L’impact de la pandémie sur les femmes (partie 1 de 3)

 

 

Et si les anges gardiens étaient plutôt des anges gardiennes? 

Depuis plus d’un mois, le Québec vit à l’ère du coronavirus tout comme plusieurs pays d’Amérique Latine et d’Afrique (plus récemment) et depuis un peu plus longtemps en Asie et en Europe. Il est encore tôt pour une analyse en profondeur des répercussions qu’aura la pandémie sur l’ensemble de la population mondiale. Cependant, dans un monde où les inégalités sont encore bien présentes entre les femmes et les hommes, on pourra sûrement conclure que les femmes seront les plus touchées.

Cependant, il semble opportun et nécessaire de commencer à réfléchir à l’impact de la pandémie sur les femmes, mais aussi sur la représentation réelle et souhaitée des femmes au cœur de la pandémie. Et cela, même si ce ne sera que dans quelques mois que nous pourrons faire une véritable analyse des répercussions sur les femmes et en tirer des leçons.

Quelle reconnaissance pour les femmes?

D’abord, allons-y clairement. Depuis le début, le discours que l’on entend est de type militaire. On parle des personnes qui sont au front, de guerre à la pandémie, de héros, d’un ennemi à combattre… Est-ce ainsi que l’on veut aborder cette crise, par l’autoritarisme et la confrontation? On entend majoritairement des hommes prendre la parole: chefs d’état, médecins, présidents de syndicats (même dans dans les secteurs à prédominance féminine), directeurs de santé publique. On entend quelques femmes, difficile de les écarter quand elles sont ministres de la santé, présidentes d’ordres professionnels, cheffes d’Etat… Mais les entendons- nous et les voyons-nous  suffisamment, alors qu’elles représentent plus de 80% du personnel œuvrant dans les secteurs de la santé, des services sociaux, de l’alimentation, de l’éducation, et qu’elles sont à la tête de plusieurs pays dans le monde?

 Alors le « front », ce sont elles qui y sont…

Peut-être que c’est parce qu’elles sont au front, et où elles sont plus à risque de contracter le virus, qu’on les entend moins. Elles sont occupées à soigner, à nourrir, à laver les personnes malades, à organiser des services d’alimentation, de garde d’enfants, de livraison aux personnes âgées confinées et dans plusieurs pays à assurer l’approvisionnement en eau et en nourriture. 

Une récente campagne québécoise d’appui aux personnes qui travaillent sans relâche jour après jour auprès de la population pour soigner les malades, prendre soin des personnes âgées et assurer les services essentiels montre les visages de ces personnes, majoritairement féminines, et se termine par ces quelques mots « Vous êtes nos anges gardiens ». Et pourquoi pas nos anges gardiennes et nos anges gardiens, pour rendre visible et reconnaître la réelle place des femmes?

Les femmes qui dirigent

Il y a quelques jours dans le magazine Forbes, un article faisait état de la réponse au COVID-19 dans certains pays dirigés par des femmes.  Il est peut être un peu tôt pour en conclure que ces femmes ont réussi à mieux gérer la pandémie, mais force est de constater qu’elles se sont démarquées jusqu’à présent par un style de gouvernance fort différent de certains hommes chefs d’états et qui aura peut-être eu pour effet de protéger une plus grande partie de leur population.

 

Note: Cet article se poursuivra dans deux prochaines publications.

 


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
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