«Un engagement sans frontières» : série de balados

 

 

L’expérience en volontariat est différente pour tous et toutes. Afin de donner un espace aux différentes histoires des volontaires qui partent réaliser un mandat à l’international, nous avons produit une série de baladodiffusions : “Un engagement sans frontières”.  La série a d’abord été lancée dans le cadre des Retrouvailles annuelles de SUCO, et une séance de questions-réponses a eu lieu avec les volontaires en direct de notre page Facebook. La discussion est d’ailleurs toujours disponible pour visionnement.

La série vous permet d’écouter le récit de 4 volontaires qui ont vécu des expériences variées et qui vous partagent leur perception des pays où ils et elles ont travaillé, ainsi que des acteurs et actrices de changement qu’ils et elles ont côtoyés durant leur mandat. Les volontaires abordent également l’impact des actions et des partenaires sur leur communauté. Il est marquant de constater l’enthousiasme des volontaires dans le partage de leur expérience. Ils et elles sont d’accord sur le fait que vivre une expérience en coopération internationale a permis de renforcer leur sens de l’engagement citoyen et de mieux comprendre les enjeux auxquels nos partenaires, mais également nous-même, faisons face. Ils et elles ont des profils différents qui procurent une richesse aux histoires et qui donneront probablement la piqûre aux auditeurs et auditrices qui caressent l’idée de se lancer en coopération internationale.

Suivez le lien pour écouter la série de baladodiffusions : “Un engagement sans frontières”!

Et celui-ci pour visionner la séance de questions-réponses qui eu lieu avec les volontaires en direct de notre page Facebook jeudi 11 juin.

À propos du volontariat chez SUCO

Être volontaire avec SUCO, c’est s’engager à vivre une expérience humaine enrichissante. C’est de vivre avec les communautés à l’étranger, dans les pays où SUCO travaille, et co construire des initiatives avec eux. C’est faire sa part pour que notre monde soit plus juste, plus solidaire et plus durable. De plus, cela implique de comprendre que nous sommes tous et toutes interconnectés·es et que les actions d’une personne ont inévitablement un impact sur les autres.

SUCO oeuvre dans plusieurs pays, et avant d’y envoyer nos volontaires, nous identifions et développons avec nos partenaires sur le terrain au préalable les projets ou les actions nécessaires pour mener le changement qu’ils et elles souhaitent voir. L’idée étant de soutenir les personnes des communautés avec lesquelles nous travaillons pour renforcer leurs capacités. Une fois ces besoins identifiés, des mandats à combler sont définis, puis les personnes intéressées à s’engager comme volontaires ou stagiaires posent leurs candidatures. Les personnes choisies s’envolent ensuite réaliser leurs mandats, qui varient en durée.

Pour ne rien manquer des opportunités de volontariat, inscrivez-vous à notre Alerte-Emploi!

 


Renseignements supplémentaires:
Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: [email protected]

 


Soutenir les acteurs et actrices de changement dans leur adaptation à la COVID-19

 

 

Photo : Carlos Ly

 

Depuis le mois de mai, et cela chaque semaine, nous vous partageons l’histoire d’un acteur ou d’une actrice de changement dans son adaptation à la COVID-19 sur notre page Facebook.

Cette crise l’aura démontré, ce sont des personnes inspirantes et capables d’une grande résilience. Ci-dessous vous trouverez donc les histoires de Daysi Yactayo Chalso au Pérou, Lucis Dorlus en Haïti, Ambroise Assigname au Bénin et Nuri Maguiña Ropon au Pérou.

SUCO mobilise des gens, des savoirs et des ressources pour bâtir des systèmes alimentaires viables et renforcer la résilience climatique, en s’assurant que la réalité des femmes est prise en compte et qu’elles participent aux décisions. Faire un don à SUCO vous permet donc de participer à cette mission et cet objectif de construire un monde plus solidaire, plus équitable et plus durable.

 

Daysi Yactayo Chalso

Daysi (troisième personne à droite sur la photo) est actrice de changement et participante à notre projet FORMAGRO au Pérou. Daysi a 36 ans et habite dans la province de Cañete au Pérou. Elle travaille dans l’entreprise familiale appelée “Valle Escondido” avec ses frères, parents et enfants.
« Les mesures prises au niveau national ont conduit la Foire Agroécologique de Lunahuan, notre principal espace commercial, à suspendre toutes ses activités.
» Les premiers jours, nous ne savions pas quoi faire et nos ressources financières s’épuisaient. Alors que l’état d’urgence se prolongeait, nous avons décidé de reprendre la production, en particulier de yaourts fruités, qui sont de plus en plus demandés dans la région.
» La famille a appris à s’adapter aux conditions actuelles et à profiter des outils numériques. Nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve, mais nous savons que nous ne resterons pas les bras croisés.»

 

Lucie Dorlus

Lucie est actrice de changement et participante à notre projet PROMAVI avec notre partenaire ASPVEFS en Haïti. Lucie est agricultrice et commerçante à Madan Paul, une localité située dans la commune de Camp Perrin. Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.
« Tout en prenant des précautions, je continue d’aller au marché, mais avec une fréquence réduite et je passe moins de temps dans les rassemblements aux marchés. Cela me permet de passer plus de temps au champ.
» Au niveau de la vente de mes produits agricoles aux marchés, il y a moins de clients et clientes, et les gens s’empressent pour acheter. En conséquence, il reste toujours une partie que je n’arrive pas à écouler ou que j’écoule à crédit.
» Cependant, le projet PROMAVI a continué de nous donner beaucoup de travail pendant cette période ce qui est positif! J’aimerais que l’on puisse trouver un endroit précis ou une institution qui pourrait acheter nos productions pour nous éviter d’aller dans les rassemblements au marché. Je suis fière d’être agricultrice, parce que l’agriculture c’est la base et elle nous donne à manger. Je la considère comme une « pièce maîtresse » du pays. »

 

Ambroise Assigname

Ambroise est acteur de changement et bénéficiaire de l’appui de notre partenaire ALDIPE au Bénin. Ambroise est producteur de maïs à Yokon au Bénin depuis vingt ans et exerce ce métier pour parvenir aux besoins de sa famille et ceux de la population. Il nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.
« Depuis l’apparition du COVID-19 le gouvernement de mon pays a pris des mesures préventives dont la mise en place du cordon sanitaire et la limitation des déplacements afin d’éviter la propagation de ce virus. Ceci a eu un impact important sur nos activités, notamment sur le prix de tous les produits de première nécessité et la mévente.
» En ma qualité de producteur, je stocke et conserve mes produits agricoles afin de les mettre sur nos différents marchés en période de soudure. L’obstacle le plus important dans l’exercice de mon métier est la rareté des pluies qui modifie le calendrier agricole. Mais en revanche à la fin des grandes campagnes agricoles, j’obtiens de bon rendement et le sourire revient aux lèvres grâce à l’appui technique des agents vulgarisateurs de l’ONG-ALDIPE.
» Nous ne savons pas ce que cette année nous donnera avec l’interdiction des réunions de formation mais nous gardons l’espoir. »

 

Nuri Maguiña Ropon

Nuri est actrice de changement participante à notre projet FORMAGRO au Pérou. Nuri est spécialiste en développement commercial chez Formagro à Ancash. Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.
« L’arrivée de cette crise sanitaire a été surprenante. Cela a complètement paralysé nos activités sur le terrain et nous a obligés à innover notre stratégie de soutien technique, qui est l’une des principales activités d’échange avec les familles participant à FORMAGRO à Ancash.
» Nous nous sommes tournés vers les accompagnements virtuels avec les appels téléphoniques et l’utilisation de l’application WhatsApp. Bien que ce ne soit pas la même chose que l’accompagnement en face à face, nous essayons de ne pas nous déconnecter des situations que traversent les entreprises familiales et collectives et nous proposons des solutions pour les aider à la fois dans leur production, leur transformation et leur commercialisation.
Beaucoup d’entrepreneurs décapitalisent en raison du manque de marchés ou de l’autoconsommation. Cela génère de l’impuissance, sans pouvoir faire grand-chose dans l’articulation commerciale, puisque les marchés ne fonctionnent pas comme avant la COVID-19. »

 

SUCO accompagne des personnes comme Daysa, Lucie, Ambroise et Nuri pour renforcer leurs capacités d’action et celle de leur collectivité en vue d’améliorer leurs conditions sociales, économiques et environnementales. Pour soutenir des acteurs et actrices de changement comme eux, vous pouvez faire un don à ce lien.

 


Renseignements supplémentaires

Émilie Thierry
Chargée de projet, collecte de fonds
[email protected]

 


L’impact de la COVID-19 sur les économies africaines

 
Face à la menace mondiale d’une pandémie qui ne connaît pas de frontières, notre propre
sécurité sanitaire dépend de celle du monde entier. La coopération internationale doit devenir la priorité dans cette croisade planétaire de la lutte aux épidémies virales.

Au mois de mai 2020, alors que le « déconfinement » se met en branle graduellement un peu partout dans le monde, la pandémie du coronavirus sévit encore sévèrement dans plusieurs pays. Toutefois, jusqu’à maintenant, l’Afrique demeure une des régions du monde parmi les moins touchées. Comment expliquer cette situation alors que l’Afrique est quand même de plus en plus interconnectée avec le reste du monde? Elle possède des liens commerciaux très étroits avec la Chine et l’Europe, les principaux foyers de transmission de la pandémie.

Évidemment, le faible nombre de tests effectués et le manque de données épidémiologiques faussent probablement le bilan, le nombre de cas étant sans doute sous-estimé. On peut aussi considérer que l’épidémie a gagné l’Afrique quelques semaines après l’Europe, ce qui a permis à ses dirigeants d’adopter des mesures préventives efficaces en amont.

Malgré une croissance démographique exponentielle, la densité de la population en Afrique est encore moindre que celle du Sud-Est asiatique et la pyramide des âges y est beaucoup plus jeune que dans les pays du Nord. De plus, selon certains experts, les traitements prophylactiques pour la malaria, très répandus en Afrique, offrent peut-être un effet protecteur contre le coronavirus, bien que la science est loin d’être unanime à ce sujet.

Les inévitables préjugés

Cependant, l’Afrique n’est peut-être pas une pauvre victime sans défense de la pandémie. Selon des penseurs comme Felwine Sarr, économiste et écrivain qui met son expertise au service du plan de résilience économique et sociale du gouvernement sénégalais, si les prédictions des instances internationales sont si alarmistes pour le continent africain, c’est sans doute une preuve de la persistance de l’afro-pessimisme.

Des intellectuels africains considèrent que les représentations négatives sur l’Afrique sont tellement ancrées dans l’image que nous avons du continent qu’elles masquent souvent sa réalité et ses ressources dont sa population active, mobilisable et créative et les réseaux de professionnels formés qui y sont établis ou qui font partie d’une diaspora connectée au continent, comme le suggère cet article.

Le virus ou la faim

Nonobstant, le nombre de cas augmente irrémédiablement en Afrique et la propagation du virus fait craindre le pire. Au plan économique, le continent risque tout de même de subir des conséquences dommageables de cette pandémie. Selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, la croissance économique du continent sera assurément affectée. Les impacts négatifs de la crise sanitaire se feront sentir à court et à long terme sur les économies africaines qui étaient déjà fragilisées par la chute marquée des prix des matières premières.

De plus, Oxfam prévoit que la hausse des coûts des denrées alimentaires et les aléas des changements climatiques qui affectent la production agricole pourraient amener 50 millions de personnes à souffrir de la faim en Afrique de l’Ouest.

La faiblesse des infrastructures de santé dans la majorité des pays africains représente également un risque évident, sans compter que le confinement des populations est un défi difficile à relever pour les plus pauvres. Les gouvernements n’ont pas les ressources fiscales pour leur offrir des programmes de soutien et dans les mégapoles africaines, la majorité des citadins vivent de l’économie informelle. Chaque jour, ils doivent sortir de leur domicile pour gagner ce qui leur permettra de survivre jusqu’au lendemain. Dans ces conditions, un confinement strict équivaut à une condamnation à la famine. Cependant, cette pandémie pourrait être l’occasion de repenser le développement de l’Afrique.

Et demain, le renouveau

À l’heure où nous écrivons ces lignes, personne ne peut prédire précisément ce que seront les conséquences de la propagation du virus sur le continent africain ainsi que ses effets potentiels au plan sanitaire et socioéconomique. On ne peut pas nier l’important risque qui découle de la possible contamination massive de la population africaine. Il existe toutefois sur ce continent de nombreuses personnes éclairées, capables de prendre des décisions efficaces qui pourraient éviter des dérapages majeurs.

Les Africain·es ont développé des savoir-faire dont d’autres pays pourraient s’inspirer, et cette crise sanitaire offre une occasion de soutenir des politiques de développement élaborées selon les perspectives africaines. Tout comme Felwine Sarr, des intellectuels comme le Camerounais Achille Mbembe et l’écrivain nigérian et Prix Nobel Wole Soyinka réclament que les gouvernements africains apportent une réponse fondamentale, puissante et durable à la menace réelle de la COVID-19, menace qui ne doit être ni exagérée ni minimisée, mais prise en compte de manière rationnelle. Les investissements prioritaires devraient être portés sur les systèmes de santé bien sûr, mais aussi sur le renforcement et la diversification des économies.

Selon Esther Duflo, Prix Nobel d’économie en 2019, la COVID 19 est certes une crise pour les pays en développement, mais avec la contribution d’une coopération internationale renouvelée avec les pays du Nord comme le Canada, cette pandémie n’a pas nécessairement à devenir une catastrophe.

Crédit photo: Djigui Soumare

 


Renseignements supplémentaires:

Roch Harvey
Chargé de programme – développement des affaires
(514) 272-3019 poste 233
Courriel : [email protected]


De cette crise, que ferons-nous?

 

 

 

*Ce billet a été publié sur Nous.Blogue dans le cadre des célébrations de son cinquième anniversaire.
Nous.Blogue est une initiative de Communagir.
a
22 avril 2020. Jour de la Terre. Bizarre de contexte. Coup de pied au derrière. Plus que des décennies de manifestations, c’est probablement la COVID-19 qui aura eu le plus d’impact sur les changements climatiques.

***

Écrire ce billet, c’est revenir à la maison après une longue absence. Les 5 ans de Nous.blogue et le confinement sont propices à se poser.

Deux ans sans écrire ou presque. Un long voyage, ici et ailleurs, pour mettre les choses en perspective et moi-même au défi, portée par un idéal de monde plus « collectif », mais aussi plus viable.

J’ai cherché qu’elle pouvait être ma contribution, ma petite valeur ajoutée, dans la transition écologique. Bien petite, assurément, vu l’ampleur de la tâche, mais peut-être pas vaine conjuguée à un ensemble d’autres. J’en ai conclu que je pouvais contribuer à connecter les efforts, à leur donner de la force, de la visibilité, de l’importance. Que je pouvais aussi mettre ma capacité d’entreprendre au service des gens qui, par nécessité, avec intelligence, conscience et cœur, prennent la parole et agissent.

La nécessité et le changement

L’histoire se déroule à Huaraz, dans les Alpes péruviennes, à 3 052 mètres d’altitude, en juin de l’année dernière. C’était avant la pandémie.

L’air est limpide, très sec. L’oxygène plus rare qu’au niveau de la mer; la moindre côte montée trop vite fait pomper le cœur. Le soleil est chaud; j’en suis plus proche que jamais dans ma vie. Dès qu’il disparaît derrière un mur, le froid reprend ses droits. C’est l’hiver là-bas, à ce temps de l’année. Tout simplement magnifique! Le Mont Huascaran, en toile de fond, est un géant, le plus haut du Pérou avec ses 6 768 mètres. Son glacier n’est toutefois plus aussi éternel qu’il le fut…

À Huaraz, j’ai assisté au forum du projet FORMAGRO1 sur le thème des changements climatiques. Les participantes et participants sont des jeunes quechuas, issus des communautés rurales andines. Quand le glacier du Huascaran aura fondu et ceux des autres géants aussi, il n’y aura plus assez d’eau dans les Andes pour arroser leurs cultures et abreuver leurs animaux. Avec les changements climatiques, les événements extrêmes sont déjà plus fréquents. Lorsque la pluie torrentielle s’abat sur la terre desséchée, elle entraîne avec elle la route, les maisons, les récoltes, les bêtes et parfois les humains. C’est là quelques-uns des problèmes auxquels les jeunes quechuas cherchent des solutions, avec une fine connaissance de leur coin de monde, de la passion, de l’intelligence et très certainement aussi le sentiment de ne pas avoir le luxe d’échouer.

Cette histoire se répète, d’exemple en exemple, exposant la réalité tangible et difficile des bouleversements en cours dans le monde, notamment le monde rural et économiquement pauvre. Elle se conclut chaque fois avec la nécessité et l’urgence d’agir.

L’Anthropocène et les zoonoses

Dans un article publié le 29 mars sur le site web de Radio Canada2, le journaliste Ahmed Kouaou fait le postulat de liens entre la crise sanitaire actuelle et notre rapport à la nature. Il cite Serge Morand, écologiste de la santé au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) en France.

Selon ce chercheur, la pandémie de coronavirus n’est pas étrangère aux actions humaines. La perte de la biodiversité, la disparition de forêts, l’élevage intensif, la chasse aux animaux sauvages, ainsi que nos pratiques agricoles invasives seraient des accélérateurs de la crise écologique, dont découlerait la crise sanitaire. L’augmentation remarquée des crises sanitaires de type zoonoses3 résulterait des contacts accrus entre la faune sauvage (dont le territoire s’amenuise), les animaux domestiques et d’élevage (de plus en plus nombreux) et les humains (de plus en plus nombreux, eux aussi).

L’occasion et la transition

Pour diminuer les risques de pandémie comme celle que nous vivons, Serge Morand soutient qu’il faut revoir notre modèle globalisé et, notamment, réinsérer les activités agricoles dans les territoires. Si nous options pour des pratiques plus agroécologiques et localisées, nous serions en mesure d’assurer notre sécurité alimentaire, de générer des revenus décents pour nos agriculteurs, de dynamiser nos communautés, tout en préservant durablement la biodiversité et la santé humaine et animale.

La réalité et les choix ne sont pas nécessairement simples, en tout cas dans un territoire nordique comme le Québec. La tomate qui pousse l’été dans un champ de la Montérégie ou sur le toit d’un immeuble montréalais est un bon choix. Toutefois, celle produite en serre durant l’hiver est énergivore; plus que l’autre produite au Mexique, toutes dépenses énergétiques confondues. Par contre, acheter des tomates de serre du Québec, soutient des entreprises d’ici qui pourront, avec le temps, parvenir à réduire leur consommation d’énergie en améliorant leurs technologies et leurs pratiques, notamment si des incitatifs gouvernementaux le facilitent.

Les aliments étant devenus des biens de consommation comme d’autres, sur-diversifiés, d’accès facile, gaspillables même, nous avons très probablement perdu de vue l’immense opération que représente la production d’aliments pour les 7,78 milliards de bouches humaines, ainsi que pour les 65 milliards4 d’animaux élevés et tués chaque année pour être mangés à leur tour. Si nous profitions de la pandémie pour réinvestir notre alimentation, ce serait déjà un immense pas vers plus de durabilité.

Serge Morand n’est pas le seul, dans cet air du temps si particulier, à prôner un retour à un mode de vie plus sobre et local. Si j’en crois le microcosme de mes réseaux sociaux, la révolution serait même en marche : faire son pain, partir ses semences de légumes et se mettre aux conserves l’automne venu, faute d’avoir une serre pour cultiver toute l’année.

J’en suis, remarquez. J’espère que, de ce réapprentissage forcé du temps et de la manière de faire les choses, il nous restera des compétences, de l’ingéniosité et suffisamment de volonté pour ne pas perdre la main sitôt qu’elle sera déconfinée.

Quoi qu’il en soit, cette pandémie est du jamais vécu depuis le début de l’Anthropocène. Elle est mondiale et se vit d’une manière si intime, dans l’isolement de chaque maison. Elle nous prend toutes et tous, riches comme pauvres. Contrairement au réchauffement du climat, malheureusement difficile à appréhender à l’échelle de nos existences individuelles, la COVID-19 touche chaque être humain, individuellement et collectivement, localement et mondialement.

La pandémie sera-t-elle suffisante pour induire des prises de conscience et des changements? Peut-être, si de nombreuses voix s’élèvent en même temps, mais, surtout, si les solutions pour vivre mieux et plus durablement sont là, prêtes à l’emploi, faciles, ludiques presque, sur le pas des portes, dès que les confinés que nous sommes mettrons le nez dehors.

Une chose est certaine, jamais nous n’aurons la chance d’avoir autant d’écoute, d’esprits ouverts au changement et de gens prêts à une certaine transition écologique. Si nous n’en sommes pas, ce ne sera pas faute d’avoir eu la perche bien tendue.

***

Entreprises fermées, consommation et déplacements restreints; l’économie est ralentie d’une façon sans précédent. Pendant ce temps, la planète se repose. Par un exemple inespéré, la pandémie montre combien l’activité humaine est délétère5. Le ciel s’éclaircit, l’eau redevient limpide, les animaux reviennent, certes moins nombreux, mais encore là, habituellement repoussés aux marges du monde que nous nous arrogeons.

Possible qu’après la pandémie les émissions polluantes repartiront à la hausse. Le système économique, énergies fossiles dans les moteurs, voudra redémarrer sur ses bases. Sera-t-il possible de proposer d’autres voies? Les mesures actuellement prises par les états pour venir en aide aux travailleurs et aux entreprises fragilisés par la crise sont de potentiels vecteurs d’une intéressante transformation.

Le Panier Bleu, lancé au Québec tout dernièrement, est un exemple de mesures qui interpellent un nouveau « nationalisme » et a des chances de réussir, les Québécoises et Québécois prenant conscience des impacts de leurs choix de consommation et de l’importance de soutenir leur économie locale et nationale. Un pas de plus pourrait être de préparer la reprise d’une économie davantage décarbonisée. Encore là, je pense que nous pouvons y faire en proposant des solutions de rechange concrètes, à la portée des entreprises et des individus, notamment sur le plan de l’organisation du travail (nous serons déjà des expertes et experts du télétravail), des technologies, de l’énergie et du transport.

Les jeunes quechuas

Nous.blogue, pour ses 5 ans, nous invite à nous projeter dans ce que sera le développement collectif dans 10 ans. S’il y a quelque chose de clair, pour ma part, c’est que le développement humain sera différent ou ne sera pas bien longtemps.

Il ne pourra être durable qu’à condition de ne pas miser sur une exploitation encore accrue des ressources et sur la consommation et la croissance comme motos. Le pouvoir citoyen, dans ce qu’il a d’engagé et de protecteur du bien commun, devra prendre plus de place. L’éducation devra être une plus grande priorité, tant pour comprendre les problèmes et leurs causes, pour dépasser les préjugés et les idioties, que pour générer des solutions durables.

Revenons aux jeunes quechuas.

L’élan généré par une prise de parole et de pouvoir est une puissante source de motivation et de changement. Si on leur laisse la place, les écoute, soutient leurs projets, elles et ils pourraient être les agentes et agents de la nécessaire transition écologique, non seulement dans les Andes, mais partout. De cette crise, que feront-ils? Que feront-elles? Espérons qu’ayant tiré des leçons, les jeunes ne voudront plus revenir en arrière. Espérons que nous serons assez sages et lucides pour ne pas les empêcher d’avancer.

 

 

1. FORMAGRO est un projet mené par SUCO qui cherche à créer un système alimentaire écologiquement, économiquement et socialement viable. Il forme les jeunes des communautés andines à l’agroécologie et les appuie dans le développement de débouchés économiques.

2. La crise sanitaire est liée aux actions humaines, selon un écologisteAhmed Kouaou, ici.radio-canada.ca

3. On appelle zoonoses les maladies qui se transmettent des animaux vers les humains. Les coronavirus se retrouvent naturellement chez les animaux, notamment les chauves-souris. Ces dernières ne nous infectent pas directement, mais à travers d’autres animaux qui jouent un rôle d’intermédiaires.

4. Selon l’estimation de la FAO.

5. En Chine, on estime que de 1 à 2 millions de personnes meurent chaque année de la pollution atmosphérique. Avec la pandémie, cette surmortalité a momentanément diminué de 20 % à 30 %. Si on compte environ 3 500 morts (officiels) du coronavirus, c’est encore de nombreuse vies qui seraient épargnées par une meilleure qualité de l’air.

 


Renseignements supplémentaires:

Geneviève Giasson
Directrice générale
Courriel : [email protected]

 


Nouvelles de nos volontaires et stagiaires de retour au Canada

 

 

Suite aux mesures prises par le gouvernement canadien en réponse à la pandémie de la COVID-19, ainsi que par les gouvernements des pays où nous intervenons, SUCO a rapatrié ses volontaires et stagiaires et a mis en pause l’envoi de toute nouvelle personne sur le terrain. Nous sommes d’ailleurs heureux et heureuses de vous confirmer que tous·tes nos volontaires et stagiaires sont maintenant revenus·es au Canada!

Désormais, les énergies de SUCO sont consacrées à adapter nos activités afin de continuer à soutenir nos partenaires pour mener les changements qu’ils veulent voir dans leur communauté. Il est évident qu’à l’issue de cette crise sanitaire mondiale, la solidarité internationale sera d’autant plus importante pour renforcer la capacité des collectivités à se relever plus vite. Ainsi, SUCO redouble d’efforts pour maintenir son approche de proximité malgré le confinement.

Bien que les volontaires et stagiaires soient de retour au Canada, leur coeur est toujours avec les partenaires qu’ils et elles appuyaient. Voici quelques messages qu’elles et ils souhaitent partager avec des personnes qui les ont aidés·es à revenir à la maison et avec nos partenaires.

Chers partenaires :

À toute l’équipe de JVE Sénégal, plus particulièrement à Djibryl Niang, Oureye Sonko et Amath Diouf, nos chers collègues qui nous ont accueilli dans la très grande famille de JVE dès le premier jour : merci. Merci de nous avoir fait découvrir un pays dont la bonté et la générosité des gens nous épataient chaque jour, merci de nous avoir accueilli parmi vous avec les bras ouverts. Grâce à vous, mon temps passé au Sénégal fait maintenant parti des plus belles expériences de ma vie.

Votre sœur pour toujours,

Roxane Pellerin, stagiaire au Sénégal

 

Nunca tuve la oportunidad de decirles cuánto los admiro y cuánto admiro lo que hacen, porque como dijera Eros Ramazzotti, ustedes « trabajan con el corazón » y eso es algo que me toca profundamente y que deja una huella indeleble en las comunidades y en las personas con las que ustedes trabajan. Les mando muchos abrazos solidarios desde la cuarentena quebequense y sepan que los pienso a diario.

Nayheli Alliu, volontaire au Pérou

 

¡Hola compañeras y compañeros de COSECHA! No logramos vernos todos y todas al final ¡pero saben que un día que volveremos a juntarnos! Les deseo a ustedes y sus familias lo mejor para el futuro. Muchas gracias de nuevo por la maravillosa experiencia que viví con ustedes. 🙂 ¡Un abrazo grande!  

Caroline Mary, stagiaire au Honduras

 

Chers partenaires, je vous envoie toutes mes ondes positives. Nous sommes toutes et tous ensemble pour passer à travers cette étape difficile.

Audrey Perreault, stagiaire au Nicaragua

 

À la Red, nous étions comme une petite famille. Grâce à elle, mon intégration s’est bien déroulée, j’ai rencontré de merveilleuses personnes. Je tiens à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi lors de mon passage. J’en suis profondément reconnaissante et agréablement touchée. Je salue particulièrement Dona Raquel, Victor ainsi que mon équipe projet. Je ne garde que de bons souvenirs.

Christine Nguini, stagiaire au Honduras

 

Chers équipes d’Allpa et de l’IDMA, je profite de cet espace pour remercier chacune et chacun de vous pour votre confiance, votre ouverture et votre appui tout au long de mon mandat, ainsi que pour l’engagement et le dévouement dont vous avez fait preuve à chaque jour envers les participantes et participants au projet FORMAGRO. Merci à vous toutes et tous pour les conversations, les apprentissages et les beaux moments que nous avons pu partager. A bientôt!

Marie Létourneau, stagiaire au Pérou

 

Aux personnes qui nous ont prêté main forte pour rapatrier nos équipes :

 

Je suis très reconnaissante aux personnes qui ont dédié de nombreuses heures à notre retour au pays, autant les employés du gouvernement et de l’ambassade du Canada, ainsi que ceux et celles des lignes aériennes et des aéroports, sans qui il aurait été impossible de revenir chez nous. Il est important de remercier particulièrement les agriculteurs et agricultrices partout à travers le monde qui continuent à produire des aliments de qualité, qui nous permettent de nous maintenir en santé et dont l’importance est trop souvent oubliée! 

Catherine Dodaro, stagiaire au Pérou

 

Merci aux partenaires pour l’appui dans le rapatriement des volontaires en région à Lima. Merci à l’équipe terrain pour leur engagement et support dans la semaine de quarantaine à Lima. Merci aux volontaires et aux stagiaires pour leur résilience.

Margarita Canales, volontaire au Pérou

 

 

Il est nécessaire de souligner les efforts des travailleuses et travailleurs de première ligne. Toutes et tous autant que vous êtes, vous faites une différence. À toutes ces personnes qui ont croisé mon chemin virtuellement ou physiquement, je pense à vous et vous avez un grand impact malgré le confinement.

Saphia Arhzaf, stagiaire au Sénégal

 

 

Je veux prendre le temps de remercier tous ceux et toutes celles qui ont permis mon retour à Montréal – le gouvernement du Canada et celui du Pérou, l’équipe de SUCO et les gens qui, dans l’ombre, ont mis du leur pour adoucir ce processus! Je pense à mon copain Anderson, mon amie Frédérique, le chauffeur de taxi, Mabel qui a coordonnée la logistique. J’espère que le retour sur le terrain se fera prochainement, d’ici là merci pour tout, et à bientôt, à tous ceux et toutes celles qui sont loin!

Catherine Joubert, volontaire au Pérou

 


Renseignements supplémentaires:

Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: [email protected]

 

 

 


Portraits de nos stagiaires : Karen-Melissa Perez Espinoza

 

 

 

« Je cherchais un emploi après avoir terminé mon diplôme de premier cycle. Heureusement, après d’innombrables recherches, j’ai découvert l’opportunité de faire un stage au Nicaragua pour travailler sur l’égalité entre femmes et hommes avec SUCO. J’ai immédiatement appliqué pour deux raisons principales. Mon origine est, en fait, nicaraguayenne, donc c’est l’occasion de revenir à mes racines et de contribuer au développement social de ce pays. Ma deuxième motivation est l’opportunité de travailler concrètement dans mon domaine d’études.

» SUCO et moi partageons des valeurs qui sont, à mon avis, cruciales pour un développement social sain dans le monde entier. Par conséquent, j’ai décidé de participer à une aventure qui non seulement me donnera l’expérience terrain que je recherche, mais enrichira également mes connaissances.

» Si je peux au moins amorcer un changement de mentalité qui réduirait l’écart entre femmes et hommes en matière d’égalité, ça serait une victoire! »

Karen-Melissa Perez Espinoza, de Montréal, a réalisé un stage en communication et égalité femme-homme au sein de notre partenaire local Proyecto Miriam au Nicaragua.

 


 

Dans le cadre du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), financé par Affaires mondiales Canada  (AMC), 13 jeunes âgés·es entre 19 et 30 ans se sont envolés·es au début du mois de février vers le Nicaragua, le Honduras, le Pérou et le Sénégal avant que la COVID-19 nous oblige à rapatrier nos équipes. À travers ces portraits, nous mettons en vedette les participants·es PSIJ qui contribuent aux actions de changement de SUCO et de ses partenaires sur le terrain.

 

Crédit photo : Helena Vallès

 


Renseignements supplémentaires:

Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: [email protected]


Retour sur le Salon Ma carrière en développement international

 

 

La deuxième édition du Salon ma carrière en développement international s’est tenue le samedi 22 février 2020, au Centre Culturel de l’Université de Sherbrooke dans le cadre du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ). Plus d’une centaine de personnes étaient présentes lors du salon. Cette deuxième édition a été possible par une concertation d’organismes en coopération internationale : L’AMIE, Mer et MondeSUCO, le Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-Saint-Jean et le Carrefour de la solidarité internationale.

Lors de cette journée, les participants·es ont pu s’informer des débouchés professionnels en coopération internationale et obtenir des renseignements concrets sur les types d’employeurs et les types de programmes offerts. Avec près d’une quinzaine de kiosques présents, les représentants·es des organismes de coopération internationale ont eu l’opportunité de présenter aux jeunes les différents axes d’intervention de leurs organismes et engager des conversations sur les nombreuses offres disponibles au Canada, ainsi qu’en Afrique et Amérique Latine. Durant la matinée, les jeunes ont pris part à un atelier sur le marketing de soi et réseautage animé par Eléonore Durocher-Bergeron, qui a su prodiguer des conseils enrichissants sur les techniques de réseautage.

 

 

Rencontres éclair et panel de discussion

En plus de l’atelier sur le marketing de soi et réseautage, une rencontre éclair a permis à dix professionnels·les de la coopération internationale de partager avec les jeunes, leurs expériences et leurs motivations à travailler dans le domaine.

Pour clôturer la journée, les participants·es ont été invités·es à assister à un panel de discussion réunissant trois experts·es aux profils variés dont l’Honorable Marie-Claude Bibeau (ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire), Etienne Doyon (directeur général de Carrefour Solidarité International) et Yannick Daoudi (président fondateur de la Fondation InspirAction). Le panel a été une belle vitrine pour démontrer aux personnes qui veulent s’engager en développement international, qu’il n’y a pas de parcours professionnel préétabli; ce qu’il faut avant tout, c’est posséder le bel équilibre entre les savoirs faire (compétences, aptitudes et connaissances) et les savoir-être (l’humilité, la capacité de travailler dans un milieu culturel différent et l’empathie).

 

 

De gauche à droite, Valérie Savaria (Agente de programmes-PSIJ,Mer et Monde), Dominique N.Moukala (Agente de programmes-PSIJ –Gestion de programmes, SUCO), Etienne Doyon (Directeur Général de Carrefour Solidarité International), l’Honorable Marie-Claude Bibeau (Ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire) Marie-Hélène Lajoie (Agente de programmes-PSIJ, Carrefour de Solidarité Internationale), Emmanuelle Caron-Bédard (Agente de programmes-PSIJ, L’AMIE) Sabrina Ostré (Agente de programmes-PSIJ, CSI-SLSJ), Yannick Daoudi (Président fondateur de la fondation InspirAction).

 

Gros merci à nos collègues Julie Potvin-Lajoie, Anne Vincent et Émilie Thierry, qui ont participé à un atelier de speed-dating « Rencontres-éclair avec des professionnels du milieu » dans le but de répondre aux inquiétudes des participants·es d’une façon plus personnalisé.

 

 

Prochaine édition

Reste à l’affût! Bientôt nous dévoilerons les détails pour participer à la troisième édition du Salon Ma Carrière en développement international. Abonne-toi à notre infolettre pour obtenir toutes les informations.

Il s’agit d’une initiative horizontale mise en œuvre par onze ministères et organismes, dont Affaires mondiales Canada.

 

Photos : Gaëlle Vuillaume

 


Renseignements supplémentaires:

Dominique Moukala
Agente de programme – Gestion de programmes
(514) 272-3019 poste 224
Courriel : [email protected]


Lire un livre humain, une rencontre avec des anciens·nes volontaires

 

 

Montréal, 6 février 2020, la chapelle de l’Espace Fullum fut l’hôte de l’événement « Bibliothèque humaine », organisée par l’équipe du [email protected] de la coopération, un groupe de collaboration de différents organismes de coopération international. Malgré la tempête, l’initiative fut un franc succès avec plus d’une centaine de participants·es avide de lire des livres humains et faire la rencontre d’anciens·nes volontaires.

Les lecteurs et lectrices ont pu choisir trois parmi les 30 livres humains proposés, des personnes ayant contribué au Programme de coopération volontaire (PCV) 2015-2020, financé par Affaires mondiales Canada.

Dis-moi ce que tu lis et je te dirais qui tu es…

À titre d’ancienne volontaire pour SUCO, j’ai eu le privilège de partager mon expérience sur le terrain avec des jeunes et des moins jeunes. Il est vrai que j’étais un livre humain, donc je devais partager mon récit. Cependant, en racontant mes anecdotes j’invitais mes interlocuteurs et interlocutrices à me poser des questions pour enrichir la conversation. Ainsi, j’ai eu le privilège d’échanger avec des citoyens·es du monde allumés·es, tous et toutes avide de faire une différence et surtout de vivre des expériences humaines hors du commun.

Cette expérience m’a rendu nostalgique de mes trois ans passés en Haïti. Nous l’étions tous un peu entre livres. Cet événement nous a permis de souffler sur la poussière amassée sur nos souvenirs et de revivre les émotions que l’on met de côté à notre retour au Canada.

Lorsque j’étais en Haïti, mon impact sur l’amélioration des conditions de vie des communautés était concret. Je le voyais et ressentais au quotidien. Je dis souvent que c’est la période de ma vie ou je me suis sentie la plus utile. Depuis mon retour, je me questionne sur l’impact que j’ai dans ma communauté, ici au Canada. La coopération a changé ma perception sur bien des sujets et depuis mon expérience,  je me considère une actrice de changement. Pour moi, être une actrice de changement ça veut dire assumer mon rôle et mes responsabilités dans les actions pour l’atteinte d’un monde viable, pas seulement à l’international, mais également au Canada. Par contre, les opportunités d’engagement sont parfois moins évidentes, je me suis souvent questionnée sur : comment puis-je m’impliquer davantage pour contribuer aux actions pour l’atteinte d’un monde viable?

Des enjeux mondiaux

Et voilà que la bibliothèque humaine m’a permis non seulement de revivre des émotions enfouies en plus de me permettre de contribuer concrètement aux actions pour la sensibilisation des Canadiens et Canadiennes aux enjeux de ce monde et au travail des volontaires.  Des enjeux qui nous concernent tous et toutes. Cet événement m’a offert l’occasion d’inspirer les citoyens·nes à prendre part au mouvement qui nous mènera vers un monde viable, juste et solidaire.

[email protected] de la coopération

Dans le but de sensibiliser le public canadien aux enjeux de développement international, les douze organisations de coopération internationale (OCI) récipiendaire du Programme de coopération volontaire (SUCO, Oxfam QuébecCECI-Uniterrra, Carrefour internationalCUSO, Vétérinaire sans-frontières et plusieurs autres) ont formé le comité [email protected] de la coopération. Le comité a pour objectif d’organiser des événements de sensibilisation concertés entre OCI et ainsi rejoindre un plus grand nombre de personnes.

 

 

Crédit photo : Louis Lavoie


Renseignements supplémentaires:

Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: [email protected]


En route vers le changement!

 
Crédit photo : Helena Vallès

 

Dans le cadre du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), financé par Affaires Mondiales Canada (AMC), 13 jeunes âgés·es entre 19 -30 ans, se sont envolés·es au début du mois de février vers le Nicaragua, le Honduras, le Pérou et le Sénégal pour contribuer aux actions de changement de SUCO et de ces partenaires sur le terrain.

Crédit photo: Héléna Valles | Formation pré-départ, Montréal, QC

 

S’engager à faire un stage de six mois à l’international est une décision importante. À l’instar d’un échange étudiant ou d’un voyage à travers l’Europe en sac à dos, il y a une grande appréhension sur ce qu’on va vivre comme expérience. Cela demande une dose de courage et même un peu d’audace.

Vivre six mois à l’étranger dans un nouveau pays nous permet d’apprendre ou de s’améliorer dans une langue étrangère, de découvrir de nouvelles coutumes. C’est aussi l’opportunité de participer à des projets concrets qui accompagnent les communautés des pays où intervient SUCO à devenir plus résilientes aux changements climatiques, à avoir accès à des systèmes alimentaires viables et encourager le respect des droits et la participation équitable des femmes et des filles dans leur communauté.

 Formation pré-départ, Montréal, QC
Crédit photo: Héléna Valles | Formation pré-départ, Montréal, QC

Alors quelles sont les sources de motivation de ces jeunes acteurs et actrices de changement à s’engager dans un stage professionnel à l’international?

Pour Émilie Lamarre, stagiaire en Égalité femme-homme au Pérou, c’est de contribuer aux changements durables au sein d’une communauté et développer son expertise professionnelle. Tandis que pour Tristan Gingras, stagiaire en Gestion de projet au Sénégal, c’est la découverte d’une nouvelle culture et l’envie de partager  ces connaissances. Sandra Ngoga, stagiaire en Communication au Sénégal, est motivée à l’idée d’en apprendre plus sur elle-même, elle désire avoir une meilleure compréhension des enjeux en développement international et avoir l’opportunité d’évoluer professionnellement pour mieux orienter sa carrière.

Un stage à l’international est une façon concrète de développer des compétences professionnelles, mais c’est aussi une opportunité de contribuer aux actions pour l’atteinte de monde viable, de faire partie d’un réseau international d’acteurs et d’actrices de changement et de créer des liens au-delà des frontières.

Et vous? Quelles sont vos sources de motivation?

Pour ne rien manquer des opportunités de stages à l’international, inscrivez-vous à notre Alerte-Emploi!

 


Renseignements supplémentaires:

Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: [email protected]

 


Les Retrouvailles sont de retour le 11 juin 2020!

 

 

SUCO vous invite le 11 juin prochain à participer aux Retrouvailles annuelles, le rendez-vous des acteurs et actrices de changement de SUCO!

Nous avons déjà bien hâte à nos retrouvailles annuelles, une soirée pour toute la #SUCOmmunauté! Que vous soyez volontaire à l’international, partenaire, membre, donateur ou donatrice, venez faire des rencontres extraordinaires et en apprendre plus sur nos projets et programmes, autant au Québec qu’à l’international. 

Au menu: projections de courts-métrages vidéos, présentation de nos partenaires et des projets que nous accompagnons dans nos différents pays d’intervention, activités interactives, et bien plus! Ce sera également l’occasion d’en apprendre davantage sur le nouveau Programme de coopération volontaire 2020-2027 et sur les projets qui en feront partie. 

Venez discuter avec les membres de la #SUCOmmunauté à travers nos trois axes d’intervention, des enjeux globaux qui nous concernent tous et toutes : les systèmes alimentaires viables, la résilience aux changements climatiques, et les droits et la participation des femmes.

L’événement aura lieu le 11 juin, en soirée. C’est un rendez-vous!

Restez à l’affût des nouveautés!

 


Renseignements supplémentaires:

Yasmina Britel
Agente de programme à la mobilisation du public
(514) 272-3019 poste 234
Courriel: [email protected]