Quand l’accès à l’eau transforme une communauté : le cas du Sénégal

L’eau : un défi au cœur du maraîchage à Thionk Essyl

Au Sénégal, les blocs maraîchers sont ces jardins collectifs où les femmes cultivent légumes et fruits pour nourrir leur famille et gagner leur vie. Un espace de travail, mais aussi de solidarité et d’entraide. Toutefois, à Thionk Essyl, l’accès à l’eau difficile limite les activités de production et rend ces agricultrices très dépendantes de la pluie. Résultat : cela réduit les rendements, fragilise leurs sources de revenus et accentue le désengagement des familles, allant même jusqu’à la migration communautaire. 

Voyant que les femmes, découragées, abandonnaient de plus en plus leurs parcelles, un projet d’infrastructure et de formation a vu le jour pour renverser la tendance. Aujourd’hui, près de 3 ans plus tard, les effets se font voir bien au-delà du champ !

Agir ensemble pour une réponse durable

Pour remédier à la situation, le Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux (CNCR), SUCO et les femmes vivant ces problématiques d’accès à l’eau ont travaillé ensemble sur différentes initiatives :

  • L’installation de réservoirs d’eau a permis une irrigation régulière, garantissant des récoltes plus stables ;
  • Des formations techniques sur les pratiques agroécologiques et la diversification des cultures ont été dispensées ;
  • Des opportunités de collaboration avec les acteurs et actrices du territoire tels que les aires marines protégées et les agents de développement, les mairies et les leaders communautaires ont contribué à une vision unifiée du projet, garantissant une réussite à long terme.

Des récoltes stables, une autonomie renforcée

Grâce à un accès fiable à l’eau, les jardins maraîchers ont repris leur activité ! Les membres des groupements agricoles sont revenus, en particulier des jeunes femmes, et la collaboration pour gérer les ressources naturelles a été renforcée. Justement, les femmes occupent désormais une place plus active dans les instances de décision des groupements et dans les activités génératrices de revenus.

Mais ce n’est pas tout : sur le plan environnemental, l’amélioration de la gestion de l’eau a favorisé l’adoption de pratiques agroécologiques (paillage, cultures diversifiées, rotations), ce qui contribue à la restauration progressive de la fertilité des sols et de la biodiversité locale. Ces changements ont renforcé la résilience des communautés face aux effets des changements climatiques, en réduisant la vulnérabilité aux variations de la pluie, en stabilisant la production et en améliorant la sécurité alimentaire et les revenus des ménages. 

Les apprentissages : moderniser pour assurer la relève agricole

Afin de s’assurer que la relève puisse perdurer et que les jeunes s’investissent dans les groupements, il est essentiel que les blocs maraîchers soient modernisés. Cette modernisation passe en premier lieu par des systèmes d’irrigation efficaces, mais pour un impact plus important, la clé est de l’associer à des formations, à une diversification des cultures ainsi qu’à une gestion durable des sols. Cela permet des savoir-faire renforcés, de meilleures récoltes et des communautés plus résistantes face aux changements climatiques.

Les jeunes femmes sont un véritable moteur du changement lorsqu’elles sont soutenues et encouragées à participer. Leur engagement actif dans les blocs maraîchers a eu des effets concrets : de meilleures conditions économiques, mais aussi des avancées réelles en matière d’égalité et d’inclusion. 

À propos d’ACF-AO

Le projet Action climatique féministe en Afrique de l’Ouest (ACF-AO) vise à renforcer les capacités d’action des femmes et des jeunes, ainsi qu’à favoriser leur participation aux processus décisionnels en lien avec l’environnement, le climat et la biodiversité.

ACF-AO est un projet mis en œuvre par Inter Pares et SUCO avec l’appui financier d’Affaires mondiales Canada et en partenariat avec APISEN, CNCR, ENDA PRONAT, INADES FORMATION, INADES TOGO, JVE Sénégal, SUNTAEG et Tiniguena.

ACF-AO se déroule sur 3 ans, de 2023 à 2026.

Crédit photo : Clémentine Chevallier, Sénégal, 2025