Le membership de SUCO se fait peau neuve!

 

 

 

SUCO lance une nouvelle offre d’implication et d’appartenance pour ses membres : les Cercles SUCO! Être membre de SUCO vous permet de soutenir les objectifs et actions de notre organisme, participer à sa vie démocratique, recevoir des nouvelles et le rapport annuel, et recevoir des invitations aux activités spéciales et à l’Assemblée générale annuelle.

Devenir membre de SUCO en 2020, c’est :

  • Être invité·e à co-construire et à participer à des initiatives et projets innovants au Québec et à l’international;
  • Faire partie d’un réseau d’actrices et d’acteurs de changements qui contribuent à un monde plus solidaire, équitable et durable;
  • Si vous le souhaitez, vivre une expérience en coopération internationale sur mesure, enrichissante sur les plans professionnel et humain.

Vous bénéficierez de nombreux avantages tels que:

  • Une mise en réseau avec les membres de la #SUCOmmunauté, acteurs et actrices de changement en faveur d’une réelle transition écologique;
  • L’accès à une expertise concernant les quatre axes stratégiques de SUCO et à des formations liées à cette expertise;
  • La possibilité de bénéficier d’un mandat à l’international sur mesure;
  • La possibilité de développer et/ou mettre à profit ses compétences professionnelles et personnelles en co-créant avec SUCO et les membres de différents cercles;
  • Des soirées de réseautage;
  • Une visibilité dans les différents médias et réseaux sociaux de SUCO (si voulu);
  • La possibilité de devenir mentor ou mentoré·e.

CERCLES DES MEMBRES

Vous l’aurez compris, la co-création est essentielle chez SUCO, surtout avec nos membres! Pour cela nous avons développé différents cercles d’implication pour permettre à nos membres (et non-membres pour certains!) de participer activement au développement de SUCO.

CERCLE DU 60e ANNIVERSAIRE DE SUCO — En recrutement!

Ce cercle a pour objectif de rassembler des personnes déjà impliquées avec SUCO représentant différentes sphères de la #SUCOmmunauté pour veiller à l’organisation d’événements/activités lors du 60e anniversaire de SUCO, qui aura lieu en juin 2021.

Vous pouvez d’ores et déjà manifester votre intérêt pour vous impliquer! Pour vous inscrire, c’est par ici!

*Ce cercle est spécifique à l’année du 60e. Vous ne devez pas obligatoirement être membre pour participer à ce cercle. 

CERCLE DES EXPERTS·ES — En recrutement!

Ce cercle permet de rassembler des personnes ayant le désir de faire partie du changement en offrant bénévolement leurs services dans leur domaine d’expertise.

Il y aura des sous-comités dépendamment des besoins en expertise de l’organisme. Actuellement, nous sommes en recrutement pour le Sous-comité des dons majeurs et planifiés qui soutiendra la mise en place d’un programme de dons planifiés au sein de SUCO.  Nous recherchons donc :

      • Des notaires;
      • Des comptables et fiscalistes;
      • Des planificatrices et planificateurs financiers et successoraux;
      • Des courtières et courtiers en valeurs mobilières;
      • Des fiduciaires ou gestionnaires de portefeuille;
      • Et toute autre personne manifestant de l’intérêt et pouvant nous appuyer dans la mise en place de ce programme!

Vous pouvez vous inscrire et manifestez votre intérêt à ce lien.

Vous ne devez pas obligatoirement être membre pour participer à ce cercle.

CERCLE DES VOLONTAIRES ET STAGIAIRES — Recrutement à venir

L’objectif du Cercle des volontaires et stagiaires est de permettre d’impliquer les volontaires et stagiaires terrains dans les actions de SUCO dès le début de leur mandat, les intégrant ainsi à la #SUCOmmunauté. Les volontaires et stagiaires partant sur le terrain, membres de SUCO, feront automatiquement partie de ce cercle.

CERCLE DES AUDACIEUX.SES — Recrutement au début de 2021!

L’objectif de ce cercle est de rassembler des individus ayant le désir de faire partie du changement en :

  • Sensibilisant le grand public à l’importance de la transition écologique tout en faisant rayonner les audacieux et audacieuses d’ici et d’ailleurs;
  • Mobilisant son réseau en profit des audacieux et audacieuses d’ici et d’ailleurs, en participant et en promouvant des activités philanthropiques et de rayonnement;
  • Réunissant des audacieux et audacieuses de divers milieux professionnels qui souhaitent créer des liens durables avec des personnes partageant leur vision et celle de SUCO d’un monde plus juste, solidaire et durable.

Le recrutement commencera en 2021, mais vous pouvez déjà manifester votre intérêt à ce lien!

CERCLE EXPÉRIENCE MEMBRE — Recrutement au début de 2021!

Le Cercle expérience membre vise à permettre aux membres de SUCO d’avoir une expérience enrichissante et fun! Ce comité a pour objectif d’organiser des événements, des activités de partage et de partager des informations pertinentes aux membres de SUCO. Vous devez être membre de SUCO. Pour le devenir, c’est par ici.

Le recrutement commencera en 2021, mais vous pouvez déjà manifester votre intérêt à ce lien!

 


Renseignements supplémentaires

Émilie Thierry
Chargée de projet, collecte de fonds
donnez@suco.org

 


Le courage de changer les choses – Semaine de l’égalité de sexes

 

 

 

 

#GrâceàVous, la campagne 2020 de la semaine de l’égalité des sexes au Canada souhaite célébrer du 20 au 26 septembre « les nombreuses personnes pionnières, celles qui militent pour les droits et les défendent, et qui œuvrent pour faire progresser l’égalité des sexes dans leurs communautés. » SUCO souligne tout particulièrement l’engagement des femmes qui, trop souvent dans l’ombre, bravent les coutumes, affrontent les obstacles, repoussent les limites, explorent de nouvelles avenues pour bâtir un monde plus juste. Pour en apprendre davantage sur le progrès du Canada en matière d’égalité des sexes et des genres au cours des 25 dernières années, consultez ces infographies.

La pandémie actuelle nous prouve la nécessité de nous entraider et d’être solidaires, mais aussi nous a donné la mesure du travail des femmes intervenantes dans les maisons d’hébergement pour les femmes victimes de violence et les centres d’aide aux victimes d’agressions à caractère sexuel. Ceci est un des piliers pour faire progresser l’égalité entre les sexes, car tant que la violence s’exprimera pour exercer la domination des hommes sur les femmes, l’égalité ne pourra être atteinte et le droit à une vie sans violence continuera à être bafoué.

En outre, l’égalité entre les femmes et les hommes ne pourra être atteinte tant que les inégalités salariales auront cours dans nos sociétés et que l’accès à la terre et aux moyens de production sera restreint pour les femmes, autant au nord comme au sud. Des luttes menées par des femmes et des hommes -parfois couronnées de succès, mais encore trop peu-, s’attaquent aux préjugés et aux stéréotypes qui ont servi et servent encore de prétexte pour maintenir ces états de fait. En effet, malgré l’adoption de lois sur l’équité salariale dans plusieurs pays, au Canada par exemple, les femmes ne gagnaient en 2019 que 87 cents par dollar gagné par les hommes. Les préjugés, le droit coutumier, le statut économique et social des hommes qui lui sont conférés donnent aux hommes un droit inaliénable et incontestable sur la terre. En dépit du fait qu’un grand nombre de pays ont adopté des législations favorables, gagnées de haute lutte par des organisations de femmes paysannes et leurs alliés, celles-ci n’en sont propriétaires que rarement; les statistiques les plus récentes nous indiquent qu’en moyenne, moins de 20% des femmes sont propriétaires dans le monde.

SUCO salue le courage de ces femmes ici au Québec et au Canada, mais aussi au Bénin, au Burkina Faso, au Honduras, au Nicaragua, en Haïti, au Pérou et au Sénégal; des femmes que SUCO accompagne dans leur travail sans relâche pour défendre leurs droits et changer ainsi le monde.

SUCO vous invite à voir -et revoir- ces vidéos qui illustrent le travail de ces pionnières :

Des femmes renouvelées

Plus fortes ensemble

La voix de l’agriculture familiale

Crédit photo : CC-LAB

 


 

Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: lindagagnon@suco.org

 


Défi relevé pour la course virtuelle Défi Scotia

 

 

La course en mode virtuel

C’est dans un contexte particulier que SUCO a fait preuve de résilience et a participé au Défi Scotia en mode virtuel au mois de mai dernier.

Plusieurs personnes ont relevé le défi de cette course et nous remercions chaudement l’ensemble des coureuses et coureurs. Merci à tous les membres de la #SUCOmmunauté qui se sont impliqués⸱es pour dépasser leurs limites afin de soutenir les besoins existants sur le terrain.

Participer au changement social!

Geneviève a d’ailleurs partagé avec nous que « sa plus grande réussite avait été d’avoir repris goût à la course et d’avoir trouvé une motivation pour aller courir sur une base régulière. Même après avoir atteint mon objectif je maintiens mes “petites” courses régulières et j’en suis fière ! »

Tandis qu’Émilie nous soulignait qu’elle avait relevé le défi caritatif de cet été, car elle estime que « Nous vivons toutes et tous beaucoup de bouleversements, entre la pandémie mondiale de la COVID-19 qui sévit actuellement et les dérèglements climatiques qui se font de plus en plus intenses, on ne sait pas trop de quoi demain est fait. »

Oswaldo a relevé le défi caritatif, car ce n’est « pas tout le monde qui peut partir sur le terrain pendant 1 an.  Moi, je décide de contribuer autrement, en soutenant financièrement SUCO pour qu’elle puisse continuer à aider des personnes comme Marisela. » Sa plus grande fierté est « d’avoir réussi à ne pas lâcher l’entrainement pendant le confinement, même en solitaire! ».

Juliette nous confie « Je n’avais jamais participé à une course, donc c’est une belle première! Je suis fière d’avoir pris le temps de m’entraîner au cours du printemps et de l’été, car ce n’est pas toujours facile d’adopter une nouvelle habitude, et d’y tenir. Au final, je n’ai pas pu courir sur toute la distance, mais j’ai tout de même tenu à finir à la marche. Je suis satisfaite de ma performance! ». Juliette en a aussi profiter pour faire connaître SUCO auprès de son entourage en recrutant Dominique et Frédérique au sein de l’équipe « Rafraîchissement garanti! ».

D’autres coureurs et coureuses tels que Pablo et Dominique ont choisi de participer pour appuyer la démarche de leur ami⸱e déjà impliqué⸱e dans le Défi, ce qui a permis à Pablo de réaliser son meilleur temps pour une course de cette distance (21 km!).

Nada quant à elle a choisi de courir pour SUCO afin de « soutenir une cause noble et dépasser mes limites », ce qui lui a permis à elle aussi de réaliser son meilleur temps!

Frédérique a voulu participer afin de se donner un défi personnel. Sa plus grande réussite lors de cette course? Avoir maintenu des entraînements hebdomadaires et atteint son objectif personnel.

Bravo à toutes et tous! Nous, nos partenaires et les membres des communautés bénéficiares, vous sommes très réconnaissants·es!

Donner ou courir pour la #SUCOmmunauté

Ce défi caritatif, qui allie autant les bonnes habitudes de vie et le sport que la solidarité internationale, a permis d’attirer près d’une cinquantaine de donateurs⸱trices pour l’ensemble de la campagne.

SUCO est fière d’annoncer que la tenue de la Course virtuelle du Défi Scotia a permis d’amasser près de 3 000 $ cette année, somme qui sera ajoutée au fonds FORCE (Fonds de résilience climatique et économique).

Nous vous invitons à découvrir le Fonds Force et a continuer à soutenir nos projets en vous inscrivant aux dons mensuels ou unique.

En collectant des fonds pour SUCO, vous prenez part à un changement concret auprès des communautés que nous continuons de soutenir en ces temps de crise.

Merci encore pour votre soutien!

 


Renseignements supplémentaires

Émilie Thierry
Chargée de projet, collecte de fonds
emiliethierry@suco.org

 


Impact et ajustement des partenaires de SUCO en Afrique de l’Ouest face au COVID-19 et aux mesures sanitaires

 

 

Crédit photo : Djigui Soumare

 

Dans un premier billet, un survol global de l’impact de la COVID 19 et des mesures sanitaires en Afrique, plus particulièrement en Afrique de l’Ouest a été présenté. Celui-ci présente comment les partenaires de SUCO ont su s’adapter face à ce nouveau contexte et l’impact sur les populations locales de ces mesures sanitaires. 

 

Tel que mentionné dans l’article Une crise en attente? La COVID 19 en Afrique de l’Ouest, l’Afrique, plus particulièrement les pays d’intervention de SUCO en Afrique de l’Ouest, n’ont pas été aussi durement touchés par le coronavirus lui-même. Ce sont les mesures sanitaires adoptées par les États qui ont un important impact sur nos partenaires et les populations locales. 

Un obstacle à la sécurité alimentaire

Dans le billet Circuits courts et approvisionnement local  paru sur le blogue de SUCO, on démontrait que les restrictions imposées ont grandement affecté les chaînes alimentaires et les capacités d’achat des populations locales, entraînant un problème d’insécurité alimentaire, voire de faim. Les témoignages recueillis par SUCO auprès de nos partenaires sont très évocateurs.

« Je m’appelle Agbo Epiphane, je suis responsable du volet agricole du programme de l’ONG ALDIPE depuis vingt-cinq ans. Mon métier consiste à aider les communautés à lutter contre l’insécurité alimentaire en améliorant et en augmentant leurs productions agricoles afin de mieux les rentabiliser.

La pandémie du COVID-19 a amené le gouvernement de mon pays à prendre quelques mesures sanitaires notamment la distanciation sociale, la mise en place du cordon sanitaire, l’interdiction de tenir des réunions de plus de dix personnes, le port du masque, etc. Ces mesures ont freiné mes activités dont les formations et les sensibilisations à l’endroit des producteurs, mais elles ont favorisé également l’émergence d’un climat de méfiance entre collègues de peur d’être contaminé. On note également un manque de motivation des producteurs autour de l’exercice de leurs activités. »

Agbo Epiphane 



Les restrictions imposées ont eu un impact sur la production agricole, mais aussi sur l’écoulement des produits affectant le gagne-pain des gens et par conséquent leur capacité d’achat. Florence, revendeuse de légumes à Bohicon au Bénin, nous en partage les conséquences : 

« L’arrivée de la pandémie du coronavirus a eu beaucoup d’impacts sur mes activités au nombre desquels je peux citer la mévente des légumes et la chute de leur prix. Parmi mes clients se trouvent aussi des étrangers qui ne peuvent plus venir s’approvisionner librement à cause du cordon sanitaire installé par le gouvernement ainsi que le port de masque et la distanciation sociale qui créent un climat de méfiance des uns envers les autres. Tout cela rend difficile l’écoulement de nos produits qui sont pour la plupart périssables, ce qui du coup affecte mes revenus. »

Abode Florence, vendeuse de légumes à Bohicon au Bénin et participante aux activités de notre partenaire ALDIPE

Les femmes et les filles, encore une fois plus vulnérables

Dans une série d’articles parus en mars 2020, Linda Gagnon faisait ressortir que les femmes sont clairement plus vulnérables en temps de pandémie. Ce constat s’applique aussi pour l’Afrique. 

Le 18 juin dernier, l’OMS soulignait s’inquiéter de l’impact de la COVID sur les femmes et les filles en Afrique. L’OMS confirme les résultats préliminaires publié par CARE dans le rapport Analyse rapide du genre – Covid 19. Afrique de l’Ouest, paru en avril dernier. 

Les impacts directement liés à la crise se font sentir entre autres sur la réduction des revenus et la limitation de l’accès aux besoins de base, en raison des fermetures des services gouvernementaux, comme les cliniques de santé maternelle, de la modification des rôles de genre dans les ménages – les femmes étant parfois le revenu principal du ménage – et de l’augmentation de la violence basée sur le genre. La pandémie de COVID-19 en Afrique de l’Ouest exacerbe actuellement les problèmes socio-économiques : les femmes supportant le plus gros fardeau de prendre soin de leur famille tout en cherchant également à diriger les communautés dans la prévention et l’adaptation.

« Nous constatons déjà que l’impact de COVID-19 sur les femmes et les filles est profond. Les femmes sont touchées de manière disproportionnée par les confinements et cela se traduit par un accès réduit aux services de santé », a déclaré Dr Matshidiso Moeti (L’OMS inquiète de l’impact de COVID-19 sur les femmes et les filles en Afrique). Par exemple, alors que les efforts se concentrent sur la réduction de la propagation de la COVID-19, des services essentiels tels que l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive ont été perturbés. Une analyse récente publiée dans le Lancet Global Health suggère qu’une réduction des services de santé maternelle de seulement 9,8 à 18,5 % pourrait entraîner jusqu’à 12 200 décès maternels supplémentaires sur six mois dans les pays à faibles et moyens revenus.

Les femmes toutefois s’organisent et luttent pour s’assurer que leurs droits soient respectés. SUCO travaille de concert avec elles pour veiller à ce que la réponse à la COVID-19 ne signifie pas un recul pour les droits et la participation des femmes. 

 

Et la résilience aux changements climatiques? 

La réduction des activités économiques a eu un impact positif sur la qualité de l’environnement, c’est indéniable. Ceci sera peut-être l’un des aspects positifs de cette crise. Cependant, une crainte est que les fonds disponibles pour la coopération internationale soient redirigés uniquement vers des appuis directs à la lutte à la COVID-19, ce qui dans le long terme pourrait être néfaste. 

C’est pourquoi SUCO, par l’entremise de l’appui du Programme de coopération climatique internationale du gouvernement du Québec, est fière que le GRAIM, partenaire au Sénégal, ait su s’adapter afin de maintenir les activités du projet  Dund ak keew bi  : Gouvernance locale pour l’adaptation et la résilience aux changements climatiques dans 6 communes du Plateau de ThièsCe projet vise à renforcer les capacités d’adaptation et de résilience aux changements climatiques de ces 6 communes.

Ainsi, tout en respectant les restrictions sanitaires, le GRAIM a pu installer des pépinières communautaires, distribuer aux femmes des fourneaux à faible coût énergétique et installer des systèmes de captation d’eau. Agir sur la résilience des populations locales aux impacts des changements climatiques, c’est aussi renforcer, dans le long terme, leur résilience face aux crises sanitaires, tout en diminuant la probabilité de ces crises. 

 

 

SUCO et ses partenaires ont su s’adapter 

Au Sénégal, au Burkina Faso et au Bénin, nos partenaires ont su adapter leurs pratiques afin de maintenir leurs activités. Celles touchant l’amélioration de l’environnement (plantation d’arbre, pépinières, régénération naturelle des sols…), l’agriculture (production biologiques, marchés publiques) et celles de sensibilisation (émission de radio, web…) ont été maintenues dans la plupart des pays. Des idées innovantes pour écouler ou transformer les produits agricoles ont été testées, comme le démontre Yélémani au Burkina Faso qui a mis sur pied un service de livraison à travers l’application WhatsApp, afin d’apporter les paniers de légumes locaux et bio directement à leurs clients. Certaines de ces idées resteront, d’autres non. Chose certaine, nous continuerons à travailler de concert avec nos partenaires pour assurer l’amélioration des conditions environnementales, l’appui aux petits producteurs et aux petites productrices pour qu’ils et elles assurent la continuité de leur production agricole, approvisionnent les marchés locaux d’aliments sains et de produits alimentaires de première nécessité. 

Cette crise nous aura fait saisir l’importance de toutes et tous dans le soin des autres. Nous laissons le mot de la fin au producteur Bertrand Yegnissou, du village de Adanminankougon dans la commune de Bohicon, au Bénin qui, par cette crise, a pris conscience de l’importance de son métier :

« J’aime bien mon métier d’agriculteur parce que j’ai découvert au fil du temps que la terre ne ment jamais  et que grâce à ma production, la population arrive à se nourrir. Depuis le mois de mars, notre pays a été touché par la pandémie mondiale du coronavirus. Notre travail et notre train de vie ont pris un coup. (…) Nous producteurs, nous avons un rôle capital à jouer dans la riposte à cette pandémie car sans une production sécurisante, le Bénin risque de connaitre une crise alimentaire. Avec l’accompagnement d’ALDIPE, nous développons déjà des pratiques agro-écologiques et cela nous rassure sur la qualité des produits et la durabilité de l’exploitation. Nous allons cette année renforcer la production vivrière pour faire chuter les prix et permettre à nos communautés de pouvoir mieux nourrir. »

Bertrand Yegnissou, de la commune de Bohicon, au Bénin.

 


Renseignements supplémentaires:

Geneviève Talbot
Chargée de programme – Pôle Afrique
Courriel: genevievetalbot@suco.org

 


Une crise en attente? La COVID-19 en Afrique de l’Ouest

 

 

 

Ce premier billet fait un survol global de l’impact de la COVID-19 et des mesures sanitaires en Afrique, plus particulièrement en Afrique de l’Ouest. Dans un second billet, nous verrons comment les partenaires de SUCO ont su s’adapter face à ce nouveau contexte et l’impact de ces mesures sanitaires sur les populations locales. 

 

Si dans un premier temps, il a semblé que la pandémie avait épargné l’Afrique, le 11 juin dernier la directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Dr. Matshidiso Moeti lançait un avis disant que l’Afrique n’est pas à l’abri de la pandémie. « Il a fallu 98 jours pour atteindre la barre des 100 000 cas [de coronavirus en Afrique] et 18 seulement pour franchir celle des 200 000, a-t-elle martelé lors d’un point de presse par vidéo au siège de l’OMS à Genève, avant d’insister : il est clair que la pandémie s’accélère ». 

Si cet avertissement a lieu d’être, objectivement, il faut relativiser : les cas sont moindres sur le continent africain qu’ailleurs, le rythme de propagation du virus y semble plus lent qu’ailleurs et de plus, les cas sont assez concentrés dans certains pays. Enfin, le taux de létalité du virus est moindre sur le continent africain (taux de létalité de 2,5% pour l’Afrique comparé à un taux d’environ 9% au Québec) et le nombre de patients guéris est important (192 364 cas guéris sur un total de 403 692 cas) soit un taux de guérison de 47% (OMS COVID-19 Outbreak Sitrep 18 (2020)).

Selon nos partenaires sur le terrain, ce qui fait le plus mal aux populations locales n’est pas tant la COVID 19 que les mesures de prévention prises pour limiter la propagation du virus. D’ailleurs, dans certains pays, les populations se révoltent contre ces mesures. Les chiffres semblent appuyer ces révoltes populaires car même si le virus est toujours présent, l’impact sanitaire de la pandémie reste à ce jour limité. Cependant, les conséquences économiques et sociales, elles, sont déjà dramatiques dans certaines régions et risquent de s’empirer. 

 

Survol de la situation en Afrique et des mesures mises de l’avant pour stopper la propagation du virus. 

 

Selon la mise à jour de l’OMS en date du 1er juillet 2020, le plus grand nombre de cas en Afrique est concentré dans 10 pays soit l’Afrique du Sud (151 209), le Nigéria (25 694), le Ghana (17 741), l’Algérie (13 907), le Cameroun (12 592), la Côte d’Ivoire (9 214), la République démocratique du Congo (7 039), le Sénégal (6 793), le Kenya (6 366) et l’Éthiopie (5 848). Ces 10 pays ensemble comptent en effet pour 84% (256 401) des cas reportés (OMS Covid 19 OutbreakSitrep). Sur le continent, l’Afrique du Sud, le Nigéria, l’Algérie, le Ghana et le Cameroun, sont donc les pays les plus affectés, en terme de nombre de cas mais aussi de décès : selon l’OMS ces 5 pays comptent pour 74% des décès rapportés, selon les chiffres rapportés par l’OMS. . 

Actuellement, 30 pays de la région connaissent une transmission communautaire, neuf ont des foyers d’éclosions communautaires et huit ont des cas sporadiques de COVID-19. La région a aussi observé une augmentation des cas importés en provenance des pays touchés de la région. Ces cas sont en grande partie alimentés par les chauffeurs routiers transfrontaliers et les déplacements irréguliers de personnes et bien à travers des frontières poreuses. D’où le maintien de la fermeture des frontières terrestres. (OMS COVID-19 Outbreak Sitrep 19 ).

Cependant, la situation dans les pays d’intervention de SUCO en Afrique de l’Ouest est différente.

 

Sénégal

En date du 6 juillet 2020, au Sénégal il y avait 7 478 cas positifs, dont 4 909 guéris, 136 décès et 2 432 sous traitements.  On constate aussi une augmentation des cas issus de la transmission communautaire (Ministère de la santé et de l’action sociale)

Le Sénégal a pris très au sérieux l’urgence sanitaire causée par la COVID-19. Le pays a réagi assez rapidement dès la mi-mars par la fermeture de ses frontières de même que les écoles et universités, mise en place de couvre-feu, contrôle du transport inter-région, et interdiction de tous les rassemblements de plus de 50 personnes, incluant les rassemblements religieux. Cependant, tout comme le soulignait l’article sur la situation en Amérique latine et Caraïbes, l a distanciation physique est difficile à imposer. De plus, au Sénégal, le confinement est partiel : les usines et les marchés sont ouverts, sauf exception comme à Dakar ou les marchés sont fermés les samedi et dimanche depuis le 2 mai.

Cependant, face à la grogne populaire, le gouvernement a dû alléger les mesures de restriction. Ainsi dans un discours prononcé le 29 juin dernier, le Président Macky Sall levait l’état d’urgence et le couvre-feu, annonçait la réouverture des frontières aériennes pour le 15 juillet, maintenait, par contre, la fermeture des frontières terrestres et maritimes de même la fermeture des marchés un jour par semaine. Les restrictions sur les transports inter-région sont levées depuis le 4 juin, de même que les restrictions sur les réunions qui sont de nouveau autorisées. Les restaurants et les salles de sport sont rouvertes avec masque et distanciation obligatoire. Enfin, les vols intérieurs ont repris de façon progressive depuis le 15 juin, de même que les  et les écoles, collèges et lycées qui rouvrent aussi de façon progressive depuis le 25 juin. (Source Jeune Afrique)

 

Burkina Faso 

Au Burkina Faso, en date du 3 juillet, il y avait 1000 cas déclarés, 858 cas guéris et 53 morts. 

Le Burkina Faso est le pays le plus touché d’Afrique de l’Ouest par la COVID 19. La pandémie s’ajoute à l’insécurité grandissante au pays. Cependant, il semble que le Burkina ait réussi à en limiter la propagation. Le 21 juin dernier, la Dr. Matshidiso Moeti affirmait qu’on observait un ralentissement important de la transmission communautaire, avec uniquement ou principalement de nouveaux cas importés, au Burkina Faso  (Jeune Afrique, Coronavirus : une explosion des contaminations est-elle possible en Afrique?)

Cependant, l’état d’urgence demeure au Burkina, même si le gouvernement commence à envisager la possibilité de lever certaines restrictions dont la réouverture des frontières terrestres. Dès la mi-mars le gouvernement prenait des mesures drastiques pour limiter la propagation du coronavirus : fermeture des établissements scolaires, liaisons terrestres et aériennes suspendues (à l’exception du fret), déclaration de l’état d’alerte sanitaire, mise en quarantaine des villes touchées (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Boromo et Dédougou), couvre-feu de 21 h. à 4 h., fermeture des marchés, des bars, des restaurants et des lieux de culte, restriction des rassemblements, des transports publics et du trafic interurbain. 

La population commence toutefois à trouver ces mesures difficiles à vivre, les impacts économiques étant grands. Une coalition d’une cinquantaine de syndicats a organisé un rallye national le 4 juillet et une grève générale de 48 heures les 8 et 9 juillet pour dénoncer, entre autres, l’impact de ces mesures sanitaires. 

Bénin

Au Bénin en date du 6 juillet il y avait 1199 cas confirmé au Bénin, 845 cas sous traitement, 333 guéris et 21 décès. (Gouvernement du Bénin)

Le gouvernement a instauré un cordon sanitaire pour 15 communes. Ce cordon limite les transports des personnes mais pas des denrées. Depuis le 11 mai, les autorités lèvent progressivement ce cordon sanitaire. Cependant, toute personne suspecte est mise en quarantaine et il y a une restriction de délivrance des visas d’entrée. Les bars, discothèques et autres lieux de réjouissances demeurent fermés. La suspension des célébrations religieuses est toujours en cours. Depuis le 11 mai, les écoles, lycées et université rouvrent de façon graduelle. (Gouvernement du Bénin) Toutes les autres mesures barrières restent en vigueur dont le lavage des mains, le port du masque et le respect de la distanciation (1 m). 

 

Que valent ces chiffres?

 

Ces résultats étonnent et détonnent, et plusieurs remettent en question leur validité. Certains se demandent si le faible nombre de cas affichés en Afrique n’est pas tout simplement dû à des lacunes dans la détection ou encore au trop faible nombre de tests effectués. Pourtant, sur ce point, plusieurs organisations internationales de santé dont l’OMS et le Centre pour le contrôle et la prévention des maladie –Afrique (CDC) se veulent rassurants : même s’il est possible que le continent compte un taux de malades asymptomatiques supérieur à ce qui a été observé ailleurs – du fait notamment de la jeunesse de sa population –, il semble exclu que des malades ou des décès liés à la COVID 19 échappent aux radars dans des proportions autres que marginales. Le Dr Moumouni Kinda, directeur des opérations de l’organisation non gouvernementale ALIMA, en poste au Sénégal est clair sur le sujet : « Il y a certes une faiblesse dans le testing, qu’on a aussi observée dans des pays ayant beaucoup plus de ressources. Mais on a aujourd’hui suffisamment de recul pour lier le faible nombre de cas à d’autres facteurs : jeunesse de la population, faible urbanisation, moins de brassage intra- et inter-urbain, plus grande précocité dans la prise des mesures de protection… Je suis affirmatif sur ce point. » (Jeune Afrique, Coronavirus : une explosion des contaminations est-elle possible en Afrique?)

Ainsi selon la directrice régionale de l’OMS, « l’action rapide et précoce des pays africains a contribué à maintenir les chiffres à un niveau bas, mais une vigilance constante est nécessaire pour empêcher que le Covid-19 ne submerge les établissements de santé », a-t-elle indiqué. Cependant, l’application de ces mesures est de plus en plus difficile car leur impact sur la vie des populations locales semblent plus sévère que le coronavirus lui-même. 

Et si le remède était pire que la maladie? 

 

L’impact des restrictions imposées par les pays africains n’est pas sans effet d’où l’allégement de certaines mesures afin de relancer les économies. D’ailleurs, les témoignages recueillis par SUCO auprès des partenaires et relayé sur nos médias sociaux témoignent de l’impact des restrictions : 

« Depuis près de deux mois (i.e. depuis le mois de mars) certaines activités sont suspendues, ce qui cause préjudice à Yélémani qui aura du mal à faire face à ses dépenses ». 

Blandine Sankara, sociologue et coordonnatrice de Yélémani, partenaire de SUCO au Burkina Faso 

 

 

« Du 3 mars au 2 juin, l’État a décrété l’état d’urgence qui a été accompagné de beaucoup d’autres mesures comme le couvre-feu et la limitation de la circulation. Au Sénégal, nous travaillons avec une espèce d’abeille agressive donc le travail de récolte de miel se fait la nuit. Avec le couvre-feu qui démarrait à 21h, les apiculteurs·trices ont été bloqué chez eux. Depuis la levée des restrictions, nous travaillons fort pour rattraper le retard et récolter un miel de qualité. Je suis également très sollicité pour appuyer les apiculteurs·trices mais nous n’avons pas encore eu la chance de reprendre les formations. De plus, la vente de miel est devenue difficile car d’habitude nous le vendons dans les marchés hebdomadaires, sur les sites touristiques ou nous l’exportons, ce qui est maintenant impossible. L’avantage que nous avons est que le miel est un produit non périssable. »

Étienne Manga, apiculteur et président de l’association APISEN en Casamance au Sénégal

 

 

Ces témoignages confirment une tendance lourde, comme le soulignait le Président Macky Sall dans le quotidien Le Soleil à titre d’éditorialiste invité le 8 avril dernier :

« Avec une population estimée à 1,3 milliard d’habitants, l’Afrique est atteinte par le COVID-19 au moment où plusieurs de ses pays, malgré les défis du sous-développement, sont sur une trajectoire d’émergence alors que d’autres continuent de faire face à la lutte contre le terrorisme. Le COVID-19 freine ainsi l’élan des uns, aggrave la situation des autres et remet en cause les efforts de tous. De plus, il soumettra à rude épreuve des systèmes nationaux de santé publique déjà vulnérables. »

Président Macky Sall

En fait, les restrictions qui ont dû être imposées pour contrôler la pandémie menacent, selon la Banque Mondiale, de mettre en situation de pauvreté extrême près de 58 millions d’Africains, détruisant au passage une classe moyenne émergente. Ce constat n’est pas sans conséquences néfastes pour les plus vulnérables. 

Dans un second billet, nous présentons l’impact de ces mesures sur les partenaires de SUCO et comment ces derniers, avec l’appui de SUCO, ont su s’adapter face à ce nouveau contexte.

Vous pouvez soutenir les acteurs et actrices de changement comme Blandine et Étienne en cliquant ici.


Renseignements supplémentaires:

Geneviève Talbot
Chargée de programme – Pôle Afrique
Courriel: genevievetalbot@suco.org

 


La complexité de la pandémie en Amérique latine et Caraïbes

 

 

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS)  a déclaré le 8 juin dernier que la situation de la pandémie en Amérique du sud et centrale est la plus complexe au monde. De plus, l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS, branche régionale de l’OMS) se préoccupe d’une résurgence des cas en juillet avec l’arrivée de la période hivernale et de la saison des pluies, période propice aux infections diverses et aux insectes vecteurs de malaria, zika, et du dengue.  L’aplatissement de la courbe, qui donne l’espoir d’une baisse de la contagion, n’a malheureusement pas encore eu lieu dans un grand nombre de pays de la région et la transmission communautaire prend de l’ampleur. 

Quelques éléments expliquent la situation catastrophique de certains pays :  la pauvreté généralisée; la précarité des systèmes de santé; l’économie informelle et finalement le leadership controversé de certains dirigeants.

L’Amérique centrale, des contrastes et des similitudes

Au Honduras, où l’état d’urgence sanitaire a été déclaré dès le 13 mars, on a interdit tout déplacement pour une période initiale de trois semaines. Au début avril, les commerces essentiels ont reçu l’autorisation d’ouvrir, mais la population ne peut s’y approvisionner qu’une fois tous les 15 jours (des jours sont assignés selon le numéro de la carte d’identité des personnes) et seulement du lundi au vendredi; le contrôle est très strict et bien souvent réalisé par l’armée. Les samedis et dimanches tous les déplacements sont formellement interdits et un couvre-feu de 20h00 à 5h00 est en vigueur et ce jusqu’en août.

Le 8 juin dernier, après plus de trois mois de confinement, on autorisait l’ouverture de certains autres commerces, mais toujours en limitant l’accès une fois aux 15 jours. 

En date du 13 juin, 8 455 personnes ont été déclarés positives à la COVID-19 avec un total de 310 décès. Le gouvernement informe régulièrement la population de tous les cas, recense et rend public par communiqué de presse la liste des personnes testés positives, les personnes hospitalisées et celles rétablies, incluant des donnés comme l’âge, le sexe et le département de résidence.

De son côté, le Nicaragua se trouve au cœur de la tempête et le leadership du gouvernement est extrêmement controversé et décrié par les pays avoisinants et les grandes organisations internationales. En effet, aucune des mesures suggérées et éprouvées n’a été mise en place dans ce pays, contrairement aux autres de la sous-région. Les frontières n’ont pas été fermées, il n’y a pas de dépistage massif, la distanciation sociale et le port du masque n’ont pas été imposés ni même fortement recommandés. Les écoles demeurent ouvertes et des grands rassemblements publics ont été encouragés tout au moins au début de la pandémie. La seule mesure prise par le gouvernement a été une campagne communautaire de dépistage et d’information faite par des promoteurs et promotrices de la santé qui sillonnent le pays de maison en maison pour informer des symptômes de la maladie. 

De plus le gouvernement a, selon la société civile et les médecins et l’OPS, observé une certaine opacité dans le rapportage des cas et a probablement grandement minimisé ceux-ci.  En l’absence de normes édictées par le gouvernement, bon nombre d’entreprises, incluant les ONGs, ont adoptés leurs propres mesures : elles ont fermé leur porte et dans les cas où cela était possible elles ont adopté le télétravail; les commerces ont installé des postes de désinfection des mains et de prise de température; et la population a limité ses déplacements et adopté le port du masque. Des campagnes privées de publicité « Quédate en casa » (Reste à la maison) ont été créées et diffusées.

Officiellement, sur une population de 6,4 millions, il y a actuellement 1 464 cas et 55 décès. Cependant, un observatoire indépendant regroupant des médecins et autres professionnels de la santé et des services sociaux rapporte qu’il y aurait plutôt 1 114 décès liés à la COVID-19 et plus de 5,000 cas

Au Sud rien ne va

Au Pérou l’urgence sanitaire a été décrétée dès le 11 mars et des mesures très strictes ont alors été prises : fermeture des frontières, restrictions de déplacements, couvre-feu de 20h00 à 6h00, confinement de la population, port du masque dans les commerces essentiels, et distanciation sociale de 2 mètres. Une conférence de presse journalière et télédiffusée du président de la République a été instaurée et quelques mesures d’aide financière ont été mises en place pour les familles les plus vulnérables. Malgré toutes ces mesures,  le Pérou est depuis quelques jours le 8ième pays le plus touché dans le monde et le 3ième des Amériques avec plus de 6 688 décès et près de 230 000 personnes infectées. Il faut signaler que le Pérou est l’un des pays qui réalise le plus de tests de dépistage sur le continent. Le pays est toujours en confinement même si un assouplissement a lieu dans certaines régions moins touchées.

Haïti

En date du 11 juin, Haïti comptait  un total de 3 796 personnes infectées et 58 décès. Avec la propagation de la pandémie et l’augmentation des personnes infectées au quotidien, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence jusqu’à la fin juillet, en adoptant un certain nombre de mesures sans pour autant imposer le confinement total. En effet, les écoles, universités, églises et entreprises d’envergure sont fermées. Les institutions publiques fonctionnent avec 50% de leur personnel. Le confinement de la population est fort complexe dans un pays dominé par l’économie informelle, et l’on oublie rapidement les consignes de distanciation physique dans les marchés publics bondés.  

Plusieurs campagnes de sensibilisation ont lieu dans le pays, dans le but d’inciter les personnes craignant d’être contaminées à se rendre dans un centre hospitalier dès que possible, puisque la désinformation pousse les gens à se présenter trop tard à l’hôpital pour que le personnel puisse réellement les traiter. De plus, Haïti demeure le centre de constantes manifestations publiques et de violences. Une crise socio-politique sévit en effet dans le pays depuis 2019, la population fait entendre sa grogne contre la corruption et les actions (ou inactions) du gouvernement intérimaire en place. L’arrivée de la pandémie a rendu la situation encore plus complexe. 

Des effets semblables malgré les différences

Les systèmes de santé publics, en manque d’équipements, de matériel et de personnel soignant, ne peuvent faire face à la pandémie ce qui n’a fait qu’exacerber une situation préexistante et mettre en lumière leur inefficacité face à une crise de cette ampleur et ce, malgré tout le travail et le dévouement du personnel médical. Les familles se retrouvent bien souvent à devoir recourir, si elles peuvent se le permettre, à des systèmes parallèles privés.

Le recours à l’économie informelle est la source principale de revenus pour une grande partie de la population alors au risque de leur santé, d’être arrêtées pour ne pas respecter les consignes, ou même de transmettre la maladie, ces travailleurs et travailleuses se rendent tout de même à leur lieu de travail (kiosques de rue, chantiers de construction, maisons privées, etc.). Comment l’interdire quand plus de 50% de la population de ces pays ont cette seule alternative pour survivre?

Les travailleurs et travailleuses de l’économie informelle, se retrouvent en situation des plus précaire. Plusieurs des activités qu’ils et elles réalisent ont été brusquement interrompues. La majorité de ces activités sont réalisées par les femmes, soit le gardiennage d’enfants, l’aide domestique, la vente dans la rue de nourriture et de produits divers, alors en plus de la perte de revenus, essentiels à la survie de la famille, ils et elles ne disposent d’aucune assurance santé et de filet social. 

Un autre des effets catastrophiques de la pandémie et des mesures mises en place est l’approvisionnement en aliments. En effet, dans plusieurs pays, la limitation des sorties et l’arrêt des transports publics et privés depuis le début de la crise ont grandement contribué à rendre l’approvisionnement très difficile, surtout dans les villes. 

Une crise alimentaire est à prévoir à plus ou moins court terme car, en plus de la fermeture des marchés, plusieurs producteurs et productrices agricoles peinent à trouver les semences nécessaires pour débuter la saison agricole.

Il n’existe pas de données officielles fiables sur l’augmentation des cas de violence envers les femmes dans les pays des Amériques jusqu’à maintenant, mais l’ONU reste très préoccupée par la situation des violences envers les femmes en ces temps de pandémie; on ne peut exclure que la situation des femmes soit encore plus préoccupante qu’elle ne l’est en temps « normal ».

Depuis la mi-mai les différentes organisations liées au Nations Unies, Unesco, FAO, OMS, etc. ont fait part de leur préoccupation de la situation des populations autochtones et appellent les États à prendre des mesures particulières pour assurer leur sécurité alimentaire et sanitaire. Les populations autochtones sont parmi les plus vulnérables face à cette pandémie, elles vivent bien souvent isolées et sans services de santé adéquats, et comptent parmi les plus pauvres.

Nous agissons de concert avec nos partenaires terrain

Malgré que nous ne puissions pour le moment être présents physiquement dans nos pays d’intervention nous continuons le travail de soutien à nos partenaires sur le terrain à distance. Ceux-ci ont dû adapter leurs méthodes de travail, dans certains pays des visites sont organisées en mettant en place des mesures de protection tant pour les travailleurs et travailleuses que pour les populations, formation en groupes restreints, distanciation sociale et port du masque. Au Pérou par exemple, les jeunes producteurs et productrices, à défaut de compter sur les marchés habituels, ont commencé la livraison de paniers bios avec leur production et celle des familles avoisinantes, leur assurant ainsi des débouchés et des revenus essentiels. En Haïti, au Honduras et au Nicaragua, avec l’arrivée de la saison des pluies et donc agricole, nous devons redoubler d’efforts pour appuyer les populations à réaliser une saison agricole qui assurera l’alimentation des familles et l’approvisionnement des marchés.

Les femmes, les hommes et les jeunes des Amériques ont besoin de notre soutien, et de notre solidarité et nous déployons tous nos efforts pour rester à leurs côtés.

 

Crédit photo: CC-LAB

 


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
(514) 272-3019 poste 228
Courriel: lindagagnon@suco.org


Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse

 

 

Crédit photo : Jean-Pierre Faye

 

C’est le 17 juin 1992 que l’ONU a adopté la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD). Depuis, afin d’en rappeler les dangers, le 17 juin a été nommé Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse. Cette journée est célébrée chaque année pour sensibiliser l’opinion publique à cette question et aux efforts à faire au niveau international pour améliorer la situation.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la désertification n’est pas la transformation de la terre en désert.  La désertification tient plus du fait de la dégradation des sols, de la surexploitation et de l’utilisation inappropriée des terres. Au Sénégal, comme le souligne l’article ‘Les enjeux de la déforestation au Sénégal’, deux facteurs influencent la dégradation des sols et ultimement la désertification et la sécheresse : la salinisation des terres et le déboisement.

La salinisation des terres est le processus d’accumulation des sels dans les sols à des niveaux toxiques pour la plupart des plantes, animaux et champignons. Elle est devenue une cause importante de désertification, d’érosion et de dégradation des sols et de l’agriculture au Sénégal. Les causes de la salinisation des terres sont diverses, mais comme le souligne Charles Pierre Sarr, chef du service régional de l’environnement de Fatick au ministère de l’Environnement du Sénégal, les perturbations climatiques, tel que la hausse du niveau des océans, la diminution des précipitations et une hausse des températures sont des facteurs qui expliquent la salinisation. Selon M. Sarr, le Sénégal est « perpétuellement confronté aux effets adverses des changements climatiques du fait de sa façade maritime longue de 700 kilomètres qui subit l’impact de l’élévation du niveau marin avec comme corollaire l’érosion côtière, l’intrusion saline dans les terres agricoles, la salinisation des ressources en eaux et la destruction des infrastructures. Du fait d’une agriculture essentiellement pluviale, les perturbations climatiques risquent de compromettre les efforts de lutte contre la pauvreté et l’objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire » (Les agriculteurs sénégalais luttent contre la salinisation des sols). En raison de la salinisation des terres on constate aussi une surexploitation ou une dérivation des ressources en eau douce, le défrichement, les incendies de forêt, ce qui a une incidence sur la désertification.

Le déboisement, c’est-à-dire la coupe des arbres pour subvenir aux activités humaines, est aussi un facteur responsable de la dégradation des sols et des forêts. Le déboisement a plusieurs causes : la progression rapide de la population des villages et la mauvaise politique énergétique qui oblige les populations à surexploiter les ressources les plus accessibles : le bois et le charbon. 

SUCO et la lutte au déboisement au Sénégal 

Afin de contribuer à la lutte contre le déboisement, en 2017, SUCO, le Réseau Environnement et le GRAIM, avec l’appui du Programme de coopération climatique internationale du gouvernement du Québec, ont lancé le projet Dund ak Kéew bi. Ce projet vise à renforcer les capacités d’adaptation et de résilience aux impacts des changements climatiques de six communes du Plateau de Thiès, entre autre par la mise sur pied de pépinières communautaires et d’activités de reboisement. 

Ces activités sont essentielles, car le déboisement n’est pas sans effet. De par le monde, les arbres sont des symboles de vie, ils offrent le confort de leur ombre, l’abondance de leurs fruits, redonnent vie aux terres stériles, fournissent un combustible essentiel, enrichissent et stabilisent les sols. Bref, ils présentent la particularité essentielle d’être à la base de toute chaîne alimentaire, ils sont indispensables. 

Les femmes et les pépinières

Le Plateau de Thiès étant une zone souffrant de déboisement, l’amélioration et le maintien de pépinières communautaires appuient la lutte contre la disparition des espèces forestières et du couvert végétal en assurant une disponibilité continue de plants destinés au reboisement. Les pépinières sont gérées par des groupes de femmes. Les arbres plantés provenant de ces pépinières diminuent la déforestation, augmentent la qualité des sols, la capacité de rétention d’eau et la qualité de l’air (moins de poussières) ce qui a un impact positif sur la santé respiratoire, la santé en général (entre autres, en augmentant la quantité d’eau dans les puits) et les rendements agricoles. 

Ces pépinières ont aussi pour objectif secondaire de renforcer la sécurité alimentaire des groupes de femmes. Deux types d’arbres sont plantés : des arbres forestiers pour donner de l’ombre et des arbres fruitiers. Avoir des arbres fruitiers est très important et apprécié par les populations locales car ça augmente la sécurité alimentaire à moyen et long terme des populations vulnérables. 

La plantation d’arbres fruitiers et forestiers est une façon d’accroître la résilience des populations à moyen et long terme en luttant contre la désertification et la sécheresse et, par conséquent, en améliorant la sécurité alimentaire. Dans le cadre du projet Dund ak Kéew bi au Sénégal, 15 239 arbres ont été plantés en décembre 2019. En prévision de la saison des pluies prévues en juin-juillet 2020, les pépinières redémarrent et les femmes sont à pied d’œuvre!

 

Crédit photo : Jean-Pierre Faye

Crédit photo : Geneviève Talbot

 


Renseignements supplémentaires:

Geneviève Talbot
Chargée de programme – Pôle Afrique
Courriel: genevievetalbot@suco.org


Soutenir les acteurs et actrices de changement dans leur adaptation à la COVID-19

 

 

Photo : Carlos Ly

 

Depuis le mois de mai, et cela chaque semaine, nous vous partageons l’histoire d’un acteur ou d’une actrice de changement dans son adaptation à la COVID-19 sur notre page Facebook.

Cette crise l’aura démontré, ce sont des personnes inspirantes et capables d’une grande résilience. Ci-dessous vous trouverez donc les histoires de Blandine Sankara au Burkina Faso; Lousise Christiana Majeune, Lilianie Dor et Lucie Dorlus en Haïti; César Cárdenas Lima, Niel Natividad Laveriano, Nuri Maguiña Ropon et Daysi Yactayo Chalso au Pérou; Bernard Yegnissou et Ambroise Assigname au Bénin et Étienne Manga au Sénégal.

SUCO mobilise des gens, des savoirs et des ressources pour bâtir des systèmes alimentaires viables et renforcer la résilience climatique, en s’assurant que la réalité des femmes est prise en compte et qu’elles participent aux décisions. Faire un don à SUCO vous permet donc de participer à cette mission et cet objectif de construire un monde plus solidaire, plus équitable et plus durable.

 

Marina Guekpon

Marina Guekpon est acteur de changement avec notre partenaire ALDIPE au Bénin. Marina est producteur de riz à Allahé, commune de Za-kpota au Bénin, métier qu’il exerce depuis une dizaine d’années. Il nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.

« La COVID-19 n’a épargné personne puisse qu’il s’agit d’une pandémie; à cet effet les mesures préventives prises par le gouvernement béninois pour limiter sa propagation, ont ralenti la vie économique du pays en général et plus particulièrement celle des zones rurales: je dois acheter cher mes denrées de première nécessité et je n’ai pas la possibilité de vendre à un prix rémunérateur ma production.

» Mon métier a pour rôle d’assurer la production en quantité et en qualité pour bien fournir le circuit de transformation des produits et de distribution pour la consommation. Au niveau local, mon métier de production du riz utilise dans un premier temps la main d’œuvre locale et limite beaucoup aujourd’hui dans ma localité, les questions de l’exode rural et enfin assure dans une certaine mesure la demande locale en consommation du riz.

» Deux principaux facteurs entravent mon métier, il s’agit de: faible niveau de la maitrise d’eau lié à la nature sommaire de l’aménagement du bas-fond; faible pouvoir financier face à l’opérationnalisation de la campagne agricole. Je me réjouis du fait que cette activité me permet d’assurer à plus de 50% la sécurité alimentaire de mon ménage. »

Félix Hougnanme

Félix Hougnanme est acteur de changement avec notre partenaire ALDIPE au Bénin. Félix est originaire d’un village appelé Tanta au centre du Bénin. Il est agriculteur depuis 30 ans avec sa famille. Il nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.

« J’adore mon métier d’agriculteur parce qu’il me valorise, me place au centre de tout et non seulement çà il m’assure une autosuffisance alimentaire et une autonomie financière. Mais la pandémie du Corona Virus est venue tout plombé.

» Son impact est dévastateur pour moi parce que j’ai des produits vivriers en stock périssable et qui attendent d’être écoulé mais hélas ! Ce qui me réjouit aujourd’hui est que j’ai la preuve de ce que rien ne vaut la connaissance.

» En effet ProSOL nous a formé sur les techniques de production respectueuses de l’environnement et qui favorisent une fertilité progressive de nos sol, avec ces notions j’arrive à assurer une production de qualité quand bien même ma communauté dans son ensemble tarde à le percevoir. Je constitue un exemple en la matière auprès des autres agriculteurs comme moi en ce sens que même pendant la période de soudure je dispose de quoi subvenir à mes besoins et ils viennent s’approvisionner chez moi en semence de qualité et à cycle court. Ma plus grande difficulté est le manque de crédit pour emblaver de grande superficie. Ma fierté est celle d’un combattant satisfait du devoir accompli. Toute fois je suis également fier de mes réalisations et mes revenus qui me permettent d’assurer un avenir à ma famille et mes enfants.»

Dionisio Gonzáles Pomallihua

Dionisio Gonzáles Pomallihua est acteur de changement avec notre projet FORMAGRO au Pérou. Dioniso est un jeune entrepreneur dédié dédié à l’élevage et à la vente de viande de canard dans la région de Pachacamac.

Cette entreprise familiale a été affectée par l’état d’urgence national au Pérou. Leurs ventes ont cessé, la demande de viande de canard sur les marchés de détail et de gros ayant diminué, en raison de la fermeture temporaire de restaurants; de même, les coûts élevés du service de transport et l’augmentation du prix des aliments pour la volaille ont affecté leur processus productif d’élevage de canards et de compromis de leur fonds de roulement pour faire face à la quarantaine.

En essayant de trouver les meilleures solutions alternatives, en mars, un soutien a été recherché dans les institutions publiques, parvenant à avoir une alternative à la congélation de la viande de canard, avec le soutien du Ministère de la Production à travers le CITE (Center for Innovation Transfert productif et technologique). Cette action a permis de conserver la viande de canard, évitant le surcoût de l’alimentation des animaux invendus et la perte de fonds de roulement qui en résulte.

« La congélation de la viande est une très bonne alternative, maintenant le défi sera d’obtenir un marché avec cette nouvelle présentation », explique Dionisio. En avril, avec le soutien de Formagro, il a été possible d’articuler les marchés itinérants « De la ferme au pot » promus par le programme Agrorural du Ministère de l’Agriculture et de l’Irrigation, y participant deux fois par semaine, sporadiquement, car il y a de nombreux producteurs sur liste d’attente pour participer à ces marchés itinérants. Par ailleurs, la promotion de ses produits a été réalisée sur les réseaux sociaux afin de réaliser des ventes à domicile. Il trouve ainsi le moyen de pérenniser l’entreprise et tente de se réinventer dans cette situation difficile que vit sa famille.

Claide Dabade

Claire Dabade est actrice de changement avec notre partenaire ALDIPE au Bénin. Claire est Technicienne en Gestion Durable des Terres et à l’Adaptation aux changements climatiques (GDT/ACC). Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.

« Ma passion pour l’agriculture remonte à ma tendre enfance où j’accompagne mes parents au champ. Après mon baccalauréat je me suis inscrite à la faculté d’agronomie pour me donner un background conséquent dans ce domaine afin d’être utile aux communautés rurales qui ont vraiment besoin d’un accompagnement pour sortir de la paupérisation qui s’accentue au fil du temps à leurs niveaux.

» C’est une passion pour moi d’accompagner les agriculteurs·trices à comprendre les causes ayant conduit à une régression significative de leurs productions et à adopter les nouvelles pratiques agro écologiques devant leurs permettre d’avoir de meilleurs rendements et accroître par ricochet leurs revenus.

» L’accompagnement des agriculteurs·trices se fait par groupes/sous-groupe de même que les formations sur les mesures GDT/ACC suivant les exigences du projet. Ce procédé est difficile à mettre en œuvre en ces temps de pandémie de la COVID-19. Les regroupements par séance ne peuvent excédés plus de 10 personnes et le rythme habituel de travail se trouve perturbé. Mais des stratégies d’adaptation ont été déployées […]. Ainsi les agriculteurs·trices ont compris davantage par nos actions qu’ils doivent mettre à disposition des communautés des produits sains, abondants et accessibles. »

Obéus Yves-Rose Chery

Obéus Yves-Rose Chery est actrice de changement participante à notre projet PROMAVI avec notre partenaire ASPVEFS en Haïti. Obéus Yves-Rose est agricultrice et commerçante à Ferme le blanc, une localité située au sud d’Haïti. Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.

« J’ai 8 ans dans le commerce, je le pratique beaucoup plus que l’agriculture. Depuis l’annonce de la maladie, je m’approvisionne localement, je ne vais plus en ville. En conséquence, j’achète plus cher et trouve moins de produits disponibles.

» La COVID nous apporte beaucoup de stress. Dans la localité, on essaie de respecter les principes : se laver les mains, traiter l’eau, etc.

» Heureusement il n’y pas d’incidence sur le projet PROMAVI qui ne s’arrête pas. Mon métier agit sur la communauté pour mieux manger car quand on récolte les produits, on vend, on mange, on partage et on se réserve une partie. »

César Cárdenas Lima

César Cárdenas est acteur de changement participant à notre projet FORMAGRO au Pérou. César travaille pour FORMAGRO. Il nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.

« Depuis le premier cas confirmé de COVID-19 au Pérou, le 6 mars 2020, l’inquiétude et l’incertitude ont augmenté conformément à l’augmentation accélérée du nombre d’infections. Dans le cas du projet FORMAGRO, le premier événement touché a été le IV Forum national « Marchés agroécologiques au Pérou ».

» Nous, en tant qu’équipe Formagro, avons dû nous adapter à ces dispositions et trouver des mécanismes de support à distance pour nos jeunes producteurs, en maintenant une communication par téléphone ou via les réseaux sociaux qui nous permet de nous rapprocher de leurs limites et de rechercher un lieu de vente où ils peuvent offrir leurs produits.

» Nous organisons des réunions de planification hebdomadaires pour nos activités via Skype et Zoom, principalement. Nous avons établi un protocole de support technique productif à distance pour conseiller les producteurs sur les questions de production et commerciales. De plus, nous maintenons la communication avec les autorités et les représentants des espaces qui peuvent représenter des opportunités de vente et une coordination commerciale pour nos jeunes. »

Bernard Yegnissou

Bernard Yegnissou est acteur de changement et bénéficiaire de l’appui de notre partenaire ALDIPE au Bénin. Bertrand est agriculteur depuis 25 ans dans son village situé dans la commune de Bohicon. Il nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.

« Depuis le mois de mars, notre pays a été touché par la pandémie mondiale du coronavirus. Notre travail et notre train de vie ont pris un coup.

» Nous producteurs, nous avons un rôle capital à jouer dans la riposte à cette pandémie car sans une production sécurisante, le Bénin risque de connaitre une crise alimentaire. (…) Notre principal obstacle est le manque de moyen financier qui nous limite dans nos ambitions d’emblaver une grande superficie pour la production agricole en 2020.

» Avec l’accompagnement d’ALDIPE, nous développons déjà des pratiques agro-écologiques et cela nous rassure sur la qualité des produits et la durabilité de l’exploitation. Nous allons cette année renforcer la production vivrière pour faire chuter les prix et permettre à nos communautés de pouvoir mieux se nourrir.

» J’aime bien mon métier d’agriculteur parce que j’ai découvert au fil du temps que « la terre ne ment jamais » et que grâce à ma production, la population arrive à se nourrir. Ma plus grande fierté est la satisfaction que chaque individu trouve en venant acheter des produits vivriers chez moi. »

Lousise Christiana Majeune

Lousise Christiana Majeune est actrice de changement et participante à notre projet PROMAVI avec notre partenaire ASPVEFS en Haïti. Lousise est agricultrice et commerçante à Haut Belize, une localité située au sud d’Haïti. Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.

« Depuis l’annonce des mesures barrières du gouvernement, les commerces/marchandises se font rare. Je ne peux pas m’approvisionner. En conséquence, l’argent du commerce s’effritait. Quand on récolte nos produits, on les vend au marché, on en garde pour manger dans la famille, on conserve une partie pour les semences et on partage avec les voisins de la communauté.

» Avec la COVID-19, on a pu manger que nos réserves et les fonds du business. De plus, j’ai été incapable de trouver de la main d’œuvre pour labourer les terres. Ce qui s’ajoute aux problèmes liés aux changements climatiques avec l’irrégularité au niveau du climat.

» Heureusement cela va bien pour le projet PROMAVI, justement il nous donne de quoi nous occuper. Je suis fière d’être agricultrice, ce métier me rend heureuse. »

Étienne Manga

Étienne Manga est acteur de changement au Sénégal. Étienne est apiculteur et président de l’association APISEN (partenaire au Sénégal). Cette association a pour objectif de promouvoir le rôle de l’apiculture et la protection des espèces, dont certaines en voie de disparition (en pratiquant le reboisement et l’ouverture des paras-feux pour lutter contre les feux de brousses). Elle partage aussi les bonnes pratiques pour entretenir une ruche à l’aide de formations. Étienne nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.

« « Du 3 mars au 2 juin, l’État a décrété l’état d’urgence qui a été accompagné de beaucoup d’autres mesures comme le couvre-feu et la limitation de la circulation. Au Sénégal, nous travaillons avec une espèce d’abeille agressive donc le travail de récolte de miel se fait la nuit. Avec le couvre-feu qui démarrait à 21h, les apiculteurs·trices ont été bloqué chez eux. Depuis la levée des restrictions, nous travaillons fort pour rattraper le retard et récolter un miel de qualité. Je suis également très sollicité pour appuyer les apiculteurs·trices mais nous n’avons pas encore eu la chance de reprendre les formations.

» De plus, la vente de miel est devenue difficile car d’habitude nous le vendons dans les marchés hebdomadaires, sur les sites touristiques ou nous l’exportons, ce qui est maintenant impossible. L’avantage que nous avons est que le miel est un produit non périssable.

» Il faut savoir que la reprise des activités est très difficile, l’aspect économique lié à la COVID-19 a eu un grand impact sur le monde paysan ici au Sénégal et les gens essayent de se débrouiller comme ils peuvent. »

 

Blandine Sankara

Blandine Sankara est actrice de changement au Burkina Faso. Blandine est sociologue et coordonnatrice chez Yélémani, partenaire de SUCO au Burkina Faso qui agit dans la promotion de la souveraineté alimentaire. Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.

« Depuis près de 2 mois, certaines activités comme le projet d’éducation que nous menions avec les élèves au lycée, le marché de dimanche des légumes bio à Ouaga, l’organisation d’événements avec les visites guidées et buffet à Loumbila, sont suspendus. Ces suspensions portent préjudice à Yélémani qui aura du mal à faire face à ses dépenses.

» Cependant, étant moins sollicitée, je peux me concentrer sur l’essentiel. Ça me permet de chercher à mieux connaître nos clients, leurs besoins et suggestions pour mieux organiser nos offres en produits alimentaires. Avec la limitation des mouvements et la fermeture des marchés, nous avons par exemple pensé rapidement à diversifier nos offres. C’est ainsi qu’en plus des légumes bio et des jus locaux, nous avons rajouté d’autres produits alimentaires sur notre liste de produits.

» De plus, Yélémani soutient que l’importance de l’écologie et de la souveraineté alimentaire qu’elle prône est aujourd’hui flagrante, d’actualité et le sera bien plus demain. Avec la survenue de la pandémie, la demande en produits sains s’est vue explosée. »

Lilianie Dor

Lilianie Dor est actrice de changement et participante à notre projet PROMAVI avec notre partenaire ASPVEFS en Haïti. Lilianie est agricultrice et commerçante à La Ferme le blanc, une localité située au sud d’Haïti. Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.

« J’ai peur et je me sens limité, on ne peut pas aller où l’on veut. J’ai une fille avec un appareil dans sa tête. À n’importe quel moment, je pourrais me trouver dans l’obligation de me rendre à Port-au-Prince (capital Haïti) avec elle pour trouver des services hospitaliers que son cas nécessite.

» Depuis 1 mois, je reste à la maison. Je ne vais pas au marché, ni pour vendre, ni pour acheter. Cela réduit considérablement mon pouvoir d’achat.

» Heureusement cela va bien pour le projet PROMAVI, j’en profite pour dire merci à SUCO et ASPVEFS pour les outils et les semences que j’ai reçu. Je souhaite que d’autres personnes dans la communauté, qui se sont inscrit comme moi, bénéficient de quelque-chose aussi. »

Niel Natividad Laveriano

Niel Natividad Laveriano (à droite sur la photo) est acteur de changement au Pérou. Niel est co-fondateur de l’entreprise andine de transformation des grains « Quiwi Punch » et bénéficiaire de l’appui de notre projet FORMAGRO au Pérou. Il nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités. Niel craint non seulement d’avoir subi des dommages physiques à sa matière première, mais également des pertes économiques. Il lui a été très difficile de préparer ses produits en raison de la faible disponibilité de ses intrants tels que le sucre ou le kiwicha (céréale andine) ou en raison de l’augmentation excessive des prix au cours de cette période de la pandémie de COVID-19.

« Actuellement, nous nous sommes coordonnés avec nos fournisseurs pour l’acquisition de nos intrants en petites quantités, en prenant toutes les précautions, tant avec les personnes étant sur le terrain qu’avec les fournisseurs; et en faisant attention de respecter les pratiques d’hygiène nécessaires. À l’avenir, nous espérons avoir un petit prêt qui nous aidera à stabiliser l’entreprise. Nous voulons également continuer à participer au salon du voyage afin de générer des revenus économiques. »

Daysi Yactayo Chalso

Daysi (troisième personne à droite sur la photo) est actrice de changement et participante à notre projet FORMAGRO au Pérou. Daysi a 36 ans et habite dans la province de Cañete au Pérou. Elle travaille dans l’entreprise familiale appelée “Valle Escondido” avec ses frères, parents et enfants.
« Les mesures prises au niveau national ont conduit la Foire Agroécologique de Lunahuan, notre principal espace commercial, à suspendre toutes ses activités.
» Les premiers jours, nous ne savions pas quoi faire et nos ressources financières s’épuisaient. Alors que l’état d’urgence se prolongeait, nous avons décidé de reprendre la production, en particulier de yaourts fruités, qui sont de plus en plus demandés dans la région.
» La famille a appris à s’adapter aux conditions actuelles et à profiter des outils numériques. Nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve, mais nous savons que nous ne resterons pas les bras croisés.»

 

Lucie Dorlus

Lucie est actrice de changement et participante à notre projet PROMAVI avec notre partenaire ASPVEFS en Haïti. Lucie est agricultrice et commerçante à Madan Paul, une localité située dans la commune de Camp Perrin. Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.
« Tout en prenant des précautions, je continue d’aller au marché, mais avec une fréquence réduite et je passe moins de temps dans les rassemblements aux marchés. Cela me permet de passer plus de temps au champ.
» Au niveau de la vente de mes produits agricoles aux marchés, il y a moins de clients et clientes, et les gens s’empressent pour acheter. En conséquence, il reste toujours une partie que je n’arrive pas à écouler ou que j’écoule à crédit.
» Cependant, le projet PROMAVI a continué de nous donner beaucoup de travail pendant cette période ce qui est positif! J’aimerais que l’on puisse trouver un endroit précis ou une institution qui pourrait acheter nos productions pour nous éviter d’aller dans les rassemblements au marché. Je suis fière d’être agricultrice, parce que l’agriculture c’est la base et elle nous donne à manger. Je la considère comme une « pièce maîtresse » du pays. »

 

Ambroise Assigname

Ambroise est acteur de changement et bénéficiaire de l’appui de notre partenaire ALDIPE au Bénin. Ambroise est producteur de maïs à Yokon au Bénin depuis vingt ans et exerce ce métier pour parvenir aux besoins de sa famille et ceux de la population. Il nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.
« Depuis l’apparition du COVID-19 le gouvernement de mon pays a pris des mesures préventives dont la mise en place du cordon sanitaire et la limitation des déplacements afin d’éviter la propagation de ce virus. Ceci a eu un impact important sur nos activités, notamment sur le prix de tous les produits de première nécessité et la mévente.
» En ma qualité de producteur, je stocke et conserve mes produits agricoles afin de les mettre sur nos différents marchés en période de soudure. L’obstacle le plus important dans l’exercice de mon métier est la rareté des pluies qui modifie le calendrier agricole. Mais en revanche à la fin des grandes campagnes agricoles, j’obtiens de bon rendement et le sourire revient aux lèvres grâce à l’appui technique des agents vulgarisateurs de l’ONG-ALDIPE.
» Nous ne savons pas ce que cette année nous donnera avec l’interdiction des réunions de formation mais nous gardons l’espoir. »

 

Nuri Maguiña Ropon

Nuri est actrice de changement participante à notre projet FORMAGRO au Pérou. Nuri est spécialiste en développement commercial chez Formagro à Ancash. Elle nous partage l’impact de la COVID-19 sur sa vie et ses activités.
« L’arrivée de cette crise sanitaire a été surprenante. Cela a complètement paralysé nos activités sur le terrain et nous a obligés à innover notre stratégie de soutien technique, qui est l’une des principales activités d’échange avec les familles participant à FORMAGRO à Ancash.
» Nous nous sommes tournés vers les accompagnements virtuels avec les appels téléphoniques et l’utilisation de l’application WhatsApp. Bien que ce ne soit pas la même chose que l’accompagnement en face à face, nous essayons de ne pas nous déconnecter des situations que traversent les entreprises familiales et collectives et nous proposons des solutions pour les aider à la fois dans leur production, leur transformation et leur commercialisation.
Beaucoup d’entrepreneurs décapitalisent en raison du manque de marchés ou de l’autoconsommation. Cela génère de l’impuissance, sans pouvoir faire grand-chose dans l’articulation commerciale, puisque les marchés ne fonctionnent pas comme avant la COVID-19. »

 

SUCO accompagne des personnes comme Daysa, Lucie, Ambroise et Nuri pour renforcer leurs capacités d’action et celle de leur collectivité en vue d’améliorer leurs conditions sociales, économiques et environnementales. Pour soutenir des acteurs et actrices de changement comme eux, vous pouvez faire un don à ce lien.

 


Renseignements supplémentaires

Émilie Thierry
Chargée de projet, collecte de fonds
emiliethierry@suco.org

 


L’impact de la COVID-19 sur les économies africaines

 
Face à la menace mondiale d’une pandémie qui ne connaît pas de frontières, notre propre
sécurité sanitaire dépend de celle du monde entier. La coopération internationale doit devenir la priorité dans cette croisade planétaire de la lutte aux épidémies virales.

Au mois de mai 2020, alors que le « déconfinement » se met en branle graduellement un peu partout dans le monde, la pandémie du coronavirus sévit encore sévèrement dans plusieurs pays. Toutefois, jusqu’à maintenant, l’Afrique demeure une des régions du monde parmi les moins touchées. Comment expliquer cette situation alors que l’Afrique est quand même de plus en plus interconnectée avec le reste du monde? Elle possède des liens commerciaux très étroits avec la Chine et l’Europe, les principaux foyers de transmission de la pandémie.

Évidemment, le faible nombre de tests effectués et le manque de données épidémiologiques faussent probablement le bilan, le nombre de cas étant sans doute sous-estimé. On peut aussi considérer que l’épidémie a gagné l’Afrique quelques semaines après l’Europe, ce qui a permis à ses dirigeants d’adopter des mesures préventives efficaces en amont.

Malgré une croissance démographique exponentielle, la densité de la population en Afrique est encore moindre que celle du Sud-Est asiatique et la pyramide des âges y est beaucoup plus jeune que dans les pays du Nord. De plus, selon certains experts, les traitements prophylactiques pour la malaria, très répandus en Afrique, offrent peut-être un effet protecteur contre le coronavirus, bien que la science est loin d’être unanime à ce sujet.

Les inévitables préjugés

Cependant, l’Afrique n’est peut-être pas une pauvre victime sans défense de la pandémie. Selon des penseurs comme Felwine Sarr, économiste et écrivain qui met son expertise au service du plan de résilience économique et sociale du gouvernement sénégalais, si les prédictions des instances internationales sont si alarmistes pour le continent africain, c’est sans doute une preuve de la persistance de l’afro-pessimisme.

Des intellectuels africains considèrent que les représentations négatives sur l’Afrique sont tellement ancrées dans l’image que nous avons du continent qu’elles masquent souvent sa réalité et ses ressources dont sa population active, mobilisable et créative et les réseaux de professionnels formés qui y sont établis ou qui font partie d’une diaspora connectée au continent, comme le suggère cet article.

Le virus ou la faim

Nonobstant, le nombre de cas augmente irrémédiablement en Afrique et la propagation du virus fait craindre le pire. Au plan économique, le continent risque tout de même de subir des conséquences dommageables de cette pandémie. Selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, la croissance économique du continent sera assurément affectée. Les impacts négatifs de la crise sanitaire se feront sentir à court et à long terme sur les économies africaines qui étaient déjà fragilisées par la chute marquée des prix des matières premières.

De plus, Oxfam prévoit que la hausse des coûts des denrées alimentaires et les aléas des changements climatiques qui affectent la production agricole pourraient amener 50 millions de personnes à souffrir de la faim en Afrique de l’Ouest.

La faiblesse des infrastructures de santé dans la majorité des pays africains représente également un risque évident, sans compter que le confinement des populations est un défi difficile à relever pour les plus pauvres. Les gouvernements n’ont pas les ressources fiscales pour leur offrir des programmes de soutien et dans les mégapoles africaines, la majorité des citadins vivent de l’économie informelle. Chaque jour, ils doivent sortir de leur domicile pour gagner ce qui leur permettra de survivre jusqu’au lendemain. Dans ces conditions, un confinement strict équivaut à une condamnation à la famine. Cependant, cette pandémie pourrait être l’occasion de repenser le développement de l’Afrique.

Et demain, le renouveau

À l’heure où nous écrivons ces lignes, personne ne peut prédire précisément ce que seront les conséquences de la propagation du virus sur le continent africain ainsi que ses effets potentiels au plan sanitaire et socioéconomique. On ne peut pas nier l’important risque qui découle de la possible contamination massive de la population africaine. Il existe toutefois sur ce continent de nombreuses personnes éclairées, capables de prendre des décisions efficaces qui pourraient éviter des dérapages majeurs.

Les Africain·es ont développé des savoir-faire dont d’autres pays pourraient s’inspirer, et cette crise sanitaire offre une occasion de soutenir des politiques de développement élaborées selon les perspectives africaines. Tout comme Felwine Sarr, des intellectuels comme le Camerounais Achille Mbembe et l’écrivain nigérian et Prix Nobel Wole Soyinka réclament que les gouvernements africains apportent une réponse fondamentale, puissante et durable à la menace réelle de la COVID-19, menace qui ne doit être ni exagérée ni minimisée, mais prise en compte de manière rationnelle. Les investissements prioritaires devraient être portés sur les systèmes de santé bien sûr, mais aussi sur le renforcement et la diversification des économies.

Selon Esther Duflo, Prix Nobel d’économie en 2019, la COVID 19 est certes une crise pour les pays en développement, mais avec la contribution d’une coopération internationale renouvelée avec les pays du Nord comme le Canada, cette pandémie n’a pas nécessairement à devenir une catastrophe.

Crédit photo: Djigui Soumare

 


Renseignements supplémentaires:

Roch Harvey
Chargé de programme – développement des affaires
(514) 272-3019 poste 233
Courriel : rochharvey@suco.org


Portraits de nos stagiaires: Naika France Charles

 

 

 

« Après mes études universitaires en gestion internationale en 2017, j’ai décidé de m’aventurer un peu dans le milieu du service à la clientèle. Par la suite, je me suis lancée dans la coopération internationale où j’ai eu l’opportunité de travailler avec un partenaire au Sénégal en tant que conseillère en développement organisationnel pour une période d’environ 5 mois. Parallèlement, je me suis lancée aussi dans l’entreprenariat en restauration de cuisine antillaise! Cela va faire maintenant 2 ans!

» Faire un stage à l’international avec SUCO, c’est une opportunité d’en apprendre beaucoup plus sur moi-même, autant sur le plan professionnel que personnel. C’est une opportunité de mieux comprendre les différents enjeux qui existent dans des pays comme le Sénégal, afin de pouvoir apporter ma propre contribution et partager mes connaissances.

» Dans le futur, j’espère avoir un travail dans lequel j’arrive à grandir en apprenant des autres et en partageant ce que je sais avec eux, pour que nous puissions tous évoluer autant personnellement que professionnellement.»

Naika France Charles, de Montréal, a fait un stage en autonomisation chez notre partenaire local le WILDAF au Sénégal.

 

 


 

Dans le cadre du Programme de stages internationaux pour les jeunes (PSIJ), financé par Affaires mondiales Canada  (AMC), 13 jeunes âgés·es entre 19 et 30 ans se sont envolés·es au début du mois de février vers le Nicaragua, le Honduras, le Pérou et le Sénégal avant que la COVID-19 nous oblige à rapatrier nos équipes. À travers ces portraits, nous mettons en vedette les participants·es PSIJ qui contribuent aux actions de changement de SUCO et de ses partenaires sur le terrain.

 

Crédit photo : Helena Vallès

 


Renseignements supplémentaires:

Isabelle-Tracy Laudé
Agente de programme – mobilisation des volontaires
(514) 272-3019 poste 224
Courriel: isabelle-tracylaude@suco.org