L’impact de la pandémie sur les femmes (partie 3 de 3)

 

Partie 3 : Les femmes et les hommes égaux face à la pandémie?

Début avril, les membres des conseils consultatifs du G7 pour l’égalité entre les femmes et les hommes, dont la lauréate du prix Nobel Malala Yousafzai, ont publié une lettre demandant aux dirigeants mondiaux d’agir pour empêcher la dégradation de l’égalité et le recul des droits des femmes dans le monde.

Égalité économique : ni hier, et encore moins aujourd’hui?

L’écart de revenus entre les femmes et les hommes est bien documenté au Canada et dans le monde. Les femmes se retrouvent le plus souvent dans les emplois moins bien payés, dans le commerce, les services et dans le secteur informel. Le plus souvent, elles y sont à temps partiel pour assumer des responsabilités familiales. Au Québec, les mères représentent 75% des parents responsables de familles monoparentales. Alors en ces temps de pandémie, elles se retrouvent plus souvent sans emploi, en charge de la famille, devant recourir aux banques alimentaires pour se nourrir. Bien souvent, elles sont confinées dans de petits appartements. Et cette situation peut être facilement extrapolée pour toutes les femmes du monde à quelques différences près.

Répondre aux besoins essentiels

Plusieurs autres activités essentielles au maintien en santé de la famille sont bien souvent exclusivement à la charge des femmes. On peut penser à l’approvisionnement en eau, en nourriture, au soin des enfants et des jeunes qui ne peuvent plus assister à l’école, des parents âgés, des personnes malades. Souvent, ces activités s’ajoutent à leur travail, qu’il soit formel ou informel.

Les règles d’hygiène et de prévention de la maladie exigent un approvisionnement régulier et important en eau, mais dans une grande majorité des pays en développement cet accès est limité. La charge de travail pour les femmes est donc  multipliée par deux, trois et même plus car elles doivent se rendre plus souvent à la source d’eau, souvent au prix de longues heures de route. 

L’approvisionnement en nourriture est aussi plus difficile et prend plus de temps : pénurie de certaines denrées, longue file d’attente, retour à la maison avec des charges importantes. Et puis il faut préparer les repas. Encore aujourd’hui dans la grande majorité des pays (et ici aussi au Québec), cette charge revient aux femmes.

Et la bien nommée charge mentale dans tout cela? 

On le reconnaît de plus en plus, ce sont les femmes qui l’assument en grande partie. Elles planifient l’épicerie, les repas, les activités pour les enfants et les ados à la maison. Elles se préoccupent du sort de leurs parents âgés, tout en continuant à travailler de la maison si elles n’ont pas perdu leur emploi, ou de se rendre à leur travail considéré comme service essentiel (caissières, infirmières, médecins, préposées aux bénéficiaires ou à l’entretien, pharmaciennes…) Bref, toutes les femmes sont nos anges gardiennes. Écoutons-les, prenons des décisions avec elles, considérons leurs besoins, offrons-leur du soutien et surtout reconnaissons leur travail et leur engagement.

 


Renseignements supplémentaires:

Linda Gagnon
Chargée de programme – Pôle Amériques
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