Changer le monde, un fromage à la fois! Une discussion virtuelle des Retrouvailles

 

 

Voici un résumé d’un entretien en direct sur notre page Facebook qui s’est déroulé dans le cadre des Retrouvailles annuelles de SUCO le 10 juin à 15h00, avec Pedro Estrada, spécialiste en développement rural, cofondateur de l’ONG ALLPA, partenaire de SUCO au Pérou. Pedro est aussi coordonnateur du projet Formagro dans la région de Ancash, exécuté avec SUCO. ALLPA est une organisation qui travaille au développement durable et équitable des familles rurales, et plus particulièrement des familles andines qui se retrouvent en conditions d’exclusion, en renforçant leurs capacités sociales, productives et organisationnelles. 

 

Officiellement constituée en 2010, ALLPA est le fruit d’un processus de création collective, impliquant plusieurs collaborateurs et partenaires, en plus de volontaires, toujours basé sur l’identité culturelle de la région et de sa population. L’organisation fut ainsi créée d’un désir que portaient les intervenantes et intervenants locaux, qui voulaient contribuer à améliorer les conditions de vie précaires des familles agricoles de leur région, dû au manque d’opportunités. ALLPA intervient auprès des familles andines de la région de Ancash, une région au Nord de Lima, située entre 2 000 et 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, où la population est autochtone quechua.

Ainsi s’est entamé avec SUCO un échange afin de trouver la façon de générer un capital social dans la région, de pouvoir collaborer avec les institutions locales, publiques et de coopération, afin de pouvoir offrir d’avantage d’opportunités aux familles. Le projet FORMAGRO, qu’ALLPA exécute avec SUCO depuis 2015, est le plus grand projet de l’organisation et même un des plus important à être exécuté actuellement au Pérou.

Un développement local résilient aux changements climatiques

La nature montagneuse de la région rend l’écosystème très fragile, de par ses conditions météorologiques extrêmes dues à son altitude. Le niveau de scolarisation y est très bas, surtout chez la population adulte. La majorité des familles y pratiquent une agriculture de subsistance, qui parfois ne produit même pas suffisamment pour nourrir toute la famille. ALLPA intervient directement auprès de ces familles, souvent exclues des processus de développement économiques conventionnels.  

Par le développement local, ALLPA souhaite générer un changement socio-économique, auprès des populations agricultrices de la région, dans un esprit de protection et de préservation de l’environnement, et de développement durable. Les familles ciblées par le projet ont accès à de très petites parcelles, qu’elles cultivent à partir de leurs savoirs et connaissances traditionnelles et ancestrales. Ces petits agriculteurs et petites agricultrices commercialisent localement leurs produits, et leur production n’est pas destinée à l’exportation. L’agriculture durable pour eux et elles est l’ unique façon de cultiver, et c’est en se basant sur des pratiques agro écologiques que ALLPA intervient. L’organisation, à travers son travail collaboratif avec les familles, valorise les connaissances et techniques agricoles traditionnelles, et vient les bonifier et parfois techniciser, dans le but de les rendre plus productives et plus viables. 

L’adaptation et la résilience aux changements climatiques demeure un défi important pour les familles de la région. Le projet Formagro travaille avec elles, afin d’améliorer et diversifier les pratiques et que leurs cultures en soient ainsi moins affectées et plus résilientes.  Enfin, sur la question des changements climatiques, malgré que les effets négatifs soient fort importants, l’organisation s’assure d’y voir des opportunités. Par exemple, l’augmentation et la perturbation de la pluviométrie affecte énormément les cultures. Cependant, l’augmentation des températures a permis de développer la culture de fraises, ce qui ne s’était jamais vu à cette altitude. Il faut ainsi transformer les perturbations en opportunités. 

Le changement sous forme de fromage

Il y a quelques années, ALLPA s’est donné un grand défi : celui de développer, produire, et positionner sur les marchés le fromage de la région de Huari. S’en est alors suivi un processus d’accompagnement et formation auprès des femmes, afin qu’elles puissent produire un fromage à partir du lait de leurs vaches. C’est un processus qui a demandé un accompagnement personnalisé avec chaque productrice, en quechua et dans leur propre cuisine. Cela a pris des années, mais ALLPA a ainsi atteint son objectif : développer un fromage de qualité, produit par des femmes de la communauté. Cela a créé tout un changement au niveau de la dynamique sociale. Les femmes ont commencé à développer un produit avec valeur ajoutée et à le vendre, ce qui leur a donné un pouvoir économique qu’elles n’avaient pas auparavant : plusieurs d’entre elles n’avaient même jamais manipulé d’argent.  La marque Jallga Queso (fromage des montagnes, en quechua) a ensuite été créée, ce qui a permis de mieux positionner le produit. Le fromage est offert dans des foires alimentaires et festivals, où il se vend très bien. Aussi, derrière l’idée de vendre un produit se trouve celle de mettre en valeur le travail des productrices tout en faisant découvrir leur identité culturelle et savoirs ancestraux. D’ailleurs, Formagro travaille maintenant avec la seconde génération de fromagères, les filles des productrices, qui parlent espagnol et maitrisent les médias sociaux. Elles apportent un nouveau dynamisme à la commercialisation du produit. 

De plus, le produit a permis la création de la route du fromage, un circuit de découverte, permettant de visiter les familles productrices et ainsi observer le processus de production, participer à des dégustations et connaître la richesse culturelle de la région.  

Un travail de proximité

L’un des plus grands facteurs de réussite du travail d’ALLPA et du projet Formagro est de valoriser l’identité des populations. En effet, le fait de miser sur l’identité culturelle et la langue locale, en s’assurant que les personnes intervenantes aient cette sensibilité pour travailler en proximité permet d’atteindre les résultats attendus. D’ailleurs, la façon de travailler de SUCO pour favoriser une intervention de proximité basée sur une constante analyse des problématiques du terrain transparait énormément dans la philosophie de ALLPA. 

Enfin, l’intervention auprès de toute la cellule familiale est une formule gagnante pour le projet et pour ALLPA. En effet, le fait d’améliorer les activités productives pour les femmes – l’accès aux ressources économiques, positionnement sur les marchés, etc. – est bénéfique pour toute la famille. De plus, il est important pour Formagro que les femmes ne soient pas seulement inclues dans les espaces de décision mais qu’elles aient réellement une place dans la communauté, que leur voix soient entendues. 

Cliquez ici pour visionner l’entretien en espagnol, animé par Émilie Lemieux, représentante SUCO et directrice du programme Formagro au Pérou.

 


Renseignements supplémentaires:

Émilie Lemieux
Directrice – Formagro
Representante SUCO au Pérou
Courriel: [email protected]

 


Circuits courts et approvisionnement local : les solutions pour assurer la sécurité alimentaire?

 
La pandémie actuelle a mis en lumière les failles dans le système alimentaire mondial et la fragilité des chaînes d’approvisionnement. Les discussions autour de la souveraineté alimentaire, l’autosuffisance et l’autonomie alimentaire reviennent donc au goût du jour et ce tant au niveau global que local, au Québec comme dans les pays d’intervention de SUCO. 

 

Autonomie alimentaire : un sujet de l’heure

Au Québec, face à la fermeture des frontières, les questions de sécurité alimentaire et de souveraineté alimentaire ont surgi : aurons-nous toujours accès à de la nourriture? Pouvons-nous produire suffisamment de fruits et légumes au Québec pour se nourrir? Marcel Groleau, président de l’UPA a rappelé que le taux d’autosuffisance alimentaire du Québec ne dépasse pas présentement 30%, et plus de 40% des fruits et légumes consommés en hiver viennent des États-UnisLa crise nous a ainsi fait prendre conscience de notre dépendance aux États-Unis, d’où le Québec s’approvisionne majoritairement en hiver, mais aussi de l’importance des travailleurs agricoles étrangers, principalement du Mexique et du Guatemala, pour la main d’œuvre à l’été et l’automne. SUCO a d’ailleurs tenu deux événements sur ce thème (Le webinaire « Quel rôle pour les systèmes alimentaires en temps de pandémie? » et le panel de discussion « Pour une souveraineté alimentaire au Québec » organisé par Ciné Vert, festival de films documentaires sur l’environnement initié par SUCO et Funambules Médias).  L’UPA a de son côté lancé le mouvement Mangeons local plus que jamais et les articles sur l’autonomie alimentaire du Québec se sont multipliés. On n’a en effet jamais autant parlé d’autonomie alimentaire au Québec que maintenant. 

Circuits courts et approvisionnement local, une panacée? 

Si la pandémie a favorisé les échanges sur le rôle des circuits courts¹ et de l’approvisionnement local, la situation aura aussi fait valoir la fragilité de ces options. Notre collègue Julie Potvin-Lajoie soulignait récemment l’apport possible de l’agriculture urbaine et des jardins communautaires et collectifs à la souveraineté alimentaire. Pourtant, il n’est pas évident que les circuits courts et les approvisionnements locaux soient, seuls, capables d’assurer la sécurité alimentaire de la population. La souveraineté alimentaire, qui n’est pas synonyme de circuits courts ni d’autarcie alimentaire, est certainement une voie de solution.

En fait, comme le souligne le rapport d’IPES Food, la plupart des mesures adoptées par les pays (fermeture des frontières, des marchés publics, restrictions sur les déplacements inter-régions et imposition de couvre-feu) pour lutter contre la COVID 19 ont révélé les vulnérabilités dans les chaînes d’approvisionnement courtes. Cela continue d’avoir un fort impact sur l’accès à la nourriture, et ce, surtout pour les populations du Sud. En effet, la majorité des populations du Sud dépendent des marchés locaux pour se nourrir. Les fermetures des marchés publics en Afrique — notamment au Burkina Faso, au Rwanda, au Sénégal, en Afrique du Sud et au Zimbabwe — ont coupé des voies d’approvisionnement vitales pour des communautés et supprimé des débouchés pour les fermiers. D’ailleurs comme le souligne GRAIN, l’expression « Je préférerais mourir du coronavirus plutôt que de faim » est couramment entendue en Haïti, en Angola, au Liban, en République démocratique du Congo, à Mayotte, en Inde et en Amérique latine. En Afrique de l’Ouest, elle devient : « la faim nous tuera avant le coronavirus».

Si le Québec devient autonome sur le plan alimentaire, de même que d’autres pays, quel peut être l’impact sur l’économie des pays du Sud? « L’achat de produits alimentaires provenant de pays du Sud (exemple : fruits et légumes en hiver) ne contribue-t-il pas au développement économique de ces pays en développement? » Cette question posée lors du webinaire du 22 avril soulève la question de l’impact de la souveraineté alimentaire dans une économie alimentaire mondiale libéralisée. 

Souveraineté alimentaire dans un contexte néolibéral?   

Cette question est importante pour SUCO et ses partenaires car notre travail vise justement à contribuer au développement économique des populations avec lesquelles nous travaillons. Si l’achat de produits alimentaires provenant du Sud contribue au développement de ces pays, alors nous allons souhaiter maintenir ces achats. Toutefois, lors du webinaire du 22 avril dernier, Hugo Beauregard-Langelier, Secrétaire général d’UPA Développement international, a apporté des nuances importantes, en spécifiant que l’achat de produits importés peut contribuer au développement des pays du Sud, selon le type d’agriculture qui produit ces aliments. Selon lui : 

« Une agriculture familiale où les producteurs et leur famille contrôlent les décisions de la ferme, participent aux travaux agricoles et sont les détenteurs des moyens de production est une façon de produire dont les retours développementaux sont plus importants. Une agriculture contrôlée par des intérêts étrangers, dont l’approche est délocalisée et où le producteur n’est qu’un ouvrier agricole a beaucoup moins de portée développementale à la fois pour les familles agricoles que pour les pays. »

Hugo Beauregard-Langelier, Secrétaire général d’UPA Développement international

Donc, la question n’est pas tant si nous devons nous procurer des produits issus de l’importation, mais plutôt comment et par qui ces aliments sont produits, et à qui profitent les bénéfices. 

Lors du même événement, Érika Salem, Agente de programme pour Montréal Métropole en santé, nous a aussi rappelé l’importance des certifications :

« Plusieurs pays ont une très faible capacité d’application de règles et lois permettant de protéger les agricultrices et agriculteurs ainsi que l’environnement. C’est pourquoi, lorsque l’on choisit d’acheter des produits importés, il est important de rechercher des certifications telles que Équitable, Rainforest Alliance ou encore biologique. Cela permet de nous assurer que ces denrées ont été produites par des travailleurs recevant un salaire leur permettant de subvenir à leurs besoins et dans des conditions sanitaires protégeant leur santé. Les certifications sont un outil parmi d’autres. » 

Érika Salem, Agente de programme pour Montréal Métropole en santé

L’achat de produits importés n’est pas contradictoire avec la notion de souveraineté alimentaire. La souveraineté alimentaire ne veut pas nécessairement dire autarcie, elle signifie plutôt le droit des peuples à définir leur propre politique agricole. Le mérite de la crise actuelle est qu’elle aura forcé la réflexion sur les politiques agricoles et quels en sont les moteurs. Comme le soulignait Stéphane Poirier de l’Iris dans son billet Autonomie alimentaire : Québec devrait envisager la création d’une nouvelle société d’État, « la prémisse voulant que la finalité première de l’agriculture soit de produire, en appliquant les principes du développement durable, des aliments de qualité pour la population québécoise » devrait guider l’élaboration des politiques agricole.

Pourtant, ce que la crise actuelle aura fait ressortir est que l’élaboration de ces politiques semble plutôt être basée sur la marchandisation des aliments, c’est-à-dire être construite sur l’offre : « on va produire ça, on va le transformer, et après on va faire de la publicité pour que les gens l’achètent. » Clairement, la crise nous aura fait voir que nourrir les populations, c’est beaucoup plus que la production agricole mais que cela doit impliquer plusieurs acteurs interdépendants et donc, être adressé par une approche systémique. 

Les solutions 

Si la crise nous aura fait voir les vulnérabilités des systèmes alimentaires, elle aura aussi permis d’entrevoir de nouveaux systèmes alimentaires, plus résilients. On peut voir les communautés se rassembler pour combler les lacunes des systèmes alimentaires. Par exemple Yélémani au Burkina Faso a mis sur pied un service de livraison sur WhatsApp afin d’apporter les paniers de légumes locaux et bio directement à leurs clients. Les jeunes producteurs agroécologiques membres du projet Formagro de SUCO au Pérou ont pour leur part élaboré un catalogue virtuel de leurs yaourts organiques fruités et organisé leurs distribution à domicile en suivant les règles de biosécurité. Ces deux initiatives sont des exemples notoires d’innovations communautaires en temps de pandémie. 

 

 

Les autorités publiques tentent aussi de mettre de l’avant des mesures extraordinaires pour garantir la production et l’approvisionnement de nourriture. Par exemple, le gouvernement Legault a parlé d’un projet d’augmenter la production en serres au Québec et les abonnements aux fermiers de famille auraient explosés depuis les dernières semaines.  

Si ces exemples démontrent à quel point les crises peuvent être des moments transformateurs, il ne faut pas non plus se leurrer et les acteurs du monde agroalimentaire tentent de maintenir le statu quo sous prétexte de répondre à la crise. Par exemple, les entreprises de transformation alimentaire et les entreprises qui vendent de la nourriture (les supermarchés bien sûr, mais aussi d’autres grandes surfaces qui vendent plein de produits, dont de la nourriture) ont pu obtenir des dérogations au confinement maintenant à risque les employés alors que les marchés publics et les jardins communautaires et collectifs ont été fermés. Ces décisions portent en effet à réflexion. 

Pourtant, les solutions viables à cette crise semblent plutôt être la reconstruction des systèmes alimentaires publics. Comme le dit GRAIN, « si une chose positive ressort de cette crise, c’est peut-être l’opportunité de reconquérir et de réaffirmer des systèmes publics dans nos pays, après des décennies de privatisation et de pouvoir envahissant des entreprises. Ces systèmes doivent soutenir et s’appuyer sur les solutions que les communautés locales fournissent déjà. »

 

Par circuit-court, on fait référence à un cycle commercial d’avoir tout au plus un intermédiaire entre le producteur et le consommateur.

 


Renseignements supplémentaires:

Geneviève Talbot
Chargée de programme – Pôle Afrique
Courriel: [email protected]

 


La souveraineté alimentaire au Québec, une discussion signée Ciné Vert

 

 

 

Le 14 mai dernier, Ciné Vert, le festival de cinéma documentaire sur l’environnement initié par SUCO et Funambules Médias a présenté en grande première virtuelle, son panel de discussion “Pour une souveraineté alimentaire au Québec”, diffusé en direct sur les pages Facebook de Ciné Vert, SUCO solidarité union coopération, Funambules Médias et la Maison du développement durable.  

Le festival Ciné Vert, qui devait d’ailleurs tenir sa deuxième édition en avril dernier avec des projections à Montréal et dans plusieurs villes du Québec s’est donc vu forcé de réadapter sa programmation dû au contexte de la COVID-19. 

La discussion, visionnée en direct par plus de 250 personnes, et qui était animée par Catherine Mercier, journaliste et animatrice à La Semaine Verte à Radio-Canada, a été organisée suite à la diffusion en ligne du film « La ferme et son État » de Marc Séguin. Le documentaire brosse un portrait des forces vives et des aberrations en agriculture au Québec, en suivant pendant dix-huit mois, des jeunes agriculteurs et agricultrices éduqués qui rêvent de faire une agriculture responsable, innovatrice et écologique, dans un système où ils ont peine à exister. 

À partir de ce film, qui demeure toujours très d’actualité, surtout dans un contexte de pandémie, le réalisateur Marc Séguin, l’agronome Louis Robert, l’agricultrice et militante écologiste Maude Prud’homme et le professeur et spécialiste des circuits courts alimentaires Patrick Mundler, ont pu réfléchir, se questionner et débattre sur des questions essentielles liées à la souveraineté alimentaire au Québec.

Au gré des questions rondement menées par Catherine Mercier, nos 4 panélistes, à travers leurs bagages et leurs expertises complémentaires, ont su amener une réflexion très pertinente sur cet enjeu, tout en se questionnement sur la définition même de la souveraineté alimentaire et sur comment est-ce qu’on peut l’atteindre. Par exemple, qu’est-ce que cela entraîne pour les producteurs·trices et les consommateurs·trices québécois·es? Et quels obstacles pose le système agricole actuel pour atteindre un tel objectif, surtout dans un contexte de pandémie? Une partie de la discussion s’est d’ailleurs tournée vers le rôle important que pourraient jouer les petits producteurs locaux et l’agriculture de proximité et sur les différents leviers gouvernementaux  qui pourraient être mise en place pour les outiller convenablement. L’achat public, l’approche territoriale pour aider les petits producteurs, la mise en place de politiques alimentaires et la questions de l’accessibilité à la nourriture sont quelques uns des enjeux, qui sont ressortis dans cette discussion d’à peine 1 h 30. Les questions et commentaires du public ont été nombreux sur le fil de l’événement, démontrant à quel point la question de l’autonomie alimentaire est un sujet primordiale, d’autant plus dans un contexte de pandémie.

Restez à l’affut, Ciné Vert vous prépare pour les mois à venir plus d’occasions pour échanger sur les enjeux environnementaux. Pour ne rien manquer, consultez le site web de Ciné Vert ou sa page Facebook.

 


 

Renseignements supplémentaires:

Yasmina Britel
Agente de programme à la mobilisation du public
(514) 272-3019 poste 234
Courriel: [email protected]

 


Les jardins communautaires et collectifs : une richesse inestimable en milieu urbain

 

 

Crédit photo: AU/LAB Laboratoire d’agriculture urbaine

 

L’agriculture urbaine joue un rôle fondamental dans la sécurité alimentaire des villes. Un de ses piliers sont les jardins communautaires et collectifs, qui permettent de donner accès à la terre à des membres d’une communauté urbaine qui, autrement, n’y auraient pas accès. Selon AU/LAB Laboratoire d’agriculture urbaine,

« … l’agriculture urbaine à Montréal fournit les besoins en légumes frais, durant la saison estivale, à un minimum de 100 000 personnes, soit 5 % de la population montréalaise. Mais selon les modèles cela pourrait être 250 000 personnes, soit plus de 12% de la population. Le tout pour une valeur monétaire se situant entre 25 et 50 millions de $. »

Le rôle de l’agriculture urbaine et des jardins communautaires dans la souveraineté alimentaire des villes demeure toutefois sujet de discussion. D’ailleurs, lors du panel du 22 avril intitulé Quels rôles pour les systèmes alimentaires en temps de pandémie, Erika Salem de Montréal Métropole en Santé et Hugo Beauregard-Langelier de UPA-DI ont bien posé les termes du débat : Est-ce que les jardins communautaires et l’agriculture urbaine sont des outils de sensibilisations des communautés urbaines aux enjeux de l’agriculture ou si, en plus de cette fonction, peuvent-ils servir à nourrir la population urbaine?

C’est quoi au juste, l’agriculture urbaine? Selon la FAO « L’agriculture urbaine et périurbaine (AUP) consiste à cultiver des plantes et à élever des animaux à l’intérieur et aux alentours des villes. L’AUP fournit des produits alimentaires de divers types de cultures (graines, plantes racines, légumes, champignons, fruits), des animaux (volailles, lapins, chèvres, moutons, bétail, cochons, cochons d’Inde, poissons, etc.), ainsi que des produits non alimentaires (herbes aromatiques et médicinales, plantes ornementales, produits forestiers, etc.). Elle comprend la sylviculture pour la production de fruits et de bois de feu, ainsi que l’agroforesterie et l’aquaculture à petite échelle» 

Le jardinage collectif et communautaire en temps de pandémie

Comme les jardins communautaires appartiennent à la Ville de Montréal, leur accès a été interdit à tous ses membres dès le tout début des manifestations de la pandémie, au même titre que les bibliothèques municipales et les lieux touristiques.

Cependant, comme le jardinage permet de contribuer à améliorer l’accès à des aliments nutritifs et de qualité en plus de jouer un rôle dans l’autonomie et la sécurité alimentaire, leur fermeture a posé plusieurs questionnements. Ainsi, les jardins communautaires ne devraient-ils pas être considérés comme services essentiels? Avec la fermeture des frontières et la limitation de l’accès à certains produits, plusieurs initiatives d’agriculture urbaine ont vu le jour dans le monde afin de venir combler les besoins des populations en fruits et légumes, comme les initiatives du  Centre d’écoute et d’encadrement pour un développement durable (CEEDD) au Sénégal, un des partenaires de SUCO, mettant en œuvre des « stratégies intéressantes pour à la fois nourrir la population locale en aliments locaux sains et assurer un revenu aux familles

Quoi qu’ils soient souvent perçus au Québec, comme le soutenait M. Beauregard-Langelier, comme espaces de loisirs plutôt que pour leur rôle alimentaire, les espaces de jardinage communautaires et collectifs peuvent combler un besoin d’approvisionnement en fruits et légumes. Comme le soulignait madame Salem, les demandes d’aide alimentaire ont explosé à Montréal, en raison de la plus grande vulnérabilité des nombreuses familles ayant perdu leur revenu en raison de la réponse à la COVID 19 et devant se retourner vers les banques alimentaires, déjà dépassées par la demande. Et ces effets se feront sentir encore longtemps, même si notre économie reprend peu à peu. Une partie de la solution réside peut-être dans l’alimentation locale à travers un plus grand accès à des lots destinés au jardinage collectif dans la ville de Montréal.

Espace pour la vie annonçait récemment que le Jardin botanique de Montréal produirait cet été des fruits et légumes pour les citoyens, afin de pallier à une éventuelle situation d’insécurité alimentaire. Il a en effet été décidé de transformer le jardin de démonstration en espace de production, qui aurait la capacité de nourrir 100 personnes en légumes pendant toute une année. C’est à travers les organismes communautaires que les récoltes seront accessibles pour les populations dans le besoin. Voilà une belle démonstration de la réactivité et adaptabilité de la Ville de Montréal en ce moment de crise, amenant son lot d’incertitudes et de questionnements.

Après que l’Ontario et la Colombie-Britannique aient annoncé à tour de rôle l’ouverture de leurs jardins, la santé publique du Québec a donné le feu vert le 28 avril dernier pour ouvrir les jardins communautaires et collectifs, à condition d’appliquer certaines mesures de prévention et protection contre la propagation.

Il ne reste plus qu’à attendre les indications précises des villes, afin de pouvoir officiellement considérer la saison lancée, en espérant que cela se fera rapidement. En effet, avec la courte saison au Québec, une ouverture repoussée à la fin du mois de juin par exemple compromettrait pratiquement en totalité la capacité de production.

Quelle est la différence entre un jardin collectif et un jardin communautaire?
Le jardin communautaire est composé de plusieurs parcelles. L’entretien de chaque parcelle est la responsabilité du membre du jardin communautaire à qui elle a été assignée. Le jardin collectif est un potager entretenu par les gens d’une communauté, ne disposant pas de parcelles individuelles ou familiales. La récolte appartient à tous les membres de la communauté. Pour en apprendre davantage, suivez ce lien-ci.

 

Crédit photo: CEED

 

Une expérience de collectivité et d’entraide

Les jardins communautaires permettent à des voisins de se connecter ensemble, d’échanger à travers une même passion, soit le jardinage, l’amour de la terre et l’expérimentation qu’est le fait de cultiver ses propres légumes, fruits, et herbes fraiches, au beau milieu de cette belle jungle urbaine qu’est Montréal.

J’ai moi-même depuis deux étés un lopin de terre dans un jardin communautaire. J’y ai vu un éventail de beaux gestes d’entraide et d’éducation : des jardiniers s’échangeant des trucs et astuces, le propriétaire d’une parcelle ayant invité la classe de sa fille à mieux comprendre les réalités du jardinage et ainsi sensibiliser sur le travail des agriculteurs qui se cachent derrière les aliments que nous consommons, un autre ayant mis à disposition ses deux lots pour un groupe d’entraide aux personnes vulnérables.

J’y ai aussi appris une belle leçon d’humilité, et mon respect et admiration pour le travail des cultivateurs a énormément grandi. On y investit temps, argent, et amour pour une petite parcelle, mais demeurons tributaire des aléas climatiques, des enjeux de semences, de l’apprentissage par essai-erreur.

On avait même démarré une initiative l’an dernier en offrant aux jardiniers ayant eu des récoltes plus profitables, de les partager avec les moins chanceux, lors de la fête annuelle des récoltes organisée au jardin. C’est ce que je trouve beau dans ce modèle. Je n’y vois qu’une chose qui prédomine : le sens de la communauté.

L’agriculture urbaine reconnecte les citadins avec la nature et le potentiel de la terre. Sans oublier les effets bénéfiques du jardinage sur la santé par la diminution des hormones du stress. Cependant, pour que les jardins communautaires et collectifs répondent réellement au besoin alimentaire des citadins, ces derniers doivent être plus nombreux. Les listes d’attentes pour accéder à un jardin sont longues, et les jardins prisés. Il en revient aussi de notre responsabilité collective de mieux faire entendre notre voix sur ces besoins d’aménagement et de revitalisation de certains espaces urbains, qui pourraient facilement être convertis en parcelles communautaires ou collectives. Nous parlons aujourd’hui de l’après crise, de faire de meilleurs choix comme société, par rapport aux services publics et à nos habitudes de vie. Il est ainsi peut-être nécessaire de revoir notre offre en espaces de jardinage publics et collectifs, à Montréal comme ailleurs au Québec.

Les jardins communautaires, comment ça marche?
Dans le cas de la Ville de Montréal, les jardins communautaires sont sous la tutelle de la Ville, en partenariat avec AU LAB, un laboratoire de recherche, d’innovation et d’intervention en agriculture urbaine au service de la collectivité. Les pesticides et fertilisants chimiques y sont interdits et chacun des jardiniers doit s’impliquer dans les corvées et l’entretien des espaces communs du jardin, sans quoi son privilège pourrait lui être révoqué. Ils sont auto gérés par un conseil d’administration formés de jardiniers bénévoles, qui s’assurent du bon entretien et du respect et applications des règlements. Vous pouvez trouver la liste des jardins ainsi que la liste d’attente pour vous inscrire ici. 

 


Renseignements supplémentaires:

Julie Potvin-Lajoie
Chargée de projets – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 225
Courriel: [email protected]


Inscrivez-vous à la course virtuelle du Défi Scotia pour soutenir SUCO!

 

 

Le Défi caritatif Banque Scotia prend un nouveau format

La crise mondiale que nous vivons encourage la résilience! C’est pour cette raison que le Défi Scotia passe en mode virtuel, afin de pallier l’annulation des événements et rassemblements tout en respectant les mesures de distanciation sociale.

SUCO participe donc à la course virtuelle du Défi Scotia qui aura lieu du 25 mai au 31 août 2020. Cette course est un moyen unique de rejoindre la #SUCOmmunauté en faisant preuve de solidarité envers SUCO et les populations que nous accompagnons au Burkina Faso, en Haïti, au Honduras, au Nicaragua, au Pérou et au Sénégal, tout en vous permettant de vous aérer l’esprit en ces temps de confinement.

Vous aussi, participez au changement en vous inscrivant à la course virtuelle du Défi Scotia au profit de SUCO!

 

La course virtuelle du Défi Scotia, qu’est-ce que c’est?

C’est l’adaptation du Défi Scotia, un rassemblement sportif caritatif qui a lieu chaque année à Montréal à la fin avril. En temps de pandémie, la course virtuelle du Défi Scotia permet aux organismes comme SUCO de continuer à lever des fonds pour poursuivre leur travail de développement et renforcement de capacités des populations dans des pays du Sud, tout en donnant aux membres de notre #SUCOmmunauté l’opportunité de s’impliquer et faire une différence.

L’inscription est déjà ouverte et les inscrits·es auront du 25 mai au 31 août pour parcourir la distance de leur choix, à savoir 1 km, 5 km, 10 km ou 21 km.

Chaque inscrit·e se voit attribuer une collecte de fonds pour contribuer à l’adaptation des personnes vulnérables face aux changements climatiques et crises sanitaires comme celle que nous vivons.

Pour participer et soutenir SUCO lors de la course virtuelle du Défi caritatif banque Scotia, de nombreuses options s’offrent à vous:

  • Inscrivez-vous pour courir ou marcher

Nous avons chacun·e notre rythme et chacun·e nos objectifs. Si vous souhaitez vous surpassez personnellement ou en équipe de manière virtuelle, ou tout simplement vous aérer l’esprit en cette période de confinement et distanciation sociale, l’inscription à la course virtuelle est faite pour vous!

Une fois inscrit·e, partagez nous des photos de vos entraînements, parcours et meilleurs temps afin de rester motivés·es entre membres de la #SUCOmmunauté.

Inscrivez-vous ici!

  • Parrainez un·e coureur·euse

Si vous n’êtes pas à l’aise avec l’idée de participer à un défi sportif, il vous est toujours possible de parrainer un·e coureur·euse déjà inscrit·e en cliquant ici.

  • Faites un don

Vous ne connaissez pas de coureur·euse mais souhaitez quand même supporter SUCO?
Faites un don général à SUCO!

Pourquoi soutenir SUCO avec la course virtuelle?

Vous le savez, la crise actuelle nous impacte toutes et tous. La course virtuelle du Défi Scotia permet d’amasser des dons pour le fonds FORCE  (Fonds de résilience climatique et économique). Ce Fonds, créé en 2017, permet à SUCO de développer des actions pour: 

– Augmenter et diversifier la production agricole;
– Assurer la quantité et qualité des aliments pour les familles des pays où nous intervenons;
– Protéger et restaurer les écosystèmes afin de s’adapter aux changements climatiques;
– Se mobiliser et se relever plus rapidement après une catastrophe naturelle.

À travers des solutions viables, comme l’agroécologie et la promotion du commerce local et régional, SUCO renforce la capacité des populations à faire face aux conséquences des changements climatiques et à se relever plus vite des crises, qu’elles soient climatiques, économiques ou sanitaires. C’est en travaillant avec elles et en leur donnant des outils concrets pour s’adapter aux changements climatiques qu’elles sont en mesure de sortir de l’insécurité alimentaire. Une priorité en ces temps de pandémie.

« SUCO m’a permis d’être formée et renforcée dans pas mal de choses, dont la connaissance des changements climatiques. Il y a des changements de comportements concernant les mauvaises pratiques environnementales dans ma commune » nous partage Astou, résidente d’une commune avec laquelle SUCO travaille au Sénégal.

Ce dont témoigne Astou c’est du renforcement de capacités, car chez SUCO c’est ce qui est au cœur de toutes nos actions : travailler main dans la main avec les communautés et leurs méthodes de faire pour développer une plus grande résilience environnementale et alimentaire.

En participant à la course et en collectant des fonds pour SUCO, vous prenez part à un changement concret auprès des communautés que nous continuons de soutenir en ces temps de crise.

Merci de votre soutien!

 


Renseignements et inscription

Émilie Thierry
Chargée de projet, collecte de fonds
[email protected]

 


Les systèmes alimentaires viables en temps de pandémie

 

Pour souligner le Jour de la Terre, le 22 avril dernier, SUCO a organisé une discussion virtuelle sur le rôle des systèmes alimentaires en temps de pandémie.

Nous le savons, la crise actuelle suscite un élan de réflexion par rapport à l’accès à la nourriture et son lien avec la Terre. Ainsi, les échanges entre les acteurs et actrices du domaine sont nécessaires afin de mettre en lumière les enjeux alimentaires et faire ressortir des pistes d’action.

Animée par Geneviève Talbot, chargée de programme à SUCO, la discussion donnait la parole à Erika Salem, agente de programme à Montréal Métropole en santéNayheli Alliu, conseillère en environnement à SUCO et Hugo Beauregard-Langelier, secrétaire général d’UPA Développement international et économiste agricole.

Ce rendez-vous virtuel a suscité des échanges intéressants à propos de divers aspects de nos modes d’alimentation. Entre autres, les invités·es ont discuté du rôle des différents acteurs et actrices des systèmes alimentaires, du lien entre l’alimentation et les changements climatiques, et de l’impact de la crise sur l’accès et la production de nourriture dans le monde. Les panélistes ont abordé des enjeux autant à l’échelle locale qu’internationale. Cela a alors éclairci les liens entre les circuits du Québec et ceux des pays du Sud. 

La diffusion a eu lieu en direct de notre page Facebook et de celle de la Maison du développement durable. En tout, la vidéo a eu plus de 1.5K visionnements, et plus de 120 personnes l’ont suivie en temps réel. Le public a pu interagir avec les panélistes via les commentaires. Nous tenons à remercier chaleureusement les participants·es , nos trois invités·es, notre animatrice ainsi que notre partenaire la Maison du développement durable qui ont fait de ce premier événement web un succès!

Pour ceux et celles qui n’ont pas eu la chance d’y assister, l’enregistrement est toujours disponible gratuitement sur notre page.

 

Quelques extraits

 

 


 

 

Cette discussion a ouvert le bal à une série d’événements virtuels, d’échanges et de partage des connaissances que nous mettrons à disposition de la #SUCOmmunauté pour amorcer la transition écologique juste et durable au Québec comme ailleurs. 

Prochaine activité à mettre à l’agenda : projection en ligne du documentaire La ferme et son état, du réalisateur Marc Séguin, qui sera suivie d’une discussion avec des experts·es sur les grands enjeux d’agriculture au Québec. L’initiative vous est proposée par le festival de films sur l’environnement Ciné Vert de SUCO et Funambules Médias. Pour plus d’information, suivez ce lien-ci.

 


Renseignements supplémentaires:

Yasmina Britel
Agente de programme à la mobilisation du public
(514) 272-3019 poste 234
Courriel: [email protected]


17 avril, Journée internationale des luttes paysannes

 

Labourez, semez et récoltez des idées transformatrices pour l’avenir

En cette importante journée, SUCO salue le travail de ses partenaires et des paysannes et paysans pour nourrir les populations locales.  En ces temps de pandémie et de fermeture des frontières, la souveraineté alimentaire et l’importance des luttes paysannes sont certainement à souligner.

Créée en 1996 par le mouvement paysan international la Via Campesina, la journée d’action du 17 avril commémore le massacre de 19 paysans sans terre du Brésil. Elle est aussi l’occasion de célébrer la solidarité et la résistance des mouvements paysans et d’intensifier les alliances entre la campagne et la ville au bénéfice d’un projet de société fondé sur la justice sociale et la dignité des peuples.

SUCO profite de cette journée pour joindre sa voix à la mobilisation internationale en faveur de la Déclaration sur les droits humains des paysans et des autres personnes travaillant en milieu rural.  En mai aura lieu la 4ème session du groupe de travail intergouvernemental de l’ONU qui a pour objectif de finaliser cette Déclaration. Nos élus·es ont à cet égard un rôle clé. Vous pouvez faire entendre votre voix et demander leur appui à ce projet et l’adhésion future du Canada à la Déclaration, en signant dès maintenant la pétition à cet effet.

 

Ressources

Via Campesina : https://viacampesina.org/fr/17avril-labourez-semez-et-recoltez-des-idees-transformatrices-pour-lavenir/

Pétition en faveur de la Déclaration, proposée par l’Union Paysanne: https://unionpaysanne.com/communiques/lunion-paysanne-lance-un-appel-a-la-solidarite-et-pour-une-reconnaissance-des-droits-des-paysan-ne-s-du-monde-entier/

 


Renseignements supplémentaires:

Geneviève Talbot
Chargée de programme – Pôle Afrique
Courriel: [email protected]

 


Une discussion sur les systèmes alimentaires pour le Jour de la Terre

 


Rendez-vous le 22 avril, de 19h à 21h en direct de la page Facebook de SUCO

La crise à laquelle nous faisons face nous amène inévitablement à nous interroger sur le rôle de l’alimentation dans notre vie. Cette discussion est l’occasion de mettre en avant plan les liens entre les systèmes alimentaires et la Terre. En effet, souvent pris pour acquis, l’accès à la nourriture est soudainement remis en question. Nous sommes forcés de repenser notre façon de manger et les choix que nous faisons.

Quels sont les liens entre la crise sanitaire actuelle et les systèmes alimentaires au Québec comme dans les pays du Sud? Quelle est la place des politiques publiques dans le développement de systèmes alimentaire viablesQuels rôles les producteurs agricoles et les circuits courts peuvent-ils avoir pour prévenir, mais aussi pour nous appuyer à passer au travers d’une telle crise? Et que pouvons-nous faire en tant que citoyens et gouvernements pour appuyer ces changements?

 

Panélistes invités:

Hugo Beauregard-Langelier,  Secrétaire général – UPA Développement international et économiste agricole

Hugo Beauregard-Langelier est économiste agricole et secrétaire général d’UPA Développement international (UPA DI). Il compte plus de dix ans d’expérience en développement agricole et rural au Québec mais aussi à l’international, notamment en Haïti, en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale. Les mandats qui lui ont été confié comprennent notamment l’appui à des organisations paysannes dans l’établissement de systèmes collectifs de mise en marché, la réalisation de formations portant sur divers thèmes dont la gestion et l’élaboration de projets agricoles et agroalimentaires et la rédaction d’études agroéconomiques sur les chaînes de valeurs.

 

Nayheli Alliu, conseillère en environnement à SUCO

Nayheli Alliu est détentrice d’une licence en Administration et affaires internationales comprenant une spécialisation en finances des entreprises de l’Universidad Panamericana ainsi qu’une maîtrise en gestion de l’environnement de l’Université de Sherbrooke. Elle est fortement intéressée par les changements climatiques, le développement durable et les matières résiduelles. Dans le cadre du programme de coopération volontaire de SUCO, Nayheli a occupé le poste de conseillère en environnement dans un projet  de formation et entreprenariat agroécologiques. Présentement, elle est chargée des projets à la Commission de coopération environnementale pour l’Amérique du nord dans le Programme de qualité environnementale et Changements climatiques.

 

Erika Salem, agente de programme – Montréal Métropole en santé

Spécialisée en gestion de l’environnement et sécurité alimentaire, Erika Salem a travaillé en Amérique latine, en Afrique et au Moyen-Orient sur des projets d’agriculture et d’adaptation aux changements climatiques. Basée à Montréal depuis un peu plus d’un an, elle travaille maintenant en tant qu’agente de programmes pour Montréal, Métropole en santé et appui les travaux du Conseil du Système alimentaire montréalais.

 

Animatrice: Geneviève Talbot, chargée de programmes à SUCO, pôle Afrique thématique agriculture et environnement

 Geneviève côtoie le milieu de la solidarité internationale depuis plus de 15 ans. Avant de se joindre à SUCO, elle a notamment travaillé aux Philippines et au Cambodge, au Nigéria, en Sierra Leone, au Burkina Faso et d’autres pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale. Elle a aussi développé une expertise en recherche et plaidoyer sur les thèmes des changements climatiques, de l’alimentation et de l’agriculture.

 


 

Cette discussion ouvrira le bal à une série d’événements virtuels, d’échanges et de partage des connaissances que nous mettrons à disposition de la #SUCOmmunauté pour amorcer la transition écologique juste et durable au Québec comme ailleurs.

 

Prochaine activité à mettre à l’agenda:  Projection en ligne du documentaire La ferme et son état, du réalisateur Marc Séguin, qui sera suivie d’une discussion avec des experts·es sur les grands enjeux d’agriculture au Québec. L’initiative vous est proposée par le festival de films sur l’environnement Ciné Vert de SUCO et Funambules Médias. Date et heure à venir!

 


Renseignements supplémentaires:

Yasmina Britel
Agente de programme à la mobilisation du public
(514) 272-3019 poste 234
Courriel: [email protected]

 


Pour SUCO, le 8 mars c’est tous les jours!

 

 

Année après année la date du 8 mars nous rassemble, où que nous soyons, quoi que nous fassions ici au Canada ou ailleurs. Elle est bien souvent l’occasion d’une pause pour réfléchir à ce que cela signifie pour nous toutes et tous personnellement, mais aussi dans notre milieu de travail, de militance, d’étude, au sein de notre communauté.

Pour SUCO, le 8 mars c’est tous les jours…! et c’est l’engagement que nous prenons : mettre les droits et la participation des femmes au cœur de toutes nos interventions.

 

« Afin d’assurer des changements durables et profitables pour l’ensemble des membres d’une collectivité, SUCO se préoccupe du respect des droits et de la pleine participation des femmes aux décisions et aux actions qui les concernent ». (Planification stratégique de SUCO 2019-2025)

Il est malheureusement encore d’actualité de continuer la lutte pour la reconnaissance des droits des femmes et l’amélioration des rapports de pouvoirs entre les femmes et les hommes.

 

« En dépit de certains progrès, la communauté internationale s’accorde à reconnaître que la situation de la plupart des femmes et des filles dans le monde évolue extrêmement lentement. Aucun pays n’est en mesure, à ce jour, d’affirmer avoir atteint l’égalité des sexes. Les nombreux obstacles rencontrés tant sur le plan juridique que sur le plan culturel semblent immuables. Les femmes et les filles restent sous-évaluées, elles travaillent plus et gagnent moins, avec des perspectives plus limitées. Elles subissent des formes diverses de violence chez elles et dans les lieux publics. » (Communiqué d’ONUFEMMES dans le cadre de la Journée internationale des femmes, 11 décembre 2019)

 

Avec nos  partenaires d’Haiti, du Nicaragua, du Sénégal, du Burkina Faso, du Honduras, du Bénin et du Pérou, nous croyons fermement au pouvoir transformateur des femmes et des filles et travaillons activement à  la reconnaissance et valorisation de leur travail, particulièrement en milieu rural; à la mise en place de conditions propices à l’émergence et l’épanouissement du leadership des femmes et des filles; à favoriser leur autonomie économique, mais également à la transformation des rapports de genre pour atteindre un monde juste, viable et solidaire.

Ce sont les femmes qui luttent jour après jour pour améliorer leurs conditions de vie et celles de leur communauté, les rapports au sein de leur famille et de la communauté qu’elles habitent, qui nous inspirent.

 

Voici l’histoire de deux de ces femmes inspirantes:

 

Marisela García vie à La Esperanza, au Honduras. Elle est membre du Réseau AMIR, une association de plus de 650 femmes autochtones Lencas qui, pour améliorer la qualité de vie des femmes de la communauté, a participé à la mise sur pied d’une usine de transformation des fruits que des femmes comme Marisela produisent sur leurs parcelles. L’usine, qui bénéficie du soutien et de l’accompagnement de SUCO, leur permet de produire de marmelades, du vin et des bonbons, qu’elles vendent ensuite dans la région, augmentant ainsi leurs revenus. Récemment, Marisela a réussi à construire une maison pour elle et sa fille, sur le terrain familial.  « Je ne pouvais pas dormir. Je me disais `j’ai réussi! j’ai bâti ma maison!´ ».

 

 

Astou Dioup est commerçante, conseillère municipale et présidente de la commission environnement de sa commune à Tassette, au Sénégal. Depuis la venue du projet « Dund ak kéew bi » (Vivre longtemps avec l’environnement, en langue wolof), que SUCO soutient en collaboration avec le GRAIM, sa communauté a réussi à mettre en place des pépinières qui aident à contrer la désertification des terres.  « Désormais, nous vendons des arbres un peu partout dans les villages environnants. Nous en prenons aussi pour reboiser nos champs, maisons et espaces publics. Grâce aux pépinières nous avons reboisé aussi notre bois de village, maintenant la forêt est redevenue verte et dense.

 

 

 

 

Crédits photo : Patrice Halley, Elijah St-Louis & CCLAB


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: [email protected]


Manger local et bio du plus jeune âge! | Journée internationale de l’éducation

 

 

En cette Journée internationale de l’éducation, SUCO souligne l’effort et le travail acharné des organismes partout dans le monde qui œuvrent à soutenir l’éducation comme force d’inclusion propice à la réalisation des objectifs du développement durable. La Journée internationale de l’éducation, proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2018, met en lumière le rôle de l’éducation pour la paix et le développement.

À SUCO nous sommes fièrs·es de contribuer, entre autres, à la mise en place et à la réussite du projet « Apprenons la souveraineté alimentaire ». Financé par la Fondation Roncalli, le projet permet de sensibiliser près de 80 élèves de 2 classes élémentaires de Ouagadougou, au Burkina Faso, sur les thématiques de la souveraineté alimentaire. La théorie, alliée à la pratique, leur permet de mettre en œuvre leurs nouvelles compétences par la mise en place et l’entretien d’un jardin agroécologique, de pouvoir échanger avec les producteurs et productrices de la région, de visiter des initiatives agroécologiques, de préparer des mets à base de produits locaux et de divulguer par la suite leurs apprentissages dans leurs communautés. Et tout cela, du plus jeune âge!

Ainsi, accompagnés·es par deux maraîchers expérimentés de Yelemani, notre partenaire burkinabé, les jeunes filles et garçons, de même que les enseignantes et enseignants et les parents des élèves ont appris la pratique de l’agroécologie. Les élèves sont formés, entre autres, à la préparation du terrain, à la connaissance des différentes cultures et aux techniques de production. Des sous-groupes sont responsables de la gestion des différentes phases pour que, de façon rotative, tous les élèves puissent avoir la possibilité de participer directement à l’activité. Les heures dédiées au jardin s’alternent aux leçons en classe. En plus, les jardins permettent une amélioration dans l’alimentation des jeunes élèves, car les légumes produits par le jardin scolaire sont destinés à la cantine scolaire!

L’agriculture durable permet d’augmenter et diversifier la production agricole, d’assurer la quantité et qualité des aliments pour les familles agricultrices, et de protéger et restaurer les écosystèmes afin de s’adapter aux changements climatiques.

 

 


Renseignements supplémentaires:

Geneviève Talbot
Chargée de programme -Pôle Afrique
(514) 272-3019 poste 235
Courriel: [email protected]