimentaires, mais est aussi un gros importateur de céréales, telles que le riz et le blé, ainsi que de produits intermédiaires comme le sucre, l’huile végétale, lait en poudre. Or, les augmentations des importations au Sénégal ont un impact sévère sur la production locale. La quasi-destruction du secteur aviaire sénégalais, maintenant dépendant de l’importation de volaille en provenance de l’Union européenne, en est un triste exemple.

Pourtant, au Sénégal tout est là pour produire suffisamment de nourriture et satisfaire la demande locale. Il est vrai que les changements climatiques ont des impacts importants sur les systèmes alimentaires sénégalais. En effet, les modes de production agricole doivent s’adapter aux nouvelles réalités climatiques. Or, bien qu’ils ne soient pas sans effet sur les changements en cours et qu’ils en subissent les conséquences de façon directe, les systèmes agricoles peuvent aussi contribuer efficacement à la lutte aux changements climatiques et, ainsi, participer à l’atteinte d’une plus grande sécurité alimentaire. En fait, les enjeux de la consommation locale concernent la production, mais aussi la transformation et la mise en marché des produits locaux.

Des solutions mises en place

Les initiatives du CEEDD en micro-jardinage, agriculture urbaine, transformation alimentaire alliées à la mise en place de marchés fermiers bio-locaux illustrent pourtant que des solutions existent. Comme le dit si bien le CEEDD sur son site web :

« Le micro-jardinage permet à chaque famille de cultiver dans un espace restreint plusieurs variétés de légumes et plantes aromatiques. Ces récoltes, qui s’adaptent parfaitement aux besoins alimentaires des ménages, peuvent être constituées de salades, choux, gombos, aubergines amères ou encore menthe et basilic, selon les goûts de chacun. De plus, la vente des excédents des récoltes constitue une activité génératrice de revenus pour les femmes actives dans ce domaine. Cela leur permet ainsi d’améliorer leurs conditions de vie et d’assumer plus facilement leurs dépenses quotidiennes. »

Ces initiatives sont porteuses de réels changements qui favorisent l’autonomisation des femmes, le développement d’une économie locale, de système alimentaires à circuits courts, d’une agriculture adaptée aux impacts des changements climatiques et l’amélioration de la santé des populations locales qui auront accès à des aliments sains. D’une pierre, milles coups! Bravo au CEEDD, acteur de changements!

 

En venant au CEEDD, vous pourrez visiter ses jardins, véritables vitrines d’expositions des techniques employées et exemples pour les femmes bénéficiaires.

Crédit photos : CEEDD


Renseignements supplémentaires:

Geneviève Talbot
Chargée de programme – Pôle Afrique
Courriel: [email protected]


Pour SUCO, le 8 mars c’est tous les jours!

 

 

Année après année la date du 8 mars nous rassemble, où que nous soyons, quoi que nous fassions ici au Canada ou ailleurs. Elle est bien souvent l’occasion d’une pause pour réfléchir à ce que cela signifie pour nous toutes et tous personnellement, mais aussi dans notre milieu de travail, de militance, d’étude, au sein de notre communauté.

Pour SUCO, le 8 mars c’est tous les jours…! et c’est l’engagement que nous prenons : mettre les droits et la participation des femmes au cœur de toutes nos interventions.

 

« Afin d’assurer des changements durables et profitables pour l’ensemble des membres d’une collectivité, SUCO se préoccupe du respect des droits et de la pleine participation des femmes aux décisions et aux actions qui les concernent ». (Planification stratégique de SUCO 2019-2025)

Il est malheureusement encore d’actualité de continuer la lutte pour la reconnaissance des droits des femmes et l’amélioration des rapports de pouvoirs entre les femmes et les hommes.

 

« En dépit de certains progrès, la communauté internationale s’accorde à reconnaître que la situation de la plupart des femmes et des filles dans le monde évolue extrêmement lentement. Aucun pays n’est en mesure, à ce jour, d’affirmer avoir atteint l’égalité des sexes. Les nombreux obstacles rencontrés tant sur le plan juridique que sur le plan culturel semblent immuables. Les femmes et les filles restent sous-évaluées, elles travaillent plus et gagnent moins, avec des perspectives plus limitées. Elles subissent des formes diverses de violence chez elles et dans les lieux publics. » (Communiqué d’ONUFEMMES dans le cadre de la Journée internationale des femmes, 11 décembre 2019)

 

Avec nos  partenaires d’Haiti, du Nicaragua, du Sénégal, du Burkina Faso, du Honduras, du Bénin et du Pérou, nous croyons fermement au pouvoir transformateur des femmes et des filles et travaillons activement à  la reconnaissance et valorisation de leur travail, particulièrement en milieu rural; à la mise en place de conditions propices à l’émergence et l’épanouissement du leadership des femmes et des filles; à favoriser leur autonomie économique, mais également à la transformation des rapports de genre pour atteindre un monde juste, viable et solidaire.

Ce sont les femmes qui luttent jour après jour pour améliorer leurs conditions de vie et celles de leur communauté, les rapports au sein de leur famille et de la communauté qu’elles habitent, qui nous inspirent.

 

Voici l’histoire de deux de ces femmes inspirantes:

 

Marisela García vie à La Esperanza, au Honduras. Elle est membre du Réseau AMIR, une association de plus de 650 femmes autochtones Lencas qui, pour améliorer la qualité de vie des femmes de la communauté, a participé à la mise sur pied d’une usine de transformation des fruits que des femmes comme Marisela produisent sur leurs parcelles. L’usine, qui bénéficie du soutien et de l’accompagnement de SUCO, leur permet de produire de marmelades, du vin et des bonbons, qu’elles vendent ensuite dans la région, augmentant ainsi leurs revenus. Récemment, Marisela a réussi à construire une maison pour elle et sa fille, sur le terrain familial.  « Je ne pouvais pas dormir. Je me disais `j’ai réussi! j’ai bâti ma maison!´ ».

 

 

Astou Dioup est commerçante, conseillère municipale et présidente de la commission environnement de sa commune à Tassette, au Sénégal. Depuis la venue du projet « Dund ak kéew bi » (Vivre longtemps avec l’environnement, en langue wolof), que SUCO soutient en collaboration avec le GRAIM, sa communauté a réussi à mettre en place des pépinières qui aident à contrer la désertification des terres.  « Désormais, nous vendons des arbres un peu partout dans les villages environnants. Nous en prenons aussi pour reboiser nos champs, maisons et espaces publics. Grâce aux pépinières nous avons reboisé aussi notre bois de village, maintenant la forêt est redevenue verte et dense.

 

 

 

 

Crédits photo : Patrice Halley, Elijah St-Louis & CCLAB


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: [email protected]