12 août : journée internationale de la jeunesse

 

 

Le 12 août est la journée internationale de la jeunesse. Désignée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1999, cette journée est une célébration annuelle du rôle des jeunes femmes et des jeunes hommes comme partenaires essentiels dans la promotion des droits humaines et du développement. En cette année de pandémie de COVID 19, la jeunesse est particulièrement vulnérable et les défis auxquels sont confrontés les jeunes du monde entier sont grands.

Pour 2020, le thème de la journée est « L’engagement des jeunes pour une action mondiale ». Ce thème vise à mettre en évidence la manière dont l’engagement des jeunes aux niveaux local, national et mondial enrichit les institutions et les processus nationaux et multilatéraux. Ce thème vise aussi à tirer des leçons sur l’amélioration de leur représentation et leur engagement dans la politique institutionnelle formelle. Comme le souligne le rapport OXFAM Québec et de ses partenaires , il n’y aura pas de reprise post COVID 19 sans l’inclusion d’une perspective jeunesse dans l’idéation t la mise en œuvre d’un plan de relance. 

 

SUCO accompagne la jeunesse

SUCO accompagne des mouvements et des associations de jeunes depuis plusieurs années, et a d’ailleurs développé en Afrique de l’Ouest un partenariat avec le Réseau des Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE). Réseau international créé en 2001, JVE vise à développer le leadership et l’écocitoyenneté des jeunes en vue de leur implication dans la promotion durable des communautés. Maintenant l’une des plus grandes organisations environnementales, de volontariat et de jeunesse en Afrique, JVE est née dans un village au Togo, Kpélé-Tsiko dans la région des plateaux, elle a franchi les frontières et bâti les ponts entre des esprits engagés à travers toute l’Afrique et l’Europe notamment. Elle dispose de représentations nationales dans 28 pays sur le continent mais aussi des bureaux de liaison à Bruxelles et Genève

JVE porte le flambeau de la jeunesse et œuvre pour sa formation, sons autonomisation et son émergence via son auto promotion et sa prise en charge entre autre par l’auto-emploi. À ce jour, SUCO travaille principalement avec JVE Sénégal, mais devrait élargir sa collaboration avec les autres JVE présents dans nos pays d’intervention dans les années à venir.

 

JVE Sénégal : un mouvement jeunesse dynamique et créatif!

Lors du webinaire intitulé « Du cimetière de plastique à la GreenTeam: des actions pour mettre en oeuvre une réelle vision écologique! »  qui a eu lieu le 10 juin dernier  nous avons eu la possibilité de d’échanger avec des représentants de JVE Sénégal.

 

Djibril Niang, directeur de JVE Sénégal

 

C’est suite à une conférence donnée à Dakar en 2010 par le directeur de JVE Côte d’Ivoire que 7 jeunes activistes dont 4 hommes et 3 femmes se sont regroupés pour mettre en place JVE Sénégal. Officiellement ouverte en 2013, l’organisation a rapidement fait sa place dans la société civile sénégalaise et est maintenant reconnue pour ses capacités de mobilisation citoyenne et par actions terrains.

 

Des actions pour l’environnement et la résilience climatique 

En quelques années JVE Sénégal, grâce à ses actions terrains et sa compréhension des enjeux a su prendre sa place. La philosophie de JVE Sénégal est de sensibiliser les adultes à l’environnement, alors que les enfants peuvent encore être éduqués et apprendre les bonnes pratiques environnementales. De 18 à 35 ans,  les jeunes ne sont pas que l’avenir du pays, mais font aussi partie de la force vive du pays.

Voici quelques exemples du travail fait par JVE Sénégal : 

  • Création d’une plateforme intitulée la Green Team qui regroupe différentes organisations jeunesse, dont JVE Sénégal. La Green team célèbre ensemble les journées qui parlent d’environnement, dont le 22 avril et a aussi organisé le Green Month en juin 2020. Depuis la création de la plateforme, plusieurs événements virtuels ont été organisés et ont attiré des milliers de personnes.
  • Recyclage et valorisation des déchets plastiques – JVE a été le catalyseur du vote de l’Assemblée Nationale du Sénégal de la loi sur l’interdiction des déchets plastiques et cela suite à sa pétition qui a permis de recueillir plus de 7000 signatures, contre 5000 exigées par la loi. Maintenant, JVE accompagne les institutions et les gens pour les outiller afin de mettre en œuvre cette nouvelle loi.
  • Le programme Bon Geste qui se déroule dans les écoles primaires: Programme à l’éducation à l’environnement avec des sensibilisations sur les changements climatiques, sur la gestion des déchets qui conduit à la reconstruction des cours d’école grâce à la revalorisation des déchets et l’installtion, avec les élèves et dans chaque école, de jardins.
  • Collaboration avec le Ministère de l’environnement et le Ministère de l’urbanisme pour le développement de Plans d’aménagement qui revalorisent les déchets plastique. 
  • JVE est aussi reconnu pour son programme formation action (form-action) qui consiste à identifier chaque année des petites actions faisables (PAF) et à recruter des volontaires pour les exécuter par exemple nettoyer une plage, construire des bancs écologiques, installer des poubelles artisanes de rues, etc. 

 

 

En cette journée internationale de la jeunesse, SUCO salue le travail des associations et mouvements jeunesse, qui tout comme JVE font un travail essentiel pour assurer une pleine participation des jeunes femmes et jeunes hommes aux décisions qui les concernent. 

 


Renseignements supplémentaires

Geneviève Talbot
Chargée de programme – Pôle Afrique
Courriel: genevievetalbot@suco.org

 


Une discussion sur les défis de l’agriculture familiale au Pérou

 

 

Jésus Javier Espinoza, agriculteur et protagoniste dans le documentaire «La voix de l’agriculture familiale». Crédit photo : Marcial Vargas

 

Suite à la projection virtuelle du documentaire La voix de l’agriculture familiale, l’équipe de SUCO au Pérou a organisé un webinaire sur l’agriculture familiale et le développement durable. Comme le documentaire présente l’histoire de six jeunes des Andes péruviennes qui ont lancé des projets d’entrepreneuriat en agriculture durable innovants et écologiques,  la discussion du 24 juin dernier était une occasion d’approfondir et d’ajouter un complément aux thématiques traitées dans le film. Afin d’aborder les enjeux propres aux familles agricultrices et pour répondre aux questions du public, le webinaire a rassemblé plusieurs intervenants et intervenantes du domaine :

  • Jésus Javier Espinoza, agriculteur et protagoniste dans le documentaire ;
  • Marco Artega Romani, agriculteur et entrepreneur ;
  • Luis Gomero Osorio, ingénieur-agronome, professeur d’agriculture biologique, conférencier sur les questions environnementales et d’agroécologie au niveau national et international, agriculteur, et coordonateur du Réseau d’Action en Agriculture Alternative (Red de Acción en Agricultura Alternativa)  ;
  • Paloma Duarte, entrepreneure, directrice de Misha Rastrera, une startup dédiée à la production et à la commercialisation de produits écologiques,  et directrice d’un marché écologique et d’un magasin écologique.

Nous souhaitons vous partager quelques réflexions intéressantes qui ont émergé de cet événement en ligne, et qui en disent un peu plus sur la réalité actuelle de l’agriculture familiale au Pérou.

 

Adaptation au contexte de pandémie

Le coronavirus et les mesures pour en prévenir la propagation ont entraîné des défis pour les agriculteurs et agricultrices, comme des problèmes de transport et d’approvisionnement. L’entrepreneure Paloma Duarte a mentionné que son entreprise avait été paralysée par la situation. Jésus Javier Espinoza, pour sa part, a partagé avoir souffert d’une perte de capital de 5%, qu’il prendra au moins une année à récupérer. Toutefois, tous et toutes s’entendent pour dire que la situation a sensibilisé les consommateurs et consommatrices à l’alimentation saine et locale, ce qui a créé une opportunité pour le secteur de l’agroécologie. Les solutions mises en places telles que la livraison de paniers à domicile permettent de poursuivre la vente. Par contre, le processus d’adaptation dans le contexte de pandémie est généralement coûteux pour les producteurs et productrices. Ainsi, le support des gouvernements locaux est essentiel pour appuyer l’agriculture familiale à se relever de cette crise, a avancé Paloma.

 

Pratiques, technologies et savoirs ancestraux

Pendant la discussion, l’ingénieur-agronome Luis Gomero Osorio a mentionné que les péruviens et péruviennes sont moins proches de la réalité rurale, ce qui fait en sorte qu’un grand potentiel de production demeure inutilisé. Il mentionne comme exemple les terrasses agricoles, pratique ancestrale qui est souvent délaissée en faveur de la technologie conventionnelle. D’autre part, la demande de produits peu coûteux mais tout de même présentables pousse les producteurs et productrices à utiliser des produits chimiques. Ainsi, pour arriver à des méthodes de production agroécologies, il est nécessaire que les consommatrices et consommateurs changent leur perception de la qualité des produits. De plus, afin d’être en mesure d’utiliser des pratiques ancestrales moins nuisibles pour l’environnement, il faut s’assurer que les personnes qui achètent des produits agroécologiques au marché soient prêtes à en payer le juste prix. 

Pour assurer la durabilité et une gestion efficace des ressources, Luis a souligné l’importance du développement du savoir-faire, entre autres par le travail de formation qu’effectue FORMAGRO , un projet que nous mettons en oeuvre avec nos partenaires ALLPA et IDMA.

 

Consommation locale 

À la question concernant l’accès aux produits locaux pour les habitants et habitantes en régions éloignées des villes, Paloma a répondu avoir rencontré  du succès avec les espaces de commercialisation de produits agroécologiques à l’extérieur de Lima. Elle indique qu’il existe des expériences importantes de ce type d’organisation : coopératives, associations et réseaux qui doivent être mis de l’avant. Selon elle, les entrepreneurs·es ont intérêt à continuer à mettre en oeuvre des initiatives pour développer davantage le mouvement agroécologique. À ce propos, elle considère que la jeunesse occupe un rôle fondamental.

 

Vous pouvez lire l’intégralité du résumé du webinaire LA VOIX DE L’AGRICULTURE FAMILIALE: les défis de l’agriculture familiale vers le développement durable, en cliquant ici. Pour le visionner (en espagnol), cliquez ici.

 

Chez SUCO, l’approche de l’agroécologie et de l’agriculture familiale est au centre de nos interventions pour des systèmes alimentaires plus viables et une meilleure résilience aux changements climatiques. Vous pouvez passer à l’action et encourager nos actions au Pérou en cliquant ici.

 


Renseignements supplémentaires

Émilie Lemieux
Représentante SUCO au Pérou
Directrice du projet FORMAGRO
emilielemieux@suco.org
formagro.org


Bienvenue aux représentants·es sur le terrain!

 

 

Mylène Otis, représentante au Burkina Faso, et Jean-Philippe Gélinas, représentant au Honduras. Photos prises à distance par Helena Valles.

 

Le programme de coopération internationale 2020-2027 accueille officiellement ses deux premières personnes volontaires.  Il n’y a pas de doute, le COVID-19 et la fermeture des frontières internationales a eu, et continue d’avoir un impact sur la mobilité internationale. Malgré tout, les actions des partenaires de SUCO sur le terrain se poursuivent et le processus de recrutement des acteurs·trices de changement canadiens et canadiennes suit son court. 

Jean-Philippe

Jean-Philippe Gélinas, représentant pays pour SUCO au Honduras, n’en est pas à sa première expérience en gestion de programme et de partenariat au Honduras avec SUCO. Passionné par la nature, les plantes et l’agro alimentation, il combine sa passion pour la coopération internationale et le monde végétal en débutant son expérience professionnelle dans le cadre du programme d’initiation à la coopération internationale Québec sans frontières en Équateur.  En 2012, c’est un deuxième départ, mais cette fois au Honduras. 

« J’ai senti que je pouvais faire une différence dans le domaine et mettre à profit mon expertise en agroécologie et permaculture.  Le Honduras a été mon premier coup de coeur, et ça l’est encore! Cela me permet aussi d’oeuvrer pour les causes qui me préoccupent le plus : la sécurité alimentaire et nutritionnelle et l’accès à la terre. »

 

Mylène

Mylène Otis, représentante pays pour SUCO au Burkina Faso, détient plus de 20 ans d’expérience en coopération internationale dans ce pays. Après avoir fait ses études en travail social au Québec, elle débute son expérience également à travers le programme d’initiation à la coopération internationale Québec sans frontières au Burkina Faso. 

«J’ai travaillé presque uniquement au Burkina Faso et j’y suis restée, car l’ouverture d’esprit et la grandeur d’âme de la population m’ont beaucoup touchée. M’engager avec SUCO représente pour moi une opportunité de poursuivre ma carrière dans le domaine, tout en exerçant à fond mes qualités professionnelles. »

 

SUCO regroupe des personnes engagées qui ont toutes leur rôle à jouer dans le changement social. Dans le cadre du Programme de coopération volontaire 2020-2027, financé par Affaires mondiales Canada, SUCO est fière d’accueillir au sein de sa #SUCOmmunauté ce citoyen et cette citoyenne  du monde qui ont décidé d’agir et de contribuer aux actions de ses partenaires au Honduras et au Burkina Faso.  

Pour plus d’information sur le recrutement et sur  les programmes de coopération volontaire, inscrivez-vous à notre Alerte-emploi

 


 

Renseignements supplémentaires :
Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: isabelle-tracylaude@suco.org

 


Changer le monde, un fromage à la fois! Une discussion virtuelle des Retrouvailles

 

 

Voici un résumé d’un entretien en direct sur notre page Facebook qui s’est déroulé dans le cadre des Retrouvailles annuelles de SUCO le 10 juin à 15h00, avec Pedro Estrada, spécialiste en développement rural, cofondateur de l’ONG ALLPA, partenaire de SUCO au Pérou. Pedro est aussi coordonnateur du projet Formagro dans la région de Ancash, exécuté avec SUCO. ALLPA est une organisation qui travaille au développement durable et équitable des familles rurales, et plus particulièrement des familles andines qui se retrouvent en conditions d’exclusion, en renforçant leurs capacités sociales, productives et organisationnelles. 

 

Officiellement constituée en 2010, ALLPA est le fruit d’un processus de création collective, impliquant plusieurs collaborateurs et partenaires, en plus de volontaires, toujours basé sur l’identité culturelle de la région et de sa population. L’organisation fut ainsi créée d’un désir que portaient les intervenantes et intervenants locaux, qui voulaient contribuer à améliorer les conditions de vie précaires des familles agricoles de leur région, dû au manque d’opportunités. ALLPA intervient auprès des familles andines de la région de Ancash, une région au Nord de Lima, située entre 2 000 et 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, où la population est autochtone quechua.

Ainsi s’est entamé avec SUCO un échange afin de trouver la façon de générer un capital social dans la région, de pouvoir collaborer avec les institutions locales, publiques et de coopération, afin de pouvoir offrir d’avantage d’opportunités aux familles. Le projet FORMAGRO, qu’ALLPA exécute avec SUCO depuis 2015, est le plus grand projet de l’organisation et même un des plus important à être exécuté actuellement au Pérou.

Un développement local résilient aux changements climatiques

La nature montagneuse de la région rend l’écosystème très fragile, de par ses conditions météorologiques extrêmes dues à son altitude. Le niveau de scolarisation y est très bas, surtout chez la population adulte. La majorité des familles y pratiquent une agriculture de subsistance, qui parfois ne produit même pas suffisamment pour nourrir toute la famille. ALLPA intervient directement auprès de ces familles, souvent exclues des processus de développement économiques conventionnels.  

Par le développement local, ALLPA souhaite générer un changement socio-économique, auprès des populations agricultrices de la région, dans un esprit de protection et de préservation de l’environnement, et de développement durable. Les familles ciblées par le projet ont accès à de très petites parcelles, qu’elles cultivent à partir de leurs savoirs et connaissances traditionnelles et ancestrales. Ces petits agriculteurs et petites agricultrices commercialisent localement leurs produits, et leur production n’est pas destinée à l’exportation. L’agriculture durable pour eux et elles est l’ unique façon de cultiver, et c’est en se basant sur des pratiques agro écologiques que ALLPA intervient. L’organisation, à travers son travail collaboratif avec les familles, valorise les connaissances et techniques agricoles traditionnelles, et vient les bonifier et parfois techniciser, dans le but de les rendre plus productives et plus viables. 

L’adaptation et la résilience aux changements climatiques demeure un défi important pour les familles de la région. Le projet Formagro travaille avec elles, afin d’améliorer et diversifier les pratiques et que leurs cultures en soient ainsi moins affectées et plus résilientes.  Enfin, sur la question des changements climatiques, malgré que les effets négatifs soient fort importants, l’organisation s’assure d’y voir des opportunités. Par exemple, l’augmentation et la perturbation de la pluviométrie affecte énormément les cultures. Cependant, l’augmentation des températures a permis de développer la culture de fraises, ce qui ne s’était jamais vu à cette altitude. Il faut ainsi transformer les perturbations en opportunités. 

Le changement sous forme de fromage

Il y a quelques années, ALLPA s’est donné un grand défi : celui de développer, produire, et positionner sur les marchés le fromage de la région de Huari. S’en est alors suivi un processus d’accompagnement et formation auprès des femmes, afin qu’elles puissent produire un fromage à partir du lait de leurs vaches. C’est un processus qui a demandé un accompagnement personnalisé avec chaque productrice, en quechua et dans leur propre cuisine. Cela a pris des années, mais ALLPA a ainsi atteint son objectif : développer un fromage de qualité, produit par des femmes de la communauté. Cela a créé tout un changement au niveau de la dynamique sociale. Les femmes ont commencé à développer un produit avec valeur ajoutée et à le vendre, ce qui leur a donné un pouvoir économique qu’elles n’avaient pas auparavant : plusieurs d’entre elles n’avaient même jamais manipulé d’argent.  La marque Jallga Queso (fromage des montagnes, en quechua) a ensuite été créée, ce qui a permis de mieux positionner le produit. Le fromage est offert dans des foires alimentaires et festivals, où il se vend très bien. Aussi, derrière l’idée de vendre un produit se trouve celle de mettre en valeur le travail des productrices tout en faisant découvrir leur identité culturelle et savoirs ancestraux. D’ailleurs, Formagro travaille maintenant avec la seconde génération de fromagères, les filles des productrices, qui parlent espagnol et maitrisent les médias sociaux. Elles apportent un nouveau dynamisme à la commercialisation du produit. 

De plus, le produit a permis la création de la route du fromage, un circuit de découverte, permettant de visiter les familles productrices et ainsi observer le processus de production, participer à des dégustations et connaître la richesse culturelle de la région.  

Un travail de proximité

L’un des plus grands facteurs de réussite du travail d’ALLPA et du projet Formagro est de valoriser l’identité des populations. En effet, le fait de miser sur l’identité culturelle et la langue locale, en s’assurant que les personnes intervenantes aient cette sensibilité pour travailler en proximité permet d’atteindre les résultats attendus. D’ailleurs, la façon de travailler de SUCO pour favoriser une intervention de proximité basée sur une constante analyse des problématiques du terrain transparait énormément dans la philosophie de ALLPA. 

Enfin, l’intervention auprès de toute la cellule familiale est une formule gagnante pour le projet et pour ALLPA. En effet, le fait d’améliorer les activités productives pour les femmes – l’accès aux ressources économiques, positionnement sur les marchés, etc. – est bénéfique pour toute la famille. De plus, il est important pour Formagro que les femmes ne soient pas seulement inclues dans les espaces de décision mais qu’elles aient réellement une place dans la communauté, que leur voix soient entendues. 

Cliquez ici pour visionner l’entretien en espagnol, animé par Émilie Lemieux, représentante SUCO et directrice du programme Formagro au Pérou.

 


Renseignements supplémentaires:

Émilie Lemieux
Directrice – Formagro
Representante SUCO au Pérou
Courriel: emilielemieux@suco.org

 


Soutenir les acteurs et actrices de changement dans leur adaptation à la COVID-19

 

 

Photo : Carlos Ly

 

Depuis le mois de mai, et cela chaque semaine, nous vous partageons l’histoire d’un acteur ou d’une actrice de changement dans son adaptation à la COVID-19 sur notre page Facebook.

Cette crise l’aura démontré, ce sont des personnes inspirantes et capables d’une grande résilience. Ci-dessous vous trouverez donc les histoires de Blandine Sankara au Burkina Faso, Lilianie Dor en Haïti, Niel Natividad Laveriano au Pérou, Daysi Yactayo Chalso au Pérou, Lucis Dorlus en Haïti, Ambroise Assigname au Bénin et Nuri Maguiña Ropon au Pérou.

SUCO mobilise des gens, des savoirs et des ressources pour bâtir des systèmes alimentaires viables et renforcer la résilience climatique, en s’assurant que la réalité des femmes est prise en compte et qu’elles participent aux décisions. Faire un don à SUCO vous permet donc de participer à cette mission et cet objectif de construire un monde plus solidaire, plus équitable et plus durable.

 

Blandine Sankara

Blandine Sankara est actrice de changement au Burkina Faso. Blandine est sociologue et coordonnatrice chez Yélémani, partenaire de SUCO au Burkina Faso qui agit dans la promotion de la souveraineté alimentaire. Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.

« Depuis près de 2 mois, certaines activités comme le projet d’éducation que nous menions avec les élèves au lycée, le marché de dimanche des légumes bio à Ouaga, l’organisation d’événements avec les visites guidées et buffet à Loumbila, sont suspendus. Ces suspensions portent préjudice à Yélémani qui aura du mal à faire face à ses dépenses.

» Cependant, étant moins sollicitée, je peux me concentrer sur l’essentiel. Ça me permet de chercher à mieux connaître nos clients, leurs besoins et suggestions pour mieux organiser nos offres en produits alimentaires. Avec la limitation des mouvements et la fermeture des marchés, nous avons par exemple pensé rapidement à diversifier nos offres. C’est ainsi qu’en plus des légumes bio et des jus locaux, nous avons rajouté d’autres produits alimentaires sur notre liste de produits.

» De plus, Yélémani soutient que l’importance de l’écologie et de la souveraineté alimentaire qu’elle prône est aujourd’hui flagrante, d’actualité et le sera bien plus demain. Avec la survenue de la pandémie, la demande en produits sains s’est vue explosée. »

Lilianie Dor

Lilianie Dor est actrice de changement et participante à notre projet PROMAVI avec notre partenaire ASPVEFS en Haïti. Lilianie est agricultrice et commerçante à La Ferme le blanc, une localité située au sud d’Haïti. Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.

« J’ai peur et je me sens limité, on ne peut pas aller où l’on veut. J’ai une fille avec un appareil dans sa tête. À n’importe quel moment, je pourrais me trouver dans l’obligation de me rendre à Port-au-Prince (capital Haïti) avec elle pour trouver des services hospitaliers que son cas nécessite.

» Depuis 1 mois, je reste à la maison. Je ne vais pas au marché, ni pour vendre, ni pour acheter. Cela réduit considérablement mon pouvoir d’achat.

» Heureusement cela va bien pour le projet PROMAVI, j’en profite pour dire merci à SUCO et ASPVEFS pour les outils et les semences que j’ai reçu. Je souhaite que d’autres personnes dans la communauté, qui se sont inscrit comme moi, bénéficient de quelque-chose aussi. »

Niel Natividad Laveriano

Niel Natividad Laveriano (à droite sur la photo) est acteur de changement au Pérou. Niel est co-fondateur de l’entreprise andine de transformation des grains « Quiwi Punch » et bénéficiaire de l’appui de notre projet FORMAGRO au Pérou. Il nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités. Niel craint non seulement d’avoir subi des dommages physiques à sa matière première, mais également des pertes économiques. Il lui a été très difficile de préparer ses produits en raison de la faible disponibilité de ses intrants tels que le sucre ou le kiwicha (céréale andine) ou en raison de l’augmentation excessive des prix au cours de cette période de la pandémie de COVID-19.

« Actuellement, nous nous sommes coordonnés avec nos fournisseurs pour l’acquisition de nos intrants en petites quantités, en prenant toutes les précautions, tant avec les personnes étant sur le terrain qu’avec les fournisseurs; et en faisant attention de respecter les pratiques d’hygiène nécessaires. À l’avenir, nous espérons avoir un petit prêt qui nous aidera à stabiliser l’entreprise. Nous voulons également continuer à participer au salon du voyage afin de générer des revenus économiques. »

Daysi Yactayo Chalso

Daysi (troisième personne à droite sur la photo) est actrice de changement et participante à notre projet FORMAGRO au Pérou. Daysi a 36 ans et habite dans la province de Cañete au Pérou. Elle travaille dans l’entreprise familiale appelée “Valle Escondido” avec ses frères, parents et enfants.
« Les mesures prises au niveau national ont conduit la Foire Agroécologique de Lunahuan, notre principal espace commercial, à suspendre toutes ses activités.
» Les premiers jours, nous ne savions pas quoi faire et nos ressources financières s’épuisaient. Alors que l’état d’urgence se prolongeait, nous avons décidé de reprendre la production, en particulier de yaourts fruités, qui sont de plus en plus demandés dans la région.
» La famille a appris à s’adapter aux conditions actuelles et à profiter des outils numériques. Nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve, mais nous savons que nous ne resterons pas les bras croisés.»

 

Lucie Dorlus

Lucie est actrice de changement et participante à notre projet PROMAVI avec notre partenaire ASPVEFS en Haïti. Lucie est agricultrice et commerçante à Madan Paul, une localité située dans la commune de Camp Perrin. Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.
« Tout en prenant des précautions, je continue d’aller au marché, mais avec une fréquence réduite et je passe moins de temps dans les rassemblements aux marchés. Cela me permet de passer plus de temps au champ.
» Au niveau de la vente de mes produits agricoles aux marchés, il y a moins de clients et clientes, et les gens s’empressent pour acheter. En conséquence, il reste toujours une partie que je n’arrive pas à écouler ou que j’écoule à crédit.
» Cependant, le projet PROMAVI a continué de nous donner beaucoup de travail pendant cette période ce qui est positif! J’aimerais que l’on puisse trouver un endroit précis ou une institution qui pourrait acheter nos productions pour nous éviter d’aller dans les rassemblements au marché. Je suis fière d’être agricultrice, parce que l’agriculture c’est la base et elle nous donne à manger. Je la considère comme une « pièce maîtresse » du pays. »

 

Ambroise Assigname

Ambroise est acteur de changement et bénéficiaire de l’appui de notre partenaire ALDIPE au Bénin. Ambroise est producteur de maïs à Yokon au Bénin depuis vingt ans et exerce ce métier pour parvenir aux besoins de sa famille et ceux de la population. Il nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.
« Depuis l’apparition du COVID-19 le gouvernement de mon pays a pris des mesures préventives dont la mise en place du cordon sanitaire et la limitation des déplacements afin d’éviter la propagation de ce virus. Ceci a eu un impact important sur nos activités, notamment sur le prix de tous les produits de première nécessité et la mévente.
» En ma qualité de producteur, je stocke et conserve mes produits agricoles afin de les mettre sur nos différents marchés en période de soudure. L’obstacle le plus important dans l’exercice de mon métier est la rareté des pluies qui modifie le calendrier agricole. Mais en revanche à la fin des grandes campagnes agricoles, j’obtiens de bon rendement et le sourire revient aux lèvres grâce à l’appui technique des agents vulgarisateurs de l’ONG-ALDIPE.
» Nous ne savons pas ce que cette année nous donnera avec l’interdiction des réunions de formation mais nous gardons l’espoir. »

 

Nuri Maguiña Ropon

Nuri est actrice de changement participante à notre projet FORMAGRO au Pérou. Nuri est spécialiste en développement commercial chez Formagro à Ancash. Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.
« L’arrivée de cette crise sanitaire a été surprenante. Cela a complètement paralysé nos activités sur le terrain et nous a obligés à innover notre stratégie de soutien technique, qui est l’une des principales activités d’échange avec les familles participant à FORMAGRO à Ancash.
» Nous nous sommes tournés vers les accompagnements virtuels avec les appels téléphoniques et l’utilisation de l’application WhatsApp. Bien que ce ne soit pas la même chose que l’accompagnement en face à face, nous essayons de ne pas nous déconnecter des situations que traversent les entreprises familiales et collectives et nous proposons des solutions pour les aider à la fois dans leur production, leur transformation et leur commercialisation.
Beaucoup d’entrepreneurs décapitalisent en raison du manque de marchés ou de l’autoconsommation. Cela génère de l’impuissance, sans pouvoir faire grand-chose dans l’articulation commerciale, puisque les marchés ne fonctionnent pas comme avant la COVID-19. »

 

SUCO accompagne des personnes comme Daysa, Lucie, Ambroise et Nuri pour renforcer leurs capacités d’action et celle de leur collectivité en vue d’améliorer leurs conditions sociales, économiques et environnementales. Pour soutenir des acteurs et actrices de changement comme eux, vous pouvez faire un don à ce lien.

 


Renseignements supplémentaires

Émilie Thierry
Chargée de projet, collecte de fonds
emiliethierry@suco.org

 


Les jeunes en faveur d’une agriculture familiale

 

 

Daivyd Yactayo, de Valle Escondido, une jeune entreprise qui vend des nectars et yogourts de fruits
agroécologiques au marché de Lunahuan, en plus de répartir à domicile. Crédit photo: Carlos Ly

 

L’agriculture familiale est la forme prédominante de production agricole dans le monde (FAO, 2014). Elle s’adapte à toutes les conditions géographiques et climatiques et elle tient un rôle important dans la gestion des ressources naturelles, la préservation du patrimoine culturel et la sécurité alimentaire. Plus de 83% des travailleurs et travailleuses agricoles du Pérou (3 millions) pratiquent ce type d’agriculture.

En plus des multiples défis auxquels sont confrontés les producteurs et productrices qui réalisent une agriculture à petite échelle, la pandémie de la COVID-19 a provoqué la fermeture des marchés et l’arrêt du commerce entre les villes et les régions. Les mesures de distanciation sociale et de protection qui accompagnent le processus de réactivation économique nous amènent à repenser les modes de production et de commercialisation. Pour prioriser la santé publique, il faut aussi prioriser l’environnement. Ainsi, une transition vers des systèmes de production agroécologique devient nécessaire, non seulement pour protéger l’environnement et les écosystèmes, mais aussi pour prévenir la propagation de nouvelles maladies infectieuses.

Dans le contexte actuel, plus que jamais, l’agroécologie émerge comme un processus intégral qui enracine les bases pour une transition écologique des systèmes alimentaires, et où l’agriculture familiale joue un rôle fondamental. Les marchés agroécologiques et les points de vente bios sont des espaces qui instaurent une relation entre les personnes qui produisent et celles qui consomment des aliments sains et locaux, en faveur d’une résilience socio-écologique.

 

Ronaldo Macazana cultive de jeunes légumes avec son entreprise «Huerto agroecológico doña Barry».
Crédit photo: Carlos Ly

 

De jeunes producteurs et productrices qui innovent en milieu rural

Au Pérou, 2211 jeunes (1228 femmes et 983 hommes) diplômés en agriculture, élevage, et gestion d’entreprises agricoles, produisent en combinant savoirs ancestraux et techniques modernes, selon une approche agroécologique. Ils et elles ont acquis ces compétences grâce aux modules de formation technique développés par SUCO et ses partenaires ALLPA et IDMA dans le cadre du projet FORMAGRO. Les entreprises innovatrices de 46 entrepreneurs (femmes et hommes) ont été récompensées durant les 4 éditions du Fonds Wiñay (« grandir » en quechua). Il s’agit d’un concours de financement dirigé aux jeunes entrepreneurs des régions de Ancash et Lima, sur la base de leur plan d’affaires.

Cliquez ici pour visionner la vidéo de la troisième édition de remise de prix du Fonds Wiñay région de Ancash et ICI pour la remise de prix pour la région de Lima.

Tout en s’adaptant à la réalité changeante, les jeunes entrepreneurs·es mettent en valeur l’importance d’une alimentation saine, et l’apport direct de l’agriculture familiale pour assurer la sécurité alimentaire des centres urbains. Les marchés locaux prennent une place significative, comme par exemple le marché agroécologique Biolurín, où les producteurs et productrices agroécologiques des abords de la rivière Lurin, à Lima, vendent leurs produits.

 

Productrice agroécologique du marché Biolurín. Crédit photo: Marcial Vargas.

 

Erika Eugenio et Natalia González commercialisent leur fromage de type andin au marché de Huari.
Crédit photo : Carlos Ly.

 

Des espaces de réflexion pour les jeunes

La pandémie a accéléré la réflexion sur les impacts de l’activité humaine sur l’environnement et les changements climatiques. Cette thématique avait d’ailleurs été abordée en juin 2019 lors du Forum sur les changements climatiques dans la région d’Ancash. Ce sont 250 personnes qui se sont réunies à Huaraz pour réfléchir sur la façon d’adapter les systèmes agricoles andins aux changements climatiques, particulièrement dans la région d’Ancash qui abrite la Cordillère Blanche.

Cliquez ici pour visionner la vidéo résumé du Forum sur les changements climatiques.

 

Enfin, les jeunes vivant en milieu rural demandent à occuper une plus grande place dans les espaces de prise de décision. SUCO organise différents événements où les jeunes peuvent s’exprimer et débattre sur des thèmes qui leurs tiennent à cœur, en lien avec la ruralité, l’agroécologie, et les défis qui existent pour influencer l’agenda publique national sur les questions agricoles. Le Forum sur les jeunes ruraux et  l’agroécologie réalisé en mars 2018 à Lima dans le cadre du projet FORMAGRO a donné la parole aux jeunes de différentes régions du Pérou, précisément sur ces questions.

Cliquez ici pour visionner la vidéo du Forum sur les jeunes ruraux et l’agroécologie.

 

Jeunes qui participent au Forum sur l’adaptation aux changements climatiques en élaborant la maquette d’un système agricole et d’élevage durable. Crédit photo: Carlos Ly

 

Jeunes participants et participantes au Forum sur les Jeunes ruraux et l’agroécologie en pleine élaboration de la déclaration de l’événement. Crédit photo : Carlos Ly

 

Carla Salvador, membre de la Coopérative Agraire de Santa Cruz LTDA, qui présente sa farine de kiwicha au marché de Huayla de Caraz, Ancash. Crédit photo: Carlos Ly

 

Ronald García produit du fertilisant bio avec sa marque Fito Killari a Yungay, Ancash. Crédit photo: Carlos Ly

 

 

 


Renseignements supplémentaires:

Émilie Lemieux
Directrice – Formagro
Representante SUCO au Pérou
Courriel: emilielemieux@suco.org

 


La souveraineté alimentaire au Québec, une discussion signée Ciné Vert

 

 

 

Le 14 mai dernier, Ciné Vert, le festival de cinéma documentaire sur l’environnement initié par SUCO et Funambules Médias a présenté en grande première virtuelle, son panel de discussion “Pour une souveraineté alimentaire au Québec”, diffusé en direct sur les pages Facebook de Ciné Vert, SUCO solidarité union coopération, Funambules Médias et la Maison du développement durable.  

Le festival Ciné Vert, qui devait d’ailleurs tenir sa deuxième édition en avril dernier avec des projections à Montréal et dans plusieurs villes du Québec s’est donc vu forcé de réadapter sa programmation dû au contexte de la COVID-19. 

La discussion, visionnée en direct par plus de 250 personnes, et qui était animée par Catherine Mercier, journaliste et animatrice à La Semaine Verte à Radio-Canada, a été organisée suite à la diffusion en ligne du film « La ferme et son État » de Marc Séguin. Le documentaire brosse un portrait des forces vives et des aberrations en agriculture au Québec, en suivant pendant dix-huit mois, des jeunes agriculteurs et agricultrices éduqués qui rêvent de faire une agriculture responsable, innovatrice et écologique, dans un système où ils ont peine à exister. 

À partir de ce film, qui demeure toujours très d’actualité, surtout dans un contexte de pandémie, le réalisateur Marc Séguin, l’agronome Louis Robert, l’agricultrice et militante écologiste Maude Prud’homme et le professeur et spécialiste des circuits courts alimentaires Patrick Mundler, ont pu réfléchir, se questionner et débattre sur des questions essentielles liées à la souveraineté alimentaire au Québec.

Au gré des questions rondement menées par Catherine Mercier, nos 4 panélistes, à travers leurs bagages et leurs expertises complémentaires, ont su amener une réflexion très pertinente sur cet enjeu, tout en se questionnement sur la définition même de la souveraineté alimentaire et sur comment est-ce qu’on peut l’atteindre. Par exemple, qu’est-ce que cela entraîne pour les producteurs·trices et les consommateurs·trices québécois·es? Et quels obstacles pose le système agricole actuel pour atteindre un tel objectif, surtout dans un contexte de pandémie? Une partie de la discussion s’est d’ailleurs tournée vers le rôle important que pourraient jouer les petits producteurs locaux et l’agriculture de proximité et sur les différents leviers gouvernementaux  qui pourraient être mise en place pour les outiller convenablement. L’achat public, l’approche territoriale pour aider les petits producteurs, la mise en place de politiques alimentaires et la questions de l’accessibilité à la nourriture sont quelques uns des enjeux, qui sont ressortis dans cette discussion d’à peine 1 h 30. Les questions et commentaires du public ont été nombreux sur le fil de l’événement, démontrant à quel point la question de l’autonomie alimentaire est un sujet primordiale, d’autant plus dans un contexte de pandémie.

Restez à l’affut, Ciné Vert vous prépare pour les mois à venir plus d’occasions pour échanger sur les enjeux environnementaux. Pour ne rien manquer, consultez le site web de Ciné Vert ou sa page Facebook.

 


 

Renseignements supplémentaires:

Yasmina Britel
Agente de programme à la mobilisation du public
(514) 272-3019 poste 234
Courriel: yasminabritel@suco.org

 


Les jardins communautaires et collectifs : une richesse inestimable en milieu urbain

 

 

Crédit photo: AU/LAB Laboratoire d’agriculture urbaine

 

L’agriculture urbaine joue un rôle fondamental dans la sécurité alimentaire des villes. Un de ses piliers sont les jardins communautaires et collectifs, qui permettent de donner accès à la terre à des membres d’une communauté urbaine qui, autrement, n’y auraient pas accès. Selon AU/LAB Laboratoire d’agriculture urbaine,

« … l’agriculture urbaine à Montréal fournit les besoins en légumes frais, durant la saison estivale, à un minimum de 100 000 personnes, soit 5 % de la population montréalaise. Mais selon les modèles cela pourrait être 250 000 personnes, soit plus de 12% de la population. Le tout pour une valeur monétaire se situant entre 25 et 50 millions de $. »

Le rôle de l’agriculture urbaine et des jardins communautaires dans la souveraineté alimentaire des villes demeure toutefois sujet de discussion. D’ailleurs, lors du panel du 22 avril intitulé Quels rôles pour les systèmes alimentaires en temps de pandémie, Erika Salem de Montréal Métropole en Santé et Hugo Beauregard-Langelier de UPA-DI ont bien posé les termes du débat : Est-ce que les jardins communautaires et l’agriculture urbaine sont des outils de sensibilisations des communautés urbaines aux enjeux de l’agriculture ou si, en plus de cette fonction, peuvent-ils servir à nourrir la population urbaine?

C’est quoi au juste, l’agriculture urbaine? Selon la FAO « L’agriculture urbaine et périurbaine (AUP) consiste à cultiver des plantes et à élever des animaux à l’intérieur et aux alentours des villes. L’AUP fournit des produits alimentaires de divers types de cultures (graines, plantes racines, légumes, champignons, fruits), des animaux (volailles, lapins, chèvres, moutons, bétail, cochons, cochons d’Inde, poissons, etc.), ainsi que des produits non alimentaires (herbes aromatiques et médicinales, plantes ornementales, produits forestiers, etc.). Elle comprend la sylviculture pour la production de fruits et de bois de feu, ainsi que l’agroforesterie et l’aquaculture à petite échelle» 

Le jardinage collectif et communautaire en temps de pandémie

Comme les jardins communautaires appartiennent à la Ville de Montréal, leur accès a été interdit à tous ses membres dès le tout début des manifestations de la pandémie, au même titre que les bibliothèques municipales et les lieux touristiques.

Cependant, comme le jardinage permet de contribuer à améliorer l’accès à des aliments nutritifs et de qualité en plus de jouer un rôle dans l’autonomie et la sécurité alimentaire, leur fermeture a posé plusieurs questionnements. Ainsi, les jardins communautaires ne devraient-ils pas être considérés comme services essentiels? Avec la fermeture des frontières et la limitation de l’accès à certains produits, plusieurs initiatives d’agriculture urbaine ont vu le jour dans le monde afin de venir combler les besoins des populations en fruits et légumes, comme les initiatives du  Centre d’écoute et d’encadrement pour un développement durable (CEEDD) au Sénégal, un des partenaires de SUCO, mettant en œuvre des « stratégies intéressantes pour à la fois nourrir la population locale en aliments locaux sains et assurer un revenu aux familles

Quoi qu’ils soient souvent perçus au Québec, comme le soutenait M. Beauregard-Langelier, comme espaces de loisirs plutôt que pour leur rôle alimentaire, les espaces de jardinage communautaires et collectifs peuvent combler un besoin d’approvisionnement en fruits et légumes. Comme le soulignait madame Salem, les demandes d’aide alimentaire ont explosé à Montréal, en raison de la plus grande vulnérabilité des nombreuses familles ayant perdu leur revenu en raison de la réponse à la COVID 19 et devant se retourner vers les banques alimentaires, déjà dépassées par la demande. Et ces effets se feront sentir encore longtemps, même si notre économie reprend peu à peu. Une partie de la solution réside peut-être dans l’alimentation locale à travers un plus grand accès à des lots destinés au jardinage collectif dans la ville de Montréal.

Espace pour la vie annonçait récemment que le Jardin botanique de Montréal produirait cet été des fruits et légumes pour les citoyens, afin de pallier à une éventuelle situation d’insécurité alimentaire. Il a en effet été décidé de transformer le jardin de démonstration en espace de production, qui aurait la capacité de nourrir 100 personnes en légumes pendant toute une année. C’est à travers les organismes communautaires que les récoltes seront accessibles pour les populations dans le besoin. Voilà une belle démonstration de la réactivité et adaptabilité de la Ville de Montréal en ce moment de crise, amenant son lot d’incertitudes et de questionnements.

Après que l’Ontario et la Colombie-Britannique aient annoncé à tour de rôle l’ouverture de leurs jardins, la santé publique du Québec a donné le feu vert le 28 avril dernier pour ouvrir les jardins communautaires et collectifs, à condition d’appliquer certaines mesures de prévention et protection contre la propagation.

Il ne reste plus qu’à attendre les indications précises des villes, afin de pouvoir officiellement considérer la saison lancée, en espérant que cela se fera rapidement. En effet, avec la courte saison au Québec, une ouverture repoussée à la fin du mois de juin par exemple compromettrait pratiquement en totalité la capacité de production.

Quelle est la différence entre un jardin collectif et un jardin communautaire?
Le jardin communautaire est composé de plusieurs parcelles. L’entretien de chaque parcelle est la responsabilité du membre du jardin communautaire à qui elle a été assignée. Le jardin collectif est un potager entretenu par les gens d’une communauté, ne disposant pas de parcelles individuelles ou familiales. La récolte appartient à tous les membres de la communauté. Pour en apprendre davantage, suivez ce lien-ci.

 

Crédit photo: CEED

 

Une expérience de collectivité et d’entraide

Les jardins communautaires permettent à des voisins de se connecter ensemble, d’échanger à travers une même passion, soit le jardinage, l’amour de la terre et l’expérimentation qu’est le fait de cultiver ses propres légumes, fruits, et herbes fraiches, au beau milieu de cette belle jungle urbaine qu’est Montréal.

J’ai moi-même depuis deux étés un lopin de terre dans un jardin communautaire. J’y ai vu un éventail de beaux gestes d’entraide et d’éducation : des jardiniers s’échangeant des trucs et astuces, le propriétaire d’une parcelle ayant invité la classe de sa fille à mieux comprendre les réalités du jardinage et ainsi sensibiliser sur le travail des agriculteurs qui se cachent derrière les aliments que nous consommons, un autre ayant mis à disposition ses deux lots pour un groupe d’entraide aux personnes vulnérables.

J’y ai aussi appris une belle leçon d’humilité, et mon respect et admiration pour le travail des cultivateurs a énormément grandi. On y investit temps, argent, et amour pour une petite parcelle, mais demeurons tributaire des aléas climatiques, des enjeux de semences, de l’apprentissage par essai-erreur.

On avait même démarré une initiative l’an dernier en offrant aux jardiniers ayant eu des récoltes plus profitables, de les partager avec les moins chanceux, lors de la fête annuelle des récoltes organisée au jardin. C’est ce que je trouve beau dans ce modèle. Je n’y vois qu’une chose qui prédomine : le sens de la communauté.

L’agriculture urbaine reconnecte les citadins avec la nature et le potentiel de la terre. Sans oublier les effets bénéfiques du jardinage sur la santé par la diminution des hormones du stress. Cependant, pour que les jardins communautaires et collectifs répondent réellement au besoin alimentaire des citadins, ces derniers doivent être plus nombreux. Les listes d’attentes pour accéder à un jardin sont longues, et les jardins prisés. Il en revient aussi de notre responsabilité collective de mieux faire entendre notre voix sur ces besoins d’aménagement et de revitalisation de certains espaces urbains, qui pourraient facilement être convertis en parcelles communautaires ou collectives. Nous parlons aujourd’hui de l’après crise, de faire de meilleurs choix comme société, par rapport aux services publics et à nos habitudes de vie. Il est ainsi peut-être nécessaire de revoir notre offre en espaces de jardinage publics et collectifs, à Montréal comme ailleurs au Québec.

Les jardins communautaires, comment ça marche?
Dans le cas de la Ville de Montréal, les jardins communautaires sont sous la tutelle de la Ville, en partenariat avec AU LAB, un laboratoire de recherche, d’innovation et d’intervention en agriculture urbaine au service de la collectivité. Les pesticides et fertilisants chimiques y sont interdits et chacun des jardiniers doit s’impliquer dans les corvées et l’entretien des espaces communs du jardin, sans quoi son privilège pourrait lui être révoqué. Ils sont auto gérés par un conseil d’administration formés de jardiniers bénévoles, qui s’assurent du bon entretien et du respect et applications des règlements. Vous pouvez trouver la liste des jardins ainsi que la liste d’attente pour vous inscrire ici. 

 


Renseignements supplémentaires:

Julie Potvin-Lajoie
Chargée de projets – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 225
Courriel: juliepotvin-lajoie@suco.org


Pandémie, dette africaine et agroécologie

 

Quel défi l’Afrique doit-elle relever pour mettre en place un système alimentaire durable dans la foulée de la crise sanitaire mondiale?

La COVID19 inflige au monde entier l’une des plus graves crises sanitaires et économiques de son histoire. Cette crise vient aggraver les difficultés déjà importantes des pays fragiles, particulièrement ceux du continent africain. Elle surgit alors même qu’ils subissent les conséquences du défi sécuritaire et des changements climatiques.

Le 14 avril dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un allégement de la dette pour 25 pays parmi les plus pauvres et les plus vulnérables, dont une majorité de pays africains; ceci afin de leur permettre de consacrer une plus grande partie de leurs faibles ressources financières à la crise sanitaire.

Si plusieurs chefs•es d’État plaident pour une annulation complète de la dette publique des pays africains pour faire face à la pandémie, d’autres voix considèrent que ça n’apporte pas de solutions structurelles à leurs difficultés. Une telle mesure pourrait même ternir davantage l’image des États endettés et compromettre leur accès à de futurs financements. Et des financements il en faudra, puisqu’après la COVID, l’Afrique devra faire face à un défi encore plus grand : redresser un continent fragile et le mettre sur la voie du développement inclusif et durable.

L’Afrique à l’aube d’un temps nouveau

De grands changements s’annoncent en Afrique car les experts•es prévoient que la croissance démographique y sera exponentielle. Dans les 30 prochaines années, la population africaine devrait plus que doubler, passant de 1,2 à 2,5 milliards d’habitants, presque le quart de la population mondiale. De plus, 80% de ce boum démographique se produira dans les villes, faisant de l’Afrique un continent fortement urbanisé. Nul doute qu’il faudra investir beaucoup de ressources en agriculture pour nourrir tout ce monde. Mais de quelle agriculture parlons-nous?

Le défi alimentaire africain est au croisement des grands défis du continent et ce sont les agricultrices et agriculteurs, de même que les responsables gouvernementaux qui doivent le relever. Il apparaît évident que l’Afrique doit s’affranchir du modèle de l’import-export et développer une agriculture durable qui respecte les principes de l’agroécologie.

Le défi alimentaire africain est d’abord économique. Actuellement, 20 % de l’alimentation y est importée, ce qui représente des coûts de 30 à 50 milliards de dollars par an; et la facture pourrait s’élever à 150 milliards de dollars en 2030.

En second lieu, le défi est social, caractérisé par un exode rural constant qui vient saturer les villes et les zones périurbaines surpeuplées et aux infrastructures déficientes. De plus, ces flux migratoires contribuent à la déstabilisation interne des pays et à l’insécurité internationale.

Enfin, le défi est environnemental car, au cœur du système alimentaire, ce sont les paysannes et les paysans, majoritairement pauvres, qui gèrent l’essentiel des ressources naturelles et souffrent de leur dégradation.

Les agriculteurs et agricultrices de l’Afrique et leurs organisations font face à des batailles difficiles. Avec une très faible reconnaissance de leurs savoirs ancestraux, un difficile accès aux ressources, aux nouvelles technologies et aux connaissances nécessaires, comment concrétiser l’adaptation aux changements climatiques?

La révolution agroécologique

Selon le Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest (ROPPA), l’agriculture africaine a besoin d’une révolution. Elle peut se décliner en trois volets.

Tout d’abord, elle doit à tout prix éviter le modèle agro-industriel qui produit certes, mais en dévastant les milieux naturels, avec les risques de transmission de zoonoses qui en découlent. Il faut au contraire que les systèmes agricoles africains soient adaptés aux environnements locaux et favorisent les méthodes écologiques (comme c’est le cas du CEEDD, au Sénégal).

Ensuite, il faudra valoriser sur les marchés africains les produits domestiques en les rendant accessibles, de qualité et conformes aux besoins des consommateurs, notamment urbains.

Enfin, sur le plan politique, par le biais de la souveraineté alimentaire, il faut que les États favorisent un commerce international qui serve le développement national et non l’inverse.

En somme, tous les gouvernements, qu’ils soient africains ou non, devraient baser leurs politiques agricoles sur les besoins des populations locales en aliments sains, abordables, culturellement acceptables et cultivés de façon à avoir un faible impact environnemental.

Les bailleurs de fonds, les agences de coopération, les ONG de développement international de même que la communauté scientifique doivent accompagner cette nécessaire ‘’révolution agroécologique’’ des systèmes de production agricole afin de permettre à l’Afrique de relever son incontournable défi alimentaire.

 

Crédit photo : Jonathan Munroe

 


Renseignements supplémentaires:

Roch Harvey
Chargé de programme – développement des affaires
(514) 272-3019 poste 233
Courriel : rochharvey@suco.org


Modules de formation en production agricole durable en ligne!

 

 

 

Avec l’exécution du projet FORMAGRO, SUCO cherche à améliorer les conditions économiques des jeunes femmes productrices et des jeunes hommes producteurs agricoles au Pérou. En collaboration avec nos partenaires Allpa Perú et IDMA, nous avons développé 17 modules de formation disponibles en ligne. FORMAGRO donne accès à une éducation technique de qualité en agriculture et en élevage, et encourage le développement entrepreneurial chez les jeunes sur la base de leurs activités agricoles. Les modules offrent des formations en production agricole durable, en transformation de produits agricoles et en gestion d’entreprises développées.

Pour télécharger les modules de formation (en espagnol), suivez ce lien-ci.

Environnement et entrepreneuriat

Chaque module a été développé en suivant une méthodologie combinant sessions en classe et construction participative de connaissances dans différents espaces d’apprentissage, comme par exemple dans les unités productives des étudiants et étudiantes. Ils comprennent différentes techniques agroécologiques respectueuses de l’environnement et favorisent l’esprit entrepreneurial des jeunes qui suivent la formation, en mettant à leur disposition des outils pour développer leur entreprise en utilisant les ressources à leur disposition de façon durable et innovatrice.

En ces difficiles temps de pandémie, SUCO continue à soutenir les petits agriculteurs et agricultrices du Pérou et à promouvoir l’agroécologie qui, tout en intégrant les pratiques agricoles traditionnelles aux techniques modernes, permet de préserver l’agrobiodiversité et d’alimenter les populations avec des produits locaux sains et diversifiés.

Les modules de formation développés dans le cadre du projet FORMAGRO constituent des outils de formation pratiques et accessibles pour tous et toutes, un apport concret de SUCO pour la souveraineté alimentaire et la transition écologique!

 

 

Crédit photo : Carlos Ly


 

Renseignements supplémentaires:

Émilie Lemieux
Directrice – Formagro
Representante SUCO au Pérou
Courriel: emilielemieux@suco.org