Changer le monde, un fromage à la fois! Une discussion virtuelle des Retrouvailles

 

 

Voici un résumé d’un entretien en direct sur notre page Facebook qui s’est déroulé dans le cadre des Retrouvailles annuelles de SUCO le 10 juin à 15h00, avec Pedro Estrada, spécialiste en développement rural, cofondateur de l’ONG ALLPA, partenaire de SUCO au Pérou. Pedro est aussi coordonnateur du projet Formagro dans la région de Ancash, exécuté avec SUCO. ALLPA est une organisation qui travaille au développement durable et équitable des familles rurales, et plus particulièrement des familles andines qui se retrouvent en conditions d’exclusion, en renforçant leurs capacités sociales, productives et organisationnelles. 

 

Officiellement constituée en 2010, ALLPA est le fruit d’un processus de création collective, impliquant plusieurs collaborateurs et partenaires, en plus de volontaires, toujours basé sur l’identité culturelle de la région et de sa population. L’organisation fut ainsi créée d’un désir que portaient les intervenantes et intervenants locaux, qui voulaient contribuer à améliorer les conditions de vie précaires des familles agricoles de leur région, dû au manque d’opportunités. ALLPA intervient auprès des familles andines de la région de Ancash, une région au Nord de Lima, située entre 2 000 et 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, où la population est autochtone quechua.

Ainsi s’est entamé avec SUCO un échange afin de trouver la façon de générer un capital social dans la région, de pouvoir collaborer avec les institutions locales, publiques et de coopération, afin de pouvoir offrir d’avantage d’opportunités aux familles. Le projet FORMAGRO, qu’ALLPA exécute avec SUCO depuis 2015, est le plus grand projet de l’organisation et même un des plus important à être exécuté actuellement au Pérou.

Un développement local résilient aux changements climatiques

La nature montagneuse de la région rend l’écosystème très fragile, de par ses conditions météorologiques extrêmes dues à son altitude. Le niveau de scolarisation y est très bas, surtout chez la population adulte. La majorité des familles y pratiquent une agriculture de subsistance, qui parfois ne produit même pas suffisamment pour nourrir toute la famille. ALLPA intervient directement auprès de ces familles, souvent exclues des processus de développement économiques conventionnels.  

Par le développement local, ALLPA souhaite générer un changement socio-économique, auprès des populations agricultrices de la région, dans un esprit de protection et de préservation de l’environnement, et de développement durable. Les familles ciblées par le projet ont accès à de très petites parcelles, qu’elles cultivent à partir de leurs savoirs et connaissances traditionnelles et ancestrales. Ces petits agriculteurs et petites agricultrices commercialisent localement leurs produits, et leur production n’est pas destinée à l’exportation. L’agriculture durable pour eux et elles est l’ unique façon de cultiver, et c’est en se basant sur des pratiques agro écologiques que ALLPA intervient. L’organisation, à travers son travail collaboratif avec les familles, valorise les connaissances et techniques agricoles traditionnelles, et vient les bonifier et parfois techniciser, dans le but de les rendre plus productives et plus viables. 

L’adaptation et la résilience aux changements climatiques demeure un défi important pour les familles de la région. Le projet Formagro travaille avec elles, afin d’améliorer et diversifier les pratiques et que leurs cultures en soient ainsi moins affectées et plus résilientes.  Enfin, sur la question des changements climatiques, malgré que les effets négatifs soient fort importants, l’organisation s’assure d’y voir des opportunités. Par exemple, l’augmentation et la perturbation de la pluviométrie affecte énormément les cultures. Cependant, l’augmentation des températures a permis de développer la culture de fraises, ce qui ne s’était jamais vu à cette altitude. Il faut ainsi transformer les perturbations en opportunités. 

Le changement sous forme de fromage

Il y a quelques années, ALLPA s’est donné un grand défi : celui de développer, produire, et positionner sur les marchés le fromage de la région de Huari. S’en est alors suivi un processus d’accompagnement et formation auprès des femmes, afin qu’elles puissent produire un fromage à partir du lait de leurs vaches. C’est un processus qui a demandé un accompagnement personnalisé avec chaque productrice, en quechua et dans leur propre cuisine. Cela a pris des années, mais ALLPA a ainsi atteint son objectif : développer un fromage de qualité, produit par des femmes de la communauté. Cela a créé tout un changement au niveau de la dynamique sociale. Les femmes ont commencé à développer un produit avec valeur ajoutée et à le vendre, ce qui leur a donné un pouvoir économique qu’elles n’avaient pas auparavant : plusieurs d’entre elles n’avaient même jamais manipulé d’argent.  La marque Jallga Queso (fromage des montagnes, en quechua) a ensuite été créée, ce qui a permis de mieux positionner le produit. Le fromage est offert dans des foires alimentaires et festivals, où il se vend très bien. Aussi, derrière l’idée de vendre un produit se trouve celle de mettre en valeur le travail des productrices tout en faisant découvrir leur identité culturelle et savoirs ancestraux. D’ailleurs, Formagro travaille maintenant avec la seconde génération de fromagères, les filles des productrices, qui parlent espagnol et maitrisent les médias sociaux. Elles apportent un nouveau dynamisme à la commercialisation du produit. 

De plus, le produit a permis la création de la route du fromage, un circuit de découverte, permettant de visiter les familles productrices et ainsi observer le processus de production, participer à des dégustations et connaître la richesse culturelle de la région.  

Un travail de proximité

L’un des plus grands facteurs de réussite du travail d’ALLPA et du projet Formagro est de valoriser l’identité des populations. En effet, le fait de miser sur l’identité culturelle et la langue locale, en s’assurant que les personnes intervenantes aient cette sensibilité pour travailler en proximité permet d’atteindre les résultats attendus. D’ailleurs, la façon de travailler de SUCO pour favoriser une intervention de proximité basée sur une constante analyse des problématiques du terrain transparait énormément dans la philosophie de ALLPA. 

Enfin, l’intervention auprès de toute la cellule familiale est une formule gagnante pour le projet et pour ALLPA. En effet, le fait d’améliorer les activités productives pour les femmes – l’accès aux ressources économiques, positionnement sur les marchés, etc. – est bénéfique pour toute la famille. De plus, il est important pour Formagro que les femmes ne soient pas seulement inclues dans les espaces de décision mais qu’elles aient réellement une place dans la communauté, que leur voix soient entendues. 

Cliquez ici pour visionner l’entretien en espagnol, animé par Émilie Lemieux, représentante SUCO et directrice du programme Formagro au Pérou.

 


Renseignements supplémentaires:

Émilie Lemieux
Directrice – Formagro
Representante SUCO au Pérou
Courriel: [email protected]

 


Les jeunes en faveur d’une agriculture familiale

 

 

Daivyd Yactayo, de Valle Escondido, une jeune entreprise qui vend des nectars et yogourts de fruits
agroécologiques au marché de Lunahuan, en plus de répartir à domicile. Crédit photo: Carlos Ly

 

L’agriculture familiale est la forme prédominante de production agricole dans le monde (FAO, 2014). Elle s’adapte à toutes les conditions géographiques et climatiques et elle tient un rôle important dans la gestion des ressources naturelles, la préservation du patrimoine culturel et la sécurité alimentaire. Plus de 83% des travailleurs et travailleuses agricoles du Pérou (3 millions) pratiquent ce type d’agriculture.

En plus des multiples défis auxquels sont confrontés les producteurs et productrices qui réalisent une agriculture à petite échelle, la pandémie de la COVID-19 a provoqué la fermeture des marchés et l’arrêt du commerce entre les villes et les régions. Les mesures de distanciation sociale et de protection qui accompagnent le processus de réactivation économique nous amènent à repenser les modes de production et de commercialisation. Pour prioriser la santé publique, il faut aussi prioriser l’environnement. Ainsi, une transition vers des systèmes de production agroécologique devient nécessaire, non seulement pour protéger l’environnement et les écosystèmes, mais aussi pour prévenir la propagation de nouvelles maladies infectieuses.

Dans le contexte actuel, plus que jamais, l’agroécologie émerge comme un processus intégral qui enracine les bases pour une transition écologique des systèmes alimentaires, et où l’agriculture familiale joue un rôle fondamental. Les marchés agroécologiques et les points de vente bios sont des espaces qui instaurent une relation entre les personnes qui produisent et celles qui consomment des aliments sains et locaux, en faveur d’une résilience socio-écologique.

 

Ronaldo Macazana cultive de jeunes légumes avec son entreprise «Huerto agroecológico doña Barry».
Crédit photo: Carlos Ly

 

De jeunes producteurs et productrices qui innovent en milieu rural

Au Pérou, 2211 jeunes (1228 femmes et 983 hommes) diplômés en agriculture, élevage, et gestion d’entreprises agricoles, produisent en combinant savoirs ancestraux et techniques modernes, selon une approche agroécologique. Ils et elles ont acquis ces compétences grâce aux modules de formation technique développés par SUCO et ses partenaires ALLPA et IDMA dans le cadre du projet FORMAGRO. Les entreprises innovatrices de 46 entrepreneurs (femmes et hommes) ont été récompensées durant les 4 éditions du Fonds Wiñay (« grandir » en quechua). Il s’agit d’un concours de financement dirigé aux jeunes entrepreneurs des régions de Ancash et Lima, sur la base de leur plan d’affaires.

Cliquez ici pour visionner la vidéo de la troisième édition de remise de prix du Fonds Wiñay région de Ancash et ICI pour la remise de prix pour la région de Lima.

Tout en s’adaptant à la réalité changeante, les jeunes entrepreneurs·es mettent en valeur l’importance d’une alimentation saine, et l’apport direct de l’agriculture familiale pour assurer la sécurité alimentaire des centres urbains. Les marchés locaux prennent une place significative, comme par exemple le marché agroécologique Biolurín, où les producteurs et productrices agroécologiques des abords de la rivière Lurin, à Lima, vendent leurs produits.

 

Productrice agroécologique du marché Biolurín. Crédit photo: Marcial Vargas.

 

Erika Eugenio et Natalia González commercialisent leur fromage de type andin au marché de Huari.
Crédit photo : Carlos Ly.

 

Des espaces de réflexion pour les jeunes

La pandémie a accéléré la réflexion sur les impacts de l’activité humaine sur l’environnement et les changements climatiques. Cette thématique avait d’ailleurs été abordée en juin 2019 lors du Forum sur les changements climatiques dans la région d’Ancash. Ce sont 250 personnes qui se sont réunies à Huaraz pour réfléchir sur la façon d’adapter les systèmes agricoles andins aux changements climatiques, particulièrement dans la région d’Ancash qui abrite la Cordillère Blanche.

Cliquez ici pour visionner la vidéo résumé du Forum sur les changements climatiques.

 

Enfin, les jeunes vivant en milieu rural demandent à occuper une plus grande place dans les espaces de prise de décision. SUCO organise différents événements où les jeunes peuvent s’exprimer et débattre sur des thèmes qui leurs tiennent à cœur, en lien avec la ruralité, l’agroécologie, et les défis qui existent pour influencer l’agenda publique national sur les questions agricoles. Le Forum sur les jeunes ruraux et  l’agroécologie réalisé en mars 2018 à Lima dans le cadre du projet FORMAGRO a donné la parole aux jeunes de différentes régions du Pérou, précisément sur ces questions.

Cliquez ici pour visionner la vidéo du Forum sur les jeunes ruraux et l’agroécologie.

 

Jeunes qui participent au Forum sur l’adaptation aux changements climatiques en élaborant la maquette d’un système agricole et d’élevage durable. Crédit photo: Carlos Ly

 

Jeunes participants et participantes au Forum sur les Jeunes ruraux et l’agroécologie en pleine élaboration de la déclaration de l’événement. Crédit photo : Carlos Ly

 

Carla Salvador, membre de la Coopérative Agraire de Santa Cruz LTDA, qui présente sa farine de kiwicha au marché de Huayla de Caraz, Ancash. Crédit photo: Carlos Ly

 

Ronald García produit du fertilisant bio avec sa marque Fito Killari a Yungay, Ancash. Crédit photo: Carlos Ly

 

 

 


Renseignements supplémentaires:

Émilie Lemieux
Directrice – Formagro
Representante SUCO au Pérou
Courriel: [email protected]

 


Pour SUCO, le 8 mars c’est tous les jours!

 

 

Année après année la date du 8 mars nous rassemble, où que nous soyons, quoi que nous fassions ici au Canada ou ailleurs. Elle est bien souvent l’occasion d’une pause pour réfléchir à ce que cela signifie pour nous toutes et tous personnellement, mais aussi dans notre milieu de travail, de militance, d’étude, au sein de notre communauté.

Pour SUCO, le 8 mars c’est tous les jours…! et c’est l’engagement que nous prenons : mettre les droits et la participation des femmes au cœur de toutes nos interventions.

 

« Afin d’assurer des changements durables et profitables pour l’ensemble des membres d’une collectivité, SUCO se préoccupe du respect des droits et de la pleine participation des femmes aux décisions et aux actions qui les concernent ». (Planification stratégique de SUCO 2019-2025)

Il est malheureusement encore d’actualité de continuer la lutte pour la reconnaissance des droits des femmes et l’amélioration des rapports de pouvoirs entre les femmes et les hommes.

 

« En dépit de certains progrès, la communauté internationale s’accorde à reconnaître que la situation de la plupart des femmes et des filles dans le monde évolue extrêmement lentement. Aucun pays n’est en mesure, à ce jour, d’affirmer avoir atteint l’égalité des sexes. Les nombreux obstacles rencontrés tant sur le plan juridique que sur le plan culturel semblent immuables. Les femmes et les filles restent sous-évaluées, elles travaillent plus et gagnent moins, avec des perspectives plus limitées. Elles subissent des formes diverses de violence chez elles et dans les lieux publics. » (Communiqué d’ONUFEMMES dans le cadre de la Journée internationale des femmes, 11 décembre 2019)

 

Avec nos  partenaires d’Haiti, du Nicaragua, du Sénégal, du Burkina Faso, du Honduras, du Bénin et du Pérou, nous croyons fermement au pouvoir transformateur des femmes et des filles et travaillons activement à  la reconnaissance et valorisation de leur travail, particulièrement en milieu rural; à la mise en place de conditions propices à l’émergence et l’épanouissement du leadership des femmes et des filles; à favoriser leur autonomie économique, mais également à la transformation des rapports de genre pour atteindre un monde juste, viable et solidaire.

Ce sont les femmes qui luttent jour après jour pour améliorer leurs conditions de vie et celles de leur communauté, les rapports au sein de leur famille et de la communauté qu’elles habitent, qui nous inspirent.

 

Voici l’histoire de deux de ces femmes inspirantes:

 

Marisela García vie à La Esperanza, au Honduras. Elle est membre du Réseau AMIR, une association de plus de 650 femmes autochtones Lencas qui, pour améliorer la qualité de vie des femmes de la communauté, a participé à la mise sur pied d’une usine de transformation des fruits que des femmes comme Marisela produisent sur leurs parcelles. L’usine, qui bénéficie du soutien et de l’accompagnement de SUCO, leur permet de produire de marmelades, du vin et des bonbons, qu’elles vendent ensuite dans la région, augmentant ainsi leurs revenus. Récemment, Marisela a réussi à construire une maison pour elle et sa fille, sur le terrain familial.  « Je ne pouvais pas dormir. Je me disais `j’ai réussi! j’ai bâti ma maison!´ ».

 

 

Astou Dioup est commerçante, conseillère municipale et présidente de la commission environnement de sa commune à Tassette, au Sénégal. Depuis la venue du projet « Dund ak kéew bi » (Vivre longtemps avec l’environnement, en langue wolof), que SUCO soutient en collaboration avec le GRAIM, sa communauté a réussi à mettre en place des pépinières qui aident à contrer la désertification des terres.  « Désormais, nous vendons des arbres un peu partout dans les villages environnants. Nous en prenons aussi pour reboiser nos champs, maisons et espaces publics. Grâce aux pépinières nous avons reboisé aussi notre bois de village, maintenant la forêt est redevenue verte et dense.

 

 

 

 

Crédits photo : Patrice Halley, Elijah St-Louis & CCLAB


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: [email protected]


En route vers le changement!

 
Crédit photo : Helena Vallès

 

Dans le cadre du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), financé par Affaires Mondiales Canada (AMC), 13 jeunes âgés·es entre 19 -30 ans, se sont envolés·es au début du mois de février vers le Nicaragua, le Honduras, le Pérou et le Sénégal pour contribuer aux actions de changement de SUCO et de ces partenaires sur le terrain.

Crédit photo: Héléna Valles | Formation pré-départ, Montréal, QC

 

S’engager à faire un stage de six mois à l’international est une décision importante. À l’instar d’un échange étudiant ou d’un voyage à travers l’Europe en sac à dos, il y a une grande appréhension sur ce qu’on va vivre comme expérience. Cela demande une dose de courage et même un peu d’audace.

Vivre six mois à l’étranger dans un nouveau pays nous permet d’apprendre ou de s’améliorer dans une langue étrangère, de découvrir de nouvelles coutumes. C’est aussi l’opportunité de participer à des projets concrets qui accompagnent les communautés des pays où intervient SUCO à devenir plus résilientes aux changements climatiques, à avoir accès à des systèmes alimentaires viables et encourager le respect des droits et la participation équitable des femmes et des filles dans leur communauté.

 Formation pré-départ, Montréal, QC
Crédit photo: Héléna Valles | Formation pré-départ, Montréal, QC

Alors quelles sont les sources de motivation de ces jeunes acteurs et actrices de changement à s’engager dans un stage professionnel à l’international?

Pour Émilie Lamarre, stagiaire en Égalité femme-homme au Pérou, c’est de contribuer aux changements durables au sein d’une communauté et développer son expertise professionnelle. Tandis que pour Tristan Gingras, stagiaire en Gestion de projet au Sénégal, c’est la découverte d’une nouvelle culture et l’envie de partager  ces connaissances. Sandra Ngoga, stagiaire en Communication au Sénégal, est motivée à l’idée d’en apprendre plus sur elle-même, elle désire avoir une meilleure compréhension des enjeux en développement international et avoir l’opportunité d’évoluer professionnellement pour mieux orienter sa carrière.

Un stage à l’international est une façon concrète de développer des compétences professionnelles, mais c’est aussi une opportunité de contribuer aux actions pour l’atteinte de monde viable, de faire partie d’un réseau international d’acteurs et d’actrices de changement et de créer des liens au-delà des frontières.

Et vous? Quelles sont vos sources de motivation?

Pour ne rien manquer des opportunités de stages à l’international, inscrivez-vous à notre Alerte-Emploi!

 


Renseignements supplémentaires:

Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: [email protected]

 


Solidarité et renforcement de compétences : SUCO en Haïti

 

« Le 12 janvier 2010, on s’en souvient. On s’en souviendra toujours. À 10 ans du tremblement de terre qui a secoué l’Haïti, j’aimerais que nous prenions le temps… le temps d’enterrer nos morts et de faire notre deuil; mais aussi le temps de nous souvenir de la solidarité de nos amis·es, de l’union et la coopération qui nous permettent de poursuivre la lutte pour la justice, du combat du peuple haïtien pour le droit à une vie digne pour toutes et tous, du combat pour l’égalité. Ce combat est aussi le combat de l’humanité, du peuple canadien. C’est aussi le combat de SUCO. »

Marie Denise Léger Samson, représentante de SUCO en Haïti

À l’occasion du 10e anniversaire du séisme d’Haïti, SUCO se solidarise avec le peuple haïtien, avec qui nous travaillons depuis presque 20 ans. Nous réaffirmons notre engagement à continuer à travailler aux côtés des communautés et des citoyens et citoyennes pour améliorer les conditions de vie des femmes, des enfants et des hommes en Haïti.

Depuis 2001, SUCO accompagne les organisations communautaires, les organisations non gouvernementales et la population paysanne d’Haïti dans ses initiatives de développement rural. Le chemin parcouru a été semé d’embûches. Des ouragans, des inondations et d’intenses périodes de sécheresse ont affecté nos zones d’intervention pratiquement tous les ans depuis 2001. Le tremblement de terre dévastateur de 2010 a créé une onde de choc en Haïti autant que dans le monde entier. Ajoutons à ces catastrophes naturelles les crises politiques qu’a connues le pays.

Cependant, en collaboration avec nos partenaires locaux, de nombreuses actions ont été menées. Nous sommes particulièrement fièrs·es du Djakout peyizan, un manuel illustré de formation en techniques agro écologiques. Publié en 2003, le manuel est toujours d’actualité après plus de 15 ans : près de 500 leaders communautaires et formateurs et formatrices ont permis son rayonnement. Djakout peyizan est toujours utilisé par les producteurs et productrices agricoles d’Haïti. Nous sommes également fièrs·es du Gid Alimanté, créé en grande partie grâce à l’engagement et l’appui des femmes haïtiennes.

C’est presque 20 ans de travailler main dans la main avec nos partenaires. Avec des organisations comme GRAFHES, Le Réseau d’enseignement professionnel et d’interventions écologiques (REPIE), COPEDH, GRIEL, les associations paysannes de Marigot, Cercle Divers, l’Association des producteurs et vendeurs de fruits du sud (ASPVEFS) nous avons collaboré à renforcer les capacités des paysans et paysannes en agriculture agroécologique et leur résilience face à un environnement dégradé et vulnérable aux changements climatiques.

Toujours dans une vision de développement durable et à long terme, nous avons déployé des actions d’accompagnement auprès des producteurs et productrices agricoles : reboisement, compostage communautaire et gestion des déchets organiques, nouvelles pratiques d’élevage de cabris, réhabilitation de jardins maraichers et de systèmes d’irrigation, amélioration des techniques de commercialisation, formation en nutrition, formation en agroécologie, pour nommer quelques exemples.

Bien évidemment, rien n’aurait pu être accompli sans l’implication des populations qui nous ont accueillis au sein de leur communauté.

Ensemble, SUCO, ses partenaires et les communautés locales, nous avons beaucoup accompli; ensemble, nous allons accomplir encore plus.

Linda Gagnon

 


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme -Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 201
Courriel: [email protected]


Une bonne récolte d’idées pour SUCO à IVCO 2019

 
Crédit photo : Twitter @VSO_Rwanda

 

Sous le leadership de FORUM, la grande rencontre internationale annuelle du volontariat, IVCO, s’est tenue du 27 au 30 octobre derniers à Kigali, au Rwanda. Après avoir été hôtesse, avec Oxfam-Québec, de l’édition 2018 à Montréal, SUCO était, cette fois, l’une des participantes. Notre directrice générale, Geneviève Giasson, et notre responsable du volontariat, Anne Vincent, nous ont représentés·es.

La thématique de l’édition de cette année portait sur l’adoption de standards de qualité communs pour les entités œuvrant en volontariat international en matière d’élaboration des projets, de gestion des volontaires, de sécurité et de mesure d’impact. Dans une vision de la coopération en changement et d’un monde instable dans plusieurs régions, ce travail, fait par les membres de FORUM, est plus que pertinent. Il devrait permettre d’adopter des pratiques encore plus ancrées dans les besoins des populations et davantage soucieuses de leur impact positif pour celles-ci.

Les thématiques de la gestion des volontaires et de la mesure d’impact  ont particulièrement intéressé nos représentantes. Dans un souci d’apprentissage et avec l’amorce d’une nouvelle planification stratégique pour SUCO, elles ont fait un plein d’expériences et de façons de faire stimulantes pour améliorer nos propres pratiques.

Nos représentantes ont aussi pu prendre le pouls de la diversité et du dynamisme du volontariat international et national. L’une des richesses de cette édition d’IVCO fut sans doute la présence de représentants.tes des pays d’Afrique. À travers les présentations et les échanges en atelier, ils et elles ont notamment pu partager les approches de volontariat national existantes dans plusieurs pays. Celles-ci permettent aux jeunes de s’impliquer positivement au sein de collectivités et de renforcer ainsi leur leadership.

 

 


Faites le choix d’agir!

 

 

Changez le monde 

Vous êtes un·e jeune de 19 à 30 ans et vous avez à cœur le développement international, engagez-vous!

SUCO vous offre la possibilité de participer à une expérience de stage de 6 mois dans des domaines d’emploi variés (Développement communautaire, Agriculture durable, Égalité entre les femmes et les hommes, Gestion de projet, Communication, etc) en Amérique Latine et en Afrique de l’Ouest. 

Ces stages vous permettront de développer des compétences essentielles pour la réussite de votre carrière professionnelle. 

Le programme

Le programme de Stage Internationaux pour les Jeunes (PSIJ) permet aux jeunes diplômé.e.s de niveau postsecondaire de vivre une expérience de solidarité significative à l’international. Les mandats de stage visent à renforcer l’autonomie des organisations et des collectivités dans les pays partenaires et ils font partie de la Stratégie Emploi Jeunesse du Gouvernement du Canada.

Vous correspondez aux critères suivants? Envoyez-nous votre CV

  • Détenir la citoyenneté canadienne ou la résidence permanente (le certificat de citoyenneté ou la carte de résidence permanente sera exigé à des fins de conformité administrative)
  • Avoir entre 19 et 30 ans
  • Etre titulaire d’un diplôme d’études postsecondaires liés au stage offert
  • Avoir l’autorisation de travailler au Canada
  • N’avoir jamais participé à un stage dans le cadre de ce programme

Consultez toutes les offres ici : http://suco.org/recherche-emploi/

Prochain départ : février 2020

Date limite pour appliquer : 07 décembre 2019

*A noter que les stages ne sont pas crédités pour des fins scolaires

Pour plus d’information sur le programme : http://suco.org/stages/ et pour visionner l’implication d’une stagiaire, cliquez sur l’image : 

 

 

Le Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) est réalisé avec l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires mondiales Canada (AMC).

 

 


Renseignements supplémentaires

Dominique N. Moukala
Agente de programmes – Gestion de programmes
[email protected]
514 272-3019, poste 224


Des jeunes participent à la dynamisation de la région Las Segovias au Nicaragua grâce au projet Entrepreneuriat pour la jeunesse rurale

 

165 petites entreprises et 237 jeunes de 18 à 30 ans ont consolidé leurs activités dans leur région au cours des 2 dernières années

Depuis octobre 2017, des centaines de jeunes du Nicaragua, dans la région nord du pays, las Segovias, ont pu renforcer leurs capacités dans le cadre du projet Entrepreneuriat pour la jeunesse rurale. Ces jeunes se sont vu offrir non seulement la chance de développer des alternatives de travail viables et rentables, mais ont aussi pu voir dans leur région un endroit où ils pourront développer leur plein potentiel, mettre sur pieds des projets, s’impliquer au sein de leur communauté, travailler en collaboration, échanger des idées, devenir des citoyens et des citoyennes à part entière. L’apport des jeunes ne peut qu’être positif pour cette région qui est confrontée à un exode rural important en raison des difficultés d’accès à l’emploi

Les entreprises couvrent une grande gamme d’activités économiques, allant de la boulangerie, à l’élaboration de produits à base de porc, stockage et vente en gros de céréales, production, torréfaction et mise en marché de café, production et vente de miel, gestion de marchés biologiques, etc… En plus d’offrir des occasions d’emploi, les marchés biologiques ont permis d’améliorer l’accès à des produits de qualité pour la population locale et d’offrir des débouchés pour les fruits, légumes, viande, œufs, fromages des agriculteurs et agricultrices des villages situés à proximité des marchés.

Des actions qui portent fruit

Au cours des 2 dernières années, le projet a appuyé 165 petites entreprises mises sur pied par des jeunes ayant d’abord participé à un programme de formation en gestion de fermes agroécologiques entre 2011 et 2017. 237 jeunes de 18 à 30 ans, dont 30 % sont des jeunes femmes, ont pu consolider leur entreprise respective qui prennent différentes formes :  individuelles, familiales ou sous forme de coopératives. Les jeunes ont également eu accès à un financement via du micro-crédit coopératif de plus de 100 000 $, à des formations techniques selon leurs besoins, à des formations en gestion, à des formations en mise en marché et à des rencontres d’échanges avec d’autres entrepreneurs et entrepreneures de leur domaine d’activité.

Des pratiques écologiques et responsables

61 entreprises ont adopté des technologies vertes pour leur divers processus de transformation et ainsi diminuer la pression sur les ressources naturelles (surtout le bois et l’eau). Par exemple, des fours utilisant les résidus de café ont été implantés pour les activités de torréfaction du café (au lieu d’utiliser du bois). Également, des boulangeries utilisent dorénavant des fours améliorés plus performants au niveau énergétique et qui consomment jusqu’à 70% moins de bois. Toutes les entreprises ont également adopté des bonnes pratiques de gestion des déchets passant par la réduction, la récupération, la réutilisation et le recyclage.

Un succès malgré le climat politique instable

Malgré la grave crise politique, sociale et économique que traverse le Nicaragua depuis 2018, il est important de noter que seulement 27 entreprises ont dû diminuer leurs activités ou, au pire, fermer leurs portes pour 3 d’entre elles. Toutes les autres entreprises créées sont toujours en opération. Un fonds de crédit est toujours disponible pour les jeunes du projet, mais aussi pour tous et toutes les jeunes intéressés·es de la région. La grande majorité des jeunes sont maintenant des membres à part entière de coopératives, certains et certaines ont même intégré des conseils d’administration, une réalité qui n’existait pas il y a à peine 3 ans. Les formations et l’appui reçu ont définitivement dynamisé la région et ouvert des portes aux jeunes.

Un projet d’envergure ne peut se mener seul

Au cours des 2 années du projet, SUCO a pris en charge la supervision générale du projet qui a été mis en œuvre sur le terrain avec ses 3 partenaires : la coopérative d’épargne crédit 10 de Mayo, la coopérative de services multiples Santiago et la Fondation pour le développement économique rural (FIDER). Ces partenaires ont mis en place toutes les activités, géré un fonds de crédit pour les jeunes, offert les formations et organisé les rencontre d’échanges. Des volontaires de SUCO ont également participé au succès du projet. 2 volontaires ont apporté leur appui en commercialisation et marketing, tandis qu’une troisième a travaillé à intégrer les notions d’égalité femmes-hommes dans le projet.

Entreprenariat pour la jeunesse rurale a été financé par le Programme québécois de développement international (PQDI) du Ministère des relations internationales et de la francophonie du gouvernement du Québec (MRIF) et appuyé par le Programme de coopération volontaire financé par Affaires mondiales Canada.

 


Renseignements supplémentaires

Linda Gagnon
Chargée de programme
[email protected]
514 272-3019, poste 228

 


Court métrage documentaire : La solidarité des femmes au cœur de la souveraineté alimentaire

 

La solidarité des femmes au cœur de la souveraineté alimentaire

De juin à décembre 2018, deux stagiaires montréalaises se sont lancées dans un mandat d’appui-conseil en égalité entre les femmes et les hommes : l’une au Sénégal et l’autre au Pérou. Elles ont exploré une facette voilée de la lutte féministe : la souveraineté alimentaire. Ce court métrage met en lumière l’implication des femmes en matière d’accès à la terre et de justice climatique.

 

La solidarité des femmes au cœur de la souveraineté alimentaire | Gabrielle Lauzon et Dahlia Jiwan | 2018 | Sénégal, Pérou | SUCO | 15 min

Gabrielle Lauzon et Dahlia Jiwan ont réalisé un mandat comme conseillères en égalité entre les femmes et les hommes au Pérou et au Sénégal dans le cadre du Programme de stages internationaux pour les jeunes. Avant de partir du Canada, elles savaient que l’égalité entre les femmes et les hommes était encore un enjeu majeur dans notre société, mais une fois rendues là-bas, elles ont réalisé que la solidarité entre femmes défie le statu quo tant au Pérou qu’au Sénégal.

Équipe

Intervenantes au Sénégal : Fatou Sow Ndiaye, Sar Mariame Traoré, Oumy Seck
Intervenantes au Pérou : Mery Urbano Castillo, Doris Urbano Castillo, Elena Urbano Castillo
Réalisation : Dahlia Jiwan, Gabrielle Lauzon, Michèle Le Moëligou, Caroline Wegner Tolio
Partenaires au Pérou : Instituto de Desarollo y Medio Ambiente (IDMA)
Soutien à la réalisation : Gabriela Flores Sedano, Herbert Howard Gutierrez Alamo
Partenaire au Sénégal : Groupe de Recherche et d’Appui aux Initiatives Mutualistes (GRAIM)
Soutien à la réalisation : Diao Diop, Ganta Diagne Counta
Contribution : Éléonore Durocher-Bergeron, Alpha Sow, Sarah Toulouse, Linda Gagnon
Caméra Sénégal : Malick Djitte
Caméra Pérou : Sergio Castillo
Montage et sous-titrage : Thome Hue-Hermier
Traduction : Caroline Wegner Tolio


Vidéo réalisée dans le cadre du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ) grâce à l’appui financier d’Affaires mondiales Canada, dans le cadre de l’Objectif carrière de la Stratégie emploi jeunesse du gouvernement du Canada.


SUCO sera bientôt au Bénin !

 

De nouveaux projets pour SUCO !

Dès novembre 2019, trois de nos conseillers·ères volontaires partiront à Bohico, dans le département du Zou au Bénin, afin d’appuyer notre partenaire ALDIPE avec ses programmes ECMS et PADCE XXI. Ils et elles seront suivis·es d’un de nos groupes Québec sans frontières en juin 2020.

 

 

Notre partenaire : ALDIPE

Notre partenaire, l’Association de Lutte pour un Développement Intégré et pour la Protection de l’Environnement (ALDIPE), est une organisation non gouvernementale béninoise. ALDIPE travaille avec des populations défavorisées en préconisant des approches de responsabilisation et d’auto-promotion. L’organisme participe au développement socio-économique et culturel de l’Afrique en général et, plus particulièrement, du Bénin : il travaille dans les départements du Zou, des Collines, de l’Atlantique et du Couffo. Les principaux domaines d’intervention d’ALDIPE sont l’agriculture durable, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la santé communautaire, l’éducation et la formation, la promotion des droits des enfants et des femmes et la gouvernance locale. Les questions de l’environnement et de genre constituent les axes transversaux de ses interventions.

Nos volontaires

Notre conseiller·ère en commercialisation et notre conseiller·ère en environnement et agroécologie collaboreront avec ALDIPE dans le cadre de son programme de Promotion de l’Agriculture Durable et d’une Citoyenneté Engagée au XXIème siècle (PADCE XXI) visant à promouvoir le développement des filières agricoles locales (riz, maïs et soja) par des communautés ancrées durablement dans leurs territoires dans les communes d’Abomey, Zakpota, Zangnanado et Zogbodomey dans le département du Zou. Notre conseiller·ère en participation citoyenne des jeunes se concentrera plutôt sur le programme d’Éducation à la Citoyenneté Mondiale et Solidaire (ECMS) qui vise à conscientiser les jeunes aux enjeux du développement, aux inégalités qui les entourent et aux mécanismes qui engendrent ces inégalités.

 

Notre groupe QSF

De son côté, notre groupe Québec sans frontières s’installera à Allahé, dans la commune de Za-kpota, pendant 70 jours à l’été 2020. Ils et elles participeront au projet L’agroécologie et les savoirs ancestraux pour le respect de l’environnement en réalisant un diagnostic sur les pratiques agricoles et les connaissances en agroécologie des producteurs·trices de la région et en présentant des ateliers à la ferme-école mise en place par ALDIPE. Dans le cadre du projet ECMS, ils et elles discuteront avec des jeunes lors d’ateliers en plus de les encourager dans leurs activités de reboisement.

 


Renseignements supplémentaires :

Anne Vincent
Chargée de programme – volontariat
[email protected]
514 272-3019, poste 231