La complexité de la pandémie en Amérique latine et Caraïbes

 

 

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS)  a déclaré le 8 juin dernier que la situation de la pandémie en Amérique du sud et centrale est la plus complexe au monde. De plus, l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS, branche régionale de l’OMS) se préoccupe d’une résurgence des cas en juillet avec l’arrivée de la période hivernale et de la saison des pluies, période propice aux infections diverses et aux insectes vecteurs de malaria, zika, et du dengue.  L’aplatissement de la courbe, qui donne l’espoir d’une baisse de la contagion, n’a malheureusement pas encore eu lieu dans un grand nombre de pays de la région et la transmission communautaire prend de l’ampleur. 

Quelques éléments expliquent la situation catastrophique de certains pays :  la pauvreté généralisée; la précarité des systèmes de santé; l’économie informelle et finalement le leadership controversé de certains dirigeants.

L’Amérique centrale, des contrastes et des similitudes

Au Honduras, où l’état d’urgence sanitaire a été déclaré dès le 13 mars, on a interdit tout déplacement pour une période initiale de trois semaines. Au début avril, les commerces essentiels ont reçu l’autorisation d’ouvrir, mais la population ne peut s’y approvisionner qu’une fois tous les 15 jours (des jours sont assignés selon le numéro de la carte d’identité des personnes) et seulement du lundi au vendredi; le contrôle est très strict et bien souvent réalisé par l’armée. Les samedis et dimanches tous les déplacements sont formellement interdits et un couvre-feu de 20h00 à 5h00 est en vigueur et ce jusqu’en août.

Le 8 juin dernier, après plus de trois mois de confinement, on autorisait l’ouverture de certains autres commerces, mais toujours en limitant l’accès une fois aux 15 jours. 

En date du 13 juin, 8 455 personnes ont été déclarés positives à la COVID-19 avec un total de 310 décès. Le gouvernement informe régulièrement la population de tous les cas, recense et rend public par communiqué de presse la liste des personnes testés positives, les personnes hospitalisées et celles rétablies, incluant des donnés comme l’âge, le sexe et le département de résidence.

De son côté, le Nicaragua se trouve au cœur de la tempête et le leadership du gouvernement est extrêmement controversé et décrié par les pays avoisinants et les grandes organisations internationales. En effet, aucune des mesures suggérées et éprouvées n’a été mise en place dans ce pays, contrairement aux autres de la sous-région. Les frontières n’ont pas été fermées, il n’y a pas de dépistage massif, la distanciation sociale et le port du masque n’ont pas été imposés ni même fortement recommandés. Les écoles demeurent ouvertes et des grands rassemblements publics ont été encouragés tout au moins au début de la pandémie. La seule mesure prise par le gouvernement a été une campagne communautaire de dépistage et d’information faite par des promoteurs et promotrices de la santé qui sillonnent le pays de maison en maison pour informer des symptômes de la maladie. 

De plus le gouvernement a, selon la société civile et les médecins et l’OPS, observé une certaine opacité dans le rapportage des cas et a probablement grandement minimisé ceux-ci.  En l’absence de normes édictées par le gouvernement, bon nombre d’entreprises, incluant les ONGs, ont adoptés leurs propres mesures : elles ont fermé leur porte et dans les cas où cela était possible elles ont adopté le télétravail; les commerces ont installé des postes de désinfection des mains et de prise de température; et la population a limité ses déplacements et adopté le port du masque. Des campagnes privées de publicité « Quédate en casa » (Reste à la maison) ont été créées et diffusées.

Officiellement, sur une population de 6,4 millions, il y a actuellement 1 464 cas et 55 décès. Cependant, un observatoire indépendant regroupant des médecins et autres professionnels de la santé et des services sociaux rapporte qu’il y aurait plutôt 1 114 décès liés à la COVID-19 et plus de 5,000 cas

Au Sud rien ne va

Au Pérou l’urgence sanitaire a été décrétée dès le 11 mars et des mesures très strictes ont alors été prises : fermeture des frontières, restrictions de déplacements, couvre-feu de 20h00 à 6h00, confinement de la population, port du masque dans les commerces essentiels, et distanciation sociale de 2 mètres. Une conférence de presse journalière et télédiffusée du président de la République a été instaurée et quelques mesures d’aide financière ont été mises en place pour les familles les plus vulnérables. Malgré toutes ces mesures,  le Pérou est depuis quelques jours le 8ième pays le plus touché dans le monde et le 3ième des Amériques avec plus de 6 688 décès et près de 230 000 personnes infectées. Il faut signaler que le Pérou est l’un des pays qui réalise le plus de tests de dépistage sur le continent. Le pays est toujours en confinement même si un assouplissement a lieu dans certaines régions moins touchées.

Haïti

En date du 11 juin, Haïti comptait  un total de 3 796 personnes infectées et 58 décès. Avec la propagation de la pandémie et l’augmentation des personnes infectées au quotidien, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence jusqu’à la fin juillet, en adoptant un certain nombre de mesures sans pour autant imposer le confinement total. En effet, les écoles, universités, églises et entreprises d’envergure sont fermées. Les institutions publiques fonctionnent avec 50% de leur personnel. Le confinement de la population est fort complexe dans un pays dominé par l’économie informelle, et l’on oublie rapidement les consignes de distanciation physique dans les marchés publics bondés.  

Plusieurs campagnes de sensibilisation ont lieu dans le pays, dans le but d’inciter les personnes craignant d’être contaminées à se rendre dans un centre hospitalier dès que possible, puisque la désinformation pousse les gens à se présenter trop tard à l’hôpital pour que le personnel puisse réellement les traiter. De plus, Haïti demeure le centre de constantes manifestations publiques et de violences. Une crise socio-politique sévit en effet dans le pays depuis 2019, la population fait entendre sa grogne contre la corruption et les actions (ou inactions) du gouvernement intérimaire en place. L’arrivée de la pandémie a rendu la situation encore plus complexe. 

Des effets semblables malgré les différences

Les systèmes de santé publics, en manque d’équipements, de matériel et de personnel soignant, ne peuvent faire face à la pandémie ce qui n’a fait qu’exacerber une situation préexistante et mettre en lumière leur inefficacité face à une crise de cette ampleur et ce, malgré tout le travail et le dévouement du personnel médical. Les familles se retrouvent bien souvent à devoir recourir, si elles peuvent se le permettre, à des systèmes parallèles privés.

Le recours à l’économie informelle est la source principale de revenus pour une grande partie de la population alors au risque de leur santé, d’être arrêtées pour ne pas respecter les consignes, ou même de transmettre la maladie, ces travailleurs et travailleuses se rendent tout de même à leur lieu de travail (kiosques de rue, chantiers de construction, maisons privées, etc.). Comment l’interdire quand plus de 50% de la population de ces pays ont cette seule alternative pour survivre?

Les travailleurs et travailleuses de l’économie informelle, se retrouvent en situation des plus précaire. Plusieurs des activités qu’ils et elles réalisent ont été brusquement interrompues. La majorité de ces activités sont réalisées par les femmes, soit le gardiennage d’enfants, l’aide domestique, la vente dans la rue de nourriture et de produits divers, alors en plus de la perte de revenus, essentiels à la survie de la famille, ils et elles ne disposent d’aucune assurance santé et de filet social. 

Un autre des effets catastrophiques de la pandémie et des mesures mises en place est l’approvisionnement en aliments. En effet, dans plusieurs pays, la limitation des sorties et l’arrêt des transports publics et privés depuis le début de la crise ont grandement contribué à rendre l’approvisionnement très difficile, surtout dans les villes. 

Une crise alimentaire est à prévoir à plus ou moins court terme car, en plus de la fermeture des marchés, plusieurs producteurs et productrices agricoles peinent à trouver les semences nécessaires pour débuter la saison agricole.

Il n’existe pas de données officielles fiables sur l’augmentation des cas de violence envers les femmes dans les pays des Amériques jusqu’à maintenant, mais l’ONU reste très préoccupée par la situation des violences envers les femmes en ces temps de pandémie; on ne peut exclure que la situation des femmes soit encore plus préoccupante qu’elle ne l’est en temps « normal ».

Depuis la mi-mai les différentes organisations liées au Nations Unies, Unesco, FAO, OMS, etc. ont fait part de leur préoccupation de la situation des populations autochtones et appellent les États à prendre des mesures particulières pour assurer leur sécurité alimentaire et sanitaire. Les populations autochtones sont parmi les plus vulnérables face à cette pandémie, elles vivent bien souvent isolées et sans services de santé adéquats, et comptent parmi les plus pauvres.

Nous agissons de concert avec nos partenaires terrain

Malgré que nous ne puissions pour le moment être présents physiquement dans nos pays d’intervention nous continuons le travail de soutien à nos partenaires sur le terrain à distance. Ceux-ci ont dû adapter leurs méthodes de travail, dans certains pays des visites sont organisées en mettant en place des mesures de protection tant pour les travailleurs et travailleuses que pour les populations, formation en groupes restreints, distanciation sociale et port du masque. Au Pérou par exemple, les jeunes producteurs et productrices, à défaut de compter sur les marchés habituels, ont commencé la livraison de paniers bios avec leur production et celle des familles avoisinantes, leur assurant ainsi des débouchés et des revenus essentiels. En Haïti, au Honduras et au Nicaragua, avec l’arrivée de la saison des pluies et donc agricole, nous devons redoubler d’efforts pour appuyer les populations à réaliser une saison agricole qui assurera l’alimentation des familles et l’approvisionnement des marchés.

Les femmes, les hommes et les jeunes des Amériques ont besoin de notre soutien, et de notre solidarité et nous déployons tous nos efforts pour rester à leurs côtés.

 

Crédit photo: CC-LAB

 


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: lindagagnon@suco.org


Les Retrouvailles annuelles de SUCO en mode virtuel!

 

 

 

Cette année, les Retrouvailles annuelles de SUCO se dérouleront virtuellement du 8 au 11  juin prochain en direct de notre page Facebook. Afin de souligner les 59 ans d’existence de SUCO et surtout l’implication et le travail incroyable des acteurs et actrices de changement qui forgment la #SUCOmmunauté, l’équipe vous a concocté une série d’activités en ligne gratuites qui met en lumière qui sont ces personnes qui travaillent avec nous, autant au Québec qu’à l’international. 

Que ce soit nos volontaires qui travaillent de près avec les populations que l’on accompagne sur nos différents terrains à l’international, nos partenaires qui proviennent d’Haïti, du Pérou, du Nicaragua, du Honduras en passant par le Sénégal et le Burkina Faso ou même ceux avec lesquels sont organisées des activités mobilisatrices au Québec et au Canada, venez en apprendre plus sur la #SUCOmmunauté!

Ne manquez surtout pas, dès le 8 juin, 18h, en direct de notre page Facebook, notre événement de lancement festif et interactif qui vous donnera un bon aperçu de la programmation de la semaine. Chaque journée devrait comprendre dans sa programmation une série d’activités virtuelles sur qui sont plus concrètement ces acteurs et actrices de changement. 

PROGRAMMATION

 

Soirée de lancement virtuelle des Retrouvailles 

Lundi 8 juin, 18h  À 19h, en direct de la page Facebook de SUCO

Réservez votre 8 juin pour la soirée de lancement festive des retrouvailles de SUCO! De 18h à 19h, découvrez-en plus sur cet événement phare de la #SUCOmmunauté. De nombreuses surprises vous attendent! Répondez dès maintenant en un ou deux mots  à la question « Ça veut dire quoi le changement pour vous? ». Nous diffuserons les résultats en ligne lors de l’événement. Alors restez à l’affût et rejoignez-nous sur le live Facebook de 18h à 19h, lundi 8 juin!

 

Notre action au Québec : Des acteurs et actrices de changement au coeur de nos projets!

Mardi 9 juin

Venez à la rencontre de 4 acteurs et actrices de changement au Québec qui travaillent de près sur les différents projets de SUCO! Ces 2 webinaires interactifs seront animés par notre agente de mobilisation du public, Yasmina Britel.

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Dîner-causerie : La culture comme vecteur de mobilisation, une formule gagnante pour SUCO!

12 h à 13 h, en direct de la page Facebook de SUCO

Invités·es : 

Marie-Luce Gervais et Joumana El-Khoury, animatrices d’ateliers participatifs dans les écoles pour SUCO

Francis Brassard-Lecours, co coordonateur du festival Ciné Vert, initié par SUCO et Funambules Médias

 

Carburer à l’implication : Qu’est-ce que ça donne?

17h à 18h, en direct de la page Facebook de SUCO

Invités·es : 

Sophie Bourdon, ancienne volontaire et actuelle mentore auprès de stagiaires pour SUCO

Dalia Congo Kabore, membre du Conseil d’administration de SUCO

 

Notre action à l’international :  Changeons le monde un geste à la fois 

Mercredi 10 juin et jeudi 11 juin 

Venez échanger avec des partenaires et des volontaires de SUCO à l’international!

Ces rencontres vous permettront de faire connaissance avec ces acteurs et actrices de changement, de comprendre et apprécier leur travail, leurs histoires, leurs défis mais aussi leurs succès. 

 

Du cimetière de plastique à la GreenTeam: des actions pour mettre en oeuvre une réelle vision écologique!

Mercredi 10 juin, 11h à 12h, en direct de la page Facebook de SUCO

Invité :

Djibril Niang,  Directeur de Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE) Sénégal 

Animé par Geneviève Talbot, qui est notre chargée de programmes Pôle Afrique, ce webinaire vous permettra d’échanger avec Djibril sur la jeune histoire de JVE-Sénégal, sur son impact positif dans les communautés où l’organisation intervient et sur le rôle des volontaires sénégalais et de SUCO dans cette organisation. 

 

Changer le monde un fromage à la fois! 

Mercredi 10 juin, 15h à 16h, en direct de la page Facebook de SUCO

Invité :

Pedro Estrada,  spécialiste en développement rural et coordonateur du projet Formagro.

Emilie Lemieux, directrice de notre programme Formagro au Pérou, animera cette rencontre (en espagnol) avec Pedro Estrada de l’organisation ALLPA.

ALLPA est une organisation locale de la région d’Ancash qui travaille au développement durable et équitable des familles rurales, en particulier des familles andines qui se retrouvent en conditions d’exclusion, en renforçant leurs capacités sociales, productives et organisationnelles. Découvrez comment cette organisation, partenaire de longue date de SUCO, est un moteur de changement dans les communautés où elle intervient, grâce au fromage et à  la marque «la ruta del queso». 

Un engagement sans frontières : série de balados

Jeudi 11 juin, 12h à 13h, en direct de la page Facebook de SUCO

Venez rencontrer les acteurs·trices changement qui ont contribué à la série de balados: Un engagement sans frontières. Nos volontaires répondront à vos questions en direct de notre page Facebook. Écoutez la série (disponible à partir du lundi 8 juin) et découvrez leur témoignage sur une expérience unique et sans frontières!  Maintenant de retour au Canada, que retiennent ces personnes de leur expérience et comment perçoivent-elles leur engagement à agir pour un monde plus juste, viable et solidaire? 

 

C’est un rendez-vous!

 


 

Renseignements supplémentaires:

Yasmina Britel
Agente de programme à la mobilisation du public
(514) 272-3019 poste 234
Courriel: yasminabritel@suco.org

 


Portrait de nos stagiaires- Sharon Levitsky

 

 

 

«J’ai reçu mon diplôme du Collège Glendon de l’Université York à Toronto en juin 2019 avec un baccalauréat international en arts. Mes deux spécialisations étaient les études internationales et les sciences politiques où j’ai suivi de nombreux cours sur des thèmes importants comme l’égalité entre les femmes-hommes, la migration et les politiques du travail. J’ai obtenu de l’expérience interculturelle en faisant un échange universitaire en Sciences politiques à Strasbourg en France et j’ai eu la chance de développer mes capacités en communication à travers un stage avec une députée provinciale en Ontario et de l’expérience dans le service à la clientèle.  

» Mon futur programme d’études de rêve est un programme où je pourrais étudier l’histoire sociale -je suis particulièrement intéressée par l’Amérique latine-, pour améliorer mes connaissances sur des sociétés différentes et aussi trouver des moyens de m’impliquer dans les processus de décolonisation. 

» Faire un stage à l’international avec SUCO est une chance de participer activement au changement social en utilisant tes connaissances et tes habiletés interculturelles. J’ai choisi de faire ce stage pour que je puisse me lancer dans un projet important où faire une différence et améliorer aussi mes connaissances pratiques et linguistiques. C’est une chance d’avoir la responsabilité pour soi-même et aussi pour se mettre à l’aventure dans un nouveau pays. »

Sharon Levistky de Toronto, a fait un stage en Égalité entre les femmes et les hommes sein de notre partenaire local FIDER au Nicaragua.

 


Dans le cadre du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), financé par Affaires mondiales Canada (AMC), 13 jeunes âgés·es entre 19 et 30 ans se sont envolés·es au début du mois de février vers le Nicaragua, le Honduras, le Pérou et le Sénégal avant que la COVID-19 nous oblige à rapatrier nos équipes. À travers ces portraits, nous mettons en vedette les participants·es PSIJ qui contribuent aux actions de changement de SUCO et de ses partenaires sur le terrain.

 

Crédit photo : Helena Vallès

Pour ne rien manquer des opportunités de stages à l’international, inscrivez-vous à notre Alerte-Emploi!

 


 

Renseignements supplémentaires:

Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: isabelle-tracylaude@suco.org

 


Nouvelles de nos volontaires et stagiaires de retour au Canada

 

 

Suite aux mesures prises par le gouvernement canadien en réponse à la pandémie de la COVID-19, ainsi que par les gouvernements des pays où nous intervenons, SUCO a rapatrié ses volontaires et stagiaires et a mis en pause l’envoi de toute nouvelle personne sur le terrain. Nous sommes d’ailleurs heureux et heureuses de vous confirmer que tous·tes nos volontaires et stagiaires sont maintenant revenus·es au Canada!

Désormais, les énergies de SUCO sont consacrées à adapter nos activités afin de continuer à soutenir nos partenaires pour mener les changements qu’ils veulent voir dans leur communauté. Il est évident qu’à l’issue de cette crise sanitaire mondiale, la solidarité internationale sera d’autant plus importante pour renforcer la capacité des collectivités à se relever plus vite. Ainsi, SUCO redouble d’efforts pour maintenir son approche de proximité malgré le confinement.

Bien que les volontaires et stagiaires soient de retour au Canada, leur coeur est toujours avec les partenaires qu’ils et elles appuyaient. Voici quelques messages qu’elles et ils souhaitent partager avec des personnes qui les ont aidés·es à revenir à la maison et avec nos partenaires.

Chers partenaires :

À toute l’équipe de JVE Sénégal, plus particulièrement à Djibryl Niang, Oureye Sonko et Amath Diouf, nos chers collègues qui nous ont accueilli dans la très grande famille de JVE dès le premier jour : merci. Merci de nous avoir fait découvrir un pays dont la bonté et la générosité des gens nous épataient chaque jour, merci de nous avoir accueilli parmi vous avec les bras ouverts. Grâce à vous, mon temps passé au Sénégal fait maintenant parti des plus belles expériences de ma vie.

Votre sœur pour toujours,

Roxane Pellerin, stagiaire au Sénégal

 

Nunca tuve la oportunidad de decirles cuánto los admiro y cuánto admiro lo que hacen, porque como dijera Eros Ramazzotti, ustedes « trabajan con el corazón » y eso es algo que me toca profundamente y que deja una huella indeleble en las comunidades y en las personas con las que ustedes trabajan. Les mando muchos abrazos solidarios desde la cuarentena quebequense y sepan que los pienso a diario.

Nayheli Alliu, volontaire au Pérou

 

¡Hola compañeras y compañeros de COSECHA! No logramos vernos todos y todas al final ¡pero saben que un día que volveremos a juntarnos! Les deseo a ustedes y sus familias lo mejor para el futuro. Muchas gracias de nuevo por la maravillosa experiencia que viví con ustedes. 🙂 ¡Un abrazo grande!  

Caroline Mary, stagiaire au Honduras

 

Chers partenaires, je vous envoie toutes mes ondes positives. Nous sommes toutes et tous ensemble pour passer à travers cette étape difficile.

Audrey Perreault, stagiaire au Nicaragua

 

À la Red, nous étions comme une petite famille. Grâce à elle, mon intégration s’est bien déroulée, j’ai rencontré de merveilleuses personnes. Je tiens à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi lors de mon passage. J’en suis profondément reconnaissante et agréablement touchée. Je salue particulièrement Dona Raquel, Victor ainsi que mon équipe projet. Je ne garde que de bons souvenirs.

Christine Nguini, stagiaire au Honduras

 

Chers équipes d’Allpa et de l’IDMA, je profite de cet espace pour remercier chacune et chacun de vous pour votre confiance, votre ouverture et votre appui tout au long de mon mandat, ainsi que pour l’engagement et le dévouement dont vous avez fait preuve à chaque jour envers les participantes et participants au projet FORMAGRO. Merci à vous toutes et tous pour les conversations, les apprentissages et les beaux moments que nous avons pu partager. A bientôt!

Marie Létourneau, stagiaire au Pérou

 

Aux personnes qui nous ont prêté main forte pour rapatrier nos équipes :

 

Je suis très reconnaissante aux personnes qui ont dédié de nombreuses heures à notre retour au pays, autant les employés du gouvernement et de l’ambassade du Canada, ainsi que ceux et celles des lignes aériennes et des aéroports, sans qui il aurait été impossible de revenir chez nous. Il est important de remercier particulièrement les agriculteurs et agricultrices partout à travers le monde qui continuent à produire des aliments de qualité, qui nous permettent de nous maintenir en santé et dont l’importance est trop souvent oubliée! 

Catherine Dodaro, stagiaire au Pérou

 

Merci aux partenaires pour l’appui dans le rapatriement des volontaires en région à Lima. Merci à l’équipe terrain pour leur engagement et support dans la semaine de quarantaine à Lima. Merci aux volontaires et aux stagiaires pour leur résilience.

Margarita Canales, volontaire au Pérou

 

 

Il est nécessaire de souligner les efforts des travailleuses et travailleurs de première ligne. Toutes et tous autant que vous êtes, vous faites une différence. À toutes ces personnes qui ont croisé mon chemin virtuellement ou physiquement, je pense à vous et vous avez un grand impact malgré le confinement.

Saphia Arhzaf, stagiaire au Sénégal

 

 

Je veux prendre le temps de remercier tous ceux et toutes celles qui ont permis mon retour à Montréal – le gouvernement du Canada et celui du Pérou, l’équipe de SUCO et les gens qui, dans l’ombre, ont mis du leur pour adoucir ce processus! Je pense à mon copain Anderson, mon amie Frédérique, le chauffeur de taxi, Mabel qui a coordonnée la logistique. J’espère que le retour sur le terrain se fera prochainement, d’ici là merci pour tout, et à bientôt, à tous ceux et toutes celles qui sont loin!

Catherine Joubert, volontaire au Pérou

 


Renseignements supplémentaires:

Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: isabelle-tracylaude@suco.org

 

 

 


Portraits de nos stagiaires : Karen-Melissa Perez Espinoza

 

 

 

« Je cherchais un emploi après avoir terminé mon diplôme de premier cycle. Heureusement, après d’innombrables recherches, j’ai découvert l’opportunité de faire un stage au Nicaragua pour travailler sur l’égalité entre femmes et hommes avec SUCO. J’ai immédiatement appliqué pour deux raisons principales. Mon origine est, en fait, nicaraguayenne, donc c’est l’occasion de revenir à mes racines et de contribuer au développement social de ce pays. Ma deuxième motivation est l’opportunité de travailler concrètement dans mon domaine d’études.

» SUCO et moi partageons des valeurs qui sont, à mon avis, cruciales pour un développement social sain dans le monde entier. Par conséquent, j’ai décidé de participer à une aventure qui non seulement me donnera l’expérience terrain que je recherche, mais enrichira également mes connaissances.

» Si je peux au moins amorcer un changement de mentalité qui réduirait l’écart entre femmes et hommes en matière d’égalité, ça serait une victoire! »

Karen-Melissa Perez Espinoza, de Montréal, a réalisé un stage en communication et égalité femme-homme au sein de notre partenaire local Proyecto Miriam au Nicaragua.

 


 

Dans le cadre du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), financé par Affaires mondiales Canada  (AMC), 13 jeunes âgés·es entre 19 et 30 ans se sont envolés·es au début du mois de février vers le Nicaragua, le Honduras, le Pérou et le Sénégal avant que la COVID-19 nous oblige à rapatrier nos équipes. À travers ces portraits, nous mettons en vedette les participants·es PSIJ qui contribuent aux actions de changement de SUCO et de ses partenaires sur le terrain.

 

Crédit photo : Helena Vallès

 


Renseignements supplémentaires:

Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: isabelle-tracylaude@suco.org


Chaque volontaire a une histoire à raconter !

 

Depuis 2015, près de 2500 volontaires ont participé aux programmes de coopération volontaire financé par Affaires mondiales Canada pour créer un changement dans des pays du Sud et au sein de leurs communautés au Canada. Le 18 janvier dernier, 60 volontaires se sont réunis à Ottawa pour raconter leurs histoires dans le cadre d’une expérience de bibliothèque humaine. Découvrez les histoires de Sophie, Éléonore et Catherine, volontaires de SUCO au Sénégal et Nicaragua !

« Si tu vois une chèvre dans le repaire d’un lion, aie peur d’elle »
Par Sophie Bourdon

Ce proverbe sénégalais, Sophie Bourdon l’a entendu à plusieurs reprises. En s’engageant comme représentante de SUCO au Sénégal, après plusieurs mandats de volontariat, elle savait à quoi s’attendre … ou presque!

Peut-on occuper un poste de responsabilité de la même manière qu’un homme, lorsqu’on est une jeune femme blanche, en Afrique de l’Ouest? Comment exercer un leadership inclusif lorsque l’on évolue dans un environnement où nos pairs sont majoritairement des hommes? Y a-t-il de la place pour repenser l’égalité par l’accompagnement des volontaires canadiens et canadiennes? Est-ce qu’il suffit d’avoir des cibles sexospécifiques pour documenter nos actions auprès des femmes et des filles? Autant de questions que ce livre prend un malin plaisir à soulever et à nuancer.

Sophie Bourdon signe ici, avec humour et humilité, le récit surprenant des défis de l’égalité entre les femmes et les hommes au sein des réseaux de coopération internationale, de Montréal à Dakar. Une histoire évocatrice qui bouscule nos certitudes et nous laisse sur cette sempiternelle vérité : le vrai changement ne se fait pas tout seul!

Entre cîmes et racines, une histoire de développement organisationnel
Par Éléonore Durocher-Bergeron 

Inclure. Être incluse.
Explorer leur histoire d’abord.
Un mois, un petit mois pour comprendre.
Comprendre l’histoire d’un homme, de son projet organisationnel.

Entre la cîme et les racines du Réseau MUUD.
MUUD, ça signifie « l’union des chances » en langue sérère.
Au coeur de Ndiaganiao, au coeur de 63 Associations Villageoises de Développement, au coeur de 132 familles.
J’ai accompagné Seck Faye et son équipe dans la réalisation d’un diagnostic organisationnel participatif.
Un diagnostic pour mieux se rappeler où étaient ses racines 20 ans après la création du Réseau, sa base solide qui lui permet de faire face aux vents et tempêtes.

Puis créer de l’espace, de l’ouverture.
« Je ne savais pas que j’étais capable ; c’est grâce à toi que je m’en rends compte et que j’ai envie de continuer», m’a lancé Seck, à la sortie d’une animation de groupe qu’il venait de faciliter par lui-même.

Donner confiance.
À un homme. Également à une organisation, qui elle aussi prend de l’assurance à travers les succès qu’elle accumule.

La valeur du volontariat se trouve toute là.
Une bonne relation d’accompagnement et de mentorat va au-delà du sujet même de la conversation. Cette relation est à même de modeler une façon d’interagir et de créer un style de leadership.

Coop et bouffe
Par Catherine Fallon

L’un des défis de la personne volontaire en pays étranger est d’adapter ses pratiques culinaires aux disponibilités du pays. Qu’en est-il lorsqu’en plus d’apprendre à cuisiner ces aliments à la maison, il faut enseigner des pratiques de transformation adaptées aux coutumes, aux ressources disponibles, aux besoins nutritionnels, à la culture?

 Selon le pays d’accueil, les façons de voir l’alimentation et la variété alimentaire ne sont pas les mêmes et peuvent être très différentes du pays d’origine. Certains fruits et légumes sont tout à fait nouveaux, alors que d’autres sont transformés d’une autre façon, les classifications d’aliments sont différentes tout comme les habitudes et traditions liées aux repas.

 Pour les aider à relever ce défi supplémentaire, les personnes volontaires en sécurité alimentaire et nutritionnelle peuvent compter sur une ressource essentielle pour qui la bouffe est plus souvent au centre des préoccupations : les femmes.

Le programme de coopération volontaire de SUCO est financé par le gouvernement canadien par l’entremise d’Affaires mondiales Canada

 


Du rêve à la relève!

 

Amour, famille et agroécologie

Comme bien d’autres jeunes, Maria et Yelsing, jeune couple dans la vingtaine, rêvaient de bâtir leur propre entreprise familiale, mais pas n’importe laquelle. Une entreprise cohérente avec leurs valeurs écologiques et qui permettrait de développer l’économie de leur communauté, voire de leur belle région nicaraguayenne, la réserve naturelle Miraflor.

Laissez-moi vous raconter leur histoire…

La rencontre de ce jeune couple nicaraguayen m’a profondément marquée. Moi, jeune professionnelle et maman dans la trentaine. J’ai été grandement impressionnée par la débrouillardise, le leadership et le sens des affaires de ces jeunes, mes cadets de 10 ans, qui ont eux aussi un enfant en bas âge.

Maria, 22 ans et Yelsing, 23 ans, deux jeunes agriculteurs maintenant devenus entrepreneurs grâce à Proga-Jeunes : un programme de formation en agroécologie comprenant un volet entièrement dédié à la création de microentreprises et à la commercialisation de produits agricoles.

Quand agroécologie rime avec amour et ambition

De plus, l’histoire de Maria et Yelsing est romantique à souhait. Imaginez deux jeunes étudiants en ingénierie agricole qui tombent amoureux et qui, après leur graduation, décident de retourner vivre ensemble dans leur communauté, Apaguis, pour y fonder une famille et cultiver la terre familiale, laquelle est entourée de paysages à couper le souffle. Mais leur histoire ne s’arrête pas ici.
C’est avec les yeux brillants et remplis de détermination que le jeune couple me raconte à quel point ils étaient enthousiasmés en 2016 d’apprendre qu’un programme de formation en agroécologie allait prendre place dans leur région.

« Pour nous, c’était vraiment important de savoir que nous avions une autre occasion de poursuivre nos études ensemble, dans une carrière qui se consacre à la protection de l’environnement et à l’utilisation de techniques agroécologiques », me raconte Maria.

Des chances comme celle-là, il n’y en a pas des tonnes pour les jeunes du Nicaragua qui vivent en milieu rural. Au contraire, elles se font plutôt rares, ce qui pousse les jeunes à migrer vers d’autres pays pour trouver un emploi et subvenir aux besoins de leur famille.

«Un des problèmes majeurs qui affectent les jeunes du Nicaragua est le manque d’emploi. Souvent, nous n’avons même pas la capacité de créer un petit commerce, faute de capital. Mais grâce à Proga-Jeunes, nous avons eu accès à du microcrédit avec lequel nous avons pu mettre en œuvre notre plan d’affaires et rester dans notre communauté», témoigne Maria.

 

Étincelle de génie pendant la classe de fertilisation

« Comme jeunes entrepreneurs, nous sommes capables de mettre un plan d’affaires en œuvre avec nos idées novatrices. » – Maria

C’est pendant leur classe de fertilisation agroécologique que Maria et Yelsing ont eu une idée de génie. Celle de fabriquer un fertilisant agroécologique qui permettrait aux producteurs et aux productrices de la région de cultiver leur terre tout en conservant les sols, en éliminant les produits toxiques et les maladies, et en assurant la production d’aliments de meilleure qualité nutritionnelle. Voilà comment est née l’idée de produire le fertilisant PRINEC (Productos integrados y ecológicos).
Leur ambition ne s’arrête toutefois pas ici. Si Proga-Jeunes leur a appris une chose, c’est qu’il faut savoir mettre ses apprentissages en pratique pour réaliser ses rêves.

C’est ainsi que Yelsing et Maria me partagent leur vision :

« Mon plus grand rêve serait de continuer à travailler avec ma microentreprise de production maraîchère et de fertilisant. De positionner mon entreprise sur les marchés régionaux et nationaux. Je souhaite aussi que ma microentreprise soit reconnue pour son travail agroécologique », raconte Maria, main dans la main avec Yelsing.

Maria et Yelsing m’ont ensuite invité à prendre un café avec toute leur famille, au cœur des montagnes verdoyantes de Miraflor, sous un magnifique coucher de soleil.


Proga-Jeunes en bref !

De 2011 à 2017…

  • 2378 jeunes formés en agroécologie, transformation et commercialisation
  • 1 471 d’entre eux, dont 640 femmes, ont maintenant un diplôme reconnu par le gouvernement nicaraguayen
  • 234 microentreprises agricoles
  • Un impact direct sur les revenus et la sécurité alimentaire de 10 000 familles des départements de Madriz, de Nueva Segovia et d’Estelí

Projet financé par le gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

*Crédits photos : Jacinthe Moffatt