Un fonds pour soutenir l’entrepreneuriat jeunesse

 

 

Entrepreneures participantes au marché agroécologique Huari Produce. Photo: Carlos Ly

Entrepreneures participantes au marché agroécologique Huari Produce. Photo: Carlos Ly

Fonds Wiñay pour appuyer les communautés rurales 

Le projet FORMAGRO, mis en place par SUCO au Pérou, valorise depuis son tout début les communautés rurales et les activités agricoles développées par les jeunes et leurs familles. Le projet s’est donné comme objectif de réduire la migration rurale. Ce travail est réalisé en collaboration avec une diversité d’acteurs afin d’améliorer la qualité de l’éducation en milieu rural et d’accompagner des jeunes dans leur production agroécologique et activités commerciales. Alors que ce processus tire à sa fin, puisque le projet finira en mars 2021, nous constatons que les jeunes sont maintenant les protagonistes du développement local de leur région. Cela a particulièrement été possible grâce à la mise sur pied d’initiatives entrepreneuriales et la commercialisation de produits avec valeur ajoutée, issus de l’agriculture familiale.

Répondre aux défis émergents

Depuis mars dernier, la pandémie de la COVID-19 a grandement affecté les différentes entreprises appuyées par le projet FORMAGRO. Les réseaux de commercialisation ont entre autres été paralysés en partie avec la fermeture des frontières interprovinciales, ce qui a complexifié le transport des produits alimentaires entre les différentes villes du Pérou. Avec ce contexte sans précédent, SUCO et ses partenaires IDMA et ALLPA, en collaboration avec les gouvernements locaux, ont donc redoublé d’efforts afin d’établir des canaux de commercialisation en circuits courts avec les marchés locaux et avec d’autres mécanismes de livraison à domicile tels que les applications Web. Ces actions favorisent une dynamique commerciale sécuritaire tout en rendant accessibles des aliments aux populations des secteurs urbains, notamment celles vivant dans les quartiers défavorisés de la capitale Lima.

Édition extraordinaire du concours Wiñay

Afin de contribuer au processus de réactivation des entreprises, mises sur pied selon une approche agroécologique, le projet FORMAGRO a lancé le 5 octobre dernier une édition extraordinaire du Fonds Wiñay signifiant « grandir » en langue quechua. Ce concours de financement qui cible les jeunes entrepreneurs et entrepreneuses des régions de Ancash et Lima en est à sa cinquième édition. Jusqu’à présent, le Fonds Wiñay a récompensé 46 entreprises innovatrices composées de jeunes femmes et d’hommes. Les récipiendaires de cette édition extraordinaire seront d’ailleurs dévoilés le 31 octobre 2020. Les prix remis correspondront aux besoins identifiés par les candidates et candidats dans leur plan d’affaires. Certains recevront par exemple des équipements, tandis que d’autres recevront des intrants agricoles ou encore des matériaux.

Avec cette cinquième édition du Fonds Wiñay, SUCO continue d’appuyer les jeunes entrepreneurs, femmes et hommes, qui s’adaptent à la réalité changeante et qui mettent en valeur l’apport direct de l’agriculture familiale afin d’assurer la sécurité alimentaire de la population au Pérou.

Membres de la Coopérative agricole écotouristique Nevado de Huandoy ltda en plein travail agricole. Photo: Carlos Ly

 

 

Membre de la Coopérative agricole écotouristique Nevado de Huandoy ltda. Photo: Carlos Ly

 

 

Carla Salvador Oro, membre de la Coopérative agricole andina de Santa Cruz ltda. Photo: Carlos Ly

 

Carlos Malasquez de l’entreprise Lúcumo Ecomarket. Photo: Carlos Ly

 

Renseignements supplémentaires:

Émilie Lemieux
Directrice – Formagro
Representante SUCO au Pérou
Courriel: emilielemieux@suco.org

 


Soirée Au Goût du Monde virtuelle

 

 

 

Avez-vous le goût du monde? Si vous avez envie de voyager à la rencontre d’autres cultures, envolez-vous avec nous pour l’Afrique de l’Ouest et les Amériques centrale et andine en participant à une soirée unique.

L’événement-bénéfice Au Goût du Monde est de retour, mais, cette année, en mode virtuel. Réservez le 5 novembre 2020 de 18h à 19h, nous avons un Rendez-Vous sur ZOOM!

L’événement Au Goût du Monde est un événement-bénéfice de SUCO qui a lieu depuis 2016 et qui permet au public de s’envoler au sein de nos pays d’intervention et d’apprendre davantage sur les vies des communautés avec lesquelles nous travaillons. En 2020, cet événement se fera de manière virtuelle et il vous permettra de découvrir -ou revisiter- l’Afrique de l’Ouest et les Amériques centrale et andine. Que ce soit grâce à une dégustation culinaire, à la confection d’un mocktail d’un des pays de ces régions adapté aux papilles québécoises, ou même aux prestations artistiques, vous allez vivre une expérience marquante et rassembleuse!

En outre, la soirée vous permettra d’apprendre sur comment vous pouvez vous impliquer davantage à la création d’un monde plus juste, solidaire et durable.

 

LE FONCTIONNEMENT

Si vous résidez à Montréal ou en banlieue proche – Achetez une boîte repas pour 75$, et vous recevrez le jour de l’événement* :

Des mets inspirés de la cuisine de l’Afrique de l’Ouest et de la cuisine des Amériques centrale et andine, cuisinés par des chefs montréalais;

Un sirop de bissap vous permettant de confectionner un mocktail (ou cocktail) lors de la soirée;

L’accès au ZOOM pour assister à cette soirée privée;

Et de nombreuses surprises dans votre boîte repas!

Si vous ne résidez pas à Montréal ou en banlieue proche – Achetez votre billet au coût unitaire de 25$ et vous recevrez: 

Des recettes des pays qui seront représentés et l’accès au ZOOM pour assister à cette soirée privée et vous envoler avec nous.

 

*Il vous est possible pour 10$ supplémentaires, de recevoir votre boîte repas chez vous, à vélo pour une empreinte carbone limitée si vous faites partie de la zone de livraison établie. Sinon, il vous sera possible de venir récupérer votre boîte repas directement chez SUCO (7250 rue Clark, à deux pas de la station de métro De Castelnau) à partir de 12h le 5 novembre (plus de détails après inscription).

 

 

AU PROGRAMME DE LA SOIRÉE 

Dégustation de boîtes repas précommandées par les invités de cuisine des Amériques centrale et andine, et de l’Afrique de l’Ouest, avec messages par des chef·fes cuisiniers·ères!
Confection d’un mocktail (cocktail) avec une boisson typique d’une de ces régions adapté à la québécoise!
Prestations des artistes haïtiens·nes, africains·es et latino-américains·es;
Découverte de certains de nos partenaires à l’international;
L’implication à SUCO.

 

Êtes-vous prêt·e à vivre une expérience unique?

 

 

Pourquoi y participer?

La pandémie actuelle encourage à la résilience, et c’est pour cela que nous souhaitons vous offrir cette soirée unique et rassembleuse, malgré les restrictions actuelles. Nous vous proposons le temps d’une soirée de vous envoler en Afrique de l’Ouest et dans les Amériques centrale et andine par la stimulation de vos papilles et de votre ouïe! De plus, vous pourrez encourager les chefs·fes cuisiniers·es basés·es à Montréal dans la reprise de leurs activités. Les bénéfices de cet événement permettront à SUCO de continuer d’appuyer les communautés que nous accompagnons en soutenant notre mission. Et si vous décidez de soutenir SUCO en faisant un don en plus de l’achat de votre boîte repas ou de votre billet, sachez que vous recevrez un reçu fiscal pour votre don (le montant correspondant à l’achat de la boîte repas ne sera pas inclus dans le reçu fiscal).

On a bien hâte de partager ce beau moment avec vous!

Au menu

Il vous est possible de choisir le contenu de votre boîte avec option végétarienne ou option viande et poisson pour chaque pays. Nous sommes fiers de travailler avec Diolo Traiteur et le Chef Edmond Benoit Sadio pour la cuisine inspirée de l'Afrique de l'Ouest; et le restaurant Madre et le Chef Mario Navarrete pour la cuisine inspirée de l'Amérique Andine.

Les différentes options pour les plats principaux sont les suivantes :

Pour la cuisine inspirée de l'Afrique de l'Ouest, un choix parmi ces deux plats:

  • Poulet Yassa (cuisine sénégalaise), qui est un poulet mariné au citron, grillé, accompagné d'une sauce aux oignons caramélisés et citronnés, servi sur riz blanc accompagné de légumes en julienne;
  • Yassa végétarien (cuisine sénégalaise) avec une sauce aux oignons caramélisés et citronnés, servi sur riz blanc accompagné de légumes en julienne;

Pour la cuisine inspirée de l'Amérique Andine, un choix parmi ces deux plats:

  • Ceviche de saumon (cuisine péruvienne) cuit à froid au jus de lime accompagné d'une papa a la huancaína (moelleux de pomme de terre nappé de sauce crémeuse au piment jaune péruvien);
  • Tallarines verdes (cuisine péruvienne, végétarien) qui sont des pâtes fraîches cavatelli au ricotta, au pesto épinard-basilic et champignons accompagnée d'une papa a la huancaína (moelleux de pomme de terre nappé de sauce crémeuse au piment jaune péruvien).
Chaque plat sera accompagné d'un dessert:
  • Le Thiakry ou Dégué qui est un dessert sénégalais à base de millet et yaourt.
  • Le Mazamorra morada qui est un pouding au maïs pourpre péruvien.

Des changements d’envergure ne peuvent se mener seuls : devenez partenaire de l’événement

La cause vous tient particulièrement à cœur et vous aimeriez vous impliquer dans l’événement? Faites de votre organisation un partenaire de l’événement! De nombreuses options s’offrent à vous, découvrez notre plan de partenariat.

 

 

Rejoignez nos précieux·ses commanditaires qui ont choisi de nous soutenir dans la tenue de cet événement. Au plaisir de vous compter parmi nous!

Merci spécial à Demain Demain, Kliin, Mateina pour leurs généreuses gracieusetés que vous découvrirez dans votre boîte repas.

Notre engagement écoresponsable

Nous avons concentré nos efforts sur différents aspects pour cet événement:
- Utilisation de sacs tote bag "100% coton" réutilisables pour le transport des repas et différents items;
- Proposition d'une livraison à vélo pour les personnes habitant sur l'île de Montréal ou de récupérer les boîtes repas directement aux bureaux de SUCO (proche du métro De Castelnau) incitant ainsi à l'éco-mobilité des participants et participantes;
- Partenariat avec des entreprises québécoises que ce soit pour les restaurateurs ou pour les autres items qui seront contenus dans la boîte;
- Choix de produits en lien avec le Zéro-déchet pour sensibiliser les participants et participantes à l'utilisation de produits allant vers cette direction;
- Nous nous engageons après l'événement à calculer notre empreinte écologique qui y est liée et à compenser les émissions de GES (gaz à effet de serre) en reboisant avec Arbre Évolution.

 

Au plaisir de vous compter parmi nous!

 


 

Renseignements :

Émilie Thierry
Chargée de projet - collecte de fonds
514 272-3019, poste 223
donnez@suco.org

 


Une discussion sur les défis de l’agriculture familiale au Pérou

 

 

Jésus Javier Espinoza, agriculteur et protagoniste dans le documentaire «La voix de l’agriculture familiale». Crédit photo : Marcial Vargas

 

Suite à la projection virtuelle du documentaire La voix de l’agriculture familiale, l’équipe de SUCO au Pérou a organisé un webinaire sur l’agriculture familiale et le développement durable. Comme le documentaire présente l’histoire de six jeunes des Andes péruviennes qui ont lancé des projets d’entrepreneuriat en agriculture durable innovants et écologiques,  la discussion du 24 juin dernier était une occasion d’approfondir et d’ajouter un complément aux thématiques traitées dans le film. Afin d’aborder les enjeux propres aux familles agricultrices et pour répondre aux questions du public, le webinaire a rassemblé plusieurs intervenants et intervenantes du domaine :

  • Jésus Javier Espinoza, agriculteur et protagoniste dans le documentaire ;
  • Marco Artega Romani, agriculteur et entrepreneur ;
  • Luis Gomero Osorio, ingénieur-agronome, professeur d’agriculture biologique, conférencier sur les questions environnementales et d’agroécologie au niveau national et international, agriculteur, et coordonateur du Réseau d’Action en Agriculture Alternative (Red de Acción en Agricultura Alternativa)  ;
  • Paloma Duarte, entrepreneure, directrice de Misha Rastrera, une startup dédiée à la production et à la commercialisation de produits écologiques,  et directrice d’un marché écologique et d’un magasin écologique.

Nous souhaitons vous partager quelques réflexions intéressantes qui ont émergé de cet événement en ligne, et qui en disent un peu plus sur la réalité actuelle de l’agriculture familiale au Pérou.

 

Adaptation au contexte de pandémie

Le coronavirus et les mesures pour en prévenir la propagation ont entraîné des défis pour les agriculteurs et agricultrices, comme des problèmes de transport et d’approvisionnement. L’entrepreneure Paloma Duarte a mentionné que son entreprise avait été paralysée par la situation. Jésus Javier Espinoza, pour sa part, a partagé avoir souffert d’une perte de capital de 5%, qu’il prendra au moins une année à récupérer. Toutefois, tous et toutes s’entendent pour dire que la situation a sensibilisé les consommateurs et consommatrices à l’alimentation saine et locale, ce qui a créé une opportunité pour le secteur de l’agroécologie. Les solutions mises en places telles que la livraison de paniers à domicile permettent de poursuivre la vente. Par contre, le processus d’adaptation dans le contexte de pandémie est généralement coûteux pour les producteurs et productrices. Ainsi, le support des gouvernements locaux est essentiel pour appuyer l’agriculture familiale à se relever de cette crise, a avancé Paloma.

 

Pratiques, technologies et savoirs ancestraux

Pendant la discussion, l’ingénieur-agronome Luis Gomero Osorio a mentionné que les péruviens et péruviennes sont moins proches de la réalité rurale, ce qui fait en sorte qu’un grand potentiel de production demeure inutilisé. Il mentionne comme exemple les terrasses agricoles, pratique ancestrale qui est souvent délaissée en faveur de la technologie conventionnelle. D’autre part, la demande de produits peu coûteux mais tout de même présentables pousse les producteurs et productrices à utiliser des produits chimiques. Ainsi, pour arriver à des méthodes de production agroécologies, il est nécessaire que les consommatrices et consommateurs changent leur perception de la qualité des produits. De plus, afin d’être en mesure d’utiliser des pratiques ancestrales moins nuisibles pour l’environnement, il faut s’assurer que les personnes qui achètent des produits agroécologiques au marché soient prêtes à en payer le juste prix. 

Pour assurer la durabilité et une gestion efficace des ressources, Luis a souligné l’importance du développement du savoir-faire, entre autres par le travail de formation qu’effectue FORMAGRO , un projet que nous mettons en oeuvre avec nos partenaires ALLPA et IDMA.

 

Consommation locale 

À la question concernant l’accès aux produits locaux pour les habitants et habitantes en régions éloignées des villes, Paloma a répondu avoir rencontré  du succès avec les espaces de commercialisation de produits agroécologiques à l’extérieur de Lima. Elle indique qu’il existe des expériences importantes de ce type d’organisation : coopératives, associations et réseaux qui doivent être mis de l’avant. Selon elle, les entrepreneurs·es ont intérêt à continuer à mettre en oeuvre des initiatives pour développer davantage le mouvement agroécologique. À ce propos, elle considère que la jeunesse occupe un rôle fondamental.

 

Vous pouvez lire l’intégralité du résumé du webinaire LA VOIX DE L’AGRICULTURE FAMILIALE: les défis de l’agriculture familiale vers le développement durable, en cliquant ici. Pour le visionner (en espagnol), cliquez ici.

 

Chez SUCO, l’approche de l’agroécologie et de l’agriculture familiale est au centre de nos interventions pour des systèmes alimentaires plus viables et une meilleure résilience aux changements climatiques. Vous pouvez passer à l’action et encourager nos actions au Pérou en cliquant ici.

 


Renseignements supplémentaires

Émilie Lemieux
Représentante SUCO au Pérou
Directrice du projet FORMAGRO
emilielemieux@suco.org
formagro.org


La complexité de la pandémie en Amérique latine et Caraïbes

 

 

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS)  a déclaré le 8 juin dernier que la situation de la pandémie en Amérique du sud et centrale est la plus complexe au monde. De plus, l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS, branche régionale de l’OMS) se préoccupe d’une résurgence des cas en juillet avec l’arrivée de la période hivernale et de la saison des pluies, période propice aux infections diverses et aux insectes vecteurs de malaria, zika, et du dengue.  L’aplatissement de la courbe, qui donne l’espoir d’une baisse de la contagion, n’a malheureusement pas encore eu lieu dans un grand nombre de pays de la région et la transmission communautaire prend de l’ampleur. 

Quelques éléments expliquent la situation catastrophique de certains pays :  la pauvreté généralisée; la précarité des systèmes de santé; l’économie informelle et finalement le leadership controversé de certains dirigeants.

L’Amérique centrale, des contrastes et des similitudes

Au Honduras, où l’état d’urgence sanitaire a été déclaré dès le 13 mars, on a interdit tout déplacement pour une période initiale de trois semaines. Au début avril, les commerces essentiels ont reçu l’autorisation d’ouvrir, mais la population ne peut s’y approvisionner qu’une fois tous les 15 jours (des jours sont assignés selon le numéro de la carte d’identité des personnes) et seulement du lundi au vendredi; le contrôle est très strict et bien souvent réalisé par l’armée. Les samedis et dimanches tous les déplacements sont formellement interdits et un couvre-feu de 20h00 à 5h00 est en vigueur et ce jusqu’en août.

Le 8 juin dernier, après plus de trois mois de confinement, on autorisait l’ouverture de certains autres commerces, mais toujours en limitant l’accès une fois aux 15 jours. 

En date du 13 juin, 8 455 personnes ont été déclarés positives à la COVID-19 avec un total de 310 décès. Le gouvernement informe régulièrement la population de tous les cas, recense et rend public par communiqué de presse la liste des personnes testés positives, les personnes hospitalisées et celles rétablies, incluant des donnés comme l’âge, le sexe et le département de résidence.

De son côté, le Nicaragua se trouve au cœur de la tempête et le leadership du gouvernement est extrêmement controversé et décrié par les pays avoisinants et les grandes organisations internationales. En effet, aucune des mesures suggérées et éprouvées n’a été mise en place dans ce pays, contrairement aux autres de la sous-région. Les frontières n’ont pas été fermées, il n’y a pas de dépistage massif, la distanciation sociale et le port du masque n’ont pas été imposés ni même fortement recommandés. Les écoles demeurent ouvertes et des grands rassemblements publics ont été encouragés tout au moins au début de la pandémie. La seule mesure prise par le gouvernement a été une campagne communautaire de dépistage et d’information faite par des promoteurs et promotrices de la santé qui sillonnent le pays de maison en maison pour informer des symptômes de la maladie. 

De plus le gouvernement a, selon la société civile et les médecins et l’OPS, observé une certaine opacité dans le rapportage des cas et a probablement grandement minimisé ceux-ci.  En l’absence de normes édictées par le gouvernement, bon nombre d’entreprises, incluant les ONGs, ont adoptés leurs propres mesures : elles ont fermé leur porte et dans les cas où cela était possible elles ont adopté le télétravail; les commerces ont installé des postes de désinfection des mains et de prise de température; et la population a limité ses déplacements et adopté le port du masque. Des campagnes privées de publicité « Quédate en casa » (Reste à la maison) ont été créées et diffusées.

Officiellement, sur une population de 6,4 millions, il y a actuellement 1 464 cas et 55 décès. Cependant, un observatoire indépendant regroupant des médecins et autres professionnels de la santé et des services sociaux rapporte qu’il y aurait plutôt 1 114 décès liés à la COVID-19 et plus de 5,000 cas

Au Sud rien ne va

Au Pérou l’urgence sanitaire a été décrétée dès le 11 mars et des mesures très strictes ont alors été prises : fermeture des frontières, restrictions de déplacements, couvre-feu de 20h00 à 6h00, confinement de la population, port du masque dans les commerces essentiels, et distanciation sociale de 2 mètres. Une conférence de presse journalière et télédiffusée du président de la République a été instaurée et quelques mesures d’aide financière ont été mises en place pour les familles les plus vulnérables. Malgré toutes ces mesures,  le Pérou est depuis quelques jours le 8ième pays le plus touché dans le monde et le 3ième des Amériques avec plus de 6 688 décès et près de 230 000 personnes infectées. Il faut signaler que le Pérou est l’un des pays qui réalise le plus de tests de dépistage sur le continent. Le pays est toujours en confinement même si un assouplissement a lieu dans certaines régions moins touchées.

Haïti

En date du 11 juin, Haïti comptait  un total de 3 796 personnes infectées et 58 décès. Avec la propagation de la pandémie et l’augmentation des personnes infectées au quotidien, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence jusqu’à la fin juillet, en adoptant un certain nombre de mesures sans pour autant imposer le confinement total. En effet, les écoles, universités, églises et entreprises d’envergure sont fermées. Les institutions publiques fonctionnent avec 50% de leur personnel. Le confinement de la population est fort complexe dans un pays dominé par l’économie informelle, et l’on oublie rapidement les consignes de distanciation physique dans les marchés publics bondés.  

Plusieurs campagnes de sensibilisation ont lieu dans le pays, dans le but d’inciter les personnes craignant d’être contaminées à se rendre dans un centre hospitalier dès que possible, puisque la désinformation pousse les gens à se présenter trop tard à l’hôpital pour que le personnel puisse réellement les traiter. De plus, Haïti demeure le centre de constantes manifestations publiques et de violences. Une crise socio-politique sévit en effet dans le pays depuis 2019, la population fait entendre sa grogne contre la corruption et les actions (ou inactions) du gouvernement intérimaire en place. L’arrivée de la pandémie a rendu la situation encore plus complexe. 

Des effets semblables malgré les différences

Les systèmes de santé publics, en manque d’équipements, de matériel et de personnel soignant, ne peuvent faire face à la pandémie ce qui n’a fait qu’exacerber une situation préexistante et mettre en lumière leur inefficacité face à une crise de cette ampleur et ce, malgré tout le travail et le dévouement du personnel médical. Les familles se retrouvent bien souvent à devoir recourir, si elles peuvent se le permettre, à des systèmes parallèles privés.

Le recours à l’économie informelle est la source principale de revenus pour une grande partie de la population alors au risque de leur santé, d’être arrêtées pour ne pas respecter les consignes, ou même de transmettre la maladie, ces travailleurs et travailleuses se rendent tout de même à leur lieu de travail (kiosques de rue, chantiers de construction, maisons privées, etc.). Comment l’interdire quand plus de 50% de la population de ces pays ont cette seule alternative pour survivre?

Les travailleurs et travailleuses de l’économie informelle, se retrouvent en situation des plus précaire. Plusieurs des activités qu’ils et elles réalisent ont été brusquement interrompues. La majorité de ces activités sont réalisées par les femmes, soit le gardiennage d’enfants, l’aide domestique, la vente dans la rue de nourriture et de produits divers, alors en plus de la perte de revenus, essentiels à la survie de la famille, ils et elles ne disposent d’aucune assurance santé et de filet social. 

Un autre des effets catastrophiques de la pandémie et des mesures mises en place est l’approvisionnement en aliments. En effet, dans plusieurs pays, la limitation des sorties et l’arrêt des transports publics et privés depuis le début de la crise ont grandement contribué à rendre l’approvisionnement très difficile, surtout dans les villes. 

Une crise alimentaire est à prévoir à plus ou moins court terme car, en plus de la fermeture des marchés, plusieurs producteurs et productrices agricoles peinent à trouver les semences nécessaires pour débuter la saison agricole.

Il n’existe pas de données officielles fiables sur l’augmentation des cas de violence envers les femmes dans les pays des Amériques jusqu’à maintenant, mais l’ONU reste très préoccupée par la situation des violences envers les femmes en ces temps de pandémie; on ne peut exclure que la situation des femmes soit encore plus préoccupante qu’elle ne l’est en temps « normal ».

Depuis la mi-mai les différentes organisations liées au Nations Unies, Unesco, FAO, OMS, etc. ont fait part de leur préoccupation de la situation des populations autochtones et appellent les États à prendre des mesures particulières pour assurer leur sécurité alimentaire et sanitaire. Les populations autochtones sont parmi les plus vulnérables face à cette pandémie, elles vivent bien souvent isolées et sans services de santé adéquats, et comptent parmi les plus pauvres.

Nous agissons de concert avec nos partenaires terrain

Malgré que nous ne puissions pour le moment être présents physiquement dans nos pays d’intervention nous continuons le travail de soutien à nos partenaires sur le terrain à distance. Ceux-ci ont dû adapter leurs méthodes de travail, dans certains pays des visites sont organisées en mettant en place des mesures de protection tant pour les travailleurs et travailleuses que pour les populations, formation en groupes restreints, distanciation sociale et port du masque. Au Pérou par exemple, les jeunes producteurs et productrices, à défaut de compter sur les marchés habituels, ont commencé la livraison de paniers bios avec leur production et celle des familles avoisinantes, leur assurant ainsi des débouchés et des revenus essentiels. En Haïti, au Honduras et au Nicaragua, avec l’arrivée de la saison des pluies et donc agricole, nous devons redoubler d’efforts pour appuyer les populations à réaliser une saison agricole qui assurera l’alimentation des familles et l’approvisionnement des marchés.

Les femmes, les hommes et les jeunes des Amériques ont besoin de notre soutien, et de notre solidarité et nous déployons tous nos efforts pour rester à leurs côtés.

 

Crédit photo: CC-LAB

 


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: lindagagnon@suco.org


«Un engagement sans frontières» : série de balados

 

 

L’expérience en volontariat est différente pour tous et toutes. Afin de donner un espace aux différentes histoires des volontaires qui partent réaliser un mandat à l’international, nous avons produit une série de baladodiffusions : “Un engagement sans frontières”.  La série a d’abord été lancée dans le cadre des Retrouvailles annuelles de SUCO, et une séance de questions-réponses a eu lieu avec les volontaires en direct de notre page Facebook. La discussion est d’ailleurs toujours disponible pour visionnement.

La série vous permet d’écouter le récit de 4 volontaires qui ont vécu des expériences variées et qui vous partagent leur perception des pays où ils et elles ont travaillé, ainsi que des acteurs et actrices de changement qu’ils et elles ont côtoyés durant leur mandat. Les volontaires abordent également l’impact des actions et des partenaires sur leur communauté. Il est marquant de constater l’enthousiasme des volontaires dans le partage de leur expérience. Ils et elles sont d’accord sur le fait que vivre une expérience en coopération internationale a permis de renforcer leur sens de l’engagement citoyen et de mieux comprendre les enjeux auxquels nos partenaires, mais également nous-même, faisons face. Ils et elles ont des profils différents qui procurent une richesse aux histoires et qui donneront probablement la piqûre aux auditeurs et auditrices qui caressent l’idée de se lancer en coopération internationale.

Suivez le lien pour écouter la série de baladodiffusions : “Un engagement sans frontières”!

Et celui-ci pour visionner la séance de questions-réponses qui eu lieu avec les volontaires en direct de notre page Facebook jeudi 11 juin.

À propos du volontariat chez SUCO

Être volontaire avec SUCO, c’est s’engager à vivre une expérience humaine enrichissante. C’est de vivre avec les communautés à l’étranger, dans les pays où SUCO travaille, et co construire des initiatives avec eux. C’est faire sa part pour que notre monde soit plus juste, plus solidaire et plus durable. De plus, cela implique de comprendre que nous sommes tous et toutes interconnectés·es et que les actions d’une personne ont inévitablement un impact sur les autres.

SUCO oeuvre dans plusieurs pays, et avant d’y envoyer nos volontaires, nous identifions et développons avec nos partenaires sur le terrain au préalable les projets ou les actions nécessaires pour mener le changement qu’ils et elles souhaitent voir. L’idée étant de soutenir les personnes des communautés avec lesquelles nous travaillons pour renforcer leurs capacités. Une fois ces besoins identifiés, des mandats à combler sont définis, puis les personnes intéressées à s’engager comme volontaires ou stagiaires posent leurs candidatures. Les personnes choisies s’envolent ensuite réaliser leurs mandats, qui varient en durée.

Pour ne rien manquer des opportunités de volontariat, inscrivez-vous à notre Alerte-Emploi!

 


Renseignements supplémentaires:
Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: isabelle-tracylaude@suco.org

 


Changer le monde, un fromage à la fois! Une discussion virtuelle des Retrouvailles

 

 

Voici un résumé d’un entretien en direct sur notre page Facebook qui s’est déroulé dans le cadre des Retrouvailles annuelles de SUCO le 10 juin à 15h00, avec Pedro Estrada, spécialiste en développement rural, cofondateur de l’ONG ALLPA, partenaire de SUCO au Pérou. Pedro est aussi coordonnateur du projet Formagro dans la région de Ancash, exécuté avec SUCO. ALLPA est une organisation qui travaille au développement durable et équitable des familles rurales, et plus particulièrement des familles andines qui se retrouvent en conditions d’exclusion, en renforçant leurs capacités sociales, productives et organisationnelles. 

 

Officiellement constituée en 2010, ALLPA est le fruit d’un processus de création collective, impliquant plusieurs collaborateurs et partenaires, en plus de volontaires, toujours basé sur l’identité culturelle de la région et de sa population. L’organisation fut ainsi créée d’un désir que portaient les intervenantes et intervenants locaux, qui voulaient contribuer à améliorer les conditions de vie précaires des familles agricoles de leur région, dû au manque d’opportunités. ALLPA intervient auprès des familles andines de la région de Ancash, une région au Nord de Lima, située entre 2 000 et 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, où la population est autochtone quechua.

Ainsi s’est entamé avec SUCO un échange afin de trouver la façon de générer un capital social dans la région, de pouvoir collaborer avec les institutions locales, publiques et de coopération, afin de pouvoir offrir d’avantage d’opportunités aux familles. Le projet FORMAGRO, qu’ALLPA exécute avec SUCO depuis 2015, est le plus grand projet de l’organisation et même un des plus important à être exécuté actuellement au Pérou.

Un développement local résilient aux changements climatiques

La nature montagneuse de la région rend l’écosystème très fragile, de par ses conditions météorologiques extrêmes dues à son altitude. Le niveau de scolarisation y est très bas, surtout chez la population adulte. La majorité des familles y pratiquent une agriculture de subsistance, qui parfois ne produit même pas suffisamment pour nourrir toute la famille. ALLPA intervient directement auprès de ces familles, souvent exclues des processus de développement économiques conventionnels.  

Par le développement local, ALLPA souhaite générer un changement socio-économique, auprès des populations agricultrices de la région, dans un esprit de protection et de préservation de l’environnement, et de développement durable. Les familles ciblées par le projet ont accès à de très petites parcelles, qu’elles cultivent à partir de leurs savoirs et connaissances traditionnelles et ancestrales. Ces petits agriculteurs et petites agricultrices commercialisent localement leurs produits, et leur production n’est pas destinée à l’exportation. L’agriculture durable pour eux et elles est l’ unique façon de cultiver, et c’est en se basant sur des pratiques agro écologiques que ALLPA intervient. L’organisation, à travers son travail collaboratif avec les familles, valorise les connaissances et techniques agricoles traditionnelles, et vient les bonifier et parfois techniciser, dans le but de les rendre plus productives et plus viables. 

L’adaptation et la résilience aux changements climatiques demeure un défi important pour les familles de la région. Le projet Formagro travaille avec elles, afin d’améliorer et diversifier les pratiques et que leurs cultures en soient ainsi moins affectées et plus résilientes.  Enfin, sur la question des changements climatiques, malgré que les effets négatifs soient fort importants, l’organisation s’assure d’y voir des opportunités. Par exemple, l’augmentation et la perturbation de la pluviométrie affecte énormément les cultures. Cependant, l’augmentation des températures a permis de développer la culture de fraises, ce qui ne s’était jamais vu à cette altitude. Il faut ainsi transformer les perturbations en opportunités. 

Le changement sous forme de fromage

Il y a quelques années, ALLPA s’est donné un grand défi : celui de développer, produire, et positionner sur les marchés le fromage de la région de Huari. S’en est alors suivi un processus d’accompagnement et formation auprès des femmes, afin qu’elles puissent produire un fromage à partir du lait de leurs vaches. C’est un processus qui a demandé un accompagnement personnalisé avec chaque productrice, en quechua et dans leur propre cuisine. Cela a pris des années, mais ALLPA a ainsi atteint son objectif : développer un fromage de qualité, produit par des femmes de la communauté. Cela a créé tout un changement au niveau de la dynamique sociale. Les femmes ont commencé à développer un produit avec valeur ajoutée et à le vendre, ce qui leur a donné un pouvoir économique qu’elles n’avaient pas auparavant : plusieurs d’entre elles n’avaient même jamais manipulé d’argent.  La marque Jallga Queso (fromage des montagnes, en quechua) a ensuite été créée, ce qui a permis de mieux positionner le produit. Le fromage est offert dans des foires alimentaires et festivals, où il se vend très bien. Aussi, derrière l’idée de vendre un produit se trouve celle de mettre en valeur le travail des productrices tout en faisant découvrir leur identité culturelle et savoirs ancestraux. D’ailleurs, Formagro travaille maintenant avec la seconde génération de fromagères, les filles des productrices, qui parlent espagnol et maitrisent les médias sociaux. Elles apportent un nouveau dynamisme à la commercialisation du produit. 

De plus, le produit a permis la création de la route du fromage, un circuit de découverte, permettant de visiter les familles productrices et ainsi observer le processus de production, participer à des dégustations et connaître la richesse culturelle de la région.  

Un travail de proximité

L’un des plus grands facteurs de réussite du travail d’ALLPA et du projet Formagro est de valoriser l’identité des populations. En effet, le fait de miser sur l’identité culturelle et la langue locale, en s’assurant que les personnes intervenantes aient cette sensibilité pour travailler en proximité permet d’atteindre les résultats attendus. D’ailleurs, la façon de travailler de SUCO pour favoriser une intervention de proximité basée sur une constante analyse des problématiques du terrain transparait énormément dans la philosophie de ALLPA. 

Enfin, l’intervention auprès de toute la cellule familiale est une formule gagnante pour le projet et pour ALLPA. En effet, le fait d’améliorer les activités productives pour les femmes – l’accès aux ressources économiques, positionnement sur les marchés, etc. – est bénéfique pour toute la famille. De plus, il est important pour Formagro que les femmes ne soient pas seulement inclues dans les espaces de décision mais qu’elles aient réellement une place dans la communauté, que leur voix soient entendues. 

Cliquez ici pour visionner l’entretien en espagnol, animé par Émilie Lemieux, représentante SUCO et directrice du programme Formagro au Pérou.

 


Renseignements supplémentaires:

Émilie Lemieux
Directrice – Formagro
Representante SUCO au Pérou
Courriel: emilielemieux@suco.org

 


Les jeunes en faveur d’une agriculture familiale

 

 

Daivyd Yactayo, de Valle Escondido, une jeune entreprise qui vend des nectars et yogourts de fruits
agroécologiques au marché de Lunahuan, en plus de répartir à domicile. Crédit photo: Carlos Ly

 

L’agriculture familiale est la forme prédominante de production agricole dans le monde (FAO, 2014). Elle s’adapte à toutes les conditions géographiques et climatiques et elle tient un rôle important dans la gestion des ressources naturelles, la préservation du patrimoine culturel et la sécurité alimentaire. Plus de 83% des travailleurs et travailleuses agricoles du Pérou (3 millions) pratiquent ce type d’agriculture.

En plus des multiples défis auxquels sont confrontés les producteurs et productrices qui réalisent une agriculture à petite échelle, la pandémie de la COVID-19 a provoqué la fermeture des marchés et l’arrêt du commerce entre les villes et les régions. Les mesures de distanciation sociale et de protection qui accompagnent le processus de réactivation économique nous amènent à repenser les modes de production et de commercialisation. Pour prioriser la santé publique, il faut aussi prioriser l’environnement. Ainsi, une transition vers des systèmes de production agroécologique devient nécessaire, non seulement pour protéger l’environnement et les écosystèmes, mais aussi pour prévenir la propagation de nouvelles maladies infectieuses.

Dans le contexte actuel, plus que jamais, l’agroécologie émerge comme un processus intégral qui enracine les bases pour une transition écologique des systèmes alimentaires, et où l’agriculture familiale joue un rôle fondamental. Les marchés agroécologiques et les points de vente bios sont des espaces qui instaurent une relation entre les personnes qui produisent et celles qui consomment des aliments sains et locaux, en faveur d’une résilience socio-écologique.

 

Ronaldo Macazana cultive de jeunes légumes avec son entreprise «Huerto agroecológico doña Barry».
Crédit photo: Carlos Ly

 

De jeunes producteurs et productrices qui innovent en milieu rural

Au Pérou, 2211 jeunes (1228 femmes et 983 hommes) diplômés en agriculture, élevage, et gestion d’entreprises agricoles, produisent en combinant savoirs ancestraux et techniques modernes, selon une approche agroécologique. Ils et elles ont acquis ces compétences grâce aux modules de formation technique développés par SUCO et ses partenaires ALLPA et IDMA dans le cadre du projet FORMAGRO. Les entreprises innovatrices de 46 entrepreneurs (femmes et hommes) ont été récompensées durant les 4 éditions du Fonds Wiñay (« grandir » en quechua). Il s’agit d’un concours de financement dirigé aux jeunes entrepreneurs des régions de Ancash et Lima, sur la base de leur plan d’affaires.

Cliquez ici pour visionner la vidéo de la troisième édition de remise de prix du Fonds Wiñay région de Ancash et ICI pour la remise de prix pour la région de Lima.

Tout en s’adaptant à la réalité changeante, les jeunes entrepreneurs·es mettent en valeur l’importance d’une alimentation saine, et l’apport direct de l’agriculture familiale pour assurer la sécurité alimentaire des centres urbains. Les marchés locaux prennent une place significative, comme par exemple le marché agroécologique Biolurín, où les producteurs et productrices agroécologiques des abords de la rivière Lurin, à Lima, vendent leurs produits.

 

Productrice agroécologique du marché Biolurín. Crédit photo: Marcial Vargas.

 

Erika Eugenio et Natalia González commercialisent leur fromage de type andin au marché de Huari.
Crédit photo : Carlos Ly.

 

Des espaces de réflexion pour les jeunes

La pandémie a accéléré la réflexion sur les impacts de l’activité humaine sur l’environnement et les changements climatiques. Cette thématique avait d’ailleurs été abordée en juin 2019 lors du Forum sur les changements climatiques dans la région d’Ancash. Ce sont 250 personnes qui se sont réunies à Huaraz pour réfléchir sur la façon d’adapter les systèmes agricoles andins aux changements climatiques, particulièrement dans la région d’Ancash qui abrite la Cordillère Blanche.

Cliquez ici pour visionner la vidéo résumé du Forum sur les changements climatiques.

 

Enfin, les jeunes vivant en milieu rural demandent à occuper une plus grande place dans les espaces de prise de décision. SUCO organise différents événements où les jeunes peuvent s’exprimer et débattre sur des thèmes qui leurs tiennent à cœur, en lien avec la ruralité, l’agroécologie, et les défis qui existent pour influencer l’agenda publique national sur les questions agricoles. Le Forum sur les jeunes ruraux et  l’agroécologie réalisé en mars 2018 à Lima dans le cadre du projet FORMAGRO a donné la parole aux jeunes de différentes régions du Pérou, précisément sur ces questions.

Cliquez ici pour visionner la vidéo du Forum sur les jeunes ruraux et l’agroécologie.

 

Jeunes qui participent au Forum sur l’adaptation aux changements climatiques en élaborant la maquette d’un système agricole et d’élevage durable. Crédit photo: Carlos Ly

 

Jeunes participants et participantes au Forum sur les Jeunes ruraux et l’agroécologie en pleine élaboration de la déclaration de l’événement. Crédit photo : Carlos Ly

 

Carla Salvador, membre de la Coopérative Agraire de Santa Cruz LTDA, qui présente sa farine de kiwicha au marché de Huayla de Caraz, Ancash. Crédit photo: Carlos Ly

 

Ronald García produit du fertilisant bio avec sa marque Fito Killari a Yungay, Ancash. Crédit photo: Carlos Ly

 

 

 


Renseignements supplémentaires:

Émilie Lemieux
Directrice – Formagro
Representante SUCO au Pérou
Courriel: emilielemieux@suco.org

 


Les Retrouvailles annuelles de SUCO en mode virtuel!

 

 

 

Cette année, les Retrouvailles annuelles de SUCO se dérouleront virtuellement du 8 au 11  juin prochain en direct de notre page Facebook. Afin de souligner les 59 ans d’existence de SUCO et surtout l’implication et le travail incroyable des acteurs et actrices de changement qui forgment la #SUCOmmunauté, l’équipe vous a concocté une série d’activités en ligne gratuites qui met en lumière qui sont ces personnes qui travaillent avec nous, autant au Québec qu’à l’international. 

Que ce soit nos volontaires qui travaillent de près avec les populations que l’on accompagne sur nos différents terrains à l’international, nos partenaires qui proviennent d’Haïti, du Pérou, du Nicaragua, du Honduras en passant par le Sénégal et le Burkina Faso ou même ceux avec lesquels sont organisées des activités mobilisatrices au Québec et au Canada, venez en apprendre plus sur la #SUCOmmunauté!

Ne manquez surtout pas, dès le 8 juin, 18h, en direct de notre page Facebook, notre événement de lancement festif et interactif qui vous donnera un bon aperçu de la programmation de la semaine. Chaque journée devrait comprendre dans sa programmation une série d’activités virtuelles sur qui sont plus concrètement ces acteurs et actrices de changement. 

PROGRAMMATION

 

Soirée de lancement virtuelle des Retrouvailles 

Lundi 8 juin, 18h  À 19h, en direct de la page Facebook de SUCO

Réservez votre 8 juin pour la soirée de lancement festive des retrouvailles de SUCO! De 18h à 19h, découvrez-en plus sur cet événement phare de la #SUCOmmunauté. De nombreuses surprises vous attendent! Répondez dès maintenant en un ou deux mots  à la question « Ça veut dire quoi le changement pour vous? ». Nous diffuserons les résultats en ligne lors de l’événement. Alors restez à l’affût et rejoignez-nous sur le live Facebook de 18h à 19h, lundi 8 juin!

 

Notre action au Québec : Des acteurs et actrices de changement au coeur de nos projets!

Mardi 9 juin

Venez à la rencontre de 4 acteurs et actrices de changement au Québec qui travaillent de près sur les différents projets de SUCO! Ces 2 webinaires interactifs seront animés par notre agente de mobilisation du public, Yasmina Britel.

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Dîner-causerie : La culture comme vecteur de mobilisation, une formule gagnante pour SUCO!

12 h à 13 h, en direct de la page Facebook de SUCO

Invités·es : 

Marie-Luce Gervais et Joumana El-Khoury, animatrices d’ateliers participatifs dans les écoles pour SUCO

Francis Brassard-Lecours, co coordonateur du festival Ciné Vert, initié par SUCO et Funambules Médias

 

Carburer à l’implication : Qu’est-ce que ça donne?

17h à 18h, en direct de la page Facebook de SUCO

Invités·es : 

Sophie Bourdon, ancienne volontaire et actuelle mentore auprès de stagiaires pour SUCO

Dalia Congo Kabore, membre du Conseil d’administration de SUCO

 

Notre action à l’international :  Changeons le monde un geste à la fois 

Mercredi 10 juin et jeudi 11 juin 

Venez échanger avec des partenaires et des volontaires de SUCO à l’international!

Ces rencontres vous permettront de faire connaissance avec ces acteurs et actrices de changement, de comprendre et apprécier leur travail, leurs histoires, leurs défis mais aussi leurs succès. 

 

Du cimetière de plastique à la GreenTeam: des actions pour mettre en oeuvre une réelle vision écologique!

Mercredi 10 juin, 11h à 12h, en direct de la page Facebook de SUCO

Invité :

Djibril Niang,  Directeur de Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE) Sénégal 

Animé par Geneviève Talbot, qui est notre chargée de programmes Pôle Afrique, ce webinaire vous permettra d’échanger avec Djibril sur la jeune histoire de JVE-Sénégal, sur son impact positif dans les communautés où l’organisation intervient et sur le rôle des volontaires sénégalais et de SUCO dans cette organisation. 

 

Changer le monde un fromage à la fois! 

Mercredi 10 juin, 15h à 16h, en direct de la page Facebook de SUCO

Invité :

Pedro Estrada,  spécialiste en développement rural et coordonateur du projet Formagro.

Emilie Lemieux, directrice de notre programme Formagro au Pérou, animera cette rencontre (en espagnol) avec Pedro Estrada de l’organisation ALLPA.

ALLPA est une organisation locale de la région d’Ancash qui travaille au développement durable et équitable des familles rurales, en particulier des familles andines qui se retrouvent en conditions d’exclusion, en renforçant leurs capacités sociales, productives et organisationnelles. Découvrez comment cette organisation, partenaire de longue date de SUCO, est un moteur de changement dans les communautés où elle intervient, grâce au fromage et à  la marque «la ruta del queso». 

Un engagement sans frontières : série de balados

Jeudi 11 juin, 12h à 13h, en direct de la page Facebook de SUCO

Venez rencontrer les acteurs·trices changement qui ont contribué à la série de balados: Un engagement sans frontières. Nos volontaires répondront à vos questions en direct de notre page Facebook. Écoutez la série (disponible à partir du lundi 8 juin) et découvrez leur témoignage sur une expérience unique et sans frontières!  Maintenant de retour au Canada, que retiennent ces personnes de leur expérience et comment perçoivent-elles leur engagement à agir pour un monde plus juste, viable et solidaire? 

 

C’est un rendez-vous!

 


 

Renseignements supplémentaires:

Yasmina Britel
Agente de programme à la mobilisation du public
(514) 272-3019 poste 234
Courriel: yasminabritel@suco.org

 


Modules de formation en production agricole durable en ligne!

 

 

 

Avec l’exécution du projet FORMAGRO, SUCO cherche à améliorer les conditions économiques des jeunes femmes productrices et des jeunes hommes producteurs agricoles au Pérou. En collaboration avec nos partenaires Allpa Perú et IDMA, nous avons développé 17 modules de formation disponibles en ligne. FORMAGRO donne accès à une éducation technique de qualité en agriculture et en élevage, et encourage le développement entrepreneurial chez les jeunes sur la base de leurs activités agricoles. Les modules offrent des formations en production agricole durable, en transformation de produits agricoles et en gestion d’entreprises développées.

Pour télécharger les modules de formation (en espagnol), suivez ce lien-ci.

Environnement et entrepreneuriat

Chaque module a été développé en suivant une méthodologie combinant sessions en classe et construction participative de connaissances dans différents espaces d’apprentissage, comme par exemple dans les unités productives des étudiants et étudiantes. Ils comprennent différentes techniques agroécologiques respectueuses de l’environnement et favorisent l’esprit entrepreneurial des jeunes qui suivent la formation, en mettant à leur disposition des outils pour développer leur entreprise en utilisant les ressources à leur disposition de façon durable et innovatrice.

En ces difficiles temps de pandémie, SUCO continue à soutenir les petits agriculteurs et agricultrices du Pérou et à promouvoir l’agroécologie qui, tout en intégrant les pratiques agricoles traditionnelles aux techniques modernes, permet de préserver l’agrobiodiversité et d’alimenter les populations avec des produits locaux sains et diversifiés.

Les modules de formation développés dans le cadre du projet FORMAGRO constituent des outils de formation pratiques et accessibles pour tous et toutes, un apport concret de SUCO pour la souveraineté alimentaire et la transition écologique!

 

 

Crédit photo : Carlos Ly


 

Renseignements supplémentaires:

Émilie Lemieux
Directrice – Formagro
Representante SUCO au Pérou
Courriel: emilielemieux@suco.org

 


Nouvelles de nos volontaires et stagiaires de retour au Canada

 

 

Suite aux mesures prises par le gouvernement canadien en réponse à la pandémie de la COVID-19, ainsi que par les gouvernements des pays où nous intervenons, SUCO a rapatrié ses volontaires et stagiaires et a mis en pause l’envoi de toute nouvelle personne sur le terrain. Nous sommes d’ailleurs heureux et heureuses de vous confirmer que tous·tes nos volontaires et stagiaires sont maintenant revenus·es au Canada!

Désormais, les énergies de SUCO sont consacrées à adapter nos activités afin de continuer à soutenir nos partenaires pour mener les changements qu’ils veulent voir dans leur communauté. Il est évident qu’à l’issue de cette crise sanitaire mondiale, la solidarité internationale sera d’autant plus importante pour renforcer la capacité des collectivités à se relever plus vite. Ainsi, SUCO redouble d’efforts pour maintenir son approche de proximité malgré le confinement.

Bien que les volontaires et stagiaires soient de retour au Canada, leur coeur est toujours avec les partenaires qu’ils et elles appuyaient. Voici quelques messages qu’elles et ils souhaitent partager avec des personnes qui les ont aidés·es à revenir à la maison et avec nos partenaires.

Chers partenaires :

À toute l’équipe de JVE Sénégal, plus particulièrement à Djibryl Niang, Oureye Sonko et Amath Diouf, nos chers collègues qui nous ont accueilli dans la très grande famille de JVE dès le premier jour : merci. Merci de nous avoir fait découvrir un pays dont la bonté et la générosité des gens nous épataient chaque jour, merci de nous avoir accueilli parmi vous avec les bras ouverts. Grâce à vous, mon temps passé au Sénégal fait maintenant parti des plus belles expériences de ma vie.

Votre sœur pour toujours,

Roxane Pellerin, stagiaire au Sénégal

 

Nunca tuve la oportunidad de decirles cuánto los admiro y cuánto admiro lo que hacen, porque como dijera Eros Ramazzotti, ustedes « trabajan con el corazón » y eso es algo que me toca profundamente y que deja una huella indeleble en las comunidades y en las personas con las que ustedes trabajan. Les mando muchos abrazos solidarios desde la cuarentena quebequense y sepan que los pienso a diario.

Nayheli Alliu, volontaire au Pérou

 

¡Hola compañeras y compañeros de COSECHA! No logramos vernos todos y todas al final ¡pero saben que un día que volveremos a juntarnos! Les deseo a ustedes y sus familias lo mejor para el futuro. Muchas gracias de nuevo por la maravillosa experiencia que viví con ustedes. 🙂 ¡Un abrazo grande!  

Caroline Mary, stagiaire au Honduras

 

Chers partenaires, je vous envoie toutes mes ondes positives. Nous sommes toutes et tous ensemble pour passer à travers cette étape difficile.

Audrey Perreault, stagiaire au Nicaragua

 

À la Red, nous étions comme une petite famille. Grâce à elle, mon intégration s’est bien déroulée, j’ai rencontré de merveilleuses personnes. Je tiens à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi lors de mon passage. J’en suis profondément reconnaissante et agréablement touchée. Je salue particulièrement Dona Raquel, Victor ainsi que mon équipe projet. Je ne garde que de bons souvenirs.

Christine Nguini, stagiaire au Honduras

 

Chers équipes d’Allpa et de l’IDMA, je profite de cet espace pour remercier chacune et chacun de vous pour votre confiance, votre ouverture et votre appui tout au long de mon mandat, ainsi que pour l’engagement et le dévouement dont vous avez fait preuve à chaque jour envers les participantes et participants au projet FORMAGRO. Merci à vous toutes et tous pour les conversations, les apprentissages et les beaux moments que nous avons pu partager. A bientôt!

Marie Létourneau, stagiaire au Pérou

 

Aux personnes qui nous ont prêté main forte pour rapatrier nos équipes :

 

Je suis très reconnaissante aux personnes qui ont dédié de nombreuses heures à notre retour au pays, autant les employés du gouvernement et de l’ambassade du Canada, ainsi que ceux et celles des lignes aériennes et des aéroports, sans qui il aurait été impossible de revenir chez nous. Il est important de remercier particulièrement les agriculteurs et agricultrices partout à travers le monde qui continuent à produire des aliments de qualité, qui nous permettent de nous maintenir en santé et dont l’importance est trop souvent oubliée! 

Catherine Dodaro, stagiaire au Pérou

 

Merci aux partenaires pour l’appui dans le rapatriement des volontaires en région à Lima. Merci à l’équipe terrain pour leur engagement et support dans la semaine de quarantaine à Lima. Merci aux volontaires et aux stagiaires pour leur résilience.

Margarita Canales, volontaire au Pérou

 

 

Il est nécessaire de souligner les efforts des travailleuses et travailleurs de première ligne. Toutes et tous autant que vous êtes, vous faites une différence. À toutes ces personnes qui ont croisé mon chemin virtuellement ou physiquement, je pense à vous et vous avez un grand impact malgré le confinement.

Saphia Arhzaf, stagiaire au Sénégal

 

 

Je veux prendre le temps de remercier tous ceux et toutes celles qui ont permis mon retour à Montréal – le gouvernement du Canada et celui du Pérou, l’équipe de SUCO et les gens qui, dans l’ombre, ont mis du leur pour adoucir ce processus! Je pense à mon copain Anderson, mon amie Frédérique, le chauffeur de taxi, Mabel qui a coordonnée la logistique. J’espère que le retour sur le terrain se fera prochainement, d’ici là merci pour tout, et à bientôt, à tous ceux et toutes celles qui sont loin!

Catherine Joubert, volontaire au Pérou

 


Renseignements supplémentaires:

Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: isabelle-tracylaude@suco.org